APRES
Un homme bon se dit d'un hon';ne plein de candour, d'alfection , d'un homme charitable , compatissant. (Académie.)
Un homme brave est un homme intrépide , qui affronte le danger sans crainte. [Id.)
Un homme grand est un homme d'une grande taille. (M.)
Voir grand se dit d'une physionomie noble.
'Id.)
Un homme calant est un homme qui cherche à plaire aux dames. ^Boistb.)
La qualilé est inliércnte à la substance; il csi donc de toute nécessité queTadjeciif accompagne le nom auquel il ajoute une qualification quelconque. Cet adjectif peut Lien se placer avant ou après le substantif; mais il ne saurait en être séparé, si ce n'est par le signe de la propriété générale de tous les êtres, et celui de leur existence, c'esl-à-dire par le verbe.
Mais puisque, ainsi que nous venons de le dire, les adjectifs doivent précéder ou suivre iminédialement les substantifs qu'ils qualifient, est-il permis à celui qui écrit de les mettre à son gré avant ou après? Non sans doute, et l'usage, guidé par l'oreille, le goût, le bon sens et le sentiment, a désormais iixé la place qu'ils doivent occuper ; de telle sorte qu'enfreindre aujourd'hui celle loi, ce serait non seulement pecbcr contre la grammaire, mais encore dénaturer bien souvent le sens des mots, comme on le voit par le 3" paragraphe.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur celte matière, qui appartient essentiellement aux dictionnaires.
C'est un trait honteux de l'histoire du langage, dit M. Valéry, que d'avoir fait du mot bon une injure. Ce mol était synonyme de beau chez le peuple qui eut jamais le plus vif senliment de la beauté. L'admirable inscriplion Joui optimo maximo , si heureusement traduite dans la langue religieuse du peuple par le bon Dieu, prouve encore combien la raison profonde de l\ome était loin de noire sottise. Rousseau a prétendu qu'il y aurait plus d'exaciitude à dire niaximo opiimo, puisque, d'après lui. Dieu ne peut cire bon s'il n'est grand. Cette sublililé ôlerail à l'expression antique son vrai et touchant caracière : le sentiment de nos misères nous dit qu'il y a plus de divinité dans la bonté que dans la puissance; l'on aime iî voir dans le ciel le mot très bon précéder celui de très grand, comme, sur la terre même, le bon Homère est célèbre avant tous les grands hommes. Tel est dans nos cœurs l'instinct de la morale et de la reconnaissance, qu'ils aiment à consacrer l'emploi bienfaisant du génie; cette immortalité appartient aussi au bon Virgile, au bon La Fontaine; on les aime autant qu'on les admire, et le surnom de bon est à la fois le plus ancien et le plus durable. Dans nos vieux auteurs, le mot bon a toute sa dignité. « Les Sarrasins le tenaient, dit le confesseur de la reine Marguerite, qui a écrit la vie de saint Louis, pour bon homme et loyal. » Le chancelier de l'IIôpilal, dans son testament, lègue sa bibliothèque à celui de ses enfants qui lui semble le plus propre et le plus affectionné aux bonnes lettres. » La Boélie mourant supplie son fraternel ami de soigner ses parents, « et de prendre garde qu3 le deuil de » sa perte ne pousse ce bon homme et cette bonne femme hors des gonds de la raison. » « Guy-Paiin parle du bon homme, M. de Sully, du bon homme Casaubon », pour vanter leur habileté et leur venu. Madame de Sévigné désigne souvent par la môme expression les hommes qu'elle aime et respecte le plus, tels que Arnaud d'Andilly , Boucherai el Chapelain. L'acception nouvelle du mot bon homme se trouve déjà dans Bussy, et la définition qu'il en donne ne surprend point de la part de ce vil caractère.
Ainsi donc la syntaxe, inflexible pour l'humme, cède au temps, el ses variations sont une preuve de notre faiblesse : telle est notre misère, nous ne saurions rien fixer, les mots même nous échappent; et, par une moquerie de la fortune, leurs destinées ont des vicissitudes aussi incertaines que les nôtres. Ainsi les mots qui exj)rimaieni l'honneur, la grandeur ou la dignité, n'expriment plus, à d'autres époques, que la servilité, la petitesse ou le ridicule. Celle métamorphose subie par les éléments d'un langage, dit M. Philarète Chasles, est un phénomène aussi digne de remarque qu'il est peu observé. Tous les peuples voient ainsi leur idiome les fuir el leur éciiapper, comme un fleuve qui passe el s'écoule, toujolirs le même, el toujours changaanl. Du temps de Marot, la prude femme, par exemple, c'était Vhonnéte femme, et une coquette était quoique chose de pis. On sait ([u'aujourd'luii cette double signitiealion a bien changé. Si l'étude des mots, dans leurs racines grammaticales, dans leur emploi el
dans leurs inflexions, est épuisée, celle du langage, dans ses mutations et dans le rapport de ces mutations avec les mœurs, est encore à faire; et certes, elle est plus importante.
EXERCICE PnHÀSÉOLOGJQVE.
L'd fceiu cbetal Il grand ra|.ilaiD«.
Co |rei arbre
Oa bon ourrafte.
Dna oiJuiaite faiibitada.
Mpo cLac ami.
Ud brata toMaL Une bcUa r.taatieii Va petit eftiao.
Dd loi or|u«il.
Va bon oufricr Ud javoa bcmma
AFKES
"ne toit bannoolaaia L'oe humeur paci6<]ue.
Une laina blancba.
l'a air iodoltot.
l'a clirmio raboteux.
Oot eooleur lanna.
Ua diioouri coocii.
Ua lien ioDaeceuibla.
L'aDge gardien.
L'amplre ottoauB.
VneSgure ronde.
Une forme Of j!e.
Un arbre Tert.
Vu bonnet blana Etoilai fiiet.