‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1035 sur 1042 · GIB · texte numérisé non relu

GIB

— s. f. pi. Entom. Grande division des insectes diptères, comprenant ceux qui vivent en parasites dans le corps d'autres insectes, ou sur les ma» mifères herbivores.

ZOOBIOLOGIE s. f. (zo-o-bi-o-lo-ji — du préf. zoo, et du gr. bioi, vie; loges, discours). Zool. Physiologie animale.

ZOOBIOLOGIQUE adj. (zo-o-bi-o-lo-ji-ke — rad zoobiologie). Zcol. Qui appartient ou qui se rapporte à la zoobiologie : Etudes

ZOOBIOLOGIQUES.

ZOOBOTBYON S. m. (zo-o-bo-tri-on — du préf. zoo, et du gr. bo'.ruon, grappe). Zooph. Genre de polypiers bryozoaires, de la famille des eristatellieus, voisin des dédalées.

ZOOCARPE si m. (zo-o-kar-pe — du préf.

ioo, et uu gr. karpos, fruit). Zooph. Animalcule produit par un être zooearpé.

ZOOCARPÉ, ÉE adj. (zo-o-kar-pé — du préf. zoo, et du gr. leurpos, fruit). Zooph. Se ilit des animaux qui, ;e présentant sous l'apparence d'une expansion végétale, produisent des animalcule; destines k se transformer en expansion.1, du même genre, et se reproduisent ainsi indéfiniment.

— s. m. pi. Kainilli d'animalcules, qui offrent le caractère ci- dessus.

ZOOCH1M1E s. f. (zo-o-chi-mî — du préf. zoo, et un chimie). Syn. de chimie animale. il Peu usité.

ZOOCH1M1QUE fiU|.(zo-o-chi-nii-ke — rad.

zoochimie). Qui appartient ou qui se rapporte k lu zooeliimie : Études zoocuimiques.

ZOOCHRÉSIE s. f. (zo-o-kré-zl— du préf.

zoo, et du gr. chrèsi:, usage). Dans la classification d'Ampère, IScience qui a pour but l'élève et l'utilisatio i des animaux.

ZOOCHRESTIQUE adj. {zo-o-krè-sti-ke — rad. zooehrésie). Qu. a rapport à la zooehrésie : Méthodes zoochrestiqoks.

ZOOCLADIE s. f. (zo-o-kla-dl — du préf. zoo, et du gr. kladis, rameau). Infus. Syn.

de ZOOTHAMNIE.

ZOOCOCCINE s. f, {zo-o-ko-ksi-ne — du préf. zoo, et du gr. kokkos, kermès). Chim. Matière animale fournie par le kermès.

ZOOCORALLIEN. IENNE adj. (zo-O-koral-li-ain, ie-ne, — du préf. zoo, et du gr. koraliion, corail). :îooph. Se dit des polypiers anthozoaires }ui ressemblent plus ou moins au genre corul.

— s. in. pi. Ordre de polypiers anthozoaires. a On dit aussi zxicoraux.

ZOOÉTHIQUE s. f. (zo-o-é-ti-ke). Syn. de zoéthique.

ZOOGÉNE s. m. (zo-o-jè-ne — du préf.

zoo, et du gr. genmiô, je produis. Cette matière est ainsi nommée parce qu'elle donne à l'analyse les mènes éléments que les matières animales). Chim. Matière visqueuse qui existe dans les eaux thermales.

ZOOGÉNIE s. f. (zo-o-jé-nl — du préf.

zoo, et du gr. gemsis, origine). Partie de la zoologie qui traite du développement progressif des animat.x. et de leurs organes. || un dit aussi zoogonie et zooùonolouie.

ZOOGÉNIQUE adj. (zo-o-jé-ni-ke — rad.

zoogenie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte k la zoogeui i ; Etudes zoogéniques.

ZOOGLYPH1TE s. m. (zo-o-gli-fi-te — du pref. zoo, et uu g\ gluphi, gravure). Zool. Empreinte d'uniiuul fossile.

ZOOGONB adj. m. (zo-o-go-ne — gr. zoâgonos, vivifiant ; ce zoân, animal; gonas, génération). Mythol. gr. Epithète de Jupiter.

ZOOL

— s. m. Titre donné aux dieux protecteurs des animaux.

ZOOGONIE S. f. V. ZOOGÉNIE.

ZOOGONIQUE adj. (zo-o-go-ni-ke). Qui a rapport à la zoogonie. Il On dit aussi zoogo-

N0L0GIQUK.

ZOOGONOLOGIE S. f. V. ZOOGÉNIE.

ZOOGRAPHE S. m. (zo-o-gra-fe — du gr.

zôon , animal; graphà, je décris). Auteur d'une zoographie; naturaliste qui s'occupe de cette science : Leuvienhoeck, Swammerdam, Spatlanzani, Béaumur, Ch. Bonnet, Muller, huiler et autres patients zoographes ont démontré combien les mœurs des animaux sont intéressantes. (Balz.)

— Peint. Se disait, chez les anciens, pour Peintre d'animaux, animalier.

ZOOGRAPHIES, f. (zo-o-gra-fl — (lu préf. zoo, et du gr. graphà, je décris). Partie de la zoologie qui s'occupe de la description des diverses espèces d'animaux : L'embryogénie rentre nécessairement dans la zoographib. (P. Gervais.)

— Art de représenter les animaux et leurs organes dans un but d'étude.

— Peint. Se disait, chez les anciens, pour Peinture d'animaux.

ZOOGRAPHIQUE adj. (zo-o-gra-fi-ke — rad. zoographie). Qui appartient ou qui se rapporte à la zoographie : Etudes zoographiques. Système zoographique.

— Diploro. Lettres zoographiques, Lettres formées de figures d'animaux diversement agencées.

