CONSONNES MOUILLÉES
L m ouillée »
140. La graphie ordinaire de / mouillée est t{, parce que ce son provient d'une l du latin accompagnée d'un i. Au milieu des mots, pour éviter une confusion possible avec un véritable i suivi d'une / (*), on redouble Yl : ilU
Quand la voyelle qui précède 1'/ mouillée est un i, comme on n'a pas voulu redoubler l'i, 1'/ mouillée n'est plus marquée que par 2 à la fin des mots (péril) et par
\, Cette confusion ne se produit pas à la fin des mois, parce que les voyelles qui sont suivies d'une l mouillée finale ne sont jamais suivies d't voyelle + l sèche.
60 GRAMMAIRE tlAISONNBE
Il dans le corps des mots (fille). Il en résulte que dans ce cas il n'y a pas de distinction graphique entre / et / mouillce. Ainsi ville avec { sèche et fiUe avec l mouillée s'écrivent de même ; et de même aussi vil et péril. D'ailleurs, on est arrivé à prononcer péril par / sèche.
141. Ul mouillée s'est en réalité transformée, dans la prononciation ordinaire, en une simple mouillure sans i, en un simple y. Veiller se prononce vèyer, Littré essaye vainement de réagir, en conseillant de prononcer toujours 1'/ mouillée et non y.
Si on voulait se conformer à la prononciation actuelle, il faudrait remplacer partout l mouillée par y,
142. Dans bailliage, on a ajouté un i à la graphie de 17 mouillée, pour rappeler sans nécessité le mot bailli. Dans marguillier, le second i a l'avantage de mieux marquer 17 mouillée : pour la même raison il eût été logique d'écrire pillier au lieu de piller, babillier, siUiage, pavillion, etc.
143. Remarquez que dans million, billioUy milliard^ on a en réalité une / simple (redoublée seulement dans l'orthographe suivie des diphtongues ion, ia.
On commence d'ailleurs à prononcer miyan, et le français perdra sans doute 1'/+» semi-voyelle, comme il a déjà perdu T mouillée.
144. Dans les verbes dont le radical se termine par une l mouillée, la mouillure se confond avec Vi des terminaisons Ums, iez de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif, si bien que nous conseillons, au présent de l'indicatif, se prononce exactement comme nom conseillions, à l'imparfait. C'est pour établir une régularité factice dans la conjugaison qu'on écrit à ces