CO»H
CH
CH
L'acide succinique se rencontre tout formé dans l'ambre et dans certaines espèces de iignites, telles que les lignites de Muskau,de Naumberg et d'Altenburg. On l'a également rencontré dans la térébenthine de certains pins et dans quelques plantes, telles que la luitue virense, Inctuca virosa, et Varthemisia absinthium, etc. D'après Walz, l'acide chélidoninique, que Zwenger a extrait des eaux mères de la préparation de l'acide ehélidonique au moyen de la grande chélidoine, ne serait autre que l'acide succinique. Quelquefois l'acjde succinique se rencontre dans l'organisme des animaux. C'est ainsi qu'on le trouve dans le corps thyroïde du veau, dans la rate du bœuf et dans quelques excrétions pathologiques. Suivant Meissner et Jolly, on le trouve dans l'urine des chiens nourris de viande et de graisses et duns celle des lapins nourris avec des carottes.
— I. Modes dk formation. 1° L'acide succinique est l'un des produits qui se forment le plus fréquemment dans l'oxydation des substances organiques et spécialement des corps gras. Tous les acides gras de la série
supérieurs a l'acide butyrique, fournissent de l'acide succinique, en même temps que d'autres acides de lu même série, lorsqu on les oxyde par l'acide azotique. Sa formation aux dépens de l'acide butyrique consiste dans l'élimination d'une molécule d'hydrogène H* et dans la fixation d'une molécule d'oxygène O2. 3 atonies d'oxygène entrent donc en réaction ; 2 se fixent sur l'acide butyrique et le troisième lui enlève s atomes d'hydrogène pour former de l'eau. MM. Kriedet et Machuca ont remarqué qu'il se forme de l'acide succinique lorsqu'on élève trop la température dans la préparation de l'acide bromobutyrique. Dans ce cas, l'hydrogène d'une portion de l'acide butyrique se porte sur le brome, le chaFbon se sépare et l'oxygène de la portion d'acide butyrique ainsi charbonnée oxyde la partie intacte du même corps, absolument comme le ferait l'acide azotique. 2° M. Pasteur a remarqué que l'acide succinique est un des produits constants de la fermentation alcoolique et qu'il prend également naissance dans l'aeétifieation de l'alcool sous l'influence du mycoderma aceti, surtout lorsque la plante est à la surface d'un liquide alcoolique renfermant des phosphates.
3° L'acide succinique se forme par l'action des agents réducteurs sur l'acide malique
CW03.
Il suffit, en effet, d'enlever 1 atome d'oxygène à cet acide ou, pour parler une langue plus exacte, d'y substituer H a OH pour avoir de l'acide succinique; de même qu'il suflit d'ajouter O à l'acide succinique ou, autrement dit, d'y substituer 011 à H pour obtenir de l'acide malique. L'acide tartrique, qui diffère de l'acide malique par un O en plus, et de l'acide succinique par deux O en plus, fournit aussi ce dernier acide sous l'influence des agents rédacteurs. Enfin, quand ces agents peuvent, comme les ferments ou l'acide iodhydrique, agir à la fois pour éliminer de l'oxygène et pour fixer de l'hydrogène, ils convertissent aussi en acide succinique l'acide fumarique C*H*0* et son isomère l'acide maléiquo. Ces derniers acides, qui diffèrent do l'acide malique par une molécule d'eau, ne diffèrent, en effet, de l'acide succinique que par H2 en moins. Parmi les agents réducteurs qui peuvent ainsi convertir en acide succinique les acides fumarique et siiccintgue, ainsi que leurs dérivés chlorés ou bromes, nous citerons en première ligne l'hydrogène naissant obtenu par l'eau et l'amalgame de sodium. Pour 1 acide tartrique et 1 acide malique, au contraire, il est indispensable de faire agir l'acide iodhydrique ou, ce qui revient au même, l'iodure de phosphore. Du reste, la fermentation de Tasparagine, des acides malique, maléique et fumarique le fournit constamment.
40 Ce corps prend encore naissance à l'état de sel de potassium, d'où on l'extrait ensuite quand on chauffe k 100° du cyanure d'éthylène avec une dissolution alcoolique de potasse jusqu'à cessation de tout dégagement d'ammoniaque. Dans ces conditions, le cyanure d'éthylène
CAz CAz
réagit sur 2 molécules de potasse KHO et sur 2 molécules d'eau H*0 (une molécule d'eau et une molécule de potasse par chaquo CAz). Chaque Az prend les deux hydrogènes de la molécule d'eau dont l'oxygène se fixe sur le carbone, ainsi que l'atome d'hydrogène de la potasse dont le résidu OK. s« fixe sur le carbonyte CO déjà formé. Il en résulte, d'une
SUCC
part, de l'ammoniaque AzH', et de l'autre du succinate neutre de potassium
0 " I CO.OK- 5° Enfin , il prend naissance lorsqu'on chauffe à 130° en vase clos un mélange d'argent en poudre, d'acide bromacétique et d'éther chloroxycarbonique.
— II. Préparation. 1<> Au moyen de l'ambre. Cette substance, soumise a la distillation, donne de l'acide succinique et une huile volatile, en même temps que de l'eau et une petite quantité d'une substance résineuse qui a reçu le nom de colophonium succinë. En chaulfant la partie aqueuse du produit jusqu'à son point d'ébullition et la filtrant bouillante, on en sépare la majeure partie de l'huile. La liqueur filtrée donne, en se refroidissant, des cristaux d'uclde succinique souillés par une quantité encore assez considérable de cette huile empyreumatique, dont on les débarrasse en les soumettant à la presse entre du papier Joseph, les faisant cristalliser de nouveau et répétant plusieurs *fois cette série d'opérations. Toutefois, cette purification n'est jamais complète si l'on n'a pas soin de traiter les cristaux par l'acide azotique, qui détruit l'huile empyreumatique sans les altérer.
