RIDE
SÉLAGIE s. f. (sé-la-jt — du gr. selageô, je brille). Entom. Genre non adopté d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides.
SÉLAGINE s. f. (sé-lagi-ne — lat. selago; du gr. selageà, je brille). Bot. Genre de plantes, type de la famille des sélaginées, comprenant plus de soixante espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
— Encycl. Les sélagines sont des niantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles alternes, opposées ou fasciculées, petites, aciculaires, lancéolées ou ovales oblongues, d'un beau vert et à fleurs petites, groupées en corymbes ou en épis terminaux ; le fruit se compose de deux akènes monospermes.
Les nombreuses espèces de ce genre croissent au Cap de Bonne-Espérance, et plusieurs Sont cultivées dans nos jardins, à cause de leur élégance. On remarque surtout la sélagine bâtarde, dont la tige se divise en rameaux très-nombreux, dressés, hauts de om,50, terminés par des épis de petites fleurs d'un joli bleu clair, dont la réunion constitue une sorte de corymbe. La sélagine à corymbes se distingue de la précédente surtout par ses rieurs blanches. Ce sont des plantes d'orangerie, mais qu'on peut cultiver aussi avec succès dans les appartements.
SÉLAGINE, ÉE adj. (sé-la-ji-né — rad.
sélagine). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sélagine.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre sélagine.
— Encycl. La famille des sélaginées renferme des arbrisseaux et des plantes herbacées à feuilles alternes, dépourvues de stipules, généralement sessiles, entières ou dentées, quelquefois fasciculées. Les fleurs, petites, hermaphrodites, le plus souvent blanches et irrégulières, sessiles, accompagnées de bractées, sont généralement groupées en épis. Elles présentent un calice monosépale, tubuleux, a trois ou cinq divisions; une corolle unilabiée ou bilabiée, de trois à cinq divisions, quelquefois presque régulière ; quatre étamines didynames, quelquefois réduites aux deux grandes ; un ovaire libre, à deux loges uniovulées, entouré d'un disque annulaire et charnu et surmonté d'un style simple, terminé par un stigmate indivis. Le fruit se compose de deux akènes membrar neux ; l'embryon est muni d'un albumen charnu.
Cette famille, qui a des affinités avec les verbénacées et les globulariées, comprend les genres sélagine, hebenstreitie, dischisma, microdon, polycénie, agathélépis et waiafridie. Quelques auteurs y ajoutent les genres stilbé et campylostachis , qui forment aujourd'hui une famille distincte, sous le nom de stilbinées. Les sélaginées sont toutes originaires du Cap de Bonne-Espérance. Les propriétés des espèces qui la composent ne sont pas connues. Ces plantes ne sont intéressantes que comme végétaux d'ornement, et plusieurs sont cultivées chez nous, en plein air ou en serre froide.
SÉLAGINELLE s. f. (sé-la-ji-nè-le — dimin. de sélagine). Bot. Genre de plantes, de la famille des lyoopodiacées, formé aux dépens des lycopodes.
— Encycl. Les sëlaginelles, qui ressemblent aux mousses par leur port et aux lycopodes par leur organisation, sont des plantes à tige grêle, flexible, rameuse, volubile ou rampante, portant de petites feuilles vertes, plus rarement bronzées ou olivâtres. Ces végétaux ont un aspect gracieux et un feuillage léger et élégant ; aussi les emploie-t-on souvent dans les serres pour faire des bordures, pour orner les rocailles ou les parties accidentées. Ils sont en général assez vigoureux et se contentent d'un sol peu profond, frais, plutôt tourbeux que siliceux, et d'une exposition demi-ombragée. La sélaginelle denticulée est la plus connue; elle croît sur les bords du bassin méditerranéen. En médecine, ces plantes possèdent les propriétés des lycopodes; mais on les emploie rarement.
SÉLAG1MITE s. f. (sé-la-ji-ni-te — rad.
sélagine). Bot. Genre de végétaux fossiles du terrain houiller, qui paraît appartenir à la famille des lyoopodiacées.
SÉLAM s. m. (sé-lamm — de l'ar. salam, salut). Bouquet de fleurs dont l'arrangement, chez les Orientaux, est une sorte d'écriture, de langage muet : Chez les Orientaux, les amants se servent de sÉLAMSpour correspondre ensemble. (Acad.) Le sélam était, au temps de
SELb
Jésus comme aujourd'hui, en Orient, un signe de communion religieuse. (Renan.) il On écrit aussi SÉLAN.
SÉLANDRIE s. f. (sé-lan-drl — du gr, selas, éclat; anêr, mâle). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des tenthrédines, comprenant plusieurs espèces, dont la majeure partie habite l'Europe : Les SÉlandbjeS se distinguent des genres voisins par leurs antennes. (Blanchard.)
SÉLANLIK s. m. (sé-lan-lik). Partie d'une maison turque réservée au mari, et d'où les femmes sont exclues : Larnaison laplus pauvre, en Turquie, est divisée en deux appartements séparés, celui du mari, gui s'appelle sélanlik, et celui de la femme, appelé harem. (L.-J. Larcher.)
SÉLANTHE s. m. (sé-lan-te — du gr. selas, éclat; anihos, fleur). Bot. Syn. de cissus, genre d'ampélidées.
SELARG1US, ville du royaume d'Italie, dans la Sardaigne, province et district de Cagliari, ch.-l. de mandement; 3,121 hab.
SELAS s. m. (sé-lass — du gr. selas, éclat). Entom. Syn. de lamprocère,
SÉLASIE s. f. (sé-îa-zî — du gr. selas, éclat). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des mulacoderines, tribu des cébrionites, comprenant trois ou quatre espèces, qui vivent dans l'Inde et au Sénégal.
SÉLASOME s. m. (sé-la-so-me — du gr.
selas, éclat; soma, corps). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tabumens.
SÉLASPHOBE s. m. (sé-la-sfo-re — du gr. selas, éclat ;phoros, qui porte). Ornith. Syn. de mellisugk, genre de la famille des colibris ou oiseaux-mouches, appelé aussi rubis.
SÉLATOSOME s. m. (sé-la-to-so-me — du gr. selas, éclat; soma, corps). Entom. Syn.
d'APHOTISTB OU DIACANTHB.
SELBODA (rio), rivière de Guinée. V. Eiodas-Palmas.
SELBY.en latin Selebia, ville d'Angleterre, comté et à 20 kilom. S.-É. d'York, avec un petit port surl'Ouse ; 4,989 hab. Fabrication cle toiles à voiles, taillanderies, chantiers de construction ; commerce de bois de construction. On y remarque les restes magnifiques d'une abbaye fondée par Guillaume 1er et où naquit son fils, Henri 1er; la belle église de Sainte-Marie-et-Saint-Germain, dont on admire le chœur et la croisée orientale.
SELBYE s. f. (sèl-bî — de Selby, n. pr.). Bot. Genre de végétaux, de la famille des méliacées.
SELCHOW (Jean-Henri-Chrétien), jurisconsulte allemand, né à Werningrode ou Wernigerode en 1732, mort à Marbourg en 1795. Après avoir fait ses études à Gœttingue, il professa le droit dans cette ville. Son ouvrage le plus renommé est intitulé : Eléments de droit privé allemand (Elementa juris, etc.), dont il a paru huit éditions de 1757 a 1795 et qui a été adopté comme élémentaire par la plupart des universités de l'Allemagne. Selchow a publié un grand nombre d'autres ouvrages, parmi lesquels nous citerons celui intitulé : Elementa juris pubiici germanici (lre édit., 1769). Il a collaboré a plusieurs ouvrages périodiques. Sa vie a été publiée en latin par un professeur de Marbourg (M. C. Curlh Memoria J.-K.-C. de Selchow), et elle fut insérée dans Y Almanach de jurisprudence par Koppe, année 1796. V. aussi le Nécrologe de Schlichtegroll.
SELDEN (Jean), homme d'Etat et jurisconsulte anglais, appelé par Grotius la tiloire de l'Augloierre, né à Salvington (Sussex) en 1584, mort à Londres en 165-4. Il était déjà connu comme savant et publiciste du plus grand mérite lorsque, en 1618, il jeta l'alarme dans le clergé anglican par son Histoire des dîmes, attaque vigoureuse du prétendu droit divin de cette prestation ecclésiastique. Au reste, sur les plaintes qui furent portées contre lui au roi Jacques Ier, il se rétracta. Lors de l'assemblée du Parlement de 1621, il fut incarcéré un moment sur le soupçon qu'il était le principal auteur d'une protestation des communes contre les prétentions du roi à nier leurs privilèges et franchises. Député au Parlement de 1624, puis à celui de 1626, il se rangea parmi les antagonistes de la cour et fit partie du comité chargé de dresser l'acte d'accusation de Buckingham. Réélu en 1658, il eut part au succès du bill des droits, défendit la liberté de la presse dans la session de 1629, subit quelques persécutions, fut emprisonné pendant la période où. Charles Ier régna sans chambre et reparut dans le Long Parlement (1640), toujours opposé au parti de la cour. En 1644, il signa le fameux covenant, mais refusa ensuite à Cronrwell de réfuter les libellesToyalistes. Malgré les indécisions qu'on remarque dans sa conduite politique, il a conservé sa réputation d'homme intègre et de patriote sincère. Selden a laissé un grand nombre d'écrits sur les matières politiques et scientifiques. Les principaux sont : Mare clausum, espèce de réfutation du Mare liberum de Grotius, paradoxe en faveur des prétentions de l'Angleterre au domaine souverain de la mer, admirablement réfuté par Gérard de Rayneval, De la liberté des mers (1811); De synedriis et prefecturis juridicis veterum Hebrsorum, vaste traité qu'il
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compléta par d'autres recherches sur la législation des Hébreux; Marmara Arundeliana, excellent commentaire sur la célèbre chronique des marbres de Paros, etc. La collection entière de ses œuvres parut à Londres en 1726.
SELDJOUC1DES, célèbre dynastie turcomane, fondée par Togrul-Beg , petit-rils , de Sekljouk , au commencement du xic siècle. Puissante sous les premiers émirs, elle s'affaiblit graduellement par des partages et disparut après avoir étendu pendant deux siècles son empire sur l'ancien royaume des Gaznévides, sur Balk, la Khovaresmie, le Tabaristan, Ispahan, Bagdad, la Géorgie, l'Arménie, une partie de l'Asie Mineure et de la Syrie, etc. Après la chute des Seldjoucides de Perse, de petites principautés appartenant à des membres de la même dynastie et qui s'étaient formées en Syrie se maintinrent encore quelque temps, mais finirent par être absorbées par les sultans de Kharism et les croisés.
Il existe une Histoire des Seldjoucides écrite en persan par Mirchond, traduite en allemand par Vullers (Giessen, 1838).
Nous donnons la liste des souverains de cette dynastie à l'article Perse.
SELE, le Silarus des Romains, rivière du royaume d'Italie, dans la province de la Principauté Citérieure. Elle descend du versant occidental des Apennins et se jette dans la Méditerranée, au golfe de Salerne, après un cours de 90 kilom.
SELEBIA, nom latin de Selby, ville d'Angleterre.
Selectœ e profauls scriptoribaa hiulorin
(c'est-à-dire Choix d'histoires tirées des écrivains profanes), livre classique adopté par le conseil de l'Université et en usage dans les classes de sixième et de cinquième, dans les lycées et collèges français. Le Seiectie est le fruit des laborieuses recherches de Heuzet, savant français connu par d'autres ouvrages de pédagogie et d'enseignement.
On est surpris de ce titre E profanis scriptoribus; il semble que l'auteur ait eu un remords de conscience en offrant au public un ouvrage latin, en latin de Rome, en latin pur. Oui, c'est un choix d'histoires tirées des auteurs profanes. C'est là précisément le mé-* rite du livre; heureusement Heuzet n'a pas commis la faute de mêler le latin de l'Eglise, c'est-à-dire le latin de cuisine, au style de Tite-Live, de Sénèque et de Cicéron. Il n'a pas besoin de s'excuser.
L'ouvrage est divisé en cinq livres, dont voici les titres : De Deo (sur la divinité) , De prudentia (du savoir), De justifia (de la justice), De fortitudine (du courage), De lemperantia (de la tempérance). Les quatre derniers chapitres portent, on le voit, le nom des quatre vertus que Cicéron a lui-même indiquées comme essentielles dans son Traité des devoirs. On y verra, dit avec naïveté un des derniers éditeurs du Sélects, a que ces païens, même au milieu des ténèbres de l'idolâtrie, nous enseignent que le bonheur de l'homme ne consiste ni dans les plaisirs, ni dans les honneurs, ni dans les richesses, mais dans la vertu; que nous ne devons accorder au corps que ce qui est nécessaire pour le soutenir; qu'on doit souffrir les injures, ne point rendre le mal pour le mal, faire du bien à tout le monde , même à ses ennemis ; qu'il n'y a de véritable amitié que celle qui a ta vertu pour fondement et pour but. » N'est-ce donc pas là la morale dont les catéchismes attribuent l'invention au christianisme? Pourquoi ne pas reconnaître que les préceptes des moralistes profanes sont aussi élevés que ceux des philosophes prétendus chrétiens? Et qu'on ne dise pas que ces païens se sont bornés à la théorie. A côté de leurs maximes, on trouve dans le Selectse même des exemples, des actes. Les Curius, les Fabricius, les Phocion, les Régulus, les Caton et tant d'autres héros de la Grèce et de Rouie sont dignes d'être mis en parallèle avec tous les Pères de l'Eglise et tous les saints canonisés.
En somme, le Sélecte est un bon livre ; on peut le mettre dans les mains des enfants; ils n'y trouveront que de bonnes choses, et ces bonnes choses ont le mérite d'être toujours bien exprimées.
SÉLECTIF, IVE adj. (sé-lè-ktiff, i-ve— du lat, selectus, choisi). Qui a rapport à la sélection : Méthode sélective.
SÉLECTION s. f. (sé-lè-ksi-on — lat. seleetio; de selectus, choisi). Choix raisonné.
— Econ. rur. Choix raisonné de reproducteurs, ayant pour but l'amélioration d'une race : On appelle sélection l'amélioration d'une race par le choix intelligent des reproducteurs. (F. Pillon.)
— Physiol. Sélection naturelle, Phénomène naturel par lequel certains types tendraient à se produire ou à se modifier progressivement, par l'effet des circonstances de milieux qui en favoriseraient la production ou la transformation.
— Encycl. La signification de ce mot a été considérablement" étendue de nos jours; au lieu d'une opération d'élevage fort simple, il sert à désigner aujourd'hui tout un système d'amélioration des animaux domestiques, qui consiste à étendre et à fixer dans une race des qualités et des aptitudes par l'accouplement
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des sujets qui présentent ces qualités et ces aptitudes au plus haut degré. La sélection est donc, pour ainsi dire, le grand art des éleveurs. Elle a ses règles absolues, toujours les mêmes, quelle que soit l'espèce ou la race, et ses règles variables suivant le sujet, les circonstances et le but à atteindre.
Considérée dans son principe , la sélection dérive de la loi d'hérédité, en vertu de laquelle les reproducteurs sont censés transmettre à leurs descendants les formes et les aptitudes qui les caractérisent. Cette transmission est d'autant plus efficace et plus sûre que les formes et les aptitudes existent à un égal degré chez les individus accouplés. Dans ce cas, la loi d'hérédité ne peut être renversée que par un défaut de constance dans la race, défaut qui donne prise à l'influence de l'atavisme. Lorsqu'une race n'est pas suffisamment fixée, elle peut être en formation, mais elle n'existe pas encore à coup sûr. Il se montre alors habituellement ce que les zootechniciens allemands ont appelé des coups en arrière ou rétrogradations ; c'est-à-dire que les descendants, au lieu de reproduire les caractères de leurs reproducteurs immédiats, reproduisent ceux de quelqu'un des ascendants de ces mêmes reproducteurs, Cette faculté en vertu de laquelle les races réelles conservent ainsi fa puissance d'influencer leur descendance, même après plusieurs degrés, a reçu le nom d'atavisme. Les améliorations une fois produites chez les individus ne se transmettent pas toujours par voie de génération, mais chaque transmission héréditaire a, du moins, pour objet de les fixer davantage et de les rendre plus propres à une transmission ultérieure, jusqu'à ce que les améliorations aient acquis ce caractère de fixité qui est la marque distinctive de toute race.
Les opérations de la sélection sont complexes. S'il ne s'agit que de conserver une race déjà fixée, la sélection consiste uniquement à ne livrer à la reproduction que les sujets bien conformés. Mais, dans tout autre cas, l'éleveur doit' se préoccuper surtout des circonstances hygiéniques au milieu desquelles il est placé. -Plus elles seront favorables, plus son succès sera prompt. Ainsi, comme on le voit, la sélection se subdivise en deux parties : le chois des reproducteurs ou appareillement et le choix des circonstances hygiéniques les plus propres à obtenir le résultat désiré. La transmission des formes s'exerce indifféremment en faveur de l"un ou de l'autre ; probablement dépend-elle plutôt de l'état réciproque des reproducteurs que de leur sexe.
Sous le rapport de la constitution, du tempérament, la femelle possède assurément une influence supérieure à celle du mâle. Et cela se comprend sans peine, puisque c'est la mère seule qui fournit au produit les matériaux de son développement. Une sélection intelligente et rationnelle s'applique également aux deux sexes, c'est-à-dire que l'on doit choisir dans l'un comme dans l'autre les sujets qui se rapprochent le plus du type de perfection assigné à la race. L'âge des reproducteurs n'est pas non plus indifférent au point de vue de la conservation et de la perfection de la race.
Disons en terminant que la consanguinité est parfaitement innocente des reproches qu'on lui adresse en vertu d'un préjugé que rien ne justifie. Les accouplements consanguins pratiqués entre sujets sains et bien constitués donnent les meilleurs résultats. La sélection, telle que nous venons de la définir, doit être considérée comme la méthode essentielle de perfectionnement du bétail. Elle a ses difficultés et ses lenteurs inséparables de toute opération de zootechnie, mais elle n'en constitue pas moins l'élément le plus actif et le plus sûr de l'amélioration et de la détermination des races.
— Sélection naturelle. V. élection naturelle.
SÉLECTIVEMENT adv. (sé-lè-kti-ve-man — rad. sélectif). D'une manière sélective, par la sélection : Race sélectivement améliorée.
SELEFKÈH, autrefois Seleucia Trachea, ville de la Turquie d'Asie, pachalik et à 87 kilom. S.-E. de Caraman , ch.-l. de livah, sur l'Ermeneh (ancien Calycadnus) ; 2,000 hab. On y voit les superbes ruines de l'ancienne ville; les parties les plus remarquables de ces débris sont : un temple, un théâtre, un portique, une nécropole et la citadelle. Aux environs, carrières de marbre et restes d'édifices et de tombeaux.
SÉL.EIME s. m. (sé-lè-me — du portug. seleime , même sens). Ichfhyol. Genre de poissons, voisin des bogues, et dont l'espèce type se trouve aux environs des lies du Cap- Vert.
SELEMNE, petite rivière de Grèce. V. SÉ-
LIMNE,
SÉLÈNE s. f. (sé-lè-ne — du gr. selênè, lune). Antiq. gr. Gâteau en forme de croissant, qu'on employait dans les sacrifices à la lune.
— Iehthyol. Genre non adopté de poissons, voisin des vomers, vulgairement appelés poissons-lune. V. lune.
SÉLÉNÉ , nom grec de la Lune ou Diane.
SÉLÉNÉPISTOME s. m. (sé-lé-né-pi-stome — du gr. selênè, lune, et de épistome)
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Entora. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mélasomes, tribu des hlapsides, comprenant deux espèces, qui vivent au Cap de Bonne-Espérance.
SÉLÉNÉTHYLE s. m. (sé-lé-né-ti-le — de sélénium, et de élhyle). Chim. Séléniure d'éthyle.
SELEIYGA, rivière d'Asie. Elle prend sa source dans les monts Khangaï, dans le pays des Mongols Khalkhas (empire chinois), couie au N.-E., entre en Sibérie, baigne Selinginsk, reçoit plusieurs affluents et se jette dans le lac Baïkal , après un cours de 900 kilom.
Sélénhydrate s. m. (sé-lé-ni-dra-te — à& sélénium, et de hydraté), Chim. Sel qui résulte de la combinaison de l'acide sélenhydrique avec une base.
SÉLÉNHYDR1QUE adj. (sé-lé-ni-dri-ke — de sélénium, et du gr. hudor, eau). Chim. Se dit d'un acide qui se produit par l'action de l'acide chlorhydrique étendu sur les séléniures.
SÉLÉNIATE s. m. (sé-lé-nia-te — rad. sélénium). Chim. Sel qui résulte de la combinaison de l'ucide sélénique avec une base.
— Encycl. Les séléniates occupent dans la série du sélénium la nîême place que les sulfates dans la série du soufre. Ils répondent à la formule générale M'^SeO* ou M''SeO*. Ils résultent de l'union d'un métal avec le résidu SeO*. Ils diffèrent des sélénites (v. ce mot) en ce qu'ils renferment un atome d'oxy- Çène de plus. Les sélénites résultent en efiet de l'union d'un métal avec le résidu halogénique SeOS. On connaît le sêléniate d'hydrogène ou acide sélénique, mais on ne connaît pas jusqu'à ce jour l'anhydride sélénique SeO3. L'acide sélénique étant bibasique, comme l'acide sulfurique , forme des sels neutres M2'SeO* et des sels acides M'HSeO*. Un seul sêléniate acide, le biséléiiiate potassique, toutefois, a été préparé jusqu'à ce jour. On connaît plusieurs séléniates doubles représentés par les formules générales M"SeO\M'2SeO* et Mv'2(SeO*)3,M'2Se04.
