‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1037 sur 1042 · V. ESPRIT DES BÊTES (l'J · texte numérisé non relu

V. ESPRIT DES BÊTES (l'J

ZOOLOGIQUE adj. (zo-o-lo-ji-ke — rad.

zoologie). Qui a rapport à la zoologie ou aux animaux : Etude zoologique. Famille zoologique. Géographie zoologique. La classe des insectes constitue l'une des populations zoologiques les plus abondantes de notre globe. (A. Maury.) Les édentés semblent établir te passage zoologique entre les mammifères onguiculés et les mammifères ongulés,. (L. Figuier.) Les vases hermétiquement clos présentent une population ZOOLOGIQUE particulière. (P. Pillon.)

ZOOLOGIQUEMENT adv. (zo-o-lo-ji-kemun — rad. zoologique}. Au point de vue de la zoologie.

ZOOLOGISTE s. m. (zo-o-lo-ji-ste — rad.

zoologie). Celui qui s'occupe de zoologie, qui est versé dans cette science : Une base solide et durable est désormais offerte aux travaux des zoologistes futurs, et la voie du progrès est largement ouverte. (Geoffroy Saint-Hilaire). Le nom de zoologiste est quelquefois appliqué au savant qui s'attache d l'étude unique d'un groupe d'animaux. (li. Baudement.) Il On dit quelquefois ZOOLOGUE.

ZOOLOGOGRAPBE s. m. (zo-o-lo-go-grafe — de zoologie, et du gr. graphe, j'écris). Celui qui écrit sur la zoologie. Il Peu usité.

ZOOLOGOGRAPHIE s. f. (zo-O-lo-gO-grafl — de zoologie, et du gr. graphe, $ récris). Art d'écrire sur la zoologie, il Traité de la zoologie. Il Peu usité.

ZOOLOGOGRAPHIQUE adj. ( zo-o-lo-gogra-ti-ke — rad. zoologographie. Qui a rapport à la zoologographie : Science zoologo-

GRAPH1QUE. 1! Peu Usité.

ZOOMAGNÉTIQUE adj. (zo-o-ma-gné-tike ; gn mil. — du préf. zoo, et de magnétique). Qui a rapport au magnétisme animal :

Fluide ZOOMAGNBTIQÙE.

ZOOMAGNÉTISME s. m. (zo-o-ma-gné-tisme; gn mil. — du préf. zoo, et de magnétisme). Magnétisme animal. Il Peu usité.

ZOOMORPHIE s. f. (zoo-inor-fl — du préf. zoo, et du gr. morphê, forme). Partie de la zoologie qui traite des formes extérieures des animaux. Il Peu usité.

ZOOMORPHIQUE adj. (zo-o-mor-fi-ke — rad. zoomorphie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte à la zoomorphie : Etudes zoo-

MORPHIQUES.

ZOOMORPHISME s. m. (zo-o-mor-fi-sme du pref. zoo, et du gr. morphê, forme). Mythol. Métamorphose en animal, u Croyance superstitieuse d'après laquelle certains hommes auraient la faculté de se transformer en animaux.

ZOOMORPHITË s. f. (zo-o-mor-fi-te — du préf. zoo, et du gr. morphê, forme). Zool. Syn. de zoolite.

ZOOMORFHOSE s. f. (zo-o-mor-fo-ze du pref. zoo, et du gr. morphê, forme). Moll. Nom employé par les anciens auteurs pour désigner la partie de la zoologie qui s'occupe de la description des animaux contenus dans les coquilles.

ZOOMYE s. f. (zo-o-mî — du préf. zoo, et du gr. muia, mouche). Entom. Se dit des insectes diptères qui attaquent les animaux.

— s. f. pi. Division de la tribu des muscides, comprenant les genres stomoxe, hématob.e et némorhine.

ZOONATE s. m. (zo-o-na-te). Chim. Sel fourni par la combinaison de l'acide zoonique avec une base.

ZOONIQUE adj, (zo-o-ni-ke — du gr. zoon, animal). tJliiin. Se dit quelquefois pour acétique, l'acide de ce nom s'extrayant ordinairement de3 substances animales.

ZOON1TE s. m. (zo-o-ni-te — du gr. zàon, animal). Physiol. Type idéal qui, d'après le système de certains zoologistes, répété un certain nombre de fois, composerait le corps des animaux : Les zoonites cessint d'être distincts dans toute la classe des mollusques. (L. Laurent.)

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ZOONITÉS s. m. pi. { zo-o-ni-té — rad.

soonile). Zool. Classe d'animaux comprenant les articulés, les vers et les éehinodermes, dans le système de Moquin-Tandon.

ZOONOMIE s. f. (zo-o-no-mt — du préf.

zoo, et du gr. nomos, loi). Ensemble des lois qui régissent la vie animale.

ZOONOMIQUE adj. (zo-o-no-mi-ke). Qui a rapport à la zoonomie : Lois zoonomiquks.

ZOONOMISTE s. m. (zo^o-no-mi-ste — du rad, zoonomie). Celui qui est versé dans la zoonomie, qui s'occupe de zoonomie : Un savant ZOONOMISTE.

— Adjectiv. : Naturaliste zoonomistb.

ZOONOSOLOGIE s. f. (zoo-nozo-lo-jl — du préf. zoo, et de nosologie). Art vétér. Pathologie animale, connaissance des maladies des animaux. Il On dit aussi zoopatiiologie.

ZOONOSOLOGIQUE adj. (zo-o-no-zo-lo-ji ke — rad. zoonosologie). Art. vétér. Qui a rapport à la zoonosologie. S On dit aussi zoopathologique.

ZOOPÉDIE s. f. (zo-o-pé-dl — du préf.

zoo, et du gr. paidia, éducation). Educution des animaux domestiques.

ZOOPHAGE adj. (zo-o-fa-je — du préf.

zoo, et du gr. phagà, je mange). Zool. Qui se nourrit de matières animales ; -Animaux zoo-

PHAOBS.

— s. m. Animal qui se nourrit de substances animales : On entend communément par zoophagbs des mouches qui se nourrissent sur le corps des animaux, et les sucent. (V. de Bomare.)

— s. m. pi. Moll. Grande division des mollusques trachélipodes, comprenant ceux qui se nourrissent de matières animales.

ZOOPHAGIE s. f. (zo-o-fa-jî — rad. zoophage). Zool. Instinct qui pousse certains animaux à se-nourrir de matières animales.

ZOOPHAGIQUE adj. (zo-o-fa-ji-ke). Zool.

Qui a rapport à la zoophagie : Habitudes

ZOOPHAGIQUES.

ZOOPHORE S. m. (zo-o-fo-re — du préf.

zoo, et du gr. phoros, qui porte). Archit. Nom que portait autrefois la frise de l'entablement, partie alors chargée de figures d'animaux.

— Astron. Ancien nom du zodiaque.

ZOOPHORIQUE adj. (zo-o-fo-ri-ke — du

préf. zoo, et du gr. phoros, qui porte). Archit. Qui sert de support à une figure d'animal : Colonne ZOOBHOriqub.

ZOOPHTHALME s. m. (zo-o-fta!-me — du préf. zoo, et du gr. ophthalmos , œil). Bot. Section des mucuuas, genre de légumineuses.

ZOOPHYTAIRE adj. (zo-o-fi-tè-re — rad.

zoophyte). Zool. Se dit des animaux dont la forme rappelle plus ou moins celle d'une plante. Il Qui a la forme d'un zoophyte. Blainville a ramené toutes les formes zoOphYtaires à la forme rayonnante ou radiaire. (L. Laurent.)

— s. m. pi. Zooph. Classe de polypes actinozoaires.

ZOOPHYTANTHRACE adj. ( zo-O-fi-tantra-se — du préf. zoo , et du gr. phuton , plante, anthrax, charbon). Miner. Se dit des charbons minéraux formés d'un mélange de débris d'animaux et de végétaux. Il Peu usité.

ZOOPHYTE s. m. (zo-o-fi-te — du préf. soo, et du gr. phuton, plante). Zool. Animal qui a la forme d'une plante : Ces sortes de fleurs animales n'ont pas été considérées d'abord comme de vrais zoophytes. (Laurent.) Zoophyte est synonyme d'animaux rayonnes ou radiaires, (P. Geivais.)

— s. m. pi. Dernier embranchement du règne animal, comprenant les invertébrés inférieurs, dont la lorme se rapproche plus ou moins de celle des plantes : Presque tous les zoophytes rayonnes sont marins. (L. Laurent.) On ue saurait appliquer la dénomination de zoophytes à tous les êtres animés dont la forme est radiaire. (P. Gervais.)