20 Au moyen du cyanure d'élhylàne. On commence par préparer du bromure d'éthylëne par la méthode ordinaire en faisant barboter de l'éthylèiid à travers du brome jusqu'à décoloration. On lave le corps avec un peu de potasse étendue, on le dessèche et on le rectifie. Le bromure d'éthylëne une fois obtenu, on en prend une molécule, soit 188 parties, que l'on ajoute à une solution alcoolique, aussi peu que possible , de cyanure de potassium, renfermant deux molécules de ce sel , soit 130 parties. On place le mélange dans un grand ballon de verre que l'on surmonte d'un réfrigérant de Licbig renversé, faisant fonction d'appareil à reflux, et l'on fuit bouillir le liquide jusqu'à ce qu'un papier rouge de tournesol, placé dans la partie ouverte du réfrigérant de Liebig, ne bleuisse plus, ce qui indique que le dégagement d'ammoniaque a cessé. On retourne alors le réfrigérant et on distille au bain-marie jusqu'à ce que lu plus grande partie de l'alcool ait passé. Le résidu est repris par l'eau et soumis à l'ébullition dans une capsule de porcelaine pour achever l'élimination de l'alcool, puis neutralisé par l'acide acétique ou azotique et précipité par l'acétate de plomb. On recueille le précipité, on le lave avec soin, puis on le met en suspension dans l'eau bouillante, à travers laquelle on fait passer un courant d'acide sulfhydrique. On filtre le liquide bouillant pour le séparer du sulfure piombique et on le laisse refroidir. L'acide succinique se dépose en cristaux. On recueille ces cristaux, on les exprime à la presse entre du papier buvard et on les puririe encore par une ou deux cristallisations.
30 Par ta fermentation de l'acide malique. Ce mode de préparation est certainement le plus avantageux de tous ceux qui ont été proposés pour la préparation de l'acide succinique. On emploie généralement a cet usage le mulate de calcium brut, que l'on obtient en saturant le suc des fruits de sorbier par de la craie ou de la chaux éteinte. On môle 1 partie de ce sel avec 6 parties d'eau
et - de partie de levure de bière, ou avec
3 parties d'eau et — de partie de fromage
pourri. L& tout est ensuite placé dans un vase de terre, que l'on abandonne pendant quatre à six jours à une température comprise autre 30° et 40°, jusqu'à cessation de tout dégagement gazeux. On trouve alors au fond du vase un précipité grenu que l'on recuejlle sur une toile, qu'on lave à l'eau et que l'on traite par l'acide suifurique étendu jusqu'à ce qu'il ne se produise plus d'effervescence. L'effervescence tient à ce que le précipité renferme du Carbonate de chaux. Dès que l'effervescence a cessé, on ajoute, d'un seul coup, une nouvelle quantité d acide suifurique, on fait bouillir jusqu'à ce que ie préc.pilé ne soit plus grenu du tout et l'on lillre le liquide à travers un linge. On lave bien le précipité, on réunit les eaux de lavage à la première liqueur et l'on évapore le tout jusqu'à ce qu'il se forme une cioûle cristalline à la surface. On introduit alors dans la liqueur une nouvelle quantité d'acide suifurique, concentré cette fois, pour en précipiter le gypse, et l'on filtre, après uvoir étendu d'eau, dans le cas où le gypse précipité forme uue pâte trop épaisse pour être liltrée. On lave le précipité, on réunit toutes les eaux et on les évapore de nouveau jusqu'à l'apparition d'une croûte cristalline. Par le refroidissement, il se dépose alors des cristaux brunâtres d'acide succinique encore Bouilles par du gypse. On puririe ces cristaux en les faisant recristalliser dans l'eau, après avoir décoloré leur solution aqueuse au moyen du noir animal, Finalement, on les deb.irrasse des dernières traces de sulfate de chaux qu'ils reiifiM'inuut, soit en les sublimant, smt en les faisant dissoudre et cristalliser dans l'alcool, où le sulfate calcique est tout à fait insoluble. Par ce procédé, 12 partiel de malate calcique fournissent de 3," 5 à 4 parties d'acide succinique cristal-
suce
Usé pur. Les eaux mères ne contiennent plus d'acide malique.
La formation de l'acide succinique par cette méthode est accompagnée de celle de l'anhydride carbonique et de l'acide acétique, consécutivement au dédoublement d'une molécule d'acide malique. Il est probable que les deux réactions s'engendrent l'une l'autre, qu'une portion do l'acide malique se convertit en acide acétique et que la fermentation même qui détermine la fermentation de cette portion amène la réduction et la conversion en acide succinique de la portion non dédoublée.
— III. Propriétés. L'acide succinique cristallise en prismes qui appartiennent au système monoclinique, généralement en plaques rhi'inbiques ou hexagonales. Les cristaux sont stables à l'air, possèdent une. saveur acide prononcée et sont inodores. L'acide succinique est beaucoup plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. C'est ainsi qu'il se dissout dans 5 parties d'eau à 16° et dans 2,2 parties d'eau à 100». Il se dissout moins facilement dans l'alcool, et ii est totalement insoluble dans l'éther. Il fond à 180°, mais commence déjà à émettre des vapeurs suffocantes avant d'avoir atteint cette température; à 235", il bout et se dédouble en eau H20 et en anhydride succinique ou acide succinique anhydre C4H*OS.
