‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 145 sur 1042 · I PI. TIRE-BONDES · texte numérisé non relu

I PI. TIRE-BONDES

TIRE-BORD s. m. Mar. Instrument de bois dont on se sert, dans les chantiers de construction, pour appuyer les bordages sur les membrures, il Tire-bords.

TIRE-BOTTE s. m. Planchette ayant une entaille où l'on engage le pied de la botte, pour se débotter seul, u Nom donné à des crochets de fer que l'on passe dans les tirants d'une botte que l'on veut chausser.

— Gros galon de fil à l'usage des tapissiers et que l'on nomme aujourd'hui anglaise.

TIRE-BOUCHON s. m. Sorte de vis de fer ou d'acier, pourvue d'un manche ou d'un anneau, dont on se sert pour tirer les bouchons

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des bouteilles : Si nous avons quelquefois l'air de nous arrêter ou de reculer, c'est pourprendre la marche en spirale du tire- bouchon, qui se fait un point d'appui de l'obstacle luimême. (A. Karr.) II PI. tire-bouchons.

— En tire-bouchon, En spirale, en forme de tire-bouchon : Les vrilles de la vigne sont contournées en tire-bouchon.

— Cheveux en tire-bouchon, frisés en tirebouchoti] ou simplement Tire-bouchons, Cheveux frisés en spirale, à peu près en forme de tire-bouchon.

TIRE-BOUCHONNÉ, ÉE adj. Disposé en tire-bouchon : Cheveux tire-bouchonnés.

TIRE-BOUCLES s. m. Techn. Outil dont les charpentiers se servent pour dégauchir l'intérieur, des mortaises.

TIRE-BOURRE s. m. Techn. Instrument dont les extrémités forment deux crochets pointus, et qu'on visse au bout de la baguette d'un fusil, pour en tirer la bourre etlaoharge. Il Partie du tire-balle qui sert à extraire du fusil le papier de la cartouche. Il PI. tirebourre.

— Techn. Outil de bourrelier. || Outil qui sert au papetier à enlever les ordures qui se trouvent dans la pâte. Il Iastrument au moyen duquel on enlève les parties de la sonde restées dans, le puits de forage et les cailloux que le trépan n'a pas brisés.

TIRE-BOUTON s. m. Instrument en forme de crochet, dont on se sert pour faire entrer les boutons dans les boutonnières, li PI. tireboutons.

TIRE-BRAISE s. m. Techn. Outil en forme de long crochet, dont on se sert pour tirer la braise du four. Il PI. tire-braise.

TIRE-CENDRE s. m. Min. Nom vulgaire de la tourmaline, ainsi dite parce qu'en devenant électrique par la chaleur, elle attire la cendre. Il PI. tire-cendre.

Tircciiapc (rue). On désignait sous ce nom, tout récemment encore, une rue de Paris, étroite et tortueuse, qui conduisait de la rue Saint-Honoré, à la nauteur des Halles environ, k la rue de Rivoli actuelle. Elle a été fondue en 1867 dans la nouvelle rue du Pont-Neuf, qui, traversant la rue de Rivoli, va former angle aigu avec la rue de la Monnaie. La rue Tirechappe devait son noursingulier k ce que, dès 1223, époque où furent construites ses premières maisons, elle fut surtout habitée par des fripiers et des juifs commerçants. Or, il y avait grande concurrence et chaque marchand avait l'habitude de tirer par leur chape (vêtement) les malheureux passants pour les inviter k entrer chez lui. Les Parisiens, harcelés, finirent par donner le nom de Tirechape à cette rue de négociants insupportables, et le nom lui resta.

TIRE-CLOU s. m. Techn. Outil dont le couvreur se sert pour arracher les clous. Il PI. tire-clous.

tire-D'AILÈ s. f. Vol rapide, avec des battements d'ailes précipités, il PI. tirbd' aile, suivant l'Académie; mais on ne sait pas pourquoi tire resterait invariable.

— Loc. adv. A tire-d'aile, Avec des coups d'ailes rapides et pressés : Voler A tired'ailk. u Avec la plus grande vitesse possible : Parlez, prenez vos bottes, allez k tirisd'ailk à Londres, publiez dans toutes les rues que vous y arrivez de ma part. (Mme du Dell'.) En Hollande, on voit souvent sur la côte de pauvres petits navires qui s'enfuient k tired'aile, penchés et presque renversés par le vent en fureur. (H. Taine.)

