‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 84 sur 1059 · L.EMERCIER · texte numérisé non relu

L.EMERCIER

— Où l'on Vîrse beaucoup de sang : Lutte sanguinaire. Les druidesses avaient des sacrifices uocturies et sanguinaires. (St-Marc Girard.)

— Qui a un caractère de cruauté ; qui porte à la cruauté : Humeur sanguinaire. Zèle sanguinaire. Dogme sanguinaire. Code sanguinaire. Régime sanguinaire. Ordres sanguinaires.

Perfides, conteniez voire soif sanguinaire.

Racine.

— s. m. Huit, relig. Membre d'une secte d'anabaptistes, que 1 on accusait de boire du sang humain, quand ils prononçaient un serment.

— s. m. pi. Mamm. Famille de mammifères, plus souvent lésignée sous le nom de carnassiers.

— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des papavéraeées, tribu des argémonées, dont l'espèce '.ype croît au Canada et sur les montagnes des Etats-Unis.

— Encycl. 3ot. Les sanguinaires sont des plantes vivacas, acaules, à souche souterraine, rampante, noueuse, émettant une seule feuille qui accompagne une hampe ou pédoncule radical; la fleur unique qui termine celui-ci présente un calice à deux sépales ovales ; une corolle de 8 ou 12 pétales, alternant par quatre sur deux ou trois rangs ; 24 étamines, à anthères linéaires ; un ovaire comprimé, multiovulé, surmonté d'un stigmate sessile, épais; le fruit est une capsule polysperme, s'ouvrant en deux valves. La sanguinaire du Canada, espèce type du genre, est une belle plante, à grande rieur blanche, à feuille large, arronuie, vert noirâtre en dessus, pâle e, glauque eu dessous, avec des nervures rouges, et portée sur un Ion" pétiole brunâtre. Elle croit dans les régions boréales de l'Amérique du Sud et on la cultive dans nos jardins d'agrément; on la propage de graines, semées en pots ou en terrines, à une exposition ombragée, et plus souvent d'éclats

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de souches faits au printemps; la terre de bruyère, fraîche et un peu tourbeuse, lui convient par-dessus tout.

Cette plante renferme , surtout dans ses rhizomes, un suc acre et caustique, d'un rou^e de sang, qui teint la salive de la même couleur. Sa racine (comme on appelle vulgairement le rhizome) est employée en médecine ; on la tire surtout du Canada et de la Floride; elle est d'un rouge sanguin et de la grosseur du doigt. L'analyse chimique y a constaté la présence d'une base organique, la sanguinarine, soluble dans l'alcool, se colorant en rouge au contact des acides et formant avec eux des sels rouges, amers et très-solubles dans l'eau; elle a des propriétés sternutatoires très- prononcées.

La sanguinaire est acre, caustique, drastique; elle a une action vomitive très-énergique. Sa racine partage les propriétés de la stramoine; administrée à faible dose, elle est stimulante, tonique, diaphoiétique; elle a même des propriétés narcotiques ; à dose plus élevée, elle peut provoquer des vomissements. C'est sous forme de teinture qu'on l'administre le plus souvent. On l'a vantée contre la gonorrhée, les fièvres bilieuses, les morsures des serpents, les palpitations du cœur et même la tuberculisation pulmonaire; dans ce dernier cas, elle est souvent associée à l'opium; on l'a proposée aussi comme succédané de la digitale. Sa poudre est sternutatoire et a été employée comme escharotique contre les polypes muqueux du nez. Peu usitée aujourd'hui, la sunguinaire se trouve dans le codex homœopathique. Les sauvages emploient son suc pour se teindre le corps en rouge. On l'a aussi proposée pour teindre les soies et les mousselines.

SANGUINARINE s. f. (san-ghi-na-ri-ne — rad. sanguinaire). Chim. Alcaloïde extrait de de la racine de sanguinaire du Canada.

— Encycl. La sanguinarine, encore connue sous les noms de chéléryt Urine et de pyrrhopine, est un alcaloïde que Dana a découvert le premier dans les racines de la sanguinaria Canadensis, Probst a découvert le même alcaloïde dans la grande chélidoine et lui a donné le nom de chélérythrine. Polex l'a également extrait de la même plante et l'a confondu avec la porphyroxine. Mais Probst et Schiell ont démontré l'identité de ces différents produits. Dans la chélidoine, c'est surtout la racine et les fruits verts qui renferment l'alcaloïde; dans la sanguinaire, on trouve aussi ce corps dans les feuilles et probablement dans les graines. On le rencontre aussi dans les racines du glaucium tuteum, où il existe en même temps que la glaucopicriue. Les parties vertes de cette plante n'en contiennent pas et renferment seulement de la glaucine.

