‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 114 sur 141 · IMPARFAIT DE L INDICATIF · texte numérisé non relu

IMPARFAIT DE L INDICATIF

372. L'imparfait de l'indicatif do la conjugaison morte est semblable à celui des verbes en er. On n'a qu'à ajouter les terminaisons aïs, ais, ait, etc. au radical (au radical non tonique, quand il y eu a deux), tel que nous avons appris à le déterminer. Ainsi, le radical de coudre étant cous, celui de devoir étant dev, celui de joindre étant joign, on conjuguera :

Je cous-ais

dev-ais

Tu cous-ais

dev-ais

Il cou s- ait

dev-ait

Nous cous-ions

dev-ions

Vous cous-iez

dev-iez

Ils cous-aient

dev-aient

joign-ais

joign- ais

joign-ait

joign-ions

joign-iez

joign-aient

373. En conformant l'orthographe à la prononciation on pourrait écrire joignions, joignez, car ^^ des désinences ions, iez, se confond avec la mouillure de Vn déjà exprimée par gn (Voy. § 93). De même, dans les verbes dont le radical se termine par / mouillée (tressaill-ir) ou par y {croy, radical non tonique de croire), \i de ces désinences fait double emploi avec 17 mouillée et avec Vy. Pour tous ces verbes, il n'y a aucune différence de prononciation, aux deux premières personnes du pluriel, entre le présent de l'indicatif et l'imparfait de l'indicatif ou le présent du subjonctif.

La confusion des deux présents n'offre pas de grands inconvénients ; mais à l'imparfait, on peut regretter pour ces verbes que la langue ait perdu la prononciation dissyllabique de ions, iez. Aujourd'hui, quand on veut bien faire comprendre, en parlant, que le verbe est à l'imparfait, on prononce avec affectation « nous payions », mais ce n'est là qu'un artifice, qui repose sur l'orthographe.

Page 1