‹ Grammaire nationaleChapitre 226 sur 643 · N' CCXIV · texte numérisé non relu

N' CCXIV

Tel ET quel comparés.

Tel.

Telle fut l'adresse de madame de Montansicr, que sans user d'aucun art indigne de son grand courage , elle se conserva toujours dans la confidence des princesses de la oour. (Fléchier.)

Quel,

Quelle fut sa modération, lorsque Rome, irritée contre l'empire, lui proposa de le mettre sur le trône (le l'empereur par un droit qui ne lui parut pas légitime! (Fléchier.)

Telle était Vhahilele de Turenne , que lorsqu'il était victorieux on ne pouvait attribuer l'honneur qu'à sa prudence, et lorsqu'il était vaincu, on ne pouvait en imputer la faute qu'à la fortune.

(Id.)

La voilà cette princesse si admirée et si chérie ; la voilà telle que la mort nous l'a faite.

(Bossu ET.)

Tid est du préjugé le pouvoir ordinaire : Il soumet aisément le crédule vulgaire.

(Lefranc dk Pompignan.)

Telle est Vinjustice des hommes . la gloire la plus pure et la mieux acquise les blesse.

(Flkchier.)

Tel est le caractère de l'avarice , de se manifester de tous les côtés. (Massillon.)

... II était malheureux ; Dnns les rigueurs du sort son âme était plus lière. Tels sont tous les grands cceun.

(Chamfort.)

Agamemnon , revenant à la tête des Grecs du siège de Troie , n'a pas eu le temps de jouir en paix de la gloire qu'il avait acquise : Telle est la destinée de presque tous les conquérants.

(Fknklon.)

Quelle fut sa fermeté, lorsqu'après avoir essayé d'apprendre à vivre à un roi de iNaples , il vint cnseir^er à un roi de France à bien mourir.

(Fléchier.)

Voilà quel fut le caractère de celui dont nous pleurons la mort. (id.)

Les pères craignent que l'amour naturel des en fants ne s'efface : Quelle est donc cette nature sujette à être effacée ? (Pascal.)

Quelle est cette valeur, qui, ne cherchant qu'à noire, Embrase tout sitôt qu'elle commence à luire?

Quel fut alors l'étonnement de ces vieilles troupes et de ces braves ofllciers, lorsqu'ils virent qu'il n'y avait plus de salut pour eux que dans les bras du vainqueur. (Bossurt.)

Quelle splendeur funeste a succédé à la simplicité romaine ! Quel est ce langage étranger ? Quelles sont ces mœurs efféminées ?

(J.-J. Rousseau.)

, . . Egalant les plus belles , Et surpassant les plus cruelles , N'ayant trait qui ne plût , pas même en ses rigueurs. Quelle l'eût-on trouvée au fort de ses faveurs I

(La Fontaine.)

11 faut bien prendre garde de confondre tel avec quel. Les exemples qui précèdent suffisent sans doute pour montrer l'emploi de l'un et de l'autre. Voici la différence caractéristique de ces deux adjectifs : tel amène toujours après lui un qtie, comme on le voit dans les trois premières citations de la première colonne; quel, au contraire, n'en a pas besoin.

11 est vrai que souvent l'usage permet de sous-enlendre le que après tel^ comme le prouvent les cinq derniers exemples de la première colonne; mais il n'en est pas moins nécessaire pour l'intégrité de la pensée : Telle est l'injustice des hommes; la gloire la plus pure tes blesse, c'est pour : l'injustice des hommes est telle que la gloire la plus pure les blesse.

Tel fut son courage que..

Telle fut son adresse.

Telle ett mOD eipéraoee.

EXERCICE PHRÀSEOLOGIQUE.

Qael fut «OD courage ?

Quelle futioD adresse?

Quelle est ton espérance .'

Quelle fut sa gloire? Quels furent ses revers?

Quel est ton espoir.^

>^^o- N^ CCXV.

Quel EMPLOYE AVEC ELLIPSE DU SUBSTANTIP.

L'honneur partout , disais-je , est du monde admiré : Mni? l'honneur en effet qu'il faut que l'on admire, <Juel est-il? (Boileau.)

Elle est de l'humeur du monde la plus douce. Je ne lui connais qu'un seul petit défaut. — Quel est-il ? (Regnard.)