— I. Préparation, io Au moyen de la racine de sanguinaire. On épuise par de l'élher la racine pulvérisée; on filtre et l'on dirige un courant de gaz chlorhydrique sec à travers la solution éthérée. 11 se précipite du chlorhydrate de sanguinarine impur, que l'or. recueille et que l'on dessèche. L'éther conserve en solution une résine grasse et brune ainsi qu'un peu de sanguinarine, que l'on retire en évaporant, à siccilé, repreuaut le résidu par de l'acide sulfurique très-étendu, filtrant et précipitant par l'ammoniaque. Le chlorhydrate de sanguinarine est dissous dans l'eau et précipité par l'ammoniaque. Un recueille ce précipité, on le lave, on le dessèche et on le dissout dans l'éther. La solution étherée est vivement agitée avec du noir animal jusqu'à ce qu'elle devienne incolore. On précipite ensuite une seconde fois la solution étliérée par l'acide chlorhydrique gazeux, on décompose le chlorhydrate par l'ammoniaque, etitlu on lave, puis on dessèche 1 alcaloïde. Schiell extrait l'alcaloïde de la plante par d'autres méthodes, mais le purifie encore en précipitant sa solution étherée par l'acide chlorhydrique ou par l'acide sulfurique.

2U Préparation au moyen de la grande chélidoine. On épuise la racine de cette plante sèche ou fralclie par de l'eau aiguisée d'acide sulfurique; on précipite le liquide filtre par l'ammoniaque, on lave le précipité, on le comprime entre plusieurs doubles de papier Joseph et on le dissout humide encore dans l'acide sulfurique alcoolisé. On ajoute ensuite de l'eau à la solution alcoolique, on la fait bouillir de manière à en éliminer l'alcool, on la filtre et on la précipite par l'ammoniaque. On dessèche aussi complètement qu'on le peut le précipité en l'exprimant entre du papier Joseph, à une douce chaleur, et on le traite par l'éther qui dissout surtout la sanguinarine. La solution éthérée laisse en s'evaporant une masse résineuse semblable ■a la térébenthine, que l'on traite par la plus petite quantité possible d'eau aiguisée d'acide chlorhydrique; la sanguinarine se dissout et la résine reste indissoute. On évapore à siccité la liqueur aqueuse et on lave à l'éther le chlorhydrate de sanguinarine qui, insoluble dans ce liquide, y reste comme résidu. On dissout ensuite ce sel dans un peu d'eau froide, qui laisse la plus grande partie du chlorhydrate du chélidonine, on évapore de nouveau la liqueur et l'on répète ces traitements à l'eau froide et ces évaporations successives jusqu'à ce qu'il ne se sépare plus de chlorhydrate de chélidonine. On précipite enfin le chlorhydrate de sanguinarine par

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l'ammoniaque ; on lave et l'on dessèche le précipité, puis on le dissout dans l'éther et l'on évapore la solution.

30 Préparation au moyen du glaucium luteum. On prend la racine d'une plante d'un ou deux ans, on la dessèche, on la pulvérise et on l'épuisé par l'acide acétique étendu. La décoction est précipitée par l'ammoniaque, et le précipité est lavé, desséché et épuisé par l'éther, qui laisse de la sanguinarine presque pure en s'evaporant. Pour purifier complètement ce produit, on le dissout dans la plus petite quantité possible d'eau acidulée par de l'acide chlorhydrique , on évapore à siecité et l'on débarrasse le résidu de la chlorophylle qu'il contient en le lavant à. l'éther. On le dissout ensuite dans très-peu d'eau et l'on ajoute à la solution un grand excès d'acide chlorhydrique concentré, qui le précipite presque complètement. On peut obtenir le sel à l'état cristallin en le redissolvant dans l'eau et en évaporant lentement la solution. Le sel ainsi purifié donne par l'ammoniaque un précipité de sanguinarine qu'on fait cristalliser dans l'éther hydraté. L'eau mère d'où l'on précipite ie chlorhydrate de sanguinarine par l'acide chlorhydrique concentré renferme encore des traces de cet alcali impur, qu'on peut en précipiter par l'ammoniaque et purifier ultérieurement.

— II. Propriétés. Par l'évaporation spontanée de sa solution alcoolique, la sanguinarine s'obtient en groupes de nodules cristallins. D'après Dana, elle formerait de petits grains fins et nacrés, et, d'après Polex, des nodules blancs ou des aiguilles groupées en étoiles. Cet alcaloïde est insoluble dans l'eau, mais se dissout dans l'alcool et dans l'éther. Les solutions éthérées l'abandonnent, en s'evaporant, sous la forme d'un corps semblable à la térébenthine qui se transforme peu à peu en une masse dure, friable et brillante. Les cristaux deviennent opaques et bruns lorsqu'on les dessèche. Us sont insipides ou n'ont qu'une saveur très-faible; les solutions alcooliques, au contraire, présentent une saveur acre, brûlante et anière. La sanguinarine est un poison narcotique puissant et un sternutatoire énergique. D'après Dana et Schiell, elle présenterait une réaction alcaline ; mais elle serait neutre d'après Probst et Polex. Exposée à l'air, elle prend peu à peu une couleur bleu jaunâtre ; elle devient immédiatement rouge si l'atmosphère est chargée de vapeurs acides, même en petite quantité. A 65°, elle se ramollit et devient résineuse; à une température plus élevée, elle fond, puis brûle en répandant des vapeurs ammoniacales. L'acide azotique la décompose.

