AUMONT
0 fortune ! ô grandeur ! dont l'amorce flatteuse Surprend, touche , éblouit une àme ambitieuse, De tant d'honneurs reçus c'est donc là tout le fruit? Un long temps les amasse , un moment les détruit.
(T. COBMEILLE.)
Le monde, à mon avis, est comme un grand théâtre Où chacun en public , l'un par l'autre abusé , Souvent à ce qu'il est joue un rôle opposé.
(BoiLEAU.)
La trop grande subtilité est une fausse délicatesse; et la véritable délicatesse est une solide subtilité. (Larochefoucauld.)
Crois-moi , nul ne sait mieux combien vaut la vertu Que l'homme criminel quand il s'est reconnu.
(Gilbert.)
Philippe, de Mayenne embrassant la querelle. Soutient de nos rivaux la cause criminelle ^ Et Rome qui devrait étouffer tant de maux , Rome, de la discorde allume les flambeaux.
(Voltaire.)
Tout acte d'autorité exercé par un homme sur un autre homme , est tyranniquc , s'il n'est pas absolument nécessaire au bien public. Beccaria.)
Compagnes fidèles de l'homme police, objets de leurs aifections les plus chères , c'est à vous , ù femmes , que nous devons la félicité publique.
(ViRKÏ.)
Les simples et les ignorant-:
Peuvent se laisser prendre à de belles paroles ; Celui qui sait pertcr leur voiles transparents Méprise ces phrases /"ri lo/e?.
(Fr. de Neufciiatrau.) L'influence du climat , si puissante sur toute la n;i. ture, agit avec bien plus de lorce sur des êtres cuptifa que sur des êtres libres. (l)Orfo.N.)
La, des chars fracassés , du fer courbé des faux , Des panaches flottants , de l'airain des vaisseaux' Et des arcs détendus et des laacus oisives , l'endaient pompeusement les dépouilles captives.
(Dklillk.) Jamais à vous chanter un poète empressé De petits vers flatteurs ne vous a caressé.
(Gilbert.) La galanterie de l'esprit est de dire des choses flatteuses d'une manière agréable.
(LAROCIIEFOUCAfLû.^
Mon appétit s'en va lorsque je vois siéger Tout l'ennui des grands airs dans ma salle à manger.
(Delavicae.)
Les yrandci pensées viennent du cœur.
(VAUVE.NAKGUEà.
Rois , chassez la calomnie •
Ses criminels alleutats,
Des plus paisibles états
Troublent l'heureuse harmonie.
(Racisk.j Plus terrihle pour nous que les lois solennelles , La conscience parle aux âmes criminelles.
(LE.UERCi£R.)
Le jour même du couronnement, les vainqueurs oflrirenl des sacrifices en actions de grâces. Ils furent inscrits dans les registres publics des Eléens , et magniliquemcnl traites dans une des salles du Prylance.
(bARTUÉLEMÏ.j
Les lois , les mœurs antiques , Sont l'appui de l'état dans les choses publiques.
(CuLmer.)
Ces nombreuses citations nous pernieltenl d'établir comme règle générale, cjue U pluriel des adjectifs, quels qu'en soient d'ailleurs la terminaison ei le genre, se formC; ainsi que le pluriel des substantifs, par l'addilion d'un s : Du joli cheval, de jolU chevaux; une jolie femme, de jolies femmes.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQIE.
Un ternie absolu.
Une rsiiie absolue.
Un tenneiit antérieur.
Une }>rom9iie aulrrieure
PI.URIF-L Des leroKs j1i>oIi,> Des reines absolues.
Dis wrmeiils antérieurs.
Dci jjromcMe» Jiitérisure».
S..NU-'LItK.
Un air modeste Une jeune ii;Ic mudisla Uu noble ri(;jrit.
Une inie noble
PLL'RIF.1,.
Des airi nioilasles.
Desieunes lilles nioJc.-lCs De nobles regards.
Les aines uobits.
ITn bon ronnîL L'iie lionne cruire.
