‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 144 sur 294 · P final peut être libre ou appuyé · texte numérisé non relu

P final peut être libre ou appuyé

1° P final libre, en passant probablement par V, aboutit à F (cf. § 379, i): capum > chef; apem > vfr. ef; napum > vfr. nef; sepem > vfr. seif: prope > vfr. pruef. Il s’amuït par assimilation dans lüpum > 16 vu > vfr. leu, remplacé par loup (§ 182); on écrit lou dans le cri de chasse harlou.

2° P final appuyé se conservait au moyen âge (§ 314,ï): e a m p u m > champ, c o 1 a p u m > *c o 1 p u ni > colp, c i p p u m > cep, drappum > drap. De nos jours, le p final, originairement appuyé, est muet: cham(p), cou(p), dra(p), galo(p), tro(p), etc.; cet amuïssement est dû soit à la phonétique syntaxique: drap

blanc > dra(p) blanc (selon § 315, 1), soit à l’influence du pluriel qui était chans, cous, (Iras, etc.; voir II2, § 287 ss. Dans plusieurs mots, /> s’est longtemps maintenu devant une pause et une voyelle; jusque dans le XVIIe siècle, on a dit du bon drap, il en demande trop, un coup, ce coup est mortel, etc.

Remarque. Dans la langue moderne, on n’a de p final que dans les mots d’emprunt: cap, croup, julep. jalap, salep, Alep, et devant un e féminin amuï: frappe, coupe, Dieppe, guêpe, pipe, tulipe, etc. Cep [sep] et hanap [anap] sont dus à une réaction de l’orthographe (§ 119).

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