‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 103 sur 139 · CONJUGAISON MORTE. — LE RADICAL · texte numérisé non relu

CONJUGAISON MORTE. — LE RADICAL

b). Le radical du défectif gésir est aujourd'hui gis et non gés, sauf à l'infinitif. C'est par euphonie que Vé de gésir s'est maintenu, alors que le radical était ou devenait gis ailleurs.

c). Les verbes tairey plaire, faire et presque tous les verbes en ire ou uire (exceptez rire, sourire, bruire (*) et les verbes terminés par criré), avaient leur radical latin terminé par un c (*) qui a produit une s en français devant certaineâ voyelles, et il en est résulté que le radical , au lieu d'être en ai, i, ui, est en ois, is, uis^ ailleurs qu'à l'infinitif et aux temps qui en dérivent.

C'est ainsi que le radical de plaire est plais

(^lui de taire tais, celui de faire fais

dire dis lire lis

confire confis . suffire suffis

instruire instruis traduire traduis

conduire conduis nuire nuis

cuire cuis luire luis etc.

I^e radical d'éclore est aussi éclos (sous l'influence du participe passé, car l'origine latine n'explique pas Ys).

d). Les verbes en aire se terminaient jadis par crivre (écrivre), et ils ont conservé le v final du radical partout ailleurs qu'à Tinfinitif et aux temps qui en dérivent : le radical d'inscrire est donc inscriv, celui de proscrire: proscriv, etc.

1. Et lesdéfectifs frire, circoncire, occire, pour lesquels la question du radical ne se pose pas.

2. Le radical de lire (légère) était terminé par un g, mais ce verbe a subi l'analogie de dire. C'est aussi en vertu d'une analogie que le radical d'i/utruire est instruit.

e). Les verbes en aitre^ oître, étaient jadis en aistre, oistre: le radical se terminait par ais^ ois^ et le t était simplement une lettre eupboniq ne de liaison entre s et la désinence re. L'ancien radical a persisté devant les voyelles (avec redoublement de Ys pour marquer la prononciation dure de cette lettre), et c'est ainsi que le radical de naître est naiss^ celui de paraître: paraiss; celui de croître: croiss, etc.

f). Dans les terminaisons eindre, aindre, oindre, le d ne fait partie ni du radical, ni de la désinence ; c'est, comme le t de connaître, une lettre eupbonique qui s'est introduite entre Vn finale du radical et IV initiale de la désinence re. Ce d occupe la place d'un g latin, qui, devant les voyelles, a mouillé l'n, si bien que le radical complet des verbes en eindre, aindre, oindre se termine par eign, aign,oign. Le radical Aq peindre est peign, celui de plaindre : plaign ; celui de joindre : joign, etc.

C'est aussi un d euphonique que l'on a dans les infinitifs coudre, moudre (jadis cous-d-re, moul-d-re). Le vrai radical de coudre est couê, et celui de moudre : moul.

Dans absoudre (et résoudre, dissoudre), le d occupe la place d'un v latin qui se retrouve dans le radical absolv (forme savante pour absouv).

Les verbes en dre dans lesquels le d ne fait pas partie du radical sont donc ceux en eindre, aindre, oindre (radical eign, aign, oign), moudre (radical mow/j, coiufre (radical cous) et les verbes en soudre (radical so/vj.

345. Les particularités signalées dans le § 344 c, d, e, f, quelque importantes qu'elles soient, sont des exceptions. En règle générale le radical, pour les verbes en re comme pour les autres, s'obtient purement et

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