Un |iiihclp« <•]••>.
Une Toii cUirt.
Du elier •mi.
Vue chi-t L.. »
Vis Lons ronsrils.
De lonni-s œufrc«.
De» prinripes clairt Dts «oil claires T)e clicrs amit.
Pt cbere^ a.Tiiefi.
Un lia bit noir.
Une rroix noire Un cliapiin |MOlond, Un<- pla> iiri'fonde.
Uii tà^t précepteur.
Une tige loi.
Dca LabiU noirl.
CcB croii iioirei.
l>es rljagriD» prof-^u^A.
D«t plaies profoij4«a.
De sap'i p'««qpte::rt.
Us sas<^i lot.
EXCEPTlOxNS.
Tout en tout e?t divers : ôlez-vous de l'esprit Qu'aucun cire ail éie composé sur le voira.
(La Ko.ntaink.)
L'imprudence n'est pas dans la tcmérité ; Elle Ci^l dans un projet faux et mal concerté.
(Crébillou.)
De la braiitc , tel o^t l'heureux pouvoir : Elle séduit soiiYcnt sans le savoir.
(Andrikux.)
Les divers langages des grands écrivains sont alitant de domaines dilTércnts que la langue générale réunit au domaine de sa couronne et qui composent son cmpipe. (Uopatï.)
Les esprits faux sont insupportables , et les cœur» faux sont en horreur. (Voltaikk.)
Hélas ! aux gens heureux la plainte est importune '
(Cil É. NIER.)
Rien de mieux', j'en conviens, qu'un benn nom bien porté. (Delavic.ne.)
Ménageons l'amitié , mémo dans nos beaux jours ; Quand le temps détruit le? omours , Elle mûrit pour la vieillesse.
(DUTRKMBLAY.)
Ces exemples nous démontreni qu'on doit excepter de la règle préccdcnie :
1° Les adjectifs qui se lermineni par un 5 au singulier comme au pluriel : un homme pervers, des hommes pervers.
2" Ceux qui, Unissant par un x, ne sauraient subir aucun changement, lorsqu'on les pluralise : Un enfant studieux, des enfants studieux.
3° Enlin, les qualilicatifs terminés par la syllabe au, dont le pluriel prend toujours un X : un beau garçon, de beaux garçons.
Quant au féminin de tous ces adjectifs, leur pluriel se forme, comme nous l'avons déjà dit, par la simple addition d'un s : Une coutume perverse, des mœurs per i erses ; une personne studieuse, des personnes studieuses.
OiîSERYATiON. — Lcs adjeciifs bleu, fou et mou prennent un s au pluriel : bleus, fous , mous.
SXGUUEB.
C" beau c> uriier L"ii œil donv. Un troupeau épars Db lir faux.
EXERCICE PURASEOLOGIQVE.
PLURIEL
De bcaHi coursiers Des ycuï don.i.
Des troupeaux épart.
Des airs faur.
Des poissoLts frais
SINGULIER Un mari jaloux.
TJn nouvt-au procédé.
Un faquin orgueilicux Un poil rous.
Un >i«ux soldat.
rLUKÎBÎ.
Des marie jalot:!.
De nouveaux procédé*.
Des faquins orgueilleux.
Des poils rc<« De lieux iOidaU.
^^o N'CXII. o^^-
ADJECTIFS EN al.
l'*8BHlK. — SINGULIHE.
Traymller est nn devoir indispensable à l'homme BOcial. (J.-J. KoussEAo.)
L'aigle confie son nid au rocher qui se perd dans la nue ; l'autruche aux sables arides des déserts ; le flamant, couleur de rose, aux vases de l'Océan méridional. (Brrnarbin dk St-I'ierre)
Le règne végétal paraît être le fondement nécessaire, indispensable à la vie animale. (Virey.)
Le Français est l'enfant gàlé de l'Earope. Si l'on a quelquefois vu parmi nous des crimes odieux, ils ont disparu plutôt que le caractère national.
