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PARTICULARITES RELATIVliS ALX AIjJl'lîJ
Peut-on dire également bien
!• L'Église grecque et l'Kglise latine ; Jo 1,'Église grecque et la latine ;
3» I.'KglI^e grecque et ialinc ; 4<' Les Kgliscs grecque cl latine.
Selon les grammairiens, sur ces fjuatre manières de s'exprimer, il n'y a que les deux premières qui soient bonnes. Mais comme ce ne sont pas les grammairiens qui font les langues, et qu'il leur est même à jamais interdit d'en faire, on ne doit pas s'en rapporter à eux. Ce qu'il faut avant tout consulter c'est l'usage suivi en paieille
circonstance par les grands écrivains : ÏIs sont pour nous la loi et les prophètes. Or, si nous ouvrons les chefs-d'œuvre de notre littérature, nous y trouvons :
PREMIEnE MANIERE :
Corneille a reformé la scène tragique et la scène comique par d'heureases imitations.
(Voltaire.)
Pans la langue parlée et dans la langue écrite, l.a clarté du discours est le premier mérite.
(François de Neufciiateau.)
Oiiand donc il la prend (sa femme) dans un rang Inférieur, Tordre naturel et I'ordre ciiil s'accordent, et tout va bien. (J.-J. Rousseau.)
1.0 général persan et le général indien s'cmpresecVcnt de donner bataille. (Voltaire.)
Chez les Polonais , dont la langue est mêlée de grec Gl de latiQ, il y a Vétjlisc grecque et V église latine. (Bernardin de St-Pierre.)
Tous les vœux se partageaient entre le ciievai.ii;r MaïKret le chevalier bleu, (Voltaibe.)
DEUXIEME HASIÊHR :
On a toujours peint Dieu avec une grande barbe dans I'Eglise grecque et dans la latine.
(\'oltairb.)
Milord Bolingbroke possède Virgile comme Milton ; il aime la poésie anglaise, la française et L't7alienne. [M.)
Les nouveaux citoyens et les anciens ne se reg.inleiit plus comme les membres d'une même république. (Montesquieu.)
En efTet, chaque jour, la bouche, à plus grands frais. Dévore les proiluils des lacs et des forets , Engloutit les wnsblancs , les rouges , les clairets^ Le Vougeot et l'Aï , le Chypre et le Xéuès.
(François de Neufciiateau.)
Il est très sûr que le seizième et le dix-septième SIÈCLE furent marqués par de grands changements et de grandes découvertes. (Tuomas.)
TROISIÈME 5UM1ÈRB t
Trois lignes à reprendre et qui sont tirées des plus i^iands auteurs do Î'Eclise grecque et latine.
(Pascal.)
La femme seule peut imiter tous les chants des oiseaux mâles et femelles.
'Bernardin de St-Pierre.)
Les sons des langues se sont formés d'abord des SONS }uasculins cl fcnnnins. (■''^O
Le mélange d'AUTORiTÉ ecclésiastique et civile dan? cette proiiibition avait quelque chose de contraire aus droits du souverain. (Anquetil.)
La diète pylliagorique, préconisée par les philosoi'iiEs anciens cl nouveaux , n'a jamais été indiquée par la nature. (BurroN.)
L''^ horinclcs gens qui ll.-ont quelquefois Virgile ou les l.cltrf? Provinciales ne pavent pas qu'on tire vingt fois plus d'exemplaires de l'Almanach de Liège et du Coiirrier-Boltcux que de tons les bons livres anciens et modernes. (Voltaire.)
Tout fut ctat5-générau,x dans les républiques grecques et roynaines. (7rf.)
Je n'irai point, si je puis, demeurer dans l'île de Prolixe , malgré les beaux vers des géorgiques fran- {•aiscs cl latines. (Chateaubriand.)
QUATRIEME .VANIERS :
Les puiss \ni:e.s végétale et animale se mettent en équilibre par des llux et reflux.
