‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 101 sur 139 · TROISIEME CONJUGAISON (CONJUGAISON MORTE · texte numérisé non relu

TROISIEME CONJUGAISON (CONJUGAISON MORTE

Verbes en he ou en oir et non inchoatifs en m.

341. Tandis qu'on a fait de tout temps en France des verbes inchoatifs en ir et surtout des verbes en er {téléphoner est tout récent), et que ces conjugaisons sont encore vivantes et susceptibles de produire de nouveaux rejetons, les conjugaisons en oir et en re et la conjugaison non inchoative en ir étaient devenues stériles avant même la formation du français (^). Le nombre des verbes qui les composaient no s'est pas accru, il a diminué au contraire (nous avons perdu ardre de a ardere »> toudre de a toUere », souloir de « solere », etc.), et ces trois conjugaisons, tant par l'efTet des lois phonéliques que par des emprunts et

1. La conjugaison en are (français er) a prévalu sur les autres parce qu'elle était plus facile, plus régulièrement accentuée sur la flexion. C'est aussi sa grande régularité qui a fait le succès de la conjugaison inchoative.

des échanges incessants, sont arrivées à n'en plus constituer réellement qu'une seule, qu'on peut appeler la conjugaison morte. Plusieurs temps ont des formes diverses, mais aucune de ces formes ne correspond exactement, dans tous les verbes où on la trouve, à une désinence déterminée d'infinitif.

342. On ne peut faire rentrer les verbes tels que partir dans la même conjugaison que les verbes tels que finir, en les considérant simplement comme irréguliers. Partir est aussi régulier que rendre ou devoir, et il y a tout avantage 1® à séparer complètement les non inchoatifs des inchoatifs en ir^ ^ à ranger dans une seule et même conjugaison, les verbes en re ou oir et les non inchoatifs en ir,

Page 1