(DUCLOS
2">' SERIE. — l'LURlBL/
Le premier grain confié aux entrailles de la tere a fait germer les liens sociaux. (Virbt.)
L'oranger passe la mer , et borde de ses fruits doréa les rivages méridionaux de l'Europe.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Le pain est le meilleur de tous les aliments végétaux. (RlCIIERAND.)
La raison est commune , l'esprit en cliaque langue a sa forme particulière , dilTérence qui pourrait bien être en partie la cause ou l'effet des caractères nationaux. (J.-J. Rousseau.)
D'ms la plupart des affaires, il y a un moment fatal. (Académie.)
Les habitants des îles Kuriles laissent beaucoup de parties du corps dénudées a un air glacial.
(YiRsy.)
L'académie a jugé que matinal doit s'appliquer à celui qui se lève matin , et malineiix, à celui qui est dans l'habitude de se lever matin. (Roubaod.)
Un louangeur banal Déplait en cherchanl à nous plaire.
(Delillk.)
Fuyez, volez, instants /afais à mes désirs!
(St-Lambbrt.) Les vents du Nord sont glacials.
(Bo.MfACE.)
Messieurs , nous ne sommes pas aussi jyialinals que
vous. (/(/.)
II y a dans beaucoup de villages des fours banals.
Les adjectifs terminés en al forment leur pluriel masculin par le changement de celle terminaison, les uns en aux, las autres en als.
Mais quels sont ceux qui doivent se changer en aux, et ceux qui doivent prendre aU?
« Grand tumulte, dit M. Lomare, parmi les grammairiens à celle occasion; l'Aca- » demie elle-même ne peul s'y faire enlendre. Buffon a dit : des hahitants brutaux, des » mouvements machinaux; Jean-Jacques: des compliments triviaux; Regnard : des liens » conjugaux; l'Académie : des offices vénaux, tandis qu'elle rejette tous les mois précé- » deals. M. Chapsal, qui cite et adopte les exemples ci-dessus, se glisse dans la mêlée, » et, augmentant le désordre, il veut qu'on dise : les sons nasals, les soins Jilials , \ci » ciseaux /fl/rt/s. LeTellier accourt, s'escrime à droite et à gauche, s'attaque aux habi » tant.s brv.lauxéc Buiïon; arrête ses mouvements machinaux ; rit des compliments tn » viaux de Jean-Jacques; foule aux pieds les liens conjugaux de Regnard; étouffe le • » sons nasals ÛQ M. Chapsal; et sans respect pour l'autorité qui tient notre langue e.o » tutelle, proscrit ses offices vénaux. Quel parti prendre dans une aussi grande affaire'*'
C 2Ui )
» — Ct.'liiidf.' r;in;iIog!e, on s'.ihslonir, loisiiiroii craiiiliîo crioquor l'oreille p:ir ini son » toul-à-fail imisilô. »
Ce conseil de M. Lfiiiarc csl 1res sage, lU nous avons cru ne pouvoir mieux faire qui^ de le répélcM-, an lieu de nous jiîler dans les interminables discussions qui se sont élevées à cet égard. Seulemeni nous ajouterons que nous avons dans notre langue environ trois cents mots terminés en at; que sur ces trois cents mots il y en a près de deux cent quatre-vingts qui se cliangcnl au pluriel en aux ; cl que par conséquent il n'y en a tout au plus que vingt qui fassent a/5, ou dont la terminaison plurielle ne soll |»as encore bien tixée(l). Voir l'exercice suivant.
Quelques grammairiens se souciant fort peu d'appauvrir notre langue en lui imposant des entraves sans nécessité, ont proscrit le pluriel de certains adjectifs en al. C'est ainsi que, selon eux, il n'est pas permis de pluraliser li;s adjectifs ni cal , trivial, patri cial , fatal, initial, adverbial, déloyal, médical, musical, sentimental, et une infinité d'autres.
