MOTS LATINS
1° On devra toujours écrire en italique, et sans aucun des signes accessoires propres aux mots français, les termes et les expressions évidemment employés avec l'intention de faire un emprunt à la langue latine, soit qu'ils n'aient pas encore été assez fréquemment usités pour se franciser complètement, soit que leur forme même ou que leur sens s'oppose à ce qu'ils deviennent jainais (out-à-fait français. — Parmi ces mots , il
(1) '^a Harpe et Voltaire ont écrit des opéras tantôt avec un s, tantôt sans s.
(2) Cet Essai qui , a été publié dans le Journal grammatical, nous a paru mériter une place dans notre ouvrage. 11 serait à souhaiter que les règles qui y sont posées fussent généralement admises ; elles feraient cesser la confusion où l'ortliographc de ces mots est restée jusqu'à présent.
faut ranger tous ceux qui , par une sorte d'abréviation, servent à désigner la prière, le texte dont ils sont le commeiïcement.
Alibi.
Angélus.
Ave Maria, ou simplement Ave
Benedicite.
Bis.
Compendium.
Confiteor.
Credo.
Critérium.
Deleatur (terme d'imprimerie).
Dictamen.
Ergo (1).
Exeat (2).
Exequatur
Idem.
Item.
Iterato.t
Lavabo (prière et meuble).
Magnificat.
Maximum.
Minimum.
Miserere (prière et maladie).
Nota bene ou simplement Nota
Pareatis,
Pater (le).
Pcccavi.
Primo, secundo, tertio, cic.
Quasimodo (la).
Requiem.
ReleiUum.
Salvo.
Stabat.
Te Deum.
Veto.
Ab inlestal.
Ab irato.
Ad patres.
A lalcre.
A remotis.
Eccc homo.
Ex professa (3).
In extremis.
In globo.
In paco.
In partibus.
In paris.
Ncc plus ultra (loj.
Quos ego.
Sine qua non.
Statu quo.
Pluriel : Des alibi, des Ave Maria, des Benedicite, des compendium, des Confiteor, des Credo, des deleatur , des dictamen, des exeat, des exefjuatur , etc., etc.
Nota. L'expression grecque hjrie eleison, et les mois hébreux amen, alléluia, sont analogues, par le rôle qu'ils jouent dans noire langue, aux mots latins qui précèdent.
Les mots et cœtera, quoique latins, sont presque toujours lorsqu'on les abrège (etc.), en même caractère que le texte où ils se trouvent ; c'est une exception bien connue.
2° On devra écrire en romain, en leur donnant le signe du pluriel, et en les accentuant, s'il y a lieu, tous les mots latins qui répugnent à entrer dans la série précédente.
Un accessit. — Des accessits.
Un agenda. — Des agendas.
Un allium. — Des albums.
Uu alinéa (4). — Des alinéa Un apparté. — Des apartés.
Cicéro.
Un déGcit. — Des déficlls.
Un dictum (ou même un dicton). ■
Un duo. — Des duos.
Un duplicata. — Des duplicatas.
• Des dictums.
(1) Les bons éditeurs rejettent aujourd'hui l'accentuation latine ou prétendue telle. Faut-il compliquer l'ortiwgraphe française en conservant ces signes inutiles sur les mots latins qui se montrent quelquefois dans notre langue ? Je ne le pense pas ; aussi n'ai-je point balancé à les retrancner entièrement.
(2) Ce mot , quoique depuis long-temps employé en français , ne l'a guère été que parmi les gens d'Église ou de collège , et a dû, pour eux, garder toujours sa physionomie originelle. On peut en dire autant d'exequatur, qui n'a jamais franchi l'enceinte du palais ou des chancelleries.
(3) Quel parti doit-on prendre pour le classement , dans les dictionnaires français , des locutions adverbiales latines qui sont formées d'une préposition et d'un autre mot, telles que rx professa , in exiremis , ab intestat, etcH Tantôt l'Académie les place au rang qu'indique la préposition (voyez ex-professo); tantôt à celui que le second mot réclame (voyez extremis [m]). Elle a ordinairement préféré ce dernier mode , qui semble en effet le plus naturel.
