‹ Grammaire nationaleChapitre 200 sur 643 · ERT0T · texte numérisé non relu

ERT0T

C. Claudius, un des consuls, se leva, et adressant la parole à Virginius, lui déclara qu'il ne s'opposait point à l'information qu'il demandait.

{Id.)

Perpbnna, un de ses officiers, l'y vint joindre avec les débris de son armée. (Id.)

Sylla avait fait déférer le gouvernement de ces grandes provinces à Milettin, un de ses lieutenants.

{Id.)

J'ai tâché d'assister de temps à autre à quelque comité de mon district , un des plus petits et des plus sages de Paris.

(Bernardin de St-Pierre.)

Catuhts Luctatius, un des princpaux de l'assemblée, s'écria que ce n'était plus par des déguisements cachés qu'on allait à la tyrannie.

(N'brtot.)

Sertorius donna au roi de Pont nn corps de troupes sons le commandement de Marius, un de ces sénateurs proscrits par Sylla. {Id.)

Les grammairiens se sont évertués à établir des règles pour l'emploi des locutions un de ou l'un de.

Il faut voir si ces règles sont justes. Et d'abord examinons les exemples que nous venons de rapporter.

Si nous en croyons Domergue et tous ceux qui l'ont répété, on doit mettre l'un entre un substantif et un nombre précis : Ducis, l'un des quarante de l'Académie française. Mais M. Marie, dans un article inséré au Journal grammatical, battant en ruine cette ioctrine, soutient que le nombre ne fait rien à l'emploi de l'un de, après un nom; que cet emploi n'a lieu que parce que la phrase est incidente : Voilà, dit-il, toute la règle. Après avoir cité neuf exemples à l'appui de celte opinion, il ajoute, pour la rendre encore pins imposante, qu'il pourrait en fournir deux mille auires; en sorte qu'il n'en f iut pas davantage à bien des esprits pour être persuadés. Mais le reproche que nous

pouvons adresser, nous, à M. Marie, comme à Doirergue, c'est d'avoir été tous les deux sous l'empire et sous le charme d'une idée exclusive. En effet, il suffit de jeté.' les yeux sur les citations de la seconde colonne pour se convaincre que un de se irouv i aussi en tête d'une proposition incidente. M. Marie dira peut-être que ces exemples sont incorrects; et nous, pour les justifier, nous proclamerons à notre tour qu'il s'en trouve en foule de semblables dans tous les meilleurs écrivains, et qu'il nous serait facile d'en rapporter, non des centaines, mais des milliers. Que conclure de là? C'est que l'un de ou un de se mettent également , après un nom, au commencement d'une proposition incidente, avec cette différence toutefois que la première locution est plus expressive que l'autre, puisqu'elle est déterminée, et que la seconde au contraire est vague, privée qu'elle est de l'article. Quoique vraisemblablement on ne puisse guère établir de règle à l'égard de ces deux formes, cependant, pour tâcher de faire saisir la nuance qui existe entre elles, nous dirons qu'il faut faire usage de un de, conformément aux exemples de la seconde colonne, si l'on veut exprimer l'unité pure et simple; de l'un de, comme dans les phrases de la première colonne, lorsque, indépendamment de l'unité qu'on énonce, on y ajoute encore une idée de détermination.

Un de, l'un dCj sàss dis rnsASBS nou incioemtks.

Vn de.

Un des quarante de VAcadtmie française a bien voulu être de mon avis. (Dohircui.)

Madame Dupin était une des trois ou quatre jolies femmes dé Paris, dont le vieux abbé de Samt- Pierre avait été l'enfant gâté.

(J.-J. Rousseau.)

L'enfant Jésus, entre les bras d'une mère charmante et modeste, est en même temps un des plus touchants et des plus agréables spectacles que la dévotion chrétienne puisse offrir aux yeux des fidèles.

{Id.)

Une de mes chances était d'avoir toujours dans mes liaisons des femmes auteurs. {Id.)

Un des inconvénients qui m'ont le plus éloigné de nos assemblées, et je parle des plus grandes, c'est la légèreté de leurs jugements.

(Berhaidiii dk St-Pihbe.)

Lan de.

L'un de ces deux bandits qui ae disaient maures me prit en affection. (J.-J. Roussead.)

Le bruit courut que d'elle ou de lui, l'un des deux expulserait l'autre. {Id.)

Le bec-croisé est Vun des oiseaux dont les couleurs sont les plus sujeUes à varier. (Buffon.)

Louis de Maugiron, baron d'Ampus, était l'un des mignons pour qui Henri III eut le plus de faiblesses.

(Voltaire.)

La cruelle perte de l'un des auteurs de mes jours m'a trop appris à craindre d'affliiier l'autre.

(J.-J. Rousseau.)