— Miner. Talc zoographique, Talc employé par les peintres.

ZOOHÉMATINE s. f. (zo-o-é-ma-ti-ne — du :prèf. zoo, et du gr. Aaima, haimatos, sang). Chim. Matière colorante rouge des globules du sang.

ZOOÏÂTRE s. m. (zo-o-i-â-tre — du préf. zoo, et du gr. iatros, médecin). Médecin vétérinaire. || Peu usité.

ZOOÏÂTRIE s. f. (zo-o-i-â-trî — du préf. zoo, et du gr. iatreuà, je guéris). Médecine vétérinaire. Il Peu usité.

ZOOÏÂTRIQUE adj. (zo-o-i-â-tri-ke — rad.

zooïâtrie). Qui a rapport à la zooïàtrie: Système ZOOÏATRIQUE.

ZOOÏDE adj. (zo-o-i-de — du préf. zoo, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui porte une figure d'animal ou de quelqu'une des parties d un animal : Minéraux zooïdes.

ZOOL. Abréviation du mot zoologie.

ZOOLÂTRE s. (zo-o-là-tre — du préf. zoo, et du gr, lûlreuà, j'adore). Adorateur d'animaux.

— Atljectiv." : Les Egyptiens étaient zoo-

LÂTRES.

ZOOLÂTRIE s. f. (zo-o-là-trl — du préf. zoo, et du gr. latreuô, j'adore). Adoration des animaux.

ZOOLÂTRIQUE adj. (zo-o-là-tri-ke). Qui a rapport à la zooïàtrie, qui est basé sur la zooïâtrie : Religion zooLÂTiftQUE.

ZOOLÉE s. f. (zo-o-!é — du préf. zoo, et du gr. oilumi, je détruis). Kntuui. Section des théoelytes ou vates, genre d'insectes orthoptères, dont l'espèce type vit, dit-on, à Trauquebar.

ZOOLIQUE adj. (zo-o-li-ke — du gr, zàon, animal). Mécan. Qui est mû par une force animale : Machine zooi.iquk.

ZOOLITHE ou ZOOLITE s. in. (zo-o-li-te — du préf. zoo, et du gr. lithos, pierre). Zool. Nom vulgaire de diverses parties d'animaux fossiles ou pétrifiées : L'ivoire fossile et les turquoises sont des espèces de zoo- WTHES. (V. de Bomare.)

ZOOL1THIFEBE ou ZOOL1TIFÉRE adj.

(zo-o-H-ti-fè-re — de zoolilhe, et du lat. fero, je porte). Miner. Qui contient des débris d'animaux fossiles.

ZOOLITHIQUE ou ZOOLITIQUE adj. (zoo-li-ti-ke — rad. zoolit/te). Miner. Qui contient des zooliibes : Boches zoolithiQUES, u Qui ressemble k un zoolithe; qui u rapport aux zoolithes : Fossiles zoolithiques.

ZOOLOGIE s.f. (zo-o-lo-jl — du préf. zoo, et du gr. logos, discQurs). Partie de l'histoire naturelle qui traite de l'étude des animaux : Il serait difficile de dire à quelle direction obéit aujourd'hui l'élude de ta zoologie. (Ë. Baudeinent.) La zoologie philosophique ou ubstractive a pour but de raisonner les matériaux de la zoologih descriptive. (P. Gervais.) Cuoier a reconstruit des mondes avec des os blanchis et repeuple mille forêts avec les mystères de la zoologie. (Balz.)

— Zoologie médicale, Connaissance des animaux qui fournissent des matières à la thérapeutique ou qui sont capables de produire des maladies.

— Encycl. Hist. Les tentatives de classification zoologique paraissent remonter aux premières observations, et la légende hébraïque place le premier essai de ce genre à l'origine même du monde. La Genèse, en etfet, nous montre Adam, à peine sorti des mains du créateur, avant même la création de la femme, occupé k nommer les animaux de la terre et les oiseaux du ciel, et les noms qu'il leur donna, ajoute le texte sacré, furent leurs

ZOOL

vrais noms. Si nous nous en rapportons aux témoignages plus positifs fournis par les études historiques, ou mieux antéhistoriques, nous trouvons les restes de l'homme ou de son industrie associés aux débris d'un nombre assez considérable d'animaux sauvages, ou même domestiques, qui, dans tous les cas, durent de bonne heure appeler son attention et être l'objet d'observations suivies.

Dans les premiers temps, la zoologie est confondue avec la plupart des autres sciences dans l'étude générale de la nature. Toutefois, on ne peut douter qu'elle n'ait été sérieusement étudiée en Egypte. La grande étendue de ce pays, le voisinage du désert, la difficulté de voyager sans l'aide d'animaux domestiques, le grand nombre de mammifères et de reptiles nuisibles à l'homme, la multitude de poissons alimentaires qui peuplent le Nil, et jusqu'àces myriades d'insectea si incommodes sous les climats chauds, imposaient aux habitants la nécessité, en même temps qu'ils leur offraient les moyens de recueillir des faits et des notions utiles. « Le savoir zoologique des Egyptiens, dit Is. Geoffroy Saint- Hilaire, est en effet mis hors de doute par les témoignages de l'histoire sur la religion égyptienne, dont chaque mystère était l'expression allégorique de l'un des grands phénomènes naturels; par les peintures dea monuments sur lesquels une multitude d'animaux sont représentés, et presque toujours avec une entente remarquable de leurs habitudes; par les momies, les statuettes d'animaux et d'autres documents de diverses sortes qui ont été recueillis dans les monuments et les catacombes ; enfin, par les récits d'Hérodote, dont le magnifique ouvrage est une histoire scientifique, religieuse et morale en même temps que politique. Les détails qu'Hérodote nous a transmis sur l'organisation de plusieurs animaux de l'Egypte, les récits si fidèlement naïfs qu'il nous a faits de leurs mœurs ne sont sans doute qu'un pâle reflet du savoir des Egyptiens. »