— IV. Décompositions. 10 L'acide succinique offre une très-grande résistance à l'action des agents oxydants; il n'est altéré ni par l'acide azetique, ni par l'acide chromique, ni par l'eau de chlore, ni par un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potassiniii. Quand on l'évaporé à siccité après l'avoir mélangea du peroxyde de manganèse et à de l'acide suifurique, il donne naissance à de l'acide acétique. 2" Soumis à l'action d'un courant électrique, il se transforme, suivant M. Kolbe, en aoido carbonique et en oxyde de méthyle ; mais, d'après M. Bourgoin, c est de l'éthylène qui se produit dans ce cas. En effet, quand on fait agir le courant sur les succinates, ceux-ci se décomposent comme tous les sels ; le métal se rend au pôle négatif et le résidu halogénique uu pôle positif. Or, le résidu halogénique subit à son tour la réaction fondamentale des acides organiques en perdant CO^ autant de fois qu'il le contient, et comme la formule de ce résidu est C2H4(C0s)a, >1 ne reste plus que de l'éthylène C2fl4. M. Kékulé est parvenu à des résultats identiques. 3° Fondu avec de l'hydrate de potassium, l'acide succinique se dédouble enoxalate et en carbonate, en même temps qu'il se dégage des hydrocarbures gazeux. 4» L'acide suifurique concentré H^So4 ne l'attaque pas, même h chaud ; mais l'anhydride suifurique le convertit en acide sulfosuccinique. 50 Chauffé avec du brome, il donne naissance à des produits de substitution. 6" Sous l'influence des substances déshydratantes, telles que l'anhydride phosphorique et le pentachlorure de phosphore, il se convertit en anhydride succinique. Dans le dernier cas, il se dégage en même temps de l'acide chlorhydrique et du chloroxyde de phosphore.
— Succinates métalliques. L'acide succinique est bibasique ; la formule générale de ses sels est par conséquent C4HWO* pour les sels acides, et C4H4M'204, pour les sels neutres. On connaît aussi un petit nombre de succinates doubles, quelques sels de plomb basiques et un sel de potassium suracide. Beaucoup de succinates résistent à une température de 200° sans subir de décomposition. Distillés avec du phosphate ou du sulfate acide de sodium, ils donnent de l'anhydride succinique qui se sublime. Les succinates al- câlins et celui de magnésium sont facilement solubles dans l'eau ; ceux des métaux alcalino-terreux et de la plupart des métaux diatomiquessont peu solubles; ceux des métaux sesquiatoiniques (tétratomiques, intervenant par 2 atomes AÏS, fe?) sout touj -a fajt jn. solubles.
L'acide succinique et les succinates forment, avec les sels ferriques, un précipité rouge brun qui ressemble au précipité produit par l'acide benzoïque en présence du même réactif, mais qui est plus compacte. Aussi le succinate d'ammonium est- il préférable au benzoute pour la précipitation des sels ferriques. Avec l'acétate de plomb, l'acide succinique donne un précipité blanc de succinate de plomb soluble dans un excès de l'un ou de l'autre précipitant. Avec le chloeure de baryum, l'acide libre ne donne par lui-même aucun précipité; mais, par l'addition de l'alcool et de l'ammoniaque, il SB forme un précipité blanc, caractère que ne présente pas l'acide benzoïque. Enfin, on peut encore distinguer l'acide succinique de 1 acide benzoïquR par ce caractère que les acides minéraux ne troublent pas la solution aqueuse des succi naies solubles, taudis qu'ils font naître dant celle des benzoates. un précipité d'acide benzoïque.
— Succinate d'ammonium II existe vn sel neutrp et un sel acide.
Le sel neutre CMI*(AzHl)*0* prend naissance lorsqu'on sature l'acide succinique par l'ammoniaque etqu'on laisse la liqueurs 'évaporer spontanément au-dessus d'un vase rempli de chaux vive. Il se forme également, d'après Piria, dans la putréfaction de l'asparagine. Il cristallise en prismes hexagonaux.
SUCC
très-solubles dans l'eau et dans l'alcool; à l'air libre, il perd de l'ammoniaque; sous l'influence de la chaleur, il se résout en ammoniaque, eau et succinimide. Sa densité égale 1,367.
Le sel acide C4H5(AzH4)04, quand on évapore par la chaleur la solution du sel précédent, cristallise avec facilité, se dissout aisément dans l'eau et dans l'alcool, possède une réaction franchement acide et se décompose par la chaleur en eau et en succinimide. Les cristaux appartiennent au système triclinique.
— Succinates db potassium. Le sel neutre
C*H*K804,2H!0 forme des cristaux confus, déliquescents, solubles dans l'alcool, insolubles dans l'éther, qui perdent leur eau de cristallisation à 100°.
Le sel acide C4H5R04,2H20 cristallise facilement en prismes réguliers, transparents, à six faces, qui s'effleurissent un peu au contact de l'air. Il est très-soluble dans l'eau, rougit le tournesol et perd son eau de cristallisation à 100».
On connaît un sel suracide dont la formule est (C*H6KX>,CW0»J2,3H20. Ce sel se forme lorsqu'on neutralise exactement la solution chaude de 1 partie d'acide succinique par le carbonate potassique, et qu'on ajoute ensuite 3 nouvelles parties du même acide à la liqueur. Parle refroidissement, il cristallise tantôt anhydre, tantôt avec 9,65 pour 100 d'eau.
— Succinates de sodium. Le sel neutre
C*H*Na20\Gl-p20
cristallisa en prismes à base rhombe, trèssoiubles dans I eau et dans l'alcool, neutres au papier réactif, et qui perdent leur eau de cristallisation à 100°. Ces cristaux appartiennent au système triclinique. Quelquefois, mais rarement, ce sel forme des cristaux petits, confus, nonefflorescents, qui renferment seulement 2 molécules d'eau. Redissous dans l'eau, ces cristaux reproduisent le sel à S molécules d'eau. On n'a pas réussi jusqu'à ce jour à préparer des succinates doubles d'ammonium et de potassium, d'ammonium et do sodium, ni de potassium et de sodium.
— Succinates d'argent. Le sel argenlique
C*H*AgïO* prend naissance lorsqu'on précipite l'azotate d'argent par le succinate de sodium ; le sulfate d'argent ne pourrait pas remplacer l'azotate dans cette précipitation. Le précipité est blanc, amorphe, possède une densité de 3,518, se dissout très-peu dans l'eau et dans l'acide acétique, mais il est facilement soluble dans l'acide azotique et dans l'ammoniaque ; à 1500 il se colore. Le chlore le décompose immédiatement. Chauffé à 10û<> dans un courant d'hydrogène, il prend une couleur jaune citron et donne un sublimé d'acide succinique; le résidu consiste en succinate argenteux qui répond à la formule C4H4(Ag2)sO*.
