G F GE
ou, en divisant port,
pur 2 les termes
or i + A'
du second rap-
GE
On conclut de là un moyen simple de déterminer le centre de gravité. On prend AT=BC
FIg. 3.1
et CS = AD, on joint ST, et cette droite rencontre EK an centre de gravité G. En effet, les deux ttiangles semblables GFS et GET donnent bien
GFFS
GB~ËT'
— Anat. Le muscle trapèze, que ses insertions ont fait nommer pail'anaioinisie Clianssier dorso-sus-acrumien, recouvre la nuque et le dos. Il est large, trapézoïde, assez épais à sa partie moyenne, à angle supérieur tronqué, à angle intérieur très-aigu et très-allongé. Ses insertions fixes se f-nii la protubérance occipitale externe, au tiers interne de la ligne courbe occipitale supérieure, au raphé médian cervical postérieur, aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres cervicales, aux apophyses épineuses des dix premières ou quelquefois des douze vertèbres dorsales, et enfin aux ligaments interépineux correspondants. Son insertion mobile est à l'épine de l'omoplate, à l'aeromion et au bord postérieur de la clavicule. Les fibres charnues' du trapèzi se portent toutes de dedans en dehors, les supérieures obliquement de haut en bas, les moyennes horizontalement, et les inférieures de bas en haut. Elles ne sont recouvertes que par la peau et l'aponévrose sous-jaceute. Elles recouvrent au cou les muscles complexus, splénius et angulaire, au dos le rhomboïde, le petit dentelé supérieur, le susépineux, les spinaux postérieurs et le grand dorsal. Lorsque le trapèze se contracte tout entier à la fois, il porte l'omoplate en dedans et élève le moignon de l'épaule. Si ses libres supérieures entrent seules en action, el'.i s produiront surtout l'élévation de la clavicule. La contraction des fibres de la portion moyenne porte l'épaule directement en arrière, et enfin la contraction des fibres inférieures entraîne l'omoplate en bas et en arrière.
L'os trapèze est le plus externe de ceux qui forment la seconde rangée du carpe. Il est muni en avant d'un crochet, moins considérable que celui de l'unciforme, qui constitua l'èminence ou apophyse externe du carne, en dedans de laquelle est une gouttière oblique pour le tendon du radial antérieur. L'os trapèze s'articule en haut avec le scaphoïde, en bas avec le premier métacarpien, en dedans avec le trapézoïde elle second métacarpien;
f>ar ses autres faces, il donne attache a des igaments.
TRAPÉZÈTE s. m. (tra-pé-zè-te). Antiq.
rora. Syn. de hensaire et de trapkzite.
TRAP
TRAPÉZIE s. f. (tra-pézî — du gr. trapeza, table). CrUst. Genre île crustacés décapodes brachyures, de la famille des cyclométopes, tribu des cancériens, comprenant plusieurs espèces, qui habitent les mers des pays chauds.
TRAPÉZIEN, IENNE adj. (tra-pé-zi-aim i-è-ne — rud. trapèze). Qui appartient au trapèze.
— Qui a la forme d'un trapèze.
TRAPÉZ1FOLIÉ. ÉE adj (tra-pé-zi-fo-li-é — du gr. irapesa, trapèze, et du lat. folium, feuille). Bot. Dont les feuilles ont la forme d'un trapèze.
TRAPÉZIFORME adj. (tra-pé-zi-for-me — du gr. trapeza, trapèze, et de forme). Qui a la forme d'un trapèze.
TRAPÉZITE s. m. (tm-pé-zite — gr. trapeziiis; de trapeza, table). Antiq. gr. Banquier athénien. Il Receveur des finances, en Egypte, sous les l'tolémées.
— Antiq. rom. Syn. de Mensairb. il On dit
aussi TRAPEZETE.
— Entoin. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.
— Encycl, Antiq. gr. Ce nom vint de la table {trapeza) devant laquelle se plaçait le trapézite pour traiter ses affaires. Il ne parait pas que chez les Athéniens, ni chez les autres peuples de l'an Liquité, on ait connu les banques publiques, les banques d'Etat. Cependant la confiance illimitée dont les banquiers jouirent à Athènes donne à penser que 1 Etat exerçait sur leurs opérations une sorte de surintendance. Les trapézites avaient leurs tables sur la place du marché. Leur principale affaire était de faire le change des monnaies moyennant un droit de change. Pour la plupart, ils n'étaient pas citoyens nés à Aihènes, mais résidents étrangers et libres. On pourrait inférer de lk que c'était un métier peu considéré ; mais nous ne voyons rien chez les auteurs qui justifie cette supposition.
Les trapézites ne restèrent pas de simples changeurs; ils devinrent de véritables banquiers entre les mains desquels ceux qui ne voulaient pas se donner le souci de faire eux mêmes valoir leurs fonds les plaçaient à un intérêt modéré. Ils employaient cet urgent reçu en dépôt à des opérations qui leur rapportaient généralement des bénéfices considérables; quelquefois aussi c'est avec leur propre fortune qn ils se livraient à ces opérations. Leurs affaires n'étaient pas bornées à Athènes ; elles s'étendaient à toutes les villes de la Grèce..