(Bernaruin de St-Piehre.)
Le renouvellement partiel change, le principe du gouvernement représentatif, composé des trois pouvoirs monarchique j aristocratique, démoeratiquc. (Cuateaurriand.)
Le fer donne aux végétaux et aux animaux les cod-
LEUES rouge et bleue.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Dans le régime viril de l'Europe , les puissances temporelle et spirituelle se rapprochent ou se divisent à proportion de la maturité des nations. (Id.)
Ces deux conjugaisons hébraïque et grecque semblent porter l'empreinte de l'esprit et des peuples qui les ont formées. (Chateaubriand.)
Quel homme eut jamais plus d'éclat que J.-C? Lo peuple juif tout entier le prédit avant sa venue. Le peuple gentil l'adore après qu'il est venu. Les deux PEUPLES gentil et juif le regardent comme le centre.
(Pascal.)
Les langues romane et tudesque furent les seules en usage jusqu'au règne de Gharlcmagne.
(DUCLOS
Les deux puissances temporelle et spirituelle^ ou militaire et ecclésiastique se di>piiicnt la domination des hommes. (Bernardin db br-PiEfiRB.)
En ][vrésence de ces nombreuses citations et des puissantes autorités t(uî nous les ont fournies, nous pouvons hardiment décider qu'il est permis de dire : -i" l'Église grecque U L'Eglise latine; 2*^ L'Église grecque et la latine; 3° l'Église grecque et latine; 4° les Églises grecque et latine . malgré les scrupules de certains grammairiens, qui rejellenl les ôeuK dernières exprebsions comme vicierses, par la peur, bien ridicule sans doute, que
dans l'une on n'entende que CÉijnse est à ia (ois grecque el laline, et parce que dans l'au^i-c : leséylises grecque cl lauke, leurs yeux, doués d'une sensibiliié si irritable, sont choqués de voir deux adjectifs singuliers accolés à un substantif pluriel.
Boniface est le premier, nous lui devons cette justice, qui ail osé souiemr celle hérésie grammaticale, car c'en est une que d'avancer qu'on i)eul dire : (a lUlâuinre française et anglaise ou les littératures française et anglaise; t'aulorilé civile el C'Xlésiastifjuc, on les autorites civile et ecclésiastique. «Boniface, dit un grammairien, a raison d'aj)- » prouver ces locutions, car nos écrivains les plus renommés en funf. us.ige journelle- » ment. M. Lévi lui-même ne les condamne plus, bien (|u'il m'ait fail, il y a quelques » années, une querelle d'Allemand, à la Société grammaticale, pour avoir mis dans » un rapport : les écrivains anciens et modernes, attendu, disait-il, que les écrivoins ne u peuvent être tout à la fois anciens et modernes. Vainement je répondais que c'était » précisément celle opposition , celle incom[ialibilité dans les idées qualiticalives, qui » rendait l'ellipse naturelle, comme on dit sans cesse des déjeuners chauds et froids, >) parce que des déjeuners ne pouvant être chauds el froids en même lein[»s, il est iin- » possible qu'on ne comprenne pas que cette phrase signilie, sous une forme concise, ') des déjeuners chauds et des déjeuners froids. Malgré mon plaidoyer, la Société a con- ■> damné tes écrivains anciens et modernes, aussi bien que les déjeuners chauds el froids. » Aujourd'hui, ces juges, si rigides sur les principes, se sont amendés tant sûil peu. » el la plupart d'enire eux sont les premiers à em[)!oyer la loculion qu'ils combai- » laient avec tant de chaleur. Tant mieux, c'est un |>rogrcs. »
Lemare lui-même, quoiqu'il ne soit pas de cette opinion, r,j {leul s'empêcher de reconnaître qu'il est souvent bien difficile de résister au besoin d'abréger, surl«ul lorsque le danger de l'équivoque est presque nul, comme dans celte expression : Les philosophes anciens et nouveaux.
EXERCICE PURASÉOLOGJQUE.