ACCENTUATION DES COMPOSÉS
les mots latins composés qui ont passé en français, deh composés créés de première main par notre langue.
S I. Composés latins qui ont passé en françaii.
« Dans la plupart des mots composés que le fran^îs a empruntés au latin , la composition primitive ne se faisait plus sentir et le français les a traités comme des mots simples. Il en est résulté que Taccent portant souvent sur la particule déterminante, le mot déterminé qui la suivait a été anéanti ou contracté de façon à être complètement méconnaissable et la particule a perdu elle-même son sens originaire : sarcôphagui (v.fr.5argiieu, puis cercueil)^ trifolium (trèfle), côlloco (couche), cônsiLO (couds). Mais dans certains autres mots, le français a voulu faire sentir la force de la particule déterminante, et le sens du mot déterminé. Pour y parvenir dans le cas où, par suite de l'accentuation de la particule, le mot aurait été défiguré comme ceux que nous venons de citer, il avança Taccent d'une syllabe, et accentua le mot déterminé de la même manière que s'il n'eût pas été composé : é-levo (élève), re-ne^o (renie), côm-pater (compère), etc.... Ce déplacement dû à la force du sens se fit sans doute dans le latin rustique, antérieurement à la constitution dn français. C'était un procédé excellent pour faire ressoF tir la force des simples, qui s'était à peu près perdu dans les composés , et dont les mots régulièremenl accentués ne conservèrent pas la trace '. »
t. 6. Paris, Jccént tuti», p. St.
S 2- Mots composé! de première main par le françAis.
€ On n'appliqua naturellement k ces mots que k onde méthode d'accentuation, et on ne songea pas faire reculer sur la particule déiermicante l'accent du mot déterminé dans le cas où il aurait été reculé en latin si les mêmes mots s'étaient ap^lomérés Ou forma donc des mots composés soit en unissant les particules de composition laiine, à des mots aux^^^^Ues elles n'avaient pas été jointes en latin, soit en prépoi^aui; à des mots latins ou français , des particules latines ou françaises, qui n'avaient pas été employées en composition par le latin : archi-duc, vi-comle (vice-cornes), — enidsindè) : en-lève, en-fuis^ en-vcie^ etc., — souà (de5uôî«5) : sou-lève, sous traiSj etc.. *. »
CnAriTi:E II.
COMPOSITION DES NOMI.
Dans les composés formés au moyen d'un substantif, il faut distinguer l'union de deux substantifs entre eux, celle d'un nom et d'un adjectif, enfin celle d'un nom e* d'un verbe :