Les trapézites avaient une grande réputation d'honnêteté; on traitait avec eux d'affaires importantes sur leur seul»! parole. Pourtant les écrivains nous donnent des exemples de' trapézites ruinés et réduits à la banqueroute. Leurs opérations se faisaient sur une grande échelle; ainsi, le bénéfice net de la banque de Pasion était de 100 mines par an. Quand les trapézites prêtaient de l'argent, c'était à un taux très-élevé; l'intérêt qu'ils demandaient d'ordinaire montait jusqu à 36 pour 100.
TRAPÉZOÈDRE s. m. (tra-pé-zo-è dre — du gr. tra/,eza, trapèze; edra, base). Miner. Solj.lê dont les faces sont trapézoïdales. Il Solide composé de vingt-quatre faces quadrilatères symétriques.
TRAPÉZOÏDAL, ALE adj. (tra-pé-zoi-dal, a-!e — rad. tropézoide). Qui est en forme dé trapèze.
— Géom. Se dit de la figure d'un segment de courbe compris entre deux parallèles, une transversale et un axe de la combe.
— Mur. Voile trapézoïdale. Voile aurique que l'on hisse dans la direction des étais.
TRAPÉZOÏDE adj. (tra-pé-zo-i-de — de trapèze, cl du gr.eidos, aspect). Qui ressemble à un trapèze.
— Anat. Qui a rapport au trapèze : Os trapézoïde. Ligament trapézoïde.
— s. in. Géom. Quadrilatère plan dont tous les côlés sont obliques entre eux.
— Encycl. Anat. Os trapézoïde. On appelle ainsi un os du carpe qui s'articule en bas avec le deuxième métacarpien, en haut avec le scaphoïde, en dehors avec le trapèze, en dedans avec le grand os. Il présente quatre facettes articulaires qui forment les quatre plans d'une pyramide; une facette antérieure non articulaire, très-pelile, qui constitue le sommet tronqué de la pyramide; sur la face postérieure non articulaire qui forme la base de la pyramide, une apophyse externe qui se porte veis le scaphoïde et le trapèze.
TRAPÉZO-MÉTACARPIEN, IENNE adj.
(trape-zo-iné-ta-kar-pi-ain, i-è-ne — de trapèze et de métacarpien). Anat. Qui appartient au trapèze et au métacarpe : Articulation
TRaPÉZO-MÉTaCARPIENNE. 1
— Encycl. Articulation trapézo-métacarpienne. On appelle ainsi en anatomie une des articulations du métacarpe formée par le trapèze et le premier métacarpien. C'est une articulation par emboîtement réciproque; elle représente le type le plus parfait de ce genre de diartbrose. Les surfaces articulaires sont : du côté du trapèze, une surface convexe d'avant en arrière, concave transversalement; du côté du premier métacarpien, une surface présentant une concavité
TRAP
et uneconvexité-en sens inverse. Une capsule fibreuse, plus forte en arrière et en dehors, s'insère en haut et en bas autour des deux surfaces articulaires. Une synoviale lâche et indépendante des autres synoviales du carpe tapisse la cavité articulaire. Tous les mouvements des diarthroses se reneontrentdans cette articulation, sauf la rotation. Cette articulation est en rapport : en avant, avec les muscles de l'éminen 'e tliénar; l'opposant la recouvre immédiatement; en arrière, avec le tendon ou long extenseur du pouce, l'aponévrose et la peau; en dehors, avec le court exienseur et le long abducteur du pouce qui renforce la capsule; en dedans, avec l'artère radiale, au moment où elle traversé l'espace interosseux, ce qui doit rendre le chirurgien très-Circonspect dans la désarticulation du premier métacarpien.
TRÀPEZUNTICS, traducteur et philologue byz;miin, plus connu sous le nom de Georges de Trébizondk. V. ce nom.
TRAPHÉCORYNE s. m. (tra-fé-ko-ri-ne— du gr. traphêx, javelot; koruné, massue). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, originaire de Madagascar.
TRAPICHE s. m. (tra-pi-ehe). Moulin dont on se sert dans l'Amérique méridionale pour briser le minerai.
TRAPP s. m. (trap — du suédois trappe, escalier). Miner. Roche dont la cassure se fait par degrés, en forme d'escalier: Lapie-re de touche des orfèvres est' un trapp de couleur noire. (L. Figuier.)
— Encycl. Le trapp est une roche agrégée, d'apparence homogène, qui paraît être un mélange intime de pyroxène et d'eurite ou de leptinite. La forme de ses massifs rappelle à première vue l'aspect d'un escalier. Sa couleur est ordinairement le vert foncé, le noir verdâlre ou bleuâtre ; mais on a confondu sous le même nom des roches très-diverses et qui ne se ressemblent que par leur couleur foncée. Sous le rapport de la structure, on en distingue trois varîélés principales : le trapp terne, d'un aspect terreux, avec mica et feldspath disséminés; le trapp grenu ou feldspathique, à texture grenue sublamellaire; le trapp compacte ou pétrosiliceux, à texture compacte et à cassure écailleuse. Cette roche forme des filons et des amas ordinairement divisés par un trèsgrand nombre de fissures; on la rencontre isolée ou intercalée dans des terrains sédimentaires, depuis iagrauwacke (terrains de transition) jusqu'au grou pe paléothérien (terrains tertiaires).