En Grèce, la zoologie présente d'abord le même caractère. Mais ici, après Thaïes, Anaxagore, Démocrite, Pythagore, Hippoorate, Zenon d'ICIée et autres, dont les travaux ne se rattachent que d'une manière indirecte aux sciences naturelles, nous trouvons à citer deux grands noms. Théophraste avait étudié d'une manière approfondie les trois règnes de la nature et exposé leur histoire complète; mais son livre sur les animaux n'est pas venu jusqu'à nous, et quelques fragments, retrouvés en divers lieux, ne suffisent pas à nous en donner une idée exacte; c'est une perte très - regrettable. Aristote peut être regardé comme le prince des naturalistes de l'antiquité. Il ne se contente pas d'exposer une multitude de faits sur les formes extérieures, l'organisation et les mœurs des animaux, de les analyser, de les discuter; mais encore il les généralise, et alors il s'élève parfois jusqu'aux plus hautes théories de la zoologie et de l'anatomie philosophiques.

Pline est moins un savant qu'un compilateur, a la vérité très-élégant et très-spirituel; il amuse plus qu'il n'instruit. A côté de faits réels, il réédite, des fables absurdes, des inepties populaires, des contes de bonne femme, dont Aristote, quatre siècles avant lui, avait déjà fait justice. La chute est encore plus grande, si nous arrivons k ses successeurs, Oppien, Athénée, Elien, Ausone, etc. Galien seul, savant disciple de l'école d'Alexandrie, mérite de faire une honorable exception.

Au moyen âge, la zoologie subit un temps d'arrêt, ou pour mieux dire elle traverse ce que l'on pourrait appeler la période fabuleuse. Une foule d'êtres imaginaires , les uns hérités de l'antiquité, les autres éclos dans l'imagination des peuples nouveaux, forment une sorte de règne fantastique. C'est alors qu'on voit apparaître, ou du moins arriver k l'apogée de leur gloire, la licorne, le vampire, le phénix, l'oiseau rock, la guivre, le dragon, le basilic, le serpent de mer, le kraken, la sirène et bien d'autres encore. Néanmoins, quelques auteurs semblent protester contre cette extension du domaine fabuleux; tels sont, entre autres, Isidore de Séville, Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Manuel Phile, Vincent da Beauvais, Wotton, etc. Mais ce ne sont là encore que des compilateurs plus ou moins diserts, et malheureusement ils ne puisent guère que dans les compilations de Piine et de ses successeurs, les ouvrages d'Aristote n'étant connus alors que par des extraits peu fidèles, faits sur une traduction arabe.

A la Renaissance, les choses changent de face. Après la prise de Constantiuople, un Grec réfugié publie une nouvelle traduction d'Aristote, et fournit ainsi un champ plus vaste, une base plus sûre aux coin pilateurs, qui n'eut sont pas encore arrivés à étudier dans le graud livre de la nature. Lonicerus ouvre en quelque sorte la marche; s'il n'enrichit pas la science de notions nouvelles, il a du moins le mérite de mieux classer celles que l'on possédait déjà. Toutefois, l'histoire commence k enregistrer quelques observations originales sur les animaux indigènes et même sur certaines espèces exotiques. C'est ainsi que Pierre Gyllius, parcourant la mer Rouge, fait connaître quelques-unes des productions des contrées qu'il a visitées.

ZOOL

Conrad Gesner, de Zurich, est encore un compilateur; mais c'est aussi un commentateur érudit et un observateur sagace. On ne lit plus aujourd'hui ses ouvrages, mais on les consulte avec profit. C'est avec justice qu'on l'a appelé le restaurateur de l'histoire naturelle. • Sa grande histoire des animaux, dit Is. Geoffroy Saint-Hilaire, n'est pas un simple traité, mais bien plutôt une bibliothèque complète de zoologie. Tout ce qu'on savait alors sur les animaux, tout ce que l'antiquité et le moyen âge avaient transmis aux temps modernes de notions zoologiques, tout s'y trouve fidèlement rapporté, méthodiquement classé et de plus augmenta d'un certain nombre de faits flabilement observés par Gesner lui-même. Cette œuvre résume donc en ello tous les livres précédents avec un immense avantage et les complète par les premiers résultats de la science moderne; c'est tout à la fois l'époque de ta compilation qui se clôt et celle de 1 observation qui s'ouvre; c'est le passé qui finit et l'avenir qui commence. »

Bélon, voyageur infatigable et observateur judicieux, en décrivant les êtres vus par lui dans les contrées lointaines , s'est adonné surtout à l'histoire des oiseaux ; en mettant en face leur squelette et celui de l'homme, en désignant par des signes communs toutes les parties qui leur sont communes, il a le premier essayé de démontrer le grand principe de l'unité de composition organique. Il s'est occupé aussi de l'histoire des poissons, ou, pour parler plus exactement, des animaux aquatiques. Mais ses écrits sur celte partie sont moins célèbres que ceux de son contemporain Rondelet. Salviani s'est encore distingué dans cette branche de la zoologie. Nous ne devons pas omettre non plus de citer des noms célèbres, ceux de Vésale, d'Aldrovandi et de Johnston; si les deux derniers sont encore des compilateurs, il n'en est pas de même de Vésale, qui a fait faire de grands progrès aux sciences de l'organisation.