Ces derniers sont analogues aux aluns. Nous commencerons l'étude de ce groupe de sels par celle de l'acide sélénique ou sêléniate d'hydrogène.
— Sêléniate d'hydrogène ou Acide sélénique SeO*H*. Généralement on prépare cet acide en précipitant le sêléniate de potassium par l'azotate de plomb et en décomposant le précipité par l'acide sulfhydrique. Le sêléniate de potassium qui sert à cet usage s'obtient en fondant un sélénite alcalin avec du sélénite potassique ou sodique. D'après Vohlwill, toutefois, cette méthode est défectueuse parce qu'une petite portion de séléniale plombique échappe toujours à la décomposition. Le procédé suivant serait le mode de préparation le plus avantageux et le plus productif. On prépare d'abord l'acide sélé-
nieux en dissolvant du sélénium dans l'acide azotique, on concentre convenablement la liqueur et on la distille enfin dans une cornue munie d'un récipient. Dès que l'excès d'eau et celui d'acide azotique ont distillé, on voit une vive effervescence se manifester dans le résidu et il distille beaucoup d'acide sélénieux, qui se condense dans le récipient en une masse d'un blanc de neige. On soumet à l'action d'un courant de chlore la solution de cet acide sélénieux sublimé, ou la solution du sélénite de cuivre obtenu en saturant cet acide par le carbonate cuivrique, et l'on abandonne ensuite le liquide pendant quelque temps à la température ordinaire pour s'assurer que l'excès de chlore est évaporé. Si l'on a opéré sur l'acide, on sature alors la liqueur par le carbonate de cuivre, on la concentre, on la tiltre pour la séparer du sélénite de cuivre qui est insoluble, et on la traite par un excès d'alcool qui précipite le sêléniate de cuivre pur, tandis que le chlorure de cuivre reste dissous. On met ensuite le sêléniate de cuivre en suspension dans une petite quantité d'eau et on le décompose par un courant d'acide sulfurique. On flltre enfin pour séparer le précipité de sulfure de cuivre, et l'on évapore au bain-inarie. On peut utiliser pour la préparation des sélénites métalliques l'oxydation de l'acide sélénieux par le chlore ; mais on ne peut pas obtenir directement de l'acide sélénique aqueux pur par cette méthode, parce que l'acide chlorhydrique formé en même temps reconvertit une portion de cet acide en acide sélénieux pendant qu'on évapore la solution, à moins qu'on n'ait eu soin de neutraliser la liqueur.
L'acide sélénique est un liquide incolore, transparent, qui, à l'état le plus concentré, bout à 280» et présente une densité de 2, s. Le liquide ainsi concentré n'est pas de l'acide sélénique pur H^SeO*; il contient un peu plus d eau que ne le comporte cette formule, et cette eau ne peut pas être éliminée sans que l'acide se décompose en eau, anhydride sélénieux et oxygène. L'acide concentré ressemble à l'acide sulfurique par beaucoup de ses propriétés. Il est ties-hygrométrique et se mélange avec l'eau en donnant lieu à une élévation considérable de température. Il est fortement acide et caustique. Si l'on fait bouillir l'acide sélénique hydraté avec l'acide chlorhydrique, il y a réduction; l'oxygène de l'acide sélénique forme de l'eau avec l'hydrogène de l'acide chlorhydrique, du chiure ge dégage et il se produit de l'acide sélé-
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nieux. Il en résulte qu'un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide sélénique dissout l'or et le platine comme le fait l'eau régale; aussi ne doit-on pas opérer le mélange dans des vases de platine.
La dissolution aqueuse de l'acide sélénique n'est ni modifiée ni décomposée par l'hydrogène sulfuré. Mais si l'on fait préalablement bouillir la liqueur avec de l'acide chlorhydrique de manière à convertir l'acide sélénique en acide sélénieux, le gaz hydrogène sulfuré y produit un précipité jaune, mélange de soufre et de sélénium ou peut-être sulfure de sélénium.
L'acide sélénique n'est ni précipité ni transformé en sulfure de sélénium par le sulfure d'ammonium, même quand il a été saturé par une base quelconque. Si l'on décompose la dissolution par un acide après y avoir ajouté du sulfure ammonique, il ne se forme pas non plus de sulfure de sélénium. La dissolution d'acide sélénique n'est pas précipitée par l'acide sulfureux. Ce n'est que lorsqu'on a fait bouillir l'acide sélénique avec 1 acide chlorhydrique, et lorsqu'on l'a transformé ainsi en acide sélénieux, quel'acide sulfureux se sépare du sélénium. L'acide sélénique hydraté, comme la plupart des acides, dissout le fer et le zinc avec dégagement d'hydrogène gazeux. Mais il a aussi la propriété de dissoudre le cuivre et même l'or; en même temps il se transforme partiellement en acide sélénieux. Le platine ne se dissout pas dans l'acide sélénique.
— Sêléniate de potassium. Le sel neutre K2SeO* s'obtient lorsqu'on fond du sélénium ou du sélénite de potassium ou du séléniure de plomb natif avec du salpêtre, qu'on dissout dans l'eau la masse refroidie et qu'on abandonne à la cristallisation la liqueur convenablement concentrée. L'excès du nitrate cristallise d'abord et le sêléniate cristallise ensuite en petits cristaux qui ressemblent au sulfate neutre. Ce sel défiagre en brûlant sur le charbon à la manière du nitre et se dissout entièrement dans l'eau, soit à froid, soit à chaud. Le sel acide KHSeO* ressemble beaucoup au sulfate acide.
— Sêléniate de sodium Na^SeO*. On le prépare comme le sel de potassium. Il se dépose de ses solutions en cristaux anhydres au-dessus de 400. Aux températures plus basses et par évaporation spontanée , il forme des cristaux qui renferment 10 molécules d'eau et qui sont tout à fait semblables à ceux du sulfate de soude. Comme ces derniers, ils présentent un maximum de solubilité à-f-33». C'est donc probablement à cette température que le sel commence à devenir anhydre.
— Sêléniate d'argent AgSSeO*. On l'obtient en dissolvant l'argent dans l'acide sélénique. Il ressemble au sulfate d'argent par ses propriétés et sa forme cristalline.
— Sêléniate de tkallium ThîSeO*. On le prépare en dissolvant le métal ou son carbonate dans l'acide sélénique; il cristallise en longues aiguilles blanches, prismatiques, isomorphes avec le sulfate de potassium, peu solubles dans l'eau froide, insolubles dans l'alcool et dans l'éther.
— Sêléniate de baryum Ba"Se04. On l'obtient par précipitation. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'eau et dans l'acide azotique. L'acide chlorhydrique bouillant le. convertit en sélénite de baryum et finit par le dissoudre. Sa densité est égale à 4,67 à 22».
— Sêléniate de calcium Ca"SeO*H20. On le prépare par précipitation. Il se sépare en cristaux transparents de ses solutions aqueuses tièdes. Ces cristaux ressemblent à ceux de gypse. On peut les obtenir volumineux par une évaporation leute ; déshydraté par la chaleur, il durcit avec l'eau à la manière du plâtre cuit.
— Sêléniate de strontium. Ce sel n'a pas été préparé. Il est probablement très-soluble, car, suivant M. Naquet, on ne parvient pas à précipiter les sels solubles de strontium par l'acide sélénique ou les séléniates.
— Sêléniate de cadmium Cd"Se0*,2H20.
On l'obtient en faisant bouillir le sel calcique avec un excès d'oxalate de cadmium. Par le refroidissement ou par l'évaporation lente de la liqueur filtrée, il cristallise en petites plaques transparentes, stables à l'air, trèssolubles dans l'eau, qui perdent la moitié de leur eau à 100° et le reste bien au-dessous de la chaleur rouge.
— Sêléniate de cobalt Cb"SeO*,7H20. Ce sel ressemble au sulfate. Il existe un sêléniate double de potassium et de cobalt qui ressemble au sel de nickel correspondant. Ce sel double répond à la formule Cb"SeO*,K2SeO*.
— Sêléniate de nickel Ni"SeO*6H.20. On le prépare en dissolvant le carbonate de nickel dans l'acide sélénique. Il forme des cristaux quadratiques isomorphes avec le sulfate et renfermant la même quantité d'eau que ce dernier sel. D'après Haner, il cristallise, par l'évaporation spontanée de ses solutions neutres, en pyramides quadratiques qui perdent 4 molécules d'eau à 100°, mais quon ne peut pas déshydrater complètement sans qu'elles se décomposent. Un mélange à équivalents égaux de ce sel de sêléniate de cuivre donne des cristaux d'un, sel double isomorphe avec le sel ferreux.
SELE
— Sêléniate nikêlico-pùtassique
Ni"SeO*,KSSeO*6H20.
Ce sel forme des cristaux monocliniques isomorphes avec le sulfate double correspondant. On ne peut pas le déshydrater sans qu'il
' se décompose ; mais il perd environ 4 molécules d'eau à 100°, tandis que le sulfate reste
j inaltéré à cette température. Les sels doubles correspondants formés par la combinaison des
I séléniates de cobalt, de magnésium et de cui-
' vre avec les séléniates de potassium et d'ammonium ont la même forme cristalline, sont permanents à l'air, se dissolvent plus facilement que les sulfates doubles correspondants et se décomposent lorsqu'on cherche à les déshydrater d'une manière complète.
— Sêléniate de plomb Pb"SeO*. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'acide azotique, que l'on obtienten précipitant le sêléniate de potassium par l'azotate de plomb. Sa densité égale 6,37 à 22° ; on le rencontre à l'état natif, mêlé au séléniure de plomb et d'antimoine, à la malachite, etc., à Friederichsglùek, près de Hildburghausen, et à Eisfela; il forme alors de petites masses . botryoïdes et de petites sphères cassantes et d'un jaune de soufre. Kersten avait considéré ce minéral comme un sélénite de plomb; mais les analyses de Rose ont montré que c'est un sêléniate de plomb renfermant un peu de cuivre.
— Sêléniate de magnésium Mg"Se04',7nïO.
Ce sel ressemble tout à fait au sulfate de magnésie par sa forme et sa solubilité.
— Sêléniate de zinc Zn"SeO»,7H20. Ce sel est isomorphe avec le sulfate. D'après Mitscherlich, il peut aussi cristalliser avec 2 et avec 6 molécules d'eau. Le sel hexahydraté se sépare entre 15° et 20°; au-dessus de 30°, il se dépose anhydre. Sa solution, additionnée de sulfate de fer, donne, suivant Vohl'will, des cristaux qui présentent la forme du sulfate de cuivre. Quand on mêle une solution de sêléniate de zinc avec du sêléniate cuivrique, en employant le premier de ces seta en grand excès, les cristaux qui se séparent d'abord ont la forme du sulfate de cuivre, et les derniers seulement présentent la forme quadratique du sêléniate de zinc.
— Séléniale de sine et de thallivm
Zn"SeO4,ThïSe0*,6H2O.
Il cristallise en prismes monocliniques , isomorphes avec le sulfate magnésico- potassique.
— Séléniale de cuivre Cu"SeO*,5lI20.
Nous avons déjà vu comment on le prépare en nous occupant de l'acide sélénique. Il est isomorphe avec le sulfate. Un mélange de sêléniate cuivrique et de sêléniate ferreux donne seulement, même après un grand nombre de cristallisations, des combinaisons qui cristallisent dans la forme du sulfate cuivrique. Pour obtenir des cristaux de la forme du sulfate ferreux, il est nécessaire que ce dernier sel prédomine beaucoup dans le mélange, dans la proportion de 3 a 1 par exemple. Une solution de sêléniate de magnésium mélangée avec des quantités relativement petites de séléniale cuivrique donne des cristaux qui ont la forme du sulfate ferreux et qui renferment Cu"Mg"3Se*0"6,28HîO.
Le séléniale de zinc fournit avec le sêléniate de cuivre un sel semblable renfermant
Cu"Zn"3Se40l6,28H20.
— Sêléniate ferreux
Fe"SeO\7H20 (ou 5IW).
On obtient ce sel en dissolvant du fil de fer dans l'acide sélénique et en évaporant la liqueur dans un courant d'hydrogène ou d'anhydride carbonique. Au-dessous de 0<>, il cristallise avec 7 molécules d'eau et présente alors la forme du sulfate ferreux. A une température supérieure à 0°, à 5° par exemple, il cristallise avec 5 molécules d'eau et présente alors la forme du sulfate cuivrique. Le sel à 7 molécules d'eau devient opaque, en
f>erdant une partie de son eau par l'effet de a moindre élévation de température.
— Sêléniate d'aluminium. Ce sel ressemble au sulfate aluminique et fournit des sels basiques correspondants dans des circonstances analogues. Les aluns de sélénium
A12vlKSSe*OlS,24H20,
A12TI(AzH4)2Se40l6,24H20,
et A12VINa2Se40i6,24H20
s'obtiennent en dissolvant l'hydrate d'aluminium dans un excès d'acide sélénique que l'on achève ensuite de neutraliser par un carbonate alcalin. Il forme des cristaux monométriques qui s'effleurissent à l'air. L'eau froide les dissout facilement. Le sel de sodium cristallise seulement de ses solutions concentrées, même en présence d'un excès considérable de sêléniate d'aluminium. En présence du sêléniate de sodium, il forme de petits cristaux. Les cristaux du sel potassique ont une densité de 1,971.
. — Sêléniate de chrome et de potassium. Alun chromique de sélénium. Ce sel cristallise au bout de quelque temps au sein du liquide qu'on obtient en traitant la solution concentrée du bichromate potassique par un mélange d'acide sélénique et d'alcool à une douce chaleur.
— Réactions dks sélbniaths. Les sélé-
SELE
niâtes ont la plus grande analogie avec les sulfates. Les séléniates acides et neutres sont solubles' dans l'eau, à l'exception de ceux de baryte, de chaux et de plomb qui sont ou très-peu solubles ou presque* insolubles, et, comme les sulfates correspondants, ne so dissolvent pas à froid dans un acide libre ; on peut, par conséquent, reconnaître, au moyen de la dissolution d'un sel de baryum, la présence de l'acide sélénique dans sa dissolution aqueuse c(u dans la dissolution d'un de ses sels, de la même manière que pour l'acide sulfurique; mais, pour s'assurer de l'insolubilité du précipité dans les acides étendus, il ne faut pas employer l'acide chlorhydrique, surtout à chaud, parce qu'il trunsformerait le séléniale en sélénite soluble. Lorsqu'on emploie l'acide azotique, il ne s'opère pas de décomposition. Le sêléniate do baryum n'est pas tout à fait insoluble comme le sulfate ; il s'en dissout une quantité plus forte encore par les acides. Les carbonates alcalins en solution concentrée le décomposent à la température ordinaire. Le sel cal- I cique donne à froid une solution qui se trou- I ble quand on chauffe. Les sels de strontiane ne précipitent pas les séléniates.
Lorsqu'on fait bouillir pendant quelque temps un séléniale avec l'acide chlorhydrique, il se produit du chlore, et l'acide sélénique qu'ils renferment est ramené à l'état d'acide sélénieux.
Les dissolutions des séléniates ne sont pas précipitées par l'hydrogène sulfuré, à moins que leur métal ne soit précipitable par ce réactif; mais si on les fait bouillir au préalable avec de l'acide chlorhydrique, ils deviennent précipitubles par l'hydrogène sulfuré comme une simple dissolution d'acide sélénieux.
Les séléniates en dissolution ne sont pas précipitables par l'acide sulfureux ; ils'le deviennent après ébullition avec l'acide chlorhydrique.
Dans les séléniates que ni l'eau ni les ncides ne peuvent dissoudre, ou tout au moins, que ces liquides dissolvent très-peu, on retrouve l'acide sélénique en les décomposant par un carbonate alcalin et en opérant sur la solution comme nous l'avons dit plus haut. Il serait beaucoup plus long de convertir directement les séléniates insolubles en sélénites au moyen de l'acide chlorhydrique bouillant, parce que cette transformation est lente. Si l'on mélange un sêléniate avec du chlorure de sodium, qu'on ajoute de l'acide sulfurique concentré au mélange, et qu'on soumette ensuite le tout à la distillation, il se dégage d'abord du chlore et il se produit une dissolution aqueuse de chlorure de sélénium SeCl*. Enfin, il passe à la distillation une matière oléagineuse, très-soluble dans l'eau, qui est un acide sélénio-sulfurique.
Si l'on ajoute un sêléniate à une solution d'indigo dans l'acide sulfurique, étendue d'assez d'eau pour paraître nettement bleuâtre, que ce sêléniate soit ou non soluble, et si l'on chauffe ensuite après addition d'acide sulfurique, la liqueur se décolore complètement. Cette décoloration s'opère également lorsque', au lieu d'acide sulfurique, on a ajouté de l'acide chlorhydrique*, parce qu'alors il y a du chlore qui devient libre et qui décolore la solution d'indigo.
Quand on mélange avec du sel ammoniac les séléniates à l'état solide , et qu'on les chauffe dans une petite cornue, ils donnent du séiénium sublimé. Si l'on chauffe dans une atmosphère d'hydrogène les combinaisons de l'acide sélénique avec les oxydes alcalins et alcalino-terreux, ils sont transformés en séléniures et sont décomposés par l'hydrogène bien plus facilement que les sulfates analogues. Ils produisent également des séléniures quand on les calcine avec du charbon réduit en poudre.
Au chalumeau, les séléniates perdent uno partie de leur sélénium, lorsqu'on les chauffe dans la flamme intérieure, en produisant une couleur bleue et une odeur de raifort pourri. Chauffés dans la flamme intérieure avec une perle de silicate de soude, ils communiquent à cette perle une, couleur brun rouge qui disparaît dans la flamme extérieure.
Sont caractéristiques pour les séléniates : la précipitation par les sels de baryum ; le dégagement de chlore sous l'influence de l'acide chlorhydrique bouillant; la précipitation du sélénium par l'hydrogène sulfuré, après ébullition préalable avec l'acide chlorhydrique ; enfin la décoloration de l'indigo dissous dans l'ucide sulfurique.
SÉLÉNIBASE s. f. (sé-lé-ni-ba-xe — desélénium,et de base). Chim. Séléniure qui joue le rôle de base dans une combinaison.
SÉLÉNICYANUREs. m. (sé-lé-ni-si-a-nu-re de sélénium, et de cyanure). Chim. Sel dans lequel le cyanogène et le sélénium jouent ensemble le rôle de base.
SÉLÉNIDE s. m. (sé-lé-ni-de — rad. sélénium). Chim. Séléniure qui , se combinant avec un autre séléniure, joue le rôle d'acide dans la combinaison.
— s. m. pi. Miner. Famille de minéraux qui comprend le sélénium et ses composés.
SÉLÉNIDÈRE s. m. (sé-lé-ni-dè-re — du gr. seléné, lune ; deré, cou). Oruith. Syn. de ramphastb, division du groupe des toucans..
SÉLÉNIE s. f. (sé-lé-nl — du gr. seléné,
SELE
lune). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des géomètres,
— Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, type de la tribu des séïéniées, originaire de l'Amérique du Nord.
SÉLÉNIÉ, ÉE adj. (sé-lé-ni-é — rad. sélénie). But. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sélénie.
— s. f. pi. Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre sélénie.
SÉLÉNIÉ, ÉE adj. (sé-lé-ni-é — lad. sélénium), Chim. Qui contient du sélénium.
SÉLÉNIEN, IENNEadj. (sé-lé-ni-ain,i-è-ne ~ uu gr. setéiie, lune). Astron. Qui appartient, qui a rapport à la lune.
— Substantiv. Habitant de la lune.
SÉLÉNIEUX, EUSE adj. (sé-lé-ni-eu,eu-ze — rad. sélénium). (Jhim. Se dit d'un des acides et d'un anhydride du sélénium.
— Encycl. V. sélénite.
SÉLÉNIFÈRE adj. (sé-lé-ni-fè-re — de sélénium, et du lat. fero, je porte). Miner. Qui contient du sélénium.
SÉLÉNIOCYANATE s. m. (sé-lé-ni-o-si-ana-te — de sélénium, et de cyanale). Chim. Composé analogue aux sulfocyanates, mais qui renferme du sélénium à la place du soufre.
— Encycl. Le parallélisme remarquable qui existe entre le soufre et le sélénium ne laissait guère de doute sur l'existence, dans la série du sélénium, d'une classe de composés analogues aux sulfocyanates. En fait, ces composés ont été découverts par Berzélius, qui a obtenu le séléniocyanate de potassium en fondant du sélénium avec du ferrocyanure de potassium. Toutefois, le chimiste suédois n'avait point analysé le sel obtenu par lui, et c'est à M. Crookes que revient l'honneur d'avoir étudié à fond cette classe de composés en 1852. Ce chimiste a démontré que les séléniocyanates répondent à la formule
(CAzSe)mMn.
La préparation et l'analyse du sel de potassium ayant été le point de départ des investigations de M. Crookes, c'est aussi par l'étude de ce sel que nous commencerons.
— Séléniocyanates de potassium CAzSeK.
On prépare ce sel en fondant 1 partie de sélénium avec 3 parties de ferrocyanure de potassium sec,' dans une petite cornue de verre de Bohême, La masse déliquescente, d'un noir veruâtre, résultant de cette opération est ensuite rapidement broyée et placée dans l'alcool absolu. Après une digestiou de quelques jours on filtre le mélange ; on lave bien le résidu, qui consiste en carbure de fer mêlé d'un peu de sèléniure, avec de l'alcool absolu, et l'on soumet la liqueur filtrée à un courant de gaz carbonique sec, afin de convertir le cyanure et le cyanate de potassium en bicarbonate potassique, qui est insoluble dans l'alcool. M. Crookes s'est assuré par une expérience préalable que le gaz carbonique décompose entièrement le cyanure de potassium dissous dans l'alcool.