— Rem. L'Académie fait tire-d'aile masculin, par une erreur évidente , puisqu'elle fuit le mot tire féminin , en ajoutant qu'il n'est usité que dans tire-d'aile. Cependant, quelques auteurs ont accepté le genre donne par 1 Académie : Le hibou s'abattit dessus, le saisit des serres et du bec, et rf'uN tire-d'ailb, «7 l'emporta sur son arbre. (Ch. Nod.) Cet emploi du mot est, du reste, excessivement rare, tire-d'aile n étant guère employé que dans la locution ô tire-d'aile. Voltaire à écrit tire-d'ailes, orthographe qui se justifie d'ellemême, mais que 1 usage u condamnée.

TIRE-DENT s. m. Outil dont les dentistes 8e servent pour arracher les dents, u PI. tire-dents.

— Techn. Pince plate dont on se sert pour rechanger les dents d'un peigne.

TIRÉE s. f. (tiré — rad. tirer). Techn. Quantité d'étoffe que l'on enroule en une seule fois, pendant le tissage, soit sur l'ensouple, soit sur le déchargeoir. On dit aussi ployée. Il Longueur de fil, de baguette, de tube de verre, que l'ouvrier produit en une seule fois, il Portion de la surface d'une glace qu'on polit en une seule fois.

. — Econ. rur. Action de traire le lait dans le Dauphiné.

TIRE-EN-BRÈCHE s. m. Fortif. Partie avancée d'une fortification. Il PI. tire-enbrèche,

TIRE-FAUSSET s. m. Techn. Pince dont on se sert pour tirer des faussets. Il PI. tirefaussets.

TIRE - FEU s. m. Artill. Instrument au moyen duquel on enflamme les étoupilles et les fusées a friction : Le tire-feu consiste en une ficelle munie d'un crochet; on saisit avec

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ce crochet la boucle de tirage du rugueux ; puis, tirant vivement, on arrache celui-ci qui, en frottant, enflamme la composition fulminante et, par suite, la pièce d'artifice. (Maigne.) Il PI. TIRE-FEU.

TIRE-FIENTE s. m. Agric. Sorte de fourche pour le fumier. H PI. tire-fiente.

TIRE-FILET s. m. Techn. Outil propre à tirer des filets sur les métaux, il Bouvet dont les menuisiers se servent pour pousser des filets, il PI. tirb-filet.

TIRE-FOIN s. m. Ane. mar. Instrument dont on se servait pour décharger les canons, quand ils étaient bourrés avec du foin. Il PI. tire-foin.

TIRE-FOND s. m. (ti-re-fon). Ane. chir.

Instrument que l'on fait entrer dans les corps étrangers, pour arriver à les extraire. Il Pi. tire-fond.

— Art milit. Partie du tire-balle qui saisit la balle elle-même, il Instrument dont on sa sert pour extraire les fusées des projectiles creux, quand on ne peut y réussir avec le tire-fusée.

— Techn. Anneau de fer terminé en vis, dont les tonneliers se servent pour élever la dernière douve du fond d'un tonneau et 1» faire entrer dans la rainure.

— Constr. Anneau qu'on fixe à un plafond, pour y suspendre un lustre ou un ciel de lit.