Jean Ray, dont les travaux appartiennent à la seconde moitié du xvne siècle, apporta à la zoologie un notable perfectionnement en établissant, pour plusieurs groupes, des classifications régulières et rationnelles qui sont encore en vigueur. Vers la même époque se créait la ménagerie de Versailles; Claude Perrault et Buverney posaient les premières bases de l'anatomie comparée; Harvey s'immortalisait autant par ses beaux travaux sur la génération que par sa brillante découverte de la circulation du sang; Leuwenhoeck et Hartsoeker, en perfectionnant le microscope, permirent d'observer les petits êtres et les menus détails de l'organisation des grands animaux et préludèrent ainsi aux graudes découvertes zoologiques de Malpighi et de Swammerdam.

Le xvme siècle a été une époque brillante pour la zoologie. Deux grands noms suffiraient seuls pour l'illustrer. Linné a porté dans toutes les branches des sciences naturelles cet esprit méthodique, cet accord de l'analyse et de la synthèse qui sait allier la précision des détails à la justesse des grandes vues d'ensemble. En zoologie particulièrement on le regarde aujourd'hui avec juste raison comme le véritable fondateur de la méthode naturelle. Si sa classification a été modifiée sur des points nombreux, son esprit règne encore. Personne n'a mieux apprécié la valeur des caractères; les espèces et les variétés, les genres, les ordres, les classes ont reçu, grâce k lui, une signification précise. Il a le grand mérite d'avoir fondé la nomenclature binaire, nomenclature qu'on peut appeler universelle dans son objet comme dans ses applications et k laquelle la reconnaissance du monde savant a donné le nom de nomenclature linnèenne. 11 n'est pas jusqu'à son style clair, précis, simple, élégant k 1 occasion, qui ne puisse être regardé comme le type du genre.

Buffon contribua surtout k imprimer à la zoologie un caractère philosophique. « Buffon, dit encore Is. Geoffroy Saint-Hilaire, sagace, ingénieux, négligeant de créer, de multiplier pour lui les faits d'observation, mais eu saisissant toutes les conséquences et, sur une base en apparence étroite et fragile, élevant hardiment un édifice dont lui seul et la postérité concevront le gigantesque plan; dédaiguant les détails techniques, les divisions systématiques, parce qu'il sait planer au-dessus d'eux dans ses hautes conceptions, et cependant, par une heureuse contradiction, créant lui-même un jour une classification méthodique digne de servir de modèle à tous ; s'égarant quelquefois dans ces espaces inconnus où il s'élance sans guide, mais de ses erreurs mêmes sachant faire naître des vérités utiles ; passionné pour tout ce qui est beau, pour tout ce qui est grand, avide de contempler la nature dans son ensemble et appelant k son aide, pour en peindre dignement les grandes scènes, tous les trésors d'une éloquence que nulle autre n'a surpassée ; un de ces hommes qui ne termiuent rien, mais qui osent tout commencer; un de ces hommes puissants par la synthèse, qui, franchissant d un pied hardi les limites de leur époque, marchent seuls en avant et s'élancent vers les siècles futurs en tenant tout de leur génie comme un conquérant de son épée. • Nous ne relèverons pas ici ce qu'un pareil éloge a d'exagéré (v. histoire naturelle). Ajoutons seulement que Buffon, par sa position à la tète du Jardin des

ZOOL

plantes, fut à même de réunir de riches matériaux de toute sorte et de fournir ainsi des sujets d'étude à tous les zoologistes.

A côté des deux noms qui précèdent, il est de toute justice de citer celui de Pullas, qui a tant fait pour la science par ses voyages et plus encore peut-être par ses beaux travaux sur la zoologie, sur l'anatomie des vertébrés, sur la classification des zoophytes et des infusoires. Puis vient une pléiade de noms qui remplissent avec beaucoup d'honneur les seconds rangs : Fabricius, second fondateur de l'entomologie; O.-F. Muller, auteur d'excellents travaux sur les infusoires ; Trembley, dont les belles expériences sur les hydres sont bien connues; Bernard de Jussieu et Guettard, auteurs de travaux importants sur les polypes et les spongiaires ; Lyonnet, qui, dans ses observations sur l'anatomie des insectes, a poussé la patience et la-persévérance jusqu'au prodige ; Peyssonnel, qui reconnut la nature animale des actinies, des coraux et des madrépores; Réaumur, qui pénétra les mystères de la vie et des mœurs des insectes et fonda une riche collection, dont Brisson fut plus tard le conservateur; Degéer, digne d'être cité aussi pour ses études entoinologiques ; Spallanzani, aussi habile dans l'expérience que dans l'observation et souvent très-hardi dans ses déductions ; Camper , anatomiste plein de génie ; Haller, dont la grande physiologie, bien que consacrée surtout à la connaissance de l'homme, contient tant de faits nouveaux et importants sur les animaux ; Daubenton, aussi célèbre comme collaborateur de Buffon que comme créateur de nouvelles applications de la zoologie, ou plutôt d'une science nouvelle, la zootechnie ; Vieq-d'Azyr, si brillant dans ses conceptions sur l'anatomie philosophique ; Bonnet, observateur ingénieux, en même temps que penseur profond et audacieux; Adanson, dont les voyages au Sénégal ont si puissamment enrichi la zoologie et notamment la branche relative aux mollusques ; Bonnaterre, l'un des collaborateurs les plus actifs de Y Encyclopédie méthodique ; L.-C. Richard, explorateur de la Guyane; Olivier, Tenon , Broussonet , Hertntuin et bien d'autres encore.

L'époque moderne, qui commence en 1789, a été une ère glorieuse pour la science zoologique. L'élan général imprimé aux esprits, la fondation du Muséum d'histoire naturelle et de la ménagerie, l'expédition d'Egypte sont autant d'événements mémorables. La science alors était libre, dégagée de toute ' entrave, et tes savants, pour être souvent improvisés comme les généraux, n'en avaient pas moins une haute valeur. Lamarck, en même temps qu'il se livrait aux travaux descriptifs les plus patients et les plus exacts, lançait la zoologie dans des spéculations de la plus haute portée, Cuvier perfectionnait l'anatomie comparée et l'étude des animaux fossiles, en même temps qu'il enrichissait la science de travaux spéciaux sur l'histoire naturelle des mammifères, des poissons et des mollusques.