— Encycl. Hist. nat. La dénomination de zoophyte a été quelquefois attribuée à Aristote, mais ne se trouve nulle part dans ses ouvrages. M. de Blainville a prouvé que c'est Sextus Empiricus , médecin contemporain d'Antonin le Pieux, qui pour la première foi3 se servit de cette dénomination, que du reste il appliquait fort mal. Isidore de Séville et Albert le Grand eu firent un emploi plus exact. Depuis eux ce mot a eu continuellement cours dans la science. Par zoophytes, on entend maintenant des animaux comme les actinozoaires et les radiaires , ou bien comme les actinaires. Quelquefois on lui donne un sens beaucoup plus restreint et on ne désigne par là que les animaux radiés qui ressemblent à des herbes ou à des tiges. Longtemps l'aspect extérieur a trompé les naturalistes : ainsi on prenait pour des végétaux d'un genre particulier ces animaux qui vivent au milieu d'une gaine cornée ou calcaire qu'ils sécrètent; de ià ces dénominations de cératophytes, de lithophytes ou de lithodendrons. On s'est servi anciennement, pour le classement des zoophytes, de ces apparences de fleurs, de feuilles, de tiges, de racines, etc., qui sont pourtant très -inconstantes. Ainsi M. de Blainville, après avoir ramené toutes les formes zoophytaires à la forme rayonnante ou radiaire, a cru pouvoir

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la faire contraster, d'une part, avec la forma binaire et symétrique d'un premier sous-règne qui comprend ses trois grands types suf >érieurs (ostéozoaires, entomozoaires etmaacozoaires), et de l'autre avec les organismes animaux inférieurs qui constituent son troisième sous-règne, celui des ainorphozoaires. Aujourd'hui, d'après les travaux récents, on classe les zoophytes d'abord en cinq grandes classes; ce sont les éehinodermes, les acaléphes, les coralliaires ou polypiers, les infusoires et les spongiaires. Les zoophytes différent des autres êtres animés par deux principales particularités. La première est de changer de place à volonté en tout ou en partie, et de porter avec eux leur nourriture au dedans d'eux-mêmes, ce en quoi ils diffèrent des végétaux ; la seconde, c'est de paraître privés de tous les organes que l'on observe chez les autres animaux, à l'exception de ceux de la nutrition et du mouvement. Ainsi, ils n'ont pas de vertèbres et par conséquent pas de cavité solide pour recevoir et protéger leurs viscères. Us n'ont ni vaisseaux, ni organes respiratoires distincts et particuliers, ni cerveau, ni nerfs, ni organes des sens apparents, autres que celui du toucher ; enfÎD, ils n'ont point de membres articulés ni d'organes de la génération bien développés, au moins pour le plus grand nombre. Ces animaux prennent en général leur nourriture par des orifices, souvent au nombre de plusieurs centaines, qui font l'office de pores corticaux. Quelques-uns sont hermaphrodites, la plupart n ont pas de sexe et se reproduisent par caleux, par boutures ou par séparation de quelques-unes de leurs parties. Leurs œufs, quand ils en ont, sont excessivement nombreux, et ordinairement la femelle périt après la ponte, ou du moins les organes qui ont servi au développement des germes se séparent do la partie vivaute , comme les fleurs des végétaux. Enfin, ils respirent par leur surface. Tous ces êtres 'vivent et se développent dans les lieux humides où les aliments semblent se présenter d'eux-mêmes à leurs besoins.

Les éehinodermes sont des animaux rayonnes dont la peau est épaisse et souvent souténue par une sorte de squelette solide, et dont la structure intérieure est très-compliquée. Us sont conformés pour ramper au fond de l'eau, et sont en général pourvus à cet effet d'une multitude de petits tentacules rétractiles qui passent à travers des pores dont les téguments sont perces et agissent par leur extrémité à la façon des ventouses. Chez la plupart de ces zoophytes, la cavité digestive a la forme d'un tube ouvert à ses deux extrémités, mais chez d'autres elle ne consiste que dans un sac garni tout autour d'appendices plus ou moins rameux et communiquant au dehors par une seule ouverture qui remplit à la fois l'office de bouche et d'anus. Les éehinodermes possèdent un appareil respiratoire ussez développé, et sont de tous les zoophytes ceux. dont l'organisation est la plus compliquée et la plus parfaite. Us vivent dans la nier et subissent pendant leur jeune âge des métamorphoses trèsremarquables. Les éehinodermes forment trois groupes principaux, les holothuries, les oursins et les astéries, ou étoiles de mer. Quelques espèces de cette dernière fumille se fixent à l'aide d'une sorte de tige; tels sont les encrinies qui sont très-rares à l'époque actuelle, mais se trouvaient eu grand nombre dans les mers à diverses époques

féologiques. Les holothuries sout remarquais par leur appareil respiratoire, composa de tubes membraneux ramifiés comme uti arbre et recevant l'eau danssonintérieurpar un cloaque et un anus. Les acaléphes sont des animaux mous, d'une consistance gélatineuse, qui flouent toujours dans la mer et sont essentiellement organisés pour la nage. Us n'ont pas, comme les éehinodermes, une peau bien distincte des parties sous-jacentes et une cavité intérieure logeant les viscères ; leur organisation est très-simple et leurs organes intérieurs se réduisent presqu'à un estomac communiquant en général au dehors par une bouche seulement, et donnant naissance à des canaux qui se rendent dans les diverses parties du corps et qui s'y ramifient souvent de manière à donner naissance a un système vasculaire. La famille la plus connue est celle des méduses, parmi lesquelles on range les rhizostomes, qui abondent sur nos côtes et qui sont remarquables parla disposition de leur tube digestif. En effet, l'estomac ne communique pas au dehors, comme d'ordinaire, au moyen d'une bouche centrale placée entre les bases des tentacules, mais à l'aide d'un grand nombre de petits canaux terminés par des pores, à l'extrémité libre de ces uppendices. On range aussi dans cette classe les béroés, qui ressemblent à de petits ballons ; les cestes, qui ont la forme d'un long ruban gélatineux, et les pyrosphores, qui offrent l'aspect d'une guirlande chargée de fleurs et de fruits. En étudiant la reproduction de ces animaux, on a observé un. fait physiologique très-remarquable : les méduses produisent des œufs comme lu plupart des êtres animés, mais les jeunes qui sortent de ces œufs ne ressemblent en rien à leur mère; ce sont de petits corps ovoïdes, à surface garnie de cils vibratiles, qui bientôt se fixent en se développant et constituent les zoophyies connus sous le nom da polypes hydraires. Ceux-ci se multiplient par bourgeonnement, de façon à constituer des

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colonies d'animaux agrégés, et les divers Individus de la nouvelle génération ainsi produite se développent, deviennent libres et se métamorphosent en méduses. Cette succession d'individus de deux sortes qui se succèdent alternativement et ne représentent les mêmes formes qu'à la seconde génération, a été désignée sous le nom de mëtagenèse ou de génération alternante.

— Classe des polypiers. On confond souvent sous le nom de polypes les bryozoaires et les coralliaires ou polypes proprement dits, qui ont une structure toute diiférente et bien moins complète. Ce sont des animaux dont le corps est cylindrique, mou et percé à l'une de ses extrémités d'un trou ou boucha centrale qu'entourent des tentacules plus ou moins nombreux et dépourvus de cils vibratiles. Cet orifice tient lieu d'anus et conduit directement, ou par l'intermédiaire d'un tube membraneux, dans une grande cuvité qui occupe tout le corps, se continue supérieurement dans l'intérieur des tentacules et loge les ovaires suspendus à ses parois. L'extrémité inférieure du polype est disposée de façon à adhérer aux corps étrangers sur lesquels l'animal est destiné à vivre fixé, et sa peau se durcit en général en' grande partie, de manière à lui constituer une enveloppe cornée ou calcaire. Les polypes proprement dits ressemblent »ux moiluscoïdes parleur mode de multiplication; car la plupart d'entre eux se reproduisent non-seulement par des œufs, mais aussi au moyen da bourgeons qui naissent sur diverses parties de la surface de leur corps et ne s'en séparent jamais, de sorte que les diverses générations restent greffées en quelque sorte les unes sur les autres , et forment des masses plus ou moins considérables dans lesquelles tous les individus se tiennent et vivent, jusqu'à un certain point, d'une vie commune. La portion en quelque sorte ossifiée de la tunique tégumentatre de ces polypes présente des formes variées et constitue tantôt des tubes, tantôt des espèces de cellules. Pendant longtemps, on l'a considérée comme étant la demeure des polypes qui la forment, et c'est elle que l'on désigne sous le nom de polypier. Quelquefois chaque polype possède un polypier distinct; mais d'ordinaire c'est la portion commune d'une masse de polypes agrégés qui présente les caractères propres à ce corps, et il se forme ainsi des polypiers agrégés, dont le volume peut devenir extrêmement considérable, quoique chacune de ses parties constituantes n ait que des dimensions fort petites. C'est de la sorte que des polypes dont le corps n'a que quelques pouces de longueur élèvent, dansles mers voisines des tropiques, des récifs et des îles. Lorsqu'ils sont placés dans des circonstances favorables a leur développement, certains animaux de cette classe pullulent au point de recouvrir des chaînes de rochers ou d'immenses .bancs sous-marins et de former, avec les masses pierreuses de leurs polypiers amoncelés les uns au-dessus des autres, des amas dont l'étendue s'accroît sans cesse par la naissance de nouveaux individus, La dépouille solide de chaque colonie de polypes reste intacte après que ces frêles architectes ont péri et sert de base pour le développement d'autres polypiers, jusqu'à ce que ces récifs vivants atteignent la surface de l'eau; car alors ces animaux ne peuvent plus vivre, et le sol formé par leurs débris cesse de s'élever. Mais bientôt la surface deces amas de polypes, exposée a l'action da l'atmosphère, devient le siège d'une autre série de phénomènes : des graines déposées par le vent ou apportées par les vagues y germent et la couvrent d'une richevégétation, jusqu'à ce qu'enfin ces vastes charniers de zoophytes deviennent des îles habitables. Bans l'océan Pacifique, on rencontre une foule de récifs et cHîles qui n'ont pas d'autre origine. En général, ils semblent avoir pour base quelque cratère de volcan éteint, car presque toujours ils ont la forme circulaire et présentent au centre une lacune communiquant au dehors par un seul chenal; on en connaît qui ont plus de 10 lieues de diamètre. Presque tous les coralliaires habitent la mer; on eu trouve cependant dans les eaux douces. Ceux dont le polypier est simplement charnu ou corné sont répandus dans toutes les latitudes. Mais ce n'est guère que dans les mers chaudes que l'on trouve des coralliaires à polypier pierreux. Quelquefois les polypes agrégés déposent dans l'intérieur du tissu commun par lequel ils sont unis une matière cornée ou calcaire, qui constitue une sorte de tige intérieure et qui se ramifie comme un arbre à mesure que la masse animée pousse de nouvelles branches. C'est de la sorte que se forme la matière pierreuse appelée corail. On doit ranger dans cette division du règne animal : les actinies ou anémones de mer, qui ont le corps charnu et qui se Voient en si grand nombre sur nos côtes; les caryophyllies et les attirées, qui concourent principalement à la formation des récifs de corail ; le corail lui-même, et les nérétilles, qui n'adhèrent pas au sol, mais sont simplement enfoncées dans le sable par une extrémité de leur tiga commune. On y classe aussi les hydres.

