V. Hugo
— Sain et sauf, Sans avoir éprouvé aucun mal : Revenir sain et sauf d'un combat. C'.est pour arriver sain et sauf aux grandes aventures qu'il faut se préserver des petites. (Ste- Beuve.) 11 Sijns avarie, sans dommage : Votre envoi m'est parvenu sain et sauf.
— Loe. fam. Cette année, les maladies ne sont pas saines, Se dit pour se moquer d'une personne qui proclame des vérités banales.
— Mar. Qui ne présente aucun danger, où il n'y a pas d'écueils : Cdte saine. Rade peu saine. On courut quasi jusqu'à terre, à deux lieues du l'exel, la côte étant assez saine en cet endroit. (D'Estrées.) Je fis gouverner sur la côte méridionale de Vile, qui est frés-sAiNE, et dont on peut approcher à trois portées de fusil. (La Pérouse.)
— Substantiv. Personne saine, personne en santé : Les plantes quinaissent de terre fournissent des aliments aux sains et des remèdes aux malades. (Fén.)
SAIN s. m. (sain. — Ce mot, qui est le même que le champenois sa/tin , espagnol sain, provençal sagin, saïn, vient du latin sagina, graisse, avec changement de genre. L'italien saime répond de même à un type sagimen). Graisse. Il Vieux mot qui existe encore dans quelques patois.
SAINBOIS s. m. (sain- 00 i — de sain, et de bois). Bot. Nom vulgaire du garou.
— Pharm. Ecorce de garou, employée dans la préparation d'une pommade vésicante.
SAIN DE BOIS-LE-COMTE (Ernest), publiciste etdipiomate français. V. Bois-le-Comte.
SA1NCTES (Claude de), célèbre controversiste français, né dans le Perche en 1525, mort au château deCrèvecœur en 15S1. Reçu docteur en théologie, il figura au colloque de Poissy, fut député par l'Université de Paris au concile de Trente et devint évêque d'Evreux en 1575. Catholique fougueux, il embrassa avec ardeur le parti de la Ligue et se signala par ses violences oratoires. Lors de la prise d'Evreux par le maréchal de Biron, il s'enfuit à Louviers ; mais il y fut arrêté par ordre de Henri IV et condamné à mort par le parlement de Normandie pour avoir approuvé le .meurtre de Henri III et enseigné qu'il était permis de 'uer son successeur. Le roi commua sa peine en une prison perpétuelle. Transféré dans le château de Crèveco%ur, il 3' mourut peu après. On a de lui plusieurs ouvrages de théologie et de controverse, parmi lesquels on cite : Liturgise sive mi six SS. Patrum, Jacobi apostoli, Rasilii Magui, Joannis Chrysostomi ; de ritn missœ et eucharisties (Paris, 1560, in-fol.);un recueil d'anciennes liturgies, en grec et en latin : Déclaration d'aucuns athéismes de la doctrine de Calvin et Rèze contre les premiers fondements de la chrétienté (1567, iu-8°), devenu rare; Discours sur le saccagement des églises catholiques par les hérétiques anciens et nouveaux calvinistes en 1562; Traité de l'ancien naturel des François eu la religion chrétienne (1567, in-s°); De rébus eucharistie coniroversis libri decem (1575, in -fui.);
SAIN
Bref avertissement de M. l'évéque d'Evreux à ses diocésains contre un prétendu arrêt donné à Caen (e 28 mars dernier, par lequel il appert de l'introduction et établissement en p'runce du schisme, hérésie et tyrannie d'Angleterre, etc. (Paris, 1591, in-8<>).
SAINDOUX s. nu (sain-dou — de sain, et de doux}. Graisse de jiorc fondue : Fri'.nrean saindoux. Frotter, oindre avec du saindoux. Lu graisse des intestins et de l'épiploou de cochon, différente du lard, fait le Saindoux et le vieux oing. (Buff.)
SAINEGRAIN s. m. (sè-ne-grain). Bot.
Nom vulgaire du fenugrec.
SAiNEMENTadv.(sè-ne-man — rad.sn?'n).
D'une manière saine : Vous n'êtes pas logé sainement dans cette maison, le soleil n'y donne point. Manger peu sainement. (Acad.J Vivez tout sainement et gaiement, il n'y a que cela de bon. (Volt.)
— Fig. Selon la droite raison : Juger sainement des choses. Raisonner sainement. La rectitude de l'esprit est la faculté d'apprécier sainement les choses. (Latena.) .Pour juger sainement des génies du passé, nous devons les uns et tes autres précautionner notre imagination contre les effets du lointain. (E. Pelletau.)
SAINETÉ s. f. (sè-ne-té — rad. sain). Qualité, état de ce qui est sain. || Peu usité.