Après avoir filtré pour séparer le bicarbonate potassique, ou distille l'alcool. Ce liquide entraîne de l'acide cyanliydrique et de l'acide cyanique provenant de la décomposition des cyanures et des cyanates, en même temps que les produits de décomposition do ces acides. Le résidu contient toujours une petite quantité de sélénium libre. Pour l'en débarrasser, on le traite par l'eau, qui ne dissout pas ce métalloïde. Le liquide est ensuite filtré et évaporé dans le vide au-dessus d'un vase rempli d'acide sulfurique.
Le séléniocyanate de potassium cristallise en une masse d'aiguilles, qui ressemblent beaucoup à celles des sulfocyanates correspondants. Il est très-déliquescent et se décompose sous l'influence de presque tous les acides, avec dégagement d'acide cyanhydrique et précipitation de sélénium. Il est très-alcalin au papier réactif et il produit, lorsqu'on le dissout dans l'eau, un abaissement considérable de température. Chauffé en vase clos, il fond au-dessous du rouge blanc en un liquide clair qui se solidifie, par le refroidissement, en une masse a structure cristalline; mais lorsqu'on le chauffe au contact de l'air, il se décompose au-dessous de 100°.
On a analysé ce sel en dissolvant dans l'acide chlorhydrique étendu, évaporant à siccité et pesant le chlorure de potassium produit. Le sélénium est transformé en séléniate par une fusion du sel avec du nitre et dosé ensuite à l'état de séléniate de baryum.
La formation du séléniocyanate de potassium par la fusion du ferrocyanure de potassium avec le sélénium petit être représentée par l'équation suivante :
Fe(CAz)6K» + 4Se Ferrocyanure Sélénium, du potassium.
= 4CAzSeK + FeCS + Az.
Séléniocyanate Carbure Azote.
<le de
potAs&iuitl. fer.
Kn fait, le résidu qui reste dans la cornue consiste en carbure de fer contenant k peine des traces de sélénium. Si, d'autre part, Berzélius mentionne des vapeurs de sèléniure de carbone comme s'êehappam en même temps que l'azote libre, on peut admettre que ce dernier composé était dû à une action secon-
SELE
daïre et qu'il se formait par la réaction, a une haute température, de l'excès de sélénium sur le carbure de fer. Sa formation explique d'ailleurs comment il sa fait que l'on rencontre un peu de sèléniure de fer dans le résidu. I.e séléniocyanate de potassium renferme 27 pour 100 de potassium et 54,75 pour 100 de sélénium; la théorie exige 27,05 du premier et 54,90 du second.
— Séléniocyanate d'argent CAzSeAg. Ce sel se précipite lorsqu'on ajoute de l'azotate d'argent à une solution de séléniocyanate potassique. Il ressemble au chlorure d'argent par son aspect extérieur, lorsqu'il a été préparé de cette manière. On peut, toutefois, l'obtenir bien cristallisé en ajoutant au. préalable un excès d'ammoniaque à la solution ftrgentique; il se précipite alors en petits cristaux qui présentent tout à fait l'apparence du satin. La lumière le noircit promptement. Il est insoluble dans l'eau et presque insoluble dans l'ammoniaque et dans les acides étendus froids. Lorsqu'on le fait bouillir avec des acides concentrés, il se décompose immédiatement avec précipitation de sélénium, & moins qu'on ne fasse usage d'acide oxydant, auquel cas le sélénium se dissout à l'état d'acide sélénieux.
Pour analyser ce sel, on transforme l'argent en chlorure au moyen de l'eau régale, on recueille te chlorure d'argent, que l'on pèse, et l'on précipite le sélénium de la liqueur filtrée en y dirigeant un courant de gaz sulfureux après l'avoir au préalable suturée par l'ammoniaque. Le séléniocyanate d'argent renferme 50,24 pour 100 d'argent et 37,09 de sélénium. La théorie exigerait 50,06 du premier de ces éléments et 37,09 du second.
— Séléniocyanate de plomb Pb"(CAzSe)s.
Lorsqu'on ajoute de l'acétate de plomb à une solution de séléniocyanate de potassium, it se forme un précipité jaune citron. Ce précipité est soluble dans l'eau bouillante, qui le décompose cependant un peu ; la liqueur filtrée, qui est neutre aux papiers réactifs, abandonne par le refroidissement de belles aiguilles jaune citron insolubles dans l'alcool. Le séléniocyanate de plomb supporte sans s'altérer une température de 100° lorsqu'il est sec ; mais lorsqu'il est humide, it prend une petite teinte rose. Ses cristaux sont trèslégers.
Pour analyser ce sel, on en chauffe une portion dans un creuset avec de l'acide sulfurique concentré; le résidu est exclusivement formé par du sulfate de plomb que l'on pèse. On trouve ainsi en moyenne 49,22 pour 100 de plomb et 5,72 pour 100 de carbone; la théorie exigerait 5,75 de carbone et 49,62 de plomb.
— Séléniocyanochlorure de mercure
Hg"(CAz)2,HgC12.
On obtient ce sel, qui est fort beau, en ajoutant un excès de sublimé corrosif a une solution de séléniocyanate potassique. Si l'on emploie des solutions concentrées, le tout se prend immédiatement en une masse feutrée de cristaux jaunes ; on purifie ceux-ci en les lavant à l'eau froide et les faisant cristalliser dans l'alcool. Ce sel double est peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau chaude et très-soluble dans l'alcool et dans l'acide chlorhydrique étendu ; il ne paraît pas, toutefois, se dissoudre dans ce dernier acide sans se décomposer, car la solution abandonne uu bout de quelque temps un dépôt de sélénium métallique. L'acide azotique et l'eau régale le dissolvent entièrement en le décomposant et en convertissant le sélénium en acide sélénieux. Les cristaux sont anhydres et peuvent subir sans s'altérer une température de 100»; un peu au-dessus de cette température , il se décompose en se boursouflant considérablement. Ce caractère rapproehe le séléniocyanate de mercure de son analogue le sulfocyanate, qui sert, comme on le sait, à la confection des serpents de Pharaon.
Pour analyser ce sel, on le dissout dans l'acide chlorhydrique concentré bouillant et l'on en précipite le mercure par un courant d'acide sulfhydrique. On détermine le chlore sur une autre portion de maûère, que l'on dissout dans l'acide azotique concentré et que l'on précipite par l'azotaie d'argent. On peut aussi déterminer le sélénium et le chlore sur une même portion, que l'on fond avec du nitre. On dose dans ce cas le chlore à l'état de chlorure d'argent et le sélénium à l'état de séléniate de baryte.
Le sel double renferme en moyenne 58,47 pour 100 de mercure, 23,93 pour 100 de sélénium et 10,33 pour 100 de chlore. La théorie exigerait 10,42 de chlore, 58,71 de mercure et 23,23 de sélénium. M. Crookes a échoué dans toutes les expériences qu'il a tentées pour obtenir le séléniocyanate simple de mercure. Dans les mêmes conditions, cependant, il a constaté qu'il se forme, avec le sulfocyanate de potassium, un précipité de sulfocyanate simple de mercure. Le sulfocyanate et le séléniocyanate de potassium se comportent donc d'une manière différente en présence du bichtorure de mercure,
— Séléniocyanate d'hydrogène ou acide se'léniocyanique CAzSeH. Lorsqu'on met duseléniocyanale de plomb finement pulvérisé en suspension dans de l'eau légèrement chauffée et que l'on fuit passer un courant rapide d'acide sulfhydrique Ji travers la liqueur , ou
SELE
obtient un précipité de sulfure de plomb et , une dissolution d'acide séléniocyanique. On filtre pour séparer le sulfure de plomb, on porte le liquide à une température voisine de son point ri'ébullition pour en chasser l'excès d'acide sulfhydrique, et l'on filtre une seconde fois pour séparer un peu de sélénium , qui s'est précipité. Ainsi préparé , l'acide séléniocyanique se présente sous la forme d'un liquide très-acide qui s'altère par l'ébullition ou par l'exposition à l'air et que l'on ne peut pas concentrer, même dans le vide, sans qu'il se décompose. Sous l'influence de presque tous les acides, il se dédouble en acide cyanhydrique, qui reste dissous, et en sélénium qui se précipite. Il dissout le zinc et le fer avec dégagement d'hydrogène et décompose les carbonates avec effervescence. On peut préparer directement tous les séléniocyanates au moyen de cet acide.
L'acide séléniocyanique n'existant qu'en dissolution n'a pas pu être analysé; mais son mode de formation et la facilité avec laquelle il se convertiten séléniocyanate sous l'influence des bases ne laissent aucun doute sur sa composition.
— Séléniocyanate de sodium. Ce sel est alcalin, très-soluble, et cristallise dans le vide en petits cristaux feuilletés. Il n'a point été analysé non plus que les sels suivants. On le prépare par la soude et l'acide libre.
— Séléniocyanate d'ammonium. On le prépare comme le précédent. H forme de petites aiguilles très - déliquescentes et ressemble beaucoup au sel de potassium,
— Séléniocyanate de baryum. On l'obtient en dissolvant le carbonate de baryum dans l'acide libre et en évaporant la solution dans le vide. Il ne présente aucune forme cristalline définie.
— Séléniocyanate de calcium. On l'obtient comme le précédent; il cristallise en groupes d'aiguilles étoilées.
— SéténtQCyanale de strontium. Il cristallise en prismes bien déduis; ou l'obtient comme les deux précédents.
— Séléniocyanate de magnésium. Il se dessèche en une masse gommeuse, dépourvue de toute structure cristalline.
— Séléniocyanate de' zinc. On peut obtenir ce sel soit en dissolvant le inétal, soit en dissolvant son oxyde dans l'acide séléniocyanique; il forme des groupes d'aiguilles prismatiques qui ne sont pas déliquescentes.
— Séléniocyanate de fer. Les séléniocyanates se décomposent si facilement au contact des acides forts, qu'il n'est pas possible d'obtenir le séléniocyanate de fer par double décomposition. Aussi n'obtient-on aucune coloration lorsqu'on ajoute un séléniocyanate alcalin à une dissolution de chlorure i'errique. On ne réussit pas non plus à préparer le séléniocyanate de 1er directement au moyen de l'acide et de la base respectifs. On a cependant obtenu une fois ce sel par accident en chauffant le sélénium avec du ferrocyanure de potassium, pour obtenir le séléniocyanate potassique. Le produit de l'opération avait été traité par l'alcool absolu comme à l'ordinaire, mais en vase clos. Le liquide filtré avait une coloration rouge de sang foncé, qui disparut presque aussitôt au contact de 1 air en même temps que du sélénium se déposa. Il a été impossible de déterminer les conditions dans lesquelles ce sel se forme.
— Séléniocyanate de cuivre. C'est un précipité brunâtre qui se forme lorsqu'on ajoute du sulfate de cuivre à. une solution de séléniocyanate de potassium. Ce sel est trop instable pour pouvoir être analysé; il se décompose, en effet, même à la température ordinaire, avec séparation de sèléniure de cuivre noir et dégagement d'acide sélénhydrique.
SÉLÉNIOCYANIQUE adj. (sè-lé-ni-o-si-ani-ke — de sélénium, et de cyanique), Chim. Se dit d'une combinaison acide de sélénium et de cyanogène.
SÉLÉNIODITHIONEUX adj. (sé-lê-ni-Odi-ti-o-neu — de sélénium, et de dithioneux), Chim. Se dit d'un acide qui a également reçu les noms d'acide séléniohvposulfvjr.bux et d'acide SBLÉNiosULKUKiQUiS, et qui représente soit de l'acide sulfurique où un atome d'oxygène est remplacé par du sélénium, soit de l'acide hyposulfureux dans lequel un atome de sélénium est substitué à un atome de soufre.
— Encycl. V. THIOSULFURIQUB.
SÉLÉNIOHYPOPHOSPHITE S. m. (sé-lé-
ni-o-i-po-fo-sfi-te — de sélénium, et de hypophosphité). Chim. Protosélèniure de phosphore.
SÉLÉNIOHYPOSULTUREUX adj. (sé-léiii-o-i-po-sul-fu-ieu — de sélénium, et de hyposulfureux). Chim. Se dit d'un acide qui a reçu également les noms d'acide séléniosui,FuaiQOi« et d'acide séléniodithioneox , et qui représente soit l'acide' sulfurique où un atome d'oxygène est remplacé par du sélénium, soit de l'acide hyposulfureux dans lequel un atome de sélénium est substitué à un atome de soufre.
— Encycl. V. THtosrJLFURiQCE.
SÉLÉNIOPHOSPHATE s. m. (sé-lé-ni-o-
fo-sfa-te — de sélénium, et de phosphate).
Chim. V. SELENIURE PHOSPHORIQUiS.
BÉLÉNIOPHOSPHITE s. m. (sé-lé-tli-O-
SELE
fo-sfî-te — de sélénium, et de phospliite). Chim. Sèléniure de phosphore.
SÉLÉNIOPHOSPHORIQUE adj. (sé-lé-ni-Ofo-sfo-ri-ke — de sélénium, et de phospkorique). Chim. Se dit d'une combinaison acide de sélénium et de phosphore.
SÉLÉNIOSEIj s. m, (sé-lé-ni-o-sèl — de sélénium, et de sel). Chim. Sel où l'élément acidifiant est le sélénium.
SÉLÉNIOSULFURIQUE adj. (sé-lé-ni-osul-fii-ri-ke — de sélénium, et de sulfurique). Chim. Se dit d'un acide qui a reçu également les noms d'acide séléniohyposulfukkux et d'acide séléniodithiohkus., qui représenta soit l'acide sulfurique où un atome d'oxygène est remplacé par du sélénium, soit de l'acide hyposulfureux dans lequel un atome de sélénium est substitué à un atome de soufre.
— Encycl. V. THIOSULFURIQUE.
SÉLÉNIQUE adj. (sé-lé-nike — du gr. se-
lênê, lune). Astron. Qui concerne la luue.
SÉLÉNIQUE adj. (sé-lé-ni-ke — rad. sélénium). Chim. Se dit d'un des acides du sélénium.
— Encycl. V. séléniate.
SÉLÉNIS s. m. (sé-lé-niss — du gr. selénis, croissant). Entom. Syn. dVcHOMYS.
SÉLÉNISEL s. m. (sé-lé-ni-sèl — de sélénium , et de sel). Chim. Syn. de SÉléniosEl.
SÉLÉNITB s. (sé-lé-ni-te — du gr. selènê, lune). Habitant de la lune : Pour un habitant de ta lune, pour un Sélbnitk, ta terre apparaîtrait sous la forme d'un disque lumineux. (L. Figuier.)
— s. m. Entom. Syn. de cheilomène.
SÉLÉNITE s. in. (sé-lé-ni-te — rad. sélénium). Chim. Sel formé par la combinaison de l'acide sélénieux avec une base.
— s. f. Miner. Ancien nom du sulfate de chaux.
— Encycl. Les sélénites sont des sels du sélénium qui correspondent aux sulfites dans la série du soufre. Ils répondent a la formule générale (Se03)uM2n, c'est-à-dire qu'ils résultent de l'union d'un métal avec le résidu halogénique SeOï, absolument comme les sulfites résultent de la combinaison d'un métal avec le résidu halogénique SO3. Tous les sélénites pouvant être obtenus directement par l'action des bases sur l'acide sélénieux (satellite d'hydrogène) ou sur l'anhydride sélénieux, c'est par l'étude de ces deux corps que nous commencerons cet article.
— Acide sélénieux ou sèlénite d'hydrogène Se03,H2. On obtient cet acide, soit en dissolvant dans l'eau l'anhydride sélénieux, soit en dissolvant le sélénium dans l'eau régalo. Par lu refroidissement lent de ses solutions aqueuses, il se dépose en cristaux prismatiques, qui ressemblent à ceux du salpêtre ; ces cristaux absorbent facilement de l'eau dans un lieu humide, mais s'effleurissent à l'air sec. Quand on les ehauffe, ils perdent une molécule d'eau et se convertissent en anhydride sélénieux SeO2, qui se sublime si la température est assez élevée. Ses solutions ont une saveur acide ; l'acide sulfureux et les sulfites en précipitent le sélénium sous la forme d'une poudre rouge, surtout à la température de l'ébullition. Le protochlorure d étain produit une action semblable, et il eu est de même de tous les métaux ordinaires, l'or, le plaSoe et le palladium exceptés; le sulfate de fer ne les réduit pas. L'acide sulfhydrique fait naître dans ces solutions un précipité jaune, que l'on considère ordinairement comme du sulfure de sélénium et qui serait simplement, d'après Rose, un mélange de sélénium et de soufre; l'acide chlorhydrique bouillant ne décompose pas l'acide sélénieux. Le chlore , le chromate de potassium , la peroxyde de manganèse et le peroxyde de plomb transforment les solutions d'acide sélénieux en solutions d'acide sélénique. L'azotate de potasse en fusion fait également passer l'acide sélénieux et ses sels à l'état de séléniate de potassium. Nous avons déjà vu à l'article sélknio-cya.nate que cette propriété peut être utilisée pour le dosage du sélénium.
— Anhydride sélénieux SeOs. Ce composé est analogue à l'anhydride sulfureux SO2; il se produit lorsqu'on chauffe le sélénium dans un courant d'air ou lorsqu'on évapore à siccité une solution d'acide sélénieux. Dans ca dernier cas , il se présente sous la forme d une masse blanche infusible, qui se volatilise un peu au-dessous du rouge, en donnant une vapeur jaune; cette vapeur se condense en aiguilles blanches It quatre pans. L'anhydride sélénieux absorbe l'eau rapidement en produisant de l'acide sélénieux.
— Sélénites d'aluminium. Le sel neutre répond ù la formule (Se03)3Alvls; on l'obtient en précipitant un sel d'aluminium par du sèlénite neutre de potassium. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'eau, qui se décompose lorsqu'on la chauffe fortement, en perdant d'abord de l'eau, puis la totalité de son sélénium à l'état d'anhydride sélénieux. Il sa forme un sel acide lorsqu'on dissout le sel neutre ou l'hydrate d'aluminium dans l'acide sélénieux. Ce sel reste, lorsqu'on évapore sa solution, sous la forme d'une masse incolore, gommeuse et transparente dont fa saveur est acre et qui est soluble dans l'eau.
SOS
SELE
— Séléniles d'ammonium. Le sel neutre SeO^AzH^ï s'obtient en cristaux brillants et déliquescents, lorsqu'on sature par l'ammoniaque gazeuse une solution alcoolique d'acide sélénieux. On peut aussi l'obtenir en évaporant, k «ne très-douce température, une solution d'acide sélénieux dans l'ammoniaque aqueuse concentrée. Lorsqu'on le chauffe, ce sel perd d'abord de l'eau et de l'ammoniaque ; il perd ensuite de l'eau et de l'azote en même temps qu'une petite quantité d'un sel très-acide, et il nuit par ne rester qu'un résidu de sélénium tondu.
Il se produit un sel acide lorsqu'on fait évaporer une solution aqueuse de sel neutre; il se forme des aiguilles inaltérables à l'air. ÏCnfliijOn obtient un sel suracide en évaporant la solution du sel acide à l'aide de la chaleur cm en y ajoutant de l'acide sélénieux ; il forme une niasse déliquescente et incristallisable.
— Sêlénite d'argent Se03Aga. Ce sel se précipite sous la forme d'une poudre blanche lorsqu'on ajoute de l'acide sélénieux à une solution d'azotate d'argent. Il se dissout dans l'acide azotique et se dépose en aiguilles lorsqu'on traite cette solution par l'eau chaude. La lumière ne le noircit pas. Il fond presque aussi facilement que le chlorure d'argent en un liquide clair qui se prend, par le refroidissement, en une masse blanche et opaque dont la structure est cristalline. Lorsqu on le chauffe plus fortement, il dégage de l'oxygène et des vapeurs d'anhydride sélénieux en se recouvrant d'une couche d'argent métallique. L'eau froide le dissout très-peu; mais il sb dissout un peu plus facilement dans l'acide azotique, d'où l'eau le précipite.
— Séléniles de baryum. Le sel neutre de baryum Ba"SeOs est un précipité blanc, insoluble dans l'eau et soluble dans les acides, qui se forme lorsqu'on ajoute du sêlénite potassique k une solution de chlorure de baryum. Il ne fond pas même k la température do fusion du verre. Lorsqu'on emploie pour le préparer l'azotate au lieu du chlorure de baryum, il se dépose, suivant Muspratt, en cristaux qui ressemblent à des barbes de plume. On obtient un sel acide sous forme de granule cristallin peu soluble dans l'eau, en abandonnant k l'évaporation spontanée une solution de carbonate de baryum dans l'acide sélénieux. L'ammoniaque ajoutée à la solution de ce sel en précipite le sel neutre. Chauffé, il dégage des fumées blanches d'anhydride sélénieux.
— Sêlénite de cadmium SeOSCd". C'est un précipité blanc qui devient orangé lorsqu'on l'expose à l'air, et qui donne un sublimé jaunâtre lorsqu'on le chauffe dans un tube de verre. Il est anhydre et soluble dans l'acide sélénieux.
