‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 94 sur 181 · IV. Indicatif présent. Du temps correspondant en latin · texte numérisé non relu

IV. Indicatif présent. Du temps correspondant en latin

Sui (sum. Le vieux français disait sui qui est plus correct, l's final n'existant point en latin). — Es (es). — Est (est). — Sommes (sûmus). — Etes, en ancien français Estes (estis). — Sont (sunt).

V. Imparfait. Étais ne vient point du latin, mais il a été formé directement sur être comme mettais sur mettre2. — A côté de cet imparfait d'origine française,

t. On trouvera peut-être que j'ai trop insisté et trop cité pour prouver qu'erre et essere sont un seul et même mot. J'ai voulu réfuter définitivement une erreur très-répandue et qu'on trouve reproduite partout, à savoir qu'être vient du latin sMre. Comment stare eût-il pu devenir être puisqu'en latin l'accent est sur sta (stdre). D'ailleurs comment stare s'accorderait-il avec le provençal esser, l'italien essere, l'espagnol et le portugais ser ? Enfin on sait d'une manière précise que stare a donné en français ester, et il n'a pu donner autre ebose. On dit ester en justice (stare in juslitia). Ester est encore demeuré dans quelques composés, tels que res ter (re-stare) ; arrêter, envieux français zxvester (adre-stare).

2. M. Litlré (Hist. de la langue française , 11, 20t), et après lui

l'ancien français en possédait un second, tiré directement du latin : fère (eram), tu ères (eras), il ert (erat), etc.... Cette forme disparut au quatorzième

siècle.

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