‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 482 sur 1042 · P*NARD · texte numérisé non relu

P*NARD

UBIQUITAIRE s. in. (u-bî-kui-tè-re — rad. ubiquité).- Théol. Syn. d'uBiQuiSTK.

UBIQUITÉ s. f. (u-bi-kui-té — d'un type latin ubiquitas, formé de l'adverbe ubique, partout). Théol. Etat de ce qui est partout ; faculté de se trouver partout à la fois : Les théologiens font de ^'ubiquité un des attributs de Dieu. Certains luthériens accordent /ubiquité à Jésus-Christ.

— Fam. Faculté que semble avoir une personne d'être en plusieurs lieux, à la fois : Vous icit vous jouisses donc de /'ubiquité?

— Encycl. Philos. On appelle -ubiquité, omniprésence ou immensité, l'attribut par lequel Dieu est présent partout, d'après la doctrine admise en théologie naturelle. Les maîtres du spiritualisme sont partagés sur la" manière d entendre l'ubiquité ou imm&nsité divine. Quelques-uns veulent que Dieu soit présent partout, non par sa substance, mais uniquement par sa connaissance et sa puissance. Ils soutiennent que la parfaite simplicité et indivisibilité d'un être tout spirituel exclut en Dieu un attribut panthéiste tel que l'immensité substantielle, qui n'a de sens intelligible que celui d'une étendue sans bornes, mais d'une étendue réelle. Attribuer à Dieu, disent-ils, l'ubiquité ainsi comprise mène à le reconnaître étendu, c'est-à-dire à réunir en lui les deux attributs pensée et étendue, dont la séparation et l'incompatibilité est le principe fondamental du spiritualisme. C'est précisément la thèse de Spinoza. Voici comment il l'expose :

L'étendue, dit-il, est un attribut de Dieu; en effet, l'étendue est infinie, et ce qui est infini ne peut être que Dieu ou un attribut de Dieu. L'étendue est infinie; car, essayez de limiter l'étendue; avec quoi la limitezvous? avec elle-même. En réalité, concevoir

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l'étendue limitée, ce n'est plus concevoir l'étendue, mais un de ses modes, c'est-à-dire un corps ; l'étendue réelle, distincte du corps, prise en soi dans sa plénitude et sa perfection, est parfaitement positive, c'est-à-dire sans négation, c'est-à-dire sans limitation. L'étendue n'est donc pas un mode, puisque tout mode est fini de sa nature. D'un autre côté, l'étendue, quoique infinie, n'est pas l'infini absolu; car elle ne contient qu un genre précis de perfection, et l'infini absolu les contient tous. L'étendue est donc une perfection déterminée, contenue dans l'absolue perfection, une infinité relative qui exprime à sa manière l'absolue infinité ; en d'autres termes, un attribut de Dieu. Spinoza dit nettement et résolument que l'étendue infinie, c'est Dieu même; en termes plus significatifs encore, que Dieu est chose étendue (ûeus est res extenso). D'un antre côté, Dieu est indivisible, non-seulement dans le fond de son essence non encore manifestée, mais dans toutes les manifestations immédiates de cette essence, dans tous les attributs qui l'expriment et la développent. En effet, si la substance divine était indivisible, les parties qu'on obtiendrait en la divisant en retiendraient ou non la nature. Dans le premier cas, on aurait plusieurs substances de même nature ou plusieurs dieux, ce qui est absurde ; dans te second cas , la substance, une fois divisée, perdrait sa nature, c'est-à-dire cesserait d'être.

Mais comment concilier en Dieu l'étendue et l'indivisibilité? Spinoza aborde franchement cette difficulté de sa doctrine. Tout s'explique, à l'en croire, par la distinction de l'étendue finie , qui est proprement le corps, et de l'étendue infinie, qui seule convient à la nature de Dieu. Dire que Dieu est étendu, ce n'est pas dire que Dieu ait longueur, largeur et profondeur, et qu'il.se termine par une figure, car alors Dieu serait un corps, un être fini, chose ridicule. Non, Dieu n'est pas telle ou telle étendue divisible et mobile, mais l'étendue en soi,- l'immobile et indivisible immensité. On objectera qu'il est toujours possible de concevoir une étendue quelconque, même infinie, comme divisée eu deux parties, et l'on demandera si chacune de ces parties de l'immensité divine est finie ou infinie. Dans le premier cas, l'infini se composerait de deux parties finies; dans le second cas, on aurait un infini double d'un autre infini , toutes conséquences qui paraissent insoutenables.