■ E. Geoffroy Saint-Hilaire entra,dit M. E. Baudement, avec beaucoup plus de hardiesse dans cette voie. Héritier de tous les philosophes qui ont cherché a embrasser d'un coup d'œil et à résumer dans ses lois propres le grand règne animal, il est en même temps fondateur d une école philosophique dont les disciples passionnés appartiennent surtout à l'Allemagne et qui, par son contraste même avec l'école de Cuvier, a contribué puissamment à vulgariser l'étude de la zoologie et a fonder son unité. » Au nombre de ses principales découvertes et des théories qui servent de base à su doctrine, nous citerons la loi de l'unité de composition, le principe des inégalités ou des arrêts de développement, celui de la compensation ou du balancement des organes, l'étude des monstruosités, etc.

Pour terminer notre rapide revue, nous ■ citerons, parmi les zoologistes français vivant à cette époque : Lacépède, Latreille, Lamauon, Faujas de Saint-Fond, Risso, Huber, et plus près de nous : Blainville, 1s. Geoffroy Saint-Hilaire, Flourens,Duvernoy, Coste, Laurillard , DuniérjJ, Savigny, Bujardin, Jolly, Jourdan, Lereboullet, etc.; enfin, parmi les savants étrangers : Everard Home, Meckel, de Humboldt, Rudolphi, Goathe, Gall, Ûken, Virchow, Owen , etc. Les études zoologiques sont de nos jours en haute faveur ; de nombreuses expéditions scientifiques nous ont fait connaître ia faune de régions inconnues; des sociétés savantes ont été fondées et des jardins zoologiques établis dans les principales villes. En un mot, le mouvement continue, et nul ne peut dire où il s'arrêtera.

M. Hœfer a publié en 1873 une remarquable Histoire de la zoologie.

— Considérations générales et divisions.

La zoologie, envisagée dans son acception la plus large, peut être dérinie l'histoire des animaux étudiés sous tous les points de vue en tant qu'êtres organisés agissant sur la inonde extérieur et en subissant l'influence, celle de leur exploitation en rapport aveu nos besoins et des lumières que leur observation apporte dans la philosophie générale. C'est donc une scienee très-vaste ; niais beaucoup d'auteurs eu ont restreint l'étendue et ta portée, en indiquant comme sciences collatérales et de même valeur que celle-ci

ZOOL

différents points de vue isolés de l'étude des bnimaux. C'est ainsi que l'étude de l'homme est devenue une science distincte sous le nom d'anthropologie, qu'on a fait une anatomie, une physiologie , une pathologie com-

Îiarées. La zoologie a dès lors été bornée a a connaissance, extérieure des animaux et à leur classification. Mais elle perd ainsi, pour ainsi dire, son caractère scientifique et ne consiste plus qu'en un amas de faits spéciaux si nombreux qu'il devient impossible a un seul homme de les connaître tous. >

i Aussi ne faut-il pas oublier, dit. M. P. Gervais, que l'étude des lois, l'établissement des formules qui les représentent et la discussion et la confirmation des principes au moyen desquels on arrive à la reconnaissance des unes et des autres sont, en zoologie, comme dans toute autre science, le but principal vers lequel doivent tendre les etforts de l'esprit humain. C'est là que les observations de toute nature des zoologistes doivent conduire, et les faits n'ont par eux-mêmes une valeur que parce qu'ils sont le seul moyen d'arriver à ce résultat, lorsqu'on a su les interpréter et en comprendre la signification. La zoologie élémentaire ou dogmatique semble donc consister dans la démonstration, au moyen d'exemples habilement choisis, des lois, des formules et des principes démontrés par la science, et sa tendance sera l'exposition des faits généraux qui, bien connus, permettront à l'élève de comprendre avec facilité la plupart de ceux que les cas de spécialité lui offriront ultérieurement. 11 y a en zoologie plus de points scientifiques évidents qu'on ne le pense généralement, et le degré de positivisme que cette branche des connaissances ne peut manquer d'acquérir bientôt n.'est point une fiction, ainsi qu'on l'a pensé quelquefois, i

Les différents points de vue sous lesquels on peut envisager le règne animal ont fait établir dans la zoologie des divisions plus ou moins importantes. On peut admettre d'abord trois grandes coupes primitives.

1° La zoologie générale, ou simplement zoologie, a pour objet l'étude de l'extérieur des animaux (zooinorphie ou morphologie), leur structure interne (zootomie ou anatomie comparée), le mode d'action de leurs organes ou leurs fonctions vitales {physiologie ou biologie), enfin la vie de ces animaux en rapport avec le monde extérieur (zoéthique). A cette première coupe se rattachent encore l'embryogénie (comprenant l'ovologie et l'organogénie), ou étude des développements successifs de l'être et de Ses organes à partir de son origine première ; la tératologie, qui traita des anomalies de l'organisation ou des altérations des formes normales, et la pathologie, ou étude des désordres survenus dans les fonctions.

2» La zoologie descriptive ou zoographie a pour objet principal l'étude des nombreuses espèces animales qui peuplent actuellement le globe; mais on y joint aussi celle des espèces éteintes ou fossiles (paléontologie). Les rapports plus ou moins étroits des espèces entre elles permettent d'établir une classification rationnelle. Elle s'occupe encore des modifications que subissent les êtres sous l'influence de causes diverses, de la formation des races, des croisements, enfin des lois qui régissent la distribution des animaux sur le globe, ce qui constitue la géographie zoologique.

