‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 488 sur 1059 · V. SOLlÏNANDRIE · texte numérisé non relu

V. SOLlÏNANDRIE

SOLANDEll (Daniel), naturaliste suédois, élève de Linné, né dans la province de Nordland en 1736, mort en 1781. Il voyagea en Laponie, en Russie, aux lies Canaries, rapporta de belles collections d'histoire naturelle et fut nommé professeur suppléant au musée Britannique et membre de ta Société royale. Il accompagna, en 1768, le célèbre Cook dans son voyage autour du monde, recueillit un grand nombre de plantes rares et fut nommé k son retour sous-bibliothécaire du musée. Son nom a été donné à plusieurs plantes, ainsi qu'kune lie du grand Océan austral. On a de lui : Description des pétrifications trouvées dans la province de Hampshire.

SOLANDRE s. m. (so-lan-dre — de Solander, bot. suédois). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des solanées, tribu des daturées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale et aux Antilles : On cultive fréquemment en serre chaude te solandre à grandes fleurs. (Dict. d'hist. nat.)

— Syn. d'HYDROCOTYLE et de lagunes, autres genres de plantes.

— Encycl. Bot. Les solandres sont des arbrisseaux sarmenteux, k feuilles alternes, un peu charnues, ramassées à l'extrémité des rameaux ; k grandes fleurs solitaires terminales, dont la corolle a la forme d'un grand entonnoir ventru, k limbe plissé; le fruit est une capsule charnue, pulpeuse, à quatre loges polyspermes, entourée par le calice qui s est fendu sur un côté. Le solandre à grandes fleurs est l'espèce la plus connue; c'est un grand arbrisseau, k rameaux grimpants, k larges feuilles pubescentes et visqueuses ; ses fleurs, longues de 0™,2, k tube jaune verdâtre, k limbe blanc, lavées de rouge k l'intérieur, exhalent une odeur agréable, mais sont de courte durée. On cultive cette plante dans nos serres chaudes. Elle passa pour vénéneuse, comme toutes ses congénères.

SOLANDRE s. f. (so-lan-dre). Art vétér.

Crevasse qui se produit au pli du jarret, chez le cheval, et de laquelle découle une humeur acre qui corrode la peau.

— Encycl. V. malandre.

SOLANÉ, ÉEadj. (so-la-né — du lat. solanum, morelle). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la morelle.

— s. f. Nom donné aux morelles par quelques auteurs.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre morelle ; Le plus grand nombre des solanées appartient aux régions tropicales. (Ad. de Jussieu.) Les solanées ont leur siège principal dans la zone torride. (F. Hœfer).

— Une des tribus de la famille des solanées, qui comprend le genre morelle.

— Encycl. Les solanées sont des plantes herbacées ou frutescentes, k feuilles alternes, rarement géminées, simples, entières ou découpées. Les fleurs, souvent portées sur des pédoncules extra-axillaires, sont solitaires ou réunies en grappes ou en épis. Elles présentent un calice monosépale, persistant, & cinq divisions peu profondes ; une corolle mono-

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pétale, rotttcée ou k entonnoir, quelquefois iiiégulière, k cinq lobes; cinq étamines, k filets libres, rareme-nt soudés k la base; un ovaire inséré sur un disque liypo^yne, offrant deux à quatre lofjes multiovulées, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate bilobé. Le fruit est tantôt une baie, tanlôt une capsule ou une pyxide, k deux, trois ou quatre loges, dont chacune renferme plusieurs graines, quelquefois réniformes, ktest chagriné, et a embryon plus ou moins recourbé et entouré par un endq.sperme charnu. Cette famille, qui a beaucoup d'affinités avec les personnées, comprend les genres suivants : I. Nicotianées : fabiane, niérembergie, pétunia, nicotiane (tabac), lehmannie, nectouxie,marckéa. — II. Daturées ,'dictyocalyx, stramoine (dalura), brugmansie, solandre. — III. Hyoscydmées : jusquiame, anisode, scopolie. — IV. Solanées : nicandre, phy salis (coqueret), sarracha, margaranthe, wilheringie, cyphomandre , athénée, piment, auréliane, morelle {solanum), tomate, atropa (belladone), discopode, hébéclade, salpichroa, withanie, mandragore, jaborose, himéranthe, trinogéton, juanulloa, lyciet, dorystigma, acniste. — V. Cestrinées : cestreau, dunalie , habrothunine, îoehroma, acocanthère. — VI. Vesliées: vestia, cantuu, sessea, metternichie. — VII. Genres douteux : nolana, cotylanthère, isanthère, dartus, donème, etc.

Les solanées habitent surtout la zone torride; néanmoins, on en trouve encore un certain nombre dans les régions tempérées. En général, elles ont un aspect triste, un feuillage d'une teinte sombre ou livide, une odeur nauséabonde, une saveur vireuse, qui suffiraient pour les rendre suspectes. La plupart, en effet, sont des plantes plus ou moins dangereuses, bien qu'elles présentent d'assez grandes anomalies dans leurs propriétés ; elles constituent des poisons nnrcotico-âcres des plus violents; elles doivent leurs propriétés a des alcaloïdes (solanine, daturine, atropine, nicotine, hyoscynmine, etc.) qui exercent une action stupéfiante très-énergique. Leur emploi médical exige la plus grande circonspection. Toutefois, quelques-unes sont alimentaires et adoucissantes ; telles sont la pomme de terre, l'aubergine, la morelle noire, la tomate, le piment, l'alkékenge, etc.

SOLANGE (sainte), patronne du Berry. La vie de cette sainte est entièrement légendaire; on la place au ixe siècle. Les hagiographes la font naître k trois lieues de Bourges, dans un bourg appelé, en ce temps-lk, Saint-Martin-du-Gros, et qui a pris depuis le nom de Sainte-Solange. Comme la patronne de Paris, sainte Geneviève, celle du Berry était une bergère. Naturellement, elle eut aussi le don des miracles, i Ses plus anciennes Vies, dit un de ses biographes, le Père Alet, sont unanimes k ce sujet. Elle guérissait les malades, chassait les démons, obtenait la conversion des pécheurs. Il est rapporté, deux siècles plus tard, de saint François d'Assise, qu'ayant tout à fait dompté en lui-même les inclinations de la nature déchue il recouvra, par un bienfait signalé de Dieu, l'empire primitivement accordé à l'homme innocent sur les animaux et sur toute la nature. Ce privilège fut aussi accordé k la vierge de Saint-Martin-du-Gros. Plus d'une fois, elle commanda aux vents et aux orages. Ses brebis, pour être conduites, n'avaient pas besoin de coups. Les animaux, les oiseaux obéissaient à sa voix douce et forte comme celle des anges. ■

Le Berry avait alors pour seigneur Bernard, comte de Bourges et marquis de Gothie. Ce gentilhomme, ayant entendu parler des vertus et de la beauté de la bergère, fut curieux de la voir. Sous le prétexte d'une chasse, il se dirigea avec un seul écuyer, son confident, vers l'endroit où Solange faisait paître ses moutons, la rencontra et lui proposa, séance tenante, de l'épouser. Solange vit bien où il en voulait venir et lui répondit que depuis longtemps, ayant pris Jésus pour époux, elle avait fait vœu de virginité. Cette réponse ne fit qu'enflammer la passion du comte Bernard, qui mit alors en couvre tous les moyens imaginables de séduction. La jeune bergère resta inébranlable. Mais plus elle résistait, plus le séducteur sentait s'irriter ses désirs, et il voulut obtenir par la force ce qu'on refusait à ses prières ; Solange prit la fuite ; Bernard la poursuivit, parvint k l'atteindre et la plaça de force sur son cheval. Bien décidée à mourir plutôt que de laisser Bernard commettre son crime , la bergère se débattit si bien qu'elle allait lui échapper de nouveau lorsque celui-ci, transporté de fureur, lui trancha la tête d'un coup d'épée. • De cette tète virginale tranchée par le glaive, comme du vase brisé de sainte Madeleine s'était répandu un suave parfum, il s'échappa, dit la légende, le nom de Jésus trois fois répété... Pour exprimer à l'extérieur le don que Solange avait fait de tout son être sur l'autel de son cœur. Dieu permit une autre merveille; elle-même, prenant dans ses mains son chef ensanglanté, semblait encore l'offrir à Jésus, son divin chef, et, guidée parles anges, elle le porta jusqu'au lieu assigné k sa sépulture par son choix et par la Providence.' C'est là que s'est élevée l'église connue jusqu'k ce jou. sous le nom de Sainte-Solange. Là, les aveugles recouvrent la vue, les sourds l'ouïe, les muets la parole ; les boiteux marchent, les

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paralytiques et les malades sont guéris; des captifs qu'on a recommandés a l'humble martyre voient rompre leurs chaînes, les démons sont chassés des corps et des âmes! »

Voilà ce qu'il plaît aux pieux chroniqueurs de nous raconter comme des choses toutes naturelles, et il y a dans le Berry de bonnes âmes qui croient a ces contes bleus.

SOLANIDINE s. f. (so-la-ni-di-ne — rad.

solanine). Chim. Base nouvelle obtenue par un dédoublement de la solanine.

— Encycl. La solanidine est une base qui se produit en r.ïême temps que la glucose dans un dédoublement de la solanine, ce qui fait un glucoside de ce dernier corps. La solanidine paraît répondre à la formule

C25H«AzO.

Elle a été découverte à peu prés en même temps par Zwenger et Kind, d'une part, et par O. Gmelin d'autre part. Ce dernier a mis en doute la formule posée plus haut et considère la solanidine comme un corps non azoté. Pour préparer cette base, on fait bouillir la solanine avec de l'acide chlorhydrique étendu, on lave à l'eau le chlorhydrate qui se précipite, on le fait cristalliser dans un mélange d'alcool et d'éther, on le rédissout dans l'alcool et on le précipite par l'ammoniaque. On recueille la base qui se dépose et on la purifie en la faisant cristalliser dans l'alcool bouillant d'abord, dans l'éther ensuite (Zwenger et Kind). La solanidine est facilement soluble dans l'alcool et dans l'éther, mais elle est presque insoluble dans l'eau. Elle cristallise de sa solution alcoolique en longues aiguilles soyeuses incolores, de l'éther en cristaux plus épais qui, lorsqu'ils sont vus avec un grossissement suffisant, paraissent formés de prismes quadran- ^ulaires. Vivement chauffée , la solanidine tond au-dessus de 200° et se sublime presque entièrement sans décomposition. Lorsqu'on la chauffe avec lenteur, elle se décompose, mais lentement. L'ammoniaque et les alcalis fixes la précipitent à l'état amorphe de ses dissolutions salines. Une lessive bouillante de potasse ne la décompose pas, et elle ne réduit ni le chlorure d'or, ni 1 azotate d'argent, ni les solutions alcalines de bioxyde de cuivre. Sous l'influence de l'acide sulfurique modérément concentré, elle forme peu à peu une liqueur d'un rouge foncé qui renferme deux nouvelles bases précipitables par l'eau. Avec l'acide suif urique plus étendu, surtout mêlé d'alcool, elle fait naître comme la solanine une couleur rouge bleuâtre fugace, qui permet d'en reconnaître des quantités même très-petites. Zwenger et Kind ont trouvé dans la solanidine comme moyenne de trois analyses 80,92 pour 100 de carbone, IV, L5 d'hydrogène, 3,79 d'azote et 4,10 d'oxygène. La formule C2'H*SazO exige 80,87 de carbone, 11, 05 d'hydrogène, 3,77 d'azote et 4,31 d'oxygène. Avec la formule proposéepour la solanidine et la formule, douteuse il est vrai, C43H71Az016 que l'on attribue d'ordinaire k la solanine, il est toutefois impossible de se rendre compte de la réaction qui donne naissance au premier de ces corps.

— Sels de solanidine. La solanidine a une réaction quelque peu plus alcaline que la solanine et forme, à la fois des sels acides et des sels neutres le plus souvent cristallisablés, amers, peu solubles dans l'eau et dans les acides. Le chlorhydrate C25H«AzO,HCl, déposé dans une solution alcoolique renfermant de l'acide chlorhydrique et reeristallisé dans l'alcool par évaporation spontanée, forme des prismes rhombiques, peu solubles dans l'eau, facilement solubles dans l'acide chlorhydrique et dans l'alcool. Lorsqu'on le chauffe, il se volatilise sans décomposition. Le chloroplatinate, qui renferme deux molécules de ce sel pour une de chlorure platiuique, se sépare en flocons jaunâtres lorsquou ajoute du chlorure de platine et de 1 acide chlorhydrique à une solution alcoolique de solanidine et qu'on verse ce mélange dans l'eau froide. L'azotate préparé comme le chlorhydrate cristallise en touffes d'aiguilles. Le sulfate est soluble dans l'alcool, inoins soluble dans l'eau et se dépose partie à l'état d'aiguilles déliées, partie k l'état amorphe. Il constitue probablement un mélange de sulfate neutre et de sulfate acide.

SOLANINE s. f. (so-la-ni-ne — rad.soîanée). Chim. Alcaloïde trouvé dans les tiges, les feuilles et les fruits de la douce-amère et dans certaines parties des tubercules de la pomme de terre, deux plantes de la famille des solanées.

— Encycl, La formule de la solanine est C8*H68Az20î». Elle cristallise en petits prismes ; elle est inodore et incolore ; sa saveur est amère et acre. Elle est peu soluble dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther ; elle a des propriétés basiques assez puissantes. La solanine, en se combinant avec des b;ises, donne naissance à des sels qui se dessèchent pour la plupart en une masse gommeuse. La to*anine paraît être très-différente des autres alcalis des solanées. Elle ne dilate pas la pupille ; elle agit comme un narcotique puissant et elle manifeste une action paralysante énergique sur les membres postérieurs.

On la prépare en épuisant les germes de pomme de terre par l'eau acidulée, et traitant

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la dissolution successivement par l'acétate de plomb et par un lait de chaux. On fait bouillir le précipité avec de l'alcool k 80°, qui dissout I alcaloïde.

SOLANINE. ÉE adj. (so-la-nî-né — du lat.

solanum, mnrelle). Bot. Syn. de solanacé ou SOLANÉ, mais avec une acception plus étendue.

— s. f. pi. Classe de végétaux dicotylédones, comprenant les solanées et les cestrinées et, suivant quelques auteurs, les nolanées.

SOLANO s. m. (so-la-no). Vent chaud de l'Afrique, qui se fait quelquefois sentir en Espagne.

