‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 523 sur 1059 · LES DEUX CORTÈGES · texte numérisé non relu

LES DEUX CORTÈGES

Deux cortèges se sont rencontrés A l'église. L'un est morne : il conduit la bière d'un enfant. Une femme le suit presque folle, étouffant Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L'autre, c'est un baptême. Au bras qui le défend Un nourrisson bégaye une note indécise; Sa mère, lui tendant le doux sein qu'il épuise, L'embrasse tout entier d'un regard triomphant.

On baptise, on absout, et le temple se vide. Les deux femmes alors, se croisant sous l'abside, Echangent un coup d'œil aussitôt détourné. Et, merveilleux retour qu'inspire la prière, La jeune mère pleure en regardant la bière, La femme qui pleurait sourit au nouveau-né.

L'auteur a réussi à exposer tout un drame en quatorze vers. Il y a là de la grâce, de la sensibilité, une grande pureté de langage, une originalité de bon aloi, mais rien de cette ironie excentrique qui inèle l'idéal au réel, le sublime uu grotesque, le rire aux larmes, et dont les caprices inattendus constituent ce qu'on appelle l'humour. Le titre, Sonnets humoristiques, est bien justifié dans la plupart des pièces et l'on y trouve une raillerie mordante, contenue, à froid, et souvent un peu amère. Il faudrait citer pour leur originalité la moitié des sonnets de ce volume.

Sonnets, de Pétrarque. V. Rimes.

SONNET (François-Charles), jurisconsulte français, né à Vesoul dans le xvie siècle, mort vers 1630. Il a publié : Primum concitium analyticum très complectens quais lianes (Paris, 1576, in-4°) ; Conseil sur tes donations réciproques des pupilles et mineurs, etc. (Besançon, 1602, in-4«). — Son neveu, Claudb- FRANçoiS,inoit à Besançon en 1630, fut théologal du chapitre de cette ville, — T. SONNiiT de Courvai, a publié des Œuvres satiriques (Paris, 2U édit., 1622, in-8"), dans lesquelles il attaque surtout les femmes et les charlatans.

SOISNBT (Miehe]-Lonis-Joseph-Hîppt>]yte), mathématicien français né à Niiney en 1803. Sorti de l'Ecole normale en 1822, il professa diins divers collèges, puis devint répétiteur à l'Ecole centrale des arts et manufactures et inspecteur de l'Académie de Paris. Ses principaux ouvrages sont : Polymnie (1839, in-4°); Nouvelle géométrie (1839, in-18); Notions de physique et de chimie (1846, in-80} ; Algèbre

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élémentaire (184S, in-8«); Problèmes et exercices d'arithmétique et d'algèbre (1858, 2 vol. in-8°).

SONNETTE s. f. (so-nè-te — dimin. de son). Clochette, ordinairement fort petite, dont on se sert pour appeler ou pour avertir : Sonnette d'argent. Sonnette de cuivre. Sonnette de fonte. Faire poser des sonnettes. Le cordon de sonnette. Tires la sonnette, afin qu'on vienne ouvrir la porte. Avoir une sonnette sur sa table pour appeler ses gens. Agiter la sonnette. Je voulais appeter ; pas de sonnette. (Laboulaye.) Ce ne fut qu'au tintement de la sonnette qu'Alfred s'aperçut qu'il avait sonné sans le vouloir et sans y songer. (Ad. Paul.) Il Bruit d'une sonnette : On n'entend pas la sonnette çttand les portes sont fermées.

— Grelot ; boulette de cuivre ou d'argent, creuse et fendue, dans laquelle il y a un petit morceau de métal qui sonne et fait du bruit quand on l'agite : Collier à sonnettes. Attacher des sonnettes aux oreilles, au cou d'un chien. On met des sonnettes aux pieds des oiseaux de proie avec lesquels on chasse. Sonnette de mulet. (Acad.) Les femmes ont porté pendant quelque temps des ceintures et des robes à la lévite ; aucune ne s'est avisée de porter des robes à sonnettes, et pour cause.

11 marchait d'un pas relevé En faisant sonner sa sonnette.

La Fontaine.