La sanguinarine s'unit aux acides, qui lui communiquent une faible couleur orange en formant des sels neutres, en partie cristallisables, dont la saveur est acre et l'action narcotique puissante. La plupart de ses sels sont solubles dans l'eau. L'ammonkique, les alcalis fixes et la magnésie précipitent la sanguinarine de leur solution sous la forme d'une masse caillebottée d'un blanc grisâtre. Les acides concentrés ont peu d'action sur cet alcaloïde à froid. L'acétate de sanguinarine précipite en blanc jaunâtre l'émétique, le chlorure ferrique, l'azotate mercurique et l'azotate d'argent. L'iode y fait naître un précipité cramoisi, le chroinate de potassium un précipité jaune et le chlorure d'or un précipité jaune rouge foncé. Le sous-acétate de plomb et le tannin ne donnent pas de précipité.

SANGUINE s. f. (san-ghi-ne — du lat. sanguis, sang). Miner. Nom vulgaire de l'hématite rouge. Il Pierre précieuse qui est couleur de sang.

— B.-arts. Crayon fait avec de la sanguine : Portrait à la sanguine, h Croquis exécuté avec ce crayon : Une sanguine de Greuze. (| Lithographie imitant le dessin à lasauguine.

— Arboric. Variété de poire d'Italie.

— Bot. V. sanguignon.

— Encycl. B.-arts. On fait avec le crayon de sanguine, presque toujours employé en bâtons carrés de ou^oo* à O^OOS d'épaisseur, de très-beaux dessins larges, doux et moelleux, qui empruntent un grand charme à leur couleur d'un rouge foncé et un peu rompu. Etant gras, il adhère assez soltuemeut au papier, beaucoup plus même que la plupart des crayons noirs ou que les pastels, et peut pourtant permettre d'obtenir des contre-épreuves tres-douces et très-nettes, sans que l'original soit altéré. Le seul inconvénient que présente ce genre de crayon pour les dessinateurs peu habiles, c'est qu'étant gras, adhérant solidement au papier, il est difficile de l'effacer, ce qu'on ne peut faire qu'à l'aide de la mie de pain ; aussi son emploi exige-t-il une grande sûreté de main et une certaine expérience. Pour cette raison, il n'est guère mis en usage que par les artistes qui possèdent toutes les ressources de leur art. Ceux du xvme siècle, qui s'efforçaient d'acquérir une grande hauileté manuelle et qui *e livraient à de constantes et patientes études du dessin , se servaient de préférence de ta sanguine, et ils ont laissé un grand nombre de ces dessins ainsi exécutes. Les plus remarquables sont ceux de Greuze, de Chardin, de Boucher, qui en ont produit un grand nombre. Le premier surtout a laissé dans ce genre une série d'études de figures d'un faire large, habile, où l'on

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reconnaît la sûreté de la main et la science du dessinateur. Ces études sont très-estimées et très-recherchées, presque à l'égal de beaucoup de tableaux de maîtres.

Ces sortes de dessins sont, par extension, désignés sous le nom de sanguines. Ainsi, ce mot s'applique tout à la fois au crayon et au dessin exécuté à l'aide de ce crayon. Les sa?iguines furent en faveur au siècle dernier, en raison même de la vogue que leur avaient donnée les maîtres qui viennent d'être cités; mais aujourd'hui cette vogue a beaucoup baissé, les artistes modernes se livrant peu à ce genre de dessin, qui exige une habileté qui semble perdue.

On nomme aussi sanguines les dessins reproduits en rouge par la lithographie et qui sont obtenus de la même manière que les dessins noirs, avec cette différence qu'on teinte la pierre avec de l'encre rouge au lieu de la teinter avec de l'encre noire. C'est ainsi que sont reproduits les études et croquis de Greuze et de Boucher. Seulement, l'encre rouge lithographique est presque toujours d'un rouge plus vit, plus intense que la sanguine, dont la teinte est celle du sang desséché et un peu décoloré.

SANGU1NEIXE s. f. {san-ghi-nè-le — dimin. de sanguin). Bot. Nom vulgaire du cornouillet sanguin. s

SANGUIN1COLLE adj. (san-gui-ni-ko-le — du lat. sanguis, sang; collum, cou). Zool. Qui a le cou ou le corselet rouge.

SANGUINIPÈDE adj. (san-gui-ni-pè-de — du lat. sanguis, sang; pes, pied). Zool. Dont les pattes sont rouges.

SANGU1NIROSTRE adj. (san-gui-ni-rostre — !■ du lat. sanguis, sang; rostrum, bec). Zool. Dont le bec est rouge.

SANGUINOLAIRE s. f. (san-gui-no-Iè-re — rad. sanguinolent). Moll. Genre de mollusques acéphales, à coquille bivalve, de la famille des nymphacées, voisin des psammobies.

