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étudié le droit à l'université de sa ville natale (1611), il se mit ù visiter la Suisse, la France, l'Angleterre, les Pays-Bas, revint dans sa ville natale au bout de cinq ans, se fit recevoir docteur et fut nommé auditeur 1 général de la garnison d'fleidelberg. Zinkgref eut beaucoup à souffrir des vicissitudes de la guerre de Trente ans. Sa ville natale étant tombée au pouvoir des Bavarois en 1623, il se rendit à Strasbourg, devint secrétaire interprète de l'ambassadeur français Marescot, suivit ce diplomate dans diverses cours de l'Allemagne, entra ensuite au service de l'électeur palatin, dut s'enfuir du Palatinat après la bataille de Nordlingen, fut pris et blessé par les soldats de Bernard, duc de Weimar, parvint à s'échapper de leurs mains et à gagner Saint-Goar, où demeurait son beau-père ; mais, peu de temps après, il y mourut de la peste. Zinkgref joignait aune rare érudition un goût fin et sûr. I! se rattache à l'école de Weekherlin, dont il a le style énergique et vigoureux ; mais on sent aussi dans ses œuvres l'influence d'Opitz, qui était son ami. Parmi les œuvres de cet écrivain qui occupe en Allemagne un rang distingué, nous citerons : E mblematum ethico-politicorum centuria ou Cent allégories morales et politiques en vers (Francfort, 1623, in -8°); Apuphthegmata ou Sentences prises dans les auteurs allemands (Strasbourg, 1626-1631, 2 vol. in-S°), excellent recueil d'anecdotes, d'épigratnmes, de discours tirés des meilleurs écrivains du xvie et du xviie siècle, et qui présente un cours de lectures intéressantes d'une haute valeur pour l'étude des mœurs allemandes; Eloge du soldat (Francfort, 1632), imitation deTyrtée; Carmina latina, dans les Trigs poetics de Weidner. Le tome VII de la Bibliothèque des poêles allemands du xvii° siècle, publiée par \V. Muller, contient un choix de poésies de Zinkgref, h qui l'on doit, en outre, ta première édition des Poésies allemandes de Martin Opitz (Strasbourg, 1624, in-4o),
ZINN (Jean-Godefroy), anatomiste et médecin allemand, né à Schwabach en 1727, mort a Gœtthigue en 1759. Il fit ses études d'abord à Anspach, puis à Gœttingue, où il fut reçu docteur en médecine en 1749, après avoir soutenu, sous la présidence de Haller, une thèse remarquable, pleine d'expériences sur les diverses parties de l'encéphale des animaux. Eu quittant Gœttingue, il alla à Berlin, où il devait trouver des moyens de se perfectionner encore dans l'anatomie et la botanique, qui étaient ses sciences de prédilection. Eu 1753, il fut rappelé à Gœttingue pour y être professeur de médecine et pour y avoir la direction du jardin de botanique. Il n'arriva pas au terme de sa trente-deuxiènio année. Parmi ses écrits, nous signalerons : Dissertaiio exhibens expérimenta circa corpus callosum, cerebellum et durant meningem, in vivis aiiimatibus instituta (Gœttingue, 1749, in-4°) ; De liyamentis ciliaribus (Gœttingue, 1753, in-4") ; Obseruationes quxdain botaniCB et anatomicie de vusis subtilioribus oculi et cocldes auris iniernx (Gœttingue, 1753, in -4°); Descriplio anatomica oculi humani iconibus illustrais (1755, iu-4°) ; Descriplio plantarum horii et agri Gœtiingensis (Gœttingue, 1757, in-S°).
ZINNA. ville de Prusse, province de Brandebourg, régence de Potsdam, cercle et à 2 kilom. N. de Juterbock, sur la Nuthe ; 2,000 hab. Fabrication de toiles, lainages, cotons et cuirs. Aux environs, riche et célèbre abbaye, fondéo en 1171. Cette ville a été bâtie ou 1774 par Frédéric le Grand.
ZINNÈQUEs. f.(zinn-nè-ke). Entom. Genre d'insectes hémiptères homoptères, de la famille des cicadiens, dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.