— Classe des infusoires. Ces animalcules, qui ne s'aperçoivent qu'au microscope et qui se développent en abondance dans l'eau con-

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tenant des débris de corps organisés, ont été jusqu'à ces derniers temps confondus avec les rotateurs dont la structure est très-différente. Leur corps, tantôt arrondi, tantôt allongé, est souvent couvert de petits cils et offre dans son intérieur un nombre ordinainairement très-considérable de petites cavités qui paraissent remplir les fonctions d'autant d'estomacs. Chez quelques-uns, ces sortes d'ampoules paraissent être groupées autour d'un canal qui s'ouvre au dehors par ses deux extrémités ; mais, d'autres fois, elles paraissent être tout à fait isolées, et les personnes qui ont fait de ces petits êtres l'objet d'une étude spéciale ne s'accordent pas sur l'existence d'une cavité communiquant avec le dehors. La manière dont les intusoires se propagent a été l'objet d'une étude très-approfondie,etun grand nombre de naturalistes pensent qu'ils peuvent se former directement par la désagrégation des matières dont les feuilles, la chair musculaire et les autres corps organisés'se composent. Mais aussi ils naissent d'une autre façon les uns des autres. Du reste, leur mode de propagation est bien d'accord avec la simplicité de leur structure; c'est par la division spontanée de leur corps en deux ou plusieurs fragments, dont chacun continue de vivre et devient bientôt semblable à un nouvel individu, que ces êtres singuliers se propagent.

Leur forme est très-variée. On les a divisés en plusieurs-genres, parmi lesquels nous citerons : les enchélides, dont le corps est oblong; les volvoces, qui sont globuleux et tournent continuellement sur eux-mêmes, et les monades, qui ressemblent à de petits tourbillons dans l'eau où ils nagent. C'est à la présence de myriades d'une espèce particulière de ces petites monades, dont le corps est coloré en rouge, que les eaux des étangs salés doivent la couleur sanguinolente qu'elles offrent quelquefois.

— Classe des spongiaires. Les éponges et les autres corps d'une structure analogue n'offrent les caractères les plus saillants da l'animalité que pendant les premiers temps de la vie et ressemblent plus tard à des végétaux informes plutôt qu'à des animaux ordinaires, l.ors de leur naissance, ces êtres ressemblent assez à certains infusoires ; leur corps est ovalaire et garni partout de cils vibra tiles à l'aide desquels ils nagentdans l'eau; sous ce rapport, ils ressemblent aussi aux larves de certains polypes au moment ou ils sortent de l'œuf; mais bientôt les jeunes spon-

fiaires se fixent sur quelque corps étranger, eviennent complètement immobiles, ne don* nent plus aucun signe de sensibilité ni de contractilité et, en grandissant, se déforment complètement. La substance gélatineuse de leur corps se crible de trous et de canaux traversés sans cesse par l'eau, et il se développe dans leur intérieur une multitude de filaments cornés et de spicules, tantôt calcaires et tantôt siliceux, qui, disposés en faisceaux eDtre-croisés, constituent une espèce de charpente solide. Enfin, à certaines époques de l'année, on voit se développer dans la substance de ces masses informes des corpuscules ovoïdes ou sphériques, qui tombent dans les canaux dont il vient d'être question et qui, entraînés au dehors par le courant dont l'éponge est sans.cesse traversée, constituent des espèces de larves ou corps reproducteurs, doués de la faculté locomotive dont nous avons parlé. Ou connaît un grand nombre de spongiaires; la plupart sont propres aux mers des régions chaudes, mais plusieurs habitent nos côtes. Celles dont on fait un si grand usage dans l'économie domestique se distinguent par la nature purement cornée et par l'élasticité des filaments dont leur charpente solide se compose; l'une de ces espèces, l'éponge commune, se trouve en grande abondance dans la Méditerranée; l'autre, appelée éponge usuelle, est propre aux mers d'Amérique. Ces corps sont l'objet d'un commerce important, et,

Eour les préparer aux usages auxquels on is destine, il suffit de bien les laver pour détacher de leur squelette corné la matière animale dont il est naturellement recouvert. Bien que placés au degré inférieur de l'échelle animale, les zoophytes, par leurs formes et leur organisation singulière, ont dû de bonne heure attirer l'attention; mais leur véritable nature a été longtemps méconnue. On les a regardés soit comme de véritables plantes, soit au moins comme des animauxplantes ; c'est ainsi qu'Aristote et Pline parient d'êtres ambigus et présentant ce double caractère. Toutefois, le mot zoophyté se rencontre pour la première fois dans les écrits de Sextus Empirieus, médecin latin du il» siècle de notre ère; encore même u'est-il pas appliqué exactement. On le trouve employé sous sa véritable acception, au vi« siècle, par Isidore de Séviile et plus tard par Albert le Grand. Même à l'époque de Tournefort et sur l'autorité de ce botaniste, on rangeait encore les zoophytes, ou tout au moins les polypes et les spongiaires, dans le règne végétal. Ce fut Peyssonel qui le premier démontra la nature animale de ces productions et en particulier du corail. • A cette époque, dit M. P. Gervais, les belles observations de Trembley sur l'hydre et des travaux importants de Bernard de Jussieu et de Guettard sur les polypes et les spongiaires marins et fluvialiles vinrent étendre,

fiour ainsi dire, le domaine de la zoologie, en ui rendant définitivement des productions qui lui appartenaient et dont cependant l'histoire était faite par les botanistes. En effet, on rangeait alors les polypiers parmi les végétaux sous le nom de lithophytes; mais, Par suite d'une méprise qui résultait d'une fausse analogie, les zoologistes s'approprièrent aussi les calciphytes,ies diatomées, etc., que la botanique réclame aujourd'hui avec raison. » Vers le même temps, les perfectionnements du microscope et son application à l'étude des sciences naturelles permirent de mieux observer les zoophytes et surtout les infusoires. Dès lors la zoophytologie commençait à être fondée et l'on voyait poindre les premiers essais de classification rationnelle, Linné, se basant uniquement sur les caractères extérieurs, rangeait les zoophytes dans sa classe des vers et les répartissait dans les trois ordres des vers mollusques, lithophytes et zoophytes. Lamarck, à partir duquel le mot zoophytes commence à être remplacé par ceux de radiaires ou rayonnes, les divise en deux classes, les polypiaires et les radiaires; Latreille, en trois groupes, les entozoês, les actinozoés et les pnytozoés. Guvier divisa son embranchement des rayonnes en cinq classes : les échinodermes, les acalèphes, les helminthes, les polypes et les infusoires. Mais dans sa classification, trèssavante d'ailleurs, il eut le tort de faire entrer parmi les radiaires des animaux qui appartiennent à l'embranchement des articulés, comme les helminthes, les lernées, les rotifères, ou à celui des mollusques, comme les bryozoaires; tandis qu'il laissait dans ce dernier embranchement les foraminifères , que l'on s'accorde en général aujourd'hui a placer auprès des infusoires. Pour Blainville, les zoophytes ne forment plus seulement un embranchement, mais une division d'un ordre plus élevé, un sous-règne, qu'il nomme actinozoaires. Ce savant naturaliste a corrigé les erreurs de Cuvier et circonscrit le groupe d'une manière bien plus exacte. La forme de ces animaux et la dégradation de plus en plus manifeste de #leur organisme sont les deux principes dominants de cette classification. On doit encore à cet auteur la première histoire de la zoophytologie. Cette branche de la zoologie a fait dans ces derniers temps de notables progrès. Les découvertes paléontologiques ont enrichi la Science d'un grand nombre de genres et d'espèces fossiles. M. Bhrenberg a étudié les espèces vivantes de la mer Rouge et M. Milne Edwards celles de nos côtes ; ce dernier a publié aussi de nombreux travaux sur la Zoophytologie, entre autres une Histoire générale des polypes. Nous citerons encore, comme une des plus belles découvertes zoologiques, les observations de M. Sars sur les générations alternantes.