En quoi donc les expressions suivantes blessent-elles l'euplionic? Des êtres idéaux (Buffon); des buflles brutaux (idem) (2); des cbi lires triviaux {3), des honneurs patriciaux (4); des instants /«io/s (St-Lambert); des cierges pascals (Trévoux et Galtel); des sons finals, initiais et nasals (Beauzéc et plusieurs auteurs); des repas/ra/;a/s, des codes pénals, des combats navals ( Girauli-Duvivier); des effets ///rtirr«/s ( Galtel); les feux verticaux du soleil (Bernardin de Saint-Pierre) (5).
Nous le demajidons, quel serait le puriste assez scrupuleux pour rejeter des expressions approuvées par tant d'autorités différentes?
Comment, pir déférence pour les décisions de quelques grammairiens peu observateurs et dont l'unique plaisir est de forger des j'ègles, on ne dirait pas des liommes déloyaux, des contes pastoraux, des avis préceptoraux , des cercles horizontaux, des ixmanls sentimentals , des hah'ils doctorals, des soins//ia/s, des veiUs^/flcia/s, des devoirs mnrilals, etc., etc. En vérité, il esi par trop ridiculede vouloir ainsi interdire l'acte de la pensée, en proscrivant des mots essentiellement nécessaires. Aussi, forts de l'autorité des bons écrivains, nous pensons, avec M. Boniface, qu'on doit faire justice de cette absurde proscription : Ipsœ res verba rapiunt (les choses entraînent les paroles , Cicéuon).
EXERCICE PHIiASÉOLOGIQVE.
SiNGULlEB. PI.URIFL SINGULIER. PLUMEL.
Vu péché capital. D«i pichèi c.tpUaux. Cii Terbe pronomina!. De» »*rbî8 pronominays
Ud OUTrage immoral. Det outragfs iminoraui. l'n liistorlcii parlial. Del kistorieiia partiaui.
Un prince libéral. Des princes libéraiii. Un remède pectoral. Del remédet peetoraui.
(1) Saiij doute il eût été plus convenable de ne donner qu'une seule terminaison plurielle aux adjectifs en ni mais l'usage, plus puissant que toutes les règles , en a décidé autrement, cl l'on est contraint de se soamettr aveuglément à ses lois.
(2) Il parait aussi que les bulTles sont plus doux et moins brutaux dans leur pays natal, et que plus le clim^ est chaud , plus ils sont dociles.
(3) l'ne basse ainsi hérissée de chifTres triviaux rebute l'accompagnaleur, et lui fait souvent négliger loi jhift'res nécessaires.
(4) On voyait devenir officiers de l'empire les mêmes conquérants qui l'avaient avili; les plus grand3 rois aceptcr, briguer même les honneurs patriciavx.
(5) Lorsque le soleil au millieu de sa carrière embrase les campagnes de; ses fi-ux lerticaii.r, les arbres noc* ïrenl de magnifiques parasols.
Oa (itupic miridioiii Un conte moral.
Un garde municipal.
Uu oomina origiuïl.
Cil enoMil amieai.
On enranl baneai.
Va inttant (ataL Un air final.
Va re|<a< frugal.
Va ieutimrnt 6naL Un ftnt glacial.
Va ton initial
Lea peuples inèridioiiaui Dca coDlti moraux.
Des gardes niunicipaun.
Des boitimes origiiiaiii.
Des conseils aniicalt.
Des enfants bancals.
De» instJnIs fatals. Des ai.-8 fin.ils.
Des repas frugaU.
Fes sentiments filiale Des teats glacials.
Des tons initiale
L'n prince royal.
Un bien rural.
In pajs Jr|)tentrioDal.
Un adjectif lerbal
Un son labiaL l'n homme matins Un .*on médial.
Un combat natal.
Un rierge paJcal.
Un code pénal.
Un effet théâtral.
Des princes royaux.
Des biens ruraux.
Des paTs septentrionaux.
Ces adjectifs rerbaux.
DcasoDilibials.
Des hommes malinalt.
Des sens mrillals Descooibali naraU.
Des cierges paseala.
Des codes pénals.
Des gestes theâtrab