Le trapp a des affinités, tant par sa position dans certaines localités que par des transitions minéralogiques, avec certaines matières désignées sous le nom d'amygdaloïdes, à cause des noyaux de diverses sub^anees qu'elles renferment. On a longtemps attribué au trapp une origine aqueuse; d'un côté, on ne trouvait jamais m scoritications à l'intérieur, ni amas de scories dans son voisinage, accidents regardés comme un caractère propre aux roches plutoniques; de l'auire, il se lie intimement avec d'autres roches qui ne paraissent pas d'origine ignée; enfin, on 4*a trouvé en couches distinctes, souvent plusieurs fois répétées, au milieu même des dépôts de sédiment, d'où l'on a conclu qu'il devait avoir la même origine. Aujourd'hui, cette opinion n'a plus cours dans la science. Malgré l'absence des productions scoriacées, le trapp présente toutes les allures des dépôts basaltiques; il forme des buttes isolées ou des plateaux, et sa niasse est souvent divisée en colonnes prismatiques. D'autres fois, il se trouve en filous, simples ou ramifiés et terminés en pointe dans leur partie supérieure, ce qui démontre qu'ils ont été formés par injectinn de bas en haut. Mais il y u encore d'autres faits probants.
« Les Wons de trapp, dit Beudant, ont attaqué les roches qu':ls ont traversées; ici, ils ont coupé des dépôts de matières charbonneuses, et ces matières ont perdu leur b.tume, sont réduites en fraisil, en coke, au contact du filon. Ailleurs, les calcaires traversés sont devenus cristallins, saceliaroïdes, jusqu'à : quelque distance du contact; ils s'y trouvent remplis de grenat, de pyroxène, d'amphibole, d'analcime qu'ils ne renferment pas ailleurs. Les argiles schisteuses sont converties en jaspes divers; les grès liassent à des matières analogues, et quelquefois ils sont convertis en quartz compacte. La matière même du filon, en traversant diverses roches, paraît en avoir subi l'influence; et l'un des faits les plus intéressants est la conversion d'un filon de trapp en serpentine dans les portions de sa masse qui se trouvent encaissées dans les calcaires. •
Quoi qu'il en soit, on peut regarder le trapp, suivant Je même auteur, comme une roche douteuse, où les éléments composants sont indiscernables, et qui passe tantôt à la diorite compacte, tantôt aux basaltes, tantôt à des roches porphyriques et amygdaloïdes; il ne renferme pas de péridnt disséminé. Souvent il forme des niasses disposées eu gradins. Le trapp, dans les pays où il est abondant, comme en Suède, est susceptible des mêmes applications que les autres roches dures, notamment les laves, le basalte, la cornéenne, le pétrosilex, etc. On pense que le basalte des anciens Egyptiens est un trapp
TRAP
qui passe au porphyre. Le trapp a servi, aux âges préhistoriques, et sert encore chez -les sauvages, à fabriquer des haches.
TRAPP (Joseph), poète anglais, né à Cherington, comté de iilooe.stHr, eu 1679, mort en 1747. Il entra dans les ordres, remplit diverses fonction.- ecclesiaxiiques et devint, en dernier lieu, professeur à [université d'Oxford. On a de lui : Abrax.i.t<! ou VAmour et l'empire, tragédie (1704); Caractère du parti artuel des whiys ((7H); Prslectianes portiez (1718,3 vol.); Défense de l'Eglise anglicane contre l'Eglise romaine, etc. Trapp avait traduit en vers libres anglais les œuvres de Virgile et en latin celles d'Anaoréon. — Son fils, Joseph Trapp, a traduit en anglais le Vnyag'e à Madagascar et dans les Iivles orientâtes, avec les Mémoires sur te commerce de la Chine, par Brune! (Londres, 1793, in-8°), et la Vie de Linné {Londres, 1794, in-4°).
TRAPPES, f. (tra-pe — dubas latin trappa, qui vient du germanique : ancien haut allemand trapo, piège, ire bue h et, trappe; anglo-saxon trapp, ancien allemand trappe, anglais trap, même sens, ancien hollandais et bas allemand trappen). Espèce de porte posée horizontalement sur une ouverture pratiquée au niveau du sol ou d'un plancher : Li-uer, ouvrir la trappe, d Ouverture inèine : Monter dans un grenier par la trappe. Tomber dans une trappe.
— Espèce de porte, de fenêtre qui se hausse et se baisse dans une coulisse : Fermer la trappe du colombier. Aux loges des bétes féroces, il y a ordinairement des trappes. (Acad.)
— Piège préparé pour prendre des animaux dans un trou que l'on fait en terre, et que l'on couvre d'une bascule ou de branchages et de feuillages, afin que la bête tombe dans le trou quand elle passe.
— Kig. Piège, ruse : Il n'y a que les Françaises pour inventer de ces sortes de trappes. (Bulz.)
— Théâtre. Partie du plancher de la scène qui s'ouvre et se referme mécaniquement, pour l'apparition ou la disparition subite (l'un personnage ou d'un objet : Il y a un grand nombre de trappes sur te théâtre de t'Opéra. (Acad.)
— Art railit. Trou de loup, fosse circulaire creusée en terre, sur le passage présumé de l'ennemi.
— Constr. Plaque de tôle servant à intercepter l'air froid qui descend d'une cheminée. Il Petite porte qu'on place sur le coffre d'une cheminé", pour servir aux ramoneurs.
Il Porte en lôlc d'une cheminée.
— Techn. Pièce de fer qui s'engage dans les dents du cric d'une berline.
— Encycl. Théâtre. Les trappes sont de forme ronde, carrée ou oblongue, selon le besoin, et on en pratique parfois un si grand nombre dans les théâtres bien machinés, que le plancher semble découpé à jour. Il va sans dire que ces ouvertures sont toujours exactement bouchées et ne s'ouvrent que juste au moment nécessaire, pour se refermer aussitôt.