SANGUINOLE s. f. (san-ghi-no-le — dimin. de sanguin). Arboric. Variété de pêche. Il Variété de poire.

SANGUINOLENT, ENTE adj. (san-ghi-nolan, an-te — lat. sanguinolentus ; de sanguis, sang). Mêlé de sang, teint de sang : Crachats sanguinolents. Glaires sanguinolentes. Détections sanguinolentes. Liquides sanguinolents. On ne peut nier que les sangliers ne soient avides de sang et de chair sanguinolente et fraîche. (Buff.)

— Hist. nat. Rouge de sang.

— s. m. Ichthyol. Poisson du genre spare, qui vit dans les mers d'Europe et d'Amérique,

— s. f. Ichthyol. Poisson du genre perche ou persègue, qui vit dans les mers d'Amérique.

— Syn, Sanguinolent, ensanglanté, nanglant. V, ENSANGLANTÉ.

SANGUIR, île de l'Océanie, dans la Malaisie, entre l'île Célèbes et les Philippines, par 30 43' de latit. N. et 123» 6' de longit. E. Ella mesure 35 kilom. sur 13; 12,000 hab. Ville principale, ïaroum. La côte offre de bons ancrages. L'intérieur de l'île est traversé par une chaîne de montagnes qui se termine au N. par un volcan très-élevé. Le sol, assez fertile, produit des épices, des cocos, des fruits et des légumes. On y trouve des troupeaux de porcs, chèvres, bœufs, et beaucoup de volaille. Etablissement chinois.

SANGUISORBE adj. (san-gui-sor-be — du lat. sang uis, sang; sorbeo, j absorbe). Zool. Qui suce le sang : Insecte sanguisorbe.

— s. m. Animal qui suce le sang : Parmi les Sanguisorbes, «7 n'y a point d'insectes construits avec un artifice plus étonnant que le cousin. (B. de St-P.)

— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des rosacées, type de la tribu des sanguisorbées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord : Les sanguisorbes sont herbacées, d'une culture facile, et excellentes fourragères. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Bot. Les sanguisorbes sont des plantes herbacées, à feuilles alternes, imparipennées. Les fleurs, groupées en épi terminal compacte, globuleux ou obloiig, munies de bractées, présentent un calice tubuleux, à gorge resserrée par un disque annulaire, à limbe quadrilobé, pétaloïde; pas de corolle; quatre étamines, insérées sur le disque et opposées aux divisions du calice; un ovaire inclus dans le tube du calice, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate dilaté et pectilié; les fruits sont des akènes renfermés dans le tube calicinal. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord ; elles ont beaucoup d'analogie avec les pimprenelles, sont souvent confondues sous le même nom et peuvent servir aux mêmes usages; toutefois, elles sont moins répandues et moins cultivées.

La sanguisorbe officinale est une plante vivace, à souche épaisse, k lige haute d'un mètre et plus, portant, de grandes feuilles ailées, glabres, luisantes eu dessus, glauques en dessous, et des épis de fleurs d'un pourpre foncé. Elle habite surtout l'Europe centrale et croît dans les près. On a proposé de la cultiver comme plante fourragère ; elle donne un fourrage plus abondant que la pimpreuelle, mais

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inférieur en qualité, parce qu'il est plus dur et moins appétissant; toutefois, il peut convenir aux bœufs, aux vaches et aux moutons. La plante est astringente et on lui a attribué des propriétés hémostatiques ; mais elle est a peine connue en médecine. Ses fleurs peuvent servir a teindre en gris les étoffes.

La sanguisorbe du Canada, a peu près de même taille que la précédente, s'en distingue par ses feuilles à folioles moins nombreuses et par ses fleurs d'un blanc verdâtre ; on la cultive dans les parcs et les jardins paysagers, ainsi que les sanguisorbes moyenne, à douze élamines, ete.

SANGUISORBE, ÉE adj. (san-gui-sor-bé — rnd. sanguisorbe). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sanguisorbe.

— s. f. pi. Tribu de la famille des rosacées, ayant pour type le genre sanguisorbe.

SANGUISUGE adj. (san-gui-su-je-- du lat.

sanguis, sang; sugo, je suce). Zoo'l, Qui suce le sang des animaux.

SANGCSZKO (Roman), général polonais, voïvode de Broclaiosk, né en 1537, mort en 1573. A l'âge de dix-huit ans, il débuta dans la carrière des armes sous le commandement du prince Ostrogski, devint, par la suite, gouverneur de Zylomierz, qu'il fortifia, et fut un des plus vaillants défenseurs des frontières de la république polonaise contre les attaques des Turcs et des Tartares. Kn 1558, Sigismond-Auguste confia à Sanguszko le commandement de toute son armée au moment de l'invasion des barbares, qui furent battus et expulsés après avoir éprouvé des pertes considérables. En 1567, il remporta deux grandes victoires, l'une à Iwansk, l'autre entre Ula et Susra, et reçut alors en récompense de ses services le bâton de commandement des armées de Lithuanie. Bien que contraire à la réunion de la Lithuanie avec la Pologne, Sanguszko n'hésita point, lorsqu'il comprit la nécessité de cette mesure, à se présenter à. la diète de Lublin (1569) et à signer l'acte d'union. Soldat intrépide, excellent tacticien, Sanguszko fut un des plus célèbres hommes de guerre de l'ancienne Lithuanie. Il mourut jeune encore, laissant des regrets unanimes et léguant un nom illustre à la postérité.

