BÉRANGER
Vers l'église portant ses pas , Un prêtre, au jour naissant, allant ù la prière. Les voit, blanchis de neige et couches sur la pierre, Les appelle en pleurant... ils ne se lèvent pas.
(Belmontet.)
Les gens qui dans l'État , rouages nécessaires , Occupent des emplois , j'en fais beaucoup de cas
(Cas. Bonjour.)
]. es pronoms personnels sont ceux qui dcsignenl spécialomenl les rôles on personnes fjrammalicules.
H y a dans l'acte de la parole trois personnes ou rôles. Ces relations ont pris le nom de personnes fjrmnmaticales. Dans ce sens, la première personne est celle qui parle; la seconde est celle à qui l'on parle; la troisième personne est celle de qui l'on parle.
Les pronoms de la première personne sont je, me, moi, pour le singulier, et lions pour le pluriel. Us sont des deux genres : masculins, si c'est un homme qui parle; féminins, si c'est une femme :jc parle, vous me parlez; on parle de moi; nous parlons.
Les pronoms de la seconde personne sont tu, te, toi, pour le singulier , et vous pour le pluriel. Ils sont des deux genres : masculins, si c'est à un homme à qui l'on parle ; féminins, si c'est à une femme : tu parles , on te parle; on parle de toi; vous parlez.
Les pronoms de la troisième personne sont : //, elle, lui, le, la, pour le singulier, et ils on eux, elles, leur, les, pour le pluriel. Il, le, ils, eux, sont toujours masculins; elle, la, elles, toujours féminins ; lui, leur et les, mascidins ou féminins, selon les personnes de qui l'on parle.
Il y a encore un pronom de la troisième personne, soi , se; il est des deux genres. Nous en parlerons bientôt quant au nombre. On l'appelle pronom réfléchi, parce qu'il marque le rapport d'une personne à elle-même.
Il y a deux mois qui servent de pronoms, savoir :
1° En, qui signifie de lui, d'elle, d'eux , d'elles; ainsi, quand on dit : j'en parle, on peut entendre :je parle de lui, d'elle, d'eux, etc., selon la personne ou les personnes . la chose ou les choses dont le nom a été auparavant exprimé.
2° Y, qui signifie à celte chose, à ces choses, comme quand on ck't : je m'y applique , c'est-à-dire, je m'applique à cette chose, ou à ces choses.
Il y a donc vingt-deux pronoms personnels, qui sont : je, me, moi, nous, tu, te , toi, vous, il, ils, elle, elles, se, soi, lui, eux, leur, le, la, les, en et y.
Quelques grammairiens mettent /e, la, les, en et y, dans la classe des pronoms relatifs; c'est une erreur. Quoiqu'ils aient toujours rapport à un antécédent, et qu'ils semblent différer par là des autres pronoms personnels en régime qui ne font ordinairement que la fonction de substituts, ils n'en appartiennent pas moins à cette classe. En effet, ces cinq pronoms sont privés.des deux propriétés qui caractérisent et distinguent essentiellement les pronoms relatifs; la première, celle de limiter, de restreindre ou d'expliquer les mots auxquels ils se rapportent; et la seconde, celle de lier souvent de petites phrases entre elles, et de faire ainsi la fonction de conjonctions. Tout ce que ces pronoms ont donc de commun avec les pronoms relatifs est une relation générale à un antécédent, ce qui ne suffît pas pour les ranger dans la même classe.
Ces mots je ou moi, te, toi, il, etc., que les grammairiens ont si improprement appelés l'i'.ONOMS, ont dû être, en toute langue, les premiers dont on ait fait usage; et si !i:5 grammairiens'rs'y sont irompés, cela vient de ce qu'ayant fait leurs premières ob-
vA.
fervalions sur des langues déjà perfectionnées, ils se soiil conientés de réduire ces observations en système, sans s'appliquer à remontera l'origine des langues, et à rechercher les lois qui ont dû présider à leur formation. Les poètes, quelquefois plus philosophes et presque toujours meilleurs observateurs de la nature, parce qu'ils la sentent mieux, les poètes n'ont pas donné dans la même erreur. Le premier mol que prononce Galalée, ouvrant ses yeux à la lumière et son âme au doux sentiment de l'existence, c'est MOI. Les grammairiens, qui trouvent dans l'invention de ce mol une métaphysique si fine el si profonde, nous paraissent avoir assez mal saisi la chose. Ce mot moi ne tient jamais la place dés noms Pierre ^ Henri, etc., el l'exemple dont ils s'autorisent ne prouve absolument rien; car si un enfant dit à sa mère : donne cela à Henri, c'est pour Hetiri, ou telle autre phrase, c'est qu'accoutumé à s'entendre aj>peler ainsi, le nom Henri est dans son idée synonyme du mot moi. L'invention de ce mol est, sans contredit, très antérieure à celle des noms propres, el l(;s premières phrases en toute langue ont dû être : aidez-moi, secourez-moi, vengez-moi, et souvent aussi aimez-moi.