— Succinate de baryum C4H4Bn"0* (à 200O). C'est un précipité cristallin blanc, peu soluble dans l'eau, facilement soluble dans les acides azotique, chlorhydrique et acétique étendus, insoluble dans l'ammoniaque et dans l'alcool ; avec le chlorui e d'acétyle^il donne un mélange d'anhydride succinique et d'anhydride acétique.
— SUCCINATE DE STRONTIUM C4H4St"0*
(à 200°). C'est un précipité blanc, pulvérulent, peu soluble dans l'eau, qui l'abandonne à l'état cristallin en s'évaporant. Suivant liandl, il cristallise en puismes mouocliniques toujours très-minces. Ce sel se dissout dans les acides acétique et succinique; il cristallise par évaporation de cette dernière solution.
— Succinates de calcium. Le sel neutre se décompose peu à peu lorsqu'on mêle des solutions concentrées, froides, de chlorure de calcium et de succinate sodique, 11 forme de petites aiguilles qui renferment
C*H4Ca"Q\3H20.
Si l'on mélange les solutions chaudes, il se forme immédiatement un précipité cristallin qui renferme une seule molécule d'eau de cristallisation. Ce précipité est peu soluble dans l'eau et dans l'acide acétique, insoluble dans l'alcool; chauffé, il dégage une huile volatile, appelée succinone, qui renferme encore de l'oxygène, mais dont Ja composition n'est pas nettement dflinie.
Le sel acide C4H4Ca"04,C4H604 prend naissance quand on traite le sel neutre par un excès d'acide; ce sel acide est cristallisable et un peu soluble dans l'eau. L'alcool rend les cristaux opaques et les convertit en sel neutre ; ils se décomposent sous l'influence d'une température de 150°.
— Succinate du cADMtuM. Ce sel cristallise en groupes concentriques de prismes; il est très-soluble dans l'eau. D'après John, il paraît se résoudre en deux autres sels par l'alcool.
— Succinates de magnésium. Le sel neutre
CWMg"0*,GrI20 forme des cristaux prismatiques qui perdent leur eau à 130» ; il est très-soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool; la solution aqueuso paraît donner, lorsqu'on la concentre , des cristaux renfermant une plus petite quantité d'eau. Un sel basique
(C4H4.Mg"02)ï 4Mg"0 112 0 (à 1000)
SUCC
s'obtient sous la forme d'un précipité blanc pulvérulent, lorsqu'on ajoute de 1 ammoniaque à une solution de sel neutre.
Le succinate magnésieo-potassique CBH8Mg"08,5H20
cristallise en fines pyramides doubles à 6 côtés, très-solubles dans l'eau, stables à l'air, et neutres au papier de tournesol.
— Succinate db zinc C4H4Zn"04(à 2000), Poudre cristalline blanche et anhydre, trèssoluble dans l'eau et dans l'acide succinique; facilement soluble dans les acides minéraux, l'nminoniaque et la potasse ; insoluble dans l'alcool, le succinate de zinc ne précipite pas le chlorure de sodium,
— Succinate dk manganèse
C*H*Mn"0*,4H20.
Ce sont des prismes rhomboïdaux ou quadrangulaires qui appartiennent, suivant Hundl, uu système triclinique; ces prismes sont transparents, neutres, permanents à l'air; ils perdent la totalité de leur eau de cristallisation à la température de 100°.
— Succinate de nickel CH4Ni"0*,4H*0.
La solution de l'hydrate do nickel dans l'acide succinique chaud abandonne ce sel par évaporation sur l'acide suifurique concentré ; il cristallise en nodules verts, solubles dans l'eau, l'acide acétique, l'ammoniaque, insolubles dans l'alcool; il perd sou eau à 130°.
— Succinate de cuivRECiHiCu''04(U 200").
On l'obtient en ajoutant du carbonate de cuivre récemment précipité à une solution aqueuse bouillante d'acide succinique. C'est une poudre cristalline d'un vert bleuâtre, peu soluble dans l'eau et l'acide succinique, moins soluble dans l'acide acétique, insoluble dans l'alcool et dans l'éther.
— Succinate de cobalt. C'est un précipité peu soluble, couleur de chair, qui forme, suivant Ilandl, des cristaux prismatiques mouocliniques. L'angle clinoédrique égale 1130,36.
— Succinates de plomb. Le sel neutre
CMi*Pb"0*t> 100°)
se forme lorsqu'on précipite l'acétate neutre de plomb par le succinate neutre-de sodium, ou lorsqu'on précipite une solution bouillante d'acide succinique neutre par le sous-acétate de plomb. C'est une poudre blanche, qui devient cristalline quand elle se forme à chaud. I! est peu soluble dans l'eau et facilement soluble dans l'acide azotique étendu et dans la potasse; sa densité égale 3,800. Le sel basique
(C*H4Pb"04)sPb"0
se forme lorsqu'on mêle du succinate de sodium avec du sous-acétate de plomb. C'est un précipité glutineux qui s'attache aux parois du vase pendant qu'il est chaud, et qui devient cassant par le refroidissement. Il existe un autre sous-sel C4H4Pb"04,2Pb"0(à 200°) qui se produit par l'action de l'ammoniaque sur le sel neutre ; c^st une poudre blanche insoluble dans l'eau, mais qui se dissout au contraire avec facilité dans la potasse caustique et dans l'acide azotique dilué.
— Succinates dk mercure, a. Sels mercuriques. L'acétate mercurique précipite en blanc le succinate de sodium. Un mélange de succinate de sodium et de chlorure mercurique donne, par 1 évaporation, de petites aiguilles qui paraissent consister en un sel double. L'oxyde de mercure récemment précipité et bouilli avec de l'acide succinique aqueux, se convertit partiellement en une poudre blanche qui paraît constituée par un succinate basique.