SANGUSZKO (Bartora Dunink, princesse), femme auteur polonaise, célèbre par sa générosité envers les pauvres, née en 1718, morte en 1791. Elle épousa le prince Paul Sanguszko, grand maréchal de Lithuanie, Au milieu de la corruption des mœurs qui régnait à la cour de Stanislas-Auguste, roi de Pologne, elle se distingua par une vie exemplaire, encouragea partout les actes de vertu et devint la providence des pauvres et des malheureux, Mme Sanguszko habitait son château de Bielinski, à Varsovie. Ce château fut la retraite de la Divine trinilé des saintes dames, nom sous lequel les contemporains ont honoré les dames Sanguszko, Granowska et la femme du casteUan Polaniecki. M™« Sanguszko cultivait avec un grand succès les belles-lettres et les arts. Elle lit beaucoup de traductions et écrivit des livres de piété. Nous citerons d'elle : Réflexions d'une âme gui par la pénitence est ramenée à Dieu (Lublin, 1713, in-8°) ; Description des maladies gui exigent un secours immédiat, traduit du français (1783, in-8°) ; le Comte de Valmont ou VÈgarement de l'esprit (Varsovie, 1778, 2 vol.), Mémoires d'un Polonais consciencieux (Varsovie, 1778, in-4°), etc.

SANHAGI (Abou-Abdallah-Mahomet), fils de Criarumi, nommé aussi Bcn-Agmm ou Agriim, grammairien arabe, né en 1283, mort en 1323. Sa grammaire, intitulée Giarumia ou Agrumia, est très-usitée en Orient, lille est courte, mais elle a été souvent commentée. Les principales éditions sont les suivantes : Rome (1592, in-i°), Breslau (1610), Leyde {1617 [c'est la plus correcte]), Rome (1631, in-8°) ; quelques extraits de cet ouvrage ont paru sous le titre de Deux dissertations académiques ^Levde, 1755-1756). Il existe, en outre, des exemplaires de Y Agrumia dans les grandes bibliothèques publiques de l'Europe. — Ali-ben-Suïd Sanhagi a composé un livre des Poids et mesures des Arabes, et Abou-Mahomet-Abdalazziz Sanhagi une Histoire du Cairovan.

SANHÉDRIN s. m. (sa-né-drain — moth'breu corrompu du grec sunedrion, qui signifie proprement réunion, tribunal, de suit, ensemble, et de edra, siège, chaise. Les écrivains juifs écrivent souvent en français synhédrium au singulier etsanhédrins au pluriel). Hist. Tribunal des Juifs. Il Grand sanhédrin, Tribunal suprême qui siégeait à Jérusalem. Il Petits sanhédrins, Tribunaux inférieurs qui ressortissaient à celui de Jérusalem.

— Par plaisant. Réunion de gens assemblés pour délibérer : Un sanhédrin de nonnes.

— Encycl. On appelle sanhédrin le conseil suprême des Juifs, qui se composait de 70 membres, non compris le président. Le mot sanhédrin n'est qu'une transcription , corrompue par les talmudistes, du terme grec sunedrion, qui signiiie assemblée. Or, l'assemblée des vieillards ou des anciens forma, dès les temps les plus reculés, une autorité considérable chez les Hébreux. Nous lisons au livre des Nombres (II, 16 etsuiv.), que Moïse s'adjoignit un conseil de 70 meru-

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bres choisis parmi les anciens, pour juger les cas difficiles. Si, comme le veut Munk, ce conseil ne fut nommé que pour un but momentané, il n'en est pas moins vrai que nous voyons à chaque instant dans la Bible les chefs de la nation juive recourir aux conseils et à l'autorité des anciens. Pour n'en citer qu'un exemple, lorsque, après la mort de Salomon, Jéroboam et les délégués du peuple exposent leurs griefs au roi Koboam, celui-ci demande des conseils «aux anciens qui avaient assisté son père Salomon > (1, liais, xii, 3-6). Pour la première fois, ce tribunal apparaît clairement sous les règnes

lone.

Ce grand sanhédrin fut, dans tous les cas, établi sur le modèle du conseil des soixantedix de Moïse, en admettant qu'il n'en ait pas été la suite non interrompue ; et l'on peut conjecturer que des assemblées de ce genre furent convoquées dans plusieurs circonstances dont l'histoire ne parle pas.