SOLANO (don Francisco, marquis DEL. Socorro), lieutenant général espagnol, né en 1770, mort en 1808. Après avoir fait avec distinction les campagnes de 1793-1794 contre la France, dans Te Roussillon et en Catalogne, il s'enthousiasma pour la Révolution française et obtint, à la paix, l'autorisation de servir comme simple volontaire sous Moreau, afin de s'initier à notre tactique militaire. Nommé, en rentrant dans sa patrie, capitaine général de l'Andalousie, il s'efforça de propager les idées libérales, interposa son autorité pour éviter le conflit entre l'Espagne et Napoléon 1er et tomba sous les coups de la populace de Cadix, excitée par les prêtres et les Anglais.

SOLANO (Francisco-Constancio), médecin et diplomate portugais, né à Lisbonne en 1777, mort à Paris en 1816. Il étudia la médecine en Hollande, puis en Angleterre, où ses opinions libérales le rendirent suspect à la police. Il passa de là en Allemagne, visita la France et revint en 1803 dans sa patrie. Il quitta le Portugal en 1807, y revint en 1815 et retourna ensuite à Paris. Il fut nommé, en 1820, chargé d'affaires du Portugal à Paris et fut envoyé l'année suivante aux Etats-Unis avec les mêmes fonctions. Il donna sa démission lors de l'avènement de dom Mi-

fuel et revint k Paris en 1831. On a de lui es traductions françaises d'ouvrages de Ricardo, de Malthus et de Godwin sur l'économie politique (1820); des grammaires et des dictionnaires portugais ; une Eistoria do Brazil (Paris, 1838, 2 vol. in-go) et quelques traités de médecine. Il fut le fondateur et le principal rédacteur de la revue Annaes das sciencias (1818-1821). Il fonda également, en 1841, une revue intitulée l'Esprit des revues anglaises, qui n'eut qu'une courte existence, et collabora à divers journaux scientifiques et littéraires et à des dictionnaires biographiques. Il a luissé de nombreux manuscrits.

SOLANO DE LUQUE (François), médecin espagnol, né àMontillo, près de Cordoue, en 1685, mort k Antequerra en 1738. U était encore étudiant à Cordoue sous Joseph de Pablo lorsque, ayant observé le pouls dicrote, il pria son maître de lui faire savoir quel est l'état intérieur du corps en rapport avec ce pouls; mais il en reçut cette réponse ridicule, que toutes ces modifications du pouls sont produites par la vapeur fuligineuse que les artères renferment. Une solution aussi peu satisfaisante l'engagea k redoubler d'attention dans ses recherches, et il trouva que le pouls dicrote dépend presque toujours du saignement de nez. Cette observation conduisit Solano à chercher comment on peut prédire les autres évacuations par le pouls. Le pouls intermittent précédâmes diarrhées ; s'il était en même temps très-mou, il indiquait des urines abondantes, et s'il était trèsdur il dénotait l'approche de vomissements. Solano observa ensuite qu'avant les sueurs il s'opérait toujours un changement remarquable dans le pouls. Il consigna toutes les observations qu'il avait faites sur le pouls dans un gros in-folio, où elles se trouvaient pour ainsi dire noyées au milieu d'un océan de subtilités. Cet ouvrage était si désagréable à lire que, du consentement de l'auteur, Guttierrez de los Rios en fit un extrait, qui fut traduit en plusieurs langues et qui contribua à faire connaître et a répandre la doctrine de Solano. L'ouvrage de Solano a pour titre : Lapis lydius Apollonis (Madrid, 1731, iii-fol.); celui de Guttierrez de los Rios: Idioma de la naturaleza con el quai se ensegna al medico, como a de curar los morbos agudos (Madrid, 1737, in-8°).

SOLANOCRIN1TE s. m. {so-la-no-kri-ni-te — du lat. solanum, morelle, et du gr. krinon, lis). Echin. Genre d'échinodermes, de la famille des crinoïdes, comprenant trois espèces fossiles des terrains jurassiques.

SOLANOÏDE s. m. (so-la-no-i-de — du lat. solanum, morelle, et du gr. eidos, aspect). Bot. Syn. de rivine : Les solanoïdks sont originaires des contrées chaudes de l'Amérique. (V. de Bomare.)

— Nom vulgairede la douce-amère, espèce de morelle.

SOLANTO, bourg maritime du royaume d'Italie, dans la Sicile, province et district de Palerme, k 17 kilom. S.-E. de cette ville, mandement de Bogheria; 3,063 hab. Il est défendu par un château fort.

SOLANUM s. m. (so-la-nomm — du lat.

solari, consoler, soulager; allus. aux propr. médic). Bot. Nom scientifique latin du genre morelle : Tous les solauums sont narcotiques. (Dict. d'hist. nat.) Le solandm de Buenos-

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Ayres est un arbrisseau des plus agréables, qui mérite d'être plus connu des amateurs. (V. de Bomare.)

— Encycl. Le genre solanum est souvent désigné sous le nom de morelle, qui se rapporte plus particulièremeut à l'une de ses espèces. A ce genre appartiennent encore la pomme de terre, l'aubergine, la douce-amère, etc. Enfin, il comprend un grand nombre d'espèces remarquâmes par les dimensions et la beauté de leur feuillage, par le port élégant ou pittoresque de leurs tiges, enfin par la furnie ou par les couleurs brillantes de leurs fruits. Lessalanums sont fort à la mode depuis quelques années; ils servent à orner les squares, les parcs, les jardins paysagers et font un bel effet, soit en massif, soit isolés au milieu des pelouses. Quelquesuns supportent assez bien lu pleine terre, mais la plupart exigent la serre chaude ; tous, néanmoins, peuvent être mis en plein air, depuis le mois de juin jusqu'aux gelées.

SOLAR (Joseph, comte dk), nom sous lequel fut désigné un sourd-muet dont on trouvera l'histoire dans notre article sur l'abbé de J'Epéb.

SOLAR (Félix), journaliste et financier fiançais, né à Castelinorin (Lot-et-Garonne) le u février 1815, mort à Bordeaux le 19 novembre 1870. Il appartenait a une famille originaire du Portugal. Envoyé à Paris pour y étudier le droit, il ne tarda pas a se livrer a ses goûts littéraires et composa un certain nombre de vaudevilles et de comédies en collaboration avec Dumanoir et Louis Lurine, entre autres Mme Basile, pièce en un acte, représentée en 1834. S'étant ensuite rendu à Bordeaux, Solar devint un des rédacteurs du Courrier de Bordeaux, que dirigeait Henri Fonfrède; mais, peu de temps après, il revint à Paris et se lança complètement dans le journalisme. Après avoir été attaché à la rédaction de la Presse, du Courrier français et du Globe, il devint, en 1845, un des fondateurs et des principaux rédacteurs du journal l'Epoque, dans lequel il fut, en compagnie de M. Granier de Cassagnac, un constant défenseur de la politique ultraconservatrice et du ministère Guizot. Après la révolution de 1848, Solar devint rédacteur en chef de la Patrie, puis passa au Messager de l'Assemblée, qui dut disparaître à la suite du coup d'Etat de 1851. Renonçant alors à la politique, il se jeta dans les affaires. Il devint directeur du Journal des chemins de fer, fonda une maison de banque avec M. Beuille. puis devint l'associé du banquier Mirés et fonda avec lui la Caisse générale des chemins de fer. Grâce à l'esprit entreprenant et audacieux de ce dernier, Solar se trouva lancé dans de multiples entreprises et acquit une grande fortune. En 1858, il devint uu des principaux propriétaires du journal la Presse, dont il fut le rédacteur eu chef au commencement de 1861. L'année précédente, il s'était séparé de Mirés et avait renoncé aux affaires. Cette même année 1861, il fit vendre aux enchères sa bibliothèque, comprenant un grand nombre de livres rares et précieux, que les bibliographes se disputèrent et qui lui rapportèrent un demi-million. U venait de céder sa part de propriété dans la Presse, lorsque Mirés fut arrêté et poursuivi au sujet des opérations faites par la Caisse des chemins de fér. Impliqué dans ces poursuites, Solar quitta la France, fut condamné par défaut à cinq ans de prison et à 3,000 francs d'amende, et, bien qu'il eût lait paraître dans les journaux une lettre dans laquelle il annonçait qu'il se présenterait en appel, il recula devant la crainte de subir un emprisonnement et resta en Italie. Pendant ce temps Mirés, avec sa fougue tenace, en appelait à toutes les juridictions, obtenait de la cour de cassation son renvoi devant la cour de Douai et se faisait acquitter par cette cour. En 1869, Solar revint en France et alla se fixer à Bordeaux. U y rédigeait depuis près d'un an un journal intitulé le Libre échange, lorsqu'il fut emporté par une violente attaque de goutte.

SOLABD adj. (so-larr). Agric. Se dit d'un bœuf qui a perdu son compagnon d'attelage.

SOLARI ou SOLARIO (Antonio), peintre italien , dit le Zlngaro (le Bohémien), né à Civita (Abruzzes) en 1382, mort à Naples en 1455. Il exerçait la profession de chaudronnier ambulant, lorsqu'il vit la fille du peintre Colantino del Fiore, qui lui inspira une vive passion. Dans l'espoir d'épouser la jeune fille, il résolut de devenir un peintre, se rendit à Bologne, où il étudia pendant sept ans dans l'atelier de Lippo Dalmasio, puis alla perfectionner son talent k Ferrare, à Venise, k Florence et à Rome. Solari était devenu un artiste d'un grand mérite lorsqu'il revint, après une absence de dix ans, a Naples, et il obtint alors la main de celle qu'il aimait. Les œuvres qu'il exécuta lui acquirent en peu de temps une grande réputation, et il ouvrit alors à Naples une école, dite des zingaresques, d'où sortirent plusieurs peintres distingués. Venu à une époque ou l'art était encore presque a l'enfance, Solari sut donner beaucoup d'expression et d'animation k ses têtes; il groupait ses figures avec intelligence, avait le sentiment de là perspective et exécutait avec soin les costumes et les paysages ; son coloria est frais, mais un peu

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cru. Parmi ses travaux, on cite les fresques qu'il exécuta à Naples, chez les bénédictins ; la Descente de croix de la chapelle de Saint- Thomas, chez les dominicains ; la Vierge entourée de saints, tableau pour le maîtreautel de Saint-Pierre-ad-Aram ; Us belles fresques du cloître San-Severino; Scint Vincent, k Saint-Pierre-Martyr; le Chrùst mort, à Saint-Dominique ; une Vierge, a.i musée des Studj, etc. On voit de lui, à la pinacothèque de Munich, saint Louis, évêque de Toulouse, et saint Ambroise ; au musée de Berlin, un tableau représentant saint Jérôme, saint Benoit el saint Martin; au musée d'Angers, un Ecce homo, peinture sèche, ; mais non sans mérite.

SOLARI ou SOLARIO, sculpteur italien, dit il Gobbo (le Bossu), qui vivait dans la seconde moitié du xvu siècle. Artiste d'un grand talent, il fut appelé à travailler à la chartreuse de Pavie, puis à la cathédrale de Milan, où l'on voit de lui plusieurs statues de grandeur colossale, un beau Christ à la colonne, Lazare, Saint Pierre , Saint Longin , Judith , Sainte Lucie, Sainte Hélène et Sainte Agathe. La chartreuse de Pavie possède de lui Ludouic Sforza et Béatrix d'&ste, sa femme, figures en demi -relief d'une grande beauté, qu'il exécuta originairement pour l'église Delle- Grazie de Milan. C'est d'après ses dessina qu'on a élevé l'église de,Santa-Maria-della- Passione dans cette dernière ville.

SOLARI ou SOLARIO (Andréa), dit Andréa del Gobbo, peintre italien, frère du précédent, né en 1458, mort après 1510. Elève de Léonard de Vinci, il devint un des meilleurs peintres de l'école lombarde. En 1507, Charles d'Amboise l'appela en France poury exécuter des peintures dans son château de Gaillon, et Solari retourna deux ans plus tard en Italie. On ne sait rien de plus sur sa vie. Ses œuvres sont fort remarquables par la science dd dessin, la finesse de l'expression et le charme du coloris. Nous citerons, parmi ses oeuvres : la Sainte Famille, au musée de Milan; l'Assomption, à la chartreuso de Pavie, terminée par B. Campi; le Christ portant su croix, au musée de Berlin ; la Vierge allaitant l'Enfant Jésus, couché sur un coussin, petite toile ravissante de grâce et d'un beau colora, au musée du Louvre ; le portrait de Charles d'Amboise, coiffé d'une toque, au même musée, etc.

SOLARI (Joseph-Grégoire), littérateur, né h Chiavari en 1737, mort en 1814. Il entra dans l'ordre des Piaristes et fut nommé par Pie VI examinateur et théologien de cet or- "dre. Lors de la fondation de la république romaine, il accepta les fonctions de commissaire dans un des départements. Après la chute de cette république, il fut emprisonné pendant quelque temps. En 1801, il fut nommé professeur de langue grecque k l'université de Gênes. Il était membre de l'institut ligurien et fut pendant quelques années secrétaire de la Société de médecine et d'émulation. On a de lui : Le Bucoliche e le Georgiche, traduites de Virgile (Gènes, 1810, in-so); L'Enéide (Gènes, îsio, 2 vol. in-S»); Le Poésie d'Orazio (Gênes, 1811, 2 vol. in-8°); Le Metamorfosi d'Ouidio (Gênes, 1814, 3 vol. in-8°); Alcuni satmi e cantici, traduits de la Bible (Turin, 1816, in-12).

SOLARI (Benoît), évêque de Noli, né à Gênes en 1742, mort en 1814. Elevé en 1778 sur le siège épîscopal de Noli, il dénonça au sénat de Gênes, le 8 octobre 1794, la bulle de Pie VI Auctorem fidei, et rédigea un mémoire contre cette bulle. Il adhéra k la révolution de Gênes de 1797 et fut nommé membre de la commission législative. Il approuva la constitution civile du clergé de France de 1790 et signa en 1798, avec Eustache Degola, une lettre d'adhésion h l'ancien clergé constitutionnel français. Invité au concile national de Paris de 1801, il s'excusa de ne pouvoir s'y rendre. On a de lui : Lettre à l'avocat Giusti (1797), où il défend le jansénisme; une Apologie de ses principes et de sa conduite, apologie dont l'abbé Degola a donné une analyse en français, sous ce titre : l'Ancien clergé constitutionnel jugé par un évêque d'Italie; Abrégé analytique de ^'Apologie du savant évêque de Noli, en Ligurie, etc. (Lausanne, 1804, in-8<>).

SOLARI EN, IENNEs. (so-la-ri-ain, î-è-ne — du lat. soiaris, qui a rapport au soleil). Nom sous lequel on désigne les habitants supposés du soleil.

SOLARINO , bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province et district de Syracuse, mandement de Floridia; 2,408 hab.

SOLARIUM s. m. (so-la-ri-omm — mot lat. signif. cadran). Moll. Nom scientifique latin des cadrans, genre de mollusques.