QMc/peut , comme on le voit, s'employer avec ellipse du nom auquel il se rapporte et dont il réveille l'idée ; quel est-il? c'est-à-dire quel honneur est-il? quel défaut est-il?

( 296 ) EXERCICE PnRASÉOLOGIQVE.

QuH OBt-il ?

QunhKMit-iU?

Quelle ett-«U« ?

Quellca lonl-ellei ?

Quel CUiMI } guela furtnViti'

vr^^S^ N' CCXVI.

Quel SUIVI DE PLUSIKUllS NOMS.

AVEC LE PLURIEL

Quels sont les lieux, les temps, les images chéries, Où se plaisent ic mieux ses douces rêveries?

(Delille.)

Hclas ! durant ces jours de joie et de festins, Quelle était en secret ma honte et mes chagrins ?

(,IlACii«r.)

Lorsque l'adjectif quel est suivi de plusieurs substantifs de différent genre unis ou non par et, il se met au masculin pluriel, ainsi qu'on le voit par le premier exemple.

Cependant on peut aussi, comme dans l'exemple opposé, laisser quel au singulier el le faire rapporter seulement au premier des noms exprimés.

Si ces mêmes noms étaient liés par ou, quel s'accorderait également avec le premier. Exemple : On pourrait déterminer quelles réflexions ou jugements ferait un homme en conséquence des faits qu'il a dans la mémoire. (Helyétius.)

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Qoslt lODt lei pcioM et lea dégoâts que Toue éprouTes ' Qoelt iODt let peines, lea dégoûtt que vous éprouves.

Quel itait aon Ige et ton itat?

Quelle est sa professioD et ses reiiourcei

>^^& N' CCXYTI. ®M^-^

FONCTIONS DE quel.

I^ peuple entra en fureur quand 11 eut appris quels discours evait tenus Goriolan.

(ROLLIN

. . . Diral-jc à quels désastres De l'automne orageux nous exposent les astres ? Ou quels torrents affreux épanche le printemps?

(Delii.lk)

Quoi s'emploie dans tous les rapports. Dirai-je à quels désastres est la même chose, pi)nr le sens, que dirai-je les désastres auxquels, etc.

EXERCICE PHRASEOLOGIQUE.

t)i«-inol qael }nur Dtfr-moi ■ qucllf? heurs.

Do quels ilâputéB parles-tu?

Pour quelles femmea?

A quels plaioirs tous lÎ7rez-vuu^

Sarhe quelles sont mei^ peines.

— ^><î»?.^-3 jv" CCXVIII. €s^^«*^

QUBL QUB.

GEKRR ET N0MBR8.

SINGULIEB.

Quel que soit le plaisir que cause la vengeance , C'est l'acheter trop cher, que l'acheter d'un bien , Sans qui les autres ne sont rien.

(La Fontaine.)

Quelle qu'ait été la gloire des grands sur la terre , elle a toujours à craindre l'envie qui cherche à l'obseurcir. (Massillon.)

PLriIKL.

Quels que soient ordinairement les avantagea de la jeunesse , un jeune homme n'est pas bien vu des femmes jusqu'à ce qu'elles en aient fait un fat.

(Vauvenargues.) Quelles que soient les opinions qui nous troublent dans la société , elles se dissipent presque toujours dans la solitude.

(Bernardin de Saint-Pierre.)

Quel suivi de que et d'un verbe prend , comme on le voit , le genre et le nombre du nom ou du pronom qu'il modifie. L'analyse de quel que soit le plaisir que cause la vengeance, est celle-ci ; le plaisir que cause la vengeance (étant un plaisir tel) quel (notre nature veut) que (il) soit. Cette analyse, qui peut s'appliquer à tous les exemples analogues, nous montre pourquoi, en pareille circonstance, quel que doit s'écrire en deux mots.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGJQVE.

'Qnel que toit .e génie d'un ecrltain.

Quelle que loit la douceur de cet enfant Quel que toit votre chagrin.

Quelle que soit ranibitinii d'un générai. Quel que soit !•• lèle de »05 .luiis.

Quelle qu'ait été sa fidélité

Quels que soient les capricei de ces dames.

Quelles qu'elles soient, quelles qu'elles puissent être

Quels que soient nos soupçons.

Quelles que soient mes craintes.

