N° CCCXXXVIII. ^M
Celui-ci, celui-là n'ayant rapport a aucun substantif exprimé.
Celui-ei meurt dans les prospérités et dans les rirhesfes , celui-là dans la misère et dans l'amertume de son âme; et les uns et les autres dormiront cneemble dans la môme poussière.
(Fléchier.)
Applaudie de tous , mais à son tour affable et civile à tous , elle prévenait ceux-ci , répondait honnêtement à ceux-là. (Id-)
Les chréliens se précipitent de leurs cavales ou de leurs chameaux. Ceux-ci se prosternent trois fois ; ceux-là se frappent le sein en poussant des sanglots.
(CHATKACBaiAND.)
On la vit foutes .es semaines essuyer les lames de celui-ci , pourvoir aux besoins de celui-ià.
(Fléchikr.)
Celui-ci, celui-là peuvent n'avoir rapport à aucun substantif exprimé. En ce cas ils ne s'emploient que dans l'énumcralion des objets et des individus, comine dans les citations que nous venons de rapporter; ce/z«-d désigne ce qui est placé en premier ordre dans notre esprit, et celui-là, ce qui vient en second lieu.
EXERCICE PURÀSÉOLOGIQUE.
Crini-ei Oait,eelui-Ià meurt.
Celle-ci est pauvre, eelleià e<l ticLe.
Ceui-c! font bien, ceui-là font mal.
CcUcs-ci aiment la lecture, celle»-lâ la tcileUc.
-«;»eO:tia^
cccxxxix.
Celui'ci, celle-ci, ayant rapport a ce qui suit.
On ne peut définir un mot sans commencer par celui-ci : c'est , soit qu'on l'exprime ou qu'on le sousentende. (Pascal.)
C'est une belle prière que celle-ci ; mon Dieu, gardez-moi de moi-même. (Bonifack.)
Ces deux exemples nous font voir que les pronoms démonstratifs celui-ci, celle-ci peuvent aussi avoir rapport à une chose qu'on va immédiatement indiquer.
EXERCICE PURASÈOLOGIQVE.
C'est on |eli mot qu* celui-ci : tniour.
11 n'j avait <l'ii.utr« ooarrilara ^e ccUe-ci i du pain.
Il n'y a pas de métal qai ptaÏM eoiam* «du^ci : l'arfaat. Il d; a pat de plua cruelteDDemia qaeecux-ci : les liees.
Celui-<^, celui-là, etc. suivis de gui ou de que.
Les femmes ont coutume d'oublier
Tous leurs adorateurs , excepté le premier ; C'est celuiWd gui sert d'époque à la tendresse.
(Demoustiir.)
Il n'y a point de doctrine plus propre à l'homme que celle-là qui l'instruit de sa double capacité de recevoir et de perdre la grâce.
(Pascal.)
S'il est des misères sur la terre , prouvent-elles l'injustice de la providence, qui donne si libéralement aux riches les moyens ûe ies soulager, ou l'endurcissement de ceux-là même qui s'en font un titre contre elle? (Vauvknarcues.)
Mais qu'il soit une amour si forte Que celle-là que je vous porte , Cela ne se peut nullement.
(Malherbe.)
Notre galant vous lorgne une fillette , De celles-là que je Tiens d'exprimer
(La Foxtaine.)
Le feu qui brùla Gomore
Ne fut jamais si véhément Que celui-là qui me dévore.
(N'oiTtIRE.;
Giraiilt-Duvivier, se fondant sur l'aulorilé de Wailly, Restant, Regnier-Desmarals et l'Académie elle-même, se prononce contre l'emploi de qui ou de que après les pronoms celui-ci, celui-là, en ce qu'ils sont déjà déterminés par ci et là. 11 n'approuve cette construction que dans une seule circonstance ; c'est lorsque qui est le sujet d'une proposition incidente, explicative, c'est-à-dire qu'on peut retrancher, sans altérer le sens de la proposition qui a pour sujet celui-ci ou celui-là : celui-ci, qui est déjà usé, vaut mieux que celui-lày qui est tout neuf. Nous ne partageons en aucune manière les scrupules do ce grammairien, et nous pensons que les exemples cités sont très-français et qu'ils peuvent être imités. Celui-là que, celle-là que, sont des expressions beaucoup plus énergiques, selon nous, que celui qui, celui que.
C'est celui-ci que i'aime.
C'est celleî-ci qui est à TOU(.
Ce sont celle-ci que je vous donne,
Prenei celui ci qui peut voiu texfit.
EXERCICE PHIÎÂSÉOLOGIQUE.