— Encycl. Chir. Le tire-fond se compose d'une vis double, longue de 0 k 12 lignes, solide,, parfaitement ôvidée et disposée de telle sorte que les lames qu'elle détache des corps ductiles, comme les balles de plomb, par exemple, remontent le long du sillon qui les sépare et s'y logent; l'autre extrémité du tire-fond présente un anneau qui lui sert do manche et qu'on pouvait au besoin, dans les anciens appareils k trépan, engager dans le crochet de l'élévatoire de J.-L. Petit ou de Louis, afin d'augmenter la force de traction exercée sur lui. La longueur totale de l'instrument doit être de 4 k 6 pouces. Toute la perfection consiste dans les dispositions de sa mèche. Le tire-fond était autrefois enfoncé dans le trou percé au centre de la pièce d'os qui cernait la couronne du trépan, afin de 1 enlever; mais, depuis longtemps, cette indication est remplie avec le manche. d'une spatule, qui sert à ébranler, à détacher et à soulever le disque osseux. Les chirurgiens dentistes en font quelquefois usage , afin d'enlever du fond des alvéoles tes portions de racines qui ne présentent aucune prise aux autres instruments, cas dans lequel on hésite d'autant plus & se servir de la mèche perforatrice qu'il faut beaucoup d'habitude pour le faire sans danger. Un tire-fond trèsdélié, contenu dans une canule armée de dentelures à son extrémité, fut proposé par Fabrice de Hilden, afin d'extraire les corps ■ étrangers du conduit auditif externe. La difficulté de fixer ces corps, le danger d'une pression trop forte, qui les refoulerait contre fa membrane du tympan, et enfin le grand nombre d'autres, qui ne se prêteraient pas k la perforation, sont autant de circonstances qui ont fait alors rejeter cet instrument. Enfin, les balles ont fréquemment réclamé l'application du tire-fond. Il faut, pour qu'il leur devienne applicable, qu'elles soient fixé*es dans des tissus solides, tels que celui des os, avec assez de force et d'une manière assez étroite pour être inaccessibles aux pinces ou aux doigts du chirurgien. Les parties étant alors convenablement mises k découvert, la mèche du tire-fond est portée sur la balle, dans laquelle on là fait pénétrer par une action lente, ménagée et accompagnée de la moindre pression possible, afin de ne pas confondre davantage encore les lames osseuses sous-jacentes. Lorsque la tige est solidement implantée dans le corps étranger, on s'en sert pour l'ébranler, le dégager et l'attirer enfin hors des parties. S'il est besoin d'agrandir son ouverture d'entrée à raison de l'aplatissement ou de la déformation qu'elle peut avoir éprouvée en s'arrê'tant, on a recours à un couteau lenticulaire, k un fort scalpel ou k une couronne de trépan. Nos prédécesseurs renfermaient le lire-fond dans une canule, que Percy a fait supprimer. Ce conducteur, inutile sans doute lorsque la balle est fixe, pourrait cependant être utile si elle était mobile, ou du moins assez susceptible de tourner sous l'action de la mèche pour que celle-ci ne pût pénétrer. La canule étant garnie de dentelures aiguës, inclinées de droite k gauche, pourrait alors être portée sur le projectile et le retenir solidement pendant que le chirurgien ferait agir le tire-fond de gauche k droite. C'est dans cette intention, plutôt sans doute que comme moyen protecteur des parties molles, que la canule dont il s'agit pourrait être encore préconisée. Ajoutons toutefois que tes cas dans lesquels elle pourrait être utile sont rares et qu'on peut d'ailleurs y suppléer par d'autres moyens.

— Chem. de fer. Dans l'établissement d'une voie, on doit fixer les rails ëur lesquels se meuvent les véhicules aux traverses qui forment, pour ainsi dire, le plancher de la plateforme. Les modes d'attache des rails sur les traverses sont des vis en bois, des chevilles, des crampons ou des tire-fond. Les tire- fond à tête plongeante étaient généralement employés, à l'origine, pour les rails k tête plate;

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on a aussi employé, pour les rails en V et à patins tixés sur des traverses longitudinales, des tire-fond^, tête hexagonale, placés alternativement contre l'extérieur ou.dans l'intérieur de la base du rail etqu'on faisait varier suivant la longueur des pièces. Ces crampons étaient ébranlés par les trépidations et peu économiques; aussi les a-t-on abandonnés. Pourtant, quelques-uns d'entre eux sont encore employés dans les réseaux, français pour la fixation des coussinets et des plaques d'assemblage; la longueur totale est alors 0™, 178; la tête a une épaisseur de 0™,028 et une largeur variable entre 0m,015 et 0m,018 ; le pas de Ta vis est de 0°>,u07; elle est à filet triangulaire; le plus souvent, la tête u été terminée par une portion hémisphérique ; mais, sur le chemin de fer des Deux-Charentes, on a donné au crampon une tête plate formée de plans tangents au cylindre à vis. D'autres variétés peu différentes sont encore en service.

Les patins du rail Vignole, comme les coussinets, peuvent être fixés au moyen de tirefond insérés dans la semelle ; mais, en appliquant les attaches extérieurement au rail, on a l'avantage de supprimer les trous, de donner à la résistance longitudinale son bras de levier maximum et de faciliter la distribution des traverses ; on empêche le déplacement latéral du rail en ménageant une encoche qui reçoit le tire-fond. Le prix élevé des lire-fond les a fait abandonner en Allemagne ; on les a remplacés par des chevilles où des crampons.

Ces chevilles étaient k tête plongeante et insérées dans des trous correspondants lorsqu'on employait encore couramment les rails de Barlow ou k base large, qui pouvaient recevoir la tête des crampons. C'est d'une manière analogue que sont fixés les rails des tramways. La figure 1 représente le mode

Pig. 1.

d'attache des tramways de Vienne. A New- York, à Copenhague, à Hambourg, à Paris les attaches du même genre maintiennent les rails de ces véhicules.

Les crampons presque exclusivement employés en Allemagne s'enfoncent contre les rails, dont ils saisissent le pied par une tête à crochet. Lorsqu'on les applique aux rails à coussinets (fig. 2), ils se terminent par des

..ïfi.-

Fig. 2.

têtes rondes et se fixent aux coussinets dans des trous que l'on peut faire k la fonte.

