PLACEES AU SECO^D MEMBRE DB LA PERIODE
Le vrai sage n'est appliqué qu'à bien faire, pendant que le fanfaron travaille à ce que l'on tiise de lui qu'il a bien fait. (La Bruyère.)
La religion eut ses David et ses Salomon, qui rougirent d'habiter des palais superbes, tandis que le Seigneur n'avait pas où reposer sa tète.
(Massillon.j
Dieu absout aussitôt qu'il voit la pénitence dans le cœur. (Pascal.)
Le docteur n'instruit plus dès qu'il devient pédant.
(Sanlecque.) Dieu accorde quelquefois le sommeil aux méchants, a(i7i que les bons soient tranquilles.
(Sadi.)
Parce que les ^Maiiiles fèlcs se jjassaient toujours | sans rien chanj^cr à sa fortune, Théonas murmurait contre le temps présent. (La Cruyëre.)
Puisque j'ai commencé da rompre le silence, 11 faut poursuivre. V^^acine.)
Lorsque Rome a parlé, les rois n'ont plus d'amis.
(Voltaire.)
Quoique le ciel soit juste, il permet bien souvent Que l'iniquité régae, et marche en triomphant.
(/d.) De peur que ma présence soit ici criminelle, je te laisse. (Molière.)
Avant que le sommeil te ferme la paupière, Sur tes œuvres du jour porte un regard sévère.
(Lkfranc de Pompignan.) Bien qu'a ses déplaisirs mon âme compatisse, Ce que le comte a fait semble avoir mérité Ce juste châtiment de sa témérité. (Corneille.) Si le prince est un sot, le peuple est sans génie.
(PlRON.)
Après que Dieu eut donné de si heureux succès à cette guerre, il s'appliqua tout entier à régler ses états. (Fléchier.)
Depuis gu'elle fut promise à Jésus-Christ, elle ne chercha plus qu'à lui plaire. [Id.]
Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondre.
(BOILEAU
Tant que l'on hait beaucoup, on aime encore un peu.
(M™" DE LA SCZB.)
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas.
[Id.)
Il y a des vérités qui soht la source des pli>s glands désordres, parce guellcs remuent toutes les passions. (Chateaubriand.)
Fais du bien aujourd'hui, puisque tu vis encor; Crois-moi : c'est le plus doui, le seul envploi Je l'or.
(VlLLEFRÉ.)
Il n'est point de vertu, /orsçu'iln'est point d'épreuve.
(Resnkl.)
Nous avons marché longtemps tout nus, quoique le climat ne soit pas chaud. (Voltaire.)
Sois donc prêt à frapper, de peur qu'on nous pré-
lld.) [vienne.
Il fut des ciloyens avant qu'il fût des maîtres.
[Id.)
La mode éloigne les cbeveui du visage, bienqu'iXt ne croissent que pour l'accompagner.
(La BRCVfcRE.)
Que font les toils dorés, si l'on n'y vit en maître?
(Imbkht.)
Il faut bonne mémoire après qu'on a menti.
(Corneille.)
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure, Depuis que votre corps languit sans nourriture.
On va bien loin sitôt qu'on se fourvoie.
(Voltaire.)
Je les lui promettais tant qu'a vécu son père.
(Racine.)
La siuerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces.
[Id.)
Je serais votre ami quand bien même vous ne le voudriez pas. (Acadé.mie)
Les conjonctions ou expressions conjonctives qui peuvent se placer tantôt au premier membre d'une période, tantôt au second, sont :
Pendant cpie.
Aussitôt que.
De mèine que.
Cependant que.
Si et quand.
A cause que.
A moins que.
De crainte que.
Au cas que.
Sans que.
Tandis que.
Dès que.
Lorsque.
Quoique.
A[ires que.
Ainsi que.
Attendu que.
En cas que.
Si ce n'est que.
Afin que.
Parce que.
De peur que.
Avant que.
Depuis que.
A moins que.
De sorte que.
Jusqu'à ce que.
Outre que.
Supposé que.
Puisque.
Tant que.
Bien que.
Encore que.
Sitôt que.
Soit que.
Au reste.
Durant que.
Ou bien.
Pourvu que.
Vu que.
Néanmoins , !a place de ces conjonctions dépend de celle qu'occupent les proposilK'ii'^ ipi'elles précèdent.
Quand une phrase est composée de deux propositions unies par une conjonction, l'harmonie et la clarté demandent ordinairement que la plus courte marche la première. On ne s'exprimerait donc ni avec grâce ni avec harmonie
en disant:
On a bien de la peine à soupçonner son semblable de n'être pas honnête homme, lorsqu'on l'est soimême.
au lieu de :
Lorsqu'on est honnête homme , on a bien de la peine à soupçonner les autres de ne l'clre pas.