— Etre assujetti à la sonnette, Etre à la sonnette, Etre obligé de quitter ses occupations, son sommeil, etc., au bruit d'une sonnette, comme l'est un domestique.

— A- la sonnette de bois. Furtivement, sans bruit : Déménager À la sonnette de bois.

— Mécan. Machine dont on se sert pour soulever le mouton avec lequel on enfonce des pilotis et des pieux : La sonnette porte le mouton et sert à l'élever et à le laisser retomber, il Sonnette à tiraude, Celle dans laquelle le mouton est soulevé par des ouvriers tirant sur un cordage, qu'ils lâchent ensuite pour laisser retomber le mouton. Il Sonnette à déclic, Celle dans laquelle la chute du mouton, soulevé à l'aide d un treuil, est déterminée par un mécanisme automoteur.

Erpét. Serpent à sonnettes, Nom vulgaire du crotale.

— Moll. Nom vulgaire de la calyptrée équestre.

— Fauconn. Piquer après la sonnette, Suivre un faucon. Il Dérober les sonnettes, Se dit de l'oiseau qui s'en va sans être congédié.

— Techn. Marteau servant à prendre au poinçon l'empreinte en creux sur la matrice.

— Encycl. Mécan. Une sonnette se compose essentiellement de deux montants ou pièces jumelles formant coulisse. C'est entre elles que glisse le mouton, maintenu par des joues ou inentonnets, ou par des rouleaux qui s'engagent dans les coulisses. Des contre-fiches, des jambes de force et des tirants en fer assurent les montants contre les mouvements de déversement. Le mouton est élevé entre les montants à l'aide d'une corde qui va passer, à la partie supérieure de la sonnette, sur la gorge d'une poulie. C'est à l'autre extrémité de cette corde que s'applique la force nécessaire à l'ascension du mouton. On distingue : la sonnette à tiraude, la sonnette à déclic et la sonnette à vapeur. La sonnette à tiraude est la plus simple desMHnettes; avec cette machine, chaque homme agit sur une cordelle nouée au cable principal ; son effort est a peu près de 12 à 14 kilogrammes. Quoique le mouvement des bras ne soit que de 0m,90 environ, le mouton, en raison de l'élasticité des cordes et de la vitesse acquise, peut s'élever jusqu'à 101,30. Lorsque le nombre des hommes dépasse dixhuit ou vingt, l'obliquité des brins sur la Corde affaiblit la puissance d'action de chaque ouvrier ; on y remédie en rattachant à la corde principale un grand cercle auquel sont fixées les cordelles. Dans les chantiers de construction, la durée du travail journalier est de neuf à dix heures ; mais comme le tiers a peu près de ce temps est employé a disposer les appareils, on peut considérer six heures comme étant la durée du travail effectif par jour. La manœuvre de la sonnette à tiraude étant très-fatigante, on ne bat de suite que vingt '& vingt-cinq coups de mouton; comme il faut 1' 20" pour opérer ce travail, qu'ensuite on se repose pendant le même temps et que le temps perdu est de 20" environ, chaque volée exige trois minutes. A la construction du pont d'iéna, on travaillait dix heures par jour, la levée du mouton était de lm,45, on donnait moyennement douze volées de chacune trente coups à l'heure, le mouton pesait 587 kilogrammes et il était manœuvré par trente-huit hommes. De ces données il résulte que l'effort produit par chaque homme était seulement de lskilogr^Sj avec une vitesse moyenne de 0m,l45 par seconde ; cela en négligeant les frottements de l'axe de la poulie, la roideur de la corde et l'effet de l'obliquité des divers cordons tirés par un aussi grand nombre d'hommes ; de plus, la levée im,45 étant un peu forte, l'effet produit par les ouvriers devait être diminué.