(4) Si l'on n'admeUait pas Vs au pluriel d'alinéa, <ï aparté, déjà francisés à demi par l'accent; à plus forte raison, faudrait-il le refuser au mot français alentour, qui est bien certainement l'expression à Vcntour, et qui cependant re(;oit toujours le signe du pluriel : les alentours.
Un errata (1). — Des erralas.
Un factotum {ou même un factoton). — Des Tactotums.
Un factum. — Des facturas.
Folio. — Des folio?.
Forum. — Des forums.
Un frater. — Des fratcrs.
Le gaster.
Un impromptu. — Trois impromptus au net
{Voiieau).
Incognito. Intérim.
Un magister.
Le médium de la voix.
Un mémento — Des mémentos.
Mordicus, (adv.) Un muséum. — Des muséums.
Un omnibus. — Des omnibus.
Le palladium. — Des palladiums.
Le pallium. — Des palliums Un poccata. — Des peccatas.
Un pensum. — Des pensums.
Un populo. — Des petits populos. {Acad.) Quasi, (adv.)
lin quatuor. — Des quatuors.
Un quiproquo. — Des quiproquos.
Recta, (adv.) — Payer recta.
Le recto et le verso. — Les rectos et le» versos d'un registre.
Du spcrmacéti.
Tacet. — Garder le tacct.
Le typhus.
Un ultimatum. — Des ultimatums.
Une virago. — Des viragos.
Un visa. — Des visas.
Observation. — Rejeter l'orlhographe qui vient d'être indiquée, ne serail-ce,pas condamner celle que l'usage et rAcadémic elle-mênie ont donnée à plusieurs mots latins qui certes ne sont pas plus usités, comme
Des débets Des quolibets Des vcrtigos
qui sont analogues à
t Des déficit à / Dos qnipn i Des virage
Des déficits , des accessits.
iproquos.
ÏOS.
Les termes d'analomic, de médecine, de chimie, de botanique, etc., employés fréquemment dans les ouvrages et dans les cours publics où l'on traite de ces sciences, apparlionnent à la classe des mots latins devenus français. Tels sont,. par exemple :
Cancer, (chir.) — Des cancers.
Goagulum. (cliim.)
Dalilia. — Cultiver des dahlias.
Duodénum, (anat.)
Fémur, anat.) — Les deux fémurs.
Géranium, etc. — Cultiver des géraniums.
Lumbago, (méd.)
Rectum, (anat.)
Potassium, (cliim.)
Sodium, (chim.
Sternum, (anat.
Jéjunum, (anat.)
Liber, (botan.j
Ténia, (méd.)
Tibia, (anat.) — Les deux tibias.
Méconium. (méd.)
Pollen, (botan.)
3° Les mots formés de deux mois latins unis par un tiret ne prennent jamais le signe du pluriel, ni d'accent, et doivent s'écrire en italique; tels sont :
Des in-folio, des in-
Cholera-morbus. ( Choléra . lorsqu'il est employé seul, prend l'accent et s'écrit en romain. ■> Cuslodi-nos.
Ex-voto. — Des ex-voto.
In-folio, in-quarto, etc.
quarto (2).
Post-scriplum. — Des post-scriptum.
Vnde-mecum.
Veni-mecum.
(\) Par une distinction tout-à-fait contraire à l'esprit de notre langue, quelques-uns emploient le mot erratû lorsqu'ils indiquent plusieurs fautes à corriger, et le mol erratum, lorsqu'il ne s'agit que d'une seule faute. Que n( disent-ils, pour cire conséquents, un dxiplicalum , au lieu de un duplicata, des facta pour des factums etc.: D'ailleurs, si, pour eux, errata est un pluriel, ils devraient écrire les errata d\in volume, et non l'errala. — Errata, signille une table destinée à indiquer les fautes qu'un hvre peut contenir : s'il ne s'en trouve qu'une^ tant mieux ; mais cet heureux accident ne saurait obliger à transporter la syntaxe latine dans notre langue. Je pense donc qu'il faut, dans tous les cas, écrire au singulier im oTaia, et au pluriel des erralas : Chaque volume est accumpayné d'un errata. Verrata du 2," volume ne signale qu'une faute. Tous les erratas de ces volumes sont faits avec soin.
(2) I/usagc n'est pas ici tout-.\./ait d'accord avec notre règle : il laisse le mol toujours invarié, mais ordinairement il ne l'écrit point en italique.