C. DELAVIONS
— A grands traits, En traits larges, libres
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et sans préoccupation des détails : Dessiner k grands traits. Il D'une façon, rapide et sommaire : Faire k grands traits l'histoire d'une insurrection,
— Dessin au trait, Dessin sans ombres : La vie est dans ce dessin, quoiqu'il ne soit qu'kV trait. (Dider.)
— D'un trait, Tout d'un trait, Très-vite et sans s'arrêter : Faire la route d'un trait, il D'une seule gorgée, sans s'y prendre à deux fois : Il vida son verre d'un trait.
D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe ; Il l'avale d'un trait. . . 4.
Boileau.
— D'un trait de plume, Rien qu'en écrivant un mot ou un très-petit nombre de mots : Je pourrais, d'un trait de plume, vous eiwoyer en prison.
— Trait pour Irait, Exactement, avec une parfaite ressemblance : Copier trait pour trait. L'oxolotl, qui vit dans le lac de Mexico, ressemble, trait pour trait, à une carpe sous laquelle on aurait fiché quatre petites pattes. (J. Macé.)
— Partir comme un trait, Partir avec une grande rapidité : // partit comme un trait et disparut.
— Faire des traits à quelqu'un, Ne pas lui être fidèle : // parait que sa baladine lui a
FAIT DES TRAITS. (Balz.)
— Auoir trait à quelque chose, Y avoir rapport : En quinze ans, il ne dit pas un mot qui EÛT trait k ses affaires. (Balz.)
— Jeux, Droit de jouer le premier, aux échecs et aux dames : Dans les parties à but, le trait se tire d'abord au sort et devient ensuite alternatif; dans les parties à avantages, /«trait appartient à celui qui fait avantage d'une pièce. Il Donner deux traits, trois traits, Donner l'avantage de jouer deux, trois pièces de suite.
— Blas. Ligne qui sert à former les partitions : Ecu parti d'un et coupé de deux traits, il Syn. de tire ou rangée.
— Liturg. Versets que l'on chante h la messe, entre le graduel et l'Evangile.
— Gramm. Trait d'union, Petite ligne horizontale qu'on met entre deux mots, pour les joindre en un seul : Un changement aussi facile que raisonnable, c'est la suppression du trait d'union entre très et l'adjectif. (Boissonade.} i| Fig. Ce qui sert à joindre, à relier, à unir : Ce point forme le trait d'union entre les deux villes. L'homme est le trait d'union entre le monde de l'esprit et celui de la matière. (Ch. Dollfus.) Ce n'est rien que l'espérance et c'est tout ; car c'est le trait d'union entre rien et tout. (P. Leroux.)
— Littér. Caractère d'un style vif, piquant, qui a du relief et de l'esprit : Cet écrivain a du trait, a le trait, manque de trait. 11 Morceau, passage remarquable, saillant; pensée frappante : Molière a semé des traits sublimes jusque dans ses farces.
(Grimai.) Il Trait d'esprit, Pensée vive et line.
— B.-arts. Trait de force, Trait de crayon qu'on ajoute à un autre, pour le renforcer.
— Mus. Succession rapide de notes : Manquer un trait. Il Passage plein de verve, de Brio • Cet opéra est plein de traits ravissants.
Il Dans le plain-chant, Psalmodie traînée. Il Figure de notes appelée aussi plique.
— Chasse. Lanière qui sert à tenir en laisse le limier qu'on mène au bois. Il Tirer, bander sur le trait, Se dit du limier qui, à l'approche du cerf, s'efforce de se délivrer du irait qui le retient. Il Allonger le trait, Laisser le trait déployé tout de son long.
— Mar. Bâtiment à traits carrés, Bâtiment dont les voiles priucipales sont carrées. Il Trait du vent, Ligne qui indique la direction du vent. Il On dit aussi trait de compas, li Courir à traits et à rames, Se dit d'un bâtiment qui acquiert ou conserve une vitesse progressive sous l'impulsion du vent sur ses voiles et par l'effet des avirons.
— Navig. fluv. Trait de bateaux, Réunion de bateaux qui sont attachés les uns k la suite des autres et remorqués ensemble.
— Pêche. Espace que l'on parcourt eu traînant un filet.