— Sélënites de calcium. Le sel neutre Se03Ca" se sépare, sous la forme d'une poudre cristalline molle, d'une solution de carbonate de calcium dans l'acide sélénieux. 11 est peu soluble dans l'eau et fond k la température du rouge vif. Le sel acide cristallise d'une solution du sel neutre dans un excès d'acide sélénieux ; il forme de très-petits prismes, inaltérables à l'air à la température ordinaire ; mais il perd la moitié de son acide lorsqu'on le chauffe ou lorsqu'on le traite par l'ammoniaque.
— Sélënites de cérium. Le sel neutre céreux est une poudre blanche, insoluble dans l'eau et soluble dans l'acide sélénieux. Le sel neutre cérique est une poudre jaune citron qui, lorsqu'on la chauffe, perd son acide et laisse un résidu d'acide cérique. Cette poudre se dissout dans l'acide sélénieux, en formant un sel acide qui se dessèche, lorsqu'on évapore sa solution , en un vernis jaune et qui perd de l'eau lorsqu'on la chauffe , en devenant opaque et cristalline.
— Sêlénite chromique (Se03)3CrVI2. On obtient ce sel en précipitant le sesquichlorure de chrome par le sêlénite d'ammonium. C'est une poudre verte, amorphe, dont la solution dans l'acide sélénieux donne un vernis vert lorsqu'on l'évaporé.
— Sélënites de cuiore. Le sel neutre cuivrique Se03Cu" se précipite lorsqu'on ajoute du sêlénite acide d'ammonium à une solution tiède de sulfate ouivrique. Il forme des /leçons jaunâtres, volumineux et eaillebottés qui, sous l'influence de la chaleur, se convertissent promptement en petits cristaux soyeux d'un bleu verdàtre. Ces cristaux perdent leur eau à une température plus élevée et deviennent bruns; ils fondent ensuite et finissent par perdre leur acide. Ce sel est insoluble dans l'eau et dans l'acide sélénieux, suivant Berzélius. D'après Muspratt, il renferme un tiers de molécule d'eau de cristallisation lorsqu'il a été desséché sur l'acide sulfurique; il est alors de couleur bleue. Un srtrnite ouivrique basique se précipite lorsqu'on ajoute du sulfate de cuivre à une solution d'acide sélénieux dans un excès d'ammoniaque. C'est une poudre brune, insoluble dans l'eau et soluble dans l'ammoniaque. Lorsqu'on le chauffe, il perd d'abord de l'eau, puis se boursoufle et abandonne enfin tout Sun acide.
— Sêlénite cuivreux. C'est une poudre b'.anehe, insoluble, que l'on obtient en faisant digérer de l'hydrate cuivreux avec de l'acide sélénieux.
— Sélënites de fer. Le sel neutre ferrique
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(SeOa)3peTI2 s'obtient par double décomposition ; c'est une poudre blanche insoluble, qui devient un peu jaune lorsqu'on la dessèche, puis perd son eau, rougit et finit par abandonner la totalité de son acide. Il existe un sêlénite farrique acide qui cristallise en lamelles d'un vert pistache lorsqu'on laisse refroidir un mélange d'acide sélénieux et d'a- ■cide azotique dans lequel on a fait dissoudre du fer pendant qu'il était chaud. Chauffé, ce sel noircit peu k peu en perdant son eau d'abord, son acide ensuite, et en laissant un résidu d'oxyde ferrique. Il est insoluble dans l'eau ; mais l'acide chlorhydrique le dissout en se colorant en jaune orangé. Il se forme un sêlénite ferrique basique, insoluble dans l'eau, lorsqu'on traite un des sels précédents par l'ammoniaque.
— Sêlénite neutre ferreux Se03Fe". C'est un précipité blanc, qui devient gris peu k peu au contact de l'air et finit même par jaunir. Sa solution dans l'acide sélénieux fournit un sel acide SeOSFe",Se03H2 très-soluble dans l'eau ; lorsqu'on chauffe la solution de ce sel, celle-ci brunit et donne un préciptié de sêlénite ferrique et de sélénium.
— Sélënites d'étain. Le sêlénite stannique est une poudre blanche, insoluble dans l'eau et soluble dans l'acide chlorhydrique, d'où l'eau la précipite. Fortement chauffé, il perd de l'eau et abandonne ensuite la totalité de son acide.
— Sélënites de glucinium. Le sel neutre est une poudre blanche insoluble, qui laisse de la glucine lorsqu'on la chauffe. Le sel acide est gommeux et soluble dans l'eau.
— Sélënites de magnésium. Le sel neutre Se03Mg",3H20 reste sous la forme d'une poudre grenue, insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau chaude, lorsqu'on traite le carbonate de magnésium par l'acide sélénieux ; lorsqu'on évapore et qu'on laisse ensuite refroidir sa solution faite à chaud, il se dépose en petits prismes ou en lamelles k quatre côtés. A une température plus élevée, il perd son eau et acquiert une apparence de suostance fondue, sans fondre cependant et sans perdre son acide; il attaque fortement le verre. Le sel acide se précipite lorsqu'on dissout le sel neutre dans l'acide sélénieux et qu'on ajoute de l'alcool k la liqueur. Il forme une masse cristallisable, pâteuse et déliquescente.
— Sélënites de manganèse. Le sel neutre constitue, suivant Berzélius, une poudre molle, blanche, facilement fusible, qui se décompose lorsqu'on la chauffe et qui attaque fortement le verre lorsqu'elle est fondue. Il est insoluble dans l'eau. Muspratt, en dissolvant le carbonate de manganèse dans l'acide sélénieux, a obtenu une poudre blanche grenue qui présente la composition
Se03Mn",2H20, qui forme une solution incolore avec l'acide chlorhydrique froid et une solution rouge avec l'acide chlorhydrique chaud. Le sel acide de manganèse est cristallisable, trèssoluble dans Peau et perd la moitié de son acide lorsqu'on le chauffe soit à l'abri, soit au contact de l'air.
— Sélënites de mercure. Le sel neutre mercurique Se03Hg" s'obtient par double décomposition ou par l'action de l'oxyde mercurique sur l'acide sélénieux aqueux; c'est une poudre blanche, insoluble ou très-peu soluble dans l'eau. Le sel mercurique acide s'obtient en ajoutant de l'oxyde de mercure à une solution aqueuse d'acide sélénieux jusqu'au moment ou le sel neutre commence k se déposer. On filtre alors et l'on évapore. Ce sel cristallise en gros prismes striés longitudinalement et qui renferment une grande quantité d'eau. Chauffé, ce sel subit d'abord la fusion aqueuse, puis redevient solide et finit par se sublimer sans se décomposer. Il se dissout très-facilement dans l'eau ec trèsdifficilement dans l'alcool. Les solutions aqueuses ne sont point précipitées par l'ammoniaque et le sont fort peu par les carbonates alcalins; la potasse elle-même n'en précipite qu'une partie du mercure k l'état d'oxyde. L'acide sulfureux y fait naître un précipité blanc de sêlénite niercureux, qui rougit promptement par suite de la mise en liberté du sélénium. On obtient, suivant Kôhler, uu sel basique
(Se03Hg")4, 3llg"0
en faisant bouillir de l'oxyde mercurique précipité avec de l'acide sélénieux. Ce sel est jaune pâle et insoluble dans l'eau.
— Sêlénite mercureux neutre SeO'Hg*. On l'obtient en précipitant l'azotate mercureux par le sêlénite de sodium ; c'est une poudre blanche qui fond, lorsqu'on la chauffe, en un liquide brun foncé et qui redevient jaune citron en se refroidissant. A. une température plus élevée, il bout et distille en gouttelettes brunes qui, par le refroidissement, prennent une couleur ambrée et deviennent transparentes. L'acide chlorhydrique convertit ce corps en chlorure mercurique, une portion de l'acide sélénieux se réduisant k l'état de sélénium, et une autre portion de cet acide restant dissoute dans le liquide. La potasse enlève tout son acide à ce seJ, Celui-ci n'est soluble ni dans l'eau ni dans les solutions aqueuses d'acide sélénieux. On obtient, suivant KOhler, un anhydrosel mercureux ou disélénite mercureux (SO*)-OHg2 sous la
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forme d'une masse cristalline opaque d'un rouge brique, lorsqu'on fond le sel neutre k 180" et qu'on laisse ensuite la température s'élever plus haut.
— Sélënites de nickel. Le sel neutre s'obtient par précipitation ; il est insoluble dans l'eau. Blanc k l'état humide, il devient vert pomme en se desséchant, suivant Berzélius. Suivant Muspratt, au contraire, il se précipite sous la forme d'une poudre verdàtre
SeOWjH^O quand on ajoute du sêlénite de potassium à une solution de sulfate de nickel, et il devient blanc par la dessiccation. L'opinion de Berzélius et celle de Muspratt sont donc inverses. Le sel acide est une masse gomraeuse verte, soluble dans l'eau.
— Sélënites de plomb. On obtient le sel neutre SeO^Pb" en précipitant une solution aqueuse de chlorure plombique par le sêlénite de potassium ou mieux d'ammonium. C'est une poudre blanche presque insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'acide azotique, k peu près aussi fusible que le chlorure de plomb. lCn fondant, ce sel prend la forme d'un liquide transparent et jaunâtre qui se solidifie en une musse blanche et opaque dont la cassure est cristalline. Exposé à une forte chaleur ou traité par l'ammoniaque, ce sel se convertit en un sel basique qui l'orme une masse translucide, friable, fusible, dont la structure est cristalline. D'après Kersten, le sêlénite neutre de plomb se rencontre dans la nature; mais, d'après Rose, le minéral que Kersten prend pour du sêlénite de plomb est en réalité dû séléniate.
— Sêlénite de potassium. L'acide sélénieux et la potasse forment trois sels différents, que l'on obtient en mêlant l'acide et la potasse ou le carbonate de potassium dans les proportions voulues. Le sel neutre Se03,K2 se prépare en saturant l'acide sélénieux par Le carbonate potassique ; il se sépare en grains cristallins par l'évaporation, mais non par le refroidissement de sa solution. Quand on le chauffe, il fond en une masse jaune, qui devient de nouveau blanche par le refroidissement. Il attire l'humidité. atmosphérique et se dissout presque en toute proportion dans l'alcool. Sa saveur est desagréable et sa réaction sur le papier de tournesol est fortement alcaline. Le sel acide KHSeO3 cristallise trèsdifficilement par le refroidissement d'une solution évaporée à consistance sirupeuse. Quand on abandonne dans le vide, sur l'acide sulfurique, une solution légèrement acide de ce sel, celui-ci cristallise en cristaux qui ont l'aspect de barbes de plume et dont 1 éclat est satiné, suivant Muspratt. Ces cristaux adhèrent les uns aux autres pour former une masse compacte. Chauffé, il perd la moitié de son acide. Il est déliquescent et peu soluble dans l'alcool. Le sel hyperacide Se03,KH,SeOa,ll2 est une masse incristallisalle et très-déliquescente. Peut-être ce sel est-il du disélénite monopotassique
SeO« i K
Se02
— Sélënites de sodium. Le sel neutre
Na2 SeO»
ne cristallise pas par le refroidissement, mais cristallise par l'évaporation lente de sa solution aqueuse dans le vide. Il forme alors de petits grains stables k l'air, dont la saveur rappelle celle du borax, et qui sont très-solubles dans l'eau, mais insolubles dans l'alcool. D'après Muspratt, il forme des cristaux rayonnes qui fondent sans se décomposer. Le sel acide NuHSe03,2H20 cristallise, d'après Muspratt, parle refroidissement lent de sa solution amenée k consistance sirupeuse. Il forme des aiguilles qui s'unissent en touffes qui ne s'effieurissent pas à l'air, mais qui fondent lorsqu'on les chauffe, en perdant leur eau de cristallisation et en formant un liquide jaune qui se solidifie en une masse blanche dont la structure est cristalline et fibreuse. A la chaleur rouge, ce sel perd la moitié de son acide et régénère le sel neutre. Le sel hyperacide
2NaSe20ûH3,H20 = NaHSe03,HSe03,H20
a été d'abord obtenu par Berzélius. Ce chimiste l'a obtenu en dissolvant le sel acide dans l'acide sélénieux ; il cristallise par l'évaporation spontanée en aiguilles qui sont stables à l'air. Il fond facilement en un liquide d'un rouge jaunâtre qui, lorsqu'on le chauffe, répand de l'acide sélénieux et laisse un résidu de sêlénite neutre renfermant des traces de séléniate.
— Séléniles de strontium. Le sel neutre Se03,St" est une poudre blanche, infusible et insoluble dans l'eau. Le sel acide, préparé comme le sel de baryum correspondant, se sépare sous la forme d'une croûte amorphe d'un blanc de lait lorsqu'on évapore sa solution aqueuse. Il fond au feu, se gonfle, répand de l'eau d'abord, puis la moitié de son acide, et laisse pour résidu une masse spongieuse de sêlénite neutre. Il est presque insoluble dans l'eau froide et ne se dissout que très-peu dans l'eau bouillante.
— Sélënites de ihallium. Le sel neutre Th*SeOs se produit lorsqu'on oxyde le séléniure de thallium par 1 acide azotique ou, plus aisément, lorsqu'on traite l'acide sélé-
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nieux par un excès de carbonate de thallium. II a une réaction alcaline ; il est facilement soluble dans l'alcool et dans l'éther et cristallise en lamelles micacées très-minces. Le sel acide ThHSe03est plus soluble dans l'eau que le sel neutre et cristallise bien dans l'eau alcoolisée.
— Sélënites d'uranium. Le sêlénite uranique neutre est une poudre d'unjaune citron, qui se décompose a des températures élevées, avec dégagement d'oxygène et d'anhydride sélénieux, en laissant un résidu d'oxyde uranoso-uranique. L'acide sélénieux en excès le dissout en formant un sel acide, qui sa dessèche en une masse blanche, opaque, cristalline, soluble dans l'eau. Suivant Muspratt, le sel cristallin ainsi obtenu est le sêlénite uranique neutre UaOS, 3SeOs.
— Sêlénite d'yttrium. Ce sel se précipite en flocons blancs caillebottés qui forment une poudre blanche après dessiccation. Il est insoluble dans l'eau et dans l'acide sélénieux. Portement eh.iuffé, il perd d'abord son eau et puis la totalité de son acide.
— Sélënites de zinc. Le sel neutre
Se03, Zn", 1120 est une poudre blanche, insoluble dans l'eau. Chauffé, il perd son eau et fond en un liquide transparent jaune, qui se prend, par le refroidissement, en une masse blanche k structure cristalline. A une chaleur rouge tendre, il entre en ébullition et se convertit en anhydride sélénieux, qui se sublime-, et en un sel basique qui n'est plus altérable par la chaleur. Le sel acide s'obtient lorsqu'on dissout le sel neutre dans l'acide sélénieux. C'est une masse transparente, gommeuse, facilement soluble dans l'eau.
— 5e/ peracide
Zn"Se2HS06, H*Se206 = Zn"Se03, 3H2SeO».
Lorsque l'on plonge dans une solution aqueuse un peu concentrée d'acide sélénieux de la tournure de zinc bien propre ou des plaques de aine, le métal se recouvre presque aussitôt d'une fine couche rouge de sélénium réduit, et il se formd une solution qui renferme le sel peracide. Celui-ci sa sépare en gros cristaux jaunes lorsqu'on évapore sa solution k consistance sirupeuse dans le vide, au-dessus d'un vase rempli d'acide sulfurique, et qu'on attend au moins une semaine. Il ressemble beaucoup au chromate neutre de potassium. Il forme des prismes rhombiques, dont les arêtes terminales et quelquefois aussi les arêtes latérales correspondant uux angles obtus sont remplacées par des faces de troncature ou par des biseaux. Le sel est permanent k l'air et soluble dans l'eau. Sa solution est incolore; elle a une forte saveur acide, n'est pas décomposée par les acides et se trouble lorsqu'on la chauffe, par suite du dédoublement du sel eu sel neutre et acide sélénieux. Son cristal subit la même transformation lorsqu'on le chauffe a 30° ou 40° et devient alors blanc et opaque. Si la température s'élève davantage, il fond et se transforme en eau qui distille, anhydride sélénieux qui se sublime, et sêlénite basique de zinc qui reste comme résidu.
— Sêlénite de zirconium. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'eau, soluble duns l'acide sélénieux, qui se décompose par la chaleur en laissant un résidu de zircone.
— Propriétés générales des sélënites. L'acide sélénieux étant bibasique forme des sels neutres M'2Se03 ou M"SeOs et des sels acides M'HSeOS ou M"H*Se*06. Les bisélénites alcalins peuvent aussi se combiner k une nouvelle molécule d'acide sélénieux en formant des sels suracides. Il en est de même du sel de zinc. Ces sels ont été mal formulés et sont des disélénites renfermant une molécule d'eau de cristallisation
ou ce sont des combinaisons moléculaires. Les sélënites neutres ont une saveur franchement saline. Le charbon les décompose k une température élevée, avec formation d'un séléniure ou d'un oxyde métallique et de sélénium. Chauffés avec du carbonate de sodium dans la flamme intérieure du chalumeau, ils émettent une odeur de raifort caractéristique. La masse fondue humectée d'eau produit sur l'argent une tache brune. Chauffés avec du chlorure d'ammonium k l'abri de l'air, ils donnent un sublimé de sélénium métalloïdique. Les sélënites alcalins sont solubles dans l'eau, et leurs solutions, acidulées par de l'acide chlorhydrique, sa comportent comme l'acide sélénieux libre avec l'acide sulfhydrique et l'acide sulfureux. Les autres sélënites sont insolubles dans l'eau, mais solubles dans l'acide azotique. Les sels d'argent et de plomb toutefois se dissolvent, quoique avec un peu de lenteur. Les sélënites ont été surtout étudiés par Berzélius et par Muspratt.
SÉLÉNITEUX, EUSE adj. (sé-lé-ni-teu, eu-ze — rad. sêlénite). Qui a rapport k la sêlénite : Dépôt siiu'i.NiTiiux. Il Qui contient de la sêlénite : Eau selÉNitkusb. Avec dix onces de sous-carbonate de soude, on peut précipiter tous les sels calcaires contenus dans cent titres de l'eau la plus séléniieuse. (Lassaigne.)
SÉLÉNIUM s. m. (sé-lé-ni-omm — du gr.
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seléné, lune, par opposition avec le tellure qu'on avait précédemment découvert, et dont le nom rappelle celui de la terre comme sélénium celui de la lune). Chim. Métalloïde solide, friable, qui a beaucoup d'analogie avec le soufre.
— Encycl. Le sélénium est un corps du groupe ries métalloïdes, découvert en 18 17 par Berzélius dans des sédiments de chambre de plomb. Il est solide, d'un brun rouge à éclat métallique; sa densité est égale à 4,3. Il brûle difficilement, donne dans cette combustion une petite flamme bleue, et répand une odeur fétide caractéristique. Il fond à 217» et bout à 700». Chauffé à 100», il se ramollit et reste mou pendant quelque temps, si on le laisse refroidir. Réduit en poudre, il est d'un rouge cinabre. 11 est insoluble dans l'eau et se dissout dans l'acide sulfurique en colorant la liqueur en vert. L'acide azotique et l'eau régale le dissolvent facilement en donnant de l'acide sélénieux. Soumis à un courant de chlore, il se transforme en chlorure de sélénium liquide ; si le chlore est en excès, il y a production de chlorure de sélénium solide.
Leseïcm'um existe sous deux modifications, l'une vitreuse, l'autre métallique. Sous ces deux états, il présente des propriétés physiques très-distinctes, et le passage de l'un à l'autre est accompagné de phénomènes très; curieux. Du sélénium fondu jusqu'à l'état de liquidité et versé dans une rigole de laiton où dans un tube de verre se solidifie sous forme d'une masse noire, à surface brillante, dont la cassure ressemble complètement à celle d'un verre noir ou de l'obsidienne, mais ne présentant nullement l'aspect métallique.
Cette masse vitreuse offre par transparence une couleur d'un rouge rubis. Mais si ce sélénium vitreux est chauffé de manière que sa température s'élève très - lentement, au moment où le thermomètre indique de 96° à 97», la température s'élève tout d'un coup avec une grande rapidité, et, en peu de minutes, elle dépasse 200<> et 300°. On s'aperçoit alors que l'état physique de la masse a complètement changé. Sa surface est d'une couleur gris bleuâtre et présente un aspect franchement métallique. La cassure ressemble à celle de la fonte grise.
Le sélénium dégagé au pôle positif durant l'électrolyse de l'acide sélénhydrique esj soluble dans le sulfure de carbone. Au contraire, le sélénium dégagé au pôle négatif durant l'électrolyse de l'acide sélénieux est en grande partie insoluble dans le sulfure de carbone, et la partie dissoute tout d'abord y devient entièrement insoluble parle seul fait de l'évaporation, à peu près comme le soufre des hyposulfites. Ces faits conduisent à admettre deux variétés de sélénium, l'une électro-négative, l'autre électro-positive. (Berthelot.)
Le sélénium est très-peu répandu dans la nature. On le rencontre à l'état de combinaison avec différents métaux, principalement avec l'argent, le plomb, le mercure, le cuivre. On l'extrait des séléniures naturels, et principalement des minerais sélénifères du Harz, au moyen du procédé suivant : le minerai pulvérisé est traité par l'acide chlorhydrique, qui enlève le carbonate terreux. Le résidu lavé et séché est mêlé avec son poids de flux noir et calciné au rouge pendant une heure. Il se forme du séléniure de potasse, que l'on sépare par l'eau bouillante; le résidu insoluble est formé par des métaux. La dissolution de séléniure est abandonnée au contact de l'air, où elle s'oxyde peu à peu ; il se forme de la potasse, et le sélénium se réunit en une masse grise, qui est lavée, desséchée et distillée.
