‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 120 sur 139 · CONJUGAISON MORTE. — FUTUR · texte numérisé non relu

CONJUGAISON MORTE. — FUTUR

389. Quand la terminaison infinitive ir est précédée d'une r précédée elle-même d'une voyelle, lï tombe au futur (*) :

Mourir, futur : mourrai; courir, fut. : courrai Conquérir , 9 conquerrai

390. Quand la terminaison infinitive ir était précédée d'une n, Yi devait tomber aussi au futur et il s'intercalait un d euphonique entre n et r. Les anciens futurs de tenir et de venir étaient « tendrai, vendrai » ; mais comme ils se confondaient avec les futurs de tendre et de vendre, on les a changés en tiendrai et viendrai en y introduisant la diphtongue ie qui caractérise le radical tonique de ces verbes.

391. L'i élait tombé encore après Z, avec intercalation d'un d d'appui, et Yl s'était ultérieurement changée en u. Il en résulte que le futur de faillir était faudrait que Liltré indique encore ; mais on emploie ie plus souvent une forme refaite sur l'inânitif, faillirai. Les futurs en drai de tressaillir^ assaillir ont été aussi refaits en irai^ et ceux de cueillir et de ses composés en erai : tressaillirai, cueillerai.

392. Dans l'état actuel de la langue , les seuls futurs de verbes en ir qui soient vraiment irréguliers sont tiendrai, viendrai et cueillerai ; car c mourrai, courrai, conquerrai » sont conformes à une règle que nous avons pu formuler.

393. Quand la terminaison infinitive oir est précédée d une 2, la diphtongue oi devant régulièrement

tomber au futur, il s'est introduit un* d euphonique

•I . Notez bien que cette règle ne s'applique pas aux verbes inchoaiifs : car guérir fait guérirai et non guerrai.

entre l et r, et 17 s'est ultérieurement changée en u : c'est ainsi que les impersonnels chaloir, falloir ont eu successivement comme futurs : chaldraf faldra et chaudra, faudra. Ainsi s'expliquent aussi les futurs de votdoir, valoir (et équivaloir, prévaloir). A uq infinitif en loir correspond donc un futur en udrai. Vu, dérivé de VI de l'ancienne forme vouldrai, s'est confondu avec la voyelle qui le précédait.

394. Quand la terminaison oir est précédée de la syllabe av, celte syllabe devient au au futur: savoir fait saurai et avoir : aurai.

395. Le futur de voir est verrai, qui s'explique par la forme ancienne de Tinfinitif de ce verbe. De même revoir fait reverrai et entrevoir : entreverrai. Mais les futurs de pourvoir et de prévoir ont été refaits incorrectement sur l'infinitif actuel par l'adjonction pure et simple des flexions du futur.

396. Les futurs de choir et ^'asseoir étaient semblables à celui de voir : cherra, asserra. La forme cherra s'est conservée dans les composés écherra, décherra, mais on commence à dire : « échoira, déchoira. » Dans le futur asserra on a introduit la diphtongue ié du radical tonique, de là assiéra, à côté duquel on dit aussi assoira, formé comme prévoira, déchoira. Le futur en oira est le seul qui existe actuellement pour ce surseoir (*) »

397. Le futur de pouvoir est pourra, où les deux r s'expliquent comme dans verra,' cherra. Ce futur remonte au temps où l'infinitif n'avait pas encore de v, car il a été successivement podeir, poeir, pooir, pouoir, pouvoir,

i. Voyez I 855, note 9.

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