BL > BL
sab(u)lum sable eb(u)lum hièble
stab(u)lum étable flebilem faible
tab(u)la table *a ffib(u)lare affubler
Cas isolés. B est devenu P, par étymologie populaire, dans insubulum > ensouple (infl. de souple ). A côté de sibilare (ou subulare, d’où vfr. subler ), on avait la forme collatérale si fi lare, d’où siffler; comp. vfr. fondefte (< fundibalum). Buffle est emprunté de Citai, bufalo (bubalum). B s’est vocalisé dans para bo la > *paraula > parole, tabula >
*taula > tôle; le premier de ces mots est grec, le deuxième n appartient pas originairement au francien, la vocalisation de B étant propre au wallon (comp. diaule > diabolum, dans YEulalie).
2° BR > VR (comp. § 369, 2):
*colôbra couleuvre fabrum (or jfèvre f é b r e m fièvre labrum lèvre
libra livre
robur rouvre
februarium (§ 452,2) février lib(e)rare livrer
Cas isolés. B s’est vocalisé dans abrotonum > aurone, fabrica > *faurga > forge. B a disparu dans b ibere > boivre, boire (infl. de croire?), scribere > escrivre, écrire (infl. de lire?). L’ancienne forme régulière avrcii (:,:haberaio) a été remplacée par aurai (cf. II2, § 208, 1). Palpebra (§ 138) a cédé la place à palpetra (Varron), d’où paupière.
Mots d’emprunt. Abricot, candélabre, fébrile, funèbre, glabre, labre, libre, octobre, sobre, ténèbres, vibrer, etc.
3° B s’amuït devant les autres consonnes:
coude
d u b(i)tare
douter
dette
soudain
gab(a)ta
jatte
s u b t i 1 e m vfr. soutil
sous
souvenir
scrib(i)s
écris
tibia (§ 472)
tige
scrib(i)t
écrit
rubeum (§ 472)
rouge
Par une réaction savante, b a été réintroduit dans l’orthographe, et de là dans la prononciation, dans absoudre, s’abstenir, obscur, s’obstiner (notez que dans ces mots b se prononce p); on disait au moyen âge assoldre, s'astenir, oscur, s’ostiner et la langue populaire dit encore il s’ostine, il est ostiné.
Cas isolé. B s’est vocalisé dans gab(a)ta > *gauta> joue.
Mots d’emprunt. Abject, absolution, abstraction, absurde, objet, obscène, obsèques, obstacle, obtus, obvier, subdélégué, subdivision, subjonctif, subreption, substitut, subtil (vfr. soutil), etc. Dans la prononciation vulgaire de nos jours, le groupe bs devient ss [s]: J’ peux pas arretourner à Y Osservatoire (J. Marni, Fiacres, p. 268). La même assimilation avait lieu au moyen âge, où l’on trouve ossèque ( Roman de Thèbes, v. 6463).