(Waillt.)
On ne peut haïr une relif^ion (iii) ne prôclie que la vertu, quttvd on est vertueux.
A quoi bon une table servie avec somptuosité et avec prufu>iun, puisque la nature se contente de peu?
Quand on est vertueux, on ne peut haïr une religion (]ui ne proche que la vertu. (Wau.ly.)
Puisque la nature se contente de peu, à quoi bon une table servie avec somptuosité cl avec profusion î
(DOlivet.)
EXERCICE PUIiASÉOLOGIQUE.
Pvnil.tnl qu'il doit, lisez.
Parce qu'il est riclic, il est airo^.TM.
Lisez, )ien(Un( qu'il dort.
11 est arrojjanl, parce qu'il csl riche.
>^^^o N" DCCLXXXYl. <>'^
'ZONJ ONCTIONS OU EXPRESSIONS CONJOrCTl VES QUI SE PLACE.^T TOUJOURS AU SECOND
MEMBUE DE LA PÉRIOUE.
Ma foi, le plus sur est de finir ce sermon, Aussi bien je vois là ces melons qui t'attendent.
(Hoir.EAu.) Qui peut compter sur le lendemain ? V.t cependant nous vivons comme si toul ceci ne devait jamais linir. (Massillon.;
On reconnaît Joad à cette violence ; Totitefois il devrai', montrer plus de prudence.
(Racine.) Le conquérant est craint, le sage est estimé; Mais le bienfaisant charme, et lui seul est aimé.
(VoLTAIItE.)
Les tourterelles se fuyaient;
Plus d'amour, parlant plus de joie.
(La Fontai>e.) La fortune est inconstante; c'est pourquoi on doit toujours avoir des sujets; de crainte dans la prospérité, et des motifs d'espérance dans l'adversité.
(DlCflOMVAlUE DE jMASIMES.)
Je pense : (Zone Dieu existe; car ce qui pense en moi, je ne le dois point a nioi-mcm"'.
L V BniiTÈiiE.)
Qui peut de vos desseins révéler le mystère. Sinon quelques amis engagés à se t.iire?
(Racise.)
II consentit de traiter d'égal a^ec l'archiduc, à condition qu'cw lieu tiers, ce prince ferait les honneurs des Pays-Bas. (Rossuet.)
Il a véritablement qutîlques défauts; au surplus, il est honnête homme. (Académie.)
Il y a trois choses à consulter; savoir : ie juste, l'honnête et l'utile. ^Maumomel.}
Les quatre lettres I. N. R. i., qui sont au haut de la troix de Notre-Seigneur, sigr.ifient Jésus Nazarenus . rex JudiBorum; c'est-a-oiuk, Jésus de Nazareth, roi des Juifs. ((Iirard.)
Les conjonctions ou expressions corjonctives qui doivent toujours se mettre entre deux membres de phrase et qui ne peuvent jamais commencer le discours, à moins qu'on ne le suppose momentanément interrompu, sont les suivantes :
Au.ssi bien.
Toutefois.
Partant.
C'est pourquoi.
Par conséquent.
Cependant.
Mais.
Pourtant, C'est-à-dire.
Après tout.
Donc.
Sinon.
A condition que.
C'est à savoir.
En effet.
Car.
Savoir.
Au surplus. Sans quoi.
Et puis.
On a blâmé Malherbe et Corneille d'avoir commencé des phrases poétiques par donc, et l'on a eu tout à la fois raison et tort : raison, si l'on veut s'en tenir à la rigueur grammaticale; tort, si l'on ne .sent pas que c'est un tour, un mouvement piiidariqiicqui supprime les antécédents, les idées antérieures, pour se jeter sur l'idée dominante,
Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête!
Le poète suppose que le héros auquel il s'adresse a rempli toute la terre du bruit de ses hauts faits, et qu'il serait superflu de les rappeler; il conclut d'après eux, et ie grammairien n'a pas plus le droit d'appliquer sa règle à la marche du génie, que le géomètre son compas à l'Apollon du Belvédèie. Dans la poésie, conuiie dans les arts, l'effet e.sf tout, et quiconque le produit, n'importe comment, sans offenser le goût ou la raison
f 821 1 mérite des éloges. Il y a dans la littérature, comme dans les arts, un point do vue, disons mieux, de sentiment (|ue la nature seule et non la niclhode peut faire saisir par ses favoris : ce point produit l'effet désiré; l'irrégularité qui le cause disparaît aux yeux illusionnés par le talent de l'artiste ou de l'écrivain.
N. B. Le seul mot qui se place toujours au premier membre de la période, c'est le mot comme employé accidentellement comme conjonction :
Comme il ne comprend rien, un sot fronde sans cesse.