— Encycl. Ce genre, connu aussi sous le nom vulgaire de cadran, est caractérisé par une coquille aplatie, discoïde, k tours de spire quelquefois disjoints; un ombilic profond, caréné sur le bord; l'ouverture presque quadrangulaire, un peu dilatée, à bord droit, mince et tranchant, échancré aux deux extrémités. L'animal est allongé, cylindracé, peu épais, avec un pied court, portant en arrière un opercule corné, aplati ou conique, formé de tours de spire en nombre variable; la tête porte deux yeux et deux tentacules, et le bord du manteau forme un collier simple ou dentelé. Ce genre renferme un assez grand

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nombre d'espèces vivantes ou fossiles ; la coquille des premières est remarquable par sa forma élégante et bizarre et par les traits rayonnants qui figurent les lignes horaires d'un cadran. On les distingue aisément des trochus par l'absence de columelle.

SOLAROLO, bourg du royaume d'Italie, province de Ravenne, district de Faenza, mandement de Castel-Bolognese; 3,297 hab.

SOLAROPSIS s. m. (so-la-ro-psiss — du lat. solarium, cadran, et du gr. opsis, aspect). Moll. Genre de mollusques gastéropodes puimonés, du groupe des hélices.

SOLART s. m. (so-lar). Un des noms vulgaires de la bécasse.

SOLASTER s. m. (so-la-stèr — du lat. sol, soleil ; çster, étoile). Echin. Genre d'échinodermes, du groupe des astérides, formé aux dépens des astéries, et dont l'espèce type habite l'océan Atlantique.

SOLASTÉRIE s. f. (so-la-sté-rl). Echin.

Syn. de solaster.

SOLAT s. m. (so-la). Moll. Coquille peu connue, des genres mitre ou rocher.

SOLAYRES DE RENHAC (François-Louis- Joseph), médecin français, né à Calhac, dans les environs de Cahors, en 1737, mort à Pari3 en 1772. Après avoir fait ses études médicales à Montpellier, où brillaient alors Sauvages, Lamure, Venel et Barthez, dont il gagna l'estime et l'amitié par son zèle pout le travail et par les talents dont il donna des preuves précoces, il s'appliqua d'une manière particulière à l'anatomie et devint un habile préparateur; il suivit aussi avec beaucoup de soin les leçons sur les accouchements du professeur J. Serres, dont il fut le disciple de prédilection. En 1763, il vint à Paris et ouvrit des cours d'accouchement qui eurent beaucoup de succès. De La Martinière, qui était devenu son protecteur, le détermina k se faire agréger au collège de chirurgie, où il devait occuper une chaire. C'est pour entrer dans cette compagnie qu'il soutint, en 1771, sa thèse, devenue célèbre, sur le mécanisme de l'accouchement naturel ; mais les rapides progrès de la phthisie pulmonaire dont fl était atteint depuis plusieurs années avait' fait de rapides progrès, et il mourut à peine âgé de trente-cinq ans. Tout ce qui nous reste de Solayres se réduit aux deux écrits suivants : Élementorum arlis obstetricùe compendium (Montpellier, 1765, jn-4<>); Dissertatio de partu viribus matemis absoiuto (Paris, 1771, in- 40).

SOLBATU, UB adj. (sol-ba-tu, û — de sole, et de battu). Art vétér. Se dit d'un cheval dont la sole a été comprimée par le fer, ou par l'appui répété de corps durs.

SOLBATURE s. f. (sol-ba-tu-re — rad. solbatu). Art vétér. Maladie d'un cheval solbatu. || On dit plus ordinairement sole battue.V. SOLE.

SOLCIG s. in. (sol-sik). Bot. Ancien nom du souci.

SOLDANELLE s. f. (sol-da-nè-le — dimin.

de Vital, solda, sou, monnaie ; allus. à !a forme des feuilles). Bot. Genre de plantes, de la famille des primulacées, tribu des primulées, comprenant trois espèces, qui croissent dans les montagnes de l'Europe.

— Nom vulgaire d'une espèce de liseron.

— Encycl. Les soldanelles sont de petites plantes, à feuilles radicales, longuement pétiolées, entières, réniformes ou arrondies en cœur à leur base, réunies en touffe ou en rosette ; du milieu de celles-ci s'élèvent de longs pédoncules, terminés par des fleurs élégantes et assez grandes, bleues ou violacées. Ce genre comprend un très-petit nombre d'espèces, qui croissent dans les montagnes de l'Europe. La plus connue est la soldanelle des Alpes, plante vivace, qui dépasse rarement om,lO de hauteur, mais qui a un port très-gracieux. Elle croit jusqu'à la limite de la région des neiges éternelles. On la cultive quelquefois dans les jardins pour orner les parties ombragées des grottes et des rocailles. Elle doit être tenue à l'ombre et en terre de bruyère un peu humide. Sa fleur est quelquefois blanche. La soldanelle de montagne s en distingue par ses proportions plus fortes.

Ou appelle aussi soldanelle une espèce de liseron, à tiges basses, rameuses, couchées, portant des feuilles alternes, longuement pétiolées, réniformes, épaisses, glabres, lisses et d'un vert sombre, et de grandes fleurs rose foncé, rayées de bianc, portées sur de longs pédoncules axillaires. Cette plante croît abondamment sur nos plages maritimes et sablonneuses. Sa racine, mince, allongée, blanchâtre, laisse écouler un suc laiteux quand on la rompt. Elle a une saveur acre, salée et nauséeuse; par la dessiccation, elle perd son àcreté et devient amère. On l'a regardée comme purgative et hydragogue ; elle a été préconisée contre l'hydropisie, la paralysie et les rhumatismes, la constipation, les engorgements atoniques du ventre, etc. Elle est peu employée aujourd'hui, et on ne la trouve plus que rarement dans les offloices.

SOLDANI (Jacopo), poëte italien, né a Florence en 1579, mort dans la même ville en 1641. Il étudia le droit, s'adonna ensuite aux sciences sous la direction de Galilée, puis

• SOLD

devint chambellan du grand-duc Ferdinand II, précepteur du frère de ce prince, sénateur et enhn consul de l'Académie de Florence. Son principal ouvrage est un recueil de Satires (Florence, 1751, in-8°).

SOLDANI ou SOLDANI -BE.NZI (Maximi- Hen), sculpteur italien, né à Florence en 1658, mort à Montevarchi, près de cette ville, en 1740. Il étudia sous Joseph Arrighi,puis à Rome sous le peintre Ciro Ferri et sous le sculpteur Hercule Ferrata. Rappelé à Florence, il obtint la faveur du grand-duc, fut envoyé à Paris pour se perfectionner dans son art et revint en 1686 à Florence. Parmi ses œuvres, nous citerons : la Décollation de saint Jean-Baptiste (bas-relief); les tètes, en médailles, des cardinaux Azzolina Chigi et Rospiglioni; la tête, en médaille de grande dimension, de Louis XIV, dont le revers représente Hercule se reposant après avoir abattu l'Hydre; des mausolées, des statues, des bas-reliefs, etc.

"SOLDAN I (Ambrogio), naturaliste italien, né àFoppi (Toscane) en 1733, mort à Florence en 1808. Il entra dans l'ordre de Saint-Romuald et, pendant huit ans, apprit les sciences physiques et mathématiques, qu'il fut ensuite chargé d'enseigner aux novices. Après avoir rempli pendant huit ans les fonctions de bibliothécaire du couvent de Saint-Michel, à Pise, il se rendit k Sienne, où il étudia avec une scrupuleuse attention les coquilles fossiles. Il lit don de sa collection à Léopold de Toscane, qui lui confia la chaire de mathématiques à l'université de Sienne. En 1803, Pie VII le nomma général des cainaldules. Ses principaux ouvrages sont : Testaceographia ac zoophylographia parva et microscopica (Sienue, 1789, 8 vol. in-fol.); Sopra una pioggelta di Sassi (Sienne, 1794, in-8").

SOLDAN1E s. f. (sol-da-nl — de Soldani, natur. ilal.). Foram. Genre de foramiuiferes, réuni aujourd'hui aux operculines.

SOLDAN1TE s. f. (sol-da -ni - te). Miner. Pierre météorique.

SOLDAT s. m. (sol-da. — Les soldurii gaulois, mentionnés par Jules César, n'ont rien à faire avec la racine du mot soldat ; ce mot soldurii est traduit en grec par silodouros, et il se peut fort bien qu'il soit ibérique. Il a dû signifier dans l'origine les hommes armés de lancej, car on croit y reconnaître un mot de la même famille que le persan shil, lance, javelot, et le sanscrit cili, dard, de la racine car, blesser, et un autre mot allié au grec doru, bois, lance, et au sanscrit daru, bois. Le mot soldat est de la dernière moitié du xvie siècle et provient de l'italien soldato, ainsi que le témoigne Henri Estienne dans son Dialogue du nouveau langage français italianisé. L'italien soldato, espagnol soldado, siguitie proprement militaire à gages, mercenaire; c'est la forme participiale d'un type bas lutin solidare, soldare, en français solder, payer, de solidus, sou). Homme de guerre qui est à la solda d'un prince ou d'un Etat ; homme de guerre en général : Lever des soldats. Exercer des soldats. Se faire soldat. Faire te métier de soldat. Ce qu'un sage général doit le mieux connaître, ce sont ses soldats. (Boss.) La guerre commence, on cherche des soldats, et je vois dans Paris trois laquais derrière tin carrosse. (La Bruy.) Tout homme doit être soldat pour ta défense de la liberté. (J.-J. Rouss.) Les soldats ne sont que de brillants fabricants de chaines. (Chateuub.) Aujourd'hui, la seule tyrannie possible, en Europe, est celle d'un soldat brutal. (Azaïs.) Qu'est-ce qu'un soldat? Un homme dont la fonction est, en s' exposant à être tué lui-même, de tuer d'autres hommes. (Lamenii.) L'homme s'efface sous le soldat. (A. de Vigny.) C'est un mauvais jeu que d'employer des soldats à faire un coup d'Etat. (Dupin.) Avec la force, OM fait des soldats ; avec la loi, avec le droit, on fait des citoyens. (Franck.) Ou moment que le soldat est transformé en gendarme, c'en est fait des libertés publiques. (Vacherot.) C'est le dévouement du soldat ignoré qui fait la gloire des conquérants. (E. Laboulaye.) La haine de l'étranger et l'amour du sol forment d'ordinaire tout l'esprit public du soldat, même chez les peuples libres. (De Tocqueville.) Les soldats oublient tes institutions pour tes hommes. (Lamart.) Une des choses qui me frappent le plus à l'âge où je suis, c'est de voir les soldats de la France et même ceux du pape habillés comme des mahométans. (P. Leroux.) Appliquons-nous à former des soldats pour la liberté et contre la terreur. (E. de Gir.)

Tout homme est un soldat contre la tyrannie.

Voltaire,

Le premier qui fut roi fut un soldai heureux.

Voltaire.

Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité.

Racine.

D'où vient que personne en la vie N'est satisfait de son état?

Tel voudrait bien être soldat A qui le soldat porte envie.

L'amitié, que l'on regrette, N'a pas quitté noa climats, Elle trinque à la guinguette, Assise entre deux soldats.

BtRA.NGEU.

SOLD

— Brave, homme d'un grand courage : Il s'est conduit plutôt en soldat qu'en capitaine.

— Fig. Celui qui embrasse la défense de quelqu'un ou de quelque chose : Les soldats de l'idée. Les soldats de la Révolution. Le soldat de Jésus- Christ ne doit jamais poser les armes. (Boss.) L'homme doit être soldat du bien contre le mal. (L'abbé Bautain.)

L'artiste est un soldat, qui des rangs d'une armée Sort et marche en avant, ou chef, ou déserteur. A. de Musset.

— Simple soldat ou simplement Soldat, Militaire non gradé : Les officiers, sous-officiers (4 SOLDATS.

— Soldat de marine,. Celui qui remplit le service militaire à bord des navires de guerre.

— Soldai de fortune, Homme qui, des derniers rangs de l'armée, s'est élevé a un haut grade.

— Soldat du pape, Mauvais soldat, soldat sans courage et sans discipline.

— Soldats de plomb, Figures de soldats en plomb, dont s'amusent les enfants. Il Fig. Homme sans valeur, sans volonté :

Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous.

BÉRANOKR.

— Pop. Fille, femme à soldats, Débauchée du plus bas étage.

— Prov. Le soldat doit avoir assaut de lévrier, fuite de loup, défense de sanglier, Un bon soldat est prompt à l'assaut, prudent dans la fuite, énergique dans la défense, il Soldat malade est exempt de garde, La mauvaise santé dispense de tout travail. Il Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, L'homme soigneux profite de la négligence des autres.

— Jeux. Le soldat autrichien, Nom d'une pénitence usitée dans les jeux-gages, il Le soldat prussien, Nom d'une autre pénitence également usitée dans les jeux-gages.

— Crust. Soldat marin, Nom vulgaire du beruard -l'ermite.

— Bntom. Soldat des bois, Espèce de mante. Il Termite neutre.

— Adjectiv. Qui appartient, qui est propre aux soldats : Avoir l air soldat. Prendre des airs soldats.

— Encycl. Art milit. Nous avons en plusieurs endroits de ce Dictionnaire, et notamment au mot armée, étudié le soldat groupé en masses plus ou moins importantes. Nous allons nous contenter ici de dire quelques mots du soldat envisagé comme individu chargé d'une fonction sociale, celle de protéger le pays contre l'invasion étrangère et de faire respecter à l'intérieur les décisions- du pouvoir légalement établi.

Aujourd'hui, tout le monde est d'accord sur ce point que tout homme valide doit être soldat pendant le temps nécessaire pour apprendre le maniement des armes. Les lois qui régissent sur cette question les différents Etats de l'Europe, et la France notamment, ne réalisent point encore ce desideratum, mais on sent que les quelques exceptions laites encore aujourd'hui en faveur des ministres des cultes, par exemple, ou des moines, disparaîtront dans un avenir prochain. C'est qu'en effet tout tend à mettre chaque individu dans le droit commun, à faire disparaître les dernières traces des inégalités choquantes qui existaient il n'y a pas encore longtemps en notre pays et à bannir de nos codes ces lois qui condamnaient le pauvre à payer de sa personne l'impôt du sang, tandis que le riche échappait au service militaire à prix d'or.