ZINN1E s. f. (zinn-nî — de Zinn, baron allemand). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des hélianthèes, comprenant plusieurs espèces, qui' croissent dans l'Amérique du Nord : La France s'est enrichie, par les soins de Cavanilles, d'une fort belle espèce, la zinnib élégante. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Les zinnies sont des plantes herbacées annuelles, à feuilles opposées, entières, nervées, à fleurs jaunes ou rouges, réunies en larges capitules terminaux, rayonnes, entourés d'un involucre dont les écailles imbriquées sont bordées de noir. On en connaît une douzaine d'espèces, qui croissent dans les régions centrales et chaudes de l'Amérique. La plus remarquable est la zinnie élégante ; cette plante, dont la tige est haute de 1 mètre, croît au Mexique ; elle a produit de nombreuses variétés, à fleurs simples ou doubles, offrant toutes les nuances du blanc au rouge pourpre. Ella croît en plein air et se ressème souvent d'elle-même; sa propagation n'offre donc aucune difficulté. On cultive aussi la zinnie multi/hre ou brésine; celle-ci a des tiges moins hautes que la précédente et des fleurs d'un rouge terne, jaunes dans une variété. Nous citerons encore la zinnie du Mexique, à tiges couchées à la base, puis redressées, hautes da om,30 à om^O et à fleurs d'un jaune orangé mélangé d'un peu de brun. Les zinnies, la première espèce et sa variété double surtout, sont des plantes ornementales d'un bel effet, tant par l'élégance de leur port que • par !e coloris varié et la longue durée de
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leur floraison. On les emploie à décorer les plates-bimdes et h former des massifs, surtout dans les parcs et les grands jardins, là où il faut des plantes très-rustiques et supportant au besoin la sécheresse. Leurs fleurs coupées conviennent d'ailleurs parfaitement pour garnir les vases et les bouquets.
ZINTEN, ville de Prusse, province de Prusse, régente et à 30 kilom. S. deKœnigsberg, sur le SStraddick; 2,500 hab. Fabrication de draps et de toiles; forges.
Z1NTZKL, petite rivière de l'Alsace-Lorraine, dans l'ancien département du Bas- Rhin. Elle se forme à Monterhausen de deux ruisseaux descendus de la forêt de Gotzenbruek, coule entre la forêt de Philippsbourg au N. et celle de Bœrenthal au S., passe à Bœrenthal, reçoit la rivière de Niederbronn et se jette dans la Moder, a Schweighausen, après un cours de 48 kilom.
7.INTZEL, autre rivière de l'Alsace-Lorratne, ancien département du Bas-Rhin. Elle se forme dans le canton de Phalsbourg des eaux descendues de plusieurs ravins des Vosges et se jette dans la Zorn, près de Steinbourg, après un cours de 32 kilom.
ZINZARE s, m. (zain-za-re — ital. zinzaro, même sens). Eiuom. Nom donné aux cousins, dans les relations de voyage en Italie : Hélène se tenait à sa fenêtre comme si elle n'eût éprouvé aucune crainte des zinzares. ( H. Bevle.)
ZINZENDORF (Philippe-Louis, comte de), homme d'Etat autrichien, né en 1671, mort en 1742. Son père était président de la cour impériale de Vienne. Le jeune Louis fit avec un tel succès ses études, qu'à peine âgé de vingt- trois ans il reçut de l'empereur, dont il s'était fait remarquer, une mission diplomatique auprès des électeurs de Bavière et du Palatinat. De retour à Vienne, il devint membre du conseil aulique de l'empire, puis fut envoyé, après le traité de Ryswiek, en qualité d'ambassadeur, à la cour de Versailles, où il resta jusqu'en 1705. La guerre ayant alors recommencé, le duc de Zinzendorf dut revenir en Autriche, où il reçut le titre de conseiller privé. Peu après, l'électeur de Cologne ayant été dépossédé, il se rendit, comme commissaire impérial, à Liège, y convoqua les états et y établit un nouveau gouvernement. La façon dont il s'était acquitté de ces diverses missions lui avait acquis une grande influence dans les affaires de l'Etat. Joseph 1", parvenu au trône, le nomma premier chancelier de la cour, protecteur de l'Académie impériale des arts et sciences, puis ambassadeur dans les Pays- Bas (l"07), afin d'y négocier un emprunt. Bien qu'il n'eût point réussi dans sa négociation, l'empereur ne lui en conféra pas moins l'ordre de la Toison d'or et lui donna la riche seigneurie de Schoerding. Sous Charles VI, Zinzendorf conserva tout son crédit, représenta l'Autriche aux conférences de Cambrai et d'Utreeht, et prit la direction suprême des affaires lorsque le prince Eugène se vit contraint, par l'état de sa santé, de rentrer dans la retraite. Le nouveau ministre fit regretter son prédécesseur par la dureté de son gouvernement et en se jetant dans des entreprises qui contribuèrent encore à le rendre impopulaire. C'est ainsi qu'il décida la guerre avec la Turquie, la quadruple alliance, etc., dont les résultats ne furent point heureux pour l'empire. 11 dut quitter les affaires lorsque Marie -Thérèse prit en main les rênes de l'Etat, et il mourut d'une attaque d'apoplexie. Le comte de Zinzendorf était fier, hautain, travaillait fort peu et aimait la bonne chère.