— Sonnette à déclic. Lorsqu'il est nécessaire d'élever le mouton à une hauteur plus grande que l">,30, on a recours aux sonnettes

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à déclic, dans lesquelles un anneau surmonte le mouton et est saisi par une pince qui s'ouvre lorsque celui-ci est parvenu au plus haut point de sa course. Le câble attaché a la pince passe sur la gorge d'une poulie et s'enroule sur l'arbre d'un treuil mû par des hommes ou des chevaux. Dans ce système, on n'est limité ni par la hauteur de ta chute ni par le poids du mouton ; seulement il y a, pour opérer la descente de la pince, une perte de temps qui fait que l'on ne bat guère plus d'une volée il déclic de trente coups fendant que l'on peut en battre deux ou trois à la tiraude dans le même temps. Cependant, comme l'effet du travail de chaque homme est beaucoup plus faraud dans les sonnettes à déclic que dans celles à tiraude, il y a avantage à préférer les premières, sous le rapport de l'économie, malgré la longueur de l'opération. Pour la sonnette a. déclic, la puissance est donnée par la formule

P étant la puissance agissant sur la manivelle, r le rayon de la manivelle, r' le rayon des pignons montés sur l'arbre de la manivelle, r" le rayon de la roue d'engrenage montée sur l'arbre du treuil et avec laquelle s'engrène le pignon de rayon r' ; r'" le rayon du treuil ; Q le poids du mouton ; q la résistance due a la roideur de la corde sur la poulie^enfin q' la résistance due à la roideur de la corde sur le treuil. Cette formule ne tient nullement compte du frottement des axes et des engrenages. Une équipe de sonnette à déclic se compose ordinairement de six hpmmes au treuil et d'un charpentier arrimeur, et elle frappe à très-peu près un coup par minute lorsque le mouton est élevé à des hauteurs variant de 0m,30 à 4",5o au-dessus de la tête des pièces. Ce genre de sonnette, que l'on emploie généralement pour battre les longs pieux dans les terrains très-fermes et de sable fin, est surtout avantageux quand it s'agit do manœuvrer de lourds moutons de 400 à 600 kilogrammes.

Dans quelques circonstances, on emploie concurremment les sonnettes à tiraude et à déclic. La première sert à mettre en fiche, et comme avec elle la hauteur de chute est aussi faible qu'on le veut, on peut mettre de la précision dans cette opération et obvier, s'il est nécessaire, k une pose irrégulière ou a une fausse direction. La seconde sert à terminer le battage et à forcer les pilotis h traverser les bancs durs.

— Sonnette à vapeur. Depuis un certain nombre d'années, on a imaginé de substituer des appareils k vapeur au treuil de la sonnette a déclic. Dans ces machines, employées à la construction du Pont-au-Chunge, le mouton pesait 1,100 kilogrammes et était mû par une locomobile de six chevaux qui le commandait par une courroie; il donnait sept à huit coups par minute. Une sonnette a déclic ayant été employée concurremment avec une sonnette à vapeur, les nombres des pieux enfoncés par les deux machines ont été entra eux dans le rapport de ] à 3,5; le nombre des hommes employés à la manœuvre a été le atêiim, et le buttnge a vapeur, tout en procurant une grande économie de temps, a encore, parati-it, été avantageux sous le rap* port de la dépense.

SONNETTIER s. m., (so-nè-tiè — rad. sonnette). Techn. Fabricant ou marchand de sonnettes.

SONNEUR s. in. (so-neur — rad. sonner). Celui qui sonne les cloches : Payer les sonneurs. C'est Quasimodo, le sonneur de cloches! C'est Quasimodo, le bossu de Nolre- Damel (V. Hugo.)

— Ménétrier : Je m'appelle Jean Huriel, fils de Séùastien Huriel, tnaitre sonneur trèsrenommé. (G. Sand.)

— Par ext. et familièrem., Celui qui sonne la charge à l'aide de la voix ou par tout autre moyen :

L'&ne, excellent sonneur, MIsêne d'Arcadie, Devait appeler Mars, et, par sa voix hardie, Rendre le combat plus sanglant.

Lamottb.

— Sonneur de trompette, de cor, etc., Celui qui joue de la trompette, du cor, etc.

— Prov. Boire comme un sonneur, Boire avec excès et jusqu'à s'enivrer.

— Ornith. Nom vulgaire d'une espèce de corbeau qui habite les Alpes : Les sonneurs ont le vol très-élevé et vont presque toujours par troupes. (V. de Bomare.)

