‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1027 sur 1042 · V. Zxt-JEVS · texte numérisé non relu

V. Zxt-JEVS

Z1PH, nom ancien d'un désertde la Palestine, dans ta tribu de Juda, au S.-E. de Jérusalem et près de la mer Morte. On y voyait de nombreuses cavernes.

Z1PH1US s. m. (zi-fi-uss — du gr. xiphos, épée). Mamm. Genre de mammifères cétacés fossiles, du groupe des dauphins.

ZIFHORYNQUE s. m, (zi-fo-rain-ke — du gr. xiphos, epée ; r/iugehos, bec). Oruith. Syn. de PICOLAPTU.

ZIPHOTIQUE s. m. (zi-fo-ti-ké — du gr.

xiphos, épee). Ichihyol. Sous-genre de lépi-

podes.

ZlPPE (Augustin), bénédictin et écrivain allemand, né à Mergenthal (Bohême) en 1746, mort vers la fin du xviii" siècle. Il fut successivement abbé des bénédictins de Biaunau, supérieur du séminaire général de Prague (1783), directeur des études théologiqnes en Autriche, doyen a. Kamnitz, conseiller aulique, référendaire à la chambre des comptes ecclésiastiques, président et directeur de la Faculté de théologie de Vienne. Outre des discours, on lui doit : Instruction de la jeunesse dans la morale et dans la foi (Prague, 1778, in-S°) et Sur l'éducation morale des jeunes ecclésiastiques placés dans le séminaire de Prague (Prague, 1784, in-so).

ZIPPÉE s. f. (zi-pé). Bot. Genre de végétaux fossiles, de la famille des fougères.

ZIPPÉLIE s. f. (zi-pé-li — de Zippel, savant allemand). Bot. Genre de plantes, de la famille des pipéracées, dont l'espèce typa croît à Java.

ZIPS (comitat de), division administrative de la Hongrie, tirant son nom du village do Zips, où l'on voit les ruines d'un ancien château royal. Ce comitat, situé dans la partie septentrionale do la Hongrie, an pied des Karpathes, est borné au N. par la Galicie, K l'E. par le comitat de Saros, au S. par ceux d'Abauj-Torna et de Gomor, k l'O. par celui de Liptau. Il mesure 103 kilom. du N.-O. au S.-E., sur 36 kilom. du largeur moyenne;

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superficie, 3,712 kilom. carrés; 160,000 hnb. Ch.-l., Leutschau. On y trouve 16 villes privilégiées, 2 villes royales, 20 bourgs et 175 villages. Ce coniitat est en grande partie couvert par les Kûrpathes et leurs ramifications méridionales; le Poprad l'arrose du S.-O. au N.-E. ; le Hernad et le Golnitz baignent la partie méridionale. Le climat est froid et ne permet pas la culture de la vigne. On n'y récolte pas assez de grains pour la consommation des habitants; mais le pays est riche en orge, lin, pois, fruits, bois, bestiaux, moutons, porjs, gibier, volailles, poissons, abeilles. On y trouve du fer et du cuivre et plusieurs soi rces minérales, dont les plus renommées sont celles de Neu-Lublau, L'industrie y est asiez active; ses principales branches Sont l'i xploitation des mines, la fabrication des toilf s, des cuirs et de la poterie. Le pays de Z ps appartenait autrefois à la Pologne; il énhut au sue siècle k la Hongrie, fut engage à la Pologne en 1412 et

Î lassa à l'Autriche 1ers du premier partage de a Pologne.

ZIRAHDINI (Antoine), jurisconsulte italien, né à Ravenne en 1725, mort dans la môme ville en 1784. Il se lit recevoir docteur en droit (1749), puis se rendit à Rome pour y étudier la langue gmcque dans le but de s'octuper de recherche:; historiques et de jurisprudence ancienne. Après avoir passé trois *ns dans cette ville au milieu des hommes les pins distingués, il retourna à Ravenne, devint professeur d Instiiutes au collège des Nobles, fut investi à plusieurs reprises des fonctions de podest it et refusa des chaires de droit que lui offirent les Académies de Parme et de Pavie. On lui doit : Degli antichi edifizi profani di Racenna libri due (Faenza, 17S2, in-4<>l, ouvrage qui établit sa répuiation ; Imperaiorum Tkf.odosi Junioris et Valenliniani III novellse leges (Faenza, 176G, in-go), avec un savant commentaire ; Cours de droit civil, etc.

ZIRCON s. m. (zirkon). Miner. Nom donné au silicate natif et cristallisé de zirconium, qu'on appelle aussi s;irconïte, jargon, hyacinthe.

— Encycl. Le sir,:on répond à la formule Zr1TSiO*, dans laque .le le zirconium est télratomique. 11 se rencontre en cristaux quadratiques.

Le zircon se rencontre aussi en cristaux grenus et irrégulieis. Sa dureté est de 7,5; son poids spécitiquo de i à 4,75 ; son éclat est de la nature de celui du diamant, quoique beaucoup plus faible. Il a une couleur rouge, brune, jaune, grise >u blanche; sa poussière est incolore. 11 est transparent ou sous-translucide, suivant les échantillons. Sa cassure est conchoïdale et brillante. Devant le chalumeau, il perd sa couleur, mais ne fond pas, à moins qu on ne le mélange avec du carbonate sodique on du nel microcosmique. Avec le borax, il fond aussi, mais difficilement, en donnant un verre diiphane ; si cependant la proportion de borax est trop forte, ce verre devient opaque.

Le zircon pur renferme 33,2 pour 100 de silice et 66,8 de zircone; quelques spécimens renferment de petitus quantités de chaux et d'oxyde ferrique.

On donne le nom c'hyaeinthe aux variétés colorées de sircon, qui sont quelquefois assez grosses pour être uti isées comme pierres précieuses ; les variété:-, grisâtres ou brunâtres reçoivent le nom de zirconite. Une variété de Ceylan incolore ou d'une très-légère teinte fumée, que l'on vend comme diamant inférieur, est connue sous le nom de jargon.

L'hyacinthe se trouve dans le sable et dans certains dépôts d'alluvion des rivières de l'Ile de Ceylan ; à Expail y, près du Puy (Haute- Loire); à Ohlapian.ei Transylvanie; à Pli tsch, dans leTyrol; àBilin, en Bohème ; à. l.ebnitz, en Saxe; quelquefois dans les tufs volcaniques de l'Auvergne et aussi dans le Groenland; dans la zircon-syénile de Krederichsvarn, en Norvège; près de B:évig, où on lui donne quelquefois le nom d'erdmanite ; à Miask, dans les monts Oura^s ; dans les minés de fer d'Arendal; en Ecosse; à Scalpary, en Marris; dans le granit de Criffel, dans le Kirckudbrightshire; au Vésuve, où on la rencontre mêlée h la rayolite en octaèdres blancs et bleus; à Sainte-Kose, dans la Nouvelle- Grenade, où on la rencontre en .petits cristaux incolores, et dans différentes localités, telles que la Caroline du Nord, l'Etat de New- Tfork, le New-Jersey, la Pensylvanie, la Californie et le Canada . Il est probable que le minéral que Breithaupt a nommé œstranite n'est qu'un zircon g.is brun de Krederichsvarn.

La zircone est un des minéraux les plus inaltérubles que l'or counaisse; mais on la trouve quelquefois à l'état hydraté et elle est alors attaquée par lis liqueurs alcalines, qui lui enlèvent une partie de la silice. La calypolite, la malacone, l'œrstedtite et la tachyapbaltite, que nous av jns décrites à leur place, paraissent être des lircons ainsi altérés.

Certains zircons d i la variété connue sous le nom de jargona offrent dans leur état naturel, et lorsqu'ils ont été fondus avec le borax, un spectre remarquable que Sorby a décrit le premier. On a supposé, par suite, qu'ils renferment un nouvel élément, que l'on aappeléjargonium.SorbyetChurchoiitmèiiie donné des méthodes propres ù obtenir la jargone (oxyde de jargonium) et a la séparer de

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la zircone (oxyde de zirconium) et ont décrit les propriétés de cette base. Plus récemment, toutefois, Sorby a découvert que le spectre spécial en question est dû au mélange de la zircone avec certains composés uraniques, ce mélange donnant un spectre qui renferme des bandes obscures que n'offrent ni le spectre de l'oxyde uranique seul, ni celui de la zircone seule. Des mélanges artificiels de zircone et d'oxyde uranique offrent, en effet, absolument le même spectre que le minéral naturel. Sorby conclut de là que le jargonium supposé n'existe pas.