— Comm. Ce qu'il faut ajouter à l'un des plateaux d'une balance en équilibre, pour la taire basculer : Donner le trait à ses clients.
— Constr. Tracé ; art de la coupe, de la taille de la pierre et du bois : Apprendre, connaître le trait. Il Trait corrompu, Dessin de charpente ou de construction tracé à main levée et sans soin, 11 Couper de trait, Couper le trait, Tailler, dans une matière tendre, le modèle d'une pièce de construction.
— Techn. Quantité de laine qui s'attache à chaque peigne du cardeur. Il Argent doté réduit en til très-fin. Il Trait de scie. V. scie.
Il Trait de Jupiter, Mode d'assemblage des bois, dont le profil présente une ligne brisée qu'on a comparée à la foudre de Jupiter.
Il Pièce de trait, Ouvrage dont toutes les parties sont agencées selon les règles de l'art. Il Trait picard, Nom donné par les serruriers au damassé rayé.
— Min. Machine dont on se sert, dans les ardoisières, pour enlever Jes vidanges.
— Erpét. Espèce de serpent, du genre, éryx. Il Nom vulgaire de l'orvet.
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— Hortic. Trait de buis, Filet de buis nain qui borde une plate-bande.
— Encycl. Littér. Le trait est une pensée qui attire vivement l'attention, soit par l'éclat, soit par l'imprévu, soit par la finesse. Il y a des genres littéraires où le trait serait complètement déplacé; ainsi l'épopée, le grand poëme, la tragédie; ainsi encore l'éloquence de la chaire, et c'est pourquoi Fénelon dit qu'il rejette les fredons, les discours fredonnés et les jeux de mots. 11 est d'autres genres où les trails sont naturellement à leur place : l'épigramme, la satire, la comédie, le madrigal, la fable, la lettre enjouée, l'anecdote, la maxime et le portrait.
L'épigrammta n'est pas toujours aiguisée d'un irait plaisant, comme lia dit Boileau, mais souvent aussi d'un trait mordant, et Boileau lui-même était plus mordant que plaisant, lorsqu'il disait à. Perrault, l'architecte de la colonnade du Louvre :
Vous êtes, je l'avoue, ignorant médecin, Mais non pas habile architecte.
La satire, qui n'est en définitive qu'une longue épigratnme, se compose aussi de traits plaisants ou mordans. Les satires de Résilier, de Briileau en sont remplies. Que de traits heureux dans les bonnes comédies, et surtout dans celles de Molière I « Par ma foi, s'écrie M. Jourdain, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien. » Qui pourrait retenir sa bonne humeur à ce trait si réussi? On ferait une bien riche anthologie des traits qui remplissent les comédies de Molière et dont un grand nombre sont restés dans la mémoire de tous ; mais noua ne pouvons même pas le tenter ici. Dans le madrigal, c'est le trait délicat et An; par exemple, quand Saint-Lambert écrivait :
Fuyez, volez, instant fatal a mes désirs... Mais hélas ! espérances vaines :
Le temps, qui fuit sur nos plaisirs, Semble s'arrêter sur nos peines;
ou quand Fontenelle disait d'une vieille femme qui avait encore de la grâce et de la sensibilité : ■ On voit que l'amour a passé parla.» Aux seuls noms de la fable et de La Fontaine, mille souvenirs de traits lins, piquants, gracieux et surtout imprévus se pressent dans la mémoire :
Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe? Le plus àne des trois n'est pas celui qu'on pense... Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n'est rien,
C'est une femme qui se noie...
Rien ne pèse tant qu'un secret, Le porter loin est difficile aux dames.
Et je sais même sur ce fait
Bon nombre d'hommes qui sont femmes...
Il est plus difficile de détacher les traits qui abondent chez Mme de Sévigné que ceux de Lu Fontaine; ou serait, dans le plus grand nombre des cas, obligé de Citer une bonne partie de la lettre qui les contient.
