‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 87 sur 139 · EN POUR SON · texte numérisé non relu

EN POUR SON

274. — En est un adverbe employé comme pronomcomplément. En qualité d'adverbe, il ne peut être éloigné du verbe, et en qualité de complément il ne peut être éloigné du nom qui le régit ; c'est ce qui empêche de l'employer comme équivalent de de luiy d'elley etc., lorsque le nom dont il est complément n'est ni le sujet, ni le régime direct du verbe. On dira très bien : a la raison en est simple ; j'en reprends l'habitude », mais on ne dira pas : « ce paysage est compliqué, j'en fais l'étude delà perspective. » On tourne sa phrase autrement : « j'en étudie la perspective. »

275. — En étant, comme son, sa^ ses, leur, l'équivalent de de lui, d'elle, d'eux, il semble qu'on devrait pouvoir l'employer librement à la place de son, sa, etc. On dit en efiet, en parlant d'une ville ; « j'en ai admiré les palais » ou « j'ai admiré ses palais. » Mais on tend à donner la préférence à l'adjectif possessif; et comme en, de par son origine, a surtout une valeur neutre (de cela), on ne l'emploie pas quand le possesseur est une personne (^) ; on ne dira pas : « j'en ai entendu le discours. »

276. — En dehors de l'emploi de en comme complément d'un nom, on s'en sert comme complément d'un adjectif ou d'un verbe, au lieu de a de lui, d'elle, d'eux », particulièrement lorsqu'on ne peut guère employer lui, elle, eux, c'est-à-dire lorsqu'il ne s'agit pas de personnes : « il a fini sa maison, il en est fier. »

On s'en sert aussi, par extension, lorsqu'il s agit de personnes ; mais alors on a le choix entre les deux laçons

1. A moins que le nom delà chose possédée ne fasse locution avec le verbe, auquel cas on esl dans les conditions du § 876 in fine : « il m'a parlé de lui, il m'en a fait l'éloge. » Mais on pourrait dire aussi : « il m'a fait 80H éloge. «

de parler : « il admire son frère, il est fier de lui ou il en est fier. » (Voyez §§ 286 et 287.)

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