R. Henuann a confirmé des résultats qu'avait obtenus Berlin par rapport à la terre connue sous le nom de noria, et que Svanberg croyait avoir découverte dans les zircons de Norvège et de quelques autres localités. Il a démontré que la soi-disant noria n'est qu'un mélange de zircone et de petites quantités d'alumine.

ZIRCONATE s. m. (zir-ko-na-te). Chim. Sel produit par l'action des acides sur la zircone ou hydrate de zirconium faisant office de base.

— Encycl. V. zirconium.

ZIRCONE s. f. (zir-ko-ne). Chim. Oxyde de zirconium.

— Encycl. V. zirconium.

ZIRCONICO- AMMONIQUE adj. (zir-koni-ko-amm-mo-ni-ke). Chim. Se dit 'd'un sel double de zirconium et d'ammoniaque : Sel

ZIRCONICO-AMMON1QUE.

ZIRCONICO-POTASSIQUE adj. (zir-kû-niko-po-ta-st-ke). Chim. Se dit d'un sel double de zirconium et de potasse : Set zirconicopotassique.

Z1RCONIDE adj. (zir-ko-ni-de — de zircon, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui ressemble au zirconium.

— s. m. pi. Famille de minéraux comprenant le zirconium et ses composés.

ZIRCON1EN, IENNE adj. (zir-ko-ni-ain, i-ène — rad. zirconium). Miner. Qui contient du zirconium.

ZIRCONIQUE adj. (zir-ko-ni-ke). Chim. Se dit des sels de zirconium.

— Encycl. V. zirconium.

ZIRCONITE s. f. (zir-ko-ni-te). Miner, Nom donné à des variétés grisâtres ou brunâtres de zircons. V. ce dernier mot.

ZIRCONIUM s. m. (zir-ko-ni-omm). Chim.

Métal intermédiaire entre l'aluminium et le silicium.

— Encycl. I.e zirconium a pour symbole Zr et pour poids atomique 89,6. C'est un élément tétratomique, jouant à la fois le rôle de métal et de métalloïde, et que l'on peut classer entre l'aluminium et le silicium. Son oxyde, la zircone, a été d'abord tiré du zircon et reconnu comme une substance particulière par Klaproth, en 1789; on l'a ensuite trouvé dans d'autres minéraux, tels que l'eudhlyte, la polymignite, l'œrstedtite et la fergusonite. L'aschynite, ou l'on avait cru d'abord trouver de la zircone, n'en renferme pas la moindre trace, ainsi que l'ont prouvé les dernières expériences de Hermann.

Le zirconium métallique existe, comme le silicium, sous trois états : amorphe, graphitoïde et cristallisé. Le zirconium amorphe a été obtenu par Berzélius au moyen de méthodes identiques à celles dont ce chimiste s'est servi pour préparer le silicium et le bore amorphe, c'est-à-dire par la calcination du fluorure zirconico-potassique avec le potassium métallique : on fuit digérer la masse fondue dans de l'eau légèrement acidifiée par l'acide chlorhydrique et on lave le résidu d'abord avec une solution de sel ammoniac, puis à l'alcool. On peut encore le préparer en dirigeant un courant de chlorure de zirconium en vapeur sur du sodium placé dans une nacelie posée elle-même dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, ou en chauffant du chlorure zirconico-sodique dans un creuset avec du sodium ou du magnésium. C'est une poudre amorphe, compressible sous le brunissoir en lamelles graphitiques, minces, d'un éclat assez faible. Quand il n'a pas été calciné, il se diffuse dans l'eau en particules extrêmement fines qui passent au travers des filtres ; mais par le repos, et plus rapidement si l'on ajoute un acide ou un sel soluble à la liqueur, il gagne le fond du vase. C'est un mauvais conducteur de l'électricité; il ne s'altère pas lorsqu'on le calcine dans un courant d'hydrogène ; mais si, après qu'on l'a laissé refroidir dans ce gaz, on le porte au contact de l'air, il s'échauffe au point de devenir incandescent, par suite de la chaleur dégagée par l'absorption de l'oxygène. Chauffé à l'air, le sirconium amorphe prend feu bien au-dessous du rouge et brûle avec une flamme brillante en répandant des fumées de zircone. Les acides ordinaires ne l'attaquent que fort peu; il en est de même de l'eau régale; mais l'acide fluorhydrique le dissout facilement en dégageant de l'hydrogène, et un mélange d'acide azotique et d'acide fluorhydrique l'attaque avec une extrême énergie.

On prépare le zirconium cristallin en chauffant 1 partie de chlorure zirconico-potassique avec 1 partie 1/2 d'aluminium dans un creuset de plombagine à la température de fusion du fer. Après le refroidissement du creuset on trouve la surface de l'aluminium

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recouverte de lamelles cristallines en forme de feuilles qui consistent en zirconium presque pur. On les sépare de l'excès d'aluminium en traitant la masse par l'acide chlorhydrique qui dissout et ce métal et le chlorure aluminico-potassique formé pendant la réaction. Le zirconium cristallin ainsi obtenu est très-dur, très-cassant et ressemble encore à l'antimoine par son éclat et sa couleur. 11 cristallise en grosses lamelles qui paraissent dériver du prisme monoclinique. Sa densité égale 4,15; il est moins fusible encore que le silicium et ne brûle qu'il la température du chalumeau oxhydrique. Il prend feu au rouge dans le gaz chlore et décompose l'acide chlorhydrique gazeux à la même température. Les acides sult'urique, azotique et chlorhydrique ne l'attaquent que faiblement, même à chaud ; niais l'eau régale le dissout avec facilité; il en e3t de même de l'acide fluorhydrique, même à froid.

Le zirconium graphitoîde paraît se former dans certaines circonstances particulières. Troost, en essayant de décomposer le zirconate de sodium par le fer, a obtenu du zirconium en petites écailles très-légères, d'une couleur gris d'acier.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, lo zirconium est un élément tétratomique ; son oxyde répond à la formule ZrOs et son clilorure ù la formule ZrCI*. 11 ne forme, toutefois, qu'une seule classe de composés avec les métalloïdes halogènes. Son oxyde peut être à la fois considéré comme un anhydride basique ou comme un anhydride acide. Il fait, en effet, indistinctement la double décomposition avec les bases, en formant des zirconatea, et avec les acides en formant des sels zirconiques.

— Composés haloïdes du zirconium. Chlorure de "zirconium ZrCl*. Ce composé se forme, avec incandescence, lorsqu'on chauffe le zirconium dans le chlore gazeux, ou encore lorsqu'on chauffe dans un courant de chlore un mélange intime de charbon et de zircone ou de zircon pulvérisé. Dans ce dernier eus, il se réunit dans la partie froide de l'appareil sous la forme d'un sublimé blanc. Sa densité de vapeur, déterminée par Deville et. Troost, égale 8,15. Sa densité théorique, calculée pour 2 volumes pour la formule ZrCl*, serait de 8,00. Le chlorure anhydre de zirconium se dissout facilement dans l'eau avec élévation de température.

On obtient un chlorure hydraté en évaporant une solution de zircone hydratée dans l'acide chorhydrique. Il forme des aiguilles incolores, soyeuses, d'une saveur astringente, aisément solublesdans l'eau et dans l'alcool, peu solubles dans l'acide chorhydrique concentré.

Les cristaux de chlorure de zirconium hydraté deviennent opaques à 50» en perdant une partie de leur eau et la moitié de leur chlore à l'état d'acitte chlorhydrique ; ils laissent pour résidu un oxyehloruie

ZrITOClî,9H80.

On obtient le même composé en groupes étoiles de prismes blancs soyeux lorsqu'on évapore la solution aqueuse de chlorure zirconique. Chauffés, ces cristaux deviennent blancs, opaques et se convertissent en dioxychlorure

ZrITC13

Zr80«Cl* = Zr — O" I jO" ZrIT [ Cf.

— Bromure de zirconium. Une solution d'hydrate de zirconium dans l'acide chlorhydrique laisse, lorsqu'on l'évaporé, un bromure hydraté en grains cristallins qui, sous l'influence de la chaleur, se résout en acide bromhydrique et en zircone.