Voici quelle était l'organisation d u sanhédrin. Il se composait d'un président (roscà), portant le titre de nasi (c'était ordinairement le grand prêtre), d'un premier vice-président [din abi beït ou ab betk din, père du tribunal), qui était assis à. la droite du président, et d'un second vice-président (hakam), assis à la gauche du président. Puis, au-dessous, venaient les autres membres ainsi répartis : les prêtres, composés en grande majorité des grands prêtres honoraires ; les anciens ou principaux pères de famille, et les scribes ou hommes de plume. Les talmudistes ajoutent des secrétaires et des appariteurs et disent que les sessions se tenaient dans l'enceinte du temple, dans un endroit nommé gazith, où étaient aussi renfermées les archives. Josèphe, au contraire, soutient qu'elles avaient lieu dans un endroit situé sur le versant oriental de la montagne de Sion, non loin du temple. Dans les cas d'urgence, le sanhédrin se réunissait dans la maison du grand prêtre, mais il fallait pour cela un motif grave ou une circonstance exceptionnelle, telle que fut la mise en accusation de Jésus-Christ.

D'après les rabbins, on portait devant ce tribunal suprême les affaires criminelles et administratives qui concernaient une tribu tout entière ou une ville; il jugeait les faux prophètes, et le roi avait besoin de son consentement pour entreprendre une guerre. 11 jugeait aussi les crimes politiques d'une certaine importance. 11 recevait les témoignages pour la fixation des néoménies et les proclamait. Les néoménies ou nouvelles lunes étaient toutes fêtées; et, comme les Hébreux n'avaient pas de calcul astronomique, c'était par l'observation seule qu'ils connaissaient lu nouvelle lune.

Les causes apportées devant le sanhédrin avaient déjà été jugées en premier ressort par des cours inférieures ; cependant, certaines affaires très-importantes y étaient immédiatement portées. Le sanhédrin pouvait, dans un cas grave, prononcer la peine capitale ; mais, lors de la domination romaine, l'exécution ne devait avoir lieu qu'avec l'assentiment du gouverneur romain. Cette autorisation donna lieu souvent à des conflits; c'est ainsi, par exemple, que, le grand prêtre Ananias ayant fait juger et exécuter Jacques et ses compagnons en l'absence du procureur romain, cet acte fut considéré comme illégal par les Juifs eux-mêmes. D'autres fois, la volonté ou plutôt le caprice populaire primait la loi juridique. La lapidation d'Etienne en est une preuve, car elle eut lieu sans décision du Sanhédrin.

Le sanhédrin siégeait, comme il a été dit, près du temple, dans une salle appelée gazith, bâtie en pierre de taille ; mais, plus tard, il fut transféré en plusieurs autres endroits. Les sièges étaient disposés en demiceiole, et à chaque extrémité de l'hémicycle se tenait un secrétaire. Lorsque le sujet de la délibération était très-grave, la présence de tous les membres était requise ; dans les cas ordinaires, il suffisait de 23 membres présents.

Outre le grand tanhédrin, les rabbins parlent aussi de petits sanhédrins composés de 23 membres et qui siégeaient dans chaque ville. A Jérusalem, disent-ils, il y en avait deux. Ces tribunaux jugeaient, en général, toutes les affaires criminelles de l'ordre vulgaire. Mais dans les œuvres de Josèphe il n'existe aucune trace de ces tribunaux de 23 membres; cet auteur ne parle que de tribunaux composés de 7 juges, lesquels, selon lui, avaient été institues par Moïse. D'après les rabbins, les affaires civiles étaient jugées par trois juges; chacune des parties en choisissait un, et les deux ensemble choisissaient le troisième, avec lequel ils formaient Une commission arbitrale,

Lorsque Hérode parvint, grâce aux troupes romaines commandées par Sosius (37 ans av. J.-C), à régner sur les Juifs, le premier acte de son règne fut le massacre de tous les membres du sanhédrin, parce que ce corps suprême, pendant le biege de Jérusalem, avait encouragé le peuple à résister à Hérode et à. ses alliés romains. Le pharisien Pullion et son disciple Saméas furent les seuls que le tyran épargna, parce que, pour arrêter l'effusion du sang, ils avaient été d'avis d'ouvrir les portes de la ville à Hérode.

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Nous suivons le récit de Josèphe en appelant les deux magistrats épargnés Pollion et Saméas; mais d'uutres historiens substituent à ces deux noms ceux de I lillel et de Schammaï, docteurs célèbres, qui sont peut-être les mêmes.

Hérode dut recomposer le sanhédrin en y plaçant des hommes faibles qu'il pût dominer a son gré. Le sanhédrin joua le principal rôle, au dire des Evangiles, dans le procès et la mort de Jésus, ainsi que nous le voyons dans l'Evangile de saint Matthieu (xxvi). Les chefs des sacrificateurs, y est-il dit, les scribes et les anciens du peuple se réunirent au palais du souverain sacrificateur, qui se nommait Caïphe, et délibérèrent de saisir Jésus par ruse et de le mettre à mort.

Le sanhédrin prit une part active à la défense de la nationalité juive contre l'invasion romaine.