Spinoza répond en niant positivement que l'étendue puisse se concevoir comme divisée, si ce n'est par un acte d'imagination ; par la raison, cela est impossible. L'étendue, suivant lui, est essentiellement une ; elle ne se compose point de parties, pas plus qu'une ligue. géométrique ne se compose d'un certain nombre de points. Concevoir l'étendue divisée, c'est donc en détruire l'essence, c'est en contredire la notion. Mais supposons l'étendue divisée; on demande si chaque partie*' sera infinie. Oui, sans doute, mais d'une infinité appropriée à sa nature, d'une infinité partielle. On se récrie en entendant parler d'un infini plus grand qu'un antre infini; c'est qu'onxn'a pas assez approfondi la nature 'de l'infini. 11 y a trois degrés dans l'infinité. Au premier degré, on doit placer ce qui est absolument infini par la vertu de son" essence,, c'est-à-dire ce qui est l'infini même, Dieu. Au second degré, se trouvent des infinis relatifs et déterminés, qui ne sont point infinis par la force de leur essence, mais par celle de la cause qui les produit; par exemple, la pensée et l'étendue infinies. Enfin, il y a encore une espèce inférieure de choses infinies, celles qui ont des limites, mais dont les parties ne peuvent être égalées ni déterminées par aucun' nombre, quoique l'on sache le maximum ouïe minimum où ces parties sont comprises; par exemple, une ligne finie a un nombre infini de points ; une durée finie comprend une infinité d'instants.

Spinoza conclut que rien n'empêche de concevoir Dieu comme étendu et incorporel tout ensemble ; au contraire, c'est justement parce qu'il est étendu d'une façon parfaite qu'il est parfaitement incorporel et indivisible.

Cette thèse spinoziste se déduit logiquement de l'ubiquité substantielle de Dieu, si .logiquement que des philosophes spiritualistes tels que Fénelon et Malebranehe , Newton et Clarke, y sont conduits et, pour ainsi dire, acculés par leurs spéculations sur l'immensité divine, malgré 1 énergique répulsion qu'ils manifestent contre le panthéisme de Spinoza. Ecoutons Fénelon parler de Yubiquilé de Dieu :

• Après avoir, dit-il, considéré l'éternité et l'immutabilité de Dieu , qui sont la même chose, je dois examiuer son immensité. Puisqu'il est par lui-même , il, est souverainement. Puisqu'il est souverainement, il a tout l'être en lui. Puisqu'il a tout l'être en lui, il a sans doute l'étendue; l'étendue est une manière d'être dorft j'ai l'idée. J'ai déjà vu que mes idées sur l'essence des choses sont des degrés réels de l'être, qui sont actuellement existants en Dieu et possibles hors de lui, parce qu'il peut les produire. L'étendue est donc en lui, et.il ne peut ta produire au dehors qu'à cause qu'ello est renfermée dans la plénitude de son être. D'où vient donc que je ne le nomme point étendu et corporel? C'est qu'il y a une extrême différence entre

UBIQ' •

attribuer à Dieu toutjé positif de l'étendue ou lui attribuer l'étendue avec une borne ou négation. Qui met l'étendue sans bornes change l'étendue en immensité ; qui met l'étendue avec une borne fait la nature corporelle. Dès que vous ne mettez aucune borne à l'étendue, vous lui ôtez la figure, la divisibilité, le mouvement, l'impénétrabilité : la figure, parce qu'elle n'est que la manière d'être bornée par une superficie; la divisibilité, parce que ce qui est infini ne peut être diminué, ni par conséquent divisé, ni par conséquent composé et divisible; le mouvement, parce que, si vous supposez un tout qui n'a. ni parties ni bornes, il ne peut ni se mouvoir au delà de sa place, puisqu'il ne peut y avoir de place au delà du vrai infini, ni changer l'arrangement et la situation de ses parties, puisqu'il n'a aucunes parties dont il soit composé ; enfin, l'impénétrabilité, puisqu'on ne peut concevoir l'impénétrabilité qu'en concevant deux corps bornés, dont l'un n'est point l'autre, et dont l'un ne peut' occuper le même espace que l'autre. Ces principes posés, il s'ensuit que tout le positif de l'étendue se trouve en Dieu, sans que Dieu soit ni figuré, ni capable de mouvement, ni divisible, ni impénétrable, ni par conséquent palpable. >