ZOOPHYTIQUE adj. {zo-o-fi-ti-ke — rad.

zoophyté). Hist. nat. Qui contient des zoophytes : Roches zoophytiquks.

ZOOPHYTOGRAFHE s. m. (zo-0-fi-to-grafe — de zoophyle, et du gr. graphe, je décris). Naturaliste qui s'occupe de zoophytographie. Il Auteur d'une zoophytographie.

ZOOPHYTOGRAPHIE s. f. (zo-o-fi-tû-grafl — de zoophyté, et du gr. graphe", je décris). Hist. nat. Description des zoophytes.

ZOOPHYTOGRAPHIQUB adj. (zo-o-fi-togra-ft-ke— rad. zoophytographie). Hist. nat. Qui a rapport à ta zoophytographie : Méthode

ZOOPHYTOGRAPHIQUE.

ZOOPHYTOÏDE adj. (zo-o-fi-to-i-de — de zoophyté, et du gr. eidos, aspect). Zool. Qui ressemble à un zoophyté, qui se rapporta aux zoophytes : Organisation zoophytoïdk.

— s. m. pi. Classe d'animaux inférieurs, voisine des zoophytes, et comprenant les infusoires, les spongiaires, etc. : Des articulés et des mollusques ont été considérés, à tort ou à raison, comme ZOOPHytoïdes. IL. Laurent.)

ZOOPHYTOUTHE s. m. (zo-o-fi-to-li-te — de zoophyté, et du gr. lithos, pierre). Zooph, Nom donné parles anciens auteurs aux zoophytes fossiles ou pétrifiés.

ZOOPHYTOLOGIE S. f. (zo-O-fi-to-lo-jl — de zoophyté, et du gr. logos, discours). Zool. Partie de la zoologie qui traite de l'étude des zoophytes : L'histoire de la zoophytologie a été présentée pour la première fois par M. de Blainmlle. (L. Laurent.)

— Encycl. V. zoophyté.

ZOOPHYTOLOGIQUE adj. (ZQ-0-ti-tO-Ioji-ke — rad. zoophytologie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte à la zoophytologie : La classification zoophytologique de Cuuier doit avoir une valeur philosophique qui commence à être sentie. (L. Laurent.)

ZOOPHYTOLOGISTE s. m. (zo-o-fi-to-loji-Ste — rad. zoophytologie). Zool, Celui qui s'occupe de l'étude de la zoophytologie. Il On dit aussi zoophytologub,

ZOOPSIDE s. f. (zo-o-psi-de — du préf.

zoo, et du gr. opsis, apparence). Bot. Genre de cryptogames, de la famille des hépatiques, tribu des jongermanniées, dont l'espèce type croit à la Nouvelle-Zélande.

ZOORISTIQUE s. f. (zo-o-ri-sti-ke — du préf. zoo, animal, et du gr. orizô, je limite, je précise). Dans la nomenclature d'Ampère,

Art de calculer les profits et les pertes que peut donner une spéculation sur les animaux domestiques.

— adj. Qui a rapport à la zooristique : Science zoorïstiqdb.

ZÛOSCOPIE s, f. (zo-o-sko-pl — du préf. zoo, et du gr. s/copeà, j'examine). Zool. Partie de la zoologie qui s'occupe de l'observation extérieure ou intérieure des animaux.

ZOOSCOPIQUE adj. (zo-o-sko-pi-ke — rad.

zooscopie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte à la zooscopie : Méthode zoosco-

PIQUK.

ZOOSPERME s. m. (zo-o-spèr-me — du préf, zoo,. et de sperme). Zool. Syn. de spermatozoïde,

— Encycl. V. SPERME.

ZOOSPORE s. m. (zo-o-spo»re — du préf, zoo, et de spore). Bot. Nom donné aux spores de certaines algues, qui sont munies de cils vibratiles et animées de certains mouvements.

— Encycl. L'existence, chez certains négétaux, de corpuscules reproducteurs munis de cils vibratiles et animés de mouvements propres est un fait que les découvertes do la science généralisent de plus en plus et qui prendra peut-être plus tard un caractèra d'universalité absolue, soit que l'animalité, comme quelques-uns le soupçonnent, se trouve à la base de toute évolution organique, soit, au contraire, qu'il existe entre les spermatozoïdes animaux et les spermatozoïdes végétaux des différences essentielles, ou même (telle est l'opinion de M. Robin) qu'il faille rejeter le nom d'animal et repousser tout mouvement volontaire dans les spermatozoïdes des deux règnes. Il est à présumer qu'on hésitera encore longtemps entre ces trois hypothèses : nature animale commune à tous les spermatozoïdes tant végétaux qu'animaux ; nature animale particulière aux seuls spermatozoïdes animaux; nature animale refusée à tous les spermatozoïdes. Mais, s'il est difficile d'interpréter les mouvements des spermatozoïdes végétaux, et particulièrement des zoospores, il est désormais absolument impossible de les nier, et il n'est aucun micrographe sérieux qui u'ait été souvent à mémo de les constater d'une manière qui ne laissa place à aucun doute. Quelques-uns même ont pu suivre le développement de ces corps singuliers, qui semblent réservés à nous fournir le secret de la vie, et, bien que leurs observations puissent encore paraîtra discutables, elles ont néanmoins un haut caractère de probabilité.

L'existence des zoospores dans la matièro que contiennent les sporanges est un fait inis hors de doute. Ils nagent dans cette matière, mais sont dépourvus de cils vibratiles jusqu'à l'époque de la segmentation. Quand .celle-ci a lieu, les cils naissent en nombre variable. La matière qui compose alors les zoospores parait être purement azotée ; mais, dès ce moment, les corpuscules commencent à s'entourer d'une paroi de cellulose, qui est légèrement interrompue aux points seulement d'où émergent les cils vibratiles. Les zoospores sont dès lors* doués de mouvements propres, énergiques,qui ne cessent que lorsque le spermatozoïde est venu au contact d un corps solide. Il se fixe alors sur ce corps et sembla passer dès ce moment du règne animal dans le règne végétal, ne possédant plus aucun mouvement volontaire vrai ou apparent, et germant, à la manière des ovules végétaux , pour reproduire l'espèce de laquelle il est provenu.

Les zoospores ont été observés dans un grand nombre d'algues différentes; nous nous contenterons de signaler les familles des nostochinées, des conferves, des ulvacées, des ectocarpées, etc.

ZOOSPORÉ, ÊE adj. (zo-o-spo-ré — du préf. zoo, et de spore). Bot. Dont les spores sont munis de cils vibratiles. u On dit aussi

ZOOSPOKANB, BB.

— s. f. pi. Famille d'algues, comprenant les espèces placées au plus bas degré de la série, et dont, les spores, par leurs formes et leurs mouvements, ressemblent a des animaux : Les zoosporées sont des algues le plus lousent vertes. (C. Montagne.)

— Encycl. Les zoosporées présentent une fronde membraneuse formée de cellules juxtaposées sur un même plan, ou de tubes continus ou cloisonnés, simples ou rameux, tantôt rayonnant autour d'un axe filamenteux, tantôt enveloppés dans une gangue gélatineuse. Leur couleur est le plus souvent verte, quelquefois olivâtre, très-rarement rouge ou violette. On y reconnaît deux sortes de fructifications, souvent réunies sur le même individu. Ces hydrophytes, qui occupent l'extrémité inférieure de la série , sont répandues dans presque toutes les eaux douces du globe, plus rarement dans la mer, quelquefois en même temps dans les eaux douces et salées.

ZOOSTÈRE s. f. (zo-o-stè-re). Bot. Syn.

de zostkris : On emploie ta zoostèrb à l emballage des objets fragiles, à fumer les terres, à fabriquer de la soude. (Bosc.)

ZOOTAXIE s. f. (zo-o-ta-ks! — du prêt.

zoo, et du gr. taxis, ordre). Classification méthodique du reçue animal.

2;oot

ZOOTAXIQUE adj, (zo-o-ta-ksi-ke — rad.

zootaxie). Qui a rapport à la zootaxie : Méthode ZOOTAXIQUE.

ZOOTE s. m. (zo-o-te — du gr. zootês, vivant). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la triju des chélonides.

ZOOTECHNICIEtJ s. ra. (zo-o-tè-kni-si-ain — du préf. zoo, et de technicien). Celui qui s'occupe de zootechnie, il On dit aussi zoo-

TECHNISTE.