ZINZENDORF (Philippe-Louis, comte de), cardinal allemand, fils du précédent, né à Paris en 1699, mort en 1747. 11 compléta son instruction en voyageant dans divers pays de l'Europe, entra dans les ordres, suivit comme conclaviste le cardinal Cinf'uegos à Rome en 1721., passa quelque temps dans cette ville, puis retourna à Vienne, prêcha avec succès devant la cour, devint, en 1725, évêque de Raab, et fut promu, en 1727, au cardinalat. Lors du conclave de 1730, il retourna à Rome, seconda de tout son pouvoir les vues de" l'Autriche et concourut k l'élection de Clément XII. Il avait, depuis 1732, quitté le siège de Raab pour celui de Breslau, lorsque Je roi de Prusse envahit la Silôsie. Arrêté par ordre de Frédéric II, pour avoir entretenu une correspondance avec les journaux autrichiens, il fut expulsé peu après de la Silésie et retourna à Vienne. Mais cette province ayant été annexée à la Prusse, Zinzendorf se rendit à Berlin et lit sa soumission au roi, qui l'accueillit avec distinction , le rétablit dans ses possessions épiscopales, le nomma vicaire général de tous les catholiques de son royaume et le chargea de trancher, sans avoir recours au pape, toutes les questions litigieuses en matière de dogme et de discipline. Lorsque le pape apprit cette décision de Frédéric, il protesta et appela à Rome Zinzendorf pour lui demander des explications; mais le cardinal refusa d'obéir et s'attacha, par une docilité saus réserve, à plaire à son nouveau souverain.
ZINZENDORF (Nicolas-Louis, comte de), fondateur de la secte des hernbutes, né à Dresde en 1700, mort à Hernhut (Saxe) en
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1760. Fils d'un ministre des conférences d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, il perdit son père peu de temps après sa naissance. Sa mère s'étant remariée avec le comte de Nntzmer, feld -maréchal prussien, il fut élevé par les soins do sa grand'mère maternelle, la baronne de Gersdorf, femme instruite, qui avait écrit des hymnes et des traités sur différents sujets religieux, et qui correspondait en latin avec plusieurs théologiens et érudits distingués de son époque. Elle vivait retirée dans une de ses terres, en Lusace, où elle recevait fréquemment la visite des chefs du piétisme. Jacques Spener, le plus illustre de tous, était son ami intime, et ce fut l'influence de ce théologien qui fit naître dans l'esprit du jeune Zinzendorf ces tendances religieuses qui le rendirent célèbre dès son enfance et qui, plus tard, l'amenèrent à essayer de réformer la religion protestante. A l'âge de dix ans, il fut envoyé au Pœdagogium de Halle, qui était alors dirigé par Franck, aux soins particuliers duquel il fut confié. Il y demeura six. ans, et, comme les doctrines piétistes étaient celles qui dominaient dans cette école, il s'y laissa bientôt aller entièrement. Il y fonda, de concert avec plusieurs de ses condisciples, un ordre mystique, qui reçut le nom d'ordre du Grain de sénevé, par allusion au passage de saint Matthieu (xm, 31, 32). Mais sa famille, peu satisfaite de le voir se livrer à de pareilles occupations et désireuse d'en faire un homme d'Etat, l'envoya, en 1716, étudier le droit à Witiemberg, où dominait un esprit religieux complétementopposé au piétisme de Halle. Il n'en continua pas moins de suivre son penchant pour les études théologiques et résolut même d'entrer dans les ordres. Sa conduite n'était ce.pendant rien moins qu'édifiante à cette époque; on le voyait aussi souvent dans les maisons de jeu que dans les assemblées de théologiens. Beau, spirituel, élégant, recherché des femmes, il céda pour un temps à l'entraînement de la jeunesse; mais, s'il revint bientôt à une vie régulière, on' n'en est pas moins forcé de reconnaître que ces premiers écarts exercèrent une certaine influence sur son imagination, car les doctrines qu'il émit plus tard présentent un singulier mélange d'idéalisme et de sensualisme et l'ont fait accuser d'hypocrisie et de dérèglement de mœurs par quelques-uns des plus grands théologiens de son temps. A Wittemberg, il se lia avec Frédéric de Watteville, de Berne, qui devint plus lard le protecteur des hernhutes en Suisse, ainsi qu'avec le missionnaire Ziegenbalg, qui revenait du Malabar, où il avait été envoyé par le roi de Danemark.