— Fluorure de zirconium ZrFl*. La zircone calcinée se dissout avec difficulté dans l'acide fluorhydrique; mais l'hydrate zirconique s'y dissout facilement. Le fluorure anhydre de zirconium prend naissance lorsqu'on chauffe la zircone avec deux fois son poids de fluorure double d'hydrogène et d'ammonium, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs de fluorure ammonique. il est facilement soluble dans l'eau acidulée par l'acide fluorhydrique, et, lorsqu'on évapore la solution renfermant un excès do cet acide, il se sépare du fluorure zirconique hydraté

ZrFi4,3HSO

en petits cristaux brillants tricliniques, qui ont souvent l'aspect de tablettes. Ces cristaux perdent, sous l'influence de la chaleur, de l'eau et de l'acide chlorhydrique, et, si l'action de la chaleur est longtemps continuée (même au-dessous du rouge), il reste un résidu de zircone pure. Le fluorure zirconique se dissout sans décomposition dans l'acide fluorhydrique étendu. Mais si on le dissout dans l'eau, il se décompose en donnant un oxychlorure.

— Fluozirconates. Le fluorure de zirconium se combine avec un grand nombre d'autres fluorures métalliques, en formant des sels doubles isomorphes avec les fluosilicates (siiicofluorures) correspondants, les fluostannates et les fluotitanates. Le rapport du fluor du fluorure zirconique au fluor du fluorure métallique est, dans ces sels, dans les proportions de 1 : 1 ; de 1 : 1 -; de 1 : 2 et de 1 : 4. Dans le sel sodique seul, le rapport est 5 : 8.

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Les formules générales des fluozirconates sont, par suite,

4MFI,Zr,vFl*, 3MFl,Zr,TFI», îMFI,Zr,TFl* et MFl,ZrIVFltv',

le sel de sodium seul répondant à la formule

5NaFl,2Zr,TFl*.

C'est Marignac qui a surtout étudié les fluozirconates.

Les fluozirconates sont ordinairement solubles dans l'eau et bien cristallisables. On les obtient en mélangeant des dissolutions des deux sels constituants ou en dissolvant soit un oxyde, soit un carbonate métallique dans un mélange de fluorure de zirconium et d'acide fluorhydrique.

Les fluozirconates de baryum, de strontium, de calcium sont insolubles dans l'eau, d'où il résulte que les fluozirconates solubles sont précipités par les solutions salines de ces trois métaux. Lorsqu'on traite le carbonate barytiqua par une solution de fluorure de zirconium renfermant de l'acide fluorhydrique libre, il se dégage de l'anhydride carbonique et il se forme un précipité qui consiste en un mélange de fluorure et de fluozirconate de baryum ; des mélanges analogues prennent naissance lorsqu'on remplace, dans cette opération, le carbonate de baryum par du carbonate de calcium ou de strontium.

Beaucoup de fluozirconates se dissolvent dans l'eau sans se décomposer, soit à chaud, soit à froid; beaucoup d'autres se décomposent lorsqu'on soumet à l'ébullition leur solution aqueuse, avec mise en liberté d'une portion du fluorure métallique qui se déposa, et formation d'un fluozirconate de la formule (MFl)SZiIVF14 qui reste dissous. La plupart des fluozirconates chauffés au contact de l'air humide perdent la moitié de leur fluor à l'état d'acide fluorhydrique et laissent un mélange de zircone et de l'oxyde du second métal. Chauffés avec une suffisante quantité d'acide sulfurique, ils donnent un mélange de sulfate de zirconium et de sulfate du second métal et perdent la totalité de leur fluor à l'état d'acide fluorhydrique.

— Fluozirconates d'ammonium. Le sel diammonique (AzH*,FI)*ZrITFi* forme des cristaux rhoinbiques, isomorphes avec ceux du sel potassique et qui ne perdent rien de leur poids à 100°. Le sel triammoutque

(AzH\Fl)3,Zr"'Fl*, cristallise en cubo-octaèdres réguliers d'une solution renfermant un grand excès de fluorure d'ammonium.

— Fluozirconate de baryum. C'est un précipité blanc qui se forme lorsqu'on mélange une solution de fluozirconate potassique avec une solution de chlorure barytique. Il parait répondre à.la formule

(Ba"F!î)3,2ZrIVFl*,2HSO.

— Fluozirconates de cadmium. Le sel dicadmique (Cd"Flï)s,Zr,TF,*,eH*0 forme des cristaux monocliuiques isomorphes avec ceux du sel manganeux. Il se dissout dans l'eau et reproduit les mêmes cristaux lorsqu'on évapore la liqueur. Une solution renfermant le fluorure zirconique en excès donne des cristaux d'un sel héini-eadmique

Cd"Fi«,2ZrlvFi*,GHSO. Ce dernier cristallise en cristaux lamellaires groupés sous forme d'éventail.

— Fluozirconates de cuivre. Le sel sesquicuprique (Cu"Fl2j32ZrtvFI*,16H*0 forme des cristaux monocliniques et cristallise inaltéré de sa solution aqueuse. Mais si cette solution renferme un excès de fluorure zirconique, il se forme, outre les gros cristaux de ce sel, des croûtes bleu tendre de fluorure zirconique, contaminé par des traces du sel cuivrique précédent.

— Fluozirconate de plomb. Lorsqu'on neutralise par du carbonate de plomb une dissolution de fluorure de zirconium chargée d'acide fluorhydrique, il se forme du fluozirconate de plomb, dont une partie se précipiie tandis qu'une autre partie demeure dissoute. Si l'on tiltre et qu'on évapore, cette seconde partie se dépose en grains cristallins, que l'eau décompose prompteuient, surtout en présence de l'acide fluorhydrique, avec séparation de fluorure de plomb.

— Fluozirconate de magnésium,

Mg"Fls,Zr"F14.

Ce sel forme de petits cristaux brillants, à faces courbes, isomorphes avec ceux du sel manganeux. Ces cristaux, peu solubles dans l'eau, recristallisent cependant lorsqu'on évapore la solution, souvent en couples. Chauffés pendant longtemps au contact de l'air, ils se convertissent en un mélange de magnésie et de fluorure zirconique.

— Fluozirconates de manganèse. Le sel monoinanganeux Mn"Fls,ZrFl*,5rl*0 forme des cristaux monocliuiques isomorphes avec ceux du sel magnésique, dont ils diffèrent cependant par le nombre plus considérable et le plus grand aplatissement de leurs faces ; ils possèdent un clivage imparfait, parallèle à OP; sous l'influence prolongée de la chaleur au contact de l'air, il noircit et se convertit en un mélange de fluorure de zirconium et de peroxyde de manganèse.

Le sel dimanganeux (Mn"Fl*)*ZrFl*,6HsO forme des cristaux monocliniques roses qui prennent naissance en présence d'un grand

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excès de fluorure zirconique. Ce sel se dissout dans l'eau sans altération et ne se décompose même pas lorsqu'on chauffe la so- ' lution ; mais lorsquton verse de l'eau chaude sur les cristaux, le fluorure de manganèse se sépare et la solution évaporée donne des cristaux d-.i sel monomanganeux.

— Fluozirconates de nickel. Le sel normal Ni"FI*,Zr,TFl*,6H*0, forme des prismes hexagonaux terminés par les faces d'un rhomboèdre de 127° 10', qui se clivent parallèlement aux faces prismatiques. Le sel dinickélique (Ni"I'WIZrlvFI*, 1211*0 se produit en présence d un grand excès de fluorure de nickel ; it forme des cristaux monocliniques d'une Une couleur vert émeraude qui souvent sont assez peu distincts. Ces cristaux se dissolvent sans décomposition dans l'eau; mais la solution, bouillie pendant quelque temps, devient trouble et laisse déposer du fluorure de nickel.

Le fluozirconate de Nickel et de potassium Ni"FP,îKFl,2ZrFl*,8H*0 se sépare en cristaux petits, mais réguliers, qui appartiennent au système monoclinique, lorsqu'on mélange les solutions des deux fluozirconates constituants. C'est un sel peu soluble dans l'eau, qui ne perd pas d'eau à i0u°, mais qui, à une température plus élevée, perd à la t'ois de l'eau et de l'acide fluorhydrique.

