CLASSIFICATION DES VERBES
en plus), et que Priscien a nommés, pour celte raison, verbes inchoatifs. Ces verbes sont caractérisé par la forme esc qui est devenue is en français • flor-esc-o (fleur-is), flor-esc-ebam (fleur-iss-ais). — La langue française s'empara de cette particule, et l'ajouta au2 verbes latins qui n'auraient pu donner en français que des formes trop écourtées. En même temps que notre langue adoptait la forme inchoative en iw, pour l'indicatif présent empl-is ( impl-esc-o ) , l'imparfait empl-iss-ais (impl-esc-ebam), le participe présent empl-iss-ant (impl-esc-entem), le subjonctii empl-isse (impl-esc-am) , et l'impératif tfmp/-is (implesc-e), — elle la rejetait pour l'infinitif : emplir vient dHmplère; implescere n'eût point donné emplir ^ mais emplêlre, comme pascere a donné paître. Par suite le futur et le conditionnel, formés comme nous l'avons dit p. 186, de l'infinitif du verbe et de l'auxiliaire avoir (emplir-ai), n'ont point reçu la forme inchoative, ainsi que le parfait de l'indicatif et celui du subjonctif qui viennent directement du latin. En résumé, les verbes de la seconde conjugaison française se part«geiii en deux classes : I. Une série de verbes inchoatifSj qui sont de véritables verbes irréguliers, puisqu'ils sont inchoatifs dans cinq de leurs temps, et non inchoatifs dans cinq autres. — II. Un petit nombre de verbes non inchoatifs (partir, venir, etc..) qui sont le calque fidèle et la reproduction ûv. la conjugaison latine, à tous les temps. Il semble su premier abord qu'on devait prendre ces derniers comme types de la deuxième conjugaison française -^
cl classer les verbes iuchoatifs parmi les verbes irrégiiliers. C'est le contraire que les grammairiens ont fait ; ils ont décidé que les verbes non inchoatifs seraient à l'avenir des verbes irréguliers — et que le type de la deuxième conjugaison et de la régularité se trouvait dans les verbes inchoatifs. Il est vrai qu'ils avaient pour eux le nombre. On compte seulement 22 verbes non inchoatifs, pour 329 inchoatifs *.