VERBE SEPARE DE SON SUJET PAR UNE PHRASE INCIDENTE
Peut-être un malheureux, mourant sur son fumier, l)u dernier des humains deviendrait le premier.
(Delille.) Le ciel en divisant la France et l'Angleterre, Sauve la liberté du reste de la terre.
(De Bellot.)
La terreur comprimant l'honnête homme abattu, Sèche l'humanité, fait taire la vertu. (Chémer.) La raison d'aujourd'hui, semant pour l'avenir. Versant de tous côtés sa lumière féconde, Vaincra les préjugés, ces vieux tyrans du monde.
Quand un verbe est séparé de son sujet par une phrase incidente, comme dans les exemples qui précèdent, il faut avoir soin, tant en prose qu'en vers, de ne pas lui en
( 606 ) donner un second. D'après cette règle, n'y aurait-il pas une faute dans ce passage de la Henriade :
Louis, en ce moment, prenant son diadème. Sur le front du vainqueur il le posa lui-môme.
« Si le poète, dit Bescher, avait besoin d'un mot de trois syllabes pour faire son vers, ne pouvait-il pas dire : le déposa lui-même, sans se servir de il, qui semble superflu et donne une redondance nuisible à la clarté du sens?
Nous répondons que, dans les phrases un peu longues, lorsque l'idée du sujet énoncé d'abord commence à s'affaiblir , les auteurs peuvent le rappeler par il ou elle , relever ainsi l'expression, et lui donner de la vigueur. Louis plaça lui-même le diadème; il n'employa pas une main étrangère : rien de plus convenable que le pronom il pour rendre cette idée, qui domine dans toute la phrase.
Nous trouvons dans Boffon un exemple de la répétition d'un même sujet sous une double forme :
La terre étant partout en friche, et couverte, dans toute son étendue, d'herbes grossières, épaisses et touffues, elle ne s'échauffe, ne se sèche jamais.
Pour quel motif rejeter de la langue cette manière de s'exprimer, qui lui est nécessaire? Il ne faudrait pourtant pas en abuser. »
Cette opinion de Bescher est conforme à celle que nous avons émise au chapitre des Pronoms personnels. Nous ne pouvons mieux faire que d'y renvoyer le lecteur ; il verra à quelle analyse sont soumises ces phrases en apparence si irrégulières.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Cet homme, prenant son poquet, le mit sur sa tête. Le roi, ayant vaincu ses ennemis, leur pardonna.
Enéc, clii.
Troie.
nt son père et ses dieux pénates sur son dos, tsttil je
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