— Eacyd. Ornith. Le sonneur, appelé aussi coracias huppé, corbeau chauve, huppe de montagne, est de la grosseur d'une poule ordinaire ; il a la tête petite, surmontée de plumes longues, mobiles, rejetées en arrière et formant une sorte de huppe; le bec long, menu, rouge; le cou assez grêle et allongé; le plumage noir, à reflets verts et pourprés; la queue assez courte j les pieds rouges. Il n'acquiert toutefois sa huppe qu'a l'âge adulte et la perd avec l'âge; les vieux individus ont la tête jaunâtre, marquée de taches rouges. Cet oisenu habite les hautes montagnes de l'Europe centrale; il est très-répandu dans les Alpes; il choisit ordinairement pour sa retraite les gorges biou exposées entre les rochers, d'où le nom vulgaire de klauts-rappen

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(corbeau des gorges), qu'il porte dans les pays de langue allemande.

« Les sonneurs, dit V. de Bomare, ont le voî Irès-élevé, et vont presque toujours par troupes ; ils cherchent souvent leur nourriture dans les prés et dans les lieux marécageux, et ils nichent toujours au haut des vieilles tours abandonnées ou dans les fentes de rochers escarpés et inaccessibles, comme s'ils sentaient que leurs petits sont un mets délicat et recherché, et qu'ils voulussent les mettre hors de la portée des hommes. »

Le sonneur se nourrit surtout d'insectes, de larves et de vers; il fait une grande destruction de courtilières et de vers blancs ou larves de hannetons, et rend ainsi de notables services à l'agriculture. On le regarde généralement comme un oiseau de passage. Il descend des montagnes avant l'hiver; on le voit arriver en Suisse vers le commencement d'avril, en même temps que les cigognes. C'est surtout dans le courant du mois de mai que l'on recherche ses nids, pour prendre les petits, qui passent pour un très-bon gibier. Ceux qui se livrent à cette chasse laissent ordinairement un oiseau dans chaque nid, pour s'assurer du retour de ces oiseaux pour l'année suivante. La femelle pond deux ou trois œufs à chaque couvée. Quand on leur enlève leurs petits, le père et lanière jettent un cri qu'on peut exprimer par ka-ka-ka-ka; le reste du temps, ils se font rarement entendre. Ils repartent vers le mois de juin, avant tous les autres oiseaux. Les jeunes se privent assez facilement, surtout si on les a pris de bonne heure et avant qu'ils soient en état de voler.