Si l'on est d'accord sur l'obligation qu'impose à tous la défense de la patrie, c'est qu'on est bien près de s'entendre, du moins en France, sur la nécessité de constituer une armée purement défensive, et que tout naturellement on est conduit a penser que nul, en cas de danger, ne peut se soustraire à l'obligation de porter les armes. Le service imposé à tous et la création d'une forte armée purement défensive sont, en effet, deux choses qui semblent devoir marcher de pair, et bien qu'un exemple récent ait semblé prouver à l'Europe qu'une armée réellement nationale peut servir d'instrument de conquête à une nation ambitieuse, nous persistons k croire que, sans la folie du gouvernement français d'alors, il eût été bien difficile à la Prusse de soulever contre nous toute l'Allemagne du Nord. Ajoutons, d'ailleurs, qu'une armée nationale, dont les membres sont les travailleurs de la nation, ne peut tenir longtemps la campagne saus compromettre la fortune du pays auquel elle appartient. Ceci est une garantie contre l'amour des conquêtes, si facile à satisfaire quand on a sous la main une bande de mercenaires qu'on paye pour se battre et qu'on ne veut point solder à ne rien faire.

Inscrire dans la loi que tout citoyen valide est soldat, sans exception aucune et sans réduction à prix d'argent du temps à passer sous les drapeaux, ce temps devant être déterminé par le plus ou moins d'instruction du soldat, c'est donc du même coup substituer & une armée de mercenaires, créée pour la conquête ou pour les besoins d'un pouvoir exécutif suspect, une armée défensive , la seule qui ait sa raison d'être.-

C'est aussi, et ce point est d'une importance capitale, introduire dans les rangs d'une armée qui fut trop longtemps un ramassis d'im-

SOLD

foéciles ou de fi-ens sans aveu un élément honnête et intelligent. Il faut avoir, en effet, vécu dans l'armée, dans cette armée constituée sous l'empire du remplacement et du réengagement, pour savoir combien était peu élevé le niveau de la moralité et de l'intelligence de ceux qui composaient la troupe; les sous-oftieiers intelligents étaient très-rares, et le soldat quelque peu instruit était un mythe. Avec de tels éléments, la constitution d'une armée sérieuse était impossible. On avait une garde prétorienne, excellente contre les Arabes mal armés ou contre des citoyens sans armes; mais on ne possédait point cette armée défensive qui, nous l'espérons, sera d'ici a quelques années créée en France par la république sérieusement établie.

Nous avons dit au début de cet article que le soldat devait être chargé du soin de défendre la patrie contre l'invasion étrangère et qu'il avait en outre fonction sociale de protéger dans le pays le pouvoir légalement établi et de faire respecter ses décisions, le tout conformément à la loi.

Il ne sera pas inutile de remarquer que, dans ce dernier cas, tout autant que dans le premier, on ne peut obtenir une protection sérieuse que Bi tout citoyen est soldat. Il est évident, en effet, qu'un chef de pouvoir exécutif n'osera point exécuter un coup d'Etat contre la loi s'il a devant lui une année nationale décidée à faire respecter cette loi. Avec des armées prétoriennes, composées de soldats recrutés exclusivement dans les plus basses classes de la société, un chef de pouvoir fait ce qu'il veut et ne craint point d'opposition. Beaucoup de vin et un peu d'or, et l'on fait un 2 décembre. Avec une armée nationale, rien de pareil à craindre, car celui qui était citoyen hier, qui ne doit être soldat qu'un an, par exemple, n a point eu le temps do perdre le souvenir de ce qu'il était et tient à son droit de citoyen. De plus, on trouve dans les rangs d'une armée nationale toutes les classes de la société, et les soldats intelligents n'y manquent pas alors; ils sont une garantie contre un coup de force, car, au moment décisif ils peuvent former un noyau, se grouper sous quelques chefs respectueux de la loi et empêcher un coup de main.

Ainsi donc, au point de vue de la défense de la patrie, comme au point de vue du respect de la loi k l'intérieur, il faut que tout citoyen soit soldat , afin que, la nation étant réellement représentée dans l'armée, on y trouve toute l'intelligence, tout le dévouement, toute la force dont elle dispose et aussi le respect qu'une nation professe pour les institutions qu'elle a librement acceptées.

Si, de l'étude des fonctions sociales du soldat, nous passons à l'examen de sa situation matérielle, nous sommes contraints d'avouer qu'elle est assez mauvaise. Condamné à l'obéissance passive, asservi à des travaux durs ou répugnants, le soldat, lorsqu'il est pourvu d'une intelligence même rudiinentuire, n'accepte qu'à grand'peine d'être urrûché à ses travaux ordinaires pour prendre un genre de vie si différent de celui qu'il menait auparavant. Le despotisme de ses chefs immédiats, le dédain qu'ont pour lui les oftlciers, tout tend à lui faire prendre en haine un métier qui semble lui être imposé moins dans un intérêt général que pour fournir prétexte à la nomination d'officiers, presque toujours choisis dans les familles les plus riches.

A côté des soldais dont nous venons de parler et qui regrettent profondément d'être condamnés à ce qu'ils appellent cinq ans de galères, il en est qui acceptent avec joie l'uniforme et la triste soupe qui au moins leur est assurée durant cinq ans. Cette catégorie Se recrute parmi les paysans misérables et les ouvriers paresseux ou les individus qui n'ont point de métier. Elle est nombreuse et ne donne que de tristes soldats. C'est avec ces éléments que le second Empire formait ces bandes prétoriennes, toujours prêtes à le soutenir dans ses desseins les plus iniques et les plus arbitraires. A la sortie de l'armée, les soldats de cette catégorie fournissaient a l'Empire sa police secrète et ses sergents de ville si habiles k manier le casse-tète.

Depuis la suppression du réengagement à prix d'argent et l'obligation pour presque tous les citoyens de porter les armes au moins durant un an, un élément qui n'entrait point autrefois dans l'armée est venu s'y fondre, apportant avec lui l'intelligence de cette classe moyenne qui échappait autrefois par le rachat k l'obligation de servir. En même temps que disparaissait, en partie uu moins (on fera mieux plus tard), une criante injustice, l'armée voyait son niveau moral et intellectuel s'élever. Le vieux soldat prétorien, ivrogne, mais prêt à tout, disparaissait petit à petit pour céder la place à un soldat d'un nouveau gonre, fort dédaigné de l'Empire et de ses officiers supérieurs, mais le seul qui puisse exister sous un youvernement républicain, le soldat citoyen. Bien des choses restent à faire encore dans cette voie ; mais on est sur le point de reconnaître qu'une armée vraiment nationale, avec de bons cadres, vaut mieux qu'une bande de mercenaires commandée par des officiers de cour, et l'on se dispose, autant que le permet l'esprit de routine, à renoncer à l'ancien système et à faire de l'état de soldat, non une profession à l'usage de quelques-uns, mais une obligation pour tous.

SOLD

— AlluS. litt. Avec lu liberté D'un soldai

qui saii mal farder la vérité, Vers de Racine dans Britannicus. V earder.

Soldat fnnfarou (le) [Miles gloriosus], comédie de Plaute (vers 200 av. J.-C.). C'est une des meilleures de ce grand comique. D'un bout à l'autre de la pièce règne ce sel qui donne tant de saveur aux œuvres de Plaute. Le héros, Pyigopolinices, réunit la fatuité à la jactance militaire. C'est un grand guerrier et un bel homme, à qui personne n'a jamais résisté, qui triomphe, dit-il, de toutes ies belles comme de tous les ennemis. Son rare mérite, le double prestige de la gloire et de la beauté ne l'empêchent pas d'être joué par une jeune fille, qu'il tient sous clef, comme nos tuteurs. Palestrion, son esclave, fait venir Pyrgopolinices à Ephèse, facilite les entrevues de la jeune fille avec son amant, puis, connaissant la sotte vanité de son maître, l'attaque au défaut de la cuirasse. Son idée est en même temps profonde et comique; il lui fait accroire qu'une riche et noble dame a pris feu pour lui au seul récit de ses exploits et qu'elle brûle de l'épouser, à condition qu'il renverra sa captive. Le soldat rend la liberté à la jeune tille, qu'il a comblée de présents. Il perd sa maîtresse, et la noble dame n'existe pas. En revanche, il se laisse surprendre en flagrant délit d'adultère avec une autre, et on le roue de coups. Veut-on d'ailleurs avoir une idée exacte de son caractère, Palestrion le dépeint en ces termes : « Le soldat qui vient de s'en aller à la place publique est mon maître. C'est un homme vain, un hâbleur, un effronté, un infâme débauché, un parjure qui prétend que toutes les femmes le suivent, tandis qu'il est le jouet de celles qui le connaissent. Les courtisanes de ce pays ne peuvent même pas l'approcher sans quelque aversion ; s'il veut les embrasser, on les voit pour la plupart tourner la tête en faisant la grimace. ■ Ainsi le juge son valet. Le parasite Artotrogue le flatte davantage : « Me voici, dit-il, près d'un héros courageux, favori de la fortune, qui, dans son maintien, a la majesté d'un roi et du plus grand des guerriers. Mais lui-même n'oserait comparer sa valeur à la vôtre. De votre souffle vous avez dissipé des légions, comme le vent emporte les feuilles des forêts ou le duvet des roseaux.» Voilà ce que notre homme aime à s'entendre dire ; de tels éloges lui paraissent très-sérieux, et lorsque le parasite lui rappelle qu'il a, d'un coup de poing, rompu le bras d'un éléphant, il le reprend pour lui répondre que ce n'est pas le bras, mais la cuisse. « Et je n'y employai pas toute ma force I > ajoute-t-il. Ces éloges outrés que lui adresse le parasite dessinent parfaitement, dans le premier acte, le caractère du fanfaron. Dans les autres se déroule l'intrigue dont il est la dupe.

Cette pièce est conduite avec art, et les caractères sont bien tracés ; le rôle principal obtint un succès tel que, comme s'il eût été un personnage réel, il devint un type de ridicule chez les Romains. « Gardons-nous, dit ?[uelque part Cicéron, d'imiter le soldat fanaron. • Nos premières comédies, inspirées par le génie espagnol, sont pleines de capitans et de matamores qui descendent en ligne directe de Pyrgopolinices et

Assassinent les gens d'un seul de leurs regards.

L'esclave Palestrion, l'âme de toutes les machines fabriquées contre ce bravache à bonnes fortunes, est gai, plaisant et fertile en ressources. Il est d ailleurs merveilleusement secondé par la jeune tille, qui trompe son impertinent geôlier avec beaucoup de finesse et de grâce. Mais le rôle le plus original, c'est celui du voisin de notre matamore, vieux garçon, malin et philosophe, qui suppute le plus plaisamment du inonde toutes les économies de peines et d'argent

2u'il réalise grâce au célibat. C'est le modèle u Bonnard de Casimir Delavigne.

C'est sans doute aussi le Soldat fanfaron de Plaute qui a fourni à Corneille l'idée de son Matamore.

Soldat laboureur (lb), vaudeville de Brazier, Dumersan et Francis (théâtre des Variétés, 1« septembre 1821). Les couplets patriotiques de ce vaudeville, qui lit les délices de nos pères, retentirent aux deux bouts de la France. Il offre le spécimen d'un genre de pièces caractéristiques que l'histoire aurait peut-être tort de dédaigner. Le soldat laboureur figurait alors partout, avait place à tous les foyers ; on le rencontrait sous cadre doré dans les salons libéraux; le bourgeois et le boutiquier l'honoraient d'une bordure de bois peint ; suspendu par quatre clous, il avait sa place marquée à la muraille de l'ouvrier et du paysan. Puis, les enseignes profitèrent de sa vogue, et les devants de cheminée se disputèrent sa moustache grise, son bonnet de police, sa croix d'honneur et sa bêche.

Avant les Variétés, le Cirque avait exhibé déjà un mimodranie intitulé le Soldat laboureur. Dans le vaudeville, le principal person- [ nage porte le nom significatif de Francœur. i Son costume se compose d'un pantalon et de , guêtres de toile grise, d'uu bonnet de police, d'une veste d'uniforme avec la croix d'honneur. Lorsqu'il entre en scène, il tient une bêche sur son épaule.

Au beau pays qui m'a vu naître, Utile jusqu'au dernier jour,

SOLD

Apprenez que Francœur veut être Soldat, laboureur tour à tour.

Les champs qui nourrissent ma mère, Je dois savoir, en bon Français, Les défendre pendant la guerre, Les labourer pendant la pais..

Francœur fait ensuite allusion aux malheurs de la guerre, dont les traces sont déjà effacées, ainsi que celles, plus récentes, d'une affreuse disette. Deux ou trois ans d'abondance ont réparé tous nos maux :

Et les tendrons et les braves

Ça pousse comme le blé.

Il faut bien dire aussi que les bras ne font plus défaut aux moissons, ajoute la mère Francœur, qui se souvient de l'époque où les maris étaient rares :

Le temps n'est plus où fallait d'fortes sommes

Pour n'avoir souvent qu'un vaurien ; Mais, grâce au ciel, on ménage les hommes, Et les moissons vont bien.

Pendant que les moissonneurs sont à table, le soldat laboureur narre en couplets ronflants ses faits d'armes, dignes des paladins. Les campagnards lui prêtent une oreille émerveillée et répètent en chceur le refrain guerrier. Survient un colonel, qui a aussi ses exploits à raconter. L'occasion est trop belle pour qu'il n'en profite pas aussitôt :

Moi, j'avais dix-neuf ans à peine

Lorsqu'on me fit sous-lieutenant.

A trente ans j'étais capitaine.

Je suis colonel maintenant.

Croyez-moi, la seule vaillance

Des soldats fait des généraux.

Et plus d'un maréchal de France

Est parti le sac sur le dos.

Ce morceau, dit par Bosquier-Gavaudan, un des meilleurs chanteurs de couplets de l'époque, excitait dans la salle les applaudissements les plus frénétiques. En regardant Francœur, le colonel reste soudain frappé d'une ressemblance. Il cherche, et enfin ;

Je reconnais ce militaire;

Je l'ai vu sur le champ d'honneur.

Un mouvement involontaire

Près de lui fait battre mon cœur.

Dans une bataille, un soldat l'a tiré d'un mauvais pas. Ce soldat, c'est Francœur. Reconnaissance, émotion partagée. Enfin, l'inévitable morceau sur « l'étoile des braves » qui pare la noble poitrine de Francœur. C'est le colonel qui parle :

Ami, crois-moi, défendre sa patrie, C'est bien servir et son prince et l'honneur. Cette croix tendrement chérie Doit toujours rester sur ton cœur.

C'est une juste récompense; Car tout soldat qui, comme toi, A versé son sang pour la France A bien mérité de son roi; Oui, qui versa tout son sang pour la France A bien mérité de son roi,

Leçeintre aîné, qui s'était incarné dans son rôle de soldat laboureur, obtenait un véritable triomphe lorsque , s'avançant vers le public, il faisait vibrer, sur l'air de la Sentinelle, le couplet final :

Pour conquérir et la gloire et la paix, Ayant bravé les dangers, les alarmes, A son retour, sans crainte et sans regrets, Le vieux soldat a déposé les armes.

Après de périlleux combats, Cultivant sa terre chérie, Le laboureur vous tend les bras.