L'un des principaux moyens que j'ai employés a été, comme je vous l'ai dit, de le bien convaincre de l'impossibilité où le tient son âge de vivre sans notre assistance. {^'^•)

On se sert de un de, nous disent encore les grammairiens, quand cette expression n'est pas immédiatement précédée d'un nom et qu'elle n'est pas en tète d'une phrase incidente. L'examen des exemples de l'une et de l'autre colonne nous prouve combien cette règle est mensongère.

Vun doj un de, suivis d'dh pioaoM.

Ce berger et ce roi sont sons même planète ; L'un d'eux porte le sceptre , et l'autre la houlette.

(La FoNTAim.)

Un d'eux, près du Gange autrefois, Cultivait le jardin d'un assez bon bourgeois.

(La FoaxAiRi.}

Ce jour

/était sur l'un de nous trop de honte ou d'envie.

(C0H^E1LLK.)

Et J'y vois l'un de vouj prendre une destinée.

(MOLIÉRK.)

Cet instinct qu'ont les geais de se rapiitlcr, de se réunir à la voix de l'un deux, et leur violente antipathie contre la rhouette, offrent plus d'un moyen pour les attirer dans les pièges.

(BUFFOH.)

Qu'on s'imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus -Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscité ; si peu qu'un d'eux se fût démenti par les prisons, par les tortures et par la mort , ils étaient perdus. (Pascal.)

Comme si les petits paysans choisissaient la terre bien sèche pour s'y asseoir ou pour s'y coucher, et qu'on eut jamais oui dire que l'humidité de la terre eût fait du mal à pas un d'eux.

(J.-J. Rousseau.)

M. Marie, dans l'arlicle dont nous avons déjà parlé , avance encore qu'avec les pronoms il faut employer l'un de. Nous ne nous faisons pas un secret et malin plaisir de combattre M. Marie; mais, en conscience, il nous semble que sa règle n'est pas toujours suivie par les écrivains, qui ont fait usage, comme on voit, tantôt deuu de, tantôt de l'un de devant les pronoms.

L'un de ou un de, pEÉcÉois ii'nii mot tbrmihb par vkb. yotklli.

Si l'un de vos amis a besoin de faire toucher de l'argent à Smyrne, la poste fera son alTaire.

(Voltaire.)

Le plus grand intérêt du rôle de Philoctète n'avait pas échappé à l'un des plus illustres élèves de l'antiquité- (La Harpe.)

Le prince Henri de Prusse distingua particulièrement la comtesse ûe Sabran et Vun de mes plus intimes amis. (De Ségur.)

Croirait-on que les historiens ont pris plaisir à faire un magnifique éloge de l'un de ces chiens appelés Béréi'ûlo. (Marmontel.)

Un esclave juif, intime ami du roi des rois ! c'est à peu près comme si un de nos historiens nous disait qu'un fanatique des Cévennes, délivré des galères, est l'intime ami de Louis XIV.

(^'0LTAIRE.)

Je touche à un de ces traits caractéristiques qui me sont propres. (J.-J. Rousseau.)

Un des plus vilains hommes et un des plus grands fous que j'aie jamais vus. {lU.)

Vous choisirez d'élever les enfants d'un de vos amis, ou d'accompagner l'autre dans sa solitude. (J.-J. Rousseau.)

Écoutons toujours M. Marie : « Les lois de l'euphonie, dit-il, qui ont proscrit les hiatus produits par le choc d'une voyelle contre le mot on, comme dans si on, et on, proscrivent aussi ceux qui résulteraient de si un de, et un de, à un de, etc. » M. Marie ajoute : « Si l'oreille craint les hiatus, elle redoute bien plus encore les cacophonies : D'un de, par exemple, serait insupportable. » Cette opinion, pour être de M. Marie, n en est pas moins erronée. De même que nous avons établi au chapitre des Pronoms indéfinis, que les écrivains étaient libres, en prose, de se servir de si on, et on, si L'on, et L'on, etc.; de même les citations qui précèdent nous montrent indubitablement que les écrivains ont dit aussi indifféremment si L'un de, et L'un de, à L'un de, de L'un de, ou bien si un de, et un de , à un de, et même d'un de qui offense si fort l'oreille de M. Marie I

r/un de( dix.

L'uD dca boit

Une lettre duc dei quiriats.

Uoa dri plut bellei piemi.

L'un de Dou>.

L'qd d'eux.

S< I un de met tmit.

Al'un de ooui-

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.

Hadame, une det troit ou quatre Lun de< plus grands rapilaiiie belles femoiet de l'irit. L'une det plus renoramcet.

La perle de l'un de no» parcutt. Un des deux.

L'un des plus beaux oiseaux. Va des principaux magistrats

Dn de nous.

Do d'cui.

Ei un de ret ouTragei.

A uo de <ot lertets.

L'un de tous.

L'une d'ellea.

Kt l'un des plut Lraiet.

V» Tltne dt no> qualilrt-

Un des plus célèbres écrÎTains.

Une des piut «erlueuses Ctmmtt.

L'un des deux.

L'un des deux brigtodi.

Vîi de Tout.

Une d'eUet.

Et un de met amit

D°uu de uos seul.

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