Le sélénium se combine avec presque tous les métalloïdes et avec beaucoup de métaux.
SÉLÉNIURE s. m. (sé-lé-ni-u-re — rad. sélénium). Chim. Combinaison d'un métal ou d'un radical positif avec le sélénium.
— Encycl. Le sélénium est un corps de la famille du soufre, qui a été découvert par Berzélius. Comme son congénère, il est diatomique et peut former une combinaison hydrogénée, l'acide sélénhydrique H2Se, analogue k l'acide sulfhydrique HSS. L'hydrogène de l'acide sélénhydrique peut être remplacé en totalité par deux radicaux monoatomiques ou par un radical diatomique. Il en résulte des séléniures M'^Se ou M"Se analogues aux sulfures M'2S et M''S. On peut aussi ne remplacer par un métal ou par un radical quelconque que la moitié de 1 hydrogène de 1 acide sélénhydrique : de là des sélénhydrates M'HSe analogues aux sulfhydrates MHS.
Les séléniures métalliques peuvent être obtenus à l'état sec : 1° En fondant directement un métal avec du sélénium ; la combinaison s'accompagne alors d'un dégagement de chaleur et de lumière, moins vif cependant que celui qui a lieu lorsqu'on fond le même métal avec du soufi'e; on peut aussi chauffer le métal dans la vapeur de sélénium; 2° en précipitant les solutions salines de la plupart des métaux lourds par l'acide sélénhydrique ou par la solution aqueuse d'un séléniure alcalin : il faut ensuite dessécher en le chauffant le séléniure hydraté ainsi produit ; 3° en chauffant le sélénium avec les oxydes ou les carbonates métalliques ; toutefois, une partie du sélénium se transforme alors en acide sélénieux, qui se combine avec une portion indécomposée de la base, et l'on obtient un
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mélange de séléniure et de sélénite; 4° en chauffant les sélénites ou les séléniates avec du charbon, ou mieux dans un courant d'hydrogène.
Les séléniures alcalins ont une couleur rouge et même une couleur rouge foncé s'ils renferment un excès de sélénium. Leur odeur et leur saveur sont hépatiques comme celles des sulfures correspondants. Leurs solutions aqueuses, que l'on prépare en faisant passer un excès d'acide sélénhydrique à travers ta solution d'un hydrate alcalin et en ajoutant ensuite à la liqueur une quantité d'alcali égale à celle qu elle renferme déjà, sont incolores lorsque les séléniures sont purs, mais rougissent peu à peu au contact de l'air par suite de la mise en liberté d'une certaine quantité de sélénium qui reste dissous. Lorsqu'on les expose à l'air pendant longtemps, ils finissent par donner un dépôt de sélénium cristallisé. Si l'-on n'a pas soin d'ajouter à la solution alcaline saturée d'acide sélénhydrique une quantité nouvelle d'alcali, on obtient, au Heu d'un séléniure, un sélénhydrate alcalin.
Les séléniures alcalino-terreux ont une couleur de chair; ils sont insolubles dans l'eau pure, mais solubles dans l'acide sélénhydrique aqueux. Par leurs autres caractères, ils ressemblent aux séléniures alcalins. Les séléniures des métaux terreux, du manganèse et du zinc ont aussi une couleur de chair et sont insolubles dans l'eau. Les autres séléniures sont pour la plupart d'une couleur foncée et possèdent l'éclat métallique; généralement, ils sont plus fusibles que les métaux qu'ils renferment. Chauffés au rouge dans un courant d'air, ils perdent leur sélénium, qui brûle avec une flamme bleuâtre et avec une odeur de raifort. Le sélénium est cependant plus difficile à éliminer que le soufre par le grillage. Les séléniures sont moins solubles dans l'acide azotique que les métaux purs; le séléniure de mercure y est presque insoluble. Sous l'influence de la chaleur, le chlore transforme les séléniures métalliques en chlorure métallique et chlorure de sélénium.
Chauffés dans l'acide chlorhydrique gazeux, les séléniures donnent un courant d'acide sélénhydrique et un chlorure métallique.
Plusieurs séléniures métalliques se rencontrent dans la nature, soit comme des minéraux rares, soit comme des impuretés*"dans les sulfures. Le séléniure de cuivre forme la berzélianite à Skrikerum, en Suéde, et près de Lehrbach, dans le Harz ; le séléniure de plomb et le séléniure double de plomb et de cuivre forment la clausthalite, que l'on rencontre k Clausthal, à Tilkerode, à Lehrbach et dans d'autres localités du Harz ; le séléniure de plomb et de mercure forme la lehrbachite que l'on rencontre à Lehrbach; le séléniure d'argent constitue la naumannite de Tilkerode; enfin, le séléniure d'argent et de cuivre forme l'eucairite de Skrikerum.
La plupart des séléniures dégagent, sous l'influence de l'acide chlorhydrique, du gaz acide sélénhydrique qui possède l'odeur de chou pourri. Ils sont attaqués par l'acide azotique et par l'eau régale ; ces réactifs les transforment en acide sélénieux, dont on peut ensuite précipiter le sélénium, sous la forme d'une poudre rouge, au moyen d'un courant d'anhydride sulfureux.
L'azotate de potasse les fait passer au rouge k l'état de séléniate de potasse, qui donne avec la baryte un précipité insoluble dans l'acide chlorhydrique et qui ne précipite pas les sels solubles de strontiane.
Enfin, les séléniures solubles précipitent la plupart des métaux de leur dissolution, et surtout les sels do cadmium, avec lesquels ils donnent un précipité rouge semblable à celui que l'acide sulfhydrique fait naître dans les solutions des sels d'antimoine.
Les séléniures et les sélénhydrates des radicaux alcooliques (mercaptans séléniés) sont des liquides volatils et fétides, qui ressemblent aux composés sulfurés correspondants. Jusqu'ici on n'a obtenu que les composés méthylique et éthylique de cet ordre. On les obtient en distillant les sulfovinates ou lesméthylsulfates avec du sélénhydrate de potasse ou avec du séléniure de potassium. Les sélénhydrates ont été peu étudiés; mais les séléniures alcooliques jouent le rôle de radicaux composés diatomiques. Ils peuvent s'unir directement soit k deux atomes de chlore, de brome ou d'iode, soit à un atome d'oxygène. Leurs oxydes font la double décomposition avec les acides et fournissent des sels bien définis. Les bibromure et le bichlorure de sélénéthyle démontrent la tétratomicité du sélénium, déjà démontrée du reste par l'existence d'un tétrachlorure de ce métalloïde SeCl*.
SÉLÉNOCENTRIQUE adj. (sé-lé-no-santri-ke — du gr. seléné, lune, et de centre). Astron, Qui a rapport au centre de la lune.
SÉLÉNOCÉPHALË s*, m. (sé-lé-no-sé-fa-le — dugr. seléné, lune; kephalê, tête). Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la tribu des cercopides, dont l'espèce type habite la France : Les sélénocéphales se reconnaissent surtout à leur tête courte et large, affectant la forme d'un croissant. ( Blanchard.)
SÉLÉNODÈRE s. m. (sé-lé-no-dè-re — du grec seléné, lune; derê, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des clavicornes, tribu des nitidulaires,
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comprenant deux espèces qui habitent la Gu3'ane.
SÉLÉNODON s. m. (sé-lé-no-don — du gr.
seléné, lune ; odom, dent). Mamm. V. solénodon.
— Entom, Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des malacodermes, tribu des cébrionites, dont l'espèce type vit aux Etats-Unis,
SÉLÉNOGRAPHE s. m. (sé-lé-no-gra-fe — du gr. seléné, lune; graphe, je décris). Auteur d'une séténographie.
SÉLÉNOGRAPHIE s. f. (sé-lé-no-gra-fi — du gr. seléné, lune ; graphe, je décris). Description de la lune.
— Encycl. Nous renvoyons au mot lunb jjour l'étude des mouvements et des dimendions de notre satellite. Nous avons ici k décrire la surface de cet astre comme si nous pouvions la parcourir et la toucher, ainsi que font les géographes à l'égard de la surface de la terre.
— Taches. Il n'est pas besoin de télescope pour reconnaître que la surface de la lune présente, enchevêtréesles unes dans les autres, des régions très-blanches et brillamment éclairées et d'autres un peu foncées, que le voisinage des premières fait, par contraste, paraître grises et sombres. Ces dernières, qui occupent environ les 3/10 de la surface de l'astre, ont été appelées taches. Une de ces taches, k laquelle, avec un peu d'imagination, on a trouvé de la ressemblance avec un corps humain, jouissait, chez nos pères, de la maudite réputation de représenter Judas Iscariote, enfermé là, comme au bagne, pour expier son crime.
Les taches occupent surtout la moitié boréale du disque lunaire ; le contour de l'astre et les régions australes sont généralement blancs et lumineux.
Les anciens astronomes, prenant les grandes taches pour des mers et les petites pour des lacs et des marais, leur donnèrent des noms qu'on dirait avoir été inventés par un montreur de lanterne magique. Le principal auteur de ces noms est pourtant Hévélius. Il créa ainsi les mers de la Fécondité, de la Sérénité, des Humeurs, de la Tranquillité ; les lacs des Songes, de la Mort; le marais des Brouillards, celui de la Putréfaction, etc., etc.
Précisons l'emplacement de quelques-unes de ces taches. Si l'on regarde la lune k l'aide d'une lunette astronomique, et si l'on n'oublie pas que l'image grossie est alors l'inverse de la figure réelle, voici les principales taches qui se remarquent: près du bord occidental, la mer des Crises ; entre celle-ci et le centre du disque, la mer de la Tranquillité, qui projette à l'ouest deux appendices, dont le plus occidental, qui est le plus grand, forme la mer de la Fécondité ; l'autre est la mer du Nectar. Si, maintenant, de la merde la Tranquillité on remonte vers le nord, on trouve la mer de la Sérénité, dont un prolongement vers le centre forme la mer des Vapeurs. Tout k fait au nord, on voit la vaste mer des Pluies, de forme ronde; à l'est, l'océan des Tempêtes; au sud, la mer des Humeurs et la mer des Nuées. Il y a encore plusieurs autres petites mers : la mer Australe, la mer de Humboldt, la mer du Froid, etc.
C'est entre la mer de la Sérénité et la mer du Froid qu'on rencontre le lac des Songes et le lac de la Mort.
Les marais de la Putréfaction et des Brouillards occupent la partie occidentale de la mer des Pluies, dont la rive septentrionale forme un golfe arrondi connu sous le nom de golfe des Iris ou des Arcs-en-ciel. Le golfe de la Rosée est le prolongement vers l'extrême nord-ouest de l'océan des Tempêtes. Citons encore le marais du Sommeil, à l'ouest de la mer de la Tranquillité; le golfe du Centre, qui est le prolongement méridional de la mer des Vapeurs; enfin, le golfe des Marais, qui s'avance jusque sur le bord méridional de la mer des Pluies.
Toutes ces mers, nous l'avons dit ailleurs, n'ont pas d'eau. Si les régions grises, qu'on a décorées de ce nom , étaient couvertes d'eau, elles devraient, sur les bords du disque, manifester une forte polarisation, car elles transmettraient de la lumière réfractée. Or, dans la pleine lune, aucune trace notable de polarisation par réfraction n'est perceptible sur les bords de l'astre.
— Montagnes. Au premier aspect, les cartes détaillées de la lune donnent de cet astre l'idée d'un gros morceau de coke, qui, de loin, brille au grand soleil, avec ses aspérités, ses rides, ses crevasses, ses rugosités, etc. C'est que la lune est, par excellence, l'astre des montagnes; les 7/10 de sa superficie en sont couverts. S'il était possible qu'il y eût des montagnes sans vallées, ce serait dans la lune. Au surplus, les vallées n'y sont guère que des cavernes, des puits et des crevasses. La surface de la lune, dit M. Liais, est couverte de montagnes élevées. Dans les éclipses de soleil, on voit souvent en projection le profil de ces montagnes, pourvu qu'où fasse usage d'une lunette d'un grossissement suffisant. Dans la partie ombrée de la lune, près de la limite de l'ombre et de la lumière, se montrent fréquemment des points lumineux isolés ; ces points ne sont autres que les sommets éclairés de montagnes dont la hase est encore dans l'obscurité.
MM. Béer et Maedler ont, d'après la Ion-
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gueur des ombres, calculé la hauteur de 1,095 montagnes lunaires. Ils en ont trouvé 6 au-dessus de 5,800 mètres et 22 au-dessus de 4,800 mètres, hauteur du mont Blanc. La plus grande hauteur qu'ils aient déterminée est celle du mont Doerfel, qui a 7,600 mètres de hauteur.
Les montagnes lunaires sont souvent alignées en forme de chaînes comme celles de la terre. Toutefois, la plupart d'entre elles affectent une forme circulaire ou de cratère, quoiqu'il ne soit pas prouvé avec certitude qu'il y ait des volcans dans la lune. Cependant, W. Herschel croit en avoir aperçu trois en ignition le 19 avril 17S7. D'autres apparences, vues par divers observateurs, seraient aussi attribuables k des volcans ; mais elles peuvent également recevoir d'autres explications, comme nous le verrons tout à l'heure.
Les cavités circulaires qui s'observent au sommet de presque toutes les montagnes de la lune ont reçu les noms de cratères ou volcans, et celui de cirques si elles atteignent une grande dimension. Les montagnes isolées, de forme pyramidale ou conique, sont des pics ou pitons.
Nous n'avons pas besoin de dire que les taches ou mers sont dépourvues de montagnes; celles-ci abondent et surabondent dans les régions brillantes, notamment dans la partie australe. Citons-en quelques-unes :
Tycho, au sud de la mer des Nuées, dans la partie australe ; Copernic, Aristarque, Kepler, vers le nord-ouest; Ptolémée, Albaténius, Arzachel, au centre ; Platon, sur la rive septentrionale de la mer des Pluies ; Endyfnion, grand cirque à fond très-sombre, entre la mer de Humboldt et le lac de la Mort ; Grimaldi, sur les rives de l'océan des Tempêtes, etc., etc.
Quelques cirques des montagnes lunaires ont des dimensions considérables : Shickardt a un diamètre de 64 lieues et, par suite, une enceinte dont le développement est de 200 lieues ; c'est la 760e partie de la superficie totale de la lune et la ne QU sol de notre France. Les autres cirques lunaires ont des diamètres moindres, depuis 57 lieues jusqu'à 20.
Les diamètres des cratères ne dépassent généralement pas 10 lieues.
Nous avons mentionné l'existence de chaînes de montagnes sur la lune. Les principales sont : les Apennins, qui s'étendent au sud de la mer des Pluies sur une longueur de 185 lieues; les monts Karpathes, qui en sont le prolongement; les monts Caucase et les Alpes, qui limitent k l'ouest et au nord-ouest la mer des Pluies ; les monts Taurus et l'Hémus, qui bordent la mer de la Sérénité ; les Pyrénées et les monts Altaï, qui enveloppent la mer de Nectar. Citons encore les monts Ourals, Ryphées, les Cordillères, les monts d'Alembert, les monts Rook, etc.
Ce qui caractérise la configuration des montagnes lunaires comparées à celles de la terre, c'est que, tandis que les chaînes terrestres s'étendent le plus souvent en ligne droite ou parallèlement à un grand cercle de la sphère, formant une série de systèmes qui se coupent sous divers angles et dont chacun correspond à une époque particulière de soulèvement, les montagnes de la lune sont toutes, ou presque toutes, développées en arcs de cercle, depuis les plus petits cratères et les cirques jusqu'aux grandes circonvallations qui entourent les plaines.
— Rainures. A l'époque de la pleine lune, dit M. A. Guillemin, on aperçoit dans quelques régions du disque de longs sillons blanchâtres , ordinairement rectilignes ou du moins n'offrant que de légères courbures, et la plupart si étroits, qu'il faut une grande attention, de forts grossissements optiques et des circonstances atmosphériques trèsfavorables pour les distinguer de tous les autres accidents du sol lunaire. Pendant les phases, ces sillons apparaissent comme des lignes noires : ce sont les rainures. Les dimensions de ces sillons varient, en longueur, de 5 à 72 lieues, et, en largeur, de 500 mètres à 3,000 mètres. Dans toute l'étendue de leur cours, cette largeur varie très-peu, et, quand elle augmente, ce n'est jamais k l'une ou k l'autre de leurs extrémités, mais dans un point intermédiaire.
La plupart des rainures se montrent isolées, tantôt courant au milieu des plaines, tantôt passant à côté des cratères et même traversant leurs enceintes. Plusieurs sont limitées par des montagnes, mais il en est qui se terminent sans que rien indique un obstacle à leur prolongement. Elles se rencontrent dans toutes les régions du sol de la lune, dans les pays de montagnes comme dans les plaines, et si elles sont plus nombreuses vers le centre du disque, cela provient sans douw de la facilité plus grande qu'on a d'apercé > voir des objets aussi délicats quand ils &S montrent de face, sans être dissimulés par l'obliquité des rayons visuels.
En plusieurs points, les rainures apparaissent par groupes parallèles; d'autres, plus rares, s'entre-croisent ou s'unissent comme des veines; la forme rectiligne est la plus générale. La profondeur des rainures est considérable; elle atteint souvent de 400 à 500 mètres.
Schrœter est le premier qui ait signalé (1788) l'existence des rainures sur la surface
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du disque lunaire ; il les attribuait tout simplement k des travaux de banalisation ou de fortification faits par les habitants de la lune. D'autres observateurs y ont reconnu des rivières et des fleuves. Aujourd'hui, on est plus disposé à y voir les effets qu'a dû produire autrefois le lent refroidissement de la masse de la lune lorsqu'elle était à l'état pâteux ou semi-fluide, ou l'action volcanique qui parait avoir pendant longtemps travaillé et tourmenté le sol de notre satellite.
— Bandes lumineuses. Ce sont comme des rubans de lumière qui, partant généralement d'un cratère ou d'un cirque, s'étalent tout autour et se prolongent a des distances qui atteignent quelquefois 300 kilomètres. Quelques-unes de ces bandes ont jusqu'à 30 kilomètres de largeur. Les montagnes qui en sont le centre ont été appelées montagnes rayonnantes. A leur tête ligure Tycho; puis viennent Copernic, Aristarque, Kepler, Euler, Mayer, Timocharis, Eratosthène, etc. Aucune hypothèse satisfaisante n'est encore venue expliquer la curieuse apparence des bandes lumineuses.
— Constitution volcanique du sol de la lune. L'aspect des montagnes de la lune présente avec celui des volcans de la terre une analogie qui a frappé tous les observateurs et a de bonne heure fait naître l'hypothèse que ces montagnes sont le résultat d'une action volcanique. Kobert Itooke attribuait la configuration du sol lunaire à l'etTet de feux souterrains, à l'éruption de vapeurs élastiques ou même à un bouillonnement dégageant clés bulles qui viennent crever k la surface. Des expériences, a dit de Humboldt, faites avec des boues calcaires en ébullition, parurent confirmer ces vues, et dès lors on compara les circonvallations et leurs montagnes centrales aux formes de l'Etna, du pic de Ténériife, de l'Hécla et des volcans de Mexico.
< Les montagnes lunaires, dit de son côté J. Herschel, offrent au plus haut degré le vrai caractère volcanique, tel que le présentent le cratère du Vésuve et les districts volcaniques des champs phlégréens ou du Puyde-Dôme. »
Voici, d'ailleurs, en quels termes M. Guillernin, guidé par les astronomes classiques, expose les phases delà sélénogénie: «Si l'origine ignée parait la seule vraisemblable pour toutes les aspérités montagneuses et cratériformes, ce n'est pas à dire qu'elles soient uniquement le produit d'éruptions volcaniques dans le sens restreint du mot. La lune a été primitivement , comme la terre , un globe fluide, à la surface duquel le refroidissement, dû au rayonnement calorifique, a déterminé la formation d'une écorce solide... A l'origine, l'écorce solide de la luno, moins épaisse, était par cela même inoins résistante, et, comme elle n'avait point encore été bouleversée par de.s secousses antérieures, elle devait présenter en tous ses points k peu près la même homogénéité et la même épaisseur. La force expansive des gaz, agissant alors perpendiculairement aux couches superficielles et suivant les lignes de moindre résistance, dut briser l'enveloppe et produire des soulèvements de forme circulaire. C'est sans doute h cette période qu'il faut rapporter la formation des immenses cirques dont l'intérieur est aujourd'hui occupé par les plaines appelées mers...
• Puis vinrent de nouveaux soulèvements, mais qui, survenus à une époque où la croûte du globe lunaire avait acquis une plus grande épaisseur ou encore provenant de forces élastiques moins considérables, donnèrent lieu aux plus grands cirques, déjà bien inférieurs en dimension aux formations primitives...
i Apparurent ensuite une foule de cirques de dimensions moyennes, dont les enceintes couvrirent le sol tout entier de la lune et qui apparurent au sein même des circonvallations primitives... »
Dans cette .hypothèse, comme on voit, il y aurait eu plusieurs périodes de soulèvement, et ces périodes se reconnaissent aux dimensions des cirques et des cratères produits. A mesure que la force interne du soulèvement diminuait, les montagnes ont été naturellement plus petites; elles ont diminué, comme on voit diminuer les ébullitions d'une masse incandescente et pâteuse qui se refroidit.
A la séria des périodes de soulèvement a dû succéder, suivant Al. Chaoornae, une ère de repos pendant laquelle se sont formées, k l'instar de nos dépôts d'alluvion, de grandes plaines boueuses. Ce sont ces épanehements qui ont formé les taches ou mers.