La dénomination vulgaire de pronoms donnée aux mots je, me, moi, loi, etc., présente une idée qui est, selon nous, directement contraire à celle qu'on doit se faire de celle espèce de mois. Car les grammairiens supposent que les pronoms ont été substitués aux mots moi, toi, il, etc. Nous avouons même qu'il nous est impossible de concevoir comment un homme qui aurait voulu parler de lui-môme aurait imaginé de se donner les noms de Pierre, ûe Jacques, ou loul autre nom indirect, plutôt que de; s'appeler mol on je. Celte observation n'a pas échappé à Court de Gébelin, qui dit affirmativement : « Ces mots existent depuis la plus haute antiquité, et ils forment » nécessairement une classe séparée, parce qu'ils ont une fonction unique qui n'a rien » de commun avec celles d'aucune autre espèce de mots. »
Ces mots Je, ou moi et fw, auront été long-temps accompagnés d'un geste qui d'abord avait servi seul à indiquer qu'on était soi-même l'objet du discours; eniin ils ont été entièrement substitués au geste. On pouvait aussi avoir à parler de plusieurs personnes et de soi-même en même temps, el de là l'invention du mot nous; on peut vouloir aussi adresser la parole à plusieurs individus présents, de là le mot vous; parler de plusieurs individus absents, à quoi on employa le mol ils.
Une propriété très remarquable des noms personnels, c'est que, dans plusieurs langues modernes, lelles que le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol, ils sont le§ seuls qui aient ce qu'on appelle des cas (1). En effet, dans notre langue, les noms personnels je, tu, il, deviennent me ou moi, te on toi, lui ou le, lorsqu'ils sont considérés comme terme ou comme objet de l'action, on bien lorsqu'ils sont subordonnés à quelque mol de l'espèce de ceux que nous avons appelés prépositions.
(1) On donne le nom de cas à certaines terminaisons que les mots prennent n raison d'i point de vue sous lequel on les considère dans le discours. Ainsi, dans le latin, par exemple, où tous les noms ont des cas , si h chose dont on parle est considérée comme idée principale de la pinasc , comme sujet du discours , on emploie le mot qui l'expiime dans sa terminaison simple et primitive ; mais si l'on considère cette chose comme l'objet (le l'action du verbe, alors le mot qui l'exprime affecte une terminaison particulière. Nous nous expliquonj p«r un exemple : le mot patria, en latin signifie pairie, et celle phrase : La patrie m'est chère, dans la quelle la patrie est l'idée principale, s'exprime par ces mots : Patria mihi est cara , si au contraire nous voulions rendre la même idée par ces mots : J\iimc la patrie, nous dirions : Amo jiatriam, où l'on voit que la terminaison n du mot patria se change en am , à raison du point de vue sous lequel la patrie est con- Bldérée dans la phrase , c'est-à-dire comme l'objet du verbe.
^»*^@ N° GCX.L1. ©^^^^
GEMiE ET ISOMERE DE je , me, moi.
MASCDLIN.
Je me suis plaint aux Dieux de voir qu'un si grand
[homme Fût à la fois la gloire et le fléau de Rome.
(Voltaire.)
Sire, répond l'agneau , que votre majcBlé Ne se mcUo pas un colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant , Plus de vingt pas au-dessous d'elle
(La Fgntainb.)
Tout se tait, et moi seul, trop prompt à me troubler, l'aTauce des mallieurs que je puis reculer.
(Hacink.)
Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête, Où vous n'osez aller mériter ma conquête.
(Raciisk.)
Mon ami, je me suis instruite avec soin de ce qui s'est passé entre vous et milord Edouard.
Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille de roi, Tout autre qu'un monarque est indigne de moi.
(Corneille.)
Le nom de la première personne a trois formes pour le singulier; ce sont : je, nte, moi. Ces trois mois, comme on le voit, sont des deux genres: masculins, quand c'est un homme qui parle j féminins, si c'est une femme.
Nous.
'Avec la liberté Rome s'en va renaître ; Et nous mériterons le nom de \Tais Romains , Si le joug qui l'accable est brisé par nos mains.
(Corkeillb.)
Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes?
(Racine.)
Le nom pluriel de la première personne, nous, est également du masculin et du féminin.
— ^»^^^£^ N" CGXLII. o^m^^>^-^
GENRE ET NOMBRE DE tU , le, toi.
MASCULm.
Jeune Grec , tu vas entrer dans mon empire ; tu arriveras bientôt dans cette ile forliince où les plaisirs, les ris, les jeux folâtres naissent sous nos pas.
(Fbnelon.)
Respectalile ennemi qu'estiment les chrétiens , Je reviens dégagor mes serments et les tiens ; J'ai satisfait à tout , c'est à loi d'y souscrire; le le fais apporter la rançon de Zaïre.
(YOLTAIRH.)
Nature l tu ne peux pas mentir Dieu ne se con trcdit jamais dans ses œuvres. (Boistb.)
J'ai , ma chère cousine , à te donner un avis qui t'importe. Hier au soir, ton ami eut avec mllcri Edouard un démêlé qui peut devenir sérieux.
(J.-J. Rousseau.)
Je ne te dis plus rien ; venge-moi, vcnge-^o*. Moutre-toi digne lils d'un père te! que moi,
(COR.NKaLK.)