Quelque temps avant la destruction de Jérusalem par Titus, afin de pouvoir délibérer en sécurité, le sanhédrin fut transporté dans la ville de Yabné ou Jamnia, qui, lorsque les Juifs eurent cessé d'exister comme nation, devint le siège d'une des plus illustres écoles de rabbins.

SANHIA s, m. (sa-ni-a). Ornith. Oiseau du genre coucou, qui habite la Chine.

SANH1LARIA s. m. (sa-ni-la-ri-a — de Auguste de Saint- Hilaire, botan. fr.). Bot. Syn. d'iUGDSTA.

SANI s. m. (sa-ni). Instrument à vent en usage dans l'Inde.

— Encycl. Le tant est une clarinette à anche qui rappelle assez notre hautbois. Le son qui en sort est assez criard et ne manque pas cependant d'un certain charme sui generis. Le sani est un des quatre instruments qui composent l'orchestre des natch-girli ou bayadères, avec le louri, les kausias et le scharigi. On appelle badia-caras les Indous qui jouent de ces instruments; ce sont, en général, des pauvres diables du plus piteux aspect ; ils se tiennent accroupis, demi-nus, dans un des coins de la salle et paraissent absorbés par l'affreuse harmonie qu'ils produisent. Le sani figure également dans les processions et autres cérémonies religieuses, si nombreuses et si bruyantes parmi tous les Indous, depuis le pied de l'Himalaya jusqu'à Ceylan et au Guzarate.

SANI, dieu de la mythologie indoue, qui préside à la planète que nous appelons Saturne. Le samedi est le saniuara. Ce dieu,lils de Sourya et d'Echhâyâ, est vêtu de noir et porté par un vautour; il a quatre bras; dans une main il tient une flèche, dans l'autre un javelot, dans la troisième un arc, et de la quatrième il accorde une bénédiction. Les Indous redoutent sa inaligne influence et cherchent à l'apaiser par un grand nombre de cérémonies. On raconte de sa méchanceté bien des traits :son regard brûle et dévore; il a consumé la tête de Ganéça, remplacée par une tête d'éléphant, et les roues du char de Uaçaratha, soutenu heureusement en l'air sur les ailes de Djatâyou ; il fait pousser de mauvaises moissons; il envoie la sécheresse, il répand le malheur. Los personnes absentes au moment où la planète de Sani apparaît s'empressent de revenir, pour ne pas éprouver de disgrâce. Si une personne en persécute une autre, celle-ci le supporte patiemment, l'attribuant à l'influence de Sani, qui se trouve placé dans le neuvième astérisme lunaire. Celui qui naît sous l'aspect de cette planète sera victime de la calomnie; il perdra sa fortune, ses enfants, sa femme, ses amis. Toujours en différend avec les autres, il éprouvera mille calamités.

SANICLE s. f. (sa-ni-kle — lat. sanicula ; de sanare, guérir). Bot. Nom vulgaire de la sanicule d'Europe : La sanicle vulgaire a un goût amer. (V. de Bomare.) La sariclk fleurit au milieu du printemps. (Bosc.) Il Sanicle de montagne, Nom vulgaire de la benoîte, il Sauicle femelle, Nom vulgaire de l'astrance ou radiaire.

— Prov. Qui: connaît la bugle et ta sanicle fait aux chirurgiens la nique, La bugle et la sanicle suffisent pour guérir tous les maux.

— Encycl. Bot. Les sanicles sont des plantes herbacées, vivaces, à feuilles palmées ou tligitées, presque toutes radicales. Les fleurs forment une ombelle terminale, à rayon peu nombreux, ainsi que les folioles de 1 involucre, et divisée en ombellules à rayons nombreux, comme les folioles des involuceltes. Klles présentent un calice adhérent, à cinq divisions persistantes; une corolle à cinq pétales obovales, connivents, terminés en pointe; deux styles filiformes. Le fruit est un diakène globuleux, hérissé d'aiguillons crochus et à columelle indivise. Ce genre ne comprend que trois ou quatre espèces, qui habitent les régions tempérées de l'hémisphère boréal.

La sanicle officinale ou d'Europe, plante \ ivace à racine assez grosse , noueuse , brune, et à fleurs blanches, est abondamment répandue dans l'Europe centrale; elle croit dans les lieux montueux et ombragés, les bois humides, etc. On ne la cultive que dans les jardins botaniques ; elle se propage trèsfacilement par semis et mieux par éclats de pied faits à l'automne ou au printemps. Se3 feuilles et ses racines ont joui d'une certaine réputation dans la matière médicale. On peut

SANI

récolter la plante pendant une grande partie de la belle saison ; mais ses propriétés sont plus actives si elle est recueillie au moment de la floraison. La dessiccation lui fait perdre en partie son odeur, mais par contre développe sa saveur ainère et styptique.

La sanicle est surtout astringente ; son infusion précipite en noir les persels de fer. On l'a préconisée aussi comme tonique et détersive. Elle était même, à une certaine époque, regardée comme une véritable panacée, ainsi que la bugle, à laquelle on 1 associait, ce qui avait donné naissance à ce vieux dicton :

Qui a la bugle et la sanicle Fait aux chirurgiens la nique.

