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DANS LES SUBSTANTIFS

!'• SHRIH. — SINGULIER.

Un homme est assez beau quand il a l'âme belle.

(BOURSAULT

Une femme prudente est la source des biens.

(Destouches.)

L'ambassadeur à'uaToim'e&t toujours redoutable.

(Voltaire.

Un bienfait n'avilit que les cœurs nés ingrats.

(La Harpk.)

Un cœur peut tout tenter quand l'amour l'accompagne. (Poisson.)

Le conseil le plus prompt est toujours salutaire.

(Racine.) Un Dieu suffit, la nature l'atteste.

(CllÉ.MER.)

Un rival sans talent partout voit un défait.

(SïASiART.)

Son œil tout égaré ne nous reconnaît plus.

(Racine.)

S^s SÉRIE.— -PLURIEL.

Les hommes ne sont que ce qu'il plaît aux femmes.

(LArONTAlNK.)

Les femmes de ce siècle ont besoin d'un modèle.

(De BiÈVRE.) Les vrais ambassadeurs sont partout révérés.

(VOLTAIRK.)

Les bienfaits peuvent tout sur une âme bien née.

Les cœurs opprimés ne sont jamais soumis.

(Id.)

Les conseils du courroux sont toujours imprudents.

(Saurin.) Les (faux) Dieux doivent leur être aux faiblesses des hommes. (Bolrsault.)

Des rivaux vertueuxsont souvent admirés.

(De BELLoy.)

Les yeux de l'amitié se trompent rarement.

(Voltaire.)

Les mômes noms nous apparaissent ici diversement modifiés dans leur désinence, suivant qu'ils représentent un seul être ou plusieurs êtres distincts.

C'est ici l'un des artifices les plus admirables de la théorie des langues : avec un léger changement dans la terminaison des noms, ces noms expriment, outre l'idée fondamentale qu'ils renferment, l'idée accessoire de quotité, l'idée de nombre.

Les noms :

Homme, femme, ambassadeur, conseil. Dieu, rival, mal, œil, et :

Hommes, femmes, ambassadeurs, conseils. Dieux, rivaux, maux, yeux, désignent les mêmes objets; mais les premiers ne désignent qu'un seul objet; tandis que les seconds en indiquent plusieurs.

Voilà donc une nouvelle propriété dont jouissent les noms, d'indiquer l'un/fé ou la pluralité. Cette différence entre Vunité et la ^j/wm/Z/é s'appelle nombre.

Le nombre singulier esl signe de Vwiité; le nombre pluriel est signe de la pluralité.

Depuis les vastes corps lumineux dessinés dans l'espace incommensurable par une volonté toute-puissante, jusqu'aux atomes imperceptibles qui forment l'extrémité inférieure de l'échelle immense des êtres, toute la nature consiste en individus. C'est par

( 44) le pouvoir de raffinilé, par un acte purcmcnl intellccluel, que nous concevons la plu ralité. acie qui a pour base nialérielie les rapports de conformité cl de convenance.

Quoique la pluralité ne soil point un ôîrc, elle est la conséquence de notre organi saiion. Nous avons la faculté de réunir dans notre esprit plusieurs êtres, en faisan; abstraction des qualités particulières des individus, pour ne considérer que ce qu'ilft ont de commun; de là, la nécessité d'exprinK^r par lu voix la modification de l'idée d'individualité pour rendre l'idée de pluralité. Mais, comme la plupart des noms d^ notre langue n'ont point de désinence sonore pour exprimer cette idée accessoire, il a fallu y suppléer par les particules que nous nommons articles, dont les fonctions consistent à indiquer le nombre et le genre des noms, et à en déterminer l'étendue. Ces particules déierminatives précèdent les noms et leur servent d'auxiliaires; le besoin de la clarté a commandé cet ordre.