Maintenant, supposez que, après ces formations, de nouvelles crises volcaniques aient fait jaillir du fond des cratères des torrents de lave et de matières calcaires ; ces matières, débordant à l'orifice, ont coulé le long des flancs de la montagne et s'y sont étalées en nappes qui se sont étendues jusqu'à ce que le froid les ait figées et arrêtées ; elles ont ainsi formé sur le fond brun primitif comme des routes blanchâtres qui , sous l'action des rayons du soleil, constituent ces apparences que nous avons appelées bandes lumineuses.
Quelques observateurs du dernier siècle ont cru voir dans la lune des volcans en ignition. On estime généralement aujourd'hui que ces apparences ont été le résultat d'illusions dues aux jeux de la lumière solaire sur la surface escarpée des montagnes. Toutefois, des cartes anciennes de certaines régions de la lune,
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comparées avec des cartes modernes représentant ces mêmes régions, offrent des différences assez sensibles qui militent en faveur de l'opinion que la lune est encore, comme d'ailleurs la terre, le théâtre de changements lents, par lesquels sa surface est peu à peu modifiée. De nos jours, on est parvenu k faire des photographies de la lune ; la comparaison de ces épreuves avec celles que ne manqueront pas de faire nos descendants permettra peut-être de résoudre l'intéressante question que la science actuelle ne peut que poser.
— Cartes de la lune. Nous terminerons cet article par un historique des principales cartes dé la lune, extrait de l'Année scientifique (18G1) de M; Figuier :
a La première carte physique de la lune est due a Hévélius, de Dantzig, qui entreprit cette tâche peu d'années après les travaux I de Galilée. On sait que la première connais- I sauce des apparences réelles de la lune ne remonte qu'à l'année 1610, lorsque Galilée, ayant dirigé vers le ciel la première lunette astronomique, put jouir du spectacle merveilleux et bizarre que présente la lune vue à travers les verres grossissants. Hévélius dessina la forme et la position des différentes taches lunaires. C'est lui qui nomma les montagnes et les mers...
• Un contemporain d'Hévélins, le P. Riccioli , publia une carte lunaire remplie de fautes grossières et il donna aux montagnes des noms d'hommes célèbres dans les sciences. Comme il flattait ainsi l'umour-propre des divers astronomes de son temps, son travail obtint un grand succès...
> On doit à D. Cassini une carte «le la lune supérieure pour les détails k celle d'Hévélius, mais dont les mesures générales n'avaient pas été aussi exactement prises. Ce ne fut pourtant qu'au milieu du xvmu siècle que parut une carte donnant la position précise des montagnes lunaires les unes par rapport aux autres; elle était due au célèbre astronome allemand Tobie Mayer, qui avait eu le soin de soumettre à d'innombrables mesures toutes les parties de la surface de l'astre. La perfection du dessin ajoutait à la valeur de ce grand travail.
» A la fin du même siècle, un savant amateur d'astronomie, Schrœter, de Lilienthal, près de Brème, étudia pendant de longues années les montagnes lunaires ; il esquissa un grand nombre de cartes de la lune dans le but de s'assurer s'il ne s'opérait point quelque changement à sa surface.
» Quelques années plus tard, Lohrmann, de Dresde, entreprit de dessiner une carte topographique de la lune d'après les principes les plus stricts des mathématiques. Homme plein de zèle, de talent et de précision, dit Lecouturier (cité par M. Figuier), Lohrmann se consacra pendant des années entières à des observations spéciales sur la lune; chaque jour, il en dessinait les montagnes les mieux connues et en mesurait les hauteurs précises, sans vouloir s'en rapporter aux travaux des astronomes les plus consciencieux. 11 divisa sa carte en vingtcinq sections; quatre d'entre elles furent publiées en 1824. Epuisé par un travail opiniâtre et incessant , il n'eut pas le temps d'achever le reste : la mort le surprit pendant qu'il rédigeait son ouvrage, alors que sa grande carte était k peine k moitié gravée.
» Sans se préoccuper du succès de Lohrmann, Maedler, en collaboration avec Béer, commença en 1830 un vaste travail sur la lune; il en résulta une grande carte topographique, divisée en quatre feuilles, qui fut publiée, ainsi que le traité de sèlènographie qui l'accompagnait, en 1837. Cette carte a atteint le but auquel Lohrmann s'était proposé d'arriver; supérieure à tout ce qui avait été fait précédemment, elle est devenue le guide de tous ceux qui ont entrepris des travaux sur la configuration de notre satellite. Plus tard, Maedler donna en une feuille la réduction de sa grande carte.'
i Contrairement k Gruithuysen, qui, à la même époque, s'efforçait de mettre en relief, dans des esquisses fantastiques, ses hypothèses plus ou moins vraisemblables sur la vie à la surface de notre satellite, Maedler s'est efforcé d'établir que, autant qu'il est permis d'en juger, il n'y a rien sur la lune et il ne saurait rien y avoir.
o Si , aux travaux sélénographiques que nous venons de rappeler, nous ajoutons ceux de l'astronome allemand Julius Sehmidt; quelques esquisses partielles, d'une très-remarquable exécution, publiées en 1857 par M. ESulard, et enfin la carte de MM. Lecouturier et Chapuis, nous aurons épuisé la liste des tentatives qui ont été faites jusqu'à nos jours pour représenter par le dessin l'hémisphère visible de la lune. »
SÉLÉNOGRAPHIQUE adj. (sé-lé-no-grnfi-ke — rad. séléuoyraptiie). Qui a rapport à la sélénograpliie : Cartes sélénographiques.
SÉLÉNOMMAs. m. (sé-lé-nomm-ma — du gr. selénê, lune ; omma, œil). Entom. Syn.
d'AMMOPHORE.
SÉlénopalpe s. m. (sé-lé-no-pal-pe — du gr. selénê, lune, et de palpe). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des sténélytres, tribu des œdémérites, comprenant trois espèces, qui habitent la Nouvelle-Zélande,
SÈLË
SÉLÉNOPHORE s. m. (sé-lé-no-fo-ra — du gr. selénê, lune; phoros, qui porte). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabîques, tribu des harpaliens, comprenant une centaine d'espèces, répandues dans les deux continents, mais surtout en Amérique.
SÉLÉNOPS s. m. (sé-lé-nops — du gr. selénê, lune; ôps, œil). Arachn. Genre d'aranéides, de la tribu des araignées, comprenant six espèces, répandues dans les deux continents.
SÊLÉNOSË s. f. (sé-lé-no-ze — du gr. se- Uitê , lune). Méd. Tache blanche sur les ongles.
SÉLÉNOSPORE s. m. (sé-lé-no-spo-re — du gr. sulénè, lune, et de spore). Bot. Genre de champignons, de la tribu des tuberculariés.
SÉLÉNOSTAT S. m. (sé-Ié-no-sta — du gr. selénê, lune; stalês, qui arrête). Physiq. Instrument qui suit automatiquement la marche de la lune, ce qui permet d'observer cet astre sans déplacer la lunette.
SÉLÉNOTOPOGRAPHIE s. m. (sé-Ié-noto-po gra fl — du gr. selénê, lune ; topos , lien; yrapltà, je décris). Description détaillée de la surface de la lune.
SÉLÉNOTOPOGRAPHIQUE adj. (sé-lé-noto-po-gra-ti-ke — rad. sélénoiopuyrap/iie). Qui a rapport k la sélénotopographie.
-SÉLEUCIDE adj. (sé-leu-si-de). Hist. Qui appartient a la dynastie des Sêleucus.
— s. m. Membre d'une dynastie de rois grecs fondée par Sêleucus, général d'Alexandre, et qui régna en Asie.
— Ornitb. Syn. de falcinellk, genre d'oiseaux, de la famille des paradisiers.
SELEUCIDE, en latin Seteucis, ancienne province de la Syrie occidentale, qui tirait son nom de Sêleucus Nicator et qui s'étendait le long de la Méditerranée depuis le golfe d'Issus jusqu'à l'embouchure de l'Oronte. Elle porta aussi le nom de Tétrupole, à cause des quatre villes principales qu'elle renfermait : Antioche, Laodicée, Apamée et Séleueie-du-Pierius.
SÉLEUCIE,en latin Seleucia, ville de l'ancienne Babylonie, sur la rive droite du Tigre, au N.-E. des ruines de Babylone. Cette ville, dont il ne reste plus aujourd'hui que quelques ruines informes, non loin de Bagdad, fut fondée en 3X17 av. J.-C, par Sêleucus Nicator, et devint la première capitale du royaume de Syrie, sous les Séleucides. En no, elle fut la résidence des rois parthes, mais la fondation de Ctésiphon lui fut trèsfuneste.
SËLEUC1E-DUPIÊR1US, en latin Seteucia Pieria, ville de la Syrie ancienne, dans la province de la Séleucide, près du Piérius, à l'embouchure de l'Oronte dans la Méditerranée. Cette ville, sur l'emplacement de laquelle s'élève actuellement le village de Sueidiyéh, fut fondée par Sêleucus Nicator qui y fut enterré; elle était le port d'Antioche et une des quatre villes de la Tétrapole Séleucide. Pompée en fit une ville libre pour la récompenser d'avoir résisté à Tigrane.
C'est à ce port de Séleucie que saint Paul et saint Barnabe s'embarquèrent pour.se rendre à Chypre. Les ruines de cette antique cité séleucide sont ainsi décrites par Joanne : i Outre les ruines d'une porte occupant l'angle S.-E. d'une enceinte qui mesurait environ 6 kilom. de circuit, on voit encore, à 500 mètres de la mer, uu vaste bassin ovale de 450 mètres de longueur sur 350 de largeur, communiquant avec la mer par un canal en partie creusé dans le roc, en partie construit en maçonnerie. Ce canal, qui n'a pas moins de 500 mètres de longueur, présente à son entrée sur la mer Je reste de deux jetées. Mais le travail le plus remarquable est une sorte de canal creusé dans le roc, partie à ciel ouvert, partie en forme de tunnel, et qui mettait la ville en communication avec la mer... Il servait probablement à conduire à la mer les eaux dé la montagne ef k protéger la ville et le port. »
SÉLEUC1E-DU-TÀURUS, en latin Seleucia ad Tuuium, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Pisidie, au pied du Taurus.
SÉLEUCIE-TRACHÉE, en latin Seleucia Trachea, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Cilicie, sur le Calycadnus, a 16 kilom. de son embouchure dans la Méditerranée. C'est actuellement la ville turque de
SlSLEFKÉH.
SÊLEUCUS l»', surnommé Nlcnior (le Vainqueur), fondateur de la dynastie macédonienne des Séleucides, né vers 354 avant notre ère, mort en 280. Devenu l'un des meilleurs capitaines d'Alexandre, il fut déclaré, à la mort de ce prince, commandant des hétaires, cavalerie royale composée des jeunes gens des premières familles de Macédoine. Nommé, après la mort de Perdiccas, gouverneur de Babylone (320) , il fut dépouillé par Antigone (315), se ligua contre lui avec Ptolémee, Lysiniaque et Cassandre, et après la victoire de Gaza (312) reconquit Babylone. Il s'empara ensuite de la Susiaue, de la Médie et enfin de toutes les contrées entre l'Euphrate et l'Indus. Toutefois, il ne prit le titre de roi qu'en 307. Après la victoire d'Ipsus, où périt Antigone (30l), il joi-
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gnit à ses Vastes Etats la Syrie, la Phrygîe, l'Arménie et la Mésopotamie. Deux ans après, il fonda Antioche (du nom de son père Antiochus), dont il fit la capitale de son empire et qu'il peupla de Grecs, s'allia avec son ancien ennemi Démétrius contre Lysiniaque et Ptolémee, puis eut de nouveau k le combattre, le fit prisonnier et enfin, après quarante ans de guerre, se trouva possesseur de la plus grande partie de l'empire d'Alexandre. Sa victoire de Cyropédion sur Lysimaque (283) le fit en outre proclamer roi de Macédoine, de Thrace et de l'Asie Mineure et saluer du titre de Vainqueur dc>
vainqueurs. Quelques mois après, il fut assassiné par Ptolémee Ceraunus.
SELEUCUS II, surnommé Cnliiiiieu«(/e Zîeau vainqueur), roi de Syrie de 246 av. J.-C. à 225. Il était fils d'Antiochus IL Pendant tout son règne, la Syrie fut déchirée par des guerres intestines et étrangères. Il vit ses Etals envahis par Ptolémee III, roi d'Egypte, eut à lutter contre son frère qui s'était fait proclamer roi en Asie Mineure, puis contre les Parthes. Il fut fait prisonnier en combattant ces demi' ls et mourut, dit-on, en captivité. Son suinoni lui fut sans doute donné par antiphrase, car il fut constamment vaincu.
SELEUCUS 111, roi de Syrie, fils du précédent, surnomme Ceruuuu» (le Fouatv) , mort l'an 222 av. J.-C. Il essaya de rétablir Bon autorité dans l'Asie Mineure, envahie presque entièrement par Attale, roi de Pergame. Mais pendant l'expédition il fut empoisonné par deux de ses généraux gaulois, après un règne de trois ans.
SÊLEUCUS IV, Pbilopu<or(Amirfeson père), roi de Syrie, lils et successeur d'Antiochus le Grand (1S6-174 av. J.-C). La guerre qu'il soutint contre les Romains en faveur de Pharnace, roi de Pont, l'affaiblit considérablement et le contraignit à une politique timide qui le rendit un objet de mépris pour les autres Etats de l'Orient. Il fut empoisonné par son ministre Héliodore, qui tenta d'usurper la couronne.
SÊLEUCUS V, roi de Syrie (124-123). Il ne
fit que paraître sur le trône et fut assassiné par ordre de sa mère Cléopâtre, qui fit proclamer roi son autre fils Antiochus VIII, surnommé Grypus. Ce prince est le Sêleucus de la Hodogune de Corneille.
SÊLEUCUS VI, E|>ipbane (l'Illustre), roi
de Syrie, lils aîné d'Antiochus Grypus, mort en 94 avant notre ère, après uu règne de deux ans. Dès son avènement au trône, il reprit Damas sur Antiochus le Cyzicénieii, son oncle; il périt dans une révolte des habitants de Mupsueste, pendant qu'il faisait la guerro à Antiochus Eusèbe, qui lui disputait le trôno et l'avait contraint de se retirer en Cilicie (95).
SÊLEUCUS CVBIOSACTÈS, fils d'Antiochus X, roi d'Egypte, mort en 56 av. J.-C. Envoyé par sa mère k Rome en 74 pour fairu valoir ses droits sur l'Egypte, il revint en 71 en Syrie, après avoir été rauçonné par Verres en passant en Sicile. Api es la mort de sa mère, Sêleucus vécut en simple particulier jusqu'à l'expulsion de Ptoténiéo Aille tes, roi d'Egypte, par les Alexandrins. Appelé k succéder à ce prince, Sêleucus épousa sa fille Bérénice et devint roi d'Egypte. Au bout de quelques mois, Bérénice lit étrangler son royal époux.
SELEUCUS, astronome babylonien, né k Séleucie. Il vivait dans le u" siècle avant notre ère. Disciple d'Aristarque de Sanios, il soutint un système astronomique presque identique k celui de Copernic, lit de bunnes observations sur le phénomène des marées que, sans en découvrir la véritable cause, il .attribuait cependant aux mouvements de la lune.
SELF-GOVERNMENT s. f. (sèllf-goveurnmèntt — mot ungl. formé de self, propre, et de government, gouvernement). Politiq. Gouvernement des citoyens par eux-mêmes.
— Encycl. Le self-gouernmenl est le droit qu'ont les citoyens de se gouverner euxmêmes, en dehors de toute tutelle administrative ; c'est le but que se proposent d'atteindre ceux qui poursuivent ce qu'on appelle la décentralisation. Le peuple anglais, peuple amoureux de sa liberté, a inventé nonseulement le mot, mais encore la chose, car on peut dire que nul peuple, excepté le peuple américain, n'a su, comme lui, conserver ses franchises administratives. Lesetf-yoverument est la liberté absolue dans tout ce qui touche à l'administration locale ; c'est une intervention plus ou moins directe dans 1rs affaires provinciales, intervention qui ne laisse au gouvernement central que les attributions pour lesquelles il faut l'unité de vues, la promptitude d'exécution , l'expérience des affaires. Par le self-governnient, les citoyens anglais n'abandonnent au pouvoir que les affaires qui sont au-dessus de leurs propres forces; ils se réservent les libertés municipales, l'indépendance des conseils, l'élection des jurés, etc. On a essayé d'établir le selfgovernment en France après la révolution de 1848; mais il a été emporté avec toutes nos libertés par le funeste coup d'Etat du 2 décembre 1851.
SELGE, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Pisidie, au pied du Taurus et sur le
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Cestros. Cette ville, colonie de Lacédémone, fut très-florissante et resta longtemps indépendante. Ses mines s'étendent aux environs du village turc de Boujak.
SELGOVES, en latin. Selgouz, peuple de l'ancienne Calédonie, au N.
SÉLIDÛSÈME s. m. (sé-li-do-zè-me — du gr. selis, interligne, sema, signe). Kntoin. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des géomètres.
SEL1G (Godefroi), professeur de langue rabbinique à l'université de Leipzig, né à "Weisseufels en 1738, mort à Dresde en 1795. On a de lui : Méthode pour apprendre facilement la langue juive-allemande, principalement la langue parlée (en allemand). De 1768 à 1772, il publia un écrit périodique (in-S°) sous le titre : le Juif s de 1771-1777, une Traduction des passages difficiles de l'Ancien Testament, avec des commentaires (4 vol. in-80), et, en 1788, Compendiavocum hebraicorabbinicarum. En 1775-1777, il publia sa Biographie et histoire de la conversion de Godefroi Se lig, etc. (2 vol. in-80), en allemand.
SELI G (Jean-Frédéric-Henri), marchand de papier à Leipzig, mort en 1799. lia publié, comme le précédent, sa propre biographie et l'histoire de sa conversion en 2 volumes.
SEL1GENSTÀDT, ville du grand-duché de Hesse-Darmstadt, dans la province de Starkenbourg, ch.-l. du bailliage de son nom, sur la rive gauche du Mein, a 30 kilom. N.-É. de Darmstadt; 2,800 hab. Fabrication de toiles, bonneterie, cuirs; aux environs, riches tourbières. On y remarque un bel hôtel de ville et les restes d'une ancienne abbaye de bénédictins fondée en 825 parEginhard et Emma, tille de Charlemagne; la chapelle de l'abbaye renferma jusqu'en 1810 les tombeaux. d'Eginhard et d'Emma, transférés depuis cette époque à Erbach.
SELIGHER, lac de la Russie d'Europe, dans la partie N.-O. du gouvernement de Tver et dans la partie S.-O. du gouvernement de Novgorod. 11 mesure du S. au N. 67 kilom. et n'a pas plus de 25 kilom. dans sa plus grande largeur. Le Seligher se compose, k proprement parler, de plusieurs petits tacs unis les uns aux autres par de larges canaux ; il donne naissance, au S., près de la ville d'OstaszkoW, à une petite rivière par laquelle ses eaux s'écoulent dans le Volga.
SËL1GMAN (Jean-Michel), graveur allemand, né à Nuremberg en 1720, mort en 1762. Il fut, en 1739, admis comme élève k l'Académie de peinture, fut appelé en 1744 à Rome , puis à Saint-Pétersbourg. Revenu dans sa ville natale, il exécuta un grand nombre de gl'avures, spécialement pour des ouvrages d'histoire naturelle, de botanique, d'anatomie. Citons, entre autres, ses gravures coloriées représentant les Vaisseaux de nutrition dans les feuilles des arbres, avec l'explication de C.-J. Trew, en allemand (Nuremberg, 1748,. in-fol.); les 190 planches coloriées de VHortus niliàissimiis du même auteur (Nuremberg, 1768-1786, in-fol.); une collection d'oiseaux rares et étrangers, avec la description exacte en allemand (Nuremberg, 1749 et années suiv. , t. I-IX,gr. in-fol.; trad. franc., Nuremberg, 1768-1774, in-fol.). On trouve dans le Dictionnaire des savants nurembergeois, par WilL, t. III, p. 667, le catalogue complet de l'œuvra de Seligman.
SELIM 1er, surnommé le Féroce, sultan ottoman, né en 1467, mort en 1520. Avide du pouvoir , il essaya de renverser son père Bajazet II, échoua dans sa tentative et fut exilé en Crimée. Mais il ne tarda pas à poursuivre ses projets ambitieux et, grâce aux janissaires dont il avait su se concilier la sympathie, il s'empara du trône en 1512. Sélim oifrit, dit-on, à son père de partager avec lui le pouvoir; mais ce prince lui répondit que deux épées ne pouvaient être contenues dans le même fourreau, et il mourut peu après, empoisonné par ordre de son fils qui se débarrassa également de ses frères et de ses neveux. • Cet homme est le plus cruel des hommes, écrivait à son sujet un ambassadeur de Venise en 1512; il ne rêve que conquêtes et s'occupe uniquement de ce qui a rapport à la guerre. » Sélim ne tarda pas k donner carrière à son esprit belliqueux et à fournir de nouvelles preuves de sa férocité. Après avoir fait massacrer 40,000 schiites dans ses Etats, il déclara la guerre k la Perse (1514), remporta sur les Persans une sanglante victoire k Tchalderau, s'empara du Diarbekir et du Kurdistan, puis attaqua les mamelucks de la Syrie , s'empara de cette province après avoir vaincu Kausson-Ghawri à Mardjdabik (1516), poursuivit ses conquêtes par de nouvelles victoires k Gaza et à Rudaria et réunit l'Egypte à son empire (1517). Mais la conquête qui mi parut la plus précieuse fut la cession du droit de l'imanat que lui fit le dernier des califes abbassides du Caire. Il reçut de ses mains l'étendard du Prophète et réunit dès lors la suprématie religieuse à la puissance politique des sultans turcs de Constantinople. Sélim se disposait à entreprendre la conquête de Rhodes lorsqu'il mourut. Pendant Son règne, il avait fait verser des flots de sang, bur le moindre soupçon, il frappait impitoyablement ses serviteurs les plus dévoués, ce qui a fait dire k un poète turc ; ■ Tu ne saurais te délivrer d'un rival, k moins qu'il ne devienne le vizir de Sélim. » Sa cruauté ne
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l'empêchait pas d'aimer et de cultiver les lettres, et les musulmans, ne voyant en lui que le conquérant, ont conservé pour sa mémoire un pieux respect.