La plupart des écrivains de notre siècle ont poussé, dans tous les genres littéraires, la recherche du trait jusqu'à* l'abus. Mais c'est au théâtre surtout que se fait sentir cet excès. On y sacrifie au trait l'élude des caractères et l'action. Soit habitude, soit travers d'esprit, le public y a pris un tel goût que souvent, sans s'inquiéter de l'œuvre en elle-même, il guette et salue au passajje ces traits plus ou inoins heureux, appelés mots dans l'argot du jour. 11 va sans dire que dans le nombre on en rencontre qui, par la finesse, la délicatesse, l'k-propos, ne sont pas indignes de ceux dont les écrivains classiques ont fait un si heureux emploi ; on peut avouer cependant qu'il en est plus encore dont le goût est douteux ; l'affectation et la recherche de l'originalité, de l'imprévu font descendre ces traies jusqu'aux simples jeux de mots.
— Gramni. Trait d'union. Le trait d'union s'emploie :
10 Dans toutes les expressions composées dont l'usage veut qu'il unisse les parties composantes : Arc-en-ciel, vice-roi, chef-d'œuvre, un trois-mâts, contre-amiral, Très-Haut, Gustave-Adolphe, Marc-Aurète, quelques-uns, nouveau-né, tout -puissant, etc. Certaines expressions, dont les parties étaient autrefois réunies par un trait d union, ne forment plus aujourd'hui qu'un seul mot. Tels sont : Porteballe, portechape, portefeuille, portefaix, portemanteau, portecrayon, marchepied, zigzag, aparté.
2» Entre un verbe et les pronoms je, moi, nous, tu, toi, vous, il, its, elle, elles, le, la, les, lui, ieur,y,en,on, placés immédiatement après le verbe : Parlerai-je? répondez-lui, allez-y, vient-on? S'il y a deux pronoms, on met deux traits d'union : Donnez-le-moi, transportez-vous-y, allons-nous-en, prêtez-leslui. Mais on écrit faites lui parler, faites en prendre, parce que /u:'-et en àont ici compléments des verbes parler et prendre, et nou du verbe faire; alors ces phrases signifient : Faites parier à lui, faites prendre de cela.
3° Avant et après la lettre t euphonique : Parlet-il? va-telle? On écrit va-t en, et non va-t-eu, parce que f n'est pas une lettre euphonique, mais un pronom mis pour te ou foi; ce qui le prouve, c'est qu'on dit au pluriel allez-vous-en.
° Avant ou après ci, là, ce, accompagnant un substantif, un pronom, une préposition ou un adverbe : Celui-ci, celui-là, cet homme-ci, cette femme- là; là-dessus, ci-dessus, ci-joint, ci-inclus, ci-apiés, par-ci, par-là, là-haut,
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est-ce là que vous demeurée? et dans la locution oui-da.
b<> Entre très et l'adjectif ou l'adverbe suivant : Très-bien, très-fort, etc. Mais il ne fondrait pas de trait d'union dans cette phrase : 11 est très en colère.
6» Pour lier même à un pronom personnel : Moi-même, lui-même, eux-mêmes, etc.
7» Entre les dizaines et les unités, quand celles-ci s'ajoutent aux premières : Dix-neuf, trente-sept, deux cent vingt-quatre. 11 faut ajouter à cette règle le mot quatre-vingts.
8° Entre deux prénoms appliqués à une seule personne : Paul-Louis Courier, Jean- Jacques Rousseau, et entre certains noms Fropres dans le même cas, consacrés par usage : Gay-Lussac, Prévost- Paradai, etc.
9° Entre les mots qui servent ensemble à nommer un département, une- ville, une rue, etc. : Pyrénées-Orientales, Lons-le-Saunier, Civila- Vecchia, Clermûnt-Ferrand, rue des Grands-Augustins, etc.
10" Après non suivi d'un nom, d'un verbe ou de Kadverbe seulement : Non-valeur, nonreceooir, non-seulement.
11» Après quasi suivi d'un substantif : Quasi-contrat, quasi-délit.
Tous les mots français commençant par la préposition latine ultra s'écrivent en deux parties et prennent le trait d'union après cette préposition, excepté ulirumontain.
La préposition extra se joint généralement au moi; il faut excepter extra-muros et quelques expressions exclusivement scientifiques.
Enfin on doit encore employer !e trait d'union dans les mots composés commençant par arrière, demi, mi, quasi, sous, vice, très; il faut le supprimer dans les mots commençant par taiti, archi, co, extra, juxta.
— Typogr. V. division.
— Allus. hlst. Trall du Parlhe, Allusion à la manière de combattre des Parthes. V