Entre autres maladies, la sanicle était vantée contre la diarrhée, la dyssenterie chronique, les hèmontysies, les hémorragies, les ulcères de la bouche, les flueurs blanches, les coups, les plaies, les ecchymoses, les contusions, etc. Elle entre encore aujourd'hui dans la composition du falltranck ou vulnéraire suisse. On emploie ses feuilles en infusion théifonne ou en décoction ; on les mêle dans les tisanes, les potions et les apozèmes astringents. Mais son antique réputation a singulièrement baissé, et cette plante est beaucoup moins usitée aujourd'hui.

En agriculture, la sanicle ne joue qu'un rôle insignifiant. Les moutons et les chèvres la mangent, mais les chevaux n'en veulent

fias. Dans certains pays, on donne ses feuiles, qui restent vertes toute l'année, aux vaches qui viennent, de vêler pour faciliter la sortie de l'arrière-faix. Leur décoction est aussi usitée en médecine vétérinaire. Quant aux racines, malgré leurs propriétés réelles, elles sont à peu près sans usage.

La sanicle du Marylano; se reconnaît à ses fleurs hermaphrodites scssiles, tandis que les fleurs mâles sont pédonculées; on l'emploie contre la syphilis et les maladies du poumon. La sanicle du Canada est à peine connue.

SANICULE s. f. (sa-ni-ku-le — dimin. de sanicle). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellileres, tribu des saniculêes, comprenant une douzaine d'espèces, dont le type croît en Europe.

SANICULE , ÉE adj. (sa-ni-ku-lé — rad.

sanicule). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sanicule.

— s. f. pi. Tribu de la famille des omballifères, ayant pour type le genre sanicule.

SAN1DE s. f. (sa-ni-de — gr. sanis, proprement planche). Antiq. gr. Table sur laquelle les Athéniens inscrivaient les lois et les actes publics.

SANIDIN s. m. (sa-ni-dain — du gr. sanis, table ). Miner. Espèce de feldspath trèstransparent.

SANIE s. f. (sa-ni — latin santés, mot qu'Eichhoff rapporte au sanscrit sanas, résidu, qu'il l'ait venir de la racine sâi, affaisser, cesser). Liquide séreux, sanguinolent, fétide, qui se produit dans les ulcères et les plaies.

SANIEUX, EUSE adj. (sa-ni-eu, eu-ze — rad. satiie). Pathol. Qui contient de la sanie : ■Ulcère sanieux. Plaie sanieusk. Dante a mis ensemble dans la basse-fosse de l'enfer et fait dévorer à la fois par la gueule sanieusk de Satan le grand traître et le grand meurtrier, Judas et Drutus. (V. Hugo.) U Qui est de la nature de la sanie : Liquide sanieux. Matière SANIEUSU.

SANIEWSK1 (Félix), littérateur polonais contemporain. Professeur à Varsovie avant 1830, il prit une part active à la révolution du 29 novembre, devint, en IS3I, rédacteur de la Guzeta potilyczna (Gazelle politique), et, après la ruine ae l'insurrection , se réfugia eu France. On a de lui, en polonais : Géographie élémentaire (Varsovie, 1830); puis, en français : Mémoires d'un Polonais consciencieux (Paris, 1833) ; Tableau géographi~ gue, statistique et historique du royaume de Pologne (Laval, 1833) ; Mémoire sur l'emploi du sarrasin (Orléans, 1840), etc.

SANIFIER v. a. ou tr. (sa-ni-fi-é —du lat. sanm, sain ; facere, faire. Prend deux t de suite aux deux prem. pers. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous sanifiioits; gue vous tonifiiez). Purifier, rendre sain ; Si cela est nécessaire, on fera du feu dans la cale, dans le faux pont pour faire sanifikr le bdti~ ment. (De Missiessy.) il Inus.

SANI-JALA s. m. (sa-ni-ja-la). Ornith. Un des noms du merle doré de Madagascar.

SANIOKUOR, territoire qui a été annexé au Sénégal en 1861.

SANITAIRE adj. (sa-ni-tè-re — du lat. sanitas, santé). Qui a rapport à la conservation de la santé publique : Police sanitaire. Commission, intendance sanitaire. Lois, règlements sanitaires. Précautions, mesures sanitaires. Bulletin sanitaire.

— Cordon sanitaire, Troupes placées sur les frontières de deux Etats, afin d'empêcher l'introduction de maladies contagieuses dans un pays sain.

— Déchargement sanitaire, Déchargement d'un navire suspect, opéré avec les précautions jugées nécessaires pour éviter la contagion.

— Encycl. Régime et police sanitaire. V.

EÉQ1UE.

SANL

SANITÉ s. f. (sa-ni-té — du lat. sanilas ; de sanis, sain). Qualité, état de ce qui est sain, h Peu usité.

SAN1TUIM, ville de la Gaule ancienne, dans les Alpes-Maritimes, chez lesSaniciens, lient elle était la capitale. Aujourd'hui Se-

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