M initial se maintient sans changement
1 0 M initial d’un mot: M a r e > mer, m in u s > moins, m a s t i care > mâcher, mu tare > muer, etc.
Cas isolés. M est devenu n dans mappa > nappe, matta
> natte, mespila > nesple > nèfle (cf. les patois mespe, mêpte, ou mêle). De même le vfr. nieble < nibulum pour milvum. Il est probable que, déjà en latin, ces mots, qui sont pourune part d’origine étrangère (africaine, grecque), variaient pour
I ' initiale. Ces phénomènes d’assimilation (natte) et de dissimilation (nappe, nèfle, nieble) se retrouvent en effet pour ces mots et pour d’autres sur divers points du domaine roman. Pour plus de détails, voir ASNS, 133(1915): J. Brüch, Ueber zwei Punkte der romanischen Lautgeschichte: 2) Anlautendes n für m und m fur n . . . p. 362.
2° M initial d’une syllabe, après une consonne: arma > arme, p aima > palme > paume, vermiculum > vermeil, s p asm are > pasmer, pâmer, etc.
Cas isolé. Vermeria > Verberie.
Remarque. Dans la prononciation moderne, m suivi d’un e féminin final devient sourd après une consonne sourde: prisme [prism], rhumatisme [rymatismj; ce son s’entend difficilement et est souvent supprimé dans le parler populaire. L’amuïssement remonte au moins au XVIIe siècle. François de Callières rappelle «une réponse assés plaisante du feu Maréchal de la Feuïllade: Un homme de la Cour luy dit: J’ay un rhumatice qui m’incommode fort.
II vous faut de 1 ’exereisme pour vous guérir, luy répondit le Maréchal« (Mélanges Bruhot, p. 297). Dans la langue populaire et les patois, on entend catéchisse, cataplasse, sinapisse, etc.