Quels que soient tos projeta.

Quelles que soient les erreurs de la jeuncste.

Quel que suivi de plusieurs noms.

AVEC et.

L'étude de l'histoire est la plus nécessaire aux hommes , quels que soient leur âge et la carrière à laquelle ils se destinent. (Ségur.)

Mais , quels que soient ton culte et ta patrie , Dors sous ma tente avec sécurité.

(Campenon.)

Quelles que fussent habituellement la douceur et i'éljnlité de l'humeur de Montesquieu dans la société, la vivacité méridionale de son tempérament l'en faisait quelquefois sortir.

(Aucer.) Quel que soit son pouvoir, et Vorgueil qui l'anime , Va, le cruel du moins n'aura point sa victime.

(Voltaire.)

Quelle que soit la pente et l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte, I /esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte.

La figure d'une femme , quelle que soit la force ou l'étendue de son esprit , quelle que soit l'importance des objets dont elle s'occupe , est toujours un obstacle ou une raison dans l'histoire de sa vie.

(M"" DE Staël.)

Un meurtre , quel qu'en soit le prétexte ou l'objet , Pour les cœurs vertueux fut toujours un forfait.

(Crébillon.1

Cet homme , quelle que fût sa fortune ou son mérite , ne put réussir dans ses entreprises.

(BONIFACK.)

A la Chine, on rend ceux qui gouvernent responsables des troubles, quelle qti' en soit la cause ou le prétexte. (Voltaire.

Quel que soit le but ou l'avantage d'une chose , lorsqu'elle porte un cachet d'infamie, on ne saurait la faire sans en recevoir l'empreinte.

fLiVRY.)

Suivi de plusieurs noms unis pnr et, (fuel accompagné de que se met au masculin pluriel, quand les noms sont de différent genre; et au féminin pluriel , s'ils sont féminins'(l" colonne). Cependant les deux derniers exemples de cette colonne nous font voir qu'on peut, même en ce cas, ne faire accorder ^mc/ qu'avec le premier des noms exprimé», mais il faut que ces noms aient entre eux quelque ressemblance de signification.

Mais, lorsque quel est suivi de que et de plusieurs noms liés par ou, il prend le genre et le nombre du premier nom (2-^ colonne).

EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.

Quels que ioient Tolre courage elTotre Tertu. Quels que «oienl ïolre fertii el votre eouragi!. Quelles que soient votre fortune et votre position.

Quel que toit votre courage ou votre vertu. Quelle que soit votre vertu nu votre courage. Quelles que soient vos vertus ou votre mérite

»^^^s N^ CCXX. ©s^3«*<

Tel que soit et quel (pie soit comparés.

Tel que.

Ce grand choix, tel qu'il soit , peut n'offenser personne.

(Voltaire.,)

On prouve très-bien à cet enfant que cette religion , telle qu'elle soit , est la seule véritable.

(J.-J. Rousseau.)

Une Jeune fille , telle innocente qu'elle soit , a toujours un grain de coquetterie.

(Maugard.)

Qu'y a-t-il de plus évident que cette vérité , qu'un nombre tel qu'il soit , peut être augmenté ?

(Pascal.)

Le plus fin , tel qu'il soit , en est toujours la dupe.

Quel que.

Un trône quel qu'il soit , n'est point à dédaigner.

(Crébillon.)

Une femme , quelle qu'elle puisse être , est une déesse pour des prisonniers.

(M'"« DK Stakl.)

Voilà , mon père , un point de fol bien étrange , qu'une doctrine est hérétique , quelle qu'elle puisse être. (Pascal.)

Le prêtre, que/ qu'il soit, quelque Dieu qui l'inspire. Doit prier pour ses rois , et non pas les maudire.

(Raynouabd.)