Au point de vue mécanique, voici comment on procède. Lorsqu'une apparition doit avoir lieu parle dessous du théâtre, la trappe est fermée par un coulisseau très-solide qui se trouve an niveau du plancher; quand le moment est venu, le coulisseau glisse rapidement, laisse à découvert l'ouverture, et celle-ci est bientôt bouchée par un plateau de bois qui forme le sommet d'un fort châssis qui supporte le personnage ou l'objet qui doit faire son apparition. Quand le personnage s'est avancé sur la scène, ou que l'objet a été enlevé, le plateau redescend vivement, et le coulisseau vient de nouveau boucher la trappe.
S'il s'agit au contraire d'une disparition, on a recours seulement à la deuxième partie de cette opération, c'est-à-dire que la trappe est préalablement fermée par le plateau mobile, sur lequel vient prendre place le personnage qui doit disparaître subitement; sur un signal, le plateau se baisse, lu disparition s'opère, et le coulisseau vient ensuite boucher l'ouverture.
Ce genre de mécanisme est loin d'être une invention moderne. • Les anciens, dit Chamfort, avaient plusieurs sortes de machines dans leurs théâires, tant celles qui étaient placées dans l'espace ménagé derrière la scène que celles qui étaient sous les portes de retour, pour introduire d'un côté les dieux des bois et des campagnes, et, de l'autre, les divinités de ta mer. Il y en avait aussi au-dessus de la scène pour les dieux célestes, et enfin d'autres sous le théàire pour les ombres, les Furies et lesdivinués infernales. Ces dernières étaient à peu près semblables à celles dont nous nous servons encore. Pollux (livre IV) nous apprend que c'étaient des espèces de trappes qui élevaient les acteurs au niveau de la^scène'et qui redescendaient ensuite sous le théâtre par le relâchement des forces qui les avaient fait monter. Ces forces consistaient, comme celles de nos théâtres, en des cordes, des roues, des contre-poids. Les machines qui étaient sur les portes de retour étaient des machines tournantes sur elles-mêmes, qui avaient trois faces différentes et qui se tournaient d'un et d'autre côté, selon les dieux à qui elles servaient. »
TRAP
TRAPPE s, f. (tra-pe — d'un vieux mot percheron qui signifie degré). Ordre des trappistes : Entrer à la Trappe. Les religieux de la Trappe. Il disait qu'il y avait un milieu entre ne pas faire du bruit et le néant de la Trappe. (Balz.) Il Maison de trappistes : Fonder une nouvelle Teappe.
— Fig. Lieu où règne le calme le silence : Je prétends être en solitude, je fais de ceci une petite Trappe; je veux y prier Dieu, y faire mille réflexions, (Mme de Sév.)
— Encyol. Hist. relig. L'abbaye de Notre- Dame-de-la-Truppe, de l'ordre de CIteaux, dans le Perche, fui fondée l'an 1140 par le sire de Rotrou, comte du Perche. ■ Cette abbaye, dit la Père Hélyot dans son Histoire des ordres monastiques, fut longtemps célèbre par l'éminente vertu de ses abbés et de ses religieux. Plus de deux cents ans après sa fondation, elle était si considérée des princes et des papes, que l'on trouve jusqu'à quatorze ou quinze bulles des souverains pontifes adressées aux religieux de la Trappe pour confirmer et approuver les droits et les privilèges qui leur avaient été accordés par leurs prédécesseurs. » Maisles trappistes firent comme la plupart des religieux; ils ne tardèrent pas à abandonner peu à peu la rigueur des observances monastiques et en arrivèrent bientôt à cette corruption extrême que les historiens signalent dans la plupart des monastères pendant le moyen âge. Vers le milieu du xvtu siècle , les commandes ayant été établies en France, le cardinal du Bellay fut nommé abbé commendataire de la Trappe. Les religieux s'opposèrent pendant plusieurs années à cette nomination et continuèrent à élire leurs abbés avec l'approbation et la confirmation de la cour de Rome ; mais, enfin, ils furent contraints de céder a l'autorité du roi et au crédit du cardinal. Depuis ce temps, le dérèglement fit de si grands progrès dans cette abbaye, que ses religieux devinrent un objet de scandale pour tous les pays environnants.