— Fluozirconates de potassium. Le sol dipotassique (KF))2ZrIVFl* peut être préparé par la calcination du zircon avec deux ou trois fois son poids de fluorure de potassium. On fait bouillir avec de l'eau le produit, qui est un mélange de fluosilicate et de fluozirconate potassiques, en ajoutant un peu d'acide fluorhydrique à la liqueur et l'on filtre. Par le refroidissement, le fluozirconate se dépose en cristaux rhombiques anhydres terminés par des pyramides à six faces. Ce sel se dissout dans 128 parties d'eau à 2° , dans 71 parties d'eau à 15°, dans 59 parties d'eau à loo et dans 4 parties d'eau à 100°. Chauffés à la température rouge, ses cristaux se convertissent en une masse pâteuse qui, exposée à l'air humide, perd graduellement son fluor k l'état d'acide fluorhydrique. Les Solutions étendues donnent ce sol en plus gros cristaux.

Le sel monopotassique KFl, Zr,TFl*, HSO se sépare d'une solution renfermant un grand excès de fluorure zirconique, en cristaux monocliniques mal définis, qui perdent à 100° leur eau de cristallisation et, à une température plus élevée, leur fluor à l'état d'acide fluorhydrique. Lorsqu'on cherche k les faire recristalliser dans l'eau, ils se convertissent dans le sel précédent (le sel dipotassique).

Le sel tripotassique (KFl)3,Zr,vFl* cristallise d'une solution renfermant un excès de fluorure de potassium en octaèdres réguliers, petits, mais bien définis, ouen cubo-octaèdres, 11 décrépite lorsqu'on le chauffe, bien qu'il ne renferme pas la moindre trace d'eau de cristallisation. L'eau le dissout en le décomposant. Si, en effet, on la Sature de ce sel à l'ébullilion, elle abandonne, en so refroidissant, des cristaux du sel dipotassiqne. Le fluozirconale di potassique constitue donc, dans les circonstances ordinaires, le terme le plus stable de la série des fluozirconates de potassium.

— Fluozirconate de sodium

(NaFl)«,2ZrITFl*.

Ce sel est le seul fluozirconate de sodium qui se forme quelle que soit la proportion dans laquelle on mélange les deux fluorures constituants. 11 forme de petits cristaux monocliniques fort peu distincts, solubles daii3 258 lois leur poids d'eau à 18° et dans environ 60 parties d'eau bouillante. Par suite de cette faible solubilité, on peut l'obtenir en

firécipitant la plupart des fluozirconates par e chlorure de sodium. Les cristaux secs ne s'altèrent pas k la chaleur rouge.

— Fluozirconate de zinc

Zn''Flî,ZiJVFW,jH*0.

Ce sel, isomorphe avec le fluosilicate et le fluostannate de zinc, cristallise en assez gros, prismes hexagonaux réguliers, terminés par des rhomboèdres et clivables parallèlement aux faces du prisme hexagonal. Il est trèssoluble dans l'eau. Une solution renfermant un excès de' fluorure de zinc laisse déposer le sel (Zn"Flï)ïZi-ITFl*,l?H20 en cristaux monocliniques, isomorphes avec ceux du sel nickélique correspondant. Ces cristaux se dissolvent complètement dans l'eau froide ; mais la solution laisse déposer du fluorure de zinc lorsqu'on la fait bouillir.

— Composés amphides de zirconium.

Oxyde de zirconium Zrlv02. Syn. sircone. Ce' composé, le seul oxyde connu du zirconium, prend naissance lorsqu'on ehautfu au rouge le métal au contact- de l'air, ou lorsqu'on le fond avec les hydrates, les carbonates ou les borates hydratés des métaux alcalins. Dans ce dernier cas, ce n'est point directement l'oxyde, mais uu zirconate qui se forme. Le zirconium s'oxyde encore, quoique lentement, lorsqu'on le fait bouillir avec de l'eau régale ou de l'acide sulfurique concentré ; il se 'orme alors un sel zirconique.

On prépare ordinairement la zircone au moyen du zircon. A cet effet, on commence par immerger dans l'eau froide le minéral préalablement chauffé au rouge, pour le ren-

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dre friable. On choisit les morceaux les moins colorés, qui sont aussi ceux les moins riches en fer, on les pulvérise, et on' soumet la poussière à la lévigation pour l'avoir impalpable. On mélange ensuite cette poussière impalpable avec quatre fois son poids de carbonate sodique et l'on chauffe fortement ce mélange dans un creuset de platine. Henneberg et Wackenrodez ajoutent un peu do mitre au mélange. Berzélius calcinait le zircon réduit en poudre avec trois fois son poids de carbonate sodique et ajoutait de temps en temps à la masse en fusion de petits morceaux d'hydrate de sodium, en ayant bien soin de les jeter dans le milieu de la masse pour qu'ils no tombassent pas sur le creuset, le platine étant attaqué par les alcalis caustiques. On peut encore décomposer la poudre de zircon par deux ou trois fois son poids de soude caustique en opérant dans un creuset d'argent.

Après refroidissement, on traite la masse par l'acide chlorhydrique, on évapore le liquide presque k siccité pour en séparer la silice et l'on fait digérer le résidu avec l'eau. La liqueur filtrée, traitée par l'ammoniaque, donne un précipité d'hydrate zirconique (zircone hydratée), mélangée d'hydrate ferrique.

La meilleure méthode pour séparer le fer et obtenir la zircone pure consiste à redissoudre le précipité dans l'acide chlorhydrique et à faire bouillir la liqueur avec de l'hyposulfîte de sodium ; le zirconium se précipite alors à l'état d'hyposulfite, tandis que la totalité du fer reste en dissolution à l'état de sel ferreux. On recueille le précipité sur un filtre; on le lavo à Tenu avec soin et on le fait ensuite bouillir avec de l'acide chlorhydrique aussi longtemps qu'il se dégage du gaz anhydride sulfureux. On obtient une solution de chlorure de zirconium pur que l'on précipite par l'ammoniaque. On donne ainsi naissance à de l'hydrate de zirconium pur, lequel laisse de l'oxyde anhydre ou zircone pure lorsqu'on le calcine. Chancel et Stromeyer ont fait connaître un mode d'emploi qui permet, au moyen de l'hyposulfite sodique, d'obtenir l'hydrate zirconique du premier coup. Nous décrirons cette méthode plus bas en nous occupant du dosage du zirconium et de sa séparation d'avec Tes autres métaux.

On peut encore précipiter du fer en mélangeant d'acide tartrique la solution de chlorure de zirconium qui renferme des composés ferriques, l'additionnant ensuite d'ammoniaque et y ajoutant un excès de sulfure d'ammonium. Le fer se précipite alors intégralement à l'état de sulfure et la liquide filtré et évaporé laisse un résidu qui, calciné au contact de l'air, fournit de la zircone pure,

Marignac calcine le zircon avec du fluorhydrate d'ammoniaque, ainsi que nous I indiquons plus bas à propos du dosage du zircoirium et de sa séparation d'avec les autres métaux. Il chauffe avec de l'acide sulfurique concentré le fluozirconate potassique qui résulte de celte opération et lave à l'eau bouillante le résidu après l'avoir fortement calciné. 11 reste de la zircone pure.

Suivant la méthode suivie dans sa préparation, lu zircone se présente sous la forme d'une poudre blanche incolore et inodore ou eu fragments durs de 4,3fr à 4,B0 de densité qui rayent le verre et donnent des étincelles lorsqu'on les bat contre l'acier. Deville et Caron, en chauffant le fluorure de zirconium avec du borax dans un creuset brasqué muni de son couvercle, ont obtenu la zircone en groupes dendritiques de petits cristaux qui rappellent le sel ammoniac. Lorsqu'on fond la zircone avec du borax dans un four a poterie et qu'on épuise le résidu par l'acide chlorhydrique, la zircone reste sous la forme de prismes quadratiques, microscapiques, transparents et incolores, isomorphes avec l'oxyde d'étain et le rutile. Elle possède alors une densité de 5,71 k 5,72 et elle jouit de lu propriété de polariser la lumière.

Lorsqu'on chauffe au rouge sombre de la zircone dans la préparation de laquelle on a chauffé aussi peu que possible, elle subit un phénomène d'incandescence, devient dense et n'est plus alors susceptible de se dissoudre dans les acides ordinaires. L'acide fluorhydrique lui-même la dissout alors avec difficulté. Elle n'est plus soluble que dans l'acido sulfurique concentré, ou on la dissout en la chauffant, après l'avoir pulvérisée, avec un mélange de 2 parties de H2SU* et de 1 partie d'eau. Calcinée dans un .courant de chlore après avoir été intimement mélangée de charbon, la zircone se convertit en chlorure de zirconium.

