VOLTAIRE
Mais le soir, le verre en main, On s'endort, et c'est dommage; Si l'on soupait le matin, On boirait bien davantage.
Désauciiers.
— Se coucher sans souper. Etre privé de souper, condamné à aller au lit sans avoir soupe.
— Souper par cœur, Ne pas souper du tout.
— Prov. Couche-toi sans souper, et tu te trouveras le matin sans dettes, Si tu veux payer tes dettes, diminue tes dépenses de table.
— Gramm. V. la note sur le mot avec.
— - AllUB. nist. Nom louperom ce soirclioa
Platon, Mot de Léonidas à ses trois cents Spartiates pendant le repas qui précéda Jeur mort glorieuse. V. Léonidas.
■ Tout d'un coup la vieille porte s'illumina comme par enchantement, et six beaux laquais armés de torches inondèrent les deux carrosses de leurs clartés.
» Bravo 1 s'écria de Vannes en montrant à » Genlis cette radieuse livrée du financier, » nous souperons ce soir chez Plutus. »
Roqkr de Beauvoir.
« La veille même du jour où commença la stagnation de l'Europe littéraire, Victor Bohuin donna dans les salles de ta rédaction du journal un bal splendide, où il dansa avec ses trois cents actionnaires, aussi courageusement que jadis, à la veille du jour de la bataille des Thermopyles, Léonidas se réjouit avec ses trois cents Spartiates. >
Henri Heine.
— Allus. Uttér. 11 dtnali de l'nutel el uupnll «lu Ikéâlro , Le malin catholique et le aoir idolâtre, Vers d'une épitaphe satirique de l'abbé PelJegrin. V. théâtre.
SOUPÈSEMENT s. m. (sou-pè-ze-man — rad. soupeser). Action de soupeser, il Peu usité.
SOUPESER v. a. ou tr. (sou-pe-zé — de sous, et de peser. Change e en ê devant une syllabe muette : Je soupèse; ils soupèseront). Lever quelque chose avec la main, pour se rendre compte du poids : Vous croyez que cela n'est pas lourd; souPESEZ-/e un peu pour
Soup
en juger. (Acad.) Il soupesait sans parler les ducats qu'il avait dans la main, et y trouvait un argument sans réplique. (Mérimée.)
SOUPEOR, EUSE s. (sou-peur, eu-ze — rad. souper). Personne qui soupe, personne qui a l'habitude de souper: Il y a aujourd'hui peu de SOUPEURS. (Acad.) Le nombre des soupeuses et des voyageuses n'augmente pas. (Mme du Deffant.) intrépide chasseur, fumeur, dineur et Soupeur, il étonnait autant à table que dans une partie de plaisir. (Bulz.)
SOUPBI s. m. (sou-fi). V. soufi.
SOUPHISME s. m. (sou-fl-sine). V. soufisme.
SOUP1ED s. m. V. SOUS-PIED.
SOUPIER, 1ÈRE adj. (sou-pié, ié-re — rad. soupe). Pop. Qui aime beaucoup la soupe : Je ne suis pas soupier.
— Substantiv. Personne qui aime la soupe : Je ne suis pas grand soupier.
SOUPIER s. m, (sou-pié — de soits, et de pied). Constr. Espèce de moellon.
SOUPIÈRE s. f. (sou-pi-è-re — rad. soupe). Vase dans lequel on sert ia soupe, le potage : Soupière d'argent. Soupière de porcelaine, de faïence. Sur tes planches de deux vieux dressoirs se voient quatre vieux gobelets, une vieille soupière bosselée et deux salières en argent. (Balz.)
— Ce que contient ce vase : Manger une soupière de soupe.
SOUPIR s. m. (sou-pir — latin suspirium; de suspirare, soupirer, qui est formé du préfixe«u6,et de spirare, respirer, représentant la racine sanscrite spar, vivre, d'où dérive le sanscrit sparitar, une cause active, un ajjenl de douleur ou de malheur). Respiration forte et prolongée, exprimant quelque sentiment douloureux ou passionné : SOUPIR de douleur. Soupir d'amour. Jeter, pousser des soupirs. lietenir, étouffer ses soupirs. Ha le cceur gros de soupirs. (Acad.) Les sanglots se succèdent plus rapidement que les soupirs. (Buff.) Nul homme, quelque heureux qu'il soit, ne peut regarder en arrière sans pousser un soupir. (Boiste.)
Je puis donner passage à mes tristes soupirs.
Corneille.
L'amour par un soupir quelquefois se déclare.
Racine.
Un soupir, un regard, une simple rougeur. Un silence est assez pour expliquer un cceur.
Molière.
Au sein du vrai bonheur on pousse des soupirs, Et l'amertume naît dans le sein des plaisirs.