SAINFOIN s. m. (sain- foin — de sain, et de foin selon les uns, de saint, et de foin selon d'autres). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, type de la tribu des hédy- Sarées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord : Le sainfoin à bouquets est originaire d'Italie. (P. Duchartre.) H est avantageux de faucher le sainfoin, même dès la première année. (V. de Bomare.) On peut semer te sainfoin en automne avec du blé. ' (Bosc.) Un mauvais terrain peut être amélioré par le sainfoin. (T. de Berneaud.) On dit que le sainfoin fait braire les ânes qui en mangent. (Tournefort.) Le sainfoin doit se couper lorsqu'il est en pleine floraison. (M. de Doinb.) Le sainfoin est moins délicat que la luzerne et s'accommode de toutes tes terres. (Raspail.) — Encycl. Le genre sainfoin renferme des plantes herbacées ou sous-frutescentes , à feuilles imparipeunées et munies de stipules. Les fleurs, groupées en épis terminaux, présentent un calice à cinq divisions subulées, presque égales; une corolle papilionaeée, k ailes plus courtes que la carène, qui est tronquée obliquement; dix éiamines diadelphes, à filets subulés; un ovaire à plusieurs ovules, surmonté d'un style simple, filiforme, trèslong, ascendant ou coudé, terminé par un stigmate en tête. Le fruit est une gousse formée d'un ou plusieurs articles, dont chacun renferme ujie graine presque réniforme. Ce genre, malgré les démembrements qu'il a subis, comprend encore un grand nombre d'espèces, réparties en deux sections : les onobrychis, à gousse consistant en un seul article, et les hédysarums, à gousse formée' de plusieurs articles monospermes, à la suite l'un de l'autre.
Le sainfoin commun, vulgairement nommé esparcette ou bourgogne, appartient à la première section. C'est une plante vivuee, k racine pivotante, très-longue; à tige dressée, rameuse, pubescente, portant des feuilles alternes, qui offrent six à neuf paires de folioles et se terminent par une foliole impaire ; les fleurs, roses ou purpurines, presque sessiles, sont réunies en un long épi conique; les gousses consistent en un seul article arrondi, marqué de fossettes, à faces et à bords épineux. Cette espèce présente une variété plus élevée, plus vigoureuse, d'une végétation plus active, appelée sainfoin chaud ou sainfoin à deux coupes; elle est plus productive et convient aux terres de bonne qualité. Le sainfoin croit spontanément dans les régions montagneuses et calcaires du centre et du midi de l'Europe. C'est vers le xvie siècle qu'il a été introduit dans la culture, où il n'a pas tardé à conquérir une place importante. Il supporte parfaitement les froids de nos hivers et résiste k la sécheresse mieux que toute autre légumineuse; toutefois, dans les localités où l'été est trop sec, il reste stationnaire durant cette saison et ne recommence à végéter qu'après les pluies d'automne. L'excès d'humidité lui est, au contraire, très-nuisible; aussi vient-il très-mal dans les terres argileuses froides et compactes ou dans les terrains tourbeux, ainsi que sur les sols granitiques ou sur les terres de bruyère, taudis qu il réussit très-bien dans les fonds calcaires, sablonneux, graveleux, argilo-calcaires ou calcaréo-siliceux, secs, profonds et à sous-sol perméable; ses racines s'enfoncent très- bas et dépassent souvent la longueur d'un mètre.
On prépare la terre pour le sainfoin comme pour la luzerne; toutefois, il n'exige ni une grande fertilité ni d'abondantes fumures; mais il est à peine besoin do faire observer que l'abondance et la qualité de ses produits sont eu raison directe de la richesse du sol. Le sainfoin se sème d'ordinaire au printemps dans le Nord et à l'automne dans le Midi, On doit choisir, autant .que possible, des graines de la dernière récolte. Le semis se fait toujours k la volée. On enterre la semence par un ou deux hersages, qu'on fait suivre d'un roulage dans les terres légères et sèches.
SAIN
Quelquefois, on mélange au sainfoin, soit du trèfle rouge, soit de la pimprenelle ou du ray» grass. Sauf quelques hersages modérés, cette plante exige les mêmes Soins de culture que la luzerne. Parmi les plantes adventices qui lui nuisent le plus, on doit citer les bromes doux et stérile, et surtout le chiendent.
On fauche le sainfoin lorsque les fleurs de la base des épis se fanent et que leurs gousses commencent à se former, ce qui a lieu, suivant le climat, depuis les premiers jours de mai jusque vers la mi-juin ; si l'on attendait que tout l'épi fût défleuri, les tiges seraient trop sèches et donneraient un foin dur et de qualité inférieure. La seconde pousse se récolte en septembre, quelquefois en octobre seulement. La plante est facile à faner ; dans le Midi, on se contente souvent de réunir les tiges en bottes, qu'on appuie les unes contre les autres ; au bout de quelques jours, le foin est suffisamment sec. Si l'on poussait le fanage trop loin, la plante perdrait, avec sa couleur et son odeur, la majeure partie de ses feuilles. Quand on fane par un temps un peu brumeux, le foin est plus vert et plus aromatique; les pluies, au contraire, nuisent, beaucoup à cette opération et font noircir les tiges et les feuilles, ce qui arrive parfois dans le Nord.