— Hydrate de zirconium ou zircone hydraté!!:. L'hydrate zirconique se précipite lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque à la solution aqueuse d'un sel de zirconium. Récemment précipité, il forme une gelée blanche volumineuse; mais la masse se contracte par la dessiccation et prend la forme d'une gomme jaunâtre et translucide à cassure concho'i- . dale. L'hydrate sec présente, suivant Berzélius, la composition ZrIVHa03, qui en fait un premier anhydride de l'hydrate normal ZrivH40t

absolument comme pour l'hydrate silicique. D'après Hermann, l'hydrate desséché à l~o aurait la composition normale ZrITH*04, ce

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qui prouverait que le composé analysé par Berzélius avait été desséché à une plus haute température. Sous l'influence de :a chaleur, la zircone hydratée perd son eau et laisse un résidu de zircone anhydre. Il se dissout dans 5,000 parties d'eau et communique à la liqueur la faculté de rougir le tournesol.

La zircone hydratée se comporte k la fois comme un hydrate acide et comme un hydrate basique; elle fait également la double décomposition avec les acides en formant des sels de zirconium et avec les bases en formant des zirconates ; c'est donc nn hydrate indifférent. Lorsqu'on la précipite d'une solution chaude d'un sel zirconique ou qu'on la lave à l'eau chaude, elle perd la faculté de se dissoudre dans les acides étendus.

Les sels de zirconium qui résultent de la dissolution de l'hydrate zirconique dans les acides ont une saveur astringente et acide et rougissent tous le tournesol.

— Zirconates. Ce sont les sels qui se forment lorsqu'on traite la zircone, qui fait alora fonction d'acide, | ;tr les bases puissantes, soit qu'on précipite un sel de zirconium par la potasse ou la soude et qu'on redissolve lo précipité dans un excès de réactif, soit qu'on calcine l'oxyde de zirconium anhydre avec un hydrate alcalin. Le zirconate de potassium ainsi préparé est complètement soluble dans l'eau.

— Zirconates de sodium, a. Zirconate d'tsodique Na2Zi03. On obtient facilement ce sel en calcinant la zircone anhydre avec du carbonate de soude. C'est une masse cristalline que l'on décompose lentement avec séparation de zircone amorphe, p. Lorsqu'on chauffe au rouge blanc la zircone pendant longtemps avec un excès de carbonate de sonde, il se dégage deux molécules d'anhydride carbonique pour 1 molécule de zircone, et il se forme le zirconate normal ou tétrasodique ZrIVNa40;». La masse fondue, traitée pur l'eau, laisse de petites lamelles hexagonales d'un troisième sel, le sel y ou sel acide ZrNa203,7Zr0V2H*0. Ces lamelles s'agrègent souvent en groupes qui rappellent le clinochlore.

— Zirconate de calcium. On obtient le zirconate calcique en ch.iuffant un mélange de silice et de zircone (dans la proportion ou ces deux acides existent dans le zircon) au rouge brillant pendant cinq ou six heures avec un excès de chlorure de calcium et en traitant le produit par l'acide chlorhydrique. Le zirconate se sépare alors sous la forme d'une poudre cristalline brillante, en même temps que des flocons de silice et de la zircone amorphe.

— Zirconate de magnésium. On l'obtient en plaçant dans un creuset de pltitine un mélange de zircone, de silice et de chlorure de magnésium, après avoir eu soin de placer une couche de sel ammoniac dans le fond du creuset. On chauffe au rouge blanc et l'on maintient cette température pendant une heure. La masse refroidie, soumise à l'action de l'acide chlorhydrique très-étendu, laisse déposer une poudre cristalline formée d'octaèdres distincts de périclase et de cristaux prismatiques de zirconate de magnésium.

— Sulfure de zirconium. Le sulfure de j zirconium se forme lorsqu'on chauffe le zirconium avec du soufre, soit dans le vide, soit dans uu courant d'hydrogène. Dans ce dernier cas, la combinaison s'accompagne d'une légère incandescence. C'est une poudre d'un brun de cannelle qui acquiert l'éclat métalli-

; que sous le brunissoir; ni l'eau, ni les aeides j {pas même l'acide azotique), ni les alcalis aqueux ne l'altèrent; l'eau regale la dissout lentement, l'acide fluorhydrique rapidement en dégageant de l'acide sulfhydrique. Fondue avec la potasse, elle donne de la. zircone et du sulfure de potassium.

FréiTiy , en calcinant la zircone dans un courant de vapeur de sulfure do carbone, après l'avoir placée dans une nacelle en charbon, a obtenu un composé (peut-être un oxysulfure) en écailles graphitoïdes d'un gris d'acier, dont la poudre était jaune. Ces écailles étaient insolubles dans l'eau et dans les acides étendus, mais étaient facilement décomposées par l'acide azotique avec dépôt de soufre.

— Azoture de zirconium. Le zirconium, fortement chauffé dans un courant rapide de gaz ammoniac, se transforme en un corps, brun ou noir qui renferme de l'azote. Maliet, en fondant le zirconium amorphe avec de l'aluminium dans un creuset de chaux, a obtenu une masse poreuse d'un gris foncé qui, soumise à l'action de l'acide chlorhydrique, laisse des cubes microscopiques d'un éclat d'or, que l'eau régale n'altère pas, non plus que les alcalis aqueux, mais qui dégagent de l'ammoniaque lorsqu'on les fond avec la potasse caustique.

— Recherche analytique du zirconium, sa séparation d'avec les autres métaux.

Les réactions des sels de zirconium avec les alcalis, les carbonates alcalins et le sulfure d'ammonium sont très-semblables à celles du thorium, de l'yttrium et des métaux du groupe du cérium. Le précipité formé par les alcalis caustiques et l'ammoniaque renferme de l'alcali et est insoluble dans un excès de réactif (ce qui le distingue des sels d'aluminium et de glucinium). U est également insoluble dans le chlorhydrate d'am-

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moniaque. Le précipité formé par les carbonates alcalins et les bicarbonates se redissout dans un excès de réactif.

Le sulfate potassique fournit une réaction caractéristique ; lorsqu'on le verse dans une solution bouillante d'un sel de zirconium, il en précipite ce métal à l'état de sulfate zirconico-potassique, insoluble dans l!eau et presque insoluble même dans l'acide chlorhydrique.

Le zirconium se précipite de ses solutions lorsqu'on les fait bouillir aveu de l'hyposulfite de soude, caractère qui permet de le disguer de l'yttrium et du cérium. On le distingue, en outre, du cérium et dn didyme par la propriété négative qu'il possède de ne donner au chalumeau aucune réaction colorée.

Pour doser le zirconium, lorsque celui-ci se trouve uni à des acides volatiles, il suffit d'évaporer à siccité ses solutions et de calciner le résidu ; il reste un résidu de zircone que l'on pèse et qui renferme 73,78 pour 100 de métal. On peut aussi précipiter le zirconium de ses solutions salines par l'ammoniaque h l'état de sel basique, qui laisse aussi de la zircone arthydre par la calcination.

Pour séparer le zirconium de l'yttrium des métaux du groupe du cérium et du fer, on a recours à l'hyposullito sodique, qui, à la température de l'èbullition, ne précipite que la zircone; ce précipité, calciné, laisse un résidu de zircone pure.

Pour effectuer une séparation complète des métaux du groupe du cérium par cette méthode, il faut opérer dans des dissolutions étendues. Pour séparer le zirconium du fer (a l'état de composés ferriques) par la même méthode, Chancel et Stromeyer recommandent de saturer d'abord la solution étendue par du carbonate sodique, puis d'y ajouter à froid de l'hyposulfite de soude jusqu'à ce qu'elle soit complètement décolorée, et enfin de faire bouillir le liquide aussi longtemps qu'il se dégage de l'anhydride sulfureux. Dans ces conditions, le zirconium se précipite complètement à l'état d'oxyde, tandis que la totalité du fer reste indissoute à l'état de sel ferreux. On peut encore séparer le zirconium de ces métaux en traitant la solution bouillante par le sulfate de potassium et en ajoutant a la liqueur une goutte ou deux d'ammoniaque; le zirconium se précipite et les autres métaux demeurent dissous.

La précipitation au moyen de l'hyposulfite sodique sert aussi à séparer le zirconium de l'acide phosphorique et de l'acide borique.