• — p. Sel mercureux. Les succinates alcalins déterminent, dans la solution de l'azotate mercureux, un précipité blanc de succinate mercureux contenant toujours un excès de l'azotate mercureux.
—Succinate d'yttrium (C4H>YS04)*,3H20.
Ce sel se précipite lorsqu'on verse du succinate de sodium uans une solution bouillante (à froid la précipitation n'aurait pas lieu) d'acétate d'yttriuin. C'est une poudre cristalline, lamellaire, peu soluble dans l'eau, soit à chaud, soil a froid, msotuuit,' dans le» dissolutions de chlorure d'ammonium , facilement soluble dans les acides étendus ; il perd son eau à 100°.
— Succinate d'uranium. Le sel neutre
se forme k l'état cristallin, lorsqu'on évapore à siccité une solution renfermant 4 parties d'azotate urnnique cristallisé et 1 partie d'acide succinique; le résidu doit être lavé avec uue petite quantité d'eau; on peut aussi mêler une solution d'azotate d'uranium avec une solution de succinate de sodium et éva porcr. Le succinate uranique est un sel d'ut jaune paie, très-peu soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool; il no perd sou eau de cristallisation qu'entre 230" et 240° ; l'eau bouillante en extrait de l'acide succinique. On obtient un succinate potassico-uraniquo
Cl2HJî(UîO"»)*K20l2,H20
en évaporant un mélange d'azotate uraniquo et de succinate neutre de potassium en excès, il se dépose alors sous la forme d'un précipité jaune tendre, que l'on peut purifier pat
suce
des lavages à l'alcool. On peut encore préparer ce sel en précipitant l'azotate d'uranium par la potasse caustique, lavant le précipité avec soin, et le faisant digérer avec un excès d'acide succinique, jusqu à ce qu'il ait pris une couleur jaune tendre ; on évapore ensuite à siccité, et on lave le produit à l'alcool. Le succinate potassico-uranique est insoluble dans l'eau ; par des lavages prolongés avec ce liquide il se décompose, à la longue, en succinate de potassium, et en sous-succinate d'uranium insoluble ; il perd son eau à 280°. Par un procédé analogue en tous points à celui au moyen duquel on obtient le succinate nranico-potassique, on prépare un succinate uranko-sodiqiie analogue C12HîS(UsO"2)3Na20l*,H20.
— Succinate chromeux f>HM>'W,H*0.
C'est un précipité écarlate, qui se forme quand on ajoute du succinate de sodium à du chlorure chromeux. Le sel chroniique est inconnu.
— Succinates de fer. a. Sels ferrigues. Les succinates alcalins font naître, dans la jolution des sels ferriques, un précipité rouge brun ou couleur de cannelle, qui consiste en un sous-Succinate ferrique ; le précipité devient plus compacte si l'on ajoute de 1 acétate de sodium à la liqueur avant la précipitation ; ce sel se dissout dans les acides minéraux, ainsi que dans les acides succinique et acétique; l'ammoniaque parait le convertir en un sous-sel plus basique encore.
— p. 5e/ ferreux. C'est un précipité vert grisâtre qui s'oxyde a l'air ; il est peu soluble dans l'eau, facilement soluble dans la potasse et l'acide azotique étendu et l'acide succiiiique; il se dissout aussi, mais en partie seulement, dans l'ammoniaque aqueuse ainsi que dans l'eau qui tient des sels ammoniacaux en dissolution.
— Succinate acide de cinchonine
C20H24AzîO,C*H60.
Ce sel cristallise en longues aiguilles à angles aigus renfermant 3/2 molécules d'eau, ou en gros cristaux épais renfermant 1 molécule d'eau ; sous ces deux formes, il est parfaitement soluble dans l'eau et fond à 110° ; on ne sait pas s'il y perd ou non son eau de cristallisation.
— Succinate de cinchonidine
(C20H«Az3O)2C4H6O*,tjHÎO.
Ce sel cristallise en longs prismes qui rappellent l'amiante par leur aspect ; il se dissout dans 232 parties d'eau à 10°. Le sel anhydre cristallise en nodules blancs.
— Succinate de quinine
(CK>H»Az40S)a,c*H60*,H»0.
Ce sel cristallise dans l'alcool et dans l'eau en longs prismes blancs, solubles dans 910 parties d'eiiu à 10°, mieux dans l'eau chaude à la température de l'ébullition. Le succinate de quinine se dissout aussi très-facilement dans l'alcool.
— Succinate d'urée .(CH*AzSO)2,C4H60*.
Ce sel cristallise en prismes monooliniques à six côtés. Ces cristaux ont un éclat vitreux et possèdent deux bouts qui ne sont pas symétriques; leurs facettes sont généralement peu développées ; entin ils possèdent un clivage peu distinct.
— Dérivés de l'acide succinique. Acides bromosucciniques. On connaît deux dérivés bromes de l'acide succinique, produits tous deux par l'action directe du brome; ce sont les dérivés monobiomé et dibromé.
— Acide monobromosuccinique
C*H5BrO*=C2HîBrj^'^-
On ne connaît pas exactement les conditions dans lesquelles cet acide se forme. Quand on chauffe de l'acide succinique avec de l'eau et du brome dans un tube scellé, il se forme généralement de l'acide bibromosuccinique, même quand le brome et l'acide succinique se trouvent dans la proportion requise pour former le dérivé monobrumé; il reste, dans ce cas, de l'acide succinique itiattaqué. Toutefois, le dérivé monobromé paraît se produire loiv-qu'on ajoute au brome une quantité d'eau supérieure a celle qui est favorable à la production du dérivé bibroiné. Caiius prépare l'acide moiiobiomosuccinique en chauffant légèrement 5 grammes d'acide succinique avec 23C,i /% de brome et 40<=c d'eau; il enferme le mélange dans des tubes scellés qu'il maintient à 120°; une cristallisation suffît pour purifier le produit. Même lorsqu'on se sert d'acide succimçue tout à fait pur, il se produit toujours, dans cette opération, une petite quantité d'un produit brome supérieur, de nature huileuse, qui paraît répondre à la formule C^HBBrS du bromure d'éthylène brome.
