SYBARITE
S1DDAI.D (Robert), médecin et naturaliste écossais, né dans le comté de Fife (Ecosse) vers 1643, mort en 1720. Après avoir étudié avec ardeur la médecine et la botanique, il visita la France et l'Italie pour agrandir ses connaissances; puis, à son retour, il fut nommé médecin et^géographe de Charles I{. On lui doit, entre autres écrits : Scotia illustrata (Edimbourg, 1634 ou 1696, in-£ol.) ; Phalainologia nova (1692, in-4°) et des Histoires des comtés de Fife, de Kinross et do Linlithgow.
S1BBALDIE s. f. (si-bal-dl — de Sibbald, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des rosacées, tribu des dryadéesi , comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Europe et en Asie*.
S1BBENS s. m, (sib-bènss), Méd. Affection ulcéreuse de la go^e et de la face, qui est particulière à l'Ecosse.
S1DDERN (Frédéric-Christian), philosophe et écrivain danois, né à Copenhague le lSjuillet 1785, mort en 1872. Fils d'un médecin de cette ville, il fut reçu licencié en droit en 1810 et, l'année suivante, docteur pn philosophie. Il parcourut ensuite l'Allemagne et la Suisse, se liant avec les savants tes tjIus éminents des deux pays. Lorsqu'il revint à Copenhague eu 1813, l'université lu: donna une chaire provisoire de philosophie, dont il devint titulaire en 1829. lia ISIS, il a été nommé membre de l'Académie des sciences de Copenhague et il est l'un des fondateurs de la Société pour la liberté de la presse. M- Sibbern a acquis en Danemark une grande réputation par ses ouvrages philosophiques, qui ont exercé dans ce pays une incontestable influence. Fort instruit, connaissant les sciences naturelles, il s'est attaché à appliquer la méthode d'analyse scientifique à l'examen des phénomènes psychologiques et il y a fait preuve d'un remarquable esprit de pénétration. Mais il a été moins heureux en sortant de la psychologie pour entrer dans la métaphysique. Nourri de la philosophie allemande et partisan des idées de Schelling, il a voulu, néanmoins, rester lidèle à la religion dite révélée, et il a formé de ces éléments disparates uu système hybride qui ne saurait satisfaire ni les rationalistes ni les orthodoxes et qui a, en outre, l'inconvénient d'être fort difhcile à comprendre, par suite de la terminologie bizarre et fatigante adoptée par M. Sibbern. En politique, bien qu'il ait pris part à la fondation de la Société pour la liberté de la presse, il s'est déclaré partisan des idées autoritaires, ce qui lui a ut lire de vives attaques de la part des libéraux. Indépendamment de nombreux articles publiés dans divers journaux et recueils, on doit à M. Sibbern : la Nature et l'essence spirituelle de l'homme (Copenhague, 1819-182S) ; Psy-
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chologie (1843); Traité de biologie, lettres posthumes de Gabrielis (1826-1851); De l'amour (1829); Sur la connaissance et la recherche (1822); Eléments de la logique (1822- 1835); De pr&existentia, genesi et immortalitate anims (1823) ; Archives et répertoire philosophiques (1829-1830) ; Sur la poésie et l'art en général (1834-1853); Sur l'idée, la nature et l'essence de la philosophie (1843) ; Cosmologie spéculative et éléments d'une théologis spéculative (1846); Rapports de l'âme et du corps (1849); la Morale des stoïciens et celle des épicuriens comparées (1853); De l'humanité (1857). Parmi les écrits purement politiques de M. Sibbern, nous mentionnerons : Démarques sur l'ordonnance royale concernant l'établissement d'états provinciaux eu Danemark (1832) ; Feuilles d'avis patriotiques (1835) ; De l'union des divers états provinciaux du Danemark (1838) ; Sur le droit de consentement aux impôts et sur la constitution (1810) ; Dikaiosynê (1843) ; De la lutte entre les deux grands pouvoirs politiques du Danemark (1854), etc.
S1DRN1K, ville de l'empire d'Autriche. V. Sebenico.
S1BERENA, nom ancien de Santa-Seve-
EINA.
SIBÉRIE s. m. (si-bé-rî). Agrîe. Nom donné en Normandie à une variété de sarrasin venu de Sibérie.