Pour Réparer le zirconium du thorium, on se sert de l'oxalate ammonique, qui, en excès, précipite le thorium à l'état d'oxalato et laisse le zirconium en solution. Enfin, on se sert encore du sulfate de potassium pour séparer le zirconium du titane, du tantaie et du niobium,

— Poids atomique du zirconium. Berzélius a trouvé que le Sulfate de zirconium renferme 75,583 parties de zircone pour 100 parties d'anhydride sulfurique (moyenne de huit expériences) ; il en déduit pour le poids atomique du zirconium le nombre 4-1,7, 07 ou 89,4, selon que l'on attribue à la zircone la formule ZrO.ZrSO^ ou Zr"0*. Hermann, par l'analyse du chlorure zirconique, a obtenu à très-peu près les mêmes résultats numériques. Si nous considérons maintenant que la densité de vapeur du chlorure a été trouvée égale à 8,15, nombre qui s'accorde avec le chiffre théorique (8,0), calculé pour la formule ZrIVCl* avec le poids atomique 89,4, on eu arrive à adopter, pour le chlorure de zirconium la formule ZrlvCl*, pour la zircone la formule ZrO^, et pour le zirconium le poids atomique S9,4. Ces conclusions ont été confirmées par les expériences de Marignac sur l'isomorpbisme des fluozirconates avec les iiuosilicateset les fluostaunates.

Z1RFÉE s. f. (zir-fé). Moll. Genre de mollusques acéphales, du groupe des enfermés.

ZIR1GUËNZA s. m. (zi-ri-gu-ain-dza). Sorto d'argot que parlent les bohémiens errants.

Z1I1KB, ville do Prusse, province de Posen, régence et a 40 kilom. N.-O. do Posen, cercle de Birnhaum, sur la Wartha; 2,150 hab. Fabrication de draps et de cuirs. Ecole normale ; haras royal.

, ZIRlvNlTZ ou CZIMUNITZ, en latin Circonium, lac de l'empire d'Autriche, dans la Carniole, cercle d'Adelsberg. Il mesure 11 kilom. de longueur sur 5 kilom. de largeur. Ce lac est célèbre par ses alternatives décrue et de dessèchement, phénomène dû à l'existence des canaux souterrains qui l'alimentent ou servent d'écoulement à ses eaux. Peu profond en général, son fond offre des entonnoirs, dont la profondeur varie de 15 k 18 mètres. Vers le milieu de l'été, il commence à décroître, d'autant plus rapidement que les chaleurs sont plus fortes, et en peu de semaines il est h sec. Les riverains ensemencent immédiatement son fond en trèfle, sainfoin, luzerne et riz, dont la récolte est faite avant la réapparition dos eaux qui arrivent avec les pluies d'automne.

ZIRMIE, ville de l'Afrique centrale (Nigritie), dans le Haoussa, chef-lieu de la province de Zamfra, sur une petite rivière da son nom, affluent du Kouara.

ZIRNG1BL (Romain), écrivain allemand, né

ZIc-K

à Teyspach (Bavière) tn 1740, mort nu commencement du xixe siècle. Il devint prévôt des bénédictins de Haiidling, puis prieur de l'abbayè deSaint-Emm;ran à Ratisbonne. On lui doit un certain n< nibre d'écrits, parmi lesquels nous citerons : Sur les prérogatives et sur l'ordre de suaession des princesses abbesses d'Obermunster ( Ratisborme, 1787, in-go) -, Sur les ducs de Bavière avant Charlemayue, des di/férentet époques de leur gouvernement, etc.; Sur la situation de la marche et des comtés de ta B ivière cartovingienne ; Sur la naissance et l'élection du roi Arnolf, sur la ville de Itatisbonne qu'il rebâtit à neuf ; Comment et par quelle raison la Bavière fut confisquée lorsque Henri te Lion fut mis au ban de l'empire, etc. Ces diverses dissertations, dans lesquelles on trouve des détails intéressants, ont îté publiées dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Bavière.

ZIROPHORE s. m. (zi-ro-fo-re — du gr.

xeira, manteau; phoros, qui porte). Entom. Syn. de piiïste : Le zifophore fronticorne a été trouvé en Colombie. (H. Lucas.) • — Encycl. Les ziro}hores sont caractérisés par des antennes fil formes et velues; des palpes courtes, filiformes ; le corps allongé, aplati, presque linéaire ; le corselet carié, canaliculé en dessus, échancré aux angles postérieurs ; les pattes cou -tes; les jambes antérieures crénelées. Ce gnnre renferme un petit nombre d'espèces, qui habitent les contrées chaudes de l'Amériqu :. Leurs moeurs sont peu connues; on sait seulement que ces insectes vivent sous les t'corees en décomposition et les fouillent dans tous les sens. Le zirophore fronticorne, q l'on peut citer comme le type du genre, a environ 0'n,01 do longueur ; il est d'un n )ir luisant, avec la bouche et les antennes d'un brun rouge, et l'extrémité de l'abdomen jaune roussûtre. Il habite la Colombie.

ZISEL ou ZIZEL s. m. (zi-zèl). Mamm. Espèce de mammifère rongeur, du groupe des rats, qui habite l'Autriche, la Hongrie et la Pologne: Le zisbl dijrère assez du hamster pour qu'on doive le caisidérer comme étant a'uue espèce différente. (V. de Bumare.)

— Encycl. Le zisel, on fond a par plusieurs auteurs avec le hamster, lui ressemble en effet par son système dentaire, ses jambes basses, sa queue cou -te, et aussi par ses mœurs. Mais il en dif ère par son corps allongé et menu comme celui de la belette ; par ses oreilles non appartîntes à l'extérieur et réduites à des trous auditifs cachés sous le poil, et par sa couleur jjris cendré uniforme. Le hamster, au contraire, a le corps assez gros et ramassé, les Dieilles courtes, mais larges et très-apparentes, et trois grandes taches blanches sur cl aque côté du corps. Lu zisel paraît dune otirir des caractères suffisants pour former une espèce distincte. Il habite l'Autriche, la Pologne et la Hongrie; il se creuse des retraites, où il établit ses magasins, aux dépms des umas de blé, qu'il dévaste.

ZISKA ou Z1ZKA (Jean), le héros national do la Bohème, chef militaire des hussites, né a Troczona, district de Kœnigsgratz, en 1380, mort en 1424. Il y a tant d'obscurité sur les commencements de ce personnage qu'on ignore son nom de l'ami, le. Son prénom, Jean, est Seul certain; le suriom de Ziska signifie borgne, et il parait qut le célèbre capitaine était borgne dès son ei fance. Il devait être noble, car il fut pagi de Charles IV. Il servit avec éclac en Pologne dans la guerre contre les chevaliers u utoniques, en 1410. Il était au service de Wenceslas à l'époque du supplice de Jean Hus, et on assure qu'il obtint de sou maître la permission de jurer haine et vengeance c >ntie les. meurtriers. D'après une tradition du pays, un prêtre avait débauché ou violé sa toe îr, qui était religieuse, et Ziska aurait fait aussi le serment da venger ce crime sur tous les ecclésiastiques qui lui tomberaient sous la main. Il tint parole. Complètement désinté/essé d'ailleurs dans le pillage des couvents et refusant sa part du butin avec. une rigiditi lacédémonienne, dépourvu de vanité ou d'ambition, nullement enthousiaste à la façc n des fanatiques dont il était le chef, il senib e qu'un motif personnel de vengeance ait pu seul l'entraîner à des fureurs si soutenues, si implacables et si froides. On est frappe oîpeiidutit de l'habileté politique qui présida a ;ous ses actes et de la volojité clairvoyante et opiniâtre qu'il apporta au service de sa ( ause : l'indépendance nationale de la Bohêmt .

En 1418, au milieu dej troubles suscités par le retour du cardinal inquisiteur Jean-Dominique, Jean Ziska, mur i d'une patente que, dans ses jours d'abandon, son maître Wenceslas lui avait remis;, scellée de su main, pour l'autoriser à venger la mort de Jean llus, rassembla une grande troupe et parcourut le district de ïilsen, où il mit tout à feu et à sang, s'empara de la capitale, se rendit maure de la province et en chassa tous les prêtres et tous les moines. Il y établit la communion sous les deux espèces et institua piKtte lardent et ingénieux Coranda.