3" La zoologie appliquée , appelée aussi zoonoraie, s'occupe surtout des animaux par rapport à l'homme : détruire ou refouler les espèces nuisibles, tirer, au contraire, le plus grand parti possible des espèces utiles, soumettre au besoin celles-ci aux soins spéciaux que comporte la domesticité, telles sont les grandes questions qu'elle soulève. La dernière forme une branche connue sous les noms de zoopédie ou zootechnie.

Que les animaux présentent dans leurs formes extérieures et dans leur organisation des différences pour ainsi dire infinies, c'est un fait qui n'a pas besoin d'être démontré. Mais les naturalistes en ont déduit des conséquences très-diverses et ont établi à ce sujet des théories plus ou moins ingénieuses, plus ou reoins fécondes. L'idée de la série zoologique ou de l'échelle animale est une des plus remarquables. « Lamarck admettait cette série, dit M. P. Gervais, mais il était loin de la prouver, quoique son système l'exigeât néanmoins plus parfaite qu'elle n'est réellement, puisqu'on effet, d'après lui, la série est continue depuis les êtres inférieurs jusqu'à l'homme et composée d'individus seulement, les espèces n'existant pas à l'état fixe dans la nature, et l'animal inférieur s'étant successivement perfectionné, en laissant néanmoins trace de ses divers passages, et étant parvenu de la condition d'infusoire homogène à celle d'être le plus parfait. Cette hypothèse, née du panthéisme, a donné lieu à, cette autre de plusieurs philosophes allemands, que les animaux supérieurs ne sont que le résultat des complications ajoutées à l'organisme des êtres inférieurs, qui n'en sont plus alors, comme on l'a dit depuis en France, qu'un arrêt permanent du développement. Cette gradation existe aussi dans le développement de chaque individu de l'échelle zoologique , et ce qui esc pour l'animal supérieur caractéristique du premier âge seulement est, au contraire, permanent et du toute la vie pour

ZOOL

tel autre des degrés inférieurs de l'échelle, celui-ci devenant alors un embryon permanent de l'espèce supérieure. • Plus tard, Blainville a admis aussi la théorie de l'échelle OU série zoologique, dont il a donné une nouvelle démonstration. Mais ce sujet sera complété dans ce qui nous reste à dire sur la classification.

— Classification, Tant qu'on n'était pas fixé sur la valeur réelle ou, en d'autres termes, sur la subordination des caractères, il était difficile de se faire une idée un peu exacte de l'ordre hiérarchique des végétaux, et aujourd'hui encore les botanistes discutent sur le point de savoir quelle est la famille de plantes phanérogames qui forme le terme supérieur de la série botanique. Pareille incertitude est impossible en zoologie. L'homme et les mammifères occupent évidemment le sommet de l'échelle ; les oiseaux viennent ensuite, puis les reptiles et les poissons. Est-ce aux animaux articulés ou aux mollusques que revient la place suivante î Sur ce point.il y a doute; mais l'incertitude cessa à l'égard des échelons inférieurs du règne. Ils doivent évidemment être occupés par les zoophytes, qui se rapprochent tant des plantes. Il est donc aisé de comprendre que les zoologistes aient eu de tout temps, bien plus que les botanistes, le sentiment de la méthode naturelle; cela tient à la nature même des caractères qui distinguent les animaux et à la facilité avec laquelle on en apprécie la supériorité ou l'infériorité relative. Aussi la classification zoologique la plus perfectionnée a-t-elle beaucoup de points communs avec la plus ancienne, qui est celle d'Aristote. Il divisait les animaux en raisonnables, section qui ne renfermaitquerhomme, et irraisonnables . Ces derniers se partageaient en deux grands groupes : les animaux pourvus de sang, savoir les quadrupèdes vivipares (nos mammifères, y compris les cétacés), les quadrupèdes ovipares (tortues et lézards), les oiseaux, les poissons et les serpents, et les animaux exsangues ou privés de sang, savoir les mollusques (nos céphalopodes), les testacés (nos mollusques gastéropodes et lamellibranches)-,' les crustacés, les insectes. La classification de Linné, quoique abandonnée, mérite aussi d'être rappelée, attendu qu'elle est, comme celle d'Aristote, une des.origines des distributions méthodiques les plus récentes. Linné partageait les animaux en six classes : l° les mammifères (marna/ta), ou quadrupèdes vivipares d'Aristote ; 2« les oiseaux ; 3» les amphibies , répondant à nos reptiles et à nos batraciens, mais comprenant quelques poissons, les plagiostomes entre autres ; 4» les poissons ; 5U les insectes, parmi lesquels les myriapodes, les arachnides et les crustacés constituent un ordre sous le nom d'aptères ; 6° les vers, partagés en intestinaux, mollusques, testacés, lilhophytes et zoophytes. Lamarck se rapprocha d'Aristote lorsqu'il institua les deux grandes divisions des animaux vertébrés et des animaux sans vertèbres. Mais ses animaux sans vertèbres no constituaient certainement pas un groupe naturel équivalent à celui des vertébrés, et il fut nécessaire de partager les premiers en plusieurs embranchements, G est ce que tirent Georges Cuvier et de Blainville. Dans un mémoire publié en 1812 sous le titre de Nouveau rapprochement à établir entre les classes gui composent le règne animal, Cuvier entreprit de montrer qu il y a dans ce règne quatre groupes principaux. Il appela ces groupes embranchements, et distribua entre eux.de la manière suivante, toutes les classes d'animaux : to les vertébrés, comprenant les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons ; 2° les mollusques; partagés en céphalopodes (les mollusques d'Aristote), ptéropodes, gastéropodes, acéphales, bracbiopodes et cirrhopodes ; 3° tes articulés, divisés en annélides, crustacés, arachnides et insectes ; <to les zoophytes ou rayonnes, renfermant les échinodermes, les vers intestinaux, les acalèphes ou orties de mer, les polypes et les iufusoires, animaux sur lesquels on avait depuis l'époque de Linné publié des travaux importants. Dans la même année Blainville fit également connaître ses idées sur la classification du règne animal. II tenait compte, comme Cuvier, des dispositions anatomiques propres aux différents groupes naturels, et il avait soin de rattacher ces dispositions à des caractères extérieurs, qui en devenaient pour ainsi dire la traduction. Il arrivait ainsi à établir que les caractères tirés de l'organisation des animaux et de ta forme générale de leur corps indiquent cinq grandes divisions primitives, savoir: les animaux vertébrés, que l'auteur nommait ostéozoaires.pour rappeler qu'ils sont pourvus d'os ; les animaux articulés ou entomozoaires ; les mollusques ou malaeozoaires ; les animaux rayonnes ou actinozoaires, et les animaux hétérumorphes ou amorphozoaires, dont l'organisme est extrêmement simple et qui n'ont pas de forme déterminée. De Blainville considérait ces cinq divisions comme représentant un nombre égal de modes particuliers d'organisation. Il comparait ces formes élémentaires des animaux aux formes primitives des cristaux et appelait les catégories qu'elles représentent, non plus des embranchements, comme le faisait Cuvier, mais des types. Ces types rentraient d'ail-