La forme du corps du crampon est trèsvariable; la section de cette partie est tantôt circulaire, forme surtout employée autrefois et conservée encore dans certains tramways , notamment en France (fig. 3 ) ;

Fig. 3.

octogonale , d'un emploi fréquent pour les coussinets; carrée, généralement en usage pour les voies k rails larges (fig. 4, Autriche- Galicie).

Le corps se termine, soit par une pointe (Ùg. S), soit par un biseau (fig. 4) ; quelque-

ce:

Fig. *.

fois l'extrémité dessine une pyramide tronquée (fig. 6) ou un tronc de cône. Dans ce

Kg. 5.

dernier cas, le trou doit être maintenu assez large pour l'introduction du petit côté du prisme, afin que les faces du crampon servent de points d'appui.

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Au point de vue de la section longitudinale, on peut distinguer les formes suivantes : prismatique, très-usuelle k cause de sa simplicité et de la puissance de la résistance, pour un prix peu élevé; — barbelée; abandonnée depuis quelques années , cette forme ayant l'inconvénient de produire dans le bois des traverses des déchirements nuisibles; — renflée, employée en Hollande (fig. 6), en

Fig. 0.

Autriche et en Amérique, cette section a l'avantage de demander une grande force d'arrachement, mais nécessite un élargissement exagéré du trou de la traverse ; — à vis , on attendait de ces crampons une très-grande résistance à l'arrachement; l'expérience a montré que le peu d'épaisseur de la tige diminuait beaucoup cette résistance (fig. 7) ;

— recourbée, la fig. 4 donne un exemple de cette forme, réservée aux tramways, qui augmente dans une certaine proportion la résistance a l'arrachement.

La forme de la tête est à considérer pour la facilité avec laquelle peuvent être fixés les crampons ; mais on doit se préoccuper aussi de l'extraction de ces pièces. Pour pouvoir enlever facilement les crampons au moyen d'un pied-de-chèvre ou d'un levier, On donne à la tête deux oreilles sur toute Ja longueur d'une de ses faces (fig, 5). Au lieu de mettre des oreilles, on élargit quelquefois la tète, ce qui est plus rapidement fait, mais moins commode pour l'extraction (fig. 3) ; mieux vaut encore un retour en arriére de l'un des crochets (fig. 6) ou un double crochet (fig. 4) , ainsi que cela a 'été appliqué sur les chemins de fer autrichiens.

Lorsque l'arrachement des crampons doit être fait au moyen d'une clef pour des crampons à vis, on donne k la tête une forme carrée ou plutôt octogonale.

En Amérique, on glisse sous la tête du crampon une plaque qui serre encore les pièces et empêche qu'elles ne se dévissent.

Les dimensions les plus usitées des crampons à crochets de voies principales sont les suivantes: épaisseur et largeur, de 0m,O13 k oni,019; longueur totale, de 0™, 130 k 0™,170. La section doit être préférablement carrée ou rectangulaire dans le rapport 10 : 13 de l'épaisseur, parallèlement et perpendiculairement au rail ; la longueur du tranchant varie du double au quadruple de l'épaisseur; la longueur du crochet comporte 0m,013 à 0m,018, avec une hauteur moyenne de om.oio à ornais et une épaisseur à chaque saillie de 0m,018à 0111,030.

Les crampons de coussinets pour les voies principales ont environ om,015 de diamètre et om, 170 de longueur. Pour les tramways, on réduit ces dimensions à 0m,0l0 d'épaisseur et 0m,120 de longueur.

C'est un fait reconnu que le contact du fer des crampons avec les traverses, spécialement aveu celles qui sont imprégnées de sulfate de cuivre pour leur conservation, exerce une influence destructive sur les uns et les autres. On diminue cette action simplement par la galvanisation des crampons, précaution qui est employée depuis plusieurs années avec succès sur les chemins de fer de l'Ouest français. Le Nord français galvanise tous les crampons, que les traverses soient ou non sulfatées. Le prix de la galvanisation s'élève k 7 fr. 50 les 100 kilogr.

Les faces intérieures de la tête et du corps des crampons sont reliées par un congé arrondi et font un angle plus ou moins obtus, afin que la tête s'applique exactement sur le patin, quand l'axe du crampon a été enfoncé normalement à la base du rail; cette base est inclinée de 1 seizième à 1 vingt- quatrième sur la verticale.

