SENN
lis. Charles le Chauve le fit juger de nouveau et condamner à mort. On se contenta toutefois de lui crever les yeux et de l'enfermer dans le monastère de Corbie.
Au concile de 1315, réuni par ordre de Louis X, sous la présidence de Robert de Courtenay, archevêque de Reims, fut jugé l'évêque de Châlons-sur-Marne, Pierre de Latilly, accusé d'avoir fait mourir son prédécesseur et d'avoir trempé dans un complot contre la vie de Philippe le Bel. Pierre de Latilly réussit à se faire absoudre.
Le dernier concile de Senlis (1326), présidé par l'archevêque de Reims, et auquel assistèrent six évéques, Gérard de Soissons, Albert de Laon, Jean de Marigny de Beauvais, Pierre de Latilly de Châlons , Foucaud de Rochechouart de Noyon et Pierre de Senlis, régla diverses matières ecclésiastiques , la tenue des conciles provinciaux , le mode de payement des dîmes, le droit d'asile dans les églises et les abbayes, la nullité des mariages clandestins, etc.
SENN (EL-), ville de la Turquie d'Asie. V. El-Senn.
SENNA, ville d'Afrique. V. Sena.
SENNAAR ou SIMIAR , nom donné par les Hébreux à la plaine où séjournèrent les hommes depuis le déluge jusqu'à la construction de la tour de Babel. Les commentateurs de la Bible pensent généralement que les Hébreux désignaient par ce nom la plaine de la Babylonie.
SENNAAR , ancien royaume de Nubie, jadis Etat indépendant, soumis à la domination de l'Egypte, dont il forme actuellement une province, situé dans la Nubie supérieure, à l'E. du Kordofan et à l'O. de l'Abyssinie, entre le Bahr-el-Azrek (Nil Bleu) et lo Bahrel-Abiad (Nil Blanc) ; longueur du N. au S., 441 kilom.; largeur, 260 kilom.; superficie, 138,000 kilom. carrés; 2,000,000 d'hab. Le climat est très-ebaud et très-malsain. Les inondations du Nil y produisent la richesse et la fertilité, en déposant sur son sol aride et sablonneux un limon fécondant. Les principaux produits de ce pays sont : le maïs, le tabac, les légumes, les citrons, etc. Les arbres à gomme, les résines et l'encens sont encore de grands éléments de richesse pour le pays. On y trouve de grandes forêts , comme celles du Darfour et de la Nubie, habitées par des bêtes féroces ou sauvages, notamment l'éléphant, le loup, le sanglier, le rhinocéros, le buffle sauvage, le singe, etc. ; les serpents et les reptiles de toutes sortes y sont d'une grosseur extraordinaire. Quant aux animaux domestiques, ils consistent en chevaux, dromadaires, ânes, moutons, etc. On fabrique dans le Sennaar des poteries, des têtes de pipe en terre, des paniers, des toiles de coton, des couteaux, des instruments aratoires, de la sellerie, de longs sabres, des fers de lance, des boucliers en peau d'éléphant. Le commerce, actif avec l'Egypte, consiste en esclaves, en ivoire, encens, gomme, baumes, parfums, plantes médicinales, plumes d'autruche, etc. Les transactions se font par échange. Le royaumo de Sennaar. fondé pur les Chiiouks au xvi« siècle, devint très-puissant et domina toute la Nubie méridionale. Il fut conquis par les Egyptiens en 1822. Ses villes principales sont Sennaar, jadis capitale du royaume et trèsopulente, et Mesalamieh , sur le fleuve Bleu.
SENNAAR, ville de l'Afrique orientale, dans la Nubie supérieure ou méridionale, sur la rive gauche du Bahr-el-Azrek ou Nil Bleu, à 270 kilom. S. de Khartoum, ancienne capitale du royaume de son nom, par 13° 36' do latit. N., 31° 24' do lougit. E.; 10,000 hab. On y fabrique beaucoup d'instruments en fer, des ouvrages d'orfèvrerie, de menuiserie, des toiîes de coton, etc. C'est un centre de commerce avec l'Egypte. Les Nubiens viennent à Sennaar échanger leurs produits. On remarque à Sennaar quelques établissements qui semblent remonter à une époque assez reculée. La mosquée moderne, située au milieu de la ville, est d'un aspect agréable. On distingue aussi l'ancien palais des souverains de Sennaar. Ce monument, qui n'offre rien de remarquable, a quatre étages et ressemble à une maison particulière. Des ruines importantes semblent attester l'antiquité de la ville et son ancienne puissance. Cependant la tradition du pays, contrairement aux conjectures des historiens et des voyageurs , ne fait remonter la fondation de Sennaar que vers le xvo siècle.
SENNACHÉR1B, roi d'Assyrie, appelé aussi Snrgon dans la Bible, mort en 707 av. J.-C 11 Succéda, vers 712, à Salmanasar, son père, ravagea la Judée, puis l'Egypte pendant trois ans, et força le roi Ezéehias, qu'il dépouilla en partie de ses possessions, à lui payer un tribut considérable. Sennachérih battit ensuite le roi de Chaldée , puis triompha d'une révolte des Soumirs et des Anads. Ayant appris que les rois d'Egypte et de Judée s'apprêtaient à lui faire la guerre, il s'empara de Péluse, puis entra en Judée, se rendit maître des places fortes les plus importantes et ravagea le pays. Pour détourner le fléau, le roi Ezechius donna â Sennachérib 30 talents d'or et 300 talents d'argent. Mais le roi d'Assyrie ne se tint pas pour satisfait et mit le siège devant Jérusalem. Cette ville résistait uvec la plus grande énergie, lorsque la peste éclata dans le camp des Assyriens.