COUPLE, ORGE, HYMNE, PÉRIODE
ni une mànoire (au sens de facture) sur un mémoire. Il y a cependaut des remarques à faire sur quelques-uns do ces mois.
223. Couple est aujourd'hui masculin. Dans les cas où les grammaires et les dictionnaires indiquent le féminin, on n'emploie ni le féminin ni le masculin, on dit autrement. On ne parlerait guère aujourd'hui d'une couple (ni d'un couple) cVœufs ; on dit simplement: deux œufs.
224. Il n'y a absolument aucune raison pour attribuer à orge un genre spécial dans les lorutions orge perlé, orge mondé. Il est à peu près indiffèrent ([u'on fasse ce mot du masculin ou du féminin, car son genre apparaît peu souvent dans la langue parlée, mais il importerait de supprimer toute exception, en choisissant un genre unique, ou en laissant la liberté (comaiode aux poètes) <.'omme pour automne (\).
225. Hgmne est devenu masculin. Il n'est resté féminin que dans « hymne d'église », parce que c'est surtout avec ce sens que l'ancienne langue employait le mot. Mais le nouveau genre est si bien entré dans l'usage qu'on ne choquerait personne en disant : « un bel hymne d'église. » Il y a là une exception à faire disparaître.
226. Période s'emploie au masculin, avec un sens tout spécial, dans la locution « le plus haut période. » Dans tous les autres sens il est féminin ; l'usage a heureusement fait disparaître la distinction subtile en vertu de laquelle le mot était masculin ou féminin selon qu'il désignait un nombre déterminé ou indéterminé d'années. On dit fort bien aujourd'hui, malgré l'Académie : « dans la dernière période de sa vie. »
\. Automne qui, pour le dire en passant, ne s'em|iloio plus qu'au masculin dans la langue courante.
227. La langue française a fait du nom de Vaigle, qui était féminin en latin, un nom masculin. Quand on dit « les aigles romaines », c'est une expression toute latine. Il y aurait intérêt à ne pas laisser se propager à d'autres locutions cet emploi du mot au féminin ; il faut lui conserver son genre français, qui est le masculin. Voici un aigle peint, avec une tête ou deu.^ : si vous le cousez sur un drapeau, il deviendra ime aigle. Quelle bizarrerie ! 11 ne faudrait pas hésiter à dire: « les aigles autrichiens, l'aigle impérial de Russie. » Le lion de Perse et l'éléphant du Siam ne changent pas de genre quand ils sont sur un étendard.
228. Restreignons aussi le plus possible l'emploi de œuvre au masculin. «Le grand œuvre », en alchimie, est une expression consacrée. ; de même « le gros œuvre » d'une construction. Partout ailleurs, dites une œuvre ou les œuvres.
229. Le mot féminin merci signifie proprement « pi lié » : Notre Dame de la Merci ; être à la merci de quelqu'un. L'interjection « merci ! » a d'abord signifié : « je fais appel à votre pitié » et par extension : « je vous rends grâce de la pitié, delà faveur que vous me faites.» Quand on dit: un /nt'/'c/, on exprime ainsi non la chose, mais le mot, ce qui explique l'emploi du masculin (*).
230. Il n'y a pas de raison a priori pour que relâche soit plutôt féminin que masculin. Les substantifs verbaux ainsi formés peuvent être aussi bien d'un genre que de l'autre : un trouble, de troubler, une réclame, de réclamer. Le mot « relâche », eu dehors de la langue maritime, s'emploie rarement avec l'article, si bien que
1. Il n'est pas nécessaire d'invoquer la confusion produite par la locution grand merci, où grand, forme archaïque de féminin, aurait été pris pour un masculin.