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EMPL0I CIRCONSPECT QU'ON DOIT FAIRE DE CE MODE

AVEC L IMPERATIF

Connats-moi tout entière. (Corneille.)

AVEC une autre TOCRNUBE.

Dniijnc cncor me connaître en ma saison dernière.

(BOILEAC.)

Ali!

écntttez-noMs. (Boileac.)

■Iccordez celle giàcc aux larmes d'une mère.

^Racine.) Cieux, répandez votre rosée. ^Id.)

Ah ! demeurez, seigneur, et daignez m'dcouter.

Daignez à mon amour accorder celle grâce. (/</.)

Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan el sur elle Répandre cet esprit d'imprudence el d'erreur.

[Id.)

L'impératif, dit Lemare, est le mode le plus rapide, celui qui est le plus propre à animer, à électriser l'auditeur. C'est surtout le mode de Jean-Jacques. 11 convient très-bien dans le style élevé; les rois, les dieux mêmes ne s'en offensent point. C'est principalement le mode de la familiarité; c'est celui qui est le plus usité dans la famille. Les enfants eux-mêmes, élevés avec l'aimable liberté qui est seule capable de former des hommes, l'emploient avec gr;\ce envers les auteurs de leur être.

Ce mode exprime non seulement que l'action doit se faire, mais qu'ELLE est voulue PAR celui qui parle. C'est donc le mode que les inférieurs, et même les égaux qui no sont pas bien familiers entre eux, doivent employer avec circonspection. L'idée dumo», et surtout du moi qui commande, pourrait souvent effaroucher.

Pour adoucir ce que le commandement peut avoir de trop dur, on enqjloie des impératifs qui, par eux-mêmes, expriment une idée de soumission, tels que : vniillez, daignez, faites-nous le flaisir ou l'honneur, ayez la honte, etc., etc., ainsi qu'on le voit dans la deuxième colonne

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

Ecoutez-nous.

Laisse7-nous p

Veuillez nous écouler.

Daignez nous laisser parler.

^^m> JX" DLVÏII. ^^

Faisons, courons, etc., au lieu de fats, cours, etc.

Faisons, courons.

Courons chercher ma proie au fond du sanctuaire. Osons l'eu arracher ; Dieu me laissera faire.

(Cas. Delavigne.)

ijfourons/ de tant d'horreurs qu'un trépas me délivre.

(Racine.)

Ne tardons plus, marchons; ets'il fautqueje meure, Mourons. (Racine.)

Mais jouisso'hs plutôt nous-méme de sa peine ; Et si Rome nous hait, triomphons de sa haine.

(Corneille.)

Fuis, cours.

Ils l'ont rendu cruel, pcrlide, ingrat comme eux ; Renonce a ton vieux père, achève, et sois heureux.

(Cas. Dei.avigne.) Octave, n'attends \)iis le coup d'un nouveau Brute. Meurs, et dérobe-lui la gloire de ta chute.

(Corneille.) Meurs, puisque c'est un mal que tu ne peux guérir ; Meurs enfin, puisqu'il faut ou toulperdreou mourir.

|,COKNEILLE.)

Rentre an toi-môme, Oclave, et ressedcte plaindre. Quoi, tu veux qu'on t'épargne, et n'as rien épargné 1

ild.)

Dans les deux colonnes, le personnage se parle à lui-même; cependant, comme on peut le remarquer, il emploie deux formes différentes. Dans la première, il dit : Courons^ osons, mourons, marchons, jouissons , triomphons, etc. , et dans la seconde : Renonce , achève, meurs, etc. Il serait difficile de dire laquelle de ces deux manières est la plus usitée.

Le premier et le dernier exemple de la première colonne donnent lieu à une autre observation. On voit qu'après courons, C. Uelavigne a fait usage de ma proie, tandis que Corneille a dit : Jouissons tiovs-même. D'où nous pouvons conclure qu'en celte circon-

slance, on peut à son gré se servir des adjectifs possessifs ou des noms personnels de !a première personne du singulier ou du pluriel.

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