Les choses étaient en cet état, lorsque dom Armand-Jean Le Bouthiliier de Rancé devint abbé commendataire de la Trappe. Nous n'entrerons dans aucun détail sur lu vie de l'abbé de Ranoé, qui a sa biographie dans le Grand Dictionnaire ; nous dirons seulement qu'après une vie assez agitée, Le Bouthiliier de Rancé, à l'exemple de quelques grands seigneurs de son temps, crut devoir expier dans la vie religieuse ses erreurs de jeunesse. Après avoir relevé les bâtiments de l'abbaye, l'abbé de Rancé songea sérieusement à remettre en vigueur les anciennes observances et la règle établie par le fondateur du monastère ; mais ce fut en vain qu'il exhorta les religieux à changer de conduite. Les voyant résolus à persévérer dans le libertinage, il leur déclara qu'il avait formé la résolution d'appeler les religieux de l'Etroite observance pour prendre leur place. A cette nouvelle, ils se soulevèrent et se portèrent contre lui aux dernières extrémités, les uns le menaçant de le poignurder, tes autres de l'empoisonner et de le noyer dans un étang. Ces menaces ne le firent pas changer de résolution; les religieux de l'Etroite observance furent introduits dans l'abbaye, et les anciens furent obligés d'y consentir par un concordat qu'ils signèrent le 17 août 1662 et qui fut homologué par le parlement de Paris au mois de février de l'année suivante. L'abbé de Rancé voulut donner luimême l'exemple, et, à l'âge de trente-sept ans, il commença son noviciat. La bénédiction abbatiale, qu'il reçut ensuite, lui donna l'autorité nécessaire pour accomplir ses projets. Il établit peu à peu dans la communauté les pratiques les plus austères, telles que la privation absolue de vin, de poisson et de viande. 11 restreignit autant que possible les rapports des religieux avec les séculiers et fit revivre l'usage des travaux Corporels, abandonné depuis fort longtemps. L'abbé de Rancé ayant été obligé, en l'an 1654, de quitter son monastère pour assister à l'assemblée des abbés et supérieurs de l'Etroite observance qui se tint cette année à Paris au collège des Bernardins, .le prieur.de la Trappe profita de son absence pour défaire une partie du son ouvrage; mais, à son retour, il ne manqua pas de rétablir dans toute sa rigueur l'ancien ordre de choses.
La prière et le silence sont les deux lois fondamentales de l'ordre de la Trappe; ce sont elles que l'on retrouve dans toutes les prescriptions intérieures. Les trappistes doivent continuellement songer à la destruction et à la fragilité des choses humaines. Tous les jours, ils travaillent à la fosse qui doit recevoir leur cadavre, et lors de leurs promenades solitaires, lorsqu'ils se rencontrent, ils ne rompent le silence que' pour proférer cette parole lugubre : « Frère, il faut mourir. » A leurs yeux s'offrent constamment les images de la mort; chaque cellule renferme un crâne humain, placé sur la table auprès du livre de prières comme élément de méditations.
Les trappistes donnent, moyennant un salaire, l'hospitalité aux étrangers, et ceux-ci ne sont pas soumis, pendant leur séjour dans le couvent, à lu rigueur de la règle monastique ; la nourriture qu'on leur sert est saine, abondante et même agréable. Bien que le corps du bâtiment réservé aux voyageurs soit complètement séparé du reste du monastère, les femmes en sont rigoureusement exclues ; elles peuvent loger dans un bâtiment situé à
TRAP
quelque dislance et occupé par des religieuses de CIteaux.
La règle rétablie par l'abbé de Rancé se maintint jusqu'à la Révolution et, sauf quelques dissentiments entre l'abbé et le prieur, on peut dire que l'ordre ne fut plus sérieusement troublé. Lors de la suppression des ordres religieux en France, bien peu de trappistes profitèrent du bénéfice de la.loi et revinrent à la vie séculière ; la plupart se réfugièrent à Fribourg, en Suisse, où ils fondèrent un monastère qui fut fermé par ordre supérieur en 1811. Revenus en France en IS1 7, cinquante-neuf religieux s'établirent à l'abbaye de LaMeilleraie (Loire-Inférieure), et depuis, grâce a la réaction religieuse qui suivit la seconde Restauration, l'ordre de la Trappe prit rapidement une grande extension ; déjà en 1822 cet ordre comptait seize couvents en France. Vers cette .époque, le célèbre Père de Géramb ayant été placé a la tête de l'ordre, les trappistes devinrent si puissants qu'une ordonnance royale en date du 16 juin 1828 ordonna la fermeture de leurs divers couvents; mais cette ordonnance ne fut jamais exécutée et ne put même arrêter leur extension; ils avaient encore fondé de nouvelles maisons quand éclata la révolution de 1830. Le gouvernement de cette époque lit fermer plusieurs couvents de trappistes; mais une bulle pontificale survenue en 1834 consolida l'ordre sous le nom de Congrégation des religieux cisterciens de Notre-Dame-dela-Trappe, et depuis le nombre de3 religieux et des couvents de cet ordre a toujours été en augmentant. En 1844, les trappistes obtenaient l'autorisation de fonder une colonie en Algérie; ils ont créé également une maison en Angleterre et une autre en Amérique. Enfin, pour ne négliger aucun moyen d influence, ils ont fondé en 1851, dans le diocèse de Sens, près d'Avallon, une maison de trappistes prêcheurs , ainsi nommés parce qu'ils enfreignent la règle du silence pour faire des missions soit pendant le carême, soit durant les jubilés.
> Depuis quelques années, les trappistes de l'abbaye de Fécamp, jaloux, sans doute, des succès industriels et commerciaux des chartreux, fabriquent une nouvelle liqueur du" nom de trappistine.
TRAPPEBOIS s. m. (tra-pe-boi). Ornith.
Nom vulgaire de la sittelle d'Europe,
TRAPPÉEN, ENNE adj. (tra-pé-ain, è-ne — rad. trapp), Miuér. Qui a les caractères du trapp. || Qui est formé de trapp : Boches trapfeknnks. Des porphyres trappéens élèvent leurs colonnes sur la montagne de Jacal et d'Oyamel. (La Rena'udière.Jll Terrains trappéens. Groupe comprenant les terrains volcaniques qui ont subi une liquéfaction pâteuse.
TRAPPELLEs. f. (tra-pè-la — rad. trappe). Sorte de petite souricière à trappe.
