‹ Grammaire nationaleChapitre 240 sur 643 · I.'ii, p'eurer · texte numérisé non relu

I.'ii, p'eurer

Elle, pleurer

Ir voir.

l.a voir

Lui souhaiter longue vie

à son père y.

Lui être dévoué, s sa patrie |.

le printemps se passe La ïiolelte se culie.

l-'aninial ne vit que pour soi.

Une chose méprisable eu soi.

MASCULIN et FEMININ

rLFBIBL.

Nops soninus laborieu.î.

Nous sommes laborieuses Niius sommes furieux.

Nous scnirnes furieuss^ N lUs sommes contents N >' s sommes coiiteuteg.

Nous faire pauvre.

Nous faire pauvres.

Nous, ennemis.

N<>u$, ennemies.

Vous êtes voisina.

Vous êtes voisines.

Vnus êtes deiol».

VuOS éles dévotes.

Vous faire riche.

Vous faire riches.

Vous, hommes.

Vous, femmes,

Ilv vivent.

Eles vivent.

lux. donner.

Les haïr, les crimes.

Les craindre, les passion».

Leur tendre des pièges

auv oisea i).

Leur voir des pirurc»

'aux f mmcs^ I es hommes se disputent.

Les année.! se sticcèdenl.

I es vice.s «ont honteux en aoi.

les débauches traînent a|>ré3 soi des iulirmité^

(I) Les phrases que les élèves ont à f.iire doivent être st^mbiahles a celles-ci : Je suis heureux quand j(^ fais une bonus action^ nous sommes (,rands envers nos inférieurs ; nous sommes petits «tec nos supérieurs, etc.

^>^o N° CCXLV. o-^^

Nous ET VOUS EMPLOYÉS POUR je ET tU

Sous soussigné , déclarons que le nommé Pierre 6 été pris les armes à la main.

(Anonyme.) Nous ne nous sommes pas cru dans l'obligation lie commencer par examiner si l'on doit instruire le peuple. Naville.)

Nous sommes trop persuadée du peu d'intérêt qu'offrent ces Mémoires pour croire qu'ils méritent jamais l'attention de personne.

(Mad. deP'**.) Eh! qui vous a chargé du soin de ma famille?

(Racine.) Songe? bien dans quel rang vous êtes élevée.

{Id.)

AKALTSB.

Je soussigné, déclare que le nommé Pierre a été pris les armes à la main.

Je ne me suis pas cru dans l'obligation de commencer par examiner si l'on doit instruire le peuple.

Je suis trop persuadée du peu d'intérêt qu'offrent ces Mémoires, pour croire qu'ils médtent jamais l'attention de personne.

Eh! qui t'a chargé du soin de ma famille?

Songe bien dans quel rang tu es élevée.

îl y a, comme on le voit, deux formes pour représenter l'unité au moyen du pronom personnel; ce sont : je et nous, tu et vous. La politesse, l'iirgueil ou l'importance de celui qui parle ou de celui à qui le discours s'adresse, ont fait supposer qu'un seul valait autant que plusieurs. De là l'admission, pour ce seul individu , des mots vous et toi, nous et moi. Ainsi, 1 enfant, parlant à son père, dit en français : vous ou te, tu, toi; et le roi, qui est le chef de la nation et la représente, dit : nous, comme étant en quelque sorte plusieurs, ou plutôt tous en un seul.

Nous pour moi ou je se met dans les actes. Un auteur l'emploleaussi en parlant do luimême; et celte façon de parler est plus modeste que la dernière. Cependant elle est particulièrement léservce pour les actes émanés d'un chef suprême.

Nous, employé dans certaines circonstances, dit M. Ainault, n'est véritablement qu'une muUiplicaiion du moi. Il ne désigne pas plusieurs personnes, mais une personne qui croit équivaloir à plusieurs.

Toi.s les princes chrétiens se servent du nous dans leurs actes, tous, excepté le roi d'Espagne, dont la signature est précédée de cette formule [yo el rey), moi, le roi.

Comment un individu a-t-il été amené à employer le pluriel de préférence au singulier, en parlant de lui?

Cela ne viendrait-il pas desRomains? Chez eux, les magistratures, à commencer parle consulat, étaient exercées collectivement par plusieurs ma;;istrats. Le nous est doncl c pronom qui, dans leurs actes, devait désigner ce genre d'autorité.