Toutelois, craignant de tomber dans quelque embuncade, il songea à se camper dans une position forte avec son armée; il choisit pour cela le site inexpugnable de Hradistie,dans la province de Béchin, ( t, en attendant qu'il

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pût y bâtir une ville, il ordonna à. ses gens de dresser leurs tentes dans les endroits où ils voulaient avoir leurs maisons. Nicolas de Hussinetz, celui a qui Wenceslas avait promis une corde pour le pendre, vint l'y joindre avec sa bande. Au bout de peu de jours, il se rassembla en ce lieu 40,000 personnes de tout sexe et de tout âge, qui venaient de tous les pays environnants et surtout de Prague, et pour lesquelles 300 tables furent dressées afin de fraterniser dans la nouvelle communion (jour de la Saint-Michel 1419). C'est alors que la montagne du campement fut inaugurée sous le nom mystique de Tabor

?u'elle a toujours porté depuis, ainsi que la orteresse de Ziska et celle qu'on y voit encore aujourd'hui. A partir de ce moment, les hussites de Jean Ziska portèrent le nom de taborites et peu à peu fermèrent une secte de plus en plus tranchée et une armée de plus en plus intrépide et redoutable.

Jusque-là le terrible chef militaire des hussites ne commandait que de pauvres gens du peuple. Il les exerça au métier des armes et en fit d'excellents soldats. Sa forteresse de Tabor se construisait rapidement. Protégée par des rochers escarpés et par deux torrents qui en faisaient une péninsule, elle fut défendue, en outre, par des fossés profonds et des murailles si épaisses, qu'elles pouvaient braver toutes les machines de guerre, des tours et des remparts savamment disposés. Jean Ziska se procura bientôt de la cavalerie, en enlevant par su. prise un poste où l'empereur Sigismond avait envoyé 1,000 chevaux. Il apprit à ses gens à les monter et leur tit faire l'exercice du manège. Puis il se rendit à Prague avec 4,000 hommes qui suffirent pour y porter l'épouvante chez les uns et pour enflammer l'ardeur des autres. Les hussites de Prague leur proposèrent de détruire les forteresses et. de faire serment de ne jamais recevoir Sigismond. Ziska pensa que le moment n'était pas venu et qu'avant tout il fallait se débarrasser du clergé. L'impatience des taboristes était extrême. Ils parlaient de déposer Wenceslas et d'élire un roi bourgeois nommé Nicolas Gansz. Pour les occuper, Ziska, qui ne voulait peut-être pas abandonner le maître qu'il avait servi et qui s'était montré pour lui si débonnaire, leur livra le pillage des couvents, tandis que Wenceslas se retirait dans une forteresse à 1 lieue de Prague. Le monastère de Saint-Ambroise et le couvent des Carmes furent dévastés et les moines chassés. Le gage de chaque victoire était l'inauguration de la communion nouvelle dans les églises. On y portait la monstraiice, c'est-à-dire l'eucharistie, dans un calice de bois, afin de contraster avec les vases d'or et les ostensoirs chargés de pierreries dont se servaient les catholiques. Ziska, à leur tête, entra dans la maison du prêtre qui avait abusé de sa sœur, le tua, le dépouilla de ses habits sacerdotaux et le pendit aux fenêtres. Le là ils allèrent à la maison de ville, où le sénat venait de s'assembler pour prendre des mesures contre eux. Un moine prémontré, nommé Jean, rallié aux hussites, et l'un des hommes les plus terribles de cette révolution, animait la fureur populaire en promenant un tableau où était peint le calice hussitique. Le sénat répondait avec fermeté au peuple qui réclamait la mise en liberté de quelques prisonniers. En ce moment, quelqu'un lança une pierre sur Jean le prémontré et sur sa monstrance. A cet outrage, la fureur du peuple se réveilla ; il lit irruption dans le palais ; Ce que voyant, onze sénateurs prirent la fuite; tous les autres, avec le juge et des citoyens de leur parti, furent jetés par les fenêtres et reçus en bas sur des fourches.

On s'était promis seulement d'abord de marcher sur toutes les églises et tou3 les couvents, pour y renverser les autels catholiques et y instituer le nouveau culte; mais ce premier sang versé avait exalté le fanatisme des taborites. Ziska s'était trorrfpé en espérant satisfaire aux exigences des siens par le pillage des églises et des monastères ; d'ailleurs, en assouvissant sa vengeance personnelle, il avait donné un fatal exemple. Tout fut bientôt à feu et à sang dans Prague, et Ziska, qui était cependant un guerrier patriote et un vrai capitaine, se vit entraîné du premier coup dans les horreurs de la guerre civile. La nuit seule mit lin au combat. Le lendemain, la sédition n'eut plus de bornes. •En apprenant ces désastres, Wenceslas mourut d'apoplexie. Sa mort fut suivie d'un long interrègne, durant lequel le terrible et vaillant borgne de Tabor fut de fait l'unique souverain de la Bohême. A peu de temps de là, toutefois, la veuve de Wenceslas, Sophie de Bavière, après s'être vainement adressée à Sigismond, effrayée de son abandon et de l'agitation croissante des esprits, résolut de tenter un coup hardi : elle rassembla quelques troupes, sortit secrètement de la ville avec un seigneurdeSchwamljerget attaquai* J'improviste le redoutable Ziska, dans le district de Pilsen, où il avait sou quartier général. Ziska n'avait avec lui, en cet instant, qu'une petite troupe de taborites, avec leurs femmes et leurs enfants, qui les suivaient partout. Réfugié sur une colline où il n'y avait > que pierres et broussailles > et que la cavalerie ue la reine ne pouvait gravir sans mettre pied à terre, il n'attendait pas sans inquiétude l'issue d'un combat où il se voyait entouré de tous côtés. Les femmes des taborites le sau-

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vèrent par un stratagème singulier : aux approches de la nuit, elles étendirent leurs robes et leurs voiles dans les broussailles où les impériaux devaient s'engager tout bottés et tout éperomiés. En effet, dès qu'ils eurent laissé leurs chevaux au bas de la colline et qu'ils eurent fait quelques pas dans ces filets, ils s'y embarrassèrent si bien les pieds, qu'ils ne purent avancer ni reculer; et, tandis qu'ils essayaient de se dépêtrer, Ziska fondit sur eux et les tailla en pièces. La reine et son général prirent la fuite.

Ziska, poursuivant son œuvre, détruisit ou fit détruire par les nombreuses bandes des siens presque toutes les églises conventuelles et les monastères de la Bohême. On compte 550 de ces édifices dont il ne laissa pas pierre sur pierre. Les historiens catholiques ne tarissent pas en gémissements sur les- funestes résultats de cette dévastation. Les pompeuses descriptions qu'ils nous ont laissées de ces sanctuaires du luxe et de la paresse expliquent assez la rage d'un peuple laborieux et pauvre qui avait vu prélever sur son travail et sur ses besoins l'impôt exorbitant du clergé. Dans les premiers jours de l'année 1420, Ziska tomba du haut de son Tabor sur la ville d'Aust, située presque sous ses pieds. « On était au carnaval, dit un chroniqueur, et, après ces soirées de débauches, les habitants dormaient si profondément, qu'ils furent pris et massacrés en sursaut. Tous furent passés au fil de l'épée. Leurs maisons rasées disparurent du sol. Ce nid de papistes offusquait la vue de Ziska. Il en fit un champ de blé. • Ziska détruisit et massacra, au commencement de cette même année 1420, une douzaine de communautés religieuses. Coranda l'accompagnait dans ces expéditions. Hyneck Krussina, « homme de tête et de main,» imitant le zèle de Ziska, réunit, sur une montagne qu'il baptisa Oreb, des troupes de paysans qui prirent le nom d'orébites. Les taborites et les orébites fraternisèrent dans les combats et communièrent ensemble sur les champs de bataille. En cas de danger, ils convinrent de se donner toujours avis et de se secourir mutuellement. En attendant la guerre du dehors, ils se tinrent en haleine en détruisant ces moines que Ziska appelait les ennemis domestiques. Cette guerre aux moines n'était pas, au reste, sans fatigues et sans dangers. Presque tous les monastères étaient fortifiés, et les abbés, quand ils ne pouvaient pas compter sur leurs vassaux , appelaient des corps d'impériaux pour les défendre. Quelquefois même on voyait des paysans ou des ouvriers prendre parti contre les taborites, à cause de quelque privilège agricole ou industriel qu'ils voulaient conserver. Les mineurs de Cuttemberg, qui étaient Allemands pour la plupart, haïssaient tellement les orébites, qu'ils les guettaient au passage dans les passes étroites de leurs montagnes, les chassaient comme des bêtes fauves avec des chiens dressés à cet usage et les précipitaient dans les mines après les avoir forcés ù la course. On dit que 6,000 hussites furent entassés dans une de ces cavernes.