TRAPPER v. n. ou intr. (tra-pé — rad.
trappe). Chasser, dans la langue des chasseurs de l'Amérique du Nord : Ce vieux trappeur a passé vingt ans de sa vie à trapper dans les diverses parties des montagnes Rocheuses. (Illustr.)
TRAPPETTE s. f. (tra-pè-te — rad. trappe). Techn. Baguette établie entre les lisses, et servant à faire retomber les fils. qui demeurent suspendus lorsque les navettes sont passées.
TRAPPEDR s. m. (tra-peur — de "l'angl.
trapper, celui qui chasse à la trappe). Chasseur de profession, dans l'Amérique du Nord : L'Orégon n'était alors qu'un vaste désert, traversé de temps à autre par quelques trappeurs. Le déserteur catalan offrait, du reste, de guider une troupe de trappeurs jusqu'au rivage où campaient les Anglais. (E. Gonzalès.)
TRAPPILLON S. m. (tra-pi-llon ; Il mil. — rad. trappe). Ce qui sert à tenir fermée une trappe.
— Théâtre. Nom donné aux ouvertures pratiquées dans le plancher de la scène pour livrer passage aux décorations appelées fermes, qui montent des dessous.
TRAPPISSON s. m. (tra-pi-3on — dim. de trappe). Théâtre. Planche qui sert à combler le vide d'une caussetière : Cette danseuse s'est pris le pied dans une caussetière qu'on avait négligé de fermer par un trappisson.
TRAPPISTE s. m. (tra-pi-ste — rad.
Trappe). Religieux de l'ordre de la Trappe, dont le chef-lieu était à la Trappe, près de' Mortagno : Les trappistes ont survécu à tous les ordres comme le fossoyeur survit aux funérailles. (Quinet.) Les trappistes mènent le deuil non d'eux-mêmes, mais d'une époque (Quinet.) [trUte)
Quand on est pnuvre et fier, quand on est riche et On n'est plus assez fou pour Be faire trappiste. A. ce Musset.
— - Encycl. V. TRAPPE.
TRAPPISTINE s. f. (tra-pi-sti-ne — rad.
trappiste). Religieuse appartenant à un couvent dé l'ordre de la Trappe.
— Nom donné aune liqueur fabriquée par les trappistes.
TRAPPITE s. f. (tra-pi-te — rad, trapp). Miner. Roche à base de trapp.
TRAPPON s. m. (tra-pon — rad. trappe).
TRAQ
Trappe à fleur de terre qui sert à fermer les caves où l'on entre par la rue, par une boutique, etc.
TRAPU, UE adj. (tra-pu, û — du vieux français irape, que quelques-uns dérivent, p;ir transposition, du celtique : gaélique tarp, monceau, kymrique talp, talpen, même sens, tulyian, faire des monceaux, peut-être de la racine sanscrite tarp, qui signifie rassasier, mais qui a pu signifier dans l'origine combler, amonceler. D'un autre côté, Diez fait venir trape du germanique : ancien haut allemand taphar, tapar, lourd, considérable, allemand moderne tapfer, fort, brave, d'où aussi le vieux haut allemand taphari, monceau. Diez appuie cette hypothèse de l'analogie du moyen haut allemand tapfern, mûrir, auquel correspond de même le français traper. Le vieux français trape, en effet, peut tout aussi bien venir de tapar que tremper de lemperare). Gros et court, surtout en parlant des hommes et des animaux : Un petit homme trapu. Une femme trapue. Un cheval trapu. (Acad.) Vauban était un homme de médiocre taille, assex trapu. (St-Sim.) Les petits cerfs trapus n'habitent guère les futaies et se tiennent presque toujours dans les taillis. (Buff.) Les abbés étaient petits, trapus, rondelets, bien mis, câlins, complaisants, curieux, gourmands,alertes,insinuants. (Brill.- Sav.) Peu après, je vis entrer un petit homme gras, frais, joufflu, trapu, guilleret, qui vint rôder dans ta cuisine. (Brill.-Sav.) Il était trapu, replet et avait le cou d'un apoplectique. (Balz.) Un instant elle resta sans mouvement, ramassée sur ses membres trapus. (E. Sue.) En outre, il avait, quoique naturellement d'une taille assez haute, acquis cette vigueur trapue d'un corps toujours concentrant ses forces en lui. (Alex. ,Dum.)
— Se dit aussi quelquefois en parlant des choses : Les brindilles sont des branches petites et trapues. (Raspail.) Des roches trapues se penchent en surplombant sur le précipice. (H. Taine.)
— Syn. Trapu, nabot, ragot. V. NABOT.
TRAQUE s. f. (tra-ke — rad. traquer).
Chasse. Action de traquer : Je ne m'amuserai pas à raconter les petites traques où nous ne trouvâmes que des lièvres et des renards. (L. Viardot.) Je ne me presse pas de commencer ma traque, et pour cause. (E. Sue.)
— Mar. Nombre de trois avirons : Les avirons se vendent par traque.
— s. m. Peur, venette : Franchement, j'ai un peu le traque. (Delacour.)
TRAQUÉ, ÉE (tra-ké) part, passé du v.
Traquer. En parlant d'un animal sauvage ou du gibier, Placé dans une enceinte formée par des chasseurs qui se rapprochent de plus en plus : Loup traqué.
Chacun court, chacun se le renvoie, Comme un chevreuil traqué dans les taillis, Et mieux lardé que lapin de Senlis.
J.-B. Rousseau.