SÉI.IM II, l'Ivrogne, sultan ottoman, né en 1524, mort k Constantinople en 1574. il était fils de Soliman le Magnifique, k qui il succéda eu 1556, et de Roxelane. Sélim II fit la paix avec l'empereur Maximilien et la Pologne, puis envoya une armée dans l'Yémen, qu'il soumit (1569). Cette lutte était k peine terminée qu'il déclara la guerre k Venise, envoya des forces considérables dans l'Ile de Chypre, se rendit maître de Famagouste, de Nicosie et conquit l'Ile, où ses troupes exercèrent d'affreuses cruautés (1570-1571). Les Vénitiens épouvantés tirent alliance avec le pape et le roi d'Espagne contre les Ottomans. Don Juan d'Autriche reçut le commandement de la flotte alliée et rencontra, le 7 octobre 1571, à Lépante la flotte turque, qui fut presque entièrement détruite. Mais les alliés ne surent pas profiter de leurs avantages; les Turcs réparèrent rapidement leur pertes, el Sélim, après avoir imposé aux Vénitiens une paix humiliante (1573) , enleva aux Espagnols Tunis, dont ceux-ci s'étaient emparés. Il reconstruisit le temple de La Mecque et mourut d'une chute faite un jour qu'il était ivre, au moment où il préparait une descente en Andalousie. La décadence de l'empire commença sous lui; le premier, il cessa de se montrer à la tête des armées et se déshonora par sa mollesse et son ivrognerie.
SÉLIM 111, sultan ottoman, fils de Mustapha III, né en 1761, mort en 1808. Il succéda à son oncle, Abdul-Hainid, en 1789, et montra une égale impatience de se mesurer avec les Russes et de réformer son empire. Il eut à lutter d'abord contre l'Autriche et la Russie réunies, qui s'emparèrent de toutes les provinces situées au delà du Danube, des places fortes de ce fleuve et menacèrent Constantinople. Grâce k l'intervention des puissances occidentales, l'Autriche se retira de la lutte en restituant toutes ses conquêtes (31 janv. 1790), et Catherine consentit à traiter de la paix à Jassy le 9 janvier 1792 , en gardant toutefois Otchakow et le territoire situé entre le Bug et le Dniester. La révolte de Paxs- ■wan-Oglou, commencée en 1794, l'invasion de l'Egypte par Bonaparte vinrent de nouveau troubler Sélim. Ami sincère de la France, il lui en coûtait de rompre ouvertement avec elle; il ne le lit que le 9 septembre 1799, et, dès le 25 juin IS02, il se bâta de signer la paix avec le premier consul. Après la rupture du traité d'Amiens, il garda une stricte neutralité. Eu 1806, il consentit, sur les instances du général Sébastiani, ambassadeur de Napoléon, à déclarer la guerre k la Russie, bien qu'il eut alors k faire face à la révolte de Passwan-Ogiou, au soulèvement de la Servie, aux entreprises des "Wahabites, déjà maîtres de La Mecque et d'Udine, et k celles de l'Egypte, qui avait secoué son joug. Lorsque, en janvier 1807, une flotte anglaise vint menacer Constantinople, il sut conserver assez d'autorité sur ses sujets pour charger Sébastiani de la défense. La capitale fut sauvée. Il crut alors pouvoir opérer une grande réforme qu'il méditait, celle de l'organisation des troupes ottomanes k l'européenne ; mais le vieux parti turc, déjà irrité par d'autres innovations, se répandit en murmures ; il y eut un soulèvement de janissaires et Sélim fut déposé, relégué dans le sérail, puis étranglé par ordre de Mustapha, son successeur. V.. Mustapha IV.
SE1.1MEI1, oasis du désert de Nubie, par 240 14' de latit. N. et 27<> 19' de lougit. E., sur la route du Darfour. Les caravanes y trouvent une station ordinairement bien approvisionnée et une eau excellente. Au nord du village de Aïn-Seliiaéh. sont de vastes mines de sel gemme.
SÉLIMNE ou SELEMNE, le SeJtmims ou Selemnus des anciens, rivière de Grèce, dans l'Achaïe, affluent du golfe de Corinthe, dans le détroit qui sépare ce golfe de la mer Ionienne,
SELIM NO ou SEHHN1A, en turc Islamdi, ville de la Turquie d'Europe, dans le pachalik et k 135 kilom. N. d'Andrinople, sur le versant méridional des Balkans, non loin de la Tondja et près du délilé des Portes-de- Fer ; 20,000 hab. Fabrication de lainages communs, essence de roses, fusils, carabines, armes blanches. Commerce actif; foires trèsfréquentées. Cette ville fut prise par les Russes en 1829.
SÉLIN s. m. (sé-lain — dugr. selinon, persil). Bot, Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des angélicées, comprenant plusieurs espèces, répandues dans l'hémisphère nord.
— Bncycl. Les sélins sont des plantes k feuilles alternes, décomposées, à segments pennatilides. Les fleurs, blanches, groupées en ombelles, tantôt sans iuvolucre, tantôt à. involucre formé d'un petit nombre de bractées , k involucelles composés de plusieurs folioles, présentent un calice à limbe oblitéré ; une corolle à cinq pétales obovales, échancrés. Le fruit, comprimé par le dos, se compose de deux akènes, k bords entre-bâillés, juxtaposés seulement par le milieu de leur face ventrale, à cinq côtes membraneuses, ailées, les latérales deux fois plus larges; la
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columelle est bipartite. Ce genre, par suite des démembrements qu'il a subis, ne renferme plus qu'un petit nombre d'espèces.
Le sélin à feuilles de* carvi est une plante vivace, k tige sillonnée, marquée d'angles minces, presque ailés; les feuilles sont plusieurs fois pennatiséquées, k segments profondément divisés en lanières lancéolées ou linéaires; les ombelles ont des rayons pubesoents du côté interne; l'itivoliicro est formé de folioles subulées. Cette plante croit dans les prairies et les bois humides et fleurit pendant tout l'été. Lorsqu'on la coupe, il s'en écoule un sua laiteux, acre, qu'on a regardé comme vénéneux, et qui est tout au moins suspect. Toutefois, les bestiaux broutent cette plante sans inconvénient. Sa racine a une saveur acre et assez caustique ; on l'a vantée pour exciter la sécrétion salivaire ; on l'emploie aussi dans certains pays, ainsi que les graines, comme apéritive, carininative , masticatoire et purgative. Les sélins sauvage, des marais, orëosêlin, etc., appartiennent aujourd'hui k d'autres genres. On y retrouve, du reste, les propriétés générales des ombellifères.
SÉLINE s. f. (séli-ne — du gr. selinê , lune). Méd. Maladie des ongles caractérisée par des taches qui se montrent dans leur substance.
SBLINGHINSK, ville de la Russie d'Asie, daus la Sibérie, gouvernement et à 225 kilom. S.-E. d'Irkoutsk, sur la Selenga; 2,500 hab. Commerce avec la Chine, principalement en rhubarbe.
SÉLINIQUE adj. (sé-Ii-m-ke — rad. sélin). Chiiii, Se dit d'un acide qu'on croit avoir trouvé dans les sélins.
SEL1NO, autrefois Lissa, ville de laTurquie d Europe, sur la côte S.-O. de l'Ile de Crète, k 64 kilom. S.-O. de La Canée, chef-lieu de livah; 3,007 hab. Bon port d'où l'on exporte de l'huile, beaucoup de fruits, de la soie, de la cire et du miel. Château fort.
SÉLINONTE, en latin Selinus, ville de la Sicile ancienne, sur la côte S.-O., k l'E. de Lilybée. Elle fut fondée l'an 651 av. J.-C, par des Mégariens d'Hybla, et fut souvent en guerre avec Ségeste et les Carthaginois. Après avoir été détruite et relevée plusieurs fois, elle fut complètement ruinée par les Sarrasins en 827 après J.-C. Ses ruines informes s'étendent aux environs de la ville moderne de Sciacca.
SÉLINONTE, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Cilicie, sur la côte occidentale de cette province, à l'embouchure de la petite rivière du Selinus. Elle porta aussi le nom de Trajanopolis, parce que Trajan y mourut.
SELINT1, bourg de la Turquie d'Asie, dans la Caramauie, sur la côte de la Méditerranée, au S.-E. d'Ataya, près du cap du même nom. Aux environs, ruines de l'ancienne Sélinonte.
SÉLIS (Nicolas-Joseph), littérateur français, né k Paris en 1737, mort dans la même vilie en 1802. Il épousa à Amiens, où il était professeur, la nièce de Gresset et se lia alors avec l'abbe Delille, qui le lit nommer plus tard professeur au collège Louis-le-Giaiid, à Paris. Pendant la Révolution , Sélis fut chargé d'eïiseiguer la littérature k l'Ecole centrale, entra k 1 Institut dès sa création (1795), devint examinateur îles élèves du Prytanée et remplaça Delille dans la chaire de poésie latine du collège de France en 1796. En prenant cette place, il déclara qu'il la rendrait k Delille, son ami, aussitôt qu'il serait de retour; mais Ut mort le surprit quatre mois avant que celui-ci fût revenu dans la capitale. On doit k Sélis : 17«ocu/<!(io/i du bon sens (1761, in-12) ; Relation de la maladie, de la confession et de ta fin de M. de Vuttaire (1761, in- 12), pamphlet dirigé contre le philosophe ; Epilre à Uresset (17S2, in- 12) ; Epitre sur les pédants de société (1771); t'pitrc en vers sur différents sujets (1776, in-8°) ; Lettre d un père de famille sur les petits spectacles de Paris (1789, iu-8°) ; Lettres écrites de la Trappe par un novice (1790, in-12), etc. Outre ces écrits, dont le style est élégant et pur, la versification spirituelle et facile, on doit k Sélis divers Mémoires, une bonne traduction des Satires de l'erse (1776, in -go), une partie de la révision du Dictionnaire de l'Académie (édition de 1798), etc.
SÉLITJS s. m. (sé-li-uss — du gr. selis, carène). Crust. Genre de crustacés lernéides, de la famille des chondracautlies, dont l'espèce type vit en parasite sur les branches des polynoés.
SELIVRI ou SILIVlil, l'ancienne Selymbriu, ville de laTurquie d'Europe, à 70 kiluni. O. de Constantinople, avec un port sur la mer de Marmara; 8,000 hab. Cette ville n'a qu'une rue spacieuse; les autres serpentent dans un massif de maisons resserrées entre une colline et la mer. Cette colline a environ 90 mètres d'altitude et est entourée des ruines massives d'un ancien château fort. « La vue sur Selivri et son port, dit M. Boue, rappelle certaines vues italiennes. Les ruines du château dominent 'un amphithéâtre de maisons, et tout cela, placé sur un fond de vignobles, est d'un joli effet, surtout pour celui qui ailleurs ne voit rien autour de lui qu'une nature aride ou brûlée, »
SELK, déesse, fille du Soleil, protectrice des entrailles, dans la mythologie égyptienne.
SÈLtf
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Elle est coiffée d'un scorpion, coiffure que prend Isis elle-même lorsqu'elle est identifiée a la déesse Selk. Celle-ci avait en outre un rôle astronomique qu'il est difficile de déterminer.
SELKIRK, ville d'Ecosse, chef-lieu du comté de son nom, sur la rive droite de l'Ettrick, k 55 kilom. S.-E. d'Edimbourg; 3,314 hab. Fabrication de bonneterie, rubans de fil, chaussures. Selkirk occupe le sommet d'une colline d'où la vue s'étend sur la vallée de l'Ettrick. Depuis le commencement du xixe siècle, elle s'est considérablement embellie ; les rues ont été nivelées et. pavées et la plupart des maisons rebâties dans le style moderne. L'hôtel de ville -ei la prison, nouvellement reconstruits, sont deux édifices remarquables. On y voit, sur la place du marché, un monument élevé k la mémoire de Waller Scott, et, non loin de la vilie, un autre monument dédié k Mungo-Park. Les habitants de Selkirk se distinguèrent, en 1513, k la bataille de Fiodden, où périt Jacques IV. Les Anglais, pour s'en venger , vinrent attaquer leur ville, s'en emparèrent et la brûlèrent. La corporation des tisserands de Selkirk conserve un étendard pris k l'ennemi sur le champ de bataille de Flodden,
SELKIRK, division administrative de l'Ecosse, autrefois appelée Forêt d'Ettrick, un des plus petits comtés du royaume. Il est situé dans les Lowlands, entre les comtés de Peebles k l'O., de Roxburg k l'E., de Dumfries au S. et d'Edimbourg an N.; il mesure 45 kilom. delongueursur22 kiiom. de largeur et 68^70 hectares de superficie; 9,809 hab. Chef-lieu, Selkirk; ville principale, Galashiels. Ce comté occupe un pays pittoresque, dont les montagnes, la plupart incultes, sont coupées de vallées étroites, fertiles et bien arrosées. La principale industrie de ses habitants cQnsiste dans la fabrication d'étoffes de laine, flanelles, bas, etc., et dans l'élève des bestiaux.
SELKIRK (Alexandre), marin anglais, né à Lasgoj dans le comté de Fife (Ecosse), vers 1680. C'est l'aventure de ce marin, abandonné dans une lie déserte, qui a fourni k Daniel' do Foô le sujet de son fameux roman Robinson Crusoé. Selkirk était entré tout jeune dans la marine anglaise et parvenu au grade de contre-maître. Il servait en cette qualité en 1704 sur leTnavire le. Cinq-Ports, lorsque son capitaine, un certain Stradling, k la suite de quelques démêlés restés obscurs, eut l'idée de le faire jeter dans l'île Juau-Fernandez, située k 700 kilomètres de la côte occidentale du Chili, entièrement déserte et hors du chemin ordinaire des navires. Selkirk y vécut quatre ans, seul, ignoré du monde entier, jusqu'au jour où il tut délivré par le capitaine Woodes Rogers qui, de la haute mer, avait aperçu uu feu allumé dans cette ile connue des navigateurs comme inhabitée, et qui envoya quelques hommes de son équipage à la recherche des causes de ce phénomène. On ne lira pas sans intérêt la page du journal de bord de ce capitaine, telle qu'elle fut publiée par lui en 1712, et qui servit de point de départ k Daniel de Foë.
« 1709. Janvier 31. A sept heures du matin, nous aperçûmes l'Ile Juan -Fer nandez.
» Février 2. Nous envoyâmes la yole k terre, et comme elle ne revenait pas, j'expédiai la pinasse à sa recherche. Celle-ci fut bientôt de retour; elle rapportait quantité d'écrevisses et ramenait un homme vêtu de peaux de chèvres sauvages, qui paraissait aussi sauvage que les chèvres elles-mêmes. Il y avait quatre ans et quatre mois qu'il avait été abandonné en ce lieu par le capitaine Stradling, commandant le navire le Cinq-Ports, sur lequel il était contre-maître. Son nom était Alexandre Selkirk. Le capitaine Dampier, qui était venu ici dans le même temps avec le Cinq-Ports , in'ayant dit que cet homme était alors le meilleur marin du bord, je le reçus immédiatement sur notre bâlimeut daus son grade. C'était lui qui avait fait le feu que nous avions aperçu la nuit précédente, quelques indices lui ayant fait penser que nous étions Anglais. Pendant son séjour dans l'île, il avait vu plusieurs navires passer au large; deux seulement y jetèrent l'ancre. 11 vint les reconnaître et s'aperçut qu'ils étaient espagnols, ce qui le lit, s'éloigner aussitôt. Si c'eût été un équipage français, il se fût rendu. Quant aux Espagnols, il eût préféré plutôt mourir dans ce désert que de se remettre entre leurs mains. Ils l'eussent incontestablement, disait-il, ou tué ou condamné comme esclave au travail des mines, car il ne pensait pas qu'ils eussent épargné un étranger aussi bien en état que lui de montrer k D'autres les routes de la mer du Sud. Il eut toutefois beaucoup de peine k leur échapper. On l'aperçut, on tira sur lui et ou le poursuivit jusque dans les bois, où il grimpa sur la cime d'uu arbre au pied duquel ses ennemis vinrent puiser de l'eau et tuer quelques chèvres; mais ils s'éloignèrent sans l'avoir découvert.
i Selkirk avait été déposé dans cette île par ordre de son capitaine, avec lequel il avait eu un démêlé; on lui laissa ses htibits de rechange, son hamac, sou fusil, un peu de poudre, quelques ualles, du tabac, une hache, un couteau, un chaudron, une Bible, quelques livres de prières et des instruments et livres de marine. Durant les huit premiers mois de
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son séjour, il eut beaucoup de peine k combattre la mélancolie qui l'accablait et il avait peine à supporter l'horreur de son isolement. Il construisit deux huttes avec des arbres à piment, les couvrit de longues herbes et les tendit k l'intérieur de la peau des chèvres qu'il tuait pour se nourrir. La viande fut son unique aliment tant que dura sa li vre de poudre et il se procurait du feu en frottant vivement deux bâtons l'un contre l'autre entre ses genoux.
» Dans la plus petite de ses cabanes, située à quelque distance de l'autre, il apprêtait sa nourriture; dans la plus grande, il dprmait, lisait, chantait des psaumes et priait, ayant été, disait-il, meilleur chrétien dans cette solitude qu'il ne l'avait été auparavant et qu'il ne le serait peut-être ensuite. D'abord il ne mangeait que lorsque le besoin l'y forçait, à cause du chagrin qui le dévorait, et aussi du manque de pain et de sel. De même, il n'allait se coucher que quand le sommeil l'accablait tout à fait. L'arbre à piment, qui fait un feu clair, lui servait en même temps k se chauffer et k s'éclairer, et son odeur balsamique le réjouissait.
> 12 aurait pu avoir autant de poisson qu'il en eût pu manger, mais le manque de sel le lui rendait malsain; certaines écrevisses, grosses comme nos homards, lui semblèrent seules toujours très -bonnes. Tantôt il les faisait bouillir, tantôt il les faisait griller; c'était aussi de ces deux façons qu'il préparait sa viande lorsqu'il en mangeait. La chair des chèvres de Juan-Fernawlez lui sembla meilleure que celle des nôtres et lui donna toujours un excellent bouillon. Il comptait a.voir tué durant son séjour à peu près cinq cents chèvres et en avoir capturé encore davantage, qu'il relâchait après les avoir toutefois marquées aux oreilles. Quand sa petite provision de poudre fut épuisée, il les prit k la course, et sa manière de vivre, jointe a l'exercice continuel qu'il prenait,l'avait rendu, tellement agile que c'était merveille de fe voir courir à travers les bois, au milieu des rochers et des collines, après les chèvres, qu'il chassait sur notre demande. A plusieurs reprises, nous lui adjoignîmes, pour l'aider dans sa chasse, un boule-dogue et quelquesuns do nos matelots les plus lestes, mais il laissait bientôt en arrière hommes et chien, s'élançait sur les chèvres et nous les rapportait sur son dos. Il nous raconta qu'un jour, en poursuivant un do ces animaux, son ardeur avait failli lui coûter la vie ; il atteignit l'animal au bord d'un précipice que des buissons dérobaient à sa vue, tomba avec la chèvre d'une grande hauteur et resta sans connaissance, brisé et anéanti. Lorsqu'il revint à lui, vingt-quatre heures environ s'étaient écoulées, lu chèvre gisait morte à ses côtés: il eut beaucoup de peine k se traîner jusqu à sa hutte, qui se trouvait a plus de 2,000 pas de là, et dans laquelle il resta dix jours sans bouger.
» Au bout de quelque temps, la viande, sans pain ni sel, lui sembla meilleure qu'aux premiers jours ; dans la saison, il eut une grande quantité d'excellents navets qui avaient été semés par les hommes de l'équipage du capitaine Dampier et qui couvraient alors plusieurs acres de terrain. Le palmiste lui donnait d'excellents choux, et il assaisonnait se3 mets avec le fruit du myrte piment, communément appelé poivre de la Jamaïque ; il trouva également ici le poivre noir ou malagita, qui lui fut un excellent correctif pour différentes indispositions.
» Ses souliers ne tardèrent pas k s'user, ainsi que ses habits ; mais ses pieds devinrent si durs qu'il pouvait marcher partout sans être le moins du monde incommodé ; il eut même par la suite beaucoup de peine a s'habituer k remettre des chaussures.