Bien sur qu'il ne trouvera pas Des ennemis dans sa patrie.

Soldai magicien (le), opéra-comique de Philidor, paroles d'Anseaurae et de Ferrières (Opéra-Comique, 1760). Le canevas de cette petite pièce, emprunté à un conte de d'Ouville, est très-amusant. Quand la pièce commence, M. et Mme Argant sent en train de faire une partie de trictrac. Mme Argant s'ennuie à mourir; son mari est contraint de quitter la partie. Il sort, en recommandant à Crispin, son valet, d'avoir l'œil sur sa femme. Quelques instants après le départ du bonhomme, un soldat se présente avec un billet de logement à la main. M™e Argant ordonne a Crispin de le mener coucher dans la chambre d'en haut, et celui-ci, son service effectué, introduit M. Biondineau, un procureur, l'amant de madame;. il se soucie, en effet, très-peu des recommandations de monsieur. Mme Argant invite à souper Biondineau, qui donne secrètement de l'argent à Crispin pour aller chez le traiteur ; il propose ensuite à Mme Argant de trouver des moyens pour faire casser son mariage. Elle ne s'en défend que médiocrement. Crispin revient avec un traiteur et dresse le couvert. Mais au moment où ils se mettent à table, M. Argant frappe à la porte. On cache le souper dans le buffet et le procureur dans la cheminée. Argant gronde beaucoup de ce qu'on l'a fait attendre dans la rue. Le soldat vient lui souhaiter le bonsoir; il le reçoit assez mal et l'envoie coucher. Mais celui-ci le prévient qu'il est sorcier et se fait fort de lui donner à souper avec quatre mots. Il trace un cercle avec son sabre, marmotte quelques paroles, puis, prenant un ton de voix prophétique, s'écriç :

O vous qui présidez aux repas des gourmands, Maîtres d'hôtel, officiers, intendants.

SOLD

Dont le nombre en enfer ainsi que dans ce monde Abonde ; Démons soumis à mes lois,

Accourez à ma voix.

Quittez un moment la cuisina

De Proserpine, Pour assouvir la faim canine

D'un honnête bourgeois.

Dans ce buffet que l'on trouve a l'instant Un aloyau succulent,

Deux lapins de garenne,

Un pâté de perdrix, Un gigot en hachis, Et d'ortolans une douzaine!

Mme Argant, qui voit bien que toute la magie du soldat consiste en ce qu'il a vu serrer dans le buffet le souper de Biondineau, craint fort qu'il n'ait vu aussi Biondineau se blottir dans la cheminée, et sa terreur redouble quand le soldat dit qu'il va faire voir le diable en personne ; mais le soldat la rassure et ordonne au diable de sortir de la cheminée sous la forme d'un procureur, Biondineau saisit avec empressement cette occasion de s'esquiver. M. Argant tombe à la renverse et madame, .affectant aussi la plus grande frayeur, imite son exemple. Bientôt le traiteur vient réclamer le prix du souper. M. Argant le prend pour un diable. Mme Argant ne sait que faire, et Crispin, qui a l'argent en poche, voudrait bien s'en aller; le traiteur croit que tout le monde est devenu fou dans cette maison. Enfin, tandis que M. Argant va - chercher de l'argent, le soldat oblige Crispin à payer. Nouvel étonnement de M. Argant, lorsqu'il revient et qu'il ne retrouve plus le traiteur. Il prie le soldat, puisqu'il a tant de pouvoir sur les démons, d'améliorer sa femme, qui le fait sans cesse enrager. « Je ne vous demande rien pour mon mari, riposte Mme Argant, car je défie tout votre pouvoir d'en taire un homme aimable. — Tout peut s'arranger, pourtant, dit Le soldat :

Vous, soyez moins coquette,

11 sera moins jaloux.

Vous, quand vous serez moins

Triste, chiche et sévère,

Votre épouse à vous plaire

Emplotra tous ses soins.

Amnistie générale des deux côtés , ajoute le soldat, embrassez-vous et ne songeons qu'à nous réjouir. « Ce petit acte est vivement mené ; l'intérêt ne languit pas, et les auteurs ont eu soin de ne pas dépasser l'étroite limite qui sépare l'excellente bouffonnerie de la charge.

Soldai malgré lui (le), opéra-comique en deux actes, paroles de MM. Duru et Chivot, musique de M. Frédéric Barbier ; représenté au théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 17 octobre 1868. La musique a du mérite. On a remarqué des chœurs bien traités, une tyrolienne et des couplets bouffes. Chanté par Bonnet, Soto, Davoust, M"e Decroix et MUe Flachat.

SOLDATE (À LA) loc. adv. (sol-da-te). A la façon des soldats. I! Peu usité.

SOLDATESQUE s. f. (sol-da-tè-ske — radsoldat). Troupe de soldats indisciplinés; ensemble des soldats, avec une intention de mépris : Une soldatesque effrénée. Un gouvernement flattant la soldatesque et s'entourant du militaire donne un signe certain de tyrannie. (Chateaub.)

— adj. Qui sent le soldat, qui appartient aux soldats : Ton soldatesque. A Venise, l'insolence soldatesque semblait s être donné

SOLD

liberté. (J. de Maistre.)

— loc. adv. A la soldatesque, A la façon des soldats : Commander dans un camp À la

SOLDATESQUE. Il Peu USÎté.

SOLDATESQUEMENT adv. (sol-da-tè-skeman — rad. soldatesque). D'une façon soldatesque, à la manière des soldats.

SOLDAO , ville de Prusse , province de Prusse, régence de Kœnigsberg, cercle et à 22 kilom. de Niedenburg, sur la petite rivière de son nom affluent de la Neida; 2,000 hab. Sources ferrugineuses.

SOLDE s. f. (sol-de. — V. solder). Administr. milit. Paye des soldats, des gens de guerre : Payer la solde. Faire une retenue sur la solde des troupes. Supplément de solde. Solde de paix, de guerre. Solde de présence, d'hôpital, de route, de semestre, de retraite. Le peuple romain, très-souvent obligé d'aller sans solde à la guerre, avait très-souvent besoin d'emprunter. (Montesq.)

— Etat d'une personne qui est payée par une autre, qui reçoit d'elle de l'argent pour lui rendre des services ; Etre à la solde d'un prince. Avoir des sicaires à sa solde. Le roi tenait l'éloquence de Mirabeau à sa solde. (Lamart.)

— Demi-solde, Solde réduite à la moitié de la solde ordinaire : Ne toucher que la dbmi- SOlde. Etre mis à la demi- solde.

— Syn. Solde, paye. V. PAYE.

— Encycl. Administr. milit. On ne connaît pas exactement l'époque à laquelle les Grecs commencèrent à payer leurs armées ; ce qu'il y a de certain, c'est que les citoyens servirent sans solde dans les premiers temps. «Les soldats s'entretenaient à leurs frais, dit John Robinson, et aucun ne pouvait s'ab-

senter des drapeaux, sous peine d'être privé de ses droits de citoyen et exclu des temples publics... Les Cariens furent les premiers Grecs qui vendirent leurs services à prix d'argent. Leur nom était devenu infâme... Pour capter la faveur des dernières classes du peuple, Périclès introduisit à Athènes la coutume de la solde militaire. Dans l'origine, les piétons reçurent 2 oboles par jour ou 10 drachmes par mois. Ce prix monta plus tard à '4 oboles... La solde des matelots était de 1 drachme par jour. Ceux qui faisaient partie de l'équipage du vaisseau sacré recevaient 3 oboles. Dans la cavalerie, chaque homme recevait 1 drachme par jour. ■

Ce fut seulement, d'après Florus, quatre siècles après la fondation de Rome, à 1 occasion du siège de Véies, que la république romaine commença à donnerune.ro/de ou paye à ses soldats. Cette solde varia suivant les temps et la nature des expéditions. A l'époque de Polybe, elle était équivalente à 0 fr, 25 ; elle monta à 0 fr. 50 sous César, à l fr. 25 sous Vespasien et à 1 fr. 50 sous Domitien Quant à la manière de payer la solde chez les Romains, quelque courte que fût la campagne, elle était comptée pour une année entière, soit à la fin de la campagne, soit de six en six mois. Les centurions et les cavaliers touchaient environ le double du légionnaire. Quant aux officiers supérieurs, ils n'avaient ordinairement d'autre récompense que l'honneur d'être utiles à leur pays, qui parfois fournissait leurs éqXtipages dans des mesures fixées par les lois.

En France, sous les deux premières races, les soldats ne recevaient point de solde. Ils se partageaient le butin avec leurs chefs. Toutefois, il paraît que Charlemagne avait quelques troupes soldées. Au moyen âge, on ne soldait que les troupes mercenaires; les autres servaient à titre de redevance féodale. « Le pillage, le partage du butin, le prix vénal des êtres humains, réduits en servitude, dit le général Bardin, ont servi de solde jusqu'au xiie siècle. On voit même, si l'on consulte les autorités que cite M. de Barante, que, sous Charles VI, il y avait des encans publics de captifs et qu'on tuait ceux dont on ne trouvait pas le débit, afin de tirer profit de leurs vêtements et d'être dispensé de les nourrir. Sous le règne suivant, la vente de Jeanne Darc valut à son propriétaire 10,000 livres. » La première paye dont l'histoire fasse clairement mention date de 1180. Elle fut accordée aux soldats par Philippe- Auguste, lorsqu'il marcha contre le comte de Flandre, mais il est indubitable que plus anciennement il avait été servi une paye à des aventuriers et que Henri II d'Angleterre entretenait des stipendiaires. Philippe-Auguste accorda une solde au gendarme-lancier amenant deux archers à sa suite. Vers cette même époque, des chevaliers consentaient à servir moyennant une grande paye, et la commensalité qu'on appelait bouche en cour, comme nous l'apprend Joinville. Il nous raconte qu'il entretenait à grand'peine dix chevaliers et qu'il se faisait lui-même entretenir par le roi le plus chèrement qu'il pouvait. Ainsi, la paye était alors octroyée et marchandée, ou par le chef de l'armée ou par un seigneur, chef de troupe. Saint Louis allouait 15 deniers à ses arbalétriers (l franc environ). Vers le milieu du xme siècle, les gentilshommes avaient 2 sous par jour, les écuyers 5 sous et les écuyers bannerets 10 sous. Au siècle suivant, l'usage des troupes soldées était universel. Les aventuriers avaient établi une comptabilité de la paye ou montre. La leur était mensuelle. En s'engageant, ils demandaient comme gratification et comme prime de recrutement un mois d'avance. Les jours de combat, ils exigeaient double paye. L'invention et l'assiette des impôts pouvaient seules, en France, rendre possible le service de la solde; mais cette double administration fut longtemps bien grossière. Le connétable s'emparait d'une partie du traitement des troupes et les souverains étaient réduits, pour trouver des hommes d'armes, à user de ressources honteuses ou inhumaines, telles que la fabrication de fausse monnaie, l'extorsion de l'argent des juifs, etc.. L'usage d'une paye royale devint général sous Philippe le Bel, parce qu'il fut impossible d'avoir des soldats sans les payer. Charles V, pour subvenir à cette dépense, employait les aides, et Charles VII la taille. Sous ce dernier roi, un homme d'armes touchait 10 livres par mois (65 fr.), un archer 4 livres (26 fr.), un page; 3 livres (19 fr. 50). Charles VII parait avoir régularisé le premier la solde des troupes ; les états généraux d'Orléans accordèrent à ce prince, en 1439, des subsides pourlasoWe de 1,500 lances, qui composèrent à cette époque toute la gendarmerie.

Les fantassins d'Edouard III jouissaient d'une paye régulière, évaluée au double du prix de la journée d'un maître charpentier et triple du montant d'un compagnon charpentier. On aurait lieu de s'étonner de cette élévation de la solde si l'on ne savait pas que l'on exigeait de ces fantassins qu'ils fussent très-habiles à tirer de l'arc.

Les hauts seigneurs, en France aussi bien qu'en Angleterre, étaient les seuls qu'on ne payât pas. Ils ne recevaient que des gratifications d'entrée en campagne et le roi leur remboursait quelquefois les chevaux tués ou mis hors de service. Dans le cours du xive siè*

SOLD

cle, on vit des nobles refuser avec dédain de recevoir aucun salaire; mais ces cas de désintéressement étaient fort rares. En 1336, pendant la guerre entre Philippe VI et les Anglais, la paye des hommes d'armes était de 30 sous, celle des bacheliers de 15, celle des écnyers de 7 sons et demi. L'ordonnance de 1338 (juin), datée de Vincennes, donnait aux piétons 12 deniers tournois et mentionnait la paye des autres gens de guerre. Des lettres patentes du 11 août 1410 fixaient la solde a laquelle avaient droit, en campagne, les arbalétriers de Paris. Elle était de 3 sous par jour; le capitaine en touchait 5. Les archers de Paris ne percevaient dans ia même position que 2 sous. Cette paye était indépendante des vivres et des chevaux. Enfin, sous Charles VII, la paye prit des formes plus régulières et plus économiques. Elle n'était plus que le sixième du traitement qui avait été alloué aux troupes féodales. Au xve siècle1, les francs-archers n'avaient pas de paya royale. Ils ne touchaient celle du Trésor qu'en temps de guerre. L'extraordinaire y pourvoyait. Les lettres royaux d'avril U67 voulaient que les commis des trésoreries des guerres payassent directement, non aux chefs de troupes, mais manuellement a chaque homme d'armes. Ce système était compliqué, mais on l'avait établi pour remédier aux abus et aux dilapidations qui avaient lieu dans la distribution de la solde. A cette époque, la paye des francs-archers était le quadruple de celle des fantassins au xviie siècle; mais les francs-archers devaient s'armer, s'habiller, s'entretenir à leurs frais. L'homme d'armes touchait 10 livres par mois; le brigandinier 100 sous. Louis XI, roi pourtant peu généreux, accordait aux soldats de son infanterie suisse une paye évaluée au taux du prix de quatre journées d'artisan. On donnait alors le nom de petite paye à une paye faite pendant la paix. Louis XII rendit de nombreuses ordonnances pour assurer un service plus régulier de la solde, afin que les gens d'armes ne fussent plus forcés de piller les bourgeois et les manaDts pour subvenir à leurs dépenses. Mais ce bienfait fut de courte durée, car les dilapidations recommencèrent pendant le règne de François I«. On lit, dans Brantôme : « On a veu le bien qui en reviendroit si l'on vouloit pratiquer la discipline; mais avant, il faudroit payer les soldats, car autrement c'est une grande injustice de les faire mourir, • c'est-à-dire de les condamner pour vol à la peine de mort, car il faut bien qu'ils volent pour se nourrir. Ces paroles témoignent que le Trésor ne s'ouvrait que fort irrégulièrement pour l'entretien des corps. L'ordonnance du 19 novembre 1549 augmentait la paye, abolissait le droit de vivre sur le peuple. Sous Henri II, on appelait payes royales des emplois^dont les émoluments étaient de 40 livres par mois. Les guerres religieuses donnèrent le signal de nouvelles dilapidations. Henri IV ne put réussir à les faire complètement disparaître. On lit dans les registres du parlement (9 février 1657) que le brigandage dont Paris était le théâtre tenait à la misérable et insuffisante rétribution des archers de police. Leurs gages n'étaient que de 3 sous et demi par jour, lesquels encore n'étaient pas régulièrement payés. L'ordonnance du 20 juillet 1660 et celle du 20 novembre 1663 donnaient 5 sous au soldat et ont été longtemps le type des tarifs. Dans les derniers siècles, la paye, l'entretien, le traitement des troupes en route, au lieu d'être au compte du roi, tombaient au compte des provinces que !a troupe parcourait; ainsi, quand la cour n'avait rien dans ses coffres, on mettait les troupes en marche. Sous Louis XV, les hautes payes furent inventées ou du moins devinrent une disposition de la loi. Sous le ministère du duc de Choiseul, la solde fut établie sur un pied variable à raison du pied de paix ou du pied de guerre. L'ordonnance du 10 juin 1762 accorda au fantassin 6 sous en temps de guerre, 5 sous 8 deniers en temps de paix. Les 8 deniers payaient le linge et la chaussure. En 1790, la solde, grâce à l'Assemblée nationale, commença à comprendre des deniers de poche. Jusque-là, le soldat n'avait rien touché sur sa paye. Bonaparte a été le créateur des doubles payes, et la Restauration a imaginé les demi- payes. Jusqu'en 1804 et 1805, il n'y eut qu'un tarif; il était public, connu, respecté. Depuis, tout fut embrouillé. Napoléon ne put, un jour, s'empêcher de déchirer des comptes qui lui étaient soumis, en s'écriant qu'ils étaient indéchiffrables et qu'il était impossible de rien comprendre à cette comptabilité. D'après le général tiardin, M. Odier et beaucoup d'autres écrivains, notre système actuel de paye n'est pas devenu pins clair qu'il l'était en 1810, bien qu'il ait été légèrement modifié par l'ordonnance du 19 mars 1823.