— Par ext. En parlant des personnes, Poursuivi, serré de près : Etre traqué par les gendarmes. Pichegru, TRAQUÉ par la police de Bonaparte, paya trente mille francs une nuit de sommeil pendant laquelle il fut vendu et livré. (Brill.-Sav.) Menacé d'être jeté en prison, traqué, poursuivi pour dettes, duels et mauvaises affaires, je ne savais où donner de la tête. (Scribe.)
TRAQUENARD s. m. (tra-ke-nar. — Ce mot pourrait bien être, comme on l'a pensé, une contractidn de traque-renard; U signifierait ainsi proprement piège. Peut-être aussi que traquenard répond à une forme hollandaise trekkenaar, de trekken, tirer, qui est le primitif de traquer. Littré le rattache h. tracanoir, espèce de dévidoir). Sorte de piège dont on se sert pour prendre les animaux nuisibles : Les belettes, tes fouines se prennent au traquenard. Après moi tout sera dit, et l'on chassera avec des traquenards, des pièges, des trappes. (Alex. Duin.) Le loup se prend rarement aux pièges, traquenards ou fosses à bascule. (Toussenel.)
— Fig. Piège tendu à quelqu'un : Je viens d'avoir le plaisir de vous empiéger dans te plus terrible traquenard. (Beaumarchais.) Nous voilà pris, j'en suis sûr, dans un traquenard. (Balz.) Nous voilà donc tombé dans le traquenard 1 (Proudh.)
Le diable vous emporte !
On Ile tend pas aux gens un traquenard .pareil,
E. Auoiee.
— Chorégr. Ancienne sorte de danse vive et gaie : Nous allons danser le traquenard.
— Manège. Allure que prennent habituellement les chevaux fatigués ou poussés hors de leur train, et qui consiste à trotter devant et à galoper derrière : Ce cheval va le traquenard. (Acad.) il Cheval qui a cette allure : C'est un fort bon traquenard. (Scarron.)
— Encycl. Chasse. Le traquenard est par excellence le piège des bêtes de proie ; il était employé dès le moyen âge, et nos plus anciens écrivains en font mention. On trouve des descriptions de ce piège dans tous nos vieux auteurs qui s'occupent de la chasse. Les traquenards étaient alors en bois ; ils se composaient de deux planches et d'un morceau de bois qui, séparant ces planches, les maintenait éloignées l'une de l'autre. Une marchette, sur laquelle l'animal, attiré par
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un appât, venait poser la patte, écartait ce morceau de bois, et les deux planches, poussées violemment l'une vers l'autre "par un ressort ou, le plus souvent, par une corda double tordue comme la corde d'une scie, se rapprochaient et saisissaient le cou du larron. Ces deux planches étaient généralement dentées, pour mieux saisir la proie. Cet instrument primitif, qui a détruit des milliers d'animaux nuisibles et qui en a laissé échapper bien davantage, a donné l'idée des tra- ?uenards modernes. Il en existe de plusieurs ormes; voici la plus commune: un cercle de métal, qu'il est facile de maintenir solidement sur le sol, sert de base au piège; sur ce cercle sont fixés deux .morceaux de fer; deux demi-cercles du même métal, ordinairement armés de pointes, ont leurs extrémités engagées dans ces morceaux de fer, de manière à pouvoir librement s'ouvrir en s'appliquant sur le cercle ou se fermer en se rupprochant l'un de l'autre. Un ressort puissant est fixé d'un côté sous le premier cercle; il porte à l'autre bout un œil assez large, dans lequel passent les deux demi-cercles que ce ressort est destiné a rapprocher. Une marchette tient une détente à deux crochets : l'un de ces crochets se place sous le grand cercle, l'autre sur l'un des demi-cercles, que l'on abaisse à cet effet. Quand l'animal touche à la marchette, le dernier crochet s'échappe et les deux demi^cercles, se rapprochant, saisissent leur proie. On ne doit tendre ce piège qu'avec les plus grandes précautions.
— Manège. Le traquenard ou amble rompu est une allure assez rare et regardée comme défectueuse par les écuyers. Dans cette allure, les battues des quatre extrémités sont distinctes et séparées par des intervalles inégaux comme dans le pas relevé; mais, tandis que dans ce dernier les battues sont rapprochées par bipèdes diagonaux, dans le traquenard elles le sont par bipèdes latéraux. « En effet, dit M. Lecoq, dans cette allure, les membres agissent par paires latérales comme dans l'amble; mais, au lieu de se lever et de se i poser simultanément, les deux membres du même côté laissent entre leurs battues un intervalle assez court, dont la brièveté est rendue plus sensible par la longueur de celui qui sépare les deux battues de chaque bipède latéral des deux battues du bipède latéral opposé. Le traquenard présente, comme le pas relevé, une grande rapidité dans les mouvements des membres et peu d'élévation de la masse du corps, en même temps qu'un déplacement horizontal asses analogue à ce;lui du pas et d'autant plus fatigant pour l'animal, qu'il ne peut l'exécuter que très-vite, le traquenard remplaçant pour lui l'allure du trot. » Le traquenard peut être considéré comme un pas très-accéléré se rapprochant de l'amble, et le pas relevé comme le trot, par l'ordre dans lequel les membres se succèdent seulement, mais non par l'impulsion en hauteur.