L'acide monobromosuccinique est trèssoluble dans i eau et cristallise en petites agrégations noduiaires; après neutralisation, il fait naître dans les solutions d'azotate d'argent un précipité blanc qui se décompose rapidement avec mise en liberté de bromure d'argent; si l'on ajoute de l'oxyde d'urgent à la solution aqueuse de cet acide, et en chauffant légèrement, on voit l'oxyde d'argent so convertir en bromure d'argent, tandis que l'acide succinique monobromé se transforme en acide malique. Il résulte de ces réactions
C*H3Br
suce
que l'on peut considérer l'acide bromosuccinique soit comme dérivant de l'acide succinique par la substitution de Br à H, soit comme dérivant de l'acide malique par la substitution de Br à OH ; c'est donc soit de l'acide monobromosuccinique
CO,OH
CO.OH'
soit de la bromhydrine malique
(CO.OH CSH3 Br
JC0,0H
Ces relations montrent que l'acide monobromosuccinique établit la transition entre les acides succinique et malique.
— Acide dibromosuccinique C*H*BrJ0*. On prépare ce corps par plusieurs moyens : l" On chauffe 12 grammes d'acide succinique, 11 grammes de brome et 12 grammes d'eau à 180° environ, dans des tubes fermés à la lampe ; on fait cristalliser dans l'eau le contenu solide des tubes, après l'avoir décoloré par le noir animal. 2° On fait agir l'eau sur le chlorure de dibromosuccinyle C4HaBr202ClJ. 3° On combine directement 2 atomes de brome avec l'acide fumarique OHH)1.
L'acide dibromosuccinique cristallise en prismes incolores, le plus souvent opaques, peu solubles dans l'eau froide, facilement solubles dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther; chauffé avec du brome et de l'eau il se décompose; il se forme dans cette réaction de l'acide bromhydrique, du bromoforme et de l'anhydride carbonique; les agents réducteurs agissent facilement sur lui et lui cèdent de l'hydrogène en échange du brome, aussi l'amalgame de sodium le convertit-il en ucidesuccinique.
L'acide dibromosuccinique est bibasique ; ses sels se décomposent assez facilement par la chaleur pour qu'il soit nécessaire, lorsqu'on les prépare, d'éviter toute élévation de température; par l'ébullition avec l'eau, ils se décomposent tous; ils se décomposent de même sous l'action d'un excès de base, H se forme dans ce cas un bromure métallique en même temps qu'un autre produit de décomposition, dont la nature varie avec la base employée; tantôt le brome ainsi enlevé est remplacé par un résidu d'eau OH, il se produit alors de l'acide tartrique; tantôt il s'élimine purement et simplement à l'état d'acide bromhydrique. Comme la substitution de OH àBr, on l'élimination du brome à l'état d'acide bromhydrique peut porter sur la totalité ou sur la moitié seulement du brome, on peut obtenir, au moyen de l'acide dibromosuccinique C*H*Br20*, quatre corps : l'acide bromomaliqtieC^HSBiO6, l'acide bromomaléique CWBrO*,
l'acide tartrique C4H<>06 et un acide encore inconnu dont la formule serait C*II204; ce dernier acide résulterait de l'élimination de 2 molécules d'acide bromhydrique. ■
Généralement, ces diverses réactions se produisent simultanément, de mBnière que le produit principal formé d après l'une d elles eit accompagné de l'un au moins des produits qui résultent des autres. Ainsi le dibromosuccinate de sodium se convertit surtout fn acide bromomalique quand on le fait bouillir avec de l'eau ; de même le dibromosuccinate de baryum forme, dans ce cas principalement, du bromoinuléate acide de baryum; mais, dans les deux cas, on observe la formation d une petite quantité de tartrate. Quand on fait bouillir le dibromosuccinate de calcium avec de l'eau, et qu'on ajoute de l'eau de chaux au liquide jusqu'à ce qu'il ne devienne plus acide par l'ébullition, le principal produit est un sel de calcium insoluble, qui a la composition du tartrate. Enfin le dibromosuccinate d'argent est facilement décomposé par l'eau bouillante, avec formation de bromure d'argent et fixation de H20. De l'acide tartrique inactif prend naissance dans cette réaction.
D'après ces réactions, on peut à volonté considérer l'acide dibromosuccinique, soit Comme dérivant de l'acide succinique par la substitution de Br2 à II2, soit comme dérivant de l'acide malique par la substitution de BràH et d'un autre Br à OH, soit comme dérivant de l'acide tartrique, par la substitution de Bra h 20H ; soit, enfin, comme dérivant de l'acide fumarique par l'addition pure et simple de Br*. Il présente donc, vis-a-vis des acides succinique, malique, fumarique et tartrique la même relation que l'on observe entre les acides dibromopropioniques et les acides propionique, lactique, acrylique et glyeérique.
Le dibromosuccinate neutre d'ammonium
C*H2(AzH4)2Br20*
cristallise, par l'évaporation spontanée, en gros cristaux transparents.
Le sel neutre de sodium,
C*H2Bt2Na20*-HH40
est très-soluble dans l'eau et demeure en petits cristaux quand on évapore sa solution; Il cristallise dans l'alcool en lamelles brillantes.
Le sel acide de potassium est blanc, cri- Btallin et peu soluble.
Le sel de calcium CMISCr"Bi'*0* s'obtient par double décomposition, sous la forme d'un précipité cristallin qui se sépare peu à peu.
Le sel d'argent C*H*AgSBr*0* est une
suce
poudre blanche, insoluble dans l'eau, qu'on prépare par double décomposition.
— Dibromosuccinate d'éthyle
C*H2(CSH5)SB.i0».