« Tel que, d'il M. Napoléon Landais, régit l'indicatif, parce que les phrases dans les- •> quelles ils entrent, exprimant qu'une chose est, excluent toute idée d'incertitude ou >• de désir. Il n'est pas inutile d'en prévenir les étrangers, qui, ne connaissant point le •> génie de notre langue, ne voient pas des nuances qui souvent même échappent aux » Français. »

Certes, dit M, Dessiaux (1), les étrangers pourront bien renvoyer la balleà M. Landais; îl5 pourront bien lui dire : Mais, monsieur le grammairien, les voyez-vous bien, vousmême, ces nuances que vous croyez échapper à notre sagacité? Votre vue est-elle bien «.l.tiie, votre jugement bien sain? ou n'êtes-vous encore ici, sur cette difficulté, qu'un écho banal de vos prédécesseurs ? Cependant, monsieur, la civilisation marche; la langue, sans perdre de sa pureté, fait, n'en doutez pas, de notables acquisitions; les nuances de la pensée ont amené des nuances dans l'expression , et celle que vous condamnez aujourd'hui, celle que vous nous engagez ici à éviter avec soin, déjà un peu usitée autrefois, est maintenant fréquemment employée avec le subjonctif.

(1) M. Dessiaux a publié dernièrement, dans le Journal de la langue française, une excellente criUqae de a Grammaire de Napoléon Landais.

Nous avouerons d'aDord queLaveauxet Boniface blâment, comme M. Landais, la locution tel qu'il soil; mais Lemare, qui sentait avec tant de justesse lorsqu'il se donnait le soin de méditer, dit à ce sujet : « 11 n'est pas très certain que Voltaire, Rous- » seau, Massillon, Regnard, eussent voulu reconnaître la faute que leur reprochent » ici les grammairiens, quoique pourtant 11 faille avouer que cet emploi de tel que » est extraordin.iire. Mais qui sait si ce n'est pas cette raison même qui l'a fait préfé- » rer dans ces passages par ces maîtres en l'art de penser et d'écrire? » • En effet, qui empêchait ces écrivains d'employer ici quel que, ainsi qu'ils l'ont fait tant de fois? Cela ne nuisait ni à l'harmonie de la période, ni à la mesure du vers. Us ont senti, leur jugement exercé a reconnu qu'une sage analyse ne pouvait condamner cette expression. Comment! parce qu'on a coutume de dire quel qu'il soit, on ne pourrail dire tel qu'il soit ! Mais pourquoi? Quel sens attribuez-vous à ce mot tel? Tel signifie: Avec toutes les qualités remarquées dans l'objet qîialijîé par cet adjectif, et, par extension, pareil, semblable; rien de plus naturel. Quand je dis : Cet homme tel qu'il est me plaît; j'énonce que cet homme m'est agréable avec les qualités physiques et morales que j'ai découvertes en lui. Et si je dis : Cet homme, tel qu'il soit, me plaira toujours, j'énonce une autre idée que chacun conçoit. Pourquoi voudriez-vous m'astreindre à changer mon adjectif tel contre un quel, dont je trouve l'emploi moins juste? Quelles sont vos raisons; enfin, vous n'avez allégué que l'usage le plus général; ce n'est là qu'une présomption, et non une preuve : un jury éclairé ne peut condamner sur de pareilles allégations. Nous allons plus loin. Si l'on réprouvait tel qu'il soit, ce ne serait que par exception; car avec un autre verbe l'on ne pourrait substituer quel à tel : Mon fils, tel qu'il PARAISSE, TEL quB VOUS le JUGIEZ dans la suite, n'en sera pas moins un bon fils. Si cette phrase blesse en quelque chose les lois de notre syntaxe, nous passons condamnation sur tel qu'il soit.

La langue latine et la langue grecque ont leurs adverbes et leurs adjectifs corrélatifs; tum a pour corrélatif cum, tant a quam, tantus a quantus, tôt a quot et talis a qualis; talis est QUALEM nosti, dit Cicéron. Dans notre langue, tel a aussi pour corrélatif quel; la phrase suivante et toutes celles qui lui ressemblent prouvent celte vérité : Us ont été contraints de prendre une proposition telle quelle, et de la condamner. (Pascal, Prow'nc. 3".) Mais, par un abus déplorable, quel s'est changé insensiblement en que; et quand on diî : Je le reçois tel qu'il est, la phrase équivaut à celle-ci : Je le reçois tel quel il est. Par un abus encore plus criant on a laissé le mot quel prendre la place de son corrélatif tel; de sorte que quand on dit : Je le reçois quelqu'il soity on répèle quel mot réellement représenté par que, ce qui forme un pléonasme vicieux parfaitement caractérisé, sur lequell'usage a étendu sa prescription. Mais si le sens commun des maîtres en l'art d'écrire veut rétablir le mol tel dans ses droits usurpés, pourquoi crier au barbarisme? C'est un acte de justice et, de raison qui révolte votre esprit! A quoi pensezvous donc? Dans le vers de Yoiiaire (Sémiramis, m, 6) :

Ce grand choiï, tel qu'il soit, peut n'offenser que mol,

11 y a ellipse. Voici la construction pleine : Ce grand choix, à le considérer tel quel Ia destin voudra qu'il soit.