SIBÉRIB, immense contrée de l'empire russe, couvrant toute la partie septentrionale du continent asiatique, entre 46° et 78° 25' de latit. N. et entre 55<> de longit. E. et 172<> de longit. O. Elle est baignée au N, par l'océan Glacial arctique, à l'E. par le détroit de Behring, la mer d'Okhotsk et l'océan Pacifique ; au S., elle confine aux annexes de 1 empire chinois, Mandchourie, pays des Khaikhas et Dzoun^aric, et au Turkestan; à l'O., elle est séparée de la Russie d'Europe par le petit golfe de Kara, la chaîne de l'Oural, le fleuve Oural et la partie N.-E. de la mer Caspienne. Cette contrée, dont le nom est si souvent prononcé dans le martyrologe de la Pologne et que de nombreux explorateurs russes ont parcourue et fait connaître depuis quelques années, a présenté pendant deux siècles une particularité bien curieuse : un territoire de plus de 3,000 lieues carrées de 25 au degré, situé près du cours inférieur de l'Amour, s'est trouvé pendant ^près an deux siècles sans possesseur effectif ni titulaire. Cette anomalio d'une terre sans seigneur, d'un peuple sans souverain provenait de délimitations mal comprises ou mal interprétées entre lesgouvernements des empires russe et chinois. Depuis 1858, par le traité d'Aïgoun, la frontière a été exactement déterminée et tout le territoire situé au N. de l'Amour fait régulièrement partie de la Sibérie russe.
La plus grande longueur de celte contrée, de l'E, à l'O., est de 7,000 kilom., et sa plus grande largeur, du N, au S., de 1,750 kilom. Superficie, 14,540,000 kilom. carrés. La population d'un aussi vaste territoire ne dépasse pas 5 millions d'hab. La ville principale est Tobolsk. Les accidents les plus remarquables que présentent les côtes sibériennes sont les golfes d'Obi et celui de lénisséi, formés par l'océan Glacial. Au N.-E. de ce dernier se trouve le cap Sévéro-Vostotchnoï , le plus septentrional des côtes de l'ancien monde. Sur plusieurs points des côtes, on voit des banquises ou des montagnes do glace qui obstruent les eaux pendant une grande partie de l'unnée. La presqu'île de Kamtchatka n'est qu'un prolongement de la Sibérie dans l'océan Pacifique. On y trouve les golfes ou baies de Penjusk et de Ghisiginks. L'archipel de la Nouvelle-Sibérie ou de Liakhov comprend les Iles les plus remarquables de toute cette contrée dans l'océan Glacial, Avec les hautes montagnes qui limitent la Sibérie, on remarque encore les monts Stancvoï qui prennent au S. le nom de monts de la Daourie, dont le prolongement du S.-O. au N.-E., dans !a partie orientale, va se terminer au détroit du Behring. Il faut cite.aussi les monts Aldoo, rameau des précédents. Le Kamtchatka est couvert de montagnes volcaniques. C'est dans les monts Ourais et dans les petits monts Altaï que se trouvent les plus hauts sommets, dont l'altitude est de 2,000 à 2,235 mètres; l'aspect do ces montagnes est, en général, sauvage et désolé. On rencontre en Sibérie quelques vallées agréables et fertiles, et des plaines occupées par des steppes, de vastes marécages, des neiges, des glaces ou de sombres forêts. Parmi les steppes, on distingue ceux de l'Ichinii et de Tobolt. Sur le versant de l'océan Glacial coulent l'Obi, grossi par l'Irtisch, qui s'augmente lui-même de l'Ichinn et du Tobolt. Tous les autres fleuves ou cours d'eau sont des tributaires de l'océan Pacifique. Le lac le plus remarquable de ces contrées est le Baïkal, où se jette la grande rivière de Solenga. Il y a d'autres lacs importants, tels que ceux de Tchany, de Soumy, de Piasino et de Balkasch. Eu hiver, la Sibérie subit un froid qui peut congeler le mercure. Au nord il y a des jours et des nuits qui durent plusieurs semaines, et même plus d'un mois. La partie méridionale est couverte d'une assez riche verdure. Air salubre dans toute la contrée. Richesses minérales : platine, or, argent, plomb, étain, cuivre, fer, antimoine, mercure, zinc, cobalt, serpentine, terre à por-