Nous ne pouvons analyser ici tous les documents relatifs à la tixation de la solde. Nous nous contenterons de citer les principaux décrets, lois, ordonnances et règlements, atin qu'on puisse Jes consulter au besoin :

Loi du 2 thermidor an II (20 juillet 1794).

Loi du 26 pluviôse an III (pour la gendarmerie).

Loi du 29 pluviôse au III (pour la marine).

Loi du 14 ventôse an III (pour le génie).

Décret du 5 thermidor an HI.

Loi du 2^ floréal au V (12 mai 1797).

SOLD

Loi du il prairial an V (pour l'artillerie de marine).

Loi du 23 fructidor an VII (9 septembre 1799). Cette loi fixe la solde de tous les grades dans toutes les armes. D'après cette loi et les tarifs annexés, la solde totale annuelle d'un régiment d'infanterie de bataille était de 529,065 fr. 30.

Décret du 30 décembre 1810.

T.irif du 15 juin 1812 (garde impériale).

Ordonnance du l«r septembre 1815. Cette ordonnance regarde la garde royale, dont elle fixe la solde à la moitié en sus de celle de la ligne, depuis le simple soldat jusqu'au capitaine inclusivement, et au quart en sus pour les officiers supérieurs et généraux.

Règlement du 2 février 1818.

Ordonnance du 10 novembre 1819. Cette ordonnance augmente de 200 francs la solde des lieutenants et sous-lieutenants.

Ordonnance du 9 juin 1821, touchant la haute paye des chevrons.

Ordonnance du 19 mars 1823, modifiant le système de paye.

Ordonnance du 21 février 1830, augmentant la solde des sous-ofh'ciers et soldats.

Ordonnance du 25 décembre 1837, fixant la solde de tous les grades dans tous les corps de l'armée.

Ordonnance du 25 juillet 1839, augmentant la solde des lieutenants et sous-lieutenants.

Ordonnance du 5 décembre 1810, augmentant la solde de présence des sous-olflciers et soldats.

Décret du 17 février 1853, augmentant de

0 fr. 10 par jour la solde des sous-ofticiers. Décret du 1er mai is54. Ce décret fixe la

solde de la garde impériale reconstituée.

Décret du il mars 1857. Ce décret accorde un supplément de solde de 0 fr. 03 par jour aux sous-officiers et soldats.

Décret du 9 juin 1857, accordant un supplément de soldeàe 150 francs aux capitaines, lieutenants et sous-lieutenants.

La loi du 27 juillet 1872, qui réforma complètement notre système de recrutement militaire, posa en principe qu'il ne serait donné ni prime d'argent ni prix quelconque pour les engagements et les rengagements, mais elle décida que les rengagés auraient droit à une haute paye. Dans le but de former un cadre solide dé sous-officiers et de les détourner de quitter le service à l'expiration de leur temps, l'Assemblée nationale a voté la loi du io juillet 1874. D'après cette loi, à partir du 1er janvier 1875, la solde en station avec le pain seulement est fixée comme suit pour les sous -officiers :

Infanterie : Adjudants, chefs armuriers de iro classe et sous-chefs de musique, 2 fr. 30 ; sergents-majors, chefs armuriers de 2e classe et tambours-majors, 1 fr. 40; sergents et sergents-fourriers, 1 fr. 10.

Cavalerie : Adjudants et chefs armuriers de ire classe, 2 fr. 40 j maréchaux des logis trompettes, 1 fr. 70; maréchaux des logis chefs et chefs armuriers de Se classe, 1 fr. 50 ; maréchaux des logis et maréchaux des logis fourriers, 1 fr. 20.

Artillerie (troupes) : Adjudants et chefs armuriers de ire classe, 3 ir. 25; chefs artificiers, 2 fr. 10 ; maréchaux des logis chefs et chefs armuriers de 2« classe, 2 fr. ; maréchaux des logis trompettes, 1 fr. 55; maréchaux des logis et maréchaux des logis fourriers, 1 fr. 35.

Ouvriers d'artillerie : Maréchaux des logis chefs, 2 fr. 22; maréchaux des logis et maréchaux des logis fourriers, 1 fr. 25.

Compagnie d'artificiers : Maréchaux des logis chefs, 1 fr. 90; maréchaux des logis et maréchaux des logis fourriers, 1 fr. 25.

Génie : Adjudants et chefs armuriers de ire classe, 3 tr. 15 ; sergents-majors et chefs armuriers de se classe, l fr. 90; sergents et sergents-fourriers, 1 fr. 25.

Train des équipages militaires : Adjudants, 2 fr. 40 ; maréchaux des logis chefs, 1 fr. 82 ; maréchaux des logis et maréchaux des logis fourriers, 1 fr. 20.

Services administratifs : Sergents-majors,

1 fr. 40; sergents-fourriers et sergents, 1 fr. La loi du 17 juillet 1874 ne se borne pas à

accorder une pension aux sous-officiers ayant trente-cinq ans accomplis; elle leur accorde, à partir du jour de leur rengagement, une haute paye journalière de 0 Ir. 30, et, après dix ans de service, une seconde haute paye de 0 fr. 20 qui se cumule avec la première.

Quant aux soldats et caporaux qui se rengagent, ils reçoivent également une haute paye.

« Malgré l'amélioration considérable du sort du militaire, dit le comte de Chesnel, par l'élévation de la solde, notre nrmée, comparée a celle de l'ancien régime, est relativement une moins lourde charge pour l'Etat, parce qu'elle est dégagée de ce' luxe d'officiers qui, sous les régimes qui précédèrent la Révolution, surchargeait dans de considérables proportions le budget de la guerre, sans donner plus de forces vives au pays et sans rien accorder de plus au soldat. »

Le général Dardin distingue le mot paye du mot solde, a La paye, dit-il, sort des coffres de l'Eut par les mains des payeurs ; la solde sort de la caisse à trois serrures, par les mains du quartier-maître trésorier. » Ce'te caisse à trois serrures est la caisse régimentaire, qui, en tout temps, reste au domicile du colonel, et dont cet officier, le lieutenant-colonel et le trésorier ont chacun une clef. Outre les

SOLD

fonds, celte caisse renferme encore le journal de caisse et les papiers de comptes pécuniaires. Néanmoins, le général Bardin le reconnaît, solde et paye sont depuis plus de quatre siècles employés comme synonymes dans la législation française.

SOLDE s. m. (sol-de — de solde s. f.) . Comm. et fin. Payement qui se fait pour demeurer quitte d'un reste de compte : Pour solde. Pour solde de tout compte. Il Solde de compte, Somme qui fait la différence du débit et du crédit, lorsque le compte est vérifié et arrêté. Il Solde de marchandises ou simplem. Solde, Certaine quantité de marchandises achetées en totalité et qu'on paye à meilleur compte pour cette raison : Il vient d'acheter un solde de velours.

— Encycl. Comptab. Tout compte ouvert, soit aux personnes, soit aux choses, suppose des entrées et des sorties , des recettes et des payements, ou, pour parler la langue de la comptabilité et du commerce, un crédit et un débit. Lorsqu'on veut connaître la situation respective du titulaire du compte et de ceux avec lesquels il est en relation, on additionne toutes les sommes portées au crédit, puis toutes celles portées au débit, et la différence entre les deux totaux forme le solde. Solder un compte, c'est en établir le solde, c'est le régler, le liquider, le fermer. La formule : Pour solde de tout compte, mise en forme d'acquit sur les quittances, signifie que les comptes précédents ont été balancés, que le solde ou différence qui résultait du crédit et du débit a été payé et qu'il ne reste aucun reliquat. Enfin l'expression : Solder par profits et pertes indique que le solde d'un compte, pour des raisons quelconques, ne peut être payé ou ne peut être recouvré, et fait, par conséquent, partie des articles qu'on porte au compte de Profits et pertes, soit comme perte, soit comme profit. Le solde qui sert à balancer les comptes particuliers sert

SOLD

de même à balancer le compte général qui résume les opérations et la situation de la maison de commerce lors de l'inventaire ou de la liquidation. Cette dernière opération, sauf le cas de liquidation qui donne lieu à une balance définitive, se renouvelle une fois au moins tous les ans. Le commerçant ou son comptable dresde d'abord , & l'aide des livres de comptabilité, un état qu'on appelle balance préparatoire, qui indique les totaux du crédit et du débit de tous les comptes généraux et particuliers. Le total des débits doit être égal à celui des crédits, puisque toutes les sommes ont été portées au débit d'un compte et au crédit d'un autre. Puis il est fait inventaire des espèces qui sont en caisse, des effets en portefeuille, des effets à payer inscrits sur le carnet d'échéance, des marchandises qui restent en magasin, de tout ce qui forme le passif ou l'actif de la maison. A l'aide de la balance préparatoire et de l'inventaire, on détermine quel est l'actif et quel est le passif, on l'indique sommairement et on solde ce compte général, c'est-à-dire qu'on soustrait le chiffre le plus faible du chiffre le plus fort pour savoir quelle est la différence exacte entre le passif et l'actif, et lequel des deux s'est augmenté depuis la création de l'établissement ou depuis le dernier inventaire. A l'aide du solde de chaque compte, on voit sur lesquels il y a eu bénéfice et sur lesquels il y a eu perte. Ainsi renseigné, ayant tout à la fois résumé sa comptabilité et s'étant assuré de son exactitude, on solde les comptes, c'est-à-dire qu'on les ferme pour les ouvrir de nouveau. II y a deux manières de solder les comptes : 1» par eux-mêmes ; 2° par balance de sortie, pour les rouvrir par balance d'entrée. La première façon est celle qui exige le moins de temps et d'écritures. On fait au journal deux articles dont Tun, le premier, comprend l'actif de l'inventaire, et l'autre le passif, auquel est joint le compte de Capital, formulés ainsi :

Date

Les suivants, Compte nouveau, à eux-mêmes, Compte ancien.

Caisse, solde débiteur

Marchandises générales, id

Traitks ut remises, id • • •

Suivent les comptes particuliers dont le débit excède le crédit et qui ont

donné par conséquent un solde débiteur

Total

191, tt»t> , DB»,

Même date

Les suivants, Compte ancien, à eux-mêmes, Compte nouveau.

Effets à payer, solde créditeur

Suivent les comptes particuliers dont le crédit a dépassé le débit et qui

ont fourni un solde créditeur ,

Capital, solde créditeur

Total

BSD , DI «41, DU

Les deux totaux doivent être égaux, par la raison, déjà indiquée, que toutes les sommes portées au crédit d'un compte le sont au débit d'un autre.

Quand on solde les comptes par balance de sortie, on fait deux articles comme les précédents, avec cette différence que le titre du premier est :

Balance de sortie aux suivants,

Caisse, etc. ; et celui du second :

Les suivants à Balance de sortie,

Effets à payer, etc.

On ouvre ensuite au grand-livro un compte à balance de sortie et l'on passe ces deux articles. Les comptes se trouvent fermés. Pour les ouvrir de nouveau, on fait deux autres articles, qui sont le contraire des deux premiers :

Les suivants à Balance d'entrée,

Caisse, etc. ;

Balance d'entrés aux suivants,

Effets X payer, etc.

On ouvre de même un compte à balance d'entrée et l'on passe les deux articles au grandlivre, ce qui rouvre les comptes fermés par l'opération précédente. .

Il nous reste à indiquer le sens de l'expression solde de marchandises. On a vu que le solde est un reste, un reliquat de compte, ce qui forme l'appoint d'une liquidation particulière. Par analogie, on a désigné de la même façon des lots de marchandises provenant de liquidations de fonds de commerce ou de ventes forcées, soit après saisie, soit pour cause d'expropriation ou changement de domicile,, soit enfin pour quelque autre raison, telle, par exemple, qu'une lourde échéance. Dans certaines industries et certains commerces, notamment ceux des tissus de coton ou de soie, on forme des lots de marchandises défraîchies, passées de mode ou d'un débouché trop restreint, et l'on vend ces lots, afin de renouveler le capital immobilisé, à des juifs ou marchands forains, dans des conditions exceptionnelles de bon marché. Ces marchandises sont revendues à des prix relative/nent très-réduits, ce qui en active le débouché. Ces circonstances, connues du public, fout

que ces occasions d'achat sont recherchées par lui, parce que la dépréciation subie par les marchandises ne porte que sur l'apparence et non point sur la qualité; aussi les marchands dits au déballage exploitent-ils ce genre d'attraction en annonçant la vente d'un solde de marchandises de provenance plus ou moins réelle. Certains grands magasins euxmêmes emploient le même procédé du réclame et affichent la vente d'un solde de marchandises montant parfois à un chiffre énorme et avec un rabais considérable. Pour le public et pour le commerce, cette annonce, formulée ainsi, signifie que la maison qui offre ces marchandises veut réaliser immédiatement, pour des raisons quelconques, une somme importante et qu'elle abandonne, pour y parvenir, une partie de ses bénéfices, compensés d'ailleurs par une vente exceptionnelle.