Lorsque, par le seul fait de la réunion des grandes magistratures dans un seul individu, on eut changé la république en monarchie, l'enjpereur, qui, tout à la fois consul , tribun , souverain por.tife et généralissime, étaitprince du sénai, représentant du peuple, chef do la religion, chef de l'armée, et que n'était-il pas ? l'empereur, dis-je, être collectif s'il en fut, ne devait-il pas se croire fondé à se servir du nous your désigner le dépositaire de tant de pouvoirs, le représentant de tant d'intérêts? En se servant du mot, n'aurait-il pas fait une faute de grammaire ?

Le protocole des princes s'est réglé sur celui des Césars, et les autorités inférieures n'ont [;ns négligé de se régler sur les princes. Le plus petit magistrat, le maire d'Asnières,

par exemple, se sert aujourd'hui du nous tout bonnement, sans vanité, sans se douter qu'il parle comme les maîtres du monde.

Est-ce par suite do l'usage que les princes de l'Eglise ont adopté aussi l'emploi du nous? Je serais tenté de le croire, car les apôtres auxquels ils succèdent ne s'en servaient pas dans leur correspondance avec les premiers fidèles. Saint Paul, dans ses épîtres parle toujours au singulier, à moins qu'il ne soit assisté de quelques disciples, tels que Sylvain et Timothéo.

L'emploi du nous, introduit ori;;iiiairemcnt par l'orgueil, est aujourd'hui recommandé par la modestie, et le moi est proscrit par deux grandes autorités, par un moraliste et un chans nnier, par Pascal et Boufflers, comme portant un caractère insoutenable de présomption et de personnalité.

Cela est-il bien juste? serait- il absolument impossible de démontrer que le mot, qui ne caracléri-cpas moins la franchise que l'égoïsme, est peut-être aussi souvent que le nous l'expression de la modestie?

Laissons de côté les cin onstances où le nous est adopté par l'usage, où le nous entre de droit dans les formu'es , comme certains personnages rjothiques dans certaines cérémonies où ils figurent sans qu'on y fasse attention. Le nous n'indique là ni modestie ni orgueil ;. mais est-ce par modestie que plusieurs gens l'emploient en énonçant une opinion ou une volonté particulière, à laquelle ils prêtent aussi l'autorité de plusieurs ? Non sans doute, pas plus que ce n'est par courage qu'ils cherchent àcouvrirla nullité de leur moi de l'importance de ce nous, derrière lequel ils se réfugient, comme un poltron derrière une ligne de grenadiers.

Quand je vois le membre d'ure association quelconque se servir du nous dans un écrit qu'il ne signe pas, soit en attaquant des idées reçues, soit en soutenant des paradoxes, soit en dénigrant des hommes estimés, soit en prônant des himmes discrédités: je crois qu'il cherche moins à se dérober à l'honneur d'avoir émis des vérités nouvelles, qu'à faire retomber sur la coterie sous la raison de laquelle il correspond la responsabilité de ses hérésies; le nous est là où il n'oserait mettre le mot.

Ce nousAèi ne couvre-i-il pas ce moi contre lequel Biaise Pascal montre tant d'humeur; ce moi qu'il hait comme injuste en soi, en ce qu'il se fait centre de tout, et comme incommode aux autres, en ce qu'il veut les asservir. (Pascal, art. 9, ps. 23 )

Ce nousAà, pronom du lâche comme de l'égoïste, équivaut au mot on, mot d'usage tout aussi commode, mot sous la protection duquel tant de braves s'embusquent aussi , mot si bien qualifié par le proverbe : on est un sot.

On emploie vous au lieu de tu envers ses supérieurs, ses égaux et ses inférieurs. Notre courtoisie est même si grande , que nous ne dédaignons pas de donner du vous et du monsieur à l'homme de la condition la plus vile (l). On peut tutoyer :

1° Les personnes avec lesquelles nous avons la plus intime familiarité ; telles que nos parents, nos enfants, nos frères, nos sœurs, etc. Le tu, en pareille circonstance, est le langage de l'amour, de l'amitié et de la fraternité.

"2° Ses inférieurs, s'ils sont beaucoup au-dessous de soi: un maître peut donc fort bien tutoyer son laquais.