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celaine, sel gemme, rubis, topazes, améthystes, grenats, malachites, chrysolitb.es, saphirs, émeraudes, opales, onyx, agates, cornalines, porphyre, etc., etc. Sources minérales et lacs salés. Grande quantité de fossiles. Le seigle, l'orge, l'avoine et d'autres céréales sont cultivés en Sibérie jusqu'à 550 de latit. N. La partie ouest est la plus fertile et la plus riche de toute la Sibérie, Le cèdre sibérien donne une noix qui est un grand article de commerce. Les forêts sont peuplées de pins, de sapins, d'érables, de peupliers blancs et noirs, de bouleaux, aunes et trembles. On y trouve beaucoup de plantes médicinales et autres qui sont des articles de commerce, des mousses et des lichens, en abondance. Parmi les animaux, on cite : la martre zibeline, l'hermine, le castor, le musc, la loutre, le renard, l'écureuil, la belette, la fouine, le blaireau, le chat sauvage, le renne, le chien, le chameau ; cerfs, daims, élans, ours, loups, lynx, lièvres. On trouve des ours blancs, acs lions marins, qui fréquentent aussi les rivages sibériens. Les eiders du Nord fournissent un duvet très-recherché. Les cygnes, les oies, les canards sauvages et autres oiseaux aquatiques y sont communs. Les cachalots, les baleines se pèchent dans les mers qui baignent la Sibérie. L'Obi et l'Irtisch nourrissent une grande quantité de poissons, surtout les esturgeons, etc. Les autres lacs et fleuves fournissent les truites et les saumons. L'industrie est presque nulle en Sibérie, k part celle des mines.
De toutes les mines d'or et d'argent de la Sibérie, la plus célèbre et la plus riche est la mine d'argent de Nertschinski. De 1850 à 1852, on en a retiré en moyenne 71 pouds d'or par an (le poud vaut 10 kilogrnm.) Ce fut un marchand appelé AnikaStroganoif qui donna les premiers renseignements au gouvernement russe sur ce colossal territoire, plus grand à lui seul que toute l'Europe et un quart de l'Asie; et ce fut un chef turbulent des Cosaques, Jermak Timoziseff, qui fournit aux Russes un prétexte pour en entreprendre la conquête. Ce chef, Se sentant trop faible pour se maintenir contre ses rivaux, envoya, en 1481, à Moscou des agents chargés de présenter l'appât de cette conquête au czar Ivan Vassilievitch, surnommé le Terrible; et c'est ainsi qu'à la suite d'une guerre sans importance avec le kan des Tartares qui y régnait, laSibérie orientale passa vers la fin du xvio siècle sous la domination moscovite, dont les souverains ajoutèrent depuis à leurs titres celui de caar de Sibérie. L'importance de cet immense pays n'échappa pas à la sagacité de Pierre le Grand, sous le gouvernement duquel on y établit diverses fabriques et plusieurs hauts fourneaux. La population s accrut successivement et se recruta surtout
parmi les bannis politiques La loi russe
ne séparant pas les condamnés politiques des criminels, il existe en Sibérie cinq catégories de forçats : ceux à perpétuité, ceux de quinze à vingt ans, ceux de douze à quinze uns, ceux de six à huit ans, et enlin ceux de quatre à six ans. Quand un exilé s'enfuit, les commandants de la région sont responsables. La population indigène de la Sibérie comprend une grande diversité de races : on trouve des Samoj'èdes dans le N., des Kirghiz à l'O., des Mongols ou Tartares au S. et des Aïnos et des Koriukes au N.