Le manque d'inllexions sonores pour dériver immédiatement le pluriel du singulier, selon l'ordre de conception, a forcé de recourir à des signes visibles qui sont, en effet, les signes et non l'expression de l'idée accessoire. Quant à la langue orale, elle serait souvent impuissante pour rendre celle vue de l'esprit sans le secours des articles. Par exemple, que je prononce homme au singulier, ou hommes au pluriel, cette voix n'éprouve aucune modification sensible; il en est de même des noms femine , fille , maison , arbre, ■plante, pierre, étoile, etc., qui se prononcent de la même manière au pluriel qu'au singulier. Ainsi, on ne pourrait discerner de quel nombre seraient ces substantifs, si on les prononçait isolément.

Néanmoins, nous avons quelques noms qui ont une désinence sonore pour représenter l'idée de pluralité, tels que : le mal, les maux, le cheval, les chevaux, un général, iL's généraux, tin caporal, des caporaux, etc. Ce mécanisme est très simple et produit un elTel très intelligible.

Notre règle générale pour la formation du pluriel est parfaitement assortie au génie i!'3 notre langue; elle est simple, judicieuse et d'une application Hicile. Le caractère s isl la marque conventionnelle de l'idée accessoire de pluralité. Ce caractère, par sa l'orme sinueuse, est l'emblème convenable de l'acte de l'intelligence dont il est le signe visible. Mais, malheureusement, celle règle générale a de nombreuses cl de bizarres exceptions.

EXERCICE ANALYTIQUE

(L'élève indiquera les noms signe» de l'unité et les noms signes de pluralité.)

A deux heures nous étions déjà dans les bois , à la r.'-chcrchc des fraises : elles couvraient les pentes méridionales ; plusieurs étaient à peine formées, mais un !;rnnd noniliie avaient déj;\ les couleurs et le parfum •le la maturité. La fraise est une des plus aimables productions naturelles : elle est abondante cl salubre , » !(c mûrit jusque sous les climats polaires ; elle me çflrait dans les fruits , ce qu'est la violette parmi les îieurs, suave, belle et simple. Son odeur se répand avec lo léger souffle des airs ; lorsqu'il s'introduit par intervalle soas la voûte de» bois, pour agiter doucement les Laissons épineux et les lianes qui se soutiennent sur les troncs élevés, elle est entraînée dans les ombrages !o? plus épais avec la chaude haleine du sol où la fraise inùrit;ellc vient s'y mêler à la fraîcheur humide, et semble s'exhaler des mousses et des ronces. Harmonies sauvages ! vous êtes formées de ces contrastes.

Tandis que nous sentions à peine le mouvement de l'air dans la solitude couverte et sombre, un vent orageux passait librement sur la cime des sapins; leurs branches frémissaient d'un ton pittoresque en se courbant contre les branches qui les heurtaient. Quelquefois les hautes tiges se séparaient dans leur balancement, el l'on voyait alors leurs tètes pyramidales éclairées de toute la lumière du jour, et brûlées de ses feux, audessus des ombres de cette terre silencieuse où s'abreu valent leurs racines.

Quand nos corbeilles furent remplies, nous quittâmc? le bois, les uns gais, les autres contents. Nous allâmes par des sentiers étroits, à travers des prés fermés dfhaies, le long desquelles sont plantés des merisiers-' élevés, et de grands poiriers sauvages. Terre encore patriarcale, quand les hommes ne le sont plus !

(SÉNANCOUR. ObERMANN.)

FORMATION DU FfcMIMN DANS LES SUBSTANTIFS.

1"SERIK. — MASCULIN.

\:hnbitant da Torno dans sa hutte enfume, Chante aussi son pays dont il est seul charmé.

(La Harpk.)

i.e serin est le musicien de la chambre.

(BUFFOU.)

La plus petite entreprise

Veut les soins d'un bon ouvrier,

(Nivernais.)

Ce n'est pas le souverain, c'est la loi qui doit 'cgner sur les peuples. (Massillon.)

(?n écoute sans cesse un amant couronné.

(La Harpe.)

Le choix des temps et des occasions est la grande science du courtisan.

(Massillon.)

Le temps est précieux quand on craint un rival.

(Destouches.)