On a quelquefois donné aux crampons une position oblique ; elle a l'avantage de permettre l'usage de cramions dans lesquels la tête est normale au corps ; mais elle facilite le glissement ou le renversement du rail ; elle augmente beaucoup la tension de la cheville et exige une pose très-soignée, car le crochet doit agir sur le patin, non-seulement par le bord, mais par le collet. Les crampons à vis sont le plus souvent enfoncés sans qu'on fasse de trou d'avance; toutefois, les grandes chaleurs prédisposant les traverses à la rupture, il convient, en été, de percer des amorces d'avance. C'est ainsi qu'on a opéré sur les chemins de fer du Hanovre ; mais il y a k craindre le déchirement des fibres sous l'action de la vis. Aussi, pendant longtemps, les ingénieurs ont-ils été à peu près d'accord pour donner la préférence aux crampons avec les traverses en chêne et aux vis avec les autres essences; mais aujour-

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d'hui, en France, la vis est préférée, même avec les traverses de chêne, sur le réseau du Nord et sur celui de l'Est. Les chemins de fer belges, après avoir surtout employé lesN tire -fond, paraissent s'être décidés pourl'emploi des crampons.

Dans les voies Vignole, si répandues actuellement, on doit reconnaître que les crampons résistent pendant longtemps, d'une manière très-satisfaisante, lorsque les traverses sont en bois dur (chêne ou hêtre), aux efforts qui leur sont transmis; malheureusement, quand on est obligé quelquefois de recourir aux bois tendres (pin, sapin, aune, etc.), cela est obligatoire pour un grand nombre de chemins de fer, à cause de leur éloigne ment des forêts k essences dures, et tend k devenir nécessaire pour toutes les lignes, k cause de l'élévation de prix des bois et l'épuisement des forêts dures ; dans ce cas, un certain nombre d'inconvénients se manifestent et, sous l'action des efforts transversaux, les crampons écrasent rapidement les fibres voisines du bois. Un certain jeu se produit, et l'extraction du crampon peut être déterminée par le moindre effort; en même temps, le patiu prend un jeu dans la .traverse en écrasant les bords de l'entaille où il est logé ; le calibre de la voie se modifie, et il peut même se. faire, comme cela a été observé sur certaines lignes allemandes, que cette liberté du rail ait pour effet l'entraînement longitudinal auquel il est sollicité par le mouvement des trains.

C'est afin d'obvier k ces inconvénients que les ingénieurs allemands ont placé sous les rails, aux droites desjoints.et des encoches, des plaques" de joint et des selles d'arrêt. Les crampons travaillent simultanément, leur action destructive est sensiblement ' diminuée; mais, relativement au déplacement transversal du rail, ces moyens ne sont que des palliatifs; l'emploi des plaques prive même du secours que donne le bord de l'entaille, car on ne peut songer à les noyer complètement dans la traverse; enfin, ces plaques facilitent le claquement.

Avec le tire-fond,\a. condition du. contact est parfaitement remplie et il a, de plus, sur le crampon, l'avantage d'être facile k extraire*. 11 convient donc d'en faire usage; mais on doit alors interdire d'une manière absolue l'enfoncement au marteau ; c'est ce qu'on a fait en France, Sur le Nord et sur l'Est; toute fraude du poseur est rendue im- •possible, soit parl'addition d'une petite pointe a la tête du tire-fond, comme sur le réseau Nord, la pointe devant être intacte après la pose, soit, comme sur les lignes de l'Est, par l'addition d'un caractère k traits minces (E) qui ne doivent pas être écrasés.

Sur les lignes de ce dernier réseau, on a fait des expériences relatives aux résistances comparées des crampons et des tire-fond. Il est à regretter que ces expériences aient uniquement porté sur la résistance k l'arrachement, tandis que la résistance au renversement transversal eût été plus intéressante k connaître. Ces expériences sont dues k M. Ledru, directeur en chef de la construction des chemins de fer de l'Est. Il résulte de ces essais que la résistance du crampon ou du tire-fond non fileté est beaucoup moins réduite que celle du tire-fond par des arrachements successifs. Le premier a souvent beaucoup moins perdu k une cinquième et même k une sixième extraction que le tirefond k une troisième. Pour le premier arrachement, le tire-fond n'a de supériorité notable sur le crampon que dans les traverses de bois tendre et surtout dans les traverses en charme ou en bouleau.

Pour l'étude des tire-fond et de leurs avantages, on peut consulter les traités suivants: Heusinger von Waldegg , Manuel de technique spéciale des chemins de fer (lre part.) et un assez grand nombre de mémoires spéciaux cités dans le précédent ouvrage; Couche, Voie, matériel roulant et exploitation des chemins de fer.

TIRE-FUSÉE s. m. Artill. Machine servant k extraire les fusées des projectiles creux. Il

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