Presque toujours , la seconde pousse du sainfoin ordinaire est pâturée sur place, mais seulement par les bêtes à cornes. On ne doit conduire les moutons que sur les sainfoins destinés à être prochainement défrichés, ce qui a lieu au bout d'un nombre d'années qui varie suivant la fertilité du sol et le système de culture. Quand la plante entre dans une rotation ordinaire, on ne la laisse durer qua deux ou trois ans; si, au contraire, elle est placée hors d'assolement, sa durée varie da quatre à six ans. Le sainfoin contribue beaucoup k améliorer le sol et à le rendre propre à la culture du froment. » L'espareette, dit Olivier de Serres, vient gaiement en terre maigre et y laisse certaine vertu engrais- ante, à l'utilité des bleds qui ensuite y sont semés.» Le sainfoin n'est pas ordinairement donné en vert aux animaux soumis au régime de la stabulation ; mais on le regarde avec raison comme le meilleur et le plus sain de tous les fourrages Secs ; il l'emporte à cet égard sur la luzerne et le trèfle, auxquels il est d'ailleurs inférieur comme rendement. Consommé en vert, il n'expose pas les animaux à la niétéorisatiofl. Il augmente la quantité et la qualité du lait des vaches. Ses fleurs sont recher chées par les abeilles. Ses graines, beaucoup plus nutritives que l'avoine, conviennent beaucoup aux oiseaux de basse-cour, qu'elles excitent à pondre, La plante a été quelquefois employée en médecine.
Ce genre renferme encore le sainfoin à bouquets ou sullah. Quant à l'aihagi et au desinodion {sainfoin oscillant), ils forment aujourd'hui des genres distincts.
SA1NGH1N-EN-WEPPES , bourg et commune de France (Nord), cant. de La Bassôe, arrond. et k 16 kilom. de Lille, sur le canal de La Bassée; pop. aggl., 2,326 hab. — pop. tôt., 2,388 hab. Blanchisserie de toiles; moulins; commerce de bestiaux, beurre et lin.
saïno s. m. (sa-i-no). Mamm. Un des noms du pécari, en Amérique.
SAINS, bourg de France (Aisne) , ch.-l. de cant., arrond. et à 12 kilom. O. de Verviers, dans une belle plaine; pop. aggl., 1,885 hab. — pop. tôt., 2,328 hab. Bonneterie, filature et lissage de laine.
SAINS, bourg de France (Somme), ch.-l. de cant. , arrond. et à 8 kilom. S. d'Amiens ; pop. nggl., 777 hab. — pop. tôt., 791 hab. Briqueterie, tuileries. On y voit le tombeau des trois saints : Geutien, Victorix et Fuseien , représentés en relief sur la pierre sépulcrale.
SAINT, SAINTE adj. (sain, sain-te— latin sanctus, mot qui appartient sans doute à la même racine que sancio, je confirme, et sacer, sacré. Pott pense au sanscrit çank, craindre, à cause du respect mêlé de crainte qu'inspire ce qui est saint; mais il propose comme plus probable un compose de sa, avec, elanc, honorer, vénérer. Benfey tente, avec bien peu de raison selon Pictet, une assimilation de sanctus et de sacer à une forme svaccha, bien transparent, bien clair, de su et accha, clair, transparent. Pictet croit que l'on trouverait une solution meilleure eu recourant k la racine sanscrite Sac, vénérer, proprement suivre, d'où le védique sacathya, respectueux). Qui est pur, exempt de souillure, d'imperfection : Dieu seul est saint et sacré. (Royer- Collard.)
Saint, saint, saint le Seigneur, le Dieu, le roi des Toute la terre est pleine de sa gloire i [oieui. ■ Lahâutwe.
— Élu, bienheureux, qui a obtenu dans le ciel la récompense promise à ceux qui observent la loi religieuse : La sainte Vierge. Les saints anges. Les saints patriarches. Les saints apôtres. Les saints docteurs. Les saints martyrs. Les apôtres saint Pierre et saint Paut. Saint Hubert était veneur avec saint Eustache. (Du Fouilloux.) La Bretagne eut seule le privilège de faire adopter un saijir avocat, saint Yves. (Renan.) 11 Qui accomplit avec une grande exactitude ses devoirs religieux : Un saint homme. Un saint personnage. Le plus grand pécheur peut devenir saint. (Acad.) Pour être saint, il suffit d'être
SAIN
juste envers Dieu, envers le prochain, envers soi-même. (Le P. Ventura.)
Pensez-vouB être saint et juste impunément?
Racine.
11 fait bon craindre» encor que l'on soit saint. La Fontaine.
Si l'on s'en rapporte à l'histoire.
Le plus tain/ homme de son temps, Noe", s'oublia tant à boire Qu'il scandalisa ses enfants.