On le prépare en dirigeant un courant de gaz chlorhydrique sec à travers une solution alcoolique de l'acide, et en précipitant par l'eau ; c'est un corps peu soluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool et dans l'éther, cristallisable en longues aiguilles blanches, fusible à 58<>; il bout, suivant Kékulé qui l'a découvert, entre 140° et 150°; mais cette ébullition s'accompagne toujours d'une décomposition partielle.
— Acide isodibromosuccinique C*H2BiaO*- Cet acide forme de gros cristaux transparents bien développés, beaucoup plus solubles dans l'eau que son isomère, 1 acide dibromosuccinique. Il fond à 160° et se résout à 180°, ou par l'ébullition de sa solution aqueuse, en acide bromhydrique et en acide isobromomnlèique, CtHs*Bi-20*. L'acide dibromosuccinique ordinaire ne se décompose pas par l'eau bouillante, et Se décompose seul, sans fusion préalable, quand on le chauffe. Quand on fait bouillir une solution aqueuse d'acide isodibromosuccinique avec de la baryte, il se forme de l'isodibroraosuccinate de baryum. Ce sel se présente en cristaux verruqueux , qui reproduisent l'acide inaltéré sous l'influence de l'acide sulfurique. Le sel d'argent ressemble à celui de l'acide dibromosuccinique ordinaire. L'acide isodibromosuccinique prend naissance dans 1 action du brome sur l'acide maléique, et aussi lorsqu'on chauffe en vase clos l'acide phénaconique avec un excès de brome et un peu d'eau.
— Acide (ribromosuccinique CWB^O*.
Lorsqu'on chauffe en vase clos de l'acide dibromosuccinique et du brome, il ne se produit à peu près aucune réaction. On retrouve, à l'ouverture des tubes, la presque totalité du brome à l'état de liberté.
Lorsqu'on ajoute dans les tubes une quantité d'eau égale k celle de l'acide, i'attaque est complète à 180" et il se forma de l'hydrure d'éthyle tétrabromé C2H2Br*, qui cristallise en beaux prismes fusibles a 54°,5. L'eau mère est très- acide, mais ne laisse rien déposer par l'évaporation.
Les résultats sont bien différents quand on augmente la proportion d'eau, par la raison quelle s'effectue à une température d'autant plus basse que la quantité d'eau est plus considérable. En chauffant pendant 21 heures, entre 102° et 103°, 7gr,7 d'acide dibromosuccinique, 3cc de brome et 30cc d'eau, on trouve dans chaque tube, à la fin de l'expérience : l<> un produit solide ; 2" une eau mère acide qui renferme de l'acide tribromosuccinique et de l'acide bibromomaléique.
Le produit solide plus ou moins consistant, parfois demi-liquide, n'a pas une composition définie: épuisé par de l'alcool faiblek la température de 600, il donne un résidu insoluble d'hydrure d'éthyle tétrabromé et cède au dissolvant des quantités variables d'acide Dibromosuccinique.
L'eau mère, fortement colorée en jaune rougeàtre par du brome, laisse déposer, après une légère concentration, de l'acide tiibromosuccinique à peu près pur. Cet acide renferme cependant parfois soit un peu d'acide dibromosuccinique, si l'on n'a pas assez chauffé, soit un peu d'acide dibromomaléique, si l'on a trop chauffé. On se débarrasse d'ailleurs assez facilement de ce dernier corps en le maintenant pendant quelque temps à. une température supérieure à 100°.
Obtenu à basse température, l'acide tribromosucuinique retient 2 molécules d'eau de cristallisation.
L'acide tribromosuccinique se présente sous la forme de prismes lamellaires minces, non hygrométriques, mais dont 100 parties d'eau dissolvent 7,68 parties à 170, tandis que la même quantité d'eau, à la même température, ne dissout que 2,04 parties d'acide succinique dibromé. Il est soluble dans l'alcool, mais s'éthérifie si facilement qu'il convient d'éviter l'emploi de ce véhicule pour le faire cristalliser. Il faut se servir d'élher anhydre, qui le dissout aisément et l'abandonne en lins cristaux par l'évaporation spontanée.
Soumis à l'action de la chaleur, il ne commence guère à. s'altérer qu'au-dessus de 180° sans fondre ; vers 200°, il dégage d'abord des vapeurs acides, puis disparaît sans laisser de résidu.
Les tribromosuccinates alcalins et alcalino-terreux sont solubles dans l'eau. Ils donnent, avec l'azotate d'argent, un précipité blanc, soluble dans l'acide azotique et dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide acétique et susceptible de se détruire sans détoner quand on le chauffe sur une lame de platine.
La propriété la plus caractéristique de l'acide tribromosuccinique est celle-ci : quand on chauffe la solution aqueuse au-dessus de 100°, il perd de l'acide bromhydrique et se transforme en un acide très-soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther, fondant à 110°, distillant sans altération, donnant avec l'azotate d'argent un précipité blanc, qui détone avec une grande violence par le choc ou par la chaleur, et qui possède enfin la composition et toutes les propriétés de l'a-
suce
cide dibromomaléique, dont la présence dans les eaux mères de la préparation de l'acide tribromosuccinique se trouve ainsi expliquée par la décomposition des premières portions formées de ce dernier corps. Le dédoublement dont nous venons de parler peut être exprimé par l'équation suivante :
CWBrSO» — HBr = C*HSBrSO* Acide tribromo- Acide brom- Acide dibromosuccinique. hydrique. maléique.
Aune température plus élevée, l'acide dibromomaléique se décompose à son tour et fournit de l'hydrure d'éthyle tétrabromé, si l'on se trouve en présence d'un excès de brome. L'équation suivante exprime ce nouveau dédoublement :
C*HSBrïO* J- Br* Acide dibromo- Brome,
maléique.
2C02 + CsH2Br*
Anhydride Hydrure d'éthyle
carbonique. tétrabromé.
