‹ Grammaire historique de la langue française. PréfChapitre 118 sur 168 · Convoyer, Dévoyer, Envoyer, Fourvoyer · texte numérisé non relu

Convoyer, Dévoyer, Envoyer, Fourvoyer

Le substantif via qui nous a donné voie, formait dans le latin vulgaire un verbe viare qui a donné en vieux français véicr, forme ancienne du mot actuel voyer demeuré dans les composés con-voyerj de cum-viare, littéralement escorter, faire route ensemble : c'est ainsi qu'on dit encore : Un galion chargé d'argent, revenait du Mexique, convoyé par deux vaisseaux de guerre. — Dé'Voyer ancien français desvéier, du latin de-ea?viare. Une autre forme de dévoyer est dévier. — EnvoyeVy ancien français entveiery vient de indè^iare. — Four-voyety ancien français forveier^ du latin fortsviarôy aller hors de la voie *

1. Adnare et Lnare qui signinent proprement venir par eauy ne lardèrent pas à exprimer l'action de venir n'importe par quel moyen, soit en volant: Dxdaius.... gelidas enavit ad Arctosy dit Virgile {JSneid. VI, * 6), soit en marclianl : Nous avons parcouru ces allées : Enavimus has valles (Sillus Italicus). Il est curieux que la même métaphore de la navigation à la marcherait aussi lieu dans le mot adripare qui signiflaiià lorigine aborder à la rive (ripa), et qui aflni par prendre le sens général de toucher au but, et nous a donné notre verbe orrjVtfr (adnpare).

2. C'est par une erreur typographique que M. Litlré dérive déviw de deviare^ et envoyer de in-viare ; il sait mieux que noua que les formes du vieux français détvier, eHtvojrer^ s'y opposent.

VERBES ANOMAUX. 225

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