-E., vers la mer d'Okhotsk. M. Radloff, attaché russe à l'usine métallurgique de Barnaoul, dans le gouvernement de Tomsk, ayant étudié pendant quatre ans les mœurs et Je langage des nombreuses tribus de la région altaïque de la Sibérie, partage en trois groupes principaux les dialectes des tribus de cette contrée : groupe dzounyar, groupe altaïque et groupe saiansk. Ces trois groupes , ajoute M. Radloff, forment une branche moyen no entre les dialectes tatars do la Russie d'Europe et la langue yakoute qui se parle dans la Sibérie orientale. En 1802, on comptait en Sibérie , parmi les habitants qui ne se rattachaient pas à l'Eglise orthodoxe russe, comme Eglise dominante, 4, 942 catholiques, 3,024 protestants, 5,330 juifs, 64,359 mahométaus et 35,549 païens. Les archevêques grecs sont au nombre de trois. A l'inverse de ce qu'on remarque dans le reste de la Russie, la population mule dépasse de beaucoup (20 pour 100, a ce qu'on prétend) la population téminine. Chez les Russes.ce fait s'explique naturellement par le nombre toujours croissant des bannis qu'on y envoie. Ces derniers s'élèveraient aujourd'hui au chiffre de 135,000 environ. On a remarqué que, dans ces dernières années, l'émigration volontaire des Russes d'Europe avait pris une très-grande proportion. En 1852, il arriva dans la Sibérie occidentale 24,856 individus de toute religion et des deux sexes. En 1853, 13,000 hommes et presque autant de femmes furent affranchis des domaines de la couronne et envoyés dans l'O. de la. Sibérie. Plusieurs milliers de familles s'y rendirent également de tous les gouvernements, notamment de celui de Witepsk. On accordait tous de grandes portions de territoire, avec d'autres encouragements. Toute la Sibérie est aujourd'hui divisée en deux gouvernements généraux : la Sibérie occidentale et la Sibérie orientale. Tobol.sk est le chef-lieu ou la capitale de la Sibérie occidentale. On compte neuf autres villes importantes dans toute la Sibérie. La plupart de ces villes sont des centres d'exploitation des mines et de commerce. La ville principale
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de la Sibérie orientale est Irkoutsk, siège de la Société russe-américaine de commerce et grand entrepôt commercial avec les parties septentrionales de la Chine. Cependant la plus importante da toutes les villes commerciales de la Sibérie, c'est la petite ville de Iiiatka. Okhotsk est le chef-lieu maritime du gouvernement de ce nom et du Kamtchatka, dont la ville la plus importante est Pétropavlosk. Le contre-amiral Wrangel est un de ceux qui ont le plus contribué à faire connaître la Sibérie, ainsi que le voyageur Erman, par son Voyage à travers le nord du continent asiatique. Il faut citer aussi l'astronome russe Fuss, le savant Lodorooff, le naturaliste prussien Lessing et tant d'autres, Alexandre de Humboldt, le Hongrois Castren, MM. Raddè et Radloff, dont les rapports à la Société de géographie de Saint-Pétersbourg ont jeté une si vive lumière sur la géographie physique et l'ethnographie de cette partie de l'empire russe.
Tout récemment, en 1872, le baron Velho, directeur des postes en Russie , a fait un voyage en Sibérie et dans le Turkestan; nous croyons devoir donner ici un abrégé du récit de cette excursion :
« Parti de Saint-Pétersbourg au commencement du mois de décembre 1872, le baron Velho a quitté le chemin do fer à Nijni-Novgorod, où il a pris la route de terre, la glace sur le Volga n'étant pas suffisamment solide, La route à travers les gouvernements do Nijni-Novgorod et de Kazan s'est faite sans encombre malgré une couche de neige insuf iisante. Dans les gouvernements de Viutka et de Perm, la neige, au contraire, était trèsabondante. Sur le versant oriental de l'Oural des froids très-vifs se sont fait Sentir. Lu grande route de la Sibérie est toujours tiès- Iréquentée, mais surtout pendant l'hiver, qui est l'époque de l'année où circulent le plus
trand nombre des caravanes qui amènent ans la Russie d'Europe les riches produits de la Sibérie et de la Chine. Aussi le camionnage est-il le métier le plus répandu dans la Sibérie occidentale, qui abonde en excellents chevaux. Après avoir visité le bureau de poste de cette partie de la Sibérie, le baron Velho s'est dirigé vers Irkoutsk, OÙ il s'est arrêté pendant quelques jours.