3° Ceux que l'on méprise ou que l'on insulte ; quelle que soit alors leur condition, on se

(1) Ma, Dio tnciperdoni, s'écrie un Italien, quel titolar dame, per sino le portinaje, gente vile, dispelta, villana, mi strazia propriamcntc l'orecchio, e parmi grande ollraggio di corlesia. Nous ne croyons pas devoir traduire ces paroles en français.

met bien au-dessus d'eux. C'est ainsi que le grand-prêtre Joad n'ayant plus besoin de dissimuler, dit à la reine Athalie :

Tu seras satisfaite.

Je lo les vais inotilrer l'un et l'autre à la fois.

4" Ce qu'il y a do plus grand, de plus vénéré; mais rela n'a lieu que dans lo style élevé •

Grand Dieu! fei jugements sont remplis d'équité. (BKSBARnaAux.)

0 mon souverain roi!

Me voici donc tremblante et seule devant toi. (îîacixe.)

0 toi qui vois la honte où je suis descendue , Implacable Vénus , suis-je assez confondue! (/i.)

Le tutoiement, qui rend, dit Voltaire, lo discours plus serré, plus vif, ado la nobiesso et de la force dans la tragédie; mais il doit être banni de la comédie, qui est la peinture de nos mœurs.

Il est bon de remarquer que lorsqu'on fait usage de vous et de nous, au lieu de tu et de je, les adjectifs ou participes se mettent au singulier, et revêtent le genre du nom de la personne qui parle ou à laquelle on parle, comme on peut le vérifier par les exemples que nous avons cités plus haut.

EXERCICE PURÂSÉOLOGIQUE.

UN HOMME PARL^ÎKT DE LUI. UNE FEIMME PARLANT D'ELLE. EN PARLANT A UN HOMME . A UNE FEMME.

Nous sommes convaincn qne.

Nous somme? persuadé que.

Nous sommes assuré que.

Nous sommes étonaé que.

Nous sommes surpris que.

Noua soussigné.

On verra, au chapitre du verbe, lorsque nous parlerons de l'impératif, que très-souvent une personne se parlant à elle-même , fait usage de la première personne du pluriel de l'impératif, et qu'en pareil cas on ne met pas l'adjectif au pluriel : Soyons ligne de notre naissance; soyons sage.

Certainement si l'on employait le pluriel , ce serait ôter tout lo charme, tout le piquant de cette façon de parler, ce serait faire même un contre-sons.

FONCTIONS DE je, me , moC

Nous sommes convaincue qne.

Vous éteseslimé.

estimée.

Nous sommes persuailee .[ue.

\'ous êtes donné.

étonnée.

Nous sommes assurée que.

Etes-Tous persuadé ?

persuadée.

Nous sommes élonnée>jue.

Vous êtes cruel.

crue:i<^.

Nous sommes surprise qi.e.

Vous êtes savant.

savante.

Nous soussignée.

Étes-vous bien portant C

bien portat'.a

SUJET

Je pais faire les rois , je puis les déposer.

(Racine.) Je mourrai tout ensemble heureux et malheureux.

(Corneille.)

.Uos floule à votre amour ai su la conserver

(Racine.)

Personne ne souhaite plus que moi, monseigneur, que vous soyez un très-grand nombre d'années loin des périls inséparables de la royauté.

(FéNHLON.)

COMPLE.MENT DIRECT.

.}Te laisserai-je éternellement ballotter par les so- i Laissez-moi chea les morts descendre sans rougir, phismes des mieux disants? (Voltaiub.)

(J.-J. Rousseau.) |

COMPLEMENT INDIRECT

Vous me parlez toujours d'inceste, d'adultère.

i^Racine.)

Muse, raconte-tno» ces grands événements.

(Dkmllb.) Mais il est mon époux , et tu parles à mot.

(Corneille.)

complément de prépositions.

[Tomme rare , sur ma parole !

Avec moi vous en conviendrez.

(Arnadlt.) Quoi qu'ils fassent, mes contemporains ne seront jamais rien pour mot.

(J.-J. ROUSSEAD.)

Une grande révolution venait de se faire en mot*.

(J.-J. ROL'SSEAD.)

Vous verrez vos époux d'abord indifférents, Attendre de mot seul la fin de leurs tourments.

(Aubert.)