ZOOTECHNIE s. f. (zo-o-tè-knl ~ du préf. soo, et du gr. techiê, art). Art d'élever, de multiplier et d'amél orer les animaux domestiques.

— Encycl. La zootechnie a pris naissance le jour où l'homme a essayé pour la première fois d'apprivoiser, de dresser, de domestiquer un animal sauvage. C'est l'Orient qui est son lieu d'origine, comme celui de l'humanité. Les animaux domestiques formèrent, dans les temps les plus reculés, la richesse des hommes. La grande immigration des peuples orientaux jui a précédé les temps historiques a fait avancer de l'est à l'ouest la civilisation primitive, avec les animaux domestiques qui en ;ont un des signes matériels. La science a démontré jusqu'à l'évidence l'origine asiatique des animaux que nous élevons. Les besoins toujours croissants d'une civilisât on naissante expliquent les progrès de la zootechnie.

« Une autre causj, dit Is. Geoffroy Saint- Hilaire, est dans le caractère des dogmes religieux qui ont longtemps dominé dans une grande partie de l'Asie et qui érigeaient en devoirs sacrés, k des titres divers, le soin et la culture des animaux. Les sectateurs de Brahma voyaient en eux leurs frères momentanément transforn es et déchus, et la possession de certaines espèces était nécessaire à l'exercice même da leur religion. Sur l'autre rive de l'Indus, la loi de Zoroastre érigeait en devoirs également pieux la destruction des animaux nuisibles, ouvrages détestés d'Arihman, et l'amour, la protection, le soin des espèces uàles, œuvre du bienfaisant Ormuzd. La première domestication des animaux a ainsi été lue, au moins en grande partie, à l'influenct des idées religieuses; et peut-être fallait-il k l'homme un tel mobile, uni au sentiment de ses propres besoins, pour l'engager et 11 soutenir dans une œuvre si longue, si d facile et, à l'origine, si incertaine. »

Les peuples anciens connaissaient parfaitement l'avantage du posséder de grands troupeaux et rie les rtnouveler fréquemment.

D'après la Bible, Job possédait jusqu'à sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs et ;inq cents ànesses. Les poèmes d'Homère rous donnent des détails analogues sur les personnages de leur époque.

Les Romains semblent avoir fait peu d'efforts pour augmente: le nombre des animaux' domestiques réellement utiles; ils ont profité surtout des conquêtes anciennement faites en Orient. Cela ne veut pas dire que la zootechnie ait été négligée chez eux ; elle y était, au contraire, très-bien entendue et y a fait de notables progrès. Caton, k qui on demandait quel étai: le meilleur moyen de s'enrichir en agriculture, Ht une réponse qu'Userait difficile dj traduire littéralement, mais qu'on peut rendre par ces mots : du bétail, du bétail et toujours du bétail, 11 fallait, du reste, quî ces idées fussent en honneur dans l'écoiomie rurale, car nous voyons Virgile eotisicrer deux livres de ses Gëorgiques au béta.l et aux abeilles, sans parler d'ailleurs des nombreux auteurs géoponiques.

Les Romains avaient porté k un haut degré de perfection l'élève des animaux qui pouvaient servir aui. jeux du cirque ou fournir aux besoins de leurs tables. Tandis qu'ils dressaientdeséléphanlskdanser sur la corde, ils élevaient divers oiseaux que nos bassescours ne possèdent plus, engraissaient les lièvres, les loirs, les grues et jusqu'aux escargots. L'oie, depuis, l'aventure du Capitole, était chez eux l'objet d'une sorte de culte, et un passage d'Horaco nous prouve que l'industrie des foies g.-as était bien connue. Quant k la piscicul ,ure, ou sait que cet art était très - avancé. Varron a consacré un chapitre aux viviers et traite des moyens de nourrir les poissons st de les engraisser. On connaît d'ailleurs le j merveilles ou, si l'on veut, les folies réalisées par Lucullus.

Dans l'ancienne Gaule, il est permis de croire que la zootechnie fut cultivée avant même les âges histoiiques; les rares monuments des arts graphiques qui nous restent de l'âge de pierre, les nombreux ossements d'animaux domestiqt es trouvés dans les cavernes, dans les sèpaltures et surtout dans les cités lacustres sent des témoignages qui doivent être pris en «! .msidération. Plus tard, nous voyons les Gaulois élever une grande quantité de gros beti.il, se nourrir du lait et de la chair de leurs troupeaux, perfectionner l'élève des anit laux domestiques, notamment des tuOUtor.s, préparer et exporter a Rome des saiaiion» de porc et faire même le commerce des oies. La domination romaine dut encore exercer une heureuse influence k à cet égard. Mais les invasions des barbares firent rétrograder les industries agricoles, qui restèrent plongées, durant tout le moyen

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âge, dans un état d'infériorité facile k constater. Ce n'est pas que dans les domaines dépendants de la couronne, des châteaux et des abbayes on n'élevât beaucoup de bestiaux, que Charlemagne ne se soit occupé de ce sujet dans ses capitulaires ; mais nous n'avons pas de progrès notables k constater. Il faut arriver jusqu'à la Renaissance et même au règne des Bourbons pour trouver quelques faits intéressants à signaler. Henri IV voulut que la France produisît en abondance tout ce qui était nécessaire k sa consommation ; il s'occupa surtout activement de l'industrie séricieole, et l'on connaît la maxime favorite de Sully : o Labourage et pâturage sont les deux mamelles de l'Etat. » Louis XIII voulut améliorer la race chevaline et essaya d'organiser des haras aux frais de l'Etat; mais il échoua, faute d'employés instruits. Louis XIV ne fut pas plus heureux, malgré les efforts de Colbert, malgré les voyages du célèbre écuyer Garsault pour se procurer des étalons et des juments poulinières en Orient, dans le nord de l'Afrique et en Espagne. Colbert ne réussit pas mieux pour les moutons mérinos qu'il fit venir d'Espagne et d'Angleterre. Il voulut les croiser avec nos races et améliorer nos laines ; mais il conlia ce soin à des hommes qui ne comprenaient pas son système et par suite étaient hors d'état de seconder ses vues. On le voit, c'est toujours cette dernière cause qui amena tous les insuccès.

Au xvnie. siècle, les huras reçoivent une nouvelle et cette fois satisfaisante organisation. En 1786, Daubenton obtint du roi d'Espagne et établit k la ferme de Rambouillet un troupeau de moutons d'où sont sortis tous les mérinos et tous les métis aujourd'hui répandus en France. En même temps, il poursuivait l'amélioration de nos races ovines, par une suite d'expériences dignes de servir de modèle k tous les essais de ce ' genre; enfin, il établissait l'élève des bétes k laine d'après des principes exacts résultant d'une longue expérience faite sur des sujets de toutes races. La fondation de l'Ecole vétérinaire d'Alfort fit faire un grand pas à la zootechnie, ^t, plus tard, on créa des établissements analogues k Lyon et k Toulouse.

Quant k l'école des haras établie en 1840, elle donna peu de résultats et fut bientôt sup- ■ primée.

Il était réservé k l'époque actuelle, qui d'ailleurs a produit tant de grandes choses dans tout ce qui tient aux sciences naturelles, d'entrer franchement dans la voie du progrès, où l'Allemagne nous avait précédés depuis longtemps. Quelques écoles d'agriculture , fondées par l'initiative privée, ont passé plus tard sous la direction de l'Etat, lors de la promulgation de la loi sur l'enseignement agricole. Malheureusement, l'institut de Versailles, où l'enseignement spécial de la zootechnie fut consacré pour la première fois d'une manière officielle, n'a eu qu'une existence éphémère. Mais, d'un autre côté, la création des grands concours agricoles nationaux ou régionaux, établis par l'Etat, et celle des sociétés d'agriculture de province ont inauguré une sorte d'enseignement pratique, appelé k produire de très-bons résultats. Le Jardin d'aeclimation, établi k Paris, est destiné k rendre de grands services pour l'introduction des espèces exotiques, et nous pouvons dire que cet établissement hors ligne a donné déjk plus qu'on attendait de lui, car il a pu, durant ces dernières années, fournir k nos muséums officiels et notamment k celui de Paris, plusieurs espèces d'animaux qu'ils ne possédaient pas. lia pu faire des expériences multiples, croiser des animaux qui jusqu'alors avaient résisté k toute tentative et donner des métis non encore obtenus.

La zootechnie est l'art d'élever, d'entretenir et d'utiliser les animaux domestiques. On distingue la zootechnie générale, comprenant 1 ensemble des règles qui sont communes k tous les animaux, et la zootechnie spéciale, qui s'applique k chaque espèce en particulier. L'élevage comprend la reproduction et l'amélioration des races et des individus. Nous dirons seulement que leurs caractères se déduisent des formes, de la couleur ou d'aptitudes particulières, au point de vue du travail ou des produits; on leur donne le plus souvent le nom de la localité ou elles dominent. Les causes qui tendent k modifier ces caractères peuvent se ramener k trois : le climat, le régime et la génération.