C'est celui-ci même qui me Ta dïL C'nS te!ui-là que j'ai tu.
C'en celle-là que j'attendais.
J'accepte ccUe-là mtnie que »cus m'offre».
Ce sciit ceu«-là qui m'effraient.
Ce sont celles-là même que je foulais fuir.
ê» CCCXLÏ. c^
Celui-là SUIVI ou non siivi de qui, etc.
scivt DE qui,
Le plus sage , en sa vie ,
A quelquefois ses accès de folie : Chacun s'égare , et le moins imprudent Est celui-là qui plus tôt se rcpent.
(Voltaire.)
Celui-là qui vit ignoré vit heureux.
(BOSIFACE.)
^0N SUIVI DE qui.
Celui-là est liclic qui reçoit plus qu'il ne consume ; celui-là est pauvre , dont la dcjcnsc excède la r&ccttc. (La Bruyère.)
Celui-là vit ignore qui vit heureux.
(BONIFACB.)
En venu du principe erroné par eux posé, que celui-là ne saurait être suivi de qui ou de que, tous les grammairiens, Boniface excepté, condamnent les exemples de la première colonne. D'après eux. Voltaire aurait dû construire son vers de celte façon : Celui-là est le moins imprudent, qui plus tôt se rcpent. Nous ne contestons pas que celle construction ne soit bonne; mais nous sommes loin de penser, pour cela, que celte adoptée par le poète le soit moins. On a donc deux formes au lieu d'une ; seulement, on sera correct en disant : Celui-là qui vil ignoré, vit heureux, et l'on sera élégant en écrivant cr/ui-/à iz'i /i«<m<:r, qui vit ignoré. La pensée est absolument la même. Il n'y a de différence que dans la construction. Il en est de môme dans ces phrases : Tel homme, qui, dans un excès de mélancolie, se tue aujourd'hui, aimerait à vivre, s'il attendait huit jours;
( 401 ) tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous leurre. Mais n'anticipons pas, c'esi ce quo l'on verra en son lieu.
EXERCICE PnRASÉOLOGtQlE.
n«hii-4i qui ptns» bi«o trouTcra bien
C«lu»-li qui e>t ricbc ii'cil (lai toujoiir'- lu'ureux.
C«r»la qui me Tcut du bieu eat mon amie.
C«ui-lè ^ul iont TM ennemi), ne lonlpas met amii.
Celui-li (rou««ra bien qui penie bien.
Celui-là u'eit pa> loujoun beurenx qui et riebe. Cell*4i eit mon amie qui me «eut du bien. C«ui-U n* tout pa> me) amii qui sont tôt eonemi»
'^^^o N' CCCXLII. o^^—
Ce SUIVI ou NOM .SUIVI D'UN SUBSTANTIF.
SDIVI d'un XOM.
Cet ibjet qui les avait transportes , les occupait sans cesse. (Bossukt.)
Poar Jouir de cet objet qu'il aime.
(FLÉCniER.)
Cet accident qui devrait nous pénétrer jusqu'au fond de l'àme ne fait que nous étourdir pour quelques moments. ^Bossukt.)
Quand j'aurais obtenu tout ce que je croyais cliercher, je n'y aurais point trouvé ce bonlicur dont mon cœur était avide. (J.-J. Uousskau.)
Je me souviens de cet instant plein de Joie et de trouble où Je sentis , pour la première fois , ma singulière existence. (BurrcN.)
... Oui , seigneur, clic ose Dans ses beaux compliments appuyer sur ce point.
(riRci.)
L'adjectif démonstratif ce, ordinairement suivi du nom qu'il détermine, peut s'employer avec ellipse de ce même nom.
Mais voyez où ne conduit pas l'oubli des principes mêmes les plus simples! De ce que l'usage permet de dire : 6Vi objet qui m'avait frappé ou ce qui 7n avait frappé; cet accident qui venait de m'arriver ou ce qui venait de ni arriver; ce bonheur dont mon cœur élaii avide ou ce dont mon cœur était aride; cet insi.mt est l'heure ou c'est l'heure; cet homme est mon ami ou c'est mon ajw, grammairiens et professeurs ou soi-disant tels, en concluent que le mot ce n'est pas le même dans les deux cas, et qu'il est tout à la fois adjectif el pro)iom: adjectif, lorsqu'il est suivi de son substantif; pronom, quand il est employé seul; comme si un mot pouvait changer de nature en changeant d'emploi! Le bon sens public fera justice, nous l'espérons, de celte doctrine absurde enfantée par des esprits étroits on suiierliciils.