• A partir de cette ville, des froids très-vifs se sont fait sentir. Le thermomètre marquait jusqu'à 40° Héaumur de froid, et à l'intérieur de la voiture il descendait jusqu'à 28«. Un peu uprès Tomsk, le baron prit la route du S.-O., qui le conduisit par le territoire minier d'Altaï à Sémipalatinsk. Cette route est beaucoup moins fréquentée que le grand chemin de la Sibérie, où le3 relais de poste offrent aux voyageurs tout le confort désiré. Entre Sémipulatinsk et Vernoe une neige épaisse ralentit le voyage. Par contre, plus loin il fallut quitter la voiture sur patins et continuer la route sur roues jusqu'à Taschkent, qui a été la seconde et la moins désagréable étape de ce voyage, car ia température est très-douce dans le Turkestan, même au cœur de l'hiver.
» Après avoir passé quatre jours dans le chef-lieu du Turkestan, le directeur général des postes s'est dirigé vers le steppe aride des Kirghiz. Le trajet dans les limites de la province de Syr-Daria s'est fait tant bien que mal sur roues. Les reluis de poste y sont encore desservis par les Kirghiz, qui n'ont aucune notion du métier de postillon et attellent des chevaux sauvages qui s'emportent au départ de chaque Station et, après avoir fourni au début une course échevelée, s'arrêtent parfois court au milieu des steppes, ruisselants d'écume, sans qu'on puisse les faire avancer jusqu'à la station suivante.
» Mais lorsqu'on s'approche de la province de Tourgaï, le Sahara de l'Asie centrale, lu situation des voyageurs devient tout à fait intolérable. Là, sur un parcours de près do 600 verstes, il n'y a, pour ainsi dire, pas du relais de poste, car on ne peut guère donner ce nom aux tentes de Kirghiz dressées dans le steppe, on aux réduits creusés dans la terre , où postillons kirghiz et passagers (hommes, femmes et enfants) s'abritent ensemble et "grouillent pêle-mêle dans la fumée du bûcher allumé uu milieu de ces trous, qui n'ont qu'une seule ouverture servant à la fois de porte, de fenêtre et de tuyau de cheminée.
> Les Kirghiz , censés les entrepreneurs de ces prétendus relais de poste, n'ont qu'une seule préoccupation à la vue d'un voyageur, celle de se sauver avec leurs chevaux dans le steppe, et il faut employer ia menace et avoir parfois recours au pugilat pour obtenir des chevaux ou, faute de chevaux, des chameaux. D'après cela, on peut se faire une idée de la situation des personnes qui, en plein hiver , voyagent dans ce steppe , en traîneau découvert, par 25» de froid, comme cela a été le cas pour le baron Velho.
» Le tableau change du tout au tout lorsqu'un voyageur da haut rang se fait annoncer d'avance.
• On lui prépare les relais et on attelle à ses voitures, non plus les chevaux sauvages ou les chameaux indolents des Kirghiz , mais des chevaux cosaques fournis par les détachements locaux. Mais notre directeur général des postes, qui ne se fait pas annoncer d'avance, et qui fuit ses inspections toujours à l'improviste, voulait voir l'état des communications telles qu'elles sont en réalité, quitte à en subir les conséquences. Aussi, lorsque
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le froid devenait trop vif et qu'on ne pouvait plus rester dans la traîneau sans courir le risque d'y être complètement gelé, le baron Velbo franchissait a pied la distance d'une station à l'autre, en devançant le traîneau tiré lentement par les chameaux, et cherchant, avec le guide kirghiz, la route à travers les épais tourbillons de neige qui enveloppent le steppe d'un brouillard opaque. ■
Comme on le voit par ce récit emprunté à un journal. russe, la Sibérie, même sur les points les plus fréquentés, est loin de présenter aux voyageurs toutes les commodités possibles ; et tout reste à faire dans cette immense contrée, dont quelques parties à peine, celles situées à l'O. et vers le S., pourront peut-être, dans un avenir très-lointain encore, être accessibles à la civilisation européenne.