Funeste ambition
C'est toi dont 1rs furunrs . toujours Illégitimes^ Firent naitrc à la lois les sceptres cl les crimes.
(Crébillos.)
On apprend par ces exemples 1° que le nom de la seconde personne a trois formes au singulier , qui sont lu, te, toi; 2° qu'elles servent toutes les trois aussi bien pour le masculin que pour le féminin.
Vous.
Romains , vous m'entendez , vous savez mon espoir. Songez à mes bienfaits , songez à mon pouvoir.
(Voltaire.)
Prudes, vous vous dcvex défier de vos forces.
(La Fostaisk.)
On voit que le nom pluriel de la seconde personne, vous, est aussi des deux genres.
-— ^^^^:o N® GGXLllI. o^w^«—
GE^RE ET NOMBRE DE il, elle, le j la, lui, se, soi.
Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux , Passait dans son esprit pour le plus beau du monde, Il accusait toujours les miroirs d'être faux , Vivant plus que content dans son erreur profonde.
(La Fontaine.)
Il est clair que notre âme a bien plus de ressort, Pour supporter le mal quand on sait qu'il amve. Comme pour le parer, elle est bien plus active.
(Fabre d'Églastisk.)
... Le plus innocent devient souvent coupable, Quand aux yeux de son prince il parait condamnable ; C'est crime qu'envers lui se vouloir excu?cr.
(Corneille.)
Les Dieux savent forcer le crime à se trahir.
(de Bellot.)
Je vous dis que mcn fils n'a rien fait de plus sage Qu'en recueillant chez soi ce dévot personnage.
Stockholm est une ville que sasituation particuli?'rr> rend admirable. Elle se h'ouve située presque au milieu de la mer Baltique , au commencement du golfe Botliorque. (Régna an.)
Sire, prononcei donc, je suis prêt d'obéir; D'autres aiment la vie; et je la dois haïr.
(Corneille.)
On dit que la noblesse a la vertu pour mèie ,
S'il est vrai, ses enfants ne lui ressemblent guère.
(BoCRSAt LT.)
fne âme accoutumée aux grandes actions , Ne se peut abaisser à des soumissions.
(Corneille.)
Grand Dieu ! des opprimés où serait l'espérance ; Quoi prix dans le malheur soutiendrait leur ce n.-^tance, Si notre àmc en (;uittant ce monde criminel Ne trouvait devant toi qu'un néant étemel?
(Ciiémer.)
Par ces exemples, il est aisé de remarquer 1° qu'au singulier le nom de la troisième personne a sept formes, qui sont : //, elle, te, la, lui, se, soi; 2° que il et te servent pour le masculin, elle et ta pour le féminin ; 3° que lui. se, soi s'emploient pour les deux genres.
>^^^^o. N'° CGXLIV. o^^—
GEXRE EN NOMBRE DE ils, eux, elles, Us ; Icur^ se , soi.
FEMININ
En Amérique, les guerres sont fréquetiles et ti\s cruelles parmi les sauvages. Elles naissent de l'état de faiblesse de ees petites nations, qui proportionnent toujours leurs vengeances à leurs craintes.
(lÎERNARDlN DE Sx-PtEKRS.;
Les grandes passions naissent dans un grand cœur , Qui les sent fortement sait en être vainqueur.
(Dk Bellov.)
Les femmes doivent être altenlives, car une simple apparence leur fait quelquefois plus de tort qu'uno faute réelle. (Girard.'!
La sagesse et la puissance du Créateur , aussi visibles dans la structure du limaçon que dans celle du lion, se manifestent dans toute la nature.
(BUFFON
Seigneur, que tant de profanations que les armes traînent après soi, vous fassent enfin jeter des yeux de pitié sur votre église.
(Massillon.)
Le nom pluriel de la iroisième personne a donc ils, eux pour le masculin, elles pour le féminin, et les, leur, se, soi pour les deux genres.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.
MASCULIN
Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu.
(Fknklon.)
Les amants sont entre eux un peuple bien bizrure.
(Lachaussek.)
Des plus tendres amants voilà quel est le s.)rt ! Toujours leur passion trouve un injuste obstacle ; Kt pour les rendre heureux il faut quelque miracle.
(Destouchks.)
11 faut compter sur l'ingratitude des hommes et ne laisser pas de leur faire du bien. (Fénelon.)
Les vrais ambassadeurs, interprètes des lois, Sans se déshonorer savent servir leurs rois.
(Voltaire.)
y a-t-il des corps subtils en soi!'
(CONDILLAC
MASCULIN «-t FEMININ.
Je suis lieuriux 1,.
J^suis lifureuie.
Je «uii bon.
Je f-uls bonuje.
Je SU'» roi.
Je £uis reine.
Me dire gourmand.
Hé dire gourmande Moi, inpraL Moi, ingrate.
Tu es étranger.
Tu es élrangèie.
Tu es orphelin.
Tu es orpheline.
Te montrer généreui.
Te montrer généreuse Toi, mon ami.
Toi, mon amie
Il boit.
F.lle boit.
Lui, tire honteux.
Elli', ôtre honteuse.
Le chetir.