Il va de soi que souvent les marchandises en question sont cotées à des prix qui sont très- voisins de ceux qu'elles coûtent en temps ordinaire, et qu'il ne suffit pas qu'une maison annonce la vente d'un solde de marchandises avec fort rabais pour qu'il y ait nécessairement avantage à se procurer ces marchandises.

SOLDÉ, ÉE (sol- dé) part, passé du v. Solder. Qui reçoit, qui a reçu sa solde, une solde : Charles VII fut le premier des rois de France qui entretint des troupes soldées- (Acad.) La police soldée et ia presse passionnée sont des moyens imparfaits de remonter à la source de la vérité. (E. de Gir.)

— Comm. et fin. Qui a été entièrement payé : Ce compte est soldé. Toute dépense nous parait bonite gui a régulièrement été soldée. (E. de Gir.)

— Pig. Définitivement réglé : Le passé est soldé, le présent nous échappe; songez à l'avenir! (Lévis.)

SOLDER v. a. ou tr. (sol-dé — du bas latin solidare, sotdare, payer, de solidus, sou. V. sou. Le même mot latin solidare, dans son acception naturelle , raffermir, a donné le verbe français souder). Donner une solde à des troupes, les avoir à sa solde. *

— Par ext. Payer des personnes pour les faire agir daus un certain but.

SOLDER v. a. ou tr. (sol-dé — rad. solde, s. in.). Comm. et tin. Acquitter un compte,

SOLE

une dette : Solder un mémoire. Il ne m'avait donné que des à-compte, mais il vient enfin de SOLDiiR mon mémoire, de me solder. (Acad.) Pour être pamphlétaire, il suffit de posséder une plume de fer un peu effilée par te bout, avec dix francs pour acheter une rame de papier et trente francs pour solder une feuille de composition. (Cormen.)

Se solder v. pr. Etre soldé : Le budget se bolde cette année en déficit.

SOLDE VILLE s. f. (sol-de-vi-le — de Soldeville, n. pr.). Bot, Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chicoracées, dont l'es]ièce type croit en Espagne.

SOLDIGO s. m. (sol-di-go — nom portug.). Ichthyol. Syn. de tamoata.

SOLD1N, -ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et à 77 kilom. N. de Francfort-sur-1'Oder, chef-lieu de cercle, sur un petit lac de même nom; 5, 800 hab. Fabrication de draps, rubans, toiles, cuirs, bonneterie.

SOLDO {Christophe de), chroniqueur italien du xve siècle, natif de Brescia. 11 servit dans les troupes de Brescia et s'occupa de la construction et de la conservation des fortifications de cette ville. Il a publié une chronique relative à l'histoire de Brescia et de toute la province depuis septembre 1437 jusqu'en octobre 1468. Cette chronique est insérée dans le toine XXI des Scriptores rerum itaticarum de Muratori. Il en existe uu manuscrit à la Bibliothèque de Paris.

SOLDURIER s. m. (sol-du-rié — du tat.

soldurius, même sens. V. soldat). Nom sous lequel on désignait, dans la Gaule Aquitaine, des clients qui se dévouaient à lu fortune d'un chef, le suivaient à la guerre et se donnaient la mort s'ils lui survivaient dans un combat. Il On dit aussi soldurien.

SOLE S. f. (so-le — rad. sol). Agric. Etendue de terro labourable destinée a une certaine culture pendant telle ou telle année de l'assolement : On divise ordinairement une terre en trois soles. Il y a dans cette ferme quatre-vingt-dix arpents en tout ; c'est trente arpents par sole. La sole de froment est plus forte cette année qu'à l'ordinaire. (Acad.) En établissant quatre soles au lieu de trois, on peut former des combinaisons favorables dans le système de culture alterne. (Matth. de Dombasïe.) Voulant supprimer la sole triennale, je commençai d'abord par laisser deux saisons en céréales. (T. de Berneaud.)

SOLE s. f. (so-le — du Iat. solea, sole, sabot). Art vétér. Dessous du pied d'un cheval, d'un mulet, d'un âne : Ce cheval a la sole fort tendre, la sole battue, foulée, entamée, etc. (Acad.)

— Sole chauffée, Celle sur laquelle l'ouvrier tient trop longtemps appliqué le fer chaud. 0 Sole brûlée, Celle sur laquelle l'action du

fer chaud est encore plus prononcée.

— Sole battue, Syn. de solbaturë.

— Mar. Pièce de bois mise à plat pour servir d'appui et de liaison à d'autres pièces.

Il Fond d'un bateau qui n'a point de quille. — - Min. Pièce de bois sur laquelle portent les étaoçons, dans une galerie de mine.

— Techn. Partie principale et à peu près horizontale d'un fourneau d'affinerie, sur laquelle on place le métal que l'on veut traiter.

— Encycl. Art vétér. Considérée dans son ensemble et isolée des autres parties du sabot, la sole représente une plaque cornée épaisse, irrégulièrement convexe par sa face supérieure et concave par sa face inférieure, découpée circulairement dans les 5/6 de son contour et entaillée dans sa partie postérieure d'une écbancrure angulaire profonde, dont les deux bords rectilignes ne se réunissent qu'au delà même de son point central. Elle offre donc deux faces et deux bords ou circonférences. La face inférieure ou externe forme une espèce de voûte plus ou moins concave, suivant les sujets. La supérieure, encore appelée face interne, répond h la portion périphérique du tissu velouté; elle présente une multitude de petits orifices analogues à ceux de la cavité cutigérale, et dans lesquels s'enfoncent les papilles de la membrane kératogène. Le bord externe ou la grande circonférence de la sole représente une surface cylindrique dont la largeur, exactement correspondante à l'épaisseur de ia sole, augmente avec la longueur du sabot et varie comme elle. Le bord interne ou la petite circonférence forme la limite de l'échancrure angulaire dont cette plaque cornée est profondément entaillée dans sa partie

Sostérieure. Il est formé de deux côtés égaux, irigés en ligne droite du fond de l'arc-boutant jusqu'au delà du centre de la sole, où ils se réunissent à angle aigu.

La sole est divisée en régions exactement correspondantes à celles de la paroi. Ainsi, il y a une sole de la pince, des mamelles, des quartiers, des talons et des barres.

La sole a une épaisseur variable suivant la longueur du sabot; elle augmente et décroît avec elle. Cette épaisseur peut varier depuis la simple pellicule jusqu'à. Om,o* ou o™,05, et même au delà. En. général, dans les sabots qui se trouvent dans les conditions normales de longueur par une usure régulière, la sole, mesuréb au niveau des points où elle a le plus de force, égale la longueur de la inu-

SOLE

raille à la région de la pince, et c'est au delà de cette épaisseur que s'opère le phénomène de la desquamation de l'ongle, Arrivé, faute d'usure, à des dimensions exagérées en longueur.

La consistance de la sole est en raison directe de sa distance des parties vives, et elle est d'autant plus souple et flexible qu'elle est plus rapprochée des tissus mous. D où il suit que la sole est d'autant plus dure et résistante qu'elle est plus épaisse, et qu'aux lieux où elle est normalement plus épaisse la couche verticale résistante a plus de profondeur. Quant à sa couleur, la sole reflète exactement celle de la paroi; elle est noire ou blanche, suivant la coloration de cette dernière. Les colorations partielles en noir ou en blanc entraînent aussi, dans la couleur de la sole, des modifications correspondantes, a Quand lu sole a une couleur noire, dit M. Bouley, elle ne présente pas à toutes ses profondeurs une teinte uniforme. Généralement, les couches superficielles sont plus claires et se rapprochent de la couleur de l'ardoise, tandis que dans les couches profondes la teinte de fa corne se fonce de plus en plus. C'est, comme on le voit, une disposition inverse de la paroi, dont les couches profondes ont toujours une couleur blanche. » Quant à sa structure, la sole est formée de fibres longitudinales parallèles a celles de la paroi, et non pas de lames superposées, comme on l'a admis pendant longtemps, trompé par des phénomènes d'exfoliation par écailles qui se produisent sur les soles considérablement épaissies faute d'usure.

La sole peut être exposée à une multitude d'accidents et à plusieurs maladies. Elle peut, suivant les expressions usitées, être battue, baveuse, bombée, brûlée ou échauffée, comprimée, coupée, desséchée, foulée, piquée, etc.

La sole battue ou solbaturë est une affection particulière à la sole, analogue à la bleime sèche et qui reconnaît plusieurs causes, un fer mal attaché, un caillou ou autre corps étranger engagé entre le fer et la sole. Dans ces circonstances, lorsque le cheval chemine sur un terrain dur et caillouteux, chaque pas qu'il fait donne un coup dont l'impression est transmise à la partie vive du pied par le moyen du corps retenu sous le fur. Les pieds plats et les pieds combles sont bien plus sujets à cette affection que ie3 pieds creux. L'animal dont la sole est battue a le pied sensible, la corne sèche, peu d'appétit et reste couché de peur de s'appuyer sur la partie malade. Le premier moyen it employer est de faire cesser la cause occasionnelle et ensuite d'empêcher le développement de l'inflammation par l'application "des résolutifs. Pour cela, on place le pied malade dans l'eau froide ou dans un cataplasme astringent, ou mieux émollient si l'inflammation est développée. Si la résolution ne s'opère pas, la suppuration survient. Il faut alors amincir la corne jusqu'au foyer purulent, découvrir ce foyer dans toute son étendue et traiter comme une plaie ordinaire.

La sole baveuse est celle qui est molle, spon ■ gieuse, saturée d'humidité. Cette altération se montre de préférence dans les pieds plats, combles et évasés. Pour remédier à cette affection, il faut raffermir la soie par l'application de substances fortifiantes et adapter au pied une ferrure capable de préserver la sale des impressions douloureuses. Un fer léger et un peu couvert remplit cet objet.

La sole bombée est la conséquence de la fourbure ou d'un effort du sabot: mais, le plus souvent, cet accident vient delà ferrure et de ce qu'on a mis des crampons ou de fortes éponges qui ont fait fonction de pincettes et fait bomber la sole. On remédie à cetto lésion par l'application d'un fer léger, couvert et à bords renversés.

La sole brûlée ne diffère de la sole échauffée que parce que la brûlure est portée à un degré plus élevé. Cette lésion est généralement produite par un fer trop chaud tenu trop longtemps appliqué Sur la sole, dans le dessein de l'attendrir et de pouvoir ensuite parer Se pied plus facilement. La difficulté de marcher, ta douleur locale qui se réveille à la percussion et à la compression, peuvent faire soupçonner la brûlure de la sole, de laquelle on est certain lorsqu'en parant le pied on trouve la corne criblée de petitspores ouverts, desquels suinte une sérosité jaunâtre. La sole brûlée peut aussi donner lieu à de la suppuration et nécessiter l'opération de la dessolure. Dans le traitement de la sole brûlée, il faut toujours amincir la corne, que l'on rend plus souple par l'usage des substances grasses ou mucilagineuses.

La sole ou plutôt les tissus vifs qui sont au-dessous peuvent être comprimés par les clous. Dans ce cas, l'animal boite, et une douleur locale qu'il témoigne lorsqu'on percute la partie avec le brochoir ou lorsqu'on la comprime avec les tricoises peut faire soupçonner cette lésion. La sole comprimée peut donner lieu à la formation d'un foyer purulent et nécessiter l'enlèvement d'une partie de la corne. Cette affection requiert toujours l'amincissement du sabot et l'emploi des adoucissants.

La sole coupée est celle qui a été blessée avec le boutoir par l'ouvrier eu parant le pied, de manière à pénétrer jusqu'aux tissus vifs. Il en résulte des plaies plus ou moins profondes, qui causent plus ou moins de douleur et exigent quelquefois l'enlèvement de

SOLE

la corne environnante et un pansement suivi pendant un certain temps. Ces plaies, négligées ou mal soignées, font naître des cerises, des ulcères et deviennent quelquefois fort graves.

La sole desséchée est un état particulier de dureté qu'acquiert la sole par suite de ce que le maréchal pare trop cette partie chaque fois qu'il ferre le cheval. Cet accident détermine le resserrement du sabot, la compression des vaisseaux, diminue la nutrition du pied, qui devient douloureux. On remédie à cette lésion par l'usage des émollients longtemps continués.

La sole foulée est un accident de même nature que la sofe battue et n'en diffère que

f>ar la cause qui l'a produite. « La foulure de a sole, dit d'Arboval, dépend d'une marche pénible et trop longtemps soutenue sur le pavé ou sur des terrains durs ou caillouteux ; elle arrive presque toujours dans la sole des quartiers, rarement dans celle de la pince ; elle produit plus ou moins de douleur, et elle a lieu ordinairement lorsque, le cheval allant pieds nus, le bord de la paroi éclate, s'use et se détruit au point que l'appui se fait sur la soie, qui reçoit alors toutes les impressions des corps durs sur lesquels te cheval pose le pied. La sole foulée exige le même traitement, les mêmes soins et la même ferrure que la sole battue. » Enfin la sole peut être blessée par des clous, des chicots, des débris d'os ou de verre, en un mot par toutes sortes de corps contondants sur lesquels les animaux marchent. V. bnclouurk.

SOLE s. f. (so-le — du lat. solea, proprement semelle, sandale; ce poisson est, en effet, extrêmement plat, et il est tout naturel de le comparer à une semelle. Le latin solea, semelle, est de la même famille que solum, soi, planto du pied). Ichthyol. Section du genre pleuronecte : La sole commune habite principalement la Méditerranée, où la pêche en est- très-abondante. (E. Baudement.) Les soles s'enfoncent volontiers dans le sable. (V. de Bomare.)

— Encycl. Les soles forment, dans le vaste groupe des pleuronectes, une section assez naturelle, caractérisée par un corps oblong ; le museau arrondi * presque toujours plus avancé que la bouche, qui est contournée et comme monstrueuse; le coté des yeux dépourvu de dents ; le côté opposé muni de fines dents en velours serré; la joue de ce côté garnie d'une sorte de villositè; la ligne latérale droite; la nageoire dorsale commençant sur la bouche et s étendant, ainsi que l'anale, jusqu'à la queue. Les espèces de cette section sont peu nombreuses, et la plupart habitent nos mers, surtout la Méditerranée.