Le pronom de la première personne a deux formes au singulier, pour représenter le sujet; ce sont je et moi. La première, je, ne peut entrer dans le discours qu'appuyée sur le verbe dont elle désigne le sujet : Je chante, je Us, je pleure. La seconde, au contraire, moi, peut se passer de cet appui, et le plus souvent même elle n'est employée que lorsque le verbe est sous-entendu : Personne ne souhaite plus que MOI, c'est-à-dire : personne ne souhaite plus que moi ne souhaite. Dans cette phrase, où le nom personnel moi est le sujet du \cvhQ souhaite non exprimé, on ne pourrait pas se servir du je. La raison en est, ce nous semble, que la forme je n'ayant pas un son aussi énergique que la forme moi, exige nécessairement l'appui d'un verbe.

Le complément direct est représenté par me et moi; mais la différence que ces mots offrent dans leur emploi, c'est que me se place avant le verbe : Il me flatte, il me frappe; tandis que moi se met toujours après les verbes : flatte-moi, crois-moi; frappe-moi.

Les mêmes formes me et mot servent également pour le complément indirect ; la première précède les verbes : Il me parle, il me donne, il me dit ; la seconde les suit : Parle-moi, donne-moi, dis-moi. Le complément indirect peut aussi être indiqué parla forme à moi ; et même , suivant Lemare , dans ces phrases : Donne-moi , dis-moi, parle-moi, la préposition à est sous-entendue : Parle-moi est donc pour par/e à moi. Et ce qui le prouve , c'est que si l'on veut attirer davantage l'attention , on rétablit l'ellipse :

Avez-vous oublié que vous parlez à moi? (Corneille.)

Messala, songez-vous que vous parlez à mot? (Voltaire.)

Quant à la forme que l'on doit employer après les prépositions, les exemples que nous avons cités nous font voir qu'il n'y en a pas d'autre que moi.

De toutes les observations que nous venons de faire , il résulte que le nom personnel moi peut s'employer dans tous les rapports possibles, ce qui ne peut pas arriver de je ni do me.

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

SUJET. COMPLI'MENT DIRECT. COMPLOIENT INDIRECT COMPLÉM. DE PRÈPOSIT.

S* p»U iom[)re. Mr comblera. Me donner. Par moi.

J( TCnx mourir. Me punissait. Me nuisait. Contre m(^.

Ansii modeste que moi. Me récompenfer. Me relusait. Cheimoi.

Um icul doia. Me tromper. Ne me retirez pai. Avant soi.

?o N° CCXLYII.

FONCTIONS DE flOUS

tfoul it«f vivons jamais, nous attendons la vie.

(Voltaire.)

Personne ne connaît mieux nos défauts que noua,

(AWONTMB.)

COMPLEMENT DIRECT

Le sentiment de l'innocence nous élève vers la divinité, et nous porte à la vertu,

(Bern. de Saint-Pierre.)

Aidong-noui mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère.

(Florian.)

complément indirect.

Il faut aimer ceux qui nous font du bien.

(Gosse.)

Nous nous assimilons volontiers aux hommes su périeurs d nous. (Boiste.)

complément de prépositions.

Qui de nous, en posant une urne cinéraire, N'a trouvé quelque ami pleurant sur un cercueil?

(Y. HcGO.)

Examinons un peu, sans témoins, sans jaloux, Tout ce que la fortune a prodigué pour nous.

(Voltaire.)

Le pronom pluriel do la première personne, qui n'a qu'une seule forme, nous, peut, ainsi que le prouvent ces exemples, se trouver dans tous les rapports possibles.

Dans le premier exemple de la deuxième colonne, il est employé avec ellipse du verbe : Personne ne connaît mieux nos défauts que NOUS ; analyse : Personne ne connaît mieux nos défauts que NOUS les connaissons. Le pronom personnel nous est évidemment le sujet du verbe connaissons sous-entendu

SUJET

Nous laissons.

Nous approuvons.

Aussi indulgents que nous.

Plus malheureux que nous.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.

COMPLEMENT DIRECT

Nous dédaigne.

Nous altaquait- Condamnez-nous . OSeascL-nous.

COMPLEBLENT INDIRECT.

Nous défendre de.

Nous 6ter de.

Rendez-nous.

Donnex à nous.

COMPLEM. DEPREPOSIT Avec nous.

Contre nous.

Par nous.

Devant nous.

Page 1