Il y a trois choses k considérer dans l'élevage : le but, les moyens, la mise en œuvre. « L'éleveur doit d'abord, dit Lefour, bien arrêter le but qu'il sepropose d'atteindre et y persévérer ensuite, tout en apportant k sa marche les modifications que lui indiquerait l'expérience. L'opération de l'élevage se divise souvent; une localité fait naître et vend dans le premier âge, l'autre élève jusqu'à l'âge adulte, une troisième entretient l'animal de travail et le revend k une autre qui fait l'engraissement. Ces différences sont la conséquence de circonstances culturales ou commerciales que le cultivateur doit étudier. Le sol, le climat, l'état de culture, les ressources dont on dispose, les débouchés déterminent pour l'éleveur l'espèce et la race k choisir, le but k poursuivre; le profit net est le but définitif. « Les moyens d'amélioration des races se ramènent k trois : l° reproduction dans la race locale avec sélection et sans mélange; 2" importation d'une

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race indigène ou étrangère que l'on conserve pure; 3° croisement entre des races différentes. On doit apporter un grand soin au choix des reproducteurs, ainsi qu'à l'appareillement. Quant aux soins qu'exige la femelle pendant la gestation, comme k ceux qu'il faut donner aux jeunes sujets, ils varient suivant les espèces animales et doivent être l'objet de l'attention scrupuleuse des éleveurs.

Les aliments sont au bétail ce que l'engrais est à la plante ; ils doivent contenir du carbone , des principes azotés , des matières grasses, des substances féculentes, des sels Ue chaux et autres. La plupart de nos animaux domestiques sont herbivores ou nourris presque exclusivement d'aliments végétaux. Les substances salines n'entrent dans l'alimentation qu'à titre de condiments; quant k l'eau et aux autres boissons, elles ne servent guère que de véhicule. Les substances végétales ont besoin dans certains cas, pour être absorbées, de subir tantôt la cuisson, tantôt la division mécanique au moyen de coupe-racines, hache-paille, concasseurs de grains ou de tourteaux, etc. La valeur nutritive des aliments doit être prise en sérieuse considération ; la détermination de cette valeur est un problème complexe et difficile, mais dont nous ne pouvons nous occuper ici. Il en est de même de ce qui concerne les rations, qui doivent varier suivant la force de l'animal, la situation où il se trouve, la travail auquel il est soumis, etc.

La manière d'administrer les aliments, en d'autres termes le régime, influe beaucoup sur leur action. Les animaux sont nourris soit au pâturage, soit à l'intérieur; ce dernier mode constitue la stabulation, qui peut être temporaire ou permanente, suivant que les animaux vont de temps en temps pâturer ou bien qu'ils restent constamment à l'étable. Le choix du mode k employer est déterminé par les circonstances culturales ou économiques. Nous citerons encore ici le savant agronome Lefour : « Une culture peu avancée, pauvre en capitaux et en moyens de travail sur un sol très-herbifère, dans des montagnes gazonnées ou des landes, peut provoquer 1 adoption du pâturage; il peut également être fructueux sur de riches herbages naturels de vallée ou de marais. Les chaumes, les jachères, les champs, ainsi que les prés, au printemps et k l'automne, constituent des pâturages temporaires. Suivant la nature et l'abondance de l'herbe, le pâturage est affecté aux bœufs et aux moutons, k l'élève ou k l'engraissement, k la production des chevaux forts ou légers, etc. La stabulation est adoptée dans les localités privées de pâturages, dans le voisinage dès grandes villes, lorsque le sol est très-fertile et qu'une culture riche produit les racines, les fourrages verts et fournit des litières abondantes. La stabulation donne les moyens de régler plus sûrement l'alimentation et le régime; en outre, elle fournit du fumier abondant et devient ainsi la base d'une culture riche et progressive. »

Une des parties les plus importantes de la zootechnie générale est l'hygiène,' qui comprend l'ensemble des soins destinés k préserver l'animal des causes de maladie, d'accident ou de mort. Ces causes sont : 10 l'action des agents physiques ou milieux ambiants, tels q*ue le climat, l'atmosphère, le sol , les eaux , etc.; 2° l'action même de l'homme qui dirige l'éducation de l'animal et l'exercice de ses organes dans le travail et la production. Le premier point concerne l'hygiène de l'habitation , le second l'hygiène du régime, du travail et de la production. Il nous resterait à parler de l'utilisation des animaux et de leurs produits. Nous renverrons pour cela aux articles concernant chaque espèce.

ZOOTECHNIQUE adj. (zo-o-tè-kni-ke — rad. zootechnie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte k la zootechnie : Etudes zootechniques.

ZOOTECHNISTE s. m. (zo-o-tè-kni-ste — rad. zootechnie). Zool. Celui qui s'occupe de zootechnie, il On dit aussi zootkchnicien.

ZOOTHAMNIE s. f. (zo-o-ta-mnî — du préf. zoo , et du gr. thamnion , buisson). Infus. Genre de vorticelles.

ZOOTHÈQUE s. f. (zo-o-tè-ke — du préf.

zoo, et du gr. tithèmi, je place). Antiq. Endroit ou l'on gardait les animaux destinés aux sacrifices.

ZOOTHÉRAPEUTIQUE adj. (zo-o-té-rapeu-ti-ke — du préf. zoo, et de thérapeutique). Art vétér. Qui a rapport k la thérapeutique des animaux. II On dit aussi zoothbrapique.

— s. f. Thérapeutique des animaux. H Ou dit

aUSSi ZOOTHBRAPIB.

ZOOTHÈRE s. m. (zo-o-tè-re — du préf.

zoo, et du gr. thér, bète fauve). Ornith. Genre de merles, qui habite l'Himalaya.

ZOOTIQUE adj. (zo-o-ti-ke — du gr. zôon, animal). Miner. Qui contient des débris d'animaux : Spilite zootiqub.

ZOOTOMIE s. f. (zo-o-to-ml — du préf.

zoo, et du gr. tome, section), Zool. Partie de la zoologie qui s'occupe de la dissection des animaux et de l'étude de leur organisation intérieure : En ZOOTOMIE, ainsi que dans toute autre science, il faut préalablement cla$~

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ser, ensuite décrire convenablement et enfin résumer. (L. Laurent.)

ZOOTOMIQUE adj. (zo-o-to-mi-ke — rad zootomié). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte k la zootomié : Procédés zootomiques.

ZOOTOMISTE s. m. (zo-o-to-mi-ste — rad. zootomié). Celui qui s'occupe de zootomié : Meckel fut supérieur encore à Borne comme ZOOTOMISTR. (I. Geoffroy St-Hilaire.)

ZOOTOQUE s. m. (zo-o-to-ke — du gr. zôotokos, vivipare — de zôon, animal vivant; iekâ, j'enfante). Erpét. Genre de reptiles sauriens, formé aux dépens des lézards.

ZOOTYPOL1THE s. m. (zo-o-ti-po-li-te — du préf. 'zoo, et du gr. tupos, empreinte ; lithos, pierre). Zool. Nom donné aux empreintes d'animaux fossiles sur les pierres ou les gangues diverses.

ZOOXANTHINE s. f. (zo-o-ksan-ti-ne — du préf. zoo, et du gr. xanthos, jaune). Chim. Principe colorant extrait des plumes de couleur jaune.

— Encycl. Lorsqu'on eut découvert que la disposition des substances transparentes en lames très-minces suffit pour leur donner une coloration spéciale, variable suivant l'épaisseur de ces lames, on fut naturellement porté k en conclure que la coloration si remarquable des plumes d'oiseau était uniquement due k cette circonstance et non k un principe propre. M. Bogdanow a pu, sans nier l'effet naturel des lames minces au point de vue de la coloration , constater qu'elle était souvent due aussi k une autre cause, k la présence dans le tissu des plumes de principes colorants particuliers, dont il a pu essayer l'analyse distiuetive. C'est ainsi qu'il a constaté la présence d'un pigment noir, celle d'un pigment rouge et de toute une série de pigments jaunes ayant pour base commune une substance particulière, k laquelle il a donné le nom de zooxanthine.

Des découvertes plus récentes ont permis de constater dans des substances autres que les plumes d'oiseau la présence de la zooxanthine. Une substance tout k fait analogue a été découverte, sous forme de granulations moléculaires, dans la choroïde des céphalopodes.

Lorsqu'on veut isoler la zooxanthine des plumes d'oiseau , on choisit naturellement des plumes jaunes ou des plumes d'une couleur composée contenant du jaune, notamment des plumes vertes, et préférabletnent celles d'un vert tirant sur le jaune. On les traite par l'acide acétique, on évapore k siccité et l'on traite le résidu par l'alcool. Le corps qu'on a ainsi obtenu, et qui a pris le nom de zooxanthine, n'est pas encore assez connu pour que nous puissions eu donner une formule même hypothétique.