La sole commune a le corps plus allongé et plus étroit que celui des autres pleuronectes ; la peau couverte d'écaillés raboteuses et dentelées, brun olivâtre sur la face droite, grisâtre sur la gauche ; la tête petite; la bouche arquée; les mâchoires munies de dents fines et de petits barbillons, la supérieure proéminente; la queue arrondie à l'extrémité. On a comparé es poisson, pour la forme, îi la sole ou plante du pied, d'où ses noms scientifique et vulgaire; la qualité de sa chair lui a valu aussi, dans certaines localités, la dénomination de perdrix de mer. Les pêcheurs appellent soles doubles celles dont la couleur est brune des deux côtés, et soles contournées lesindividus qui sont bruns d'un côté et blanchâtres de l'autre.

La sole est répaudue dans les mers d'Europe, d'Afrique et d'Amérique; elle ressemble beaucoup au carrelet par sa taille, et surtout par- sa manière de vivre. « Les soles, dit V. de Bomare, s'enfoncent volontiers dans le sable , surtout pendant l'hiver , ce qui a fait soupçonner qu'elles redoutent le froid. Quand le sable est découvert ou dans les grandes marées, ou par des coups de vent, on en aperçoit de belles, mais on a de la peine à les preiylre avec la main, parce qu'étant fortes et ayant la peau glissante, du moins en allant de la tête vers la queue, elles s'échappent aisément. »

La pêche de la sole a lieu surtout depuis le mois (le février jusqu'au commencement de juillet ; on emploie quelquefois des filets traînant sur le fond ; mais, comme celui-ci est souvent vaseux, les soles ainsi prises ont un goût désagréable; aussi préfère-t-on se servir du haim, du harpon, ou d'un hameçon de plomb armé de plusieurs fers de lance que l'on jette quand on aperçoit ce poisson au fond de l'eau, où il se tient habituellement, tant pour se dérober à ses ennemis que pour guetter sa proie. La chair de la sole est saine, nourrissante et de très-bon goût; on la mange fraîche, ou du moins peu de temps après qu'elle a été pêchée. En France, on n'enlève la peau qu'après la cuisson; en Angleterre, on a soin de le faire avant toute préparation. Dans ce dernier pays, ou a aussi l'habitude de saler les soles, et on en fait sous cette forme une grande consommation.

— Art culin. La sole, l'un des poissons de mer les plus estimés, offre de précieuses ressources au cuisinier et procure un aliment léger, délicat et sain. La sole demande à être employée très-fraîche. On préfère celles qui ont la peau du dos grisâtre à celles dont la peau est noire. Voici diverses manières d'accommoder ce poisson.

— Sole au gratin. On débarrasse le poisson

SOLE

de ses ouïes, de ses intestins et de sa peau grise; on écaille la peau blanche; on le lave, on l'essuie et l'on fait, sur le côté dépouillé, une incision de 0m,005 de profondeur de chaque côté de l'arête; le poisson est ensuite ébarbé et placé sur le feu dans un plat ovale avec un morceau de beurre, un verre de vin blanc, deux pincées de sel et un peu de poivre. Au bout de cinq minutes, on verse dessus une sauce italienne et une couche de chapelure, après quoi on couvre le plat avec le couvercle de tôle, on fait un feu modéré dessus et dessous pendant uu quart d'heure.

— Sole au vin blanc. Mise dans un plat ovale avec les mêmes ingrédients que pour la sole au gratin, mais accompagnée de deux verres de vin blanc au lieu d un, la sole doit cuire avec feu dessus et feu dessous pendant vingt minutes. Dans une casserole, on met 25 grammes de beurre et 25 grammes de farine avec un peu de sel et de poivre ; on mêle bien le tout , on y ajoute un grand verre d'eau, et on fait bouillir en tournant. La sole étant suffisamment cuite, on la place dans un plat et sa cuisson est mêlée à la sauce cidessus. Cuisson et sauce sont mises sur le feu jusqu'à un premier bouillon. On y ajoute alors une once de beurre manié avec du persil haché; on retire du fourneau, on remue à la cuiller de bois jusqu'à ce que le beurre soit fondu, et l'on en arrose la sole daus le plat.

— Sole aux fines herbes. On nettoie, on pare la sole comme ci-dessus et on la met dans le plat ovale avec un morceau de beurre, du sel, du poivre, le jus d'un citron et un demiverre d eau. On fait cuire avec feu dessus et feu dessous pendant vingt minutes. Tandis qu'elle cuit, on prépare une sauce comme pour la sole au vin blanc; on met le poisson dans un plat; à la sauce mêlée avec la cuisson, on ajoute deux onces de beurre manié avec du persil haché; on fait fondre le beurre en remuant avec la cuiller, hors du feu, et on arrose la sole.

— Sole frite. Le poisson nettoyé et incisé, comme il a été dit, est entièrement couvert de farine des deux côtés; si on veut le rendre plus fin, on le fait tremper préalablement dans du lait dix minutes environ. On met ensuite la sole dans une friture, qu'il faut chauffer graduellement jusqu'à ce que la sole ait pris une belle couleur blond doré. On l'égoutte proprement, on la saupoudre de sel et on la sert avec du persil frit et un citron coupé en deux.

— Sole à la Colbert. La sole nettoyée et préparée, on fait une incision depuis les ouïes jusqu'à 0m,O4 de la queue ; on brise, avec le talon du couteau, l'arête du haut en bas, on passe la sole à l'œuf et on la fait frire, après quoi on enlève l'arête par l'incision et l'on met dans l'ouverture une sauce maître d'hôtel. Le poisson se sert avec du persil frit et la moitié d'un citron.

— Sole à la normande. Cette création de Langlais, chef de cuisine au Rocher-de-Cancale, s'obtient de la façon suivante : le poisson nettoyé et préparé, on détache les chairs de l'arête-; on beurre un plat; on le saupoudre d'oignons hachés très-fin et blanchis. La sole, salée et poivrée, est mise dans ce plat avec un peu de vin blanc; pendant qu'elle cuit, on prépare du velouté maigre, auquel on ajoute de l'eau de moules et la cuisson de la sole, lorsque celle-ci est cuite; on fait réduire cette sauce et on la lie aux œufs. Sur la sole, on étend une garniture d'huîtres, de moules, de champignons; on sauce avec de l'aile- ' mande, on met cinq minutes au four, en évitant que la sauce ne prenne couleur, et au moment de servir on garnit de croûtons.

— filets de sole. La cuisine raftinôe ne se contente pas des diverses préparations que nous venons d'indiquer; elle assaisonne les filets de sole de cent manières et obtient des filets de sole à la vénitienne, au gratin, à la Joinville,aux huîtres, aux crevettes, etc., etc. L'orly de sole mérite une mention spéciale.

On appelle orly le filet frit et servi avec sauce à part. On lève le filet, on lui donne une forme régulière; on le laisse mariner deux heures dans du jus de citron salé et poivré, auquel on ajoute de l'oignon coupé en tameset du persil en branches; on essuie les filets, on les trempe dans la pâte à frire, on les fait frire et on les sert sur du persil frit, avec une sauce tomate dans la saucière.

Les filets de sole servent souvent à garnir un vol-au-vent; voici alors comment on les prépare. On passa au beurre des oignons blancs coupés en tranches, et l'on a soin de ne pas leur laisser prendre couleur ; on ajoute dans la casserole les filets salés, poivrés et arrosés d'un jus de citron ; la cuisson a lieu à très-petit feu, de façon que les filets restent blancs. Quand ils sont cuits, on les retire pour les tailler en forme de carrés longs et en garnir le vol-au-vent, sur une béchamel ou une sauce allemande, avec champignons, truffes, fonds d'artichaut, etc., etc.

SOLE s. f. (so-le). Nom sous lequel on désignait autrefois certains magasins, il On a dit aussi seullk.

SOLE s. f. (so-le). Jeux. Boule de bois que l'on fait rouler au moyen d'une crosse, il Ou l'appelle aussi choule.

SOLE (Antoine -Marie dal), peintre italien, né à Bologne en 1597, mort en 168*. Il fut élève de l'Albane et peignit surtout des paysa-

SOLE

ges. Il peignait de la main gaf.che, ce qui lui fit donner le surnom de MancKino do' paesi. SOLE (Jean -Joseph dal), fils du précédent, né à Bologne en 1654, mort en 1719. Il étudia sous son père et sous L. Pasinelli, et peignit des sujets religieux et 'historiques. Trèsadmiré de ses contemporains, il vit sa réputation s'étendre au loin en Europe et fut invité par les rois de Pologne et d'Angleterre à se rendre à leur cour. Sa manière rappelle, en général, celle du Guide ; vers la fin de sa carrière, elle se rapproche plutôt de celle de Solimène. Parmi les productions de dal Sole, citons : le Soir, la Nuit, V Aurore, Saint-Pierre d'Alcantara (à l'église Saint- Ange, à Milan) ; les fresques de l'église Saint- Biaise, à Bologne. On a de dal Sole plusieurs gravures à l'eau-forte, parmi lesquelles on signale deux gravures, d après Pasinelli, représentant : Mars recevant un bouclier des mains de Jupiter et de Junon et Saint François-Xavier prêchant la foi dans les Indes.

SOLE (Nicolas), poète et improvisateur italien, né dans le royaume de Naples vers 1820. Il se fit connaître en 1848 par un volume, VArpa Lucana, dans lequel il chantait la patrie et la liberté, et jeta sur la tombe d Alexandre PoËrio l'un des plus beaux cris de guerre qui aient retenti en Italie. Après la réaction de 1819, il se cacha dans les montagnes de la Basilicate. Mis en jugement, puis renvoyé de l'accusation portée contre lui, il exerça pendant quelque temps la profession d'avocat dans une petite ville. Il reparut en 1859 avec un volume de vers colorés, pittoresques, et avec un poëme sur le télégraphe électrique. Sole possède un remarquable talent d'improvisation.

SOLEA s. f. (so-le-a — mot lat,), Antiq. rom. Sorte de sandale.

— Encycl. La solea consistait en une semelle qui se relevait pour garnir le talon et qui laissait le reste du pied à découvert. Elle s'attachait sur le cou-de-pied par des courroies ou des bandelettes. Les gens de la campagne portaient une solea dont la semelle était en bois, et qui ressemblait beaucoup à la sandale que l'on voit encore en usage dans certains ordres religieux. La solea des gens de la ville était en cuir. C'était la chaussure d'intérieur des gens riches. Ils la quittaient pour sortir, et quand ils allaient dîner hors de chez eux ils la faisaient emporter par un esclave dans la maison où ils se rendaient. Quand ils y étaient arrivés, ils chaussaient la solea, afin de pouvoir se placer sur le lit du festin sans le souiller. On donnait aussi le nom de solea h. une chaussure de bois qu'on plaçait aux pieds des criminels, soit comme instrument de torture, soit comme marque d'infamie, et à la bottine de fer qu'on ajustait aux pieds des chevaux et des mules. V. sandale.

SOLÉA s. f. (so-lé-a). Bot. Genre de plantes, de la famille des violariées, dont l'espèce type croît aux Etats-Unis.

SOLÉAIRE adj. (so-lé-è-re — du lat. solea, plante du pied). Anat. Se dit d'un muscle placé à la partie postérieure de 1a jambe.

— Substantiv. Le soléaire, Le muscle soléaire.

— Encycl. Le muscle soléaire, encore nommé par Chaussier tibio-calcanien, a été comparé, à cause de sa forme et de son épaisseur, à une semelle de soulier, comparaison évidemment très-grossière. 11 constitue une partie du mollet et s'insère ; 1° supérieurement, au tiers supérieur de la face postérieure du péroné et à la ligne oblique qui se dessine en arrière et en haut sur le tibia; 2° inférieurement, ses fibres charnues s'attachent vers la partie moyenne de la jambe à l'aponévrose de terminaison des muscles jumeaux pour former le tendon d'Achille qui se fixe au calcanéum. Le soléaire est recouvert par les deux jumeaux, dont il est séparé par le plantaire grêle. Il recouvre à son tour le fléchisseur commun des orteils, le fléchisseur propre du gros orteil, le jainbier postérieur, les vaisseaux et les nerfs tibiaux postérieurs et péroniers. Ce muscle très-puissant, quand il se contracte, étend le pied sur la jambe et devient ainsi l'agent principal de la progression et du saut. Sa force lui permet de soulever le poids du corps chargé quelquefois de fardeaux énormes, et dans ses contractions violentes il a pu rompre le tendon d'Achille lu fracturer le calcanéum.

SOLÉCISER v. n. ou intr. (so-lè-si-zé — rad. solécisme), Néol. Faire des solécismes : Grégoire le Grand solécisait par principe de religion. (Dider.)

SOLÉCISME s. m. (so-lé-si-sme — du lat. solœcismus, provenu lui-même du grec soloikismos, proprement la manière vicieuse de s'exprimer propre aux Soloikoi, c'est-à- dire aux habitants de Soles, en Cilicie). Faute contre la syntaxe : Faire un solécisme. Il y a un solécisme dans cette phrase. (Acad.) On pardonne tes négligences, mais non pas tes solécismes. (Volt.) Il y a moins de solécismes et moins d'obscurité dans Ariane que dans les dernières pièces de P. Corneille. (Volt.) Un barbarisme heureux reste dans une langue sans la défigurer; des solécismes ne s'y établissent jamais sans la détruire. (Chateaub.) Il est des barbarismes et des solécismes qu'il est moins fâcheux de conserver qu'il ne serait de tes effacer. (E. Littré.

SOLE

Le moindre solécisme en parlant voub irrite, Et vous en faites, vous, d'étranges en conduite.

Molière.

— Fig. et fam. Faute quelconque : Un solécisme en conduite. Il fait dans cette science d'étranges solécismes. (Acad.) Taivu la marquise irritée contre le chevalier ; mais incontinent je l'ai vue dans le jardin discourir avec lui de ta manière la plus bénévole. Quels solécismes de conduite l (Marivaux.)

— Encycl. V. BARBARISME.

SOLÉCORTE s. m. (so-lé-kur-te — du gr.

sâlên, tube; kurtos, courbé), Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, de la famille des solénacés, formé aux dépens des solens, et comprenant plusieurs espèces, vivant dans les diverses mers, ou fossiles dans les terrains tertiaires : Le splécurte rose est bien reconnaissable à sa couleur et aux sillons de sa surface. (Dujardin.)

SOLEDAD ou CONT1, île de l'Amérique du Sud, dans l'océan Atlantique austral, la plus grande de l'archipel des Malouines , après Falkland, par 51» 30' de latit. S. et 61<> de longit. O. Elle mesure 150 kilora. de longueur sur 110 de largeur. Les côtes sont très-découpées et forment plusieurs ports, dont le plus important est celui de Soledad sur la côte orientale. Bougainville y établit en 1764 une colonie de Canadiens.

Soledad (CONVENTION BE LA). V. MEXIQUE,

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