» Il fut, durant les premiers temps, trèstourmenté par les chats et les rats. Ces animaux, introduits dans l'Ile par les bâtiments qui y avaient déjà relâché pour faire de l'eau et du bois, s'étaient prodigieusement multipliés. Les rats rongeaient ses pieds et ses vêtements pendant qu'il dormait; pour s'en débarrasser, il jeta de la viande aux chats, qui devinrent bientôt familiers, arrivèrent par centaines et le débarrassèrent en peu de temps de ses ennemis. Il apprivoisa de la même manière quelques chevreaux, qu'il habitua, ainsi que les chats, à danser au son de ses chants. Lorsque ses habits furent tombés en lambeaux, il se fit une casaque et un bonnet de peau de chèvre, dont il unit les différents morceaux au moyen d'effilés tirés de ses vieilles hardes qu'il découpait avec son couteau. Dés que cet instrument eut rendu tous les services qu'il pouvait rendre, Selkirk le remplaça, tant bien que mal, par des morceaux de cercles de tonneaux ramassés sur la grève et qu'il façonna avec des pierres. Comme il avait quelque peu de toile, il se fit des chemises et les cousit de la même manière que la casaque ; dans toutes les opérations de ce genre, un clou lui servait d'aiguille.
• Aux premiers instants de sa présence parmi nous, sa joie fut extrême; mais dans la solitude il avait presque oublié sa langue et nous eûmes beaucoup de peine a le comprendre ; il ne prononçait les mots que de distance en distance et sans liaison. Au bout do trais jours, le souvenir des mots commença à lui revenir, et il nous avoua que, jusque-là, le silence qu'il avait souvent ob-
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serve avait été tout à fait involontaire. Nous lui offrîmes un verre d'eau-de-vie ; mais n'ayant bu autre chose que de l'eau depuis son débarquement, il ne voulut pas y toucher; il se passa de même assez de temps avant qu'il pût reprendre l'habitude de nos aliments ordinaires... »
Devenu contre -maître sur le navire de Rogers, Alexandre Selkirk revint en Angleterre en 1711. On a dit qu'il avait tenu un journal de ses actions et de ses pensées durant son séjour dans l'île, et que ce journal, communiqué par Selkirk à Daniel de Foë, avait été le canevas de Robinson Crusoë; mais le récit qui précède" suffit pour faire voir que l'écrivain n'emprunta aux aventures du matelot abandonné que l'idée mère de son œuvre; les détails n'ont aucun point de ressemblance. Un romancier français contemporain, X.-B. Saintine, suivant de plus près le récit du capitaine Rogers, a composé avec l'histoire" de Selkirk un roman remarquable : Seul! (Paris , 1857 , in- 12) qui forme la contre-partie du Robinson Crusoë, cette épopée de l'individualisme. M. X.-B. Saintine développe une thèse entièrement opposé© à celle de Daniel de FoiJ; il montre l'être humain, si bien doué qu'il soit sous le rapport de l'énergie et de l'intelligence, dégénérant peu à peu dans la solitude et tombant fatalement au rang de la bête, dont il est obligé de contracter les habitudes. Ce roman proclame la solidarité humaine et affirme la sociabilité comme caractère essentiel de l'homme, comme condition sine qua 7ion de tout progrès ; celui de Daniel de Fo8 exalte, au contraire, l'énergie individuelle qui ne compte que sur elle-méma et peut se passer du reste du monde. C'est une thèse virile ; mais, si eile est poétique, elle est peut-être moins morale que celle de X. Saintine.
SELLA (Quentin), homme d'Etat, savant et financier italien, né à Biella(Piéinont) vers 1827. Issu d'une riche fumille de manufacturiers, il accrut lui-même considérablement sa fortune par la fabrication des gros draps de Piémont. Après avoir reçu une éducation soignée, il fit des voyages scientifiques en Europe, apprit plusieurs langues et devint ingénieur des mines. Tout en s'adonnunt k l'étude des sciences sociales et économiques, il se fit remarquer comme un savant naturaliste et un chimiste habile. Entré dans la vie publique en 1860 seulement, il fut pendant quelque temps secrétaire de l'instruction publique sous le ministre de Sanctis et donna sa démission après la mort de M. de Cavour. En murs 1862, il fut appelé par M. Ratazzi au ministère des finances. Malgré sa jeunesse et deux années seulement de vie publique, il révéla dans ce poste difficile une véritable capacité. Aux Chambres, il traitait les questions d'industrie, de tarifs, de liberté industrielle, de machines, de finances, avec une intelligence et une lucidité remarquables. Après la retraite du cabinet Ratazzi (décembre 1862), M. Sella retourna à ses études scientifiques et présida en 1854 le congrès des naturalistes italiens réuni k Biella. A cette occasion, il offrit au congrès une carte géologique de l'arrondissement de Biella. En 1867, il devint de nouveau ministre des finances, mais conserva peu de temps son portefeuille, qui lui fut rendu lors de la formation du cabinet Lanza en 1870. M, Sella joua un rôle important dans ce ministère, qui profita habilement des événements pour faire de Rome la capitule réelle de l'Italie (20 septembre 1870). Nous avons dit ailleurs (v. Lanza) quelle tut la politique suivie par ce cabinet. .M. Sella s'attacha k introduire de grandes économies dans les finances, à les améliorer et k tendre de plus en plus k amener un équilibre dans le budget. Dans ce but, il élabora un plan financier ayant pour objet d'annuler le déticitde730 millions que devaient présenter les années 1872, 1873, 1874, 1875 et 1870, en passant d'abord diverses conventions avec la banque, notamment pour lui emprunter 300 millions de papier à cours force, à raison de Ofr. 60 pour 100, pour la charger d'une conversion facultative de l'emprunt national de 1866 remboursable et d'autres dettes également remboursables ; en second lieu, en établissant do nouveaux impôts et en améliorant les anciens. Le 11 décembre 1871, l'habile ministre exposa k la Chambre ce plan, qui naturellement eut des approbateurs et des détracteurs. Les impôts qu'il fit voter sur la mouture (1871) et sur la richesse mobilière (1872) accrurent les ressources du trésor, mais lui suscitèrent de vives attaques de la part de la gauche. Le cabinet, s'etaut trouvé en minorité vers la fin de juin 1873, donna sa démission, et, le 5 juillet suivant, M. Sella fut remplacé aux finances par M. Minghetti, président du nouveau ministère. Depuis lors, il a continué k prendre part aux principales discussions de la Chambre sur les matières financières. Qn doit au commandeur Quentin Sella divers écrits, dont l'un, Théorie et pratique de larègle à calcul, a été traduit en français (1862, in-12).
SELL AGE s. m, (sè-la-je — rad, sellier). Action ou manière de seller : Le sellage des chevaux.
SELLAIREadj. (sè-lè-re — rad. selle). Iiist. nat. Qui a la forme d'une selle.
SELLAS1E, en latin Sellasia, ville de la Grèce ancienne, dans là Laconie, au N. de Sparte, sur l'CEnus, Ce fut près de cette ville
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que se livra, l'an 222 av. J.-C, la bataille qui porte son nom et qui mit fin k l'indépendance grecque. L'armée de Sparte, commandée par le roi Cléoméne III, y fut détruite par les phalanges macédoniennes dirigées par le roi Antigone Doson.
SELLE s. f. (sè-le — latin sella, pour sedla, siège ; de sedere, s'asseoir, qui se rapporte à la racine sanscrite $ad, restée vivante dans toutes les langues indo-européennes, et d'où dérive partout le principal nom de la chaise : sanscrit sadas, sadusan, zend hadis, grec edos, edra, edranon ; latin sedes, sedile ; irlandais erse suidhe, erse seidhir, kyinrique sedd, gothique sitls, anglo-saxon setl, saetel; Scandinave saeti, sess, ancien allemand sezal, lithuanien sedimas, ancien slave siedalo, siedanice, etc.). Petit siège de bois, sur lequel une seule personne peut s'asseoir : Selle de bois de chêne. Etre assis sur une selle. Je suis persuadée que la plupart des maux viennent d'avoir le cul sur la selle. (Mme de Sév.) il Sens vieilli.
— Sorte de siège qu'on met sur le dos d'une bête de somme, pour la commodité de la personne qui monte dessus : Sëi.le pour homme. Selle pour femme. Selle rase. Selle à l'anglaise. Selle de postillon. Le siège, les arçons, te pommeau de la selle. Estimer les personnes pour les bient et les dignités, c'est juger d'un cheval par la bride et la selle.
(Charron.) Une selle d'or ne faitpas un bon cheval. (J. Janin.)
— Garde-robe : Cette médecine Va fait al~ 1er deux ou trois fois à la SELLE, (Acad.) I! Gros excréments qu'on évacue : Des selles abondantes. Ce médicament lui a fait faire deux ou trois selles. Carder les selles d'un malade pour les faire voir au médecin. (Acad.)
£>ans le charmant réduit de tant d'aimables lieux. Moins faits pour les mortels qu'ils ne sont pour les
[dieux, Qu'il est doux à loisir de pousser une selle !
Reonard.
— Selle à piquer, Selle de manège dans laquelle les battes de devant et de derrière sont plus élevées au-dessus des arçons.
— Cheval de selle ou simplement Selle, Cheval propro k être monté par un cavalier : Il a pris la meilleure selle de la poste. Il a acheté un beau cheval de selle.
— Selle à tous chevaux, Selle faite de telle façon qu'on la peut faire servir pour des chevaux de toute taille, il Fig. Ressource banale, employée dans des CftS très-divers : Il n'a fait aucun discours où il n'ait employé ce lieu commun ; c'est une selle k tous chevaux. (Acad.)
— Etre bien en selle, Etre bien posé, bien assis à cheval. Il Fig. Etre bien affermi dans son poste, dans son emploi, dans sa place : Ce ministre a été longtemps menacé de perdre sa place ; aujourd'hui îÏeSt bien en selle. (Acad.)
— Se remettre en selle, Remonter k cheval. Il Fig. Se rétablir dans ses affaires : Alazzini,
se trouvant dépassé, compromis aux yeux du peuple , songea à se remettre en selle. (Proudh.)
— Courir à toutes selles, Courir la poste sans a,voir une selle k soi, et en se servant indifféremment des selles que fournissait l'administration. Il Courir une ou deux selles, Courir une ou deux postes.
— Loc. pop. Demeurer entre deux selles le cul à terre, N'obtenir aucune des deux choses opposées auxquelles on prétendait.
— Ane. coût. Porter la selle, Subir une punition infamante, qui consistait k porter une selle d'un lieu k l'autre.
— Mar. Escabeau sur lequel s'assied le calfat, et qui- contient ses outils, il Garniture de bois placée en avant des chouquets des bas mâts, pour recevoir les balancines des basses vergues.
— Art culin. Selle de mouton, d'agneau, Morceau de mouton ou d'agneau s'étendant de la première côte aux gigots.
— Anat. Enfoncement de la partie supérieure du corps du sphénoïde.
— Métall. Espèce de scorie qui se forme au-dessus du minerai, k mesure qu'il entre en fusion.
— Techn. Sorte de banc de bois ayant ordinairement l mètre de longueur et 0'n,32 de largeur, sur lequel le parcheminier étend les peaux quand il les ponce. Il Planche inclinée sur laquelle on entasse les feuilles de papier quand elles ont été soumises k la presse. Il Banc sur lequel on coupe les planches de terre pour en faire des carreaux, il Etabli de charron, de sculpteur, de tonnelier, il Masse de bois portée sur trois pieds, sur laquelle l'ouvrier place le moyeu d'une roue pour le travailler. Il Bateau de selle, Se dit de bateaux immobiles qui servent aux blanchisseuses.
— Icluhyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre amphiprion.
— Moli. Selle polonaise , Nom vulgaire de l'anomie commune.
— Encycl. Equitation. Quelquefois les Grecs montaient sans selle, sur le cheval nu, "rai çrtou ïitKou, comme Je dit Xénophon dans son traité Sur V equitation; plus ordinairement ils se servaient de l&selle qu'ils appelaient éphippion. Ce mot passa k Rome; mais on a cru généralement que le mot latin ephippium ne désignait qu'une simple housse, et que \& selle ne fut pas en usage chez les Romains avant
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le iv« siècle de notre ère. CependanfrGinzrot, dans sa remarquable Histoire des voitures, a montré, par l'usage général des Egyptiens et des nations orientales, ainsi que par des peintures conservées sur les murailles des maisons à Herculanum, que le mot ephippium ne signifiait pas une simple couverture ; qu'il fallait y voir réellement une selle en bois, garnie de matières molles et élastiques, revêtue d'un morceau de drap et liée sur la croupe du cheval par une ceinture allant passer sons le ventre de la bête. Plusieurs passages de Jules César et d'autres écrivains s'expliquent mieux en suivant l'opinion de Ginzrot qu'en conservant l'opinion contre laquelle il s'est élevé. Si nous prenons, par exemple, le vers suivant d'Horace :
Optai ephippia bos, piger optât arare caballus...
On le traduit ordinairement ainsi : « Le bœuf ambitionne le harnais, le cheval indolent voudrait labourer. » L'intention du poëte cbt de montrer que chacun envie le sort d'autrui, et cette intention serait mieux marquée si l'on disait du bœuf qu'il veut jouer le rôle du cheval, en portant l'homme sur son dos, si l'on traduisait, par conséquent : « Le bœuf ambitionne la selle. *
Chaque côté de Vephippium romain était garni de housses pendantes, qui couvraient les flancs du cheval. Il n'y avait pas d'étriers, et les chevaux, surtout en Espagne, étaient habitués kse mettre k genoux, sur un mot de commandement, quand leurs cavaliers voulaient les monter. Une lampe trouvée k Herculanum représente un cheval dans cette position. Une médaille de Q. Labienus porte au revers un cheval avec la selle et les housses pendantes de chaque côté. Vers le temps de Théodose, le mot ephippium fut remplacé par le mot sella, et mieux encore pax l'expression plus significative de sella equestris.
• Le mot selle est très-ancien dans notre langue; on le trouve dans Pierre de Blois, auteur du xne siècle.
L'usage des selles ne se répandit pas chez nous avant la deuxième race ; les Arabes nous en apprirent l'emploi.
La selle d'armes du moyen âge ne se distinguait guère de la selle arabe. Elle était ac; compagnée des fiançais, de \a.cervicale, du ^irel qui enveloppait le cheval bardé; elle était khauttroussequin et k sautoir. Ses battes formaient une sorte de demi-bouclier, en dehors duquel le guerrier appuyait sa lance quand il la couchait. La batte était donc un arrêt de lance que remplaça le faucre. On suspendait la masse d'armes à la selle, k l'aide d'une chaîne. Jusqu'en 1630, lagrosse cavalerie conserva ces sortes de selles, munies de bardes un peu moins lourdes. Depuis, on a adopté pour la cavalerie une selle dite française, ou dé manège, propre k porter le paquetage, les fontes, des outils. Quand les Hongrois apportèrent en Fiance lu selle k la hussarde, ce harnachement demi-barbare fut admis, malgré le peu d'estime que lui témoignaient les écuyers classiques. La grande ditlérence entre la selle française et la selle hongroise consistait dans les lames au lieu d'arçons, la palette au lieu de battes, la cuiller k pot au lieu de troussequin, la couverte au lieu de panneaux, la schauraque au lieu de siège, l'étrier k l'orientale au lieu d'être k grille , le manteau cachant les fontes au lieu d'être en arrière. Quand les hussards se multiplièrent, la selle hongroise devint une fureur. Les cavaliers qui formaient alors la garde impériale (1S06) en modifièrent les formes en substituant des panneaux k l'incommode couverte dont eile était pourvue. En 1810, le duc de Feltre fit faire des essais, des modèles, des travaux en vue d'uniformiser l'usage des selles et d'arrêter les dépenses croissantes occasionnées par les selles hongroises ; mais rien ne fut résolu jusqu'en 1835. A cette époque, un nouveau genre de selle prit faveur. Il était sans panneaux, sans coussinet et le prolongement des lames soutenait le portemanteau. Aujourd'hui, les différences entre les selles de hussard et celles des autres corps de cavalerie sont assez peu sensibles. La selle employée en dehors de l'armée a toujours eu les plus grands rapports avec la selle militaire ; c'est pourquoi nous avous esquissé l'histoire de cette dernière.
— Techn. La charpente de la selle se compose de deux arçons ou pièces de bois arquées, qui correspondent l'une au garrot du cheval, l'autre aux lombes, et qui Sont liées ensemble par deux planchettes appelées bandes, dans l'intervalle desquelles se loge la colonne vertébrale. Sous les arçons et les bandes est fixé un coussin appelé panneau, qui protège le cheval contre les blessures que pourrait occasionner le bois de la selle. Un siège de cuir destiné au cavalier repose sur le faux siège, morceau de forte toile matelassée qui est fixé sur la charpente. Aux bandes sont clouées deux pièces de cuir appelées quartiers; ils servent k mettre les panneaux k l'abri de la pluie et k séparer les jambes du cavalier de la peau de sa monture ; ces bandes portent, en outre, accrochées k deux anses de fer, les étrivièies, courroies auxquelles sont suspendus les étriers. La selle est maintenue sur le cheval k l'aide de sangles, d'une croupière et d'un poitrail. On joint quelquefois le poitrail aux sangles au moyen d une courroie qui reçoit le nom de martingale quand elle se prolonge jusqu'à la bride ; cette
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martingale est destinée à empêcher le cheval de lever trop fortement la tête.
La selle doit reposer bien également sur tous les points d'appui qu'elle prend sur le corps du cheval; tandis qu'au contraire le garrot, l'épine du dos et le rognon doivent être constamment préservés du contact de la selle. La garniture des panneaux, la couverture placée sous la selle sont de faibles préservatifs quand l'arcade de devant est trop basse et quand celle de derrière n'est pas assez relevée. Il arrive souvent que la selle ne blesse pas le cheval, mais blesse le cavalier, lorsque le siège est trop étroit ou trop court. L'irrégularité de la matelassure du siège est dangereuse pour le cavalier, que le siège le plus dur fatigue moins qu'un siège trop mou ou d'une mollesse inégaie.
Une forte selle de voyage pèse ordinairement 5 kilogrammes ; mais les selles de cavalerie sont bien plus lourdes ; elles écrasent les chevaux, qui ont encore à supporter le paquetage, le corps et les armes du militaire.
La selle pour dame a été inventée pour que les dames ne fussent pas obligées de se mettre à califourchon sur leur monture. On dispose pour elles des selles où elles peuvent s'asseoir commodément ; la plus convenable est la selle à la fermière, qui forme une espèce de fauteuil moelleux rembourré de plume. On fait aussi usage de selles dites anglaises et demi- anglaises.
La selle lyonnaise est peut-être celle qui convient le mieux pour les voyages; le pommeau en est fort bombé, le siège est enfoncé en arrière et garni d'un troussequin de trèsgrande dimension.
La selle allemande est d'une construction particulière et même bizarre ; le siège forme sur le côté une espèce de rebord vertical; le troussequin, coupé carrément, forme un rebord-arrière vertical, sous lequel s'étendent d'épais et larges panneaux.
— Art culin. " Une selle de mouton bien apprêtée est une excellente chose, dit Grimod de La Reynière, et ce mets a reçu un nouveau prix de la préférence que lui donne un très-éminent personnage, qui s'en fait servir une tous les jours à son déjeuner. » La selle d'agneau rôtie à la broche se sert avec du cresson et une sauce piquante. La selle, parée, piquée, matinée pendant quarante-huit heures , rôtie dans une enveloppe de papier beurré, se sert avec sauce poivrade à part: La selle de mouton se fait rôtir et se sert soit garnie de croquettes de pommes de terre, soit de carottes et de laitues, soit de purée de céleri ou de cresson. On l'accompagne d'un jus de viande qui se sert à part.
SELLE (Christian-Gottlieb), médecin allemand, né à Stettin en 1748, mort à Berlin en 1800. Appelé , dès l'âge de sept ans, à Berlin par l'apothicaire Kogler.son parent, il dut, pour suivre le penchant qui l'entraînait vers l'étude, tromper la vigilance de ce dernier, qui aimait mieux voir sod élève s'occuper de la pharmacie que de ses livres et de la science ; mais son ardeur triompha de tous les obstacles. Après avoir commencé ses études médicales à Berlin, il alla les continuer à Gcettingue, où il passa deux années, puis à Halle (1776), où il prit le grade de docteur. Muni de son diplôme, il revint à Berlin. Quelques petits écrits qu'il publia et les succès de sa pratique commencèrent sa réputation. En 1774, il fut choisi pour accompagner en qualité de médecin la princesse de Darmstadt à Saint-Pétersbourg. De retour de ce voyage, il fut nommé premier médecin du prince-évêque de Warmie, auprès duquel il trouva le moyen de se livrer aux études qu'il affectionnait. En 1789, il visita Paris, mais il y séjourna peu de temps. Chargé en 1795 de parcourir la Prusse méridionale, pour découvrir les causes de la grande mortalite.de cette province et de ses hôpitaux, il s'acquitta de sa mission avec beaucoup de talent, et à son retour devint successivement inspecteur supérieur de l'hôpital de la Charité, médecin de Frédéric-Guillaume II, conseiller intime et enfin second directeur du collège de médecine et de chirurgie. Parmi les ouvrages de Selle, nous citerons : Methodi febriumnaturalis rudimenta (Halle, 1770, in-4<>) ; Rudimenta physiologiss tnelkùdicx (Berlin, 1773, in-8°) ; Enleilung in dasStudiumder Nalur und Arzneygelalirt/ieit ( 1777 . in - S° ) ; Philosophische Gesprxche 2 Theile (1780, in-8°); Medicina clinica (1781, in -8°), etc. Les Mémoires de l'Académie de Berlin renferment plusieurs articles remarquables de ce médecin.
SELLÉE s. f. (sè-lé — rad. selle). Techn. Rangée de carreaux disposés sur la selle.
SELLÈME s. m. (sè-lè-me). Ichthyol. V.
SÉLEIME.
SELLER v. a. ou tr. (sè-lé — rad. selle). Mettre une selle à : Seller un cheval, une mule.
Ce turban sur mon front! ce sabre à mon côté! Allons ! ce cheval, qu'on le selle !