Au milieu de ces événements, Jean Ziska devint aveugle. Comme il assiégeait la forteresse de Raby, il monta sur un arbre afin de voir et d'encourager «ses anges exterminateurs, » comme il appelait ses gens. Une bombarde, en passant çrès de lui et en fracassant les branches, lui tit sauter un petit éclat de bois dans l'œil. La forteresse n'en fut pas inoins emportée d'assaut; puis Jean Ziska alla se faire panser à Prague, et peu de temps après il rentra en campagne, privé entièrement de la vue. Revenu à Prague à la tête de son armée, il essaya de s'emparer de haute lutte du fort Saint- Wenceslas ; mais les grands du royaume étant intervenus usèrent de leur influence auprès des Praguois et les firent consentir à une trêve de quatre mois, que Ziska ne voulut point accepter; car, aux termes de ce traité d'armistice, il devait restituer Pilsen et ses autres conquêtes. Cependant les hussites de Prague avaient assiégé de nouveau, en son absence, la forteresse de Saint- Wenceslas; ce qu'apprenant il quitta son Tabor pour venir à leur secours. 11 n'avait avec lui que 30 chevaux; il entre, et à peine a-t-on aperçu sa grosse tête rasée, sa longue moustache polonaise et ses yeux à jamais éteints, qui, uit-on, le rendaient plus terrible, que les Praguois se raniment et se sentent exaltés dune rage et d'une force nouvelles. Saint- Wenceslas est enfin emporté et Ziska retourne à Tabor, en leur recommandant de l'appeler toujours dans le danger. Au mois de juin de cette même année (1420), Sigismond entra en Bohème, à la tête de 140,000 hommes, commandés par l'électeur de Brandebourg, les deux marquis de Misnie, l'archiduc d'Autriche et les princes de Bavière. Ulric de Rosemberg, qui jusqu'alors avait été uni à Ziska, après avoir abjuré le hussitisme devant le légat du pape, alla rejoindre l'empereur avec 500 cavaliers. Son premier exploit fut d'enlever une ville huasite et d'en raser les murailles; mais, ayant été défier Ziska au pied du mont Thabor, il y fut reçu et taillé en pièces par Nicolas de Hus- ' sinetz. Cependant l'armée impériale arriva sans encombre sous les murs de Prague, et le U juillet Sigismond se décida à livrer un assaut général. Les taborites se battirent en désespérés, et l'empereur leva le siège au bout d'un mois, ■ durant lequel ceux de Prague,

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pour montrer qu'ils n'avaient pas peur, do fermaient les portes ni jour ni nuit. » Ziska quitta la capitale peu de temps nprès Sigismond et alla de nouveau travailler à affamer l'armée impériale lorsqu'il lui plairait de revenir; c'est-à-dire qu'il reprit son système da ravage et d'extermination, ne perdant pas un seul jour pour cette œuvre de patriotisme infernal, ne laissant pas refroidir un instant la sanglante ferveur de ses taborites. Il passait sans interruption et sans repos d'une conquête à l'autre. La ville royale de Miss ou Meiss se rendit à lui volontairement; la forteresse de Schwamburg capitula après six jours de siège ; Rockisane, patrie de ce fameux Jean Rockisane qui devait bientôt jouer un grand rôle dans cette révolution, fut conquise; Chotieboiz et Przelaucz eurent le même sort. Cottiburg se défendit; plus de 1,000 taborites y périrent. Commotau fut livré par une sentinelle allemande, qui tendit son chapeau par un trou de la muraille, pour qu'on le lui remplît d'argent. Les taborites châtièrent sa lâcheté après en avoir profité et l'immolèrent le premier. Ziska avait été aigri durant le siège de cette ville par les bravades des femmes qui s'étaient mon • trées nues sur les murailles pour l'insulter. Précédemment, plusieurs des siens et deux de leurs prêtres y avaient été brûlés. U fit passer 2,000 ou 3,000 citoyens au fil de l'épée et cette fois n'épargna ni femmes ni enfants. Les femmes taborites se chargèrent de l'exécution des femmes catholiques, « sans même épargner les femmes grosses. » Après Commotau, les taborites prirent Beraun et s'y conduisirent avec plus de douceur; Ziska commanda d'épargner le sang. Les prêtres ne furent brûlés qu'après avoir refusé pendant tout un jour d'embrasser le hussitisme. Melnik, ■Kaurscliiin, Kolin, Chrudim et Ruudnitz se rendirent et firent profession de foi taborite. De là, le redoutable aveugle marcha vers la montagne de Cuttemberg, dans le bœhiner- Wald, où les ouvriers des mines, qui étaient presque tous Allemands et du parti de l'empereur, avaient fait périr 1,700 taborites dans la première mine, 1,300 dans la secundo et autant dans la troisième. «C'est pourquoi, oit un historien, on à toujours célébré l'office des martyrs en ce lieu Je S avril, sans que personne ait pu l'empêcher, jusqu'en 1621. » Vers cette époque (1421), Zislsa, sentant qu'un ferment de discorde s'était introduit parmi les siens, résolut de le combattre énergiquemeut. La capitulation de Cuttemberg n'avait pas été observée très-fidèlement par les taborites de Prague; "on avait maltraité plusieurs catholiques, en dépit de la loijurée. A Sedlitz, dans le district de Czaslau, Ziska voulut épargner les bâtiments d'un superbe monastère et défendit à ses gens de l'endommager en aucune façon. Cependant un d'entre eux y mit le feu durant la nuit. Jean Ziska, pour châtier cette désobéissance, usa de sa ruse et de sa cruauté accoutumées; il feignit d'approuver l'incendie et de vouloir récompenser par le don d'une somme d'argent Celui qui en était l'auteur. Le coupable so nomma. Ziska lui compta l'argent promis et le lui fit avaler fondu ; ensuite il décréta de fortes peines contre ceux qui mettraient désormais le feu sans son ordre. On peut croire, d'après cette mesure, qu'en plus d'une occasion ses desseins de vengeance à l'égard des vaincus avaient été outre-passés et qu'il n'avait pas toujours été aussi obéi qu'il avait voulu le paraître. Cependant U se borna, pour cette fois, à faire périr à Tabor quelques-uns de ces picards qui murmuraient contre lui. Les historiens ont presque tous donné indifféremment le nom de picards à la secte qui s'était introduite au sein du taborisme, vers l'armé 1417, du nom d'un prêtre nommé Picard, venu de France ou de la Belgique. Le moine prémontré Jean en était un des plus ardents apôtres, et il essaya bientôt d'ébranler le pouvoir illimité de J. Ziska. Quant aux calixlins do Prague, on les appelait par dérision hussites clochants, parce qu'ils avaient abandonné Jean Hus en plusieurs circonstances; à Tabor, on les appelait faux hussites, parce qu'ils se tenaient à la lettre de Jean Hus et de Wicleff plus qu'à l'esprit de leur prédication.

Le capitaine, entraînant ses soldats à de nouvelles expéditions, leur laissa détruire encore plus de trente monastères. Enfin, réuni à ceuiv de Prague, il prit Jaromir avec beaucoup de peine et le traita fort durement, parce que ses habitants avaient déclaré vouloir se rendre aux calixtins de Prague et non à lui. Sur ces entrefaites, une diète s'assembla à Czaslau, où presque toute la noblesse déclara qu'elle se détachait du parti de l'empereur. Ou ne dit pas si Ziska fut présent a cette diète, mais il est certain o,u'il y donna les mains et qu'il ue rejeta pas l'alliance des seigneurs catholiques contre Sigismond. Le gros des taborites se laissait guider par lui; mais les picards et ceux qui s'intitulaient déjà nouveaux taborites ou taborites réformés l'en blâmèrent ouvertement. Bientôt Ziska dut sévir contre eux avec vigueur; puis, se rapprochant des calixlins, il semble qu'il ait voulut sauver la Bohême selon un plan conçu avec autant de prudence que de courage. 11 se mit en mesure de sacrifier ceux de ses partisans qui lui semblaient, par leur fougueuse sincérité, devoir compromettre la révolution ;il craignait, en effet, quel» négation du dogme de la présence réelle n'effarouchât

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