Sonneur de Saint-Paul (le), drame en quatre actes, avec prologue et en prose, par Bouchardy, représenté sur le théâtre de la Galté, le 4 octobre 1838. Quand l'action s'engage, Charles I" vient d'être décapité. Tous ses partisans ont dû quitter Londres, et à leur tête le marquis de Richinond, qui a confié sa fille, la comtesse Clary, aux soins de John, un brave tavernier de la Cité qui a réussi à s'enfuir en Ecosse avec la comtesse. Au bout de quelque temps, désireux de revoir sa fille, le marquis de Richmund arrive en Ecosse, où le hasard seul l'amène devant l'humble cabane où John a trouvé un refuge. Le marquis ne veut plus quitter sa fill^, mais John I oblige a s'embarquer avec ellf pour l'Afrique où il ira bientôt les rejoindre. Le matin même, le tavernier a eu en main les preuves de la trahison d'un noble anglais qui, caché sous te nom de William Smith, a livré Charles 1er à Croinwell pour rester possesseur des épargnes du roi. A peine le marquis et sa tille ont-ils quitté la cabane que Bedfort le traître, le taux Smith, apparaît; il a appris que son secret était connu de John, et, saisissant une carabine, il vient droit à lui, l'ajuste et l'étend à ses pieds. Dix-sept ans après, protecteur et protectorat ont disparu, on retrouve la comtesse Clary mariée à Bedfort et mère d'un fils dont son sauveur, John le tavernier, est le père. Elle n'a cédé qu'à la violence eu devenant la famine de Bedtort, qui n'a pas hésité à adopter le fils de John qu il croit mort. Mais celui-ci n'a pas succombé ; il est devenu aveugle par suite de sa blessure, et, de retour à Londres, il a obtenu le poste de sonneur de Saint-Paul. Il a pour compagne et pour guide une jeune orpheline du nom da Marie, qu'il a recueillie, et cette gracieuse tille a éveillé une ardente passion dans le cœur de lord Henry, le fils adoptif de Bedfort. Celui-ci s'introduit dans la maison de John pour faire la cour k Marie, qu'il promet d'épouser. Bedfort, informé de cet amour de son fils pour une pauvre orpheline, veut s'y opposer, d'autant plus qu'il désire marier Henry à la fille du chambellan du roi Charles II. 11 fait enlever Marie. Mais un jeune médecin allemand, Albinus, amoureux de lu fille du chambellan et jaloux des projets de Bedfort pour son fils, avertit en toute hâte le sonneur de l'enlèvement de Marie, et il conduit le vieil aveugle chez lord Bedfort. A peine est-il arrivé qu'une voix de femme vient frapper ses oreilles. Cette voix, c'est celle de Clary, il n'en peut douter. Il la cherche..., mais il est aveugle ; il se traîne vers une porte ; il crie, il appelle... Albinus se présente : « La vue ! La vue, pour une minute l lui dit-il, dussé-je en mourir I » Albinus n'ose d'abord entreprendre l'opération qui seule peut rendre la vue au vieillard ; enfin il consent et l'entraîne chez lord Henry. Pendant ce temps, Bedfort a ordonné des perquisitions chez le sonneur, sur l'accusation de cromioellisme qu'il a portée contre lui, et les inquisiteurs ont mis la main sur la lettre qui, dix-sept ans auparavant, avait révélé à John la trahison de Smith. Celui-ci reconnaît alors que l'homme qu'il croyait avoir tué n'est autre que le sonneur de Saint-Paul; it voit qu'il est perdu et que pour étouffer l'affaire une bonne l'ois il faut en finir avec John. Par malheur, Albinus, qui a fait subir au vieillard l'opération tant sollicitée, ne le quitte pas un moment et Bedfort ne peut arriver jusqu'au sonneur. Un jour pourtant, la sollicitude d'Albiuusse refroidit, et c'est assez d'une heuie d'abandon de sa piirt pour permettre à Bedfort d'enlever le vieillard, de le faire enfermer dans les caveaux de la tour de Londres, et de publier partout sa mort. Lndy Clary a appris le vrai nom du sonneur de Saiut-Paui, et, croyant comme tout le monde k sa mort, elle va sup-

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plier le roi de lui permettre d'ensevelir dans la tour de Londres l'homme qui l'a sauvée jadis avec son père. Le roi y consent et descend lui-même dans les caveaux où il rencontre John vivant, John qui a recouvré !a vue, et de la bouche duquel il apprend quel traître il a dans les rangs de sa noblesse. Mais ce William Smith, comment le reconnaître parmi toute la noblesse anglaise? Charles II affuble John de sa pelisse, lui couvre le visage de son masque et l'entraîne dans un bal donné par Bedfort. Toute la noblesse y est réunie et John doit y reconnaître le faux Wiliiam Smith. Il le reconnaît en effet dans la personne de Bedfort ; mais il ne peut le livrer au roi ; Bedfort est l'époux de Clary, le père adoptif de Henry, et la sentence des régicides doit proscrire et flétrir tous ceux qui porteront le nom du coupable. John s'enferme avec Bedfort, se démasque devant lui, et le force au suicide en lui lisant la sentence écrite par lord Bedfort lui-même sous la dictée du roi. La suite se devine : Albinus épouse la fille du chambellan ; lord Henry obtient la main de Marie; John et Clary légitimiMit la naissance de leur fils. Tel est, en raccourci, le drame qui a commencé, avec Gaspardo le pêcheur, la réputation de Bouehardy. (J'est par centaines que l'on compte les représentations qu'a eues le Sonneur de Saint-Paul, repris très-fréquemment, et que le théâ're du Châtelet représentait encore en août 1375. Ce drame, dont la vogue a été extraordinaire, « est d'une construction savante, mais lourde, dit M. Sarcey ; les assises en sont cyclopéennes. » Il est plein d'invraisemblances, d'obscurités et d'erreurs historiques, mais il abonde en péripéties, en jeux de scène, en coups de théâtre destinés à surexciter les nerfs d'un public avide d'émotions fortes. On y sent un esprit ingénieux, plein d'inventions et de ressources. L'intérêt ne faiblit pas un seul instant; l'émotion grandit à chaque scène et ne laisse pas de place à la réflexion; les péripéties se croisent, se heurtent et vous entraînent jusqu'au dénoûment.