Les animaux qui ont l'allure du traquenara ne sont point admis, et avec raison, dans les manèges; mais ils sont très-convenables pour les personnes qui restent longtemps à cheval. Seulement, ces animaux sa ruinent trèspromptement, eur leur force musculaire n'est point en Tapport avec la fatigue qu'ils éprouvent dans l'exercice.
TRAQUER v. a. ou tr. (tra-kê — du vieux français traque, piège ; d'autres le font venir de l'anglais tracte, trace, ornière, qui semblerait dérivé du hollanduis trekken, tirer, et aussi marcher, aller, çjui appartient sans doute à la racine sanscrite trag, aller, mouvoir; d'où aussi le latin traho, tirer, le gothique thragian, allemand tragen, et le lithuanien traukiu, russe trogoiu, tirer, aller). Fouiller un bois pour en faire sortir le gibier. Il Pratiquer une enceinte dans un bois, de manière qu'en la resserrant toujours on oblige les bêtes que l'on chasse d'entrer dans les toiles ou de passer sous le coup du chasseur ; Traquer un bois pout prendre un loup. (Acad.)
— Enfermer dans un cercle de chasseurs qui se resserre de plus en plus : Traquer un cerf dans les taillis. Les gardes s'étaient réunis pour nous battre le bois et traquer du grand gibier. (L. Viardot.) Ces cris sont ceux des gens qui traquent le sanglier. (E. Sue.)
— Par ext. En parlant des personnes, Poursuivre, serrer de près : Traquer des voleurs, des contrebandiers. (Acad.) Bientôt le czar en personne vint les tkaquer dans leur dernière retraite. (Mérim.) /e le traqub- RAt de salon en salon. (E. Sue.)
L'Angleterre orgueilleuse, et n'aimant que les siens, Comme des animaux traque les Canadiens.
A. Bakbies.
TRAQUET s. m. (tra-kè — du vieux français traque, piège). lJiége qu'on tend aux bêtes puantes : Il trouva dans le bois un renard pris au traqukt. (Acad.)
— Fig. Piège, artifice : Tomber dans le traqubt. Donner- dans le traqukt. Il donna dans le traquet comme un sot. (Acad.)
— Techn. Claquet, morceau de bois attaché à une corde, lequel passe au travers de la trémie, et dont le mouvement fait tomber le blé sous la meule du moulin : Le traqubt d'un moulin. || Cette femme est un vrai traquet de moulin, sa langue va comme un traquet de
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moulin, Cette femme parle beaucoup, h. tort et à travers.
— Ornith. Genre de passereaux dentirostres, comprenant un certain nombre d'espèces, dont une dizaine se trouve en Europe : Les terrains en plaine fraîchement labourés sont surtout exploités par les traquuts, à l'époque de leurs migrations d'automne. (Z.
Gerbe.) Le traquet se tient sur le sommet des branches les plus élevées des buissons. (Belon.) Les TRAQUKTS disparaissent en automne, quand les insectes viennent à leur manquer. (V. de Bomare.)
— Encycl. Ornith. Les traquets forment un genre assez distinct, caractérisé par un bec droit, grêle, à base un peu pi'is large que haute, à arête avançant sur le front; des narines basales latérales, ovoïdes, à moitié fermées par une membrane; des pieds à tarses souvent très-longs. Le genre traquet est représenté dans toutes les parties de l'ancien continent par un grand nombre d'espèces. Les unes, et c'est la plus grande partie, vivent dans les lieux découverts, dans les landes stériles ou sur les rochers, quelquefois k de grandes élévations ; les autres sont plus souvent dans le voisinage des haies, dans lés bruyères ; toutes s'éloignent des grands bois. Ces oiseaux sont d'une vivacité et d'une défiance extrêmes; aussi les tue-t-on difficilement. Ils nichent dans les tas de pierres, dans les crevasses de rochers , souvent aussi à terre, entre les racines, dans les buissons. Leur nourriture ne se compose uniquement que d'insectes, qu'ils saisissent le plus souvent avec célérité ; mais ils mangent aussi les baies de quelques arbustes, et principalement celles du pistachier térébinthe. Leurs tarses, très-longs, les rendent habiles coureurs; leur queue est sans cesse en mouvement. Les traquets, par leur bec déprimé à la base et par leur bouche assez fendue, se lient aux gobe-mouches ; ils passent aux merles par quelques-unes de leurs espèces, et, comme l'a fuit remarquer de La Fresnaye, certains merles doivent être considérés comme de vrais traquets, en ce sens qu'ils ont les mêmes mœurs et les mômes habitudes.
Le traquet proprement dit est une espèce très-commune au printemps. Il a la tête, la gorge, le dos et les petites couvertures des ailes d'un noir parfait; chaque plume est finement liserée de roux brun ; une grande tache blanche sur les côtés du cou, sur le haut des ailes et sur la croupion ; la poitrine d'un roux foncé; les parties inférieures du corps d'un roux très-clair, et la queue blanche k son origine, noirâtre dans le reste de son étendue.
On reconnaît facilement cet oiseau par l'habitude qu'il a' de se percher à l'extrémité des branches les plus élevées des haies et des buissons. Très-agile et très-vif, on le voit sans cesse en mouvement, voltiger de buisson en buisson, sur lesquels, aussitôt qu'il se repose, il ne cesse d'agiter les ailes et la queue comme s'il voulait reprendre son essor. Il niche au pied des touffes d'herbes et pond cinq ou six œufs d'un vert blanchâtre avec quelques taches d'un roux jaunâtre. Il habite dans presque tous les pays de l'Europe.