I,A MERE DE WASHINGTON
C'est quand Washington commande en chef les armées américaines ; un peu avant l'époque où il va rejoindre les troupes à Cambridge, la mère de ce héros s'établit au village de Frédéricksburg, qui est situé moins loin du théâtre de la guerre ; elle y reste durant presque toute la lutte révolutionnaire, placée sur la ligne des postes : tantôt c'est un courrier qui passe, apportant la nouvelle d'une victoire, et tantôt c'est un messager de malheur, annonçant les désastres d'une défaite : mais la fortune favorable ou contraire ne peut altérer le calme de son âme. Mettant toute sa confiance en Dieu, elle montre à ses concitoyens que leurs fils combattent pour les droits de l'homme, pour la liberté et pour le bonheur des siècles futurs.
A la nouvelle de ce glorieux passage de la Delaware qui vient relever les espérances abattues des Américains, plusieurs des amis de M"* Washington se réunissent chez elle pour la
félicîter. Elle les reçoit avec dignité, disant que l'événement est fort heureux : que George paraît avoir bien mérité de la patrie ; et, comme les patriotes ne cessent de louer la conduite du général : — Messieurs, leur dit-ellë, ceci est de la flatterie.
Lorsque M™® Washington est informée de la reddition de lord Cornwallis, elle s'écrie : ** La guerre est terminée ; c'est la paix et l'indépendance ! "
Elle conserve jusqu'à l'âge de quatre-vingtdeux ans une activité incroyable. Une seule faiblesse dépare peut-être cette âme énergique : c'est la crainte du tonnerre. Dans sa jeunesse, une de ses amies, étant assise à table tout près d'elle, est frappée de la foudre et meurt à l'instant. Le souvenir de cette scène ne s'efface jamais de la mémoire de M"* Washington. A l'approche d'un orage, on la voit fuir dans sa chambre.