Entre ce langage de Fénelon et celui de Spinoza, entre la manière dont Fénelon explique cojnment le positif de l'étendue se trouve en Dieu et les arguments dont se sert Spinoza pour justifier sou assertion que Dieu est chose étendue (res exlensa), il serait, croyons-nous, difficile de montrer une réelle différence.

C'est aussi fort vainement, il nous semble, que Malebranehe croit, sur cette question do l'ubiquité substantielle de Dieu, s écarter de Spinoza en attribuant à Dieu, non l'étendue matérielle,, mais l'étendue intelligible. « L'étendue, dit-il, est une réalité et, dans l'infini, toutes les réalités se trouvent. Dieu est donc étendu, aussi bien que les corps, puisque Dieu possède toutes les réalités absolues ou toutes les perfections; mais Dieu n'est pas étendu comme les corps,, car il n'a pas les limitations et les imperfections de ses ' créatures. » Et ailleurs : « Il y a une raison qui porte les hommes à croire que la matière est incréée; c'est que, quanti ils pensent à l'étendue, ils ne peuvent s'empêcher de la regarder comme un être nécessaire. En effet, ils conçoivent que le monde a été créé dans des espaces rmmenses, que ces espaces n'ont jamais commencé et que Dieu même ne peut les détruire; de sorte que, confondant la matière avec ces espaces, parce que effectivement la matière n'est rien autre chose que de l'espace ou de l'étendue, ils regardent la matière comme un être éternel. Mais tu dois distinguer deux espèces d'étendue, l'une intelligible, l'autre matérielle. L'étendue intelligible est éternelle, immense, nécessaire; c'est l'immensité de l'êlra divin en tant qu'infiniment participable par la créature corporelle, en tant que représentatif d'une matière immense... L'autre espèce d'étendue est la matière dont le monde est composé ; bien loin que tu l'aperçoives comme un êtro nécessaire, il n'y a que la foi qui l'apprenne son existence. Ce monde a commencé et il peut cesser d'être; il a certaines bornes qu'il peut ne point avoir... L'étendue intelligible te-paraît éternelle, nécessaire, infinie; crois ce que tu vois/ Mais ne crois pas que le monde soit éternel, ni que la matière qui le compose soit immense, éternelle, nécessaire; n'attribue pas à la créature ce qui n'appartient pas au créateur. »

Malebranehe ne s'exprime pas toujours d'une manière suffisamment claire sur ce qu'il appelle l'étendue intelligible; mais il résulte des passages que nous venons de citer, et de nombre d'autres, qu'il s'agit pour lui, non simplement de l'idée d'étendue, c'està-dire d'une étendue qui serait en Dieu , comme on disait au XV»e siècle, objectivement| en idée, mais de la véritable étendue sans bornes, de l'espace immense, considéré comme un attribut formel de Dieu. Or, Arnauld et Mairan ont très-bien montré qua l'étendue intelligible, ainsi interprétée, ne diffère pas de l'immobile et indivisible étendue attribuée par Spinoza à la substance divine.

Newton et Clarke admettent l' ubi juffa'sub^ staDtielle dé Dieu, ce qui n'a rien que de naturel, car, sans voir l'écueil spinoziste où ils se heurtent, ils n'hésitent pas à soutenir que l'espace infini est un attribut nécessaire de Dieu. Newton se sert même à, ce sujet d'expressions assez extraordinaires. Il dit carrément que l'espace est pour Dieu une espèce de sensorium où il perçoit les objets de la nature. Dieu, dit-il, est présent à l'univers* non-seulement par sa vertu créatrice et conservatrice , mais d'une présence effective et substantielle (omniprœsens est, non per virtutem solam, sed etiam per substantiam). On s'explique alors ce qui paraissait inconcevable ; que Dieu connaisse tout, qu'il soit présent aux êtres les plus vils et les plus ohétifs. Dieu, selon Newton, présent en tout l'espace, perçoit les corps comme l'