Sibérie (voyaqb bn), par M. Castren (Pétersbourg, 1849). De 1845 à 1848, M. Castren . a fait de longues courses dans la moitié occidentale de la Sibérie, où il a successivement étudié les populations errantes qui occupent le bassin de deux grands fleuves, l'Obi et l'Iériisséi ; tribus sans nombre répandues depuis les bords de la mer Glaciale jusqu'au pied de l'Altaï. C'est au prix de terribles souffrances qu'il a pu continuer ses observations sous ce climat rigoureux. Les investigations du voyageur ont porté de préférence sur les matières ethnographiques, sur l'étude des populations, des tribus de race samoyède principalemnt, au triple point de vue de la langue, de la conformation physique et de la vie sociale. Ces recherches ont créé une base solide à la classification des tribus de la Sibérie occidentale, rapportées, comme à deux souches principales, à la race samoyède et à celle que les Russes désignent sous le nom de tartare (Turcoinans). Les peuplades qui restent en dehors de cette classification délinitive, ne sont ni turques ni samoyèdes; elles appartiennent à d'autres familles et se partagent en groupes moins étendus. Ce qui donne aux premières un intérêt particulier, ce sont leurs rapports d'origine, révélés par la communauté fondamentale des idiomes, avec des classes de peuples qui ont joué dans l'histoire un rôle considérable. Ces grandes questions d'ethnographie asiatique ont attiré l'attention sérieuse de plusieurs savants du Nord ; on a repris à fond l'étude comparée des langues, mères du centre et du nord de l'Asie, le finnois, le turc, le mongol et le mandchou, et cette étude approfondie a conduit à des conclusions inattendues, qui s'appuient sur dés preuves irréfragables. Ces langues, malgré les très-grandes différences qui les séparent en tant que langues parlées, n'en reposent pas moins au fond sur une base commune et ne sont en définitive que quatre branches séparées d'un même tronc. Ces travaux ont une grande portée. C'est ainsi qu'ils signalent de singulières affinités entre les anciens Madgyars ou Hongrois et les Turcs. M. Castren a recueilli aussi d'abondants matériaux pour la géographie proprement dite des contrées par- ' courues ; aux prises avec une nature sauvage, il a esquissé des tableaux saisissants d'expression et de vérité. Son voyage a eu un grand retentissement scientifique, justifié par la richesse des résultats; il complète le voyage de M. Middendorff, qui a exploré la Sibérie orientale de 1843 à 1844. Sa relation a été imprimée en langue allemande dans les comptes rendus de l'Académie impériale des sciences de Pétersbourg. Cette Académie avait fait les frais de l'expédition, de même qu'elle avait pourvu aux dépenses du voyage de M. Middendorff.
SIBÉRIE {NOUVELLE-), appelée aussi Archipel Liakhov, groupe d'îles de l'océan Glacial arctique, non loin de la côte septentrionale de la Sibérie, par 72° et 75» de latit. N., 1340 et 149» de longit. E. Il se compose de trois lies principales : Kotelnoï, Atrjskonskoï et Fadevskoï. et 7 à 8 îlots, dont la superficie totale est évaluée à 49,000 kilom. carrés, t'es îles, découvertes seulement au commencement du xvme siècle, sont placées sous un ciel très-rigoureux; le froid y est excessif; souvent le bras de mer qui les sépare du continent est gelé. H n'y a pas d'habitants ; quelques chasseurs les parcourent pendant les courts mois d'été et d'automne. On y trouvé des ours blancs, des rennes, des oies sauvages et des lichens; le sol renferme de nombreux fossiles et des bois pétrifiés.
SIBÉRIEN, IENNE s. et adj. (si-bé-ri-ain, i-è-ne). Géogr. Habitant de la Sibérie; qui appartient à la Sibérie ou à ses habitants : Ou Sibérien. Une Sibérienne, Les mœurs sibériennes. Les langues sibériennes.
— Encycl. Linguist. On comprend sous le nom de langues sibériennes les idiomes usités parmi les peuplades primitives de la Sibérie, c'est- k-dire depuis la rive orientale de la Dwina, dans le gouvernement d'Arkhangel, en Europe, jusque sur les côtes de la mer de Behring, au nord-est de l'Asie, et depuis l'Altaï jusqu'à l'extrémité boréale de l'ancien continent. Aussi incultes que les peuples qui les parlent, ces langues n'ont pas été l'objet de recherches philologiques importantes. On sait qu'elles offrent quelques racines qui paraissent leur être communes avec d autres idiomes de l'Asie centrale et occidentale et même de l'Europe. Aucune des langues sibériennes n'a encore été fixée par l'écriture et