2™« SÉRIH. FHMINIJC.

Et toi, jeune alouette, habitante des airs, Tu meurs en préludant à tes tendres concerts.

(Dblille.) La serine est d'un jaune plus pâle que le serin.

(BUFFO» .) Quand Vouvrière est épargnée, Vainement l'ouvrage est détruit.

(Arnaclt.) Ainsi de la parure aimable souveraine , Parla mode, du moins, la France est encor reine.

(Dklillb.) De quoi n'est pas capable une amante insensée?

(PlBON.)

11 n'y a peut-être pas une seule femme turque qui fasse le métier de courtisane.

(Bernardin ds Saint-Pierre.)

On trompe rarement les yeux d'une rivale.

(Gresset.)

Ces exemples servent à nous faire voir que tous les mois lerminés au masculin par une consonne, forment leur féminin par l'addilion d'un e muet à la tin du mot. On remarquera que les substantifs lerminés au masculinen er, prennent en passant au féminin, un accent grave sur Ve -.jardinier, jardinière, ouvrier, ouvrière.

EXCEPTIONS

Je sais ua paysan qu'on appelait Gros-P'erre.

(Molière.)

Un seul jour ne fait pas d'un mortel vertueux Un perûde assassin, un lâche incestueux.

(Racine.)

La discorde, l'infamie, la misère font autant de veufs que la mort. (Boiste.)

Les paysannes mangent moins de viande et plus de légumes que les femmes de la ville.

(J.-J. Rousseau.)

L'épouse du chrétien n'est pas une simple mortelle: c'est un être extraordinaire , mystérieux, angéliquc ; c'est la chair de la chair , le sant; du sang de son époux. (Chateaubriand.)

N'élevez point l'échafaud sur la maison du criminel; quelle part ont à son crime sa veuve et ses orphelins?

(S2NTENCB ARABE.)

On voit que l'on doit excepter de la règle précédente : bachelier, paysan, vieillot, sot, duc, métis, juif, veuf, morlel, vieux, malin, quaker, qui font au féminin baclielelte, paysanne, vieillotte, sotte, duchesse, métisse, juive, veuve, mortelle, vieille, maUyne, quakeresse. Quanta partisan ce mot n'a point de féminin; on dit également d'un homme ou d'une femme, un partisan. Voltaire a cependant écrit partisanne. «.Elle vous rendait bien justice, vous n'avez pas de partisanne plus sincère.

^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE (1).

. L'n Fran^tis.

One Prati(;a!se.

Du Anglais.

Une Anglaise.

Cn E'papnoL

Cne Espagnole.

fe Marcl.a.-.J.

Marchande.

MenilianL

Mendiante.

Gfant.

G.r.rle.

* Africa.ii.

Africaine.

AmérieaiD.

Américains

Cliàtriain.

tb^lcl;,inc.

MïbODHUB.

Uabométane.

Sultan.

Sullaiie.

Mutulmao.

MusalmaB*.

(i) Quand l'élève aura trouvé de lui-même la règle, de peur qu'elle ne s'oublie presque aussitôt , les maîtres hji en feront faire immédiatement l'application. A cet effet, ils choisiront un certain nombre de mots dét;ichés parmi ceux qui suivent chaque principe, et exigeront qu'il improvise sur le champ ou bien qu'il préparc pour la leçon suivante, autant de petites phrases avec ces mots. Cet exercice, auquol nous avons donne le nom d'KXERCicE piiraséologique , tout cn flattant l'amour-propre de l'élève, développe gr.iduelicment ses faculté? intellectuelles, lui fait acquérir la ctmnaissance des règles de notre langue, et les lui grave d'une manière inclVaçable dans la mémoire. 11 nous semble appelé à remplacer avec avantage toutes les cacographie».

Ertraragant.

BabiHinl.

AoTergnat

OoTrier.

Laitier.

Voisin.

Marquis.

Allemand

Npin

îjouT^rain.

Gourmande.

Eitrafaganl»

BjbillarJ».

AuTergnaU

OuTrière.

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