Nous avons indiqué, au début de cet article, que la coloration des plumes d'oiseau peut être due k deux causes différentes; mais il est facile de pressentir que ces plumes doivent donner lieu k des phénomènes physiques différents, suivant le principe de leur coloration. C'est ainsi qu'on a pu constater que les plumes colorées par la zooxanthine n'ont jamais ces reflets chatoyants, ces couleurs changeantes si remarquables dans les plumes de certains oiseaux. Ce phénomène, en effet, est dû exclusivement k des accidents de réfraction et de réflexion que les plaques transparentes expliquent trèsbien, mais que les matières colorantes ne sauraient produire. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que les plumes colorées par l'épaisseur des lames qui les composent ne donnent aucun produit spécial sous l'action des acides. Il est d'ailleurs facile de les distinguer des plumes colorées par la zooxanthine, par ce l'ait que la substance de ces dernières est relativement molle, au lieu que celle des autres est dure, cornée, élastique.

ZOPELLI (Jacques), poète italien, né k Venise en 1639, mort en 1718. Ayant achevé ses études au séminaire de Venise, qui était dirigé par les Pères somasques, il reçut la prêtrise et montra tant de talent et de zèle dans l'exercice des fonctions qui lui furent successivement confiées, qu'il s'attira la faveur et la bienveillance des prélats qui occupèrent le siège patriarcal de Venise. Elevé k la dignité d'archidiacre, il eut quelques loisirs et il les employa k la culture des lettres, L'Académie des Maccolti (Recueillis) le reçut parmi ses membres. Il rimait avec la plus grande facilité sur toutes sortes de sujets. Sa vieillesse fut calme et heureuse, comme l'avait été sa vie entière. Il fut inhumé dans l'église patriarcale, et on lui consacra une épitaphe, où l'on rendait justice k ses vertus et k ses talents. On a de lui un recueil de vers, écrits avec facilité, mais qui portent la marque du goût maniéré du temps. Il a pour titre : Trattenimenti poetiei seri et geniali (Venise, 1673, in-12).

ZOPF (Jean-Henri), historien allemand, né k Géra en 1691, mort en 1774. Il remplit de 1719 jùsqu'k latin de sa vie tes fonctions de directeur du gymnase d'Essen. Zopf est l'auteur d'un Précis d'histoire universelle (1729) qui a eu un très-grand nombre d'éditions et dans lequel il regarde l'empire germanique comme la suite de l'empire romain et y rattache toute l'histoire moderne. Schoeli en a donné une traduction française, sous le titre de Précis d'hisioire universelle, politique, «c-

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clésiastique et littéraire depuis la création du monde jusqu'à la pain de Schoznbrunn, augmentée d'une Histoire de la Révolution française (Paris, 1810, 5 vol. in-12).

ZOPHÈRE à. m. (zo-fè-re — du gr. zopheros, sombre). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des colaptérides, type de la tribu des zophérites, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Amérique centrale.

ZOPHÉRITE adj. (zo-fé-ri-te — rad. zophère). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre zophère.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des colaptérides, ayant pour type le genre zophère.

ZOPHIE s. m. (zo-fl — du gr. zophos, obscurité). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétérotnères, de la tribu des blapsides, dont l'espèce type vit au Cap de Bonne-Espérance.

ZOPHOBAS s. m. (zo - fo - bass). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la tribu des ténébvionites, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent surtout l'Amérique méridionale.

ZOPHOBIE s. m. (zo-fo-bl — du gr. zophos, obscurité-, bioâ, je vis). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mélasomes, dont l'espèce type habite le Tucuman.

ZOPHODIE s. f. (zo-fo-dî — du gr. ZOphodés, obscur). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides.

ZOPHOMY1E s. f. (zo-fo-mi-î — du gr. zophos , obscurité ; tnuia , mouche), Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, formé aux dépens des tachines, et comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Europe.

— Encycl. Les zophomyies présentent beaucoup d'analogie avec les tachines, auxquelles on les réunissait autrefois. Ce sont des insectes de taille petite ou moyenne, d'une couleur noire, luisante, ayant quelquefois des reflets métalliques; ils ont, du reste, le faciès et la plupart des caractères généraux des muscides. On en connaît une douzaine d'espèces, qui habitent l'Europe. Les zophomyies habitent les bois; on ne sait rien de positif sur leur développement. Plusieurs espèces ont été trouvées dans les endroits sablonneux, percés de trous par les hyménoptères fouisseurs; on pense que leurs larves vivent en parasites. La zophomyie renflée est assez commune aux environs de Paris.

ZOPHOSE s. m. (zo-fo-ze — du gr. sophos, obscurité). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la tribu des érodites, comprenant plus de trente espèces, répandues dans l'ancien continent.

ZOP1LOTE s. m. (zo-pi-lo-te — du préf.

so, et du gr. pilos, bonnet). Ornith. Syn. de sarcoramphe, genre de vautours.

ZOP1SSA s. f. (zo-pi-sa — du gr. zeâ, je bous; pissa, poix). Résine fondue, poix. Il Vieux mot.

— Mar. Résine grasse tirée du vieux, bois de pin. il Vieux goudron pris sur la carène d'un bâtiment.

ZOPLÈME s. m. (zo-plè-me). Bot. Ancien nom de l'eitébore d'Orient.

ZOPPIO (Jérôme), littérateur italien, né à Bologne, mort dans la même ville en 1591. Tout en exerçant la profession médicale, il s'adouna à la culture des lettres et de la philosophie, al\a professer la logique et la morale à Macerata, où il fonda l'Académie des Calenati, puis enseigna la littérature dans sa "* ville natale. Zoppio se mêla activement aux disputes littéraires et grammaticales de son temps, se rangea parmi les défenseurs de Dame, de Pétrarque, d'Annibal Caro, au sujet du canzone De gigli d'oro, et attaqua vivement le Muzio. Fontaniui prétend que ce fut parce que lé Muzio avait dit que lesphiloso- . phes sont les patriarches des hérétiques ; mais il est inutile de chercher d'autre cause à la sortie de Zoppio que la chaleur inséparable de toute discussion. Outre une traduction en vers des quatre premiers livres de VEnéide (1554), on lui doit: Rime e prose (Bologne, 1587, in-8»j; Atamante, tragédie (Macerata, 1578, in-i°), faible au point de vue de la composition; Rugionamenti in difesa di Dante e de l Petrarcho (Bologne, 1583, in-4»); Particelle poetiche sopra Dante (Bologne, in-4°) ; La Poetica sopra Dante (Bologne, 1586, iu-40), etc. Les ouvrages de Zoppio sont écrits dans Un style élégant et pur.

ZOPPIO (Melohior), littérateur italien, fils du précèdent, né à Bologne vers 15-14, mort en 1634. Comme son père, il se fit médecin, puis se livra à l'enseignement et professa successivement Ja philosophie à Macerata et à Bologne. Zoppio contribua à fonder dans cette dernière ville, en 1588, l'Académie des Geloti, dont il fit partie sous le nom de Caliginoso. Par son enseignement, son vaste savoir et ses écrits, il acquit de sou temps un© très-grande réputation. On a de lui deux comédies, Il Diogene accusalo (Venise, 1598) et 11 Giuliano; quatre tragédies, Admeto, Medea, Creusa, Meandro (Bologne, 1629, in-12); plusieurs ouvrages de philosopie scolttstio,ue. H a laissé, en outre, plusieurs traités

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manuscrits, notamment six volumes in-folio sur des sujets de philosophie.

ZOPPO Dl LCGANO (Jean-Baptiste Dtscspoli, dit le), peintre italien. V. Discepoli.

ZOPPOLA, bourg du royaume d'Italie, province d'Udine, district de Pordenone, mandement de San-Vito-Udinese; 3,800 hab.

ZOPPOT, ville de Prusse, province de Prusse, régence et à 12 kilom. N. de Danlzig, sur la Baltique ; 2,000 hab. Etablissement trèsconfortable de bains de mer, fréquenté par les habitants de Dantzig.

ZOPYRE, fils de Mégabyse, célèbre par son dévouement envers Darius. Il vivait au vio siècle avant notre ère. Pendant que ce prince assiégeait Babylone révoltée, il se coupa le nez et les oreilles, se présenta aux assiégés comme une victime de la cruauté du roi de Perse, gagna leur confiance et, quand il eut enfin obtenu le commandement de la ville, ouvrit les portes aux troupes de Darius (vers 520 av. J.-C).

ZOPYRE, médecin grec. Il vivait au i« siècle avant notre ère. Ce savant, sur lequel on a fort peu de renseignements, paraît avoir eu des connaissances assez étendues sur la botanique. Ce fut pour Ptolémée Aulète, roi d'Egypte, qui l'avait attiré h sa cour, qu'il composa l'antidote universel appelé dmbrosia, dont Celse et Galien, dans son Antidotarium, nous ont transmis la composition. L'ambrosia avait, croit-on, beaucoup d'analogie avec le fameux antidote de Mithridate et était peutêtre la même chose. Galien parle d'une lettre de Zopyre à Mithridate, dans laquelle le médecin propose au roi de tenter l'essai de son antidote : il lui conseillait de faire avaler à un criminel un poison mortel et de lui donner sur-le-champ son ambrosia, afin de s'assurer si cette composition aurait la force de détruire l'effet de la substance vénéneuse. Zopyre, ainsi que nous l'apprend Orlbase dans ses Coilectanea, avait classé les médicaments d'après leur mode d'action. Le clinopédion , plante appelée par les Grecs zopyron* devait vraisemblablement son nom à Zopyre, soit qu'il l'eût découverte, soit qu'il en eût indiqué le premier les propriétés médicales.