ZOOL

leurs dans trois sous-règnes, caractérisés par • des particularités également tirées de la forme extérieure, envisagée cette fois d'une manière purement géométrique. Ainsi, les vertébrés, les articulés et les mollusques ont les parties du corps disposées similairement à droite et à gauche, ce qui permettrait de les partager en deux par le milieu; ils sont de forme paire, comme leur nom l'indique. Les rayonnes sont, au contraire, susceptibles d'être partagésen plus de deux parties similaires, et leurs divisions sont groupées autour d'un axe central comme les rayons d'un même cercle. Enfin, la forme est indifférente ou. indéterminée chez les hétéromorphes. Ce qu'on doit en outre remarquer dans la classification de ce zoologiste, c'est la séparation dès batraciens d'avec les reptiles èf peau écailleuse et leur distinction comme classe. De Blainville les raprochait des batraciens poissons, et il rapprochait au contraire les reptiles desoiseaux, ce qu'a justifié depuis l'étude comparative du développement de ces animaux. Il fut mieux inspiré que ses Contemporains lorsque, renversant la série des animaux articulés établie par Cuvier, il mit les insectes en tête de cet embranchement, au lieu d'y placer les annélides. 11 différait de Cuvier surla valeur des caractères, et tandis que celui-ci mettait en première ligne ceux que fournissent les organes de la nutrition, comme le cœur, les vaisseaux ou les organes respiratoires, de Blainville faisait passer avant tous les caractères tirés des organes de la vie de relation. C'est depuis lors qu'on apporta tant d'attention aux particularités fondamentales du système nerveux, aux rapporte qu'elles présentent avec les manifestations diverses de la sensibilité, du mouvement. Quelques observations sur le mode de développement des animaux ont montré quel grand parti on pouvait tirer des métamorphoses dans la classification. Enfin, les fossiles sont venus prendre place dans les cadres zoologiques à côté des espèces vivantes.

Aujourd'hui on s'accorde à diviser le règne animal en cinq types ou embranchements, savoir : les vertébrés, les articulés, les mollusques, les rayonnes et les protozoaires, lo Les vertébrés possèdent constamment un Squelette intérieur, composé de vertèbres qui donnent insertion aux muscles locomoteurs et renfermant dans sa cavité la masse encéphalo-rachidienne ou cérébro-spinale. Pendant la vie embryonnaire, leurs petits possèdentune vésicule vitelline, appendue a la face ventrale de leur corps et dont le contenu est destiné à leur première alimentation. Les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les batraciens et les poissons constituent autant de classes appartenant à l'embranchement des vertébrés. 2* Les articulés, appelés aussi entomozoaires et annelés,ont presque toujours le corps partagé extérieurement en anneaux successifs. Leur système nerveux est formé d'un cerveau comparable à cel ui des vertébrés, mais il n'y a pas de moelle épinière ou système nerveux rachidien. Les nerfs du corps naissent d'une double chaîne de ganglions placés au-dessous du canal digestif ou sur les portions latérales du tronc, et il y a le plus souvent un collier nerveux autour de l'œsophage. Dans le premier âge, la masse vitelline forme chez tous les individus une vésicule placée sur le dos, ce qui est le contraire de ce qu'on voit chez les vertébrés. Les dernières familles de cet embranchement sont si inférieures aux autres, qu'on les avait d'abord réunies aux zoophytes sous le nom de v.ers intestinaux. Les différentes classes d'animaux articulés sont celles des insectes, des myriapodes, des arachnides, des crustacés, des annélides et des helminthes ou vers intestinaux ; ces derniers se divisent en plusieurs catégories qui diffèrent notablement les unes des autres. Les insectes et les trois classes suivantes forment un premier sous-enbranchement caractérisé par la présence da pattes articulées. On donne à ce sous- embranchement le nom d'articulés condylopodes ou arthropodes. Les annélides et les helminthes constituent un second sous-embranchement qui reçoit la dénomination de vers. Beaucoup de condylopodes se montrent d'abord sous une forme assez comparable à celle des articulés du sous-embranchement des vers. 3" Les mollusques ont un corps mou, sans squelette intérieur ni articulations externes, mais souvent protégé par des pièces dures constituant une coquille. Leur cerveau fournit habituellement, comme celui de la plupart des articulés, un collier entourant l'œsophage; mais les ganglions nerveux ne sont pas disposés sous forme de chaîne longitudinale. Rarement le vitelius constitue une vésicule distincte. Le plus ordinairement, l'amas de cellules nutritives qu'il renferme se transforme directement en embryons; mais on l'aperçoit dans l'intérieur du corps longtemps avant qu'il ait été employé entièrement. Le vitelius est donc ici intérieur, du moins dans la majorité des cas, car les céphalopodes et les gastéropodes de la division des limaces et des colimaçons possèdent une véritable vésicule. Cet embranchement se partage ea céphalopodes, eèphalidiens (comprenant les gastéropodes, leshôtéropodes et les ptéropodes), lamellibranches, brachjopodes, tuniciers et bryozoaires. 4° Les rayonnes ont leurs organes disposés non par rapport à un plan comme les précé«