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

Tp, ou quel qu*!! foit Tel» ou (fui'a qulU soient.

Telle nu quelle qu'elle (oit Telle» ou quelle» qu'ell«noi»Dl

■^^G. X CCXXI- <55^^

Tel que dans les comparaisons.

On volt snr les remparts, avancer à pas lents Ces corps inanimés, livides et tremblants , Tels qu'on feignait jadis que des royaumes sombre?, Les mages à leur gré faisait sortir les ambres.

(\'OLTAIRE.)

Idoménée n'a point recours à la fuite comme un enfant ; il reste à ?on poste de pied ferme , tel que sur une montagne un vieux sanglier, connaissant sa force, attend en un lieu désert la bruyante arrivée des chasseurs. (Bitaubée.!

Essex monte à la brèche, où combattait d'Aumale , Tous deux jeunes, brillants, pleins d'une ardeur égale, Tels qu'aux remparts de Troie on peintles demi-dieux.

(VOLTAIRK.)

Ereuihalion, tel qu'un dieu nou8 bravait à la tête de ses armées. (Bitaubkk.)

Tels qu'on volt des gascons, soupirant par métier

Flairer de loin une riche héritière. Ainsi viennent, en cliœur, les matous du quartier Donner concert à notre prisonnière.

(Lemontev.)

Tel qu'on voit un taureau, qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie ; Le superbe animal, agité de tourments, Exhale sa douleur en longs gémissements. Tel le fougueux prélat, que ce songe épouvante. Querelle en se levant et laquais et servante.

(Bon. EAU.)

Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête.

De superbes rubis ne charge point sa tête ;

Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants.

Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements ;

Telle, aimable en son au-, mais humble dans son style,

Doitéc'ater, sans pompe^ une élégante idylle.

<Jd.)

Tel que, dans les comparaisons, est pour tel quel, en latin talis qualis, et non pour tellement quellement, comme l'avance faussement M. Lemare, puisque l'antécédent tel, qui n'est autre chose qu'un adjectif, se rapporte constamment à un substantif exprimé dans le premier membre de la comparaison, et qu'il en prend tous les accidents de genre et dénombre. Cela posé, examinons, d'après l'analyse et nos exemples, quel est ce substantif; il n'est pas toujours celui qu'on suppose.

Dans les citations de la première colonne, nulle difficulté. Tel et tels se trouvent précédés des substantifs qu'ils qualifient, lesquels sont : Ces corps inanimés^ il (Idoménée), tous deux, Ereuthalion.

Dans les exemples en regard, ce serait étrangement se méprendre que de faire rapporter fe/s, tel, telle, à Gascons, k taureau età bergère, puisqu'ils qualifient au contraire les mois matous, prélat, idylle, jetés à la fin de chaque comparaison. C'est ce que prouvent du moins la répétition de tel, telle, et l'analyc suivante, où la construction est rétablie selon l'ordre direct. Les matous duquartier viennent... tels qu'on voit des Gascons, etc. Le fougueux prélat... querelle, etc., (étant) tel qu'on voit un taureau, etc. Une élégante idylle doit éclater sans pompe, (devant être) telle qu'une bergère, etc.

C'est ainsi que dans :

Te» qu'une fleur que frappent les autans, Penche en tremblant sa tête vers la terre.

On voyait marcher son vieux père.

Courbé soijsle lourd poids des ans.

Tel se rapporte à père, c'est-à-dire qu'on voyait son vieux père marcher courbé, mc, Tr.L qu'une fleur penche, etc. Au lieu que dans :

On voyait marcher son vieux père,

Courbé sous le poids des ans; Telle une fleur que frappent les autans, Penche en tremblant sa tctc vers la lenc.

Telle so rapporte à Heur, c'est-à-dire que la (leur qui -penche sa tête ven ta terre est

TELLE, etc.

>^^^^ W CCXXIÏ.

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