SONNEZ s. m. (son-né). Se dit aux jeux de dés et particulièrement au trictrac, lorsque le coup de dés amène les deux six : J'ai amené de suite deux sonnez qui m'ont fait perdre la partie. (Acud.)

Tu voyais tous tes biens, au sort abandonné»,

Devenir le butin d'un pique ou d'un sonnet.

Bon, eau.

SONNIN (Ernest-Georges), architecte, né à Perkberg, dans la Marche de Preignitz, en 1709, mort en 1794. II étudia à Altona et à Halle. Il se rendit ensuite à Iéna, puis revint à Altona où il établit un atelier d'instruments de physique et de mathématiques. Il s'occupa ensuite d architecture et construisit à Altona un grand bâtiment occupé par une brasserie. I! fut plus tard nommé par le sénat de Hambourg architecte de 1 église Saint-Michel , qu'on devait construire sur l'emplacement d'une église détruite par la foudre en 1750. C'est à Sounin que revient l'honneur d'avoir fait construire cette église , une des plus belles du xvme siècle, Précy, l'architecte en chef, n'ayant joué dans cette circonstance qu'un rôle secondaire. Sounin a dirigé encore plusieurs autres constructions.

SONNINI DE MANONCOUUT (Charles-Nicolas-Sigisbert), savant et voyageur français, né à Lunéville le l«t février 1751, mort k Paris le 9 mai 1812. Son père était un Romain qui vint faire du commerce en Lorraine, s'y enrichit, puis reçut une charge financière du roi Stanislas qui l'anoblit (1756). Sonuini lit de brillantes études chez les jésuites de Pontà-Moussoiiet fut reçu docteur en philosophie à seize ans. Bien qu'il eût un goût très-vif pour les sciences, il étudia le droit pour plaire à son père, et devint, en 1768, avocata Nancy. D'une humeur aventureuse , il abandonna bientôt le barreau pour servir dans les hussards, qu'il quitta pour entrer dans les troupes de marine. Envoyé à la Guyane en 1772, Sonnini se livra à de grandes explorations, traversa la colonie dans toute son étendue jusqu'au Pérou (1774), et revint en France en 1776 pour s'y guérir d'une fièvre qui le rongeait. Il apporta une précieuse collection d'oiseaux rares, dont il lit don au cabinet d'histoire naturelle, fut nommé ingénieur et passa quelques moisà Montbard, auprès de Buffon, qui le chargea de décrire vingt-six espèces d'oiseaux exotiques, pour ton ornithologie. En 1777, Sonnini partit avec le baron de Tott pour l'Egypte. Il avait l'intention de traverser l'Afrique jusqu'au cap de Bontte-Espérance; mais sur l'ordre du gouvernement il dut se borner â explorer en tout sens l'Egypte, dont il étudiâtes productions naturelles, puis il parcourut la Turquie, la Grèce et visita les principales îles de l'Archipel. Lorsqu'il revint en France en 1780, son pèreétaitmortetca ne fut pas sans peine qu'il parvint à ressaisir des débris de l'héritage paternel dont s'étaient emparés des parents avides. Ayant repris possession de la petite terre de Manoncourt, il s'y adonna à l'horticulture et y introduisit diverses plantes étrangères, la julienne, la lentille de Canada, le chou-navet de Laponie, etc. Pendant la Révolution, Sonnini fut d'abord juge de paix, puis un des administrateurs de lu Meui-the (1793). Emprisonné, puis relâché, ayant perdu presque tout ce qu'il avait par suite de la dépréciation des assignats, il se rendit k Paris, où il s'adonna à des travaux scientifiques et littéraires. En

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