‹ Grammaire nationaleChapitre 167 sur 643 · DEGRÉ. — SUPERLATIF · texte numérisé non relu

DEGRÉ. — SUPERLATIF

Cette faute est minime on minutissime. (Acalémik.)

En disant : C'est un homme menu, je ne fais qu'énoncer simplement la manière d'être de l'homme; mais si je dis : Cet homme est moindre que vous, cette faute est minime, MINUTISSIME, les adjeciifs moindre, minime ^ minutissime , outre l'idée fondamentale de qualification, expriment une idée accessoire de comparaison, soiten plus, soiten moins, ou de la qualité portée au plus haut ou au moindre degré. En effet, moindre signifie plus menu ou plus petit; minime ou minutissime, très-menu ou très-petit.

Quand la qualité est simplement énoncée , comme dans : Un homme menu, une femme menue, le degré de signification s'appelle positif, parce qu'alors l'adjectif exprime la qualité d'une manière positive, c'est-à-dire sans aucun rapport de comparaison.

Lorsque la qualité est énoncée avec comparaison en plus ou en moins, comme quand on dit : Ce n'est pas être peiît que d'être moindre qu'un grand, le degré de signification s'appelle comparatif.

Si la qualité est énoncée à un très-haut degré de supériorité ou d'infériorité, comme dans cette faute est minime ou minutissime, le degré de signification reçoit le nom de superlatif.

Un très-petit nombre d'adjectifs en français expriment par eux-mêmes, c'est-à-dire par le moyen de leurs finales, les trois degrés, dits positif , comparatif , superlatif. De fait, nous n'avons que trois mots qui aient le sens et la forme de comparatifs ; ce sont :

Moindre, c'est-à-dire plus menu ou plus petit.

Meilleur ,) ,, . . ,, j- .t

Pire n"' "^ dérivent d aucun adjectif connu;

car, quoiqu'ils aient le sens de plus bon et de plus mauvais, ni bon ni mauvais n'entre dans leur composition.

En faits de superlatifs, nous avons :

Ampîis«ime (très-ample).

Bellissime Aiès-beau).

Clarissime (très-clair).

Corpulenlissime (très-corpulunt).

Eminentissime Irès-émincnl).

ExccIIenlissime (très-excellent).

Nobillssime (très-noble").

Savantissime (très-savaol).

Pulssanlisslme (très -puissant).

Fidélisslme (très-fldèle).

FonrblsBlme (très-fourbe). Illaslrissime (Irès-Uluslre).

Généralissime (très-grand général). Prudcntissime (très-prudcnl).

Gnindisslme (très-grand). Rarissime (très-rare).

Habilisslme (très-naolle). Vérisslme (ires-vral).

Ignornnllssime (très-Ignorant). Sérénissime (très-serelu),

Petilisslme (très-petit). Parvulissime (très-petltj.

Il est vrai que dans le discours familier on ne se fait point faute de ces formes, lorsqu'on a cette idée à peindre, et l'on ne craint point d'en créer, selon le besoin.

Nous allons voir de quelle manière on exprime ces idées accessoires de comparaison ou de la qualité portée au plus haut ou au moindre degré.

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