En 1719, Zinzendorf quitta l'université et visita la Hollande et la Fiance dans le but surtout de faire la connaissance des théologiens. A Utrecht, il fut très-bien accueilli par Basnage et par le jurisconsulte Vitrarius, et à Paris il se lia intimement avec le Père de La Tour et avec le cardinal de Noailles, ainsi qu'avec lord Stair, ambassadeur d'Angleterre. Après avoir encore visité la Suisse, il revint', en 1721 , dans sa patrie et fut nommé conseiller aulique près la régence provinciale de Dresde, emploi qu'il occupa jusqu'en 1728, époque où il s'en démit volontairement.
En 1722, il avait "épousé la sœur d'un de ses amis, le comte de ReusS'Ebersdorf, et s'était fixé sur une de ses terres, à Berthelsdort' (haute Lusace). Ce fut là qu'il rencontra un charpentier nommé Christian David, qui appartenait à la secte des frères moraves et qui lui fit le récit des persécutions dont ses coreligionnaires étaient l'objet de la part du gouvernement autrichien. Zinzendorf l'engagea alors à venir s'établir sur ses terres avec ceux de ses amis qui préféreraient la liberté de conscience sous un ciel étranger h l'oppression religieuse dans leur propre patrie. David accepta la proposition et revint, en 1722, avec trois hommes, deux femmes et cinq enfants. Le comte leur donna des terres et une maison en bois, située au pied de la montagne duHutberg. Tels furent les commencements de la célèbre communauté de Hernhut (nom qui signifie bergerie du Seigneur). Les premiers colons étaient si pauvres, que la comtesse dut leur donner des habits et une vache laitière pour fournir à la nourriture des enfants.
Ce fut à celte occasion que Zinzendorf conçut l'idée de fonder une serte et qu'il écrivit différentes brochures, qui se contredisent parfois l'une l'autre, mais d'après lesquelles on peut voir cependant qu'il n'avait pas l'intention de se séparer de la confession d'Augsbourg. Hernhut fut destiné à devenir le centre de cette secte, et il invita d'autres frères moraves à venir s'y établir. Il pourvut avec nue grande générosité aux besoins de ceux qui répondirent k son appel, et sa communauté ne tarda pas à attirer l'attention de l'Allemagne et des autres pays protestants. Le nombre de ses adversaires s'accrut en même temps que celui de ses partisans. Il fut attaqué dans sa vie publique et dans sa vie privée, mais il reçut aussi des témoignages de respect et d'estime de la part des personnages les plus éminenls. L'empereur Charles VI l'invita à venir à la cour de Vienne; il refusa cet honneur, ainsi que beaucoup d'autres.
Fidèle au projet qu'il avait conçu, dès sa
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liaison avec Zîegenbalg, da propager la religion chrétienne parmi les idolâtres, il se rendit, en 1731, à Copenhague pour s'y renseigner sur l'état des missions danoises dans le Groenland et dans les Indes orientales, et envoya plusieurs de ses disciples dans ces contrées. Telle fut l'origine première des missions moraves, qui sont aujourd'hui trèsrépandues.