Zoraîme e» Zulnar, drame lyrique en trois actes, en prose, paroles de Saint-Just, musique de Boieldieu; représenté au théâtre Favart (Opéra-Comique) le 16 mai 1798. Le su- ■jet du poème est tiré de Gonzalve de Cordoue, roman de Elorian. Boieldieu avait déjà fait représenter quatre petits opéras sans réussir à fixer sérieusement l'attention publique. Celui de Zoraïme et Zulnar lit connaître les qualités de son charmant génie, l'élégance de son style, ta finesse et la vivacité de son instrumentation, la grâce de sa mélodie.

ZORBIG, ville de Prusse, province de Saxe, régence de Merse bourg, cercle de Bitterfeld, sur la Fuhne; 2,900 hab. Manufacture de tabac.

ZOBÈVE's. m. (zo-rè-ve — de l'hébreu zarav, couler). Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des ligéens, tribu des coréides, dont l'espèce type habite la Guyane.

ZORGou SORGH (Hendrik-MartenszRoK.iiS, plus connu sous le nom de), peintre hollandais, né k Rotterdam en 1621, mort en 1682. Son père, qui était voiturier par eau, avait reçu, dit-on, le surnom de Zorg (mot hollandais qui veut dire soin), k cause de son exactitude à remplir'les commissions dont on le chargeait. Ce surnom aurait passé au fils, qui l'aurait justifié, à son tour, par le soin avec lequel il exécutait ses tableaux. Nous ne savons ce qu'il y a de vrai dans ces particularités rapportées par les biographes ; ce qui est certain, c'est que Rokes n'a jamais signé autrement que Sorgb. On prétend encore qu'il aurait d'abord étudié sous la direction de David Teniers, à Anvers, et qu'il serait revenu à Rotterdam prendre des leçons de Willem Buytenweg, qui est plus connu comme graveur que comme peintre.

Si l'on n'en juge que d après ses œuvres, Zorgh se rapproche beaucoup plus d'Adrien van Ostade et de Brauwer que de Teniers. Bien qu'il n'occupe dans l'école hollandaise qu'un rang secondaire, il est tiès-estitné par les amateurs. « Il possède, dit Waagen, un sentiment profond de la nature, du goût comme compositeur, un dessin exact et une exécution soignée. Sa couleur est chaude et harmonieuse, bien que plus opaque et plus terne que celle de Brauwer, tandis que sa facture est plus sèche et plus léchée. » Le Louvre possède deux tableaux de ce maître ; l'un représente un Intérieur de cuisine; l'autre, provenant de la collection La Caze, est un Intérieur flamand, composition de neuf figures, signée « M Sorgh, 1648. » Parmi les autres tableaux sur lesquels on a relevé des dates, nous citerons ; des Yasessur une console, peinture de 1640, qui a figuré a la vente de la célèbre galerie de Pommersfelden en 1867 ; un Alchimiste, de 1643, dans la collection Henderson, à Londres; un Intérieur de cuisine, de la même année, dans la collection Lasienki, k Varsovie.; un Intérieur flamand, de 1646, payé 800 francs h la vente Coltreau (1861) ; une Marine, de 1660, au musée de l'Ermitage. Cette dernière galerie possède deux autres tableaux de Zorg : une Rixe de paysans et une Adoration des bergers. Une

ZORl

seconde peinture sur ce dernier sujet est au. musée de Copenhague. On connaît encore un sujet du Nouveau Testament peint par cet artiste, le Maître de la vigne payant ses ouvriers, dans la galerie de Dresde. Le musée de Rotterdam possède un portrait de vieillard, en collerette blanche et de grandeur naturelle, sujet très-rare, sinon unique, dans l'œuvre de Zorg. Le plus souvent, ce maître a peint des intérieurs de cuisine, avec une ou deux petites figures seulement et un trèsgrand nombre d'accessoires finement traités; des compositions de ce genre, outre celles que nous avons déjà citées, se voient au musée de Toulon, dans la collection J. Walter, en Angleterre ; dans la collection Van der Aa, en Belgique; les figures de ce dernier tableau sont attribuées à Teniers. Un Intérieur de ferme, qui a été payé 600 francs à la vente Ullens de Schooten, en -1844, offre de curieux ustensiles de ménage peints par Zorg et des figures attribuées k Heeinskerck. Il y a deux des meilleurs ouvrages de cet artiste à la pinacothèque de Munich, l'Intérieur d'une taverne hollandaise et une Famille de paysans ; Wasgen dit qu'ils se rapprochent des œuvres de Brauwerpar l'harmonie de la couleur. Une des plus importantes compositions de Zorg appartient au musée Van der Hoop, d'Amsterdam ; c'est un Marché aux poissons, où il n'y a pas moins de vingt-huit figures. Le musée de Dresde possède une Marchande de poissons en conversation avec une cuisinière et un pêcheur. Au musée de Nantes est un Vieillard caressant une servante; dans la galerie Kllesmère, à Londres, un Intérieur de cabaret; dans la collection Wilson, à Paris, la Bonne aventure; dans la collection Dubus de Gisignies, à Bruxelles, la Partie de cartes, etc. P. Lastman,le maître de Rembrandt, a gravé à l'eau-forte, d'après Zorg, un Bourgmestre donnant l'aumône à un petit garçon, ftOn raconte qu'à la mort de son père, H.-M. Rokes, dit Zorg ou Sorgh, se décida à faire le métier de voiturier et que, depuis, il ne s'occupa plus de peinture que dans les instants de loisir qui lui étaient laissés par sa nouvelle profession.

ZORGDRAGER (Comeille-Gisbert), navigateur hollandais, né vers 1650, mort dans la première moitié du xvme siècle. Il prit en 1690 le commandement d'un navire expédié dans les parages du Groenland pour la pêche de la baleine. Zorgdrager renouvela un certain nombre de fois ces sortes d'expéditions et y passa la plus grunde partie de sa vie. Un Hollandais, Abraham Monbach, a rédigé sur ses notes un ouvrage fort intéressant, qui contient à la fois le résultat des voyages et des observations du navigateur, ' avec des considérations générales sur la pêche. Cet ouvrage est intitulé : Progrès florissant de ta pêche au Groenland et Traité de la pêche de ta baleine, en hollandais (Amsterdam, 1720, in-4<>, avec plusieurs cartes et figures). « Ma profession pendant plusieurs années, dit Zorgdrager, ayant été la pêche au Groenland, je me crus obligé d'acquérir les connaissances et l'instruction qu'elle exigeait. Aussi, indépendamment de ce que j'ai appris par ma propre expérience, je m'attachai à me bien pénétrer de tout ce qu'avaient su les capitaines les plus expérimentés. Je parcourus et je lus beaucoup de journaux de route, d'histoire et d'annales ; je notai très-soigneusement dans mon registre annuel tous les faits remarquables qui m'étaient arrivés, afin d'avoir une idée exacte de mes opérations. » En recherchant ce qui avait été écrit sur la pêche dans les parages qu'il explorait, Zorgdrager put se convaincre qu'il avait été publié bien peu d'ouvrages utiles; les meilleurs, rédigés par des gens crédules et qui manquaient de l'esprit d'observation, contenaient des fables ridicules à côté de renseignements qui pouvaient être «x'acts, mais qu'on avait négligé d'exposer avec toute la rigueur désirable, il y avait donc à faire un livre sérieux, utile à tous les navigateurs désireux de s'aventurer dans les mers boréales et en qui ou pût avoir pleine confiance. C'est ce qu'entreprit de l'aire Zorgdrager. Son ouvrage indiqua la manière dont doit être équipé tout navire expédié à la pèche dans les parages en question ; les procédés à suivre pour rendre la pêche fructueuse; les routes où l'on rencontre en grand nombre les baleines, etc.; il offre en outre, sur le climat, les glaces, la formation des banquises et leur marche en certaines saisons, sur les météores de l'océan Glacial arctique, les renseignements les plus exacts, augmentés de la description du Groenland, de l'Islande, du àpitzberg, de la Nouvelle-Zemble, du détroit de Davis, de l'Ile de Jean-Mayen, des figures d'oiseaux et d'animaux, de plantes et d arbres, des cartes de géographie, des relevés de côtes, etc. Ce livre est le plus complet qui ait paru sur ces régions avant celui du capitaine Scorcsby, et tous ceux qui ont eu à en parler y ont puisé la plus grande partie de leur science. Il a été traduit eu allemand, avec un complément formé de la Pêche à la morue de Nicolas Denis (Leipzig, 1723, in-i"), et en anglais sous le titre de Tableau du commerce du Groenland et de la pêche à la baleine (Londres, 1725, in-40).

ZORILLE s. m. (zo-ri-lle ; Il mil.). Mtimm. Mammifère carnassier du genre martre.

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