— Acide thiosuccinique CMI60*S!. On obtient le sel de potassium C*H+K*0*S* par l'action d'un* solution alcoolique de sulfhydrate de potassium sur une dissolution également alcoolique de succinyl-çhénol (v. ce mot):. La dissolution doit être faite avec de l'alcool absolu. Ce sel cristallise en touffes d'aiguilles pointues, qui se dissolvent facilement dans l'eau, l'alcool et l'éther, la dissolution dans l'eau s'accompagnant d'un abaissement de température. Les solutions, et surtout les solutions aqueuses, abandonnées à l'évaporation spontanée au contact de l'air, se décomposent et laissent un résidu gommeux d'odeur alliacée. Récemment préparées, ces solutions agissent sur les sels métalliques à la manière des sulfures alcalins. Les acides les décomposent rapidement avec dégagement d'hydrogène sulfuré et production d'acide thiosuccinique libre qui, si les liqueurs sont concentrées, se dépose en gouttes huileuses, lesquelles cristallisent très-promptement. On a, en effet,
CWK.202S* + SH20* = SK*0* +- C*H«S*0* Thiosuccinate Acide Sulfate Acide thiodepotas- aulfuri- potas- succinique
sium. que. sique. libre.
L'acide sulfhydrique provient d'une réaction secondaire, qui donne naissance au thiosuccinyle.
— Thiosuccinyle C*H*0*S. Ce corps prend naissance dans l'action do l'acide chlorhydrique sur la solution aqueuse du thiosuccinate de potassium :
CWK.202SS + 2HC1 Thiosuccinate Acide
potassique. chlorhydri-
que.
= 2KC1 + H2S + C*H*02S Chlorure Acide suif- Thiosuccinyle. potassique. hydrique.
On agite le produit avec de l'éther ; on se pare la couche éthérée; on la dessèche au moyen du chlorure de calcium fondu et on la distille. Il reste un résidu huileux. Celui-ci, abandonné dans le vide, au-dessus d'un vase plein de potasse solide, se prend en une masse solide, formée de grosses lames qui demeurent humides pendant très-longtemps.
Le thiosuccinyle est facilement soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther ; il présente une réaction acide, une saveur très-douce, accompagnée d'un arrière-goût d'acide succinique, et fond à 31°. Sa solution donne, avec l'acétate de plomb, un précipité jaune qui tourne rapidement au brun et même au noir si l'on chauffe; ce précipité se dépose alors sur les parois du vase auxquelles il donne l'apparence d'un miroir. Avec le sulfate cuivrique, elle donne immédiatement un précipité de sulfure de cuivre. Avec l'azotate d'argent, elle donne un précipité blanc, qui jaunit ensuite et finit par devenir noir. L<> chlorure ferrique la trouble, la rend laiteuse et finit par y faire naître un précipité blanc qui devient gris, lorsqu'on le chauffe, et noir par l'addition de l'ammoniaque.
— Succinates alcooliques ou éthers succiniQUES. Dans les succinates, l'élément électropositif ou métallique peut être remplacé par un radical d'alcool. On a alors les éthers succiniques ou succinates alcooliques (v. succinates). Ces éthers peuvent contenir des radicaux d'alcools monoatomiques, comme le méthyle, l'éthyle, l'aniyle, le cèlyle, etc., ou des radicaux polyatoiniques, comme l'éthylène et ses congénères. Jusqu'ici on ne connaît que deux éthers de ce genre : le succinate d'éthylène et l'acide succino-éthylénique.
— Succinate de méthyle C*H*{CH3)*0*. Il prend naissance lorsqu'on fait passer un courant d'acide chlorhydrique gazeux bien sec à travers une solution d'acide succbii^ve dans l'alcool méthylique. Purifié par la méthode ordinaire, il forme une masse cristalline fusible à 200 et solidifiable à 16°. Il est presque insoluble dans l'eau, mais se dissout avec facilité dans l'alcool et dans l'éther. Il bout à 198°. Sa densité égale 1,179; sa densité de vapeur est 5,29.
— Succinate d'éthyle C*H*(CsH3)*0*. On le prépare comme l'éther méthylique. On peut aussi distiller ensemble 10 parties d'acide succinique, 20 parties d'alcool et 5 parties d'acide chlorhydrique concentré, et purifier le produit huileux par une ou deux distilla-
SUCC
tions sur du massicot. On peut encore faire tomber goutte à goutte de l'alcool dans une cornue renfermant de l'acide succinique maintenu à une température très-voisine de son oint d'ébullition. C'est une huile peu soluble ans l'eau, bouillant à 214" et brûlant avec une flamme j»une. Sa densité k l'état liquide égale 1,036 ; sa densité de vupeur est 6, 22. Lorsqu'on introduit des morceaux de potassium dans du succinate d'éthyle, le liquide s'échauffe, dégage de l'hydrogène et forme une masse pâteuse. Cette ma*se, traitée par l'eau, laisse un résidu insoluble qui cristallise dans l'alcool en lamelles jaunâtres, dont la composition parait être CBH803. Ce corps serait-il un dérivé monoéthylique de l'anhydride succinique C*H3(CSH5)03? Quoiqu'il en soit, les cristaux fondent k 133°, se subliment à 2060 et sont saponifiés par les alcalis avec production d'alcool et d'un succinate alcalin. Avec l'ammoniaque, ils se convertissent en une substance cristallisable en aiguilles.
Le succinate d'éthyle chauffé avec le chlorure de benzoïle pendant plusieurs heures, a 250", dans un tube scellé à la lampe, donne du chlorure d'éthyle, du benzoate d'éthyle et de l'anhydride succinique, conformément à l'équation
gSîÇ ! & + cw°.cl
Succinate d'éthyle.
Chlorure de benzoïle.
= C*W»C1 + Cc1h^J0 + (CMI*0*)"0
Chlorure Benzonte Anhydride
d'éthyle. d'éthyle. succinique.
— Produits de substitution du succinate d'éthyle. Lorsqu'on fait passer du chlore il travers du succinate d'éthyle et qu'on expose ensuite le produit au soleil, dans un flacon rempli de chlore gazeux, il se forme une substance cristallisable qui fond entre 115° et 120" et qui présente la composition