En 1734, Zinzendorf alla h Stralsund pour s'y faire ordonner ministre de l'Eglise luthérienne; mais, comme il comptait un grand nombre d'ennemis, il s'y présenta sous le nom supposé de Freideck et enira comme précepteur chez un marchand. Après avoir reçu les ordres, il entreprit une série de voyages dont le but était la propagation de ses doctrines. Il se rendit d'abord en Suède; mais, à peine arrivé à Malmoe, il reçut l'ordre de quitter le pays. Il attaqua alors le roi de Suède, Frédéric de Hesse-Cassel, dans une brochure dont il envoya des exemplaires à toutes les cours de l'Europe. Il se fit ainsi de nouveaux ennemis, et, en 1736, il fut banni de la Saxe, comme convaincu de prêcher des doctrines dangereuses. Il se retira alors auprès de son beau-frère et fut appelé, la même année, par la princesse douairière d'Orange, en Hollande, où il fonda la colonie d'Heerendyk (la digue du Seigneur), qui fut plus tard transférée à Zuyst. De là il passa en Livonie et en Esthonie, y fonda plusieurs coionies'moraves et lit traduire la Bible en livonien et en esthonien. A son retour, il fut appelé k Berlin par le roi de Prusse, dont il sut gagner à tel point les bonnes grâces, que ce prince le fit ordonner évêque de l'Eglise morave par son chapelain Jablonski (1737). L'ordination d'un évêque par un simple ministre était en contradiction flagrante avec les lois canoniques; mais comme Luther avait aussi ordonné un évêque (Amsdorf) sans l'être lui-même, le précédent fut jugé suffisant. La même année, Zinzendorf se rendit à Londres et s'y lia avec Wesley. De Londres, il partit pour l'Ile Saint-Thomas, dans les Indes orientales, où, à son arrivée, il trouva les missionnaires moraves, qui y étaient établis depuis plusieurs années déjà, persécutés par le gouvernement local. 11 obtint qu'ils ne seraient plus contrariés dans leurs travaux de propagande. Il revint alors en Allemage, parcourut ensuite la Suisse et commença, en 1742, son grand voyage à travers les colonies anglaises de l'Amérique du Nord. Après avoir éprouvé en Pensylvanie une réception des plus désagréables, il se rendit k Gerinantown, où il excita un tel enthousiasme que les habitants, Allemands en majorité, le choisirent pour ministre. Il reprit cependant bientôt aprè3 ses voyages, visita les tribus indiennes de l'intérieur et, après avoir fondé la colonie de Bethléem, revint en Europe en 1743.
Pendant Son absence, les frères moraves de la Livonie avaient eu recours aux moyens les plus arbitraires pour établir leur religion dans toutes les églises de cette contrée, et Zinzendorf avait été accusé de les avoir encouragés dans leur manière d'agir. Il partit aussitôt pour la Russie, afin de se justifier ; mai3 il ne put aller que jusqu à Riga, où il trouva un ordre de l'impératrice Elisabeth qui lui enjoignait de quitter le territoire russe. Quelques années plus tard, il obtint la permission de rentrer en Saxe. Il n'y fit qu'un Séjour de peu de durée et repartit pour de nouveaux voyages. En 1740, il visita une seconde fois l'Angleterre, où, par la protection de l'archevêque Potter, du général Oglethorpe et autres personnages influents, il obtint du Parlement un bill pour l'établissement de colonies et de missions moraves dans les possessions anglaises de l'Amérique du Nord. Il passa de là en Amérique et y séjourna quelques années. Son dernier grand voyage eut lieu en 1757, époque où il alla voir son ami Watteville dans le canton de Berne, d'où il revint ensuite en Hollande.
Sa femme étant morte en 1756, il épousa l'année suivante Anna Nitschmann , fille d'un charron, qui avait été l'un des premiers colons d Hernhut; elle était ellemême supérieure des filles de cette communauté.
L'activité de Zinzendorf était prodigieuse. 11 écrivit plus de cent brochures, ayant toutes pour but la propagation de ses doctrines ou sa défense personnelle et celle de ses disciples. Les plus connues sont : Voyage d'Atlicus à travers te monde; la Bonne parole du Sei~ gneur, sorte de catéchisme (1739) ; le Lait pur de la doctrine de Jésus; le Socrate allemand, revue périodique, etc. On a aussi de lui un grand nombre d'hymnes, qui se trouvent dans les recueils de chants des frères moraves. Elles ont un ton mystique ; le style en est souvent pénible et la versification dure, mais elles sont parfaitement adaptées à l'orgue et aux chœurs. Ces écrits offrent le plus singulier mélange de beautés et de défauts, de clarté et d'obscurité mystique, de pensées profondes et de lieux communs. Ses premiers ouvrages ont encore un autre défaut, qu'il a lui-même déploré plus tard, c'est l'ardeur presque obscène qui anime beaucoup de ses hymnes et de ses sermons. On peut consulter, au sujet de sa vie et de ses écrits ; Spangenuerg, fie du comte de Zinzendorf (Barby, 1772-1775, S part.); Muller, Confessions des hommes illustres (tome 111); Varnhagen von Euse, la Vie du comte de Zinzendorf,