ZODL

■ dents, mais par rapport à un axe. Ils se répètent autour de cet axe, comme les rayons d'un corde autour du nentre. De là leur nom de rayonnes. Leur système nerveux se réduit, là où il est appart ni, ù un collier de ganglions disposé amour '.e la bouche, le nombre de ces ganglions répondant au nombre des divisions du corps. L'état d'infériorité des autres organes répond à celui des systèmes nerveux; et de même les fonctions de ces organes sont bien nio.ns parfaites que chez les animaux précédents. Les rayonnes se partagent en deux sous embranchements bien distincts : celui des éi hinodermes, dont font partie les échinides ou oursins, les astéridés ou étoiles de mer et les holothuries, et celui des polypes, répondant aux deux anciennes classes des polypes et des acaléphes. 5° Les protozoaires, dont le nom rappelle la simplicité de leur organisai ion, sout pourvus, les uns, de coquilles calcaires qui les avaient fait prendre pour des mollusques céphalopodes : ce sont les foramiuifëres; les autres, connus seulement depuis l'iinention du microscope, apparaissent en quanlités innombrables duns les liqueurs où on laissa infuser des substances organiques : ce sont lus infusoires. Une dernière catégorie compiend les spongiaires.

Zoologie (DE L'ESPECE KT DE LA CLASSIFICA- TION enj, par L. Agassiz. Traduction de l'anglais par h'élix Vogeli, édition revue et augmentée par l'auteur (Paris, in-8<>). Le grand naturaliste américain est partisan de la fixité des espèces et de leur pluralité d'origine. Jl coin but le système de Darwin et n'admet pas qu'on puisse légitime Ben t conclure des variations des espèces domestiques, sous l'action de l'homme, aux variations naturelles. • La géologie, dit-il, Montre seulement que, à des péi iodes différentes, il a existé des espèces différents ; ma s nulle part on n'a découvert d'intermédiaires entre celles d'une époque et celles d'um) autre époque consécutive.» Quant aux espèces considérées dans une même ère de l'hi itoire du globe, « rien ne fournit l'argunieu;, même le plus faible, en faveur de la mu.abilité; au contraire, toutes les recherches modernes n'ont fait que confirmer les résultats obtenus d'abord par Cuvier et les vuas de ce grand maître sur la fixité de l'espè< e. •

Agassiz croit à des créations Successives séparées par de très-bngs intervalles : « Loin de manifester les effets des causes physiques, les modifications que conques ayant eu lieu dans lo cours du temps chez les êtres organisés apparaissent comme le résultat tle l'action d'une puissance ntelligente. Elles donnent, par conséquent, une base matérielle au jugement qui, dans les différences observées chez ces êtres f nis, voit une institution de l'intelligence suprême et non le produit des causes physique:. Ce jugement acquiert une force nouvelle quand on considère que les différences exisunt entre nos diverses races u'auimaux domestiques, ou entre nos plantes cultivées, et encore celles observées entre les races humâmes, persistent et se conservent sous les influences climatériques les plus diverses... L'antiquité croyait que tout avail existe de tiute éternité ou que tout avait été crée à la fus. La science moderne, au contraire, peut piouver de la manière la plus satisfaisante quj tous les êtres finis ont fait apparition successivement à de longs intervalles, que chaque! espèce d'êtres organisés ayant vécu aux époques antérieures n'a existe que pendant u ie période définie et que celles qui existent aujourd'hui ont une origine relativement re :eute. Eu même temps, l'ordre dans lequel e.les se sont succédé, leur immutabilité dans le cours de chaque période cosmique, au lieu d'nuiquer un lien Uo causalité avec les fore ;s physiques et quelque chose qui rentre duns la sphère d'activité naturelle de ces age.its, témoignent, au contraire, de l'intervention réitérée du créateur,.. ■

M. Agassiz voit la source unique du darwinisme, celle du inoinâ qu'offrent des faits réels ue la nature, d ins l'observation des différences individuelles chez les animaux. Il conclut de ses propres étuues dirigées en ce sens que, « dans le règne animal, l'individualité joue un rôle aussi considérable que dans l'humanité même, i Mais l'espèce, d'après lui, étant représentée par la somme de ces individus divers, un varie pas au delà de leurs propres différences, qui n'atteignent jamais la valeur qui! le naturaliste pratique attache à une uiffenmee spécifique et ne dépassent pas certaines bornes de flexibilité.

Le système de l'u.nté originaire de chaque espèce en un couplo donne est réfuté sivec beaucoup de force par Agassiz. i Ou s'imagine, dit-il, qu'un ci Hélium infaillible Ue l'identité spécifique tst lourni par le rapprochement sexuel qui réunit si naturellement les individus de la même espèce dans la fonction reprouuctrice. Eh bien I je crois, moi, que c'est là une e.-reur complète, tout au moins une pétition de principe... Tant qu'on n'aura pas prouvé pour toutes nos variétés de chiens, pour toutes celles de nos animaux domestiques et de uts plantes cultivées, qu'elles sont respectivement dérivées d'une espèce unique pure et sans mélange, tant qu'un doute pourra être ;onserié sur la descendance unique de toutes les races humaines, il sera illogique d'at mettre que le rapprochement sexuel, inéme donnant lieu à un produit

Page 1