‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 105 sur 139 · VERBES A DOUBLE RADICAL · texte numérisé non relu

VERBES A DOUBLE RADICAL

Verbes en re,

347. L'ancien infinitif de boire était boivre^ auquel ge rattache le radical boiv que l'on a dans « ils boivent. » Mais à côté de boiv on a le radical plus fréquent buv (de buvait^ buvons^ etc.)

En latin, le radical de ce verbe (bibere) avait partout la même voyelle /. Mais, d'o rès les lois phonétiques, cet i devait aboutir à oi quanu il portait l'accent tonique

i. Devant un i, on a élé obligé de substituer quzuc final ; de là vainquit, et cette orlbographe s*est propagée aux formes telles que vaincait, vaincons. On n'a conservô le c que devant la voyelle u (vaincu) pour éviter deax u de suite.

(à l'iafinitif, et au singulier ainsi qu'à la troisième personne du pluriel des présents de l'indicatif et du subjonctif); ailleurs il devait produire e. Les anciens radicaux français du verbe étaient donc boiv et bev. Ve de bev s'est changé en u sous Tiniluence des deux consonnes labiales qui Tavoisinaient: c'est de la même façon que femier est devenu fumier.

Le radical ordinaire de bov^e est donc buv. La forme boiv est ce qu'on appelle le radical tonique : c'est la forme que prend le radical lorsqu'il a l'accent tonique. Ailleurs, l'accent tonique porte sur les 'désinences onSy ez, ais, ant, etc.

348. Le radical pren* de « prendre » (§ 346) devient prèn' écrit prenn dans a ils prennent, que je prenne, etc. » (^). C'est une assimilation partielle avec « ils tiennent, etc. » (§ 3S3).

349. Le verbe croire avait jadis deux radicaux tout à fait analogues à boiv et bev de o boire. » C'étaient croi et cre. Sous Tinfluence du premier, le second est devenu croy (*) (noua croyons, il croyait, croyant). Le radical ordinaire de ce verbe est donc croy et le radical tonique c7*oi comme à l'infinitif.

350. Pour des raisons semblables, les radicaux ordi< naires des verbes traire (et ses composés) et bruire sont tî^ay et bruy (•), et les radicaux toniques : irai et brui. De même, ha:ir faisait hai et hay; mais ce verbe est devenu inchoatif, sauf au singulier de l'indicatif présent (§ 338).

i. ÛQ n*a absolument aucune raison pour n3 pas écrire « ils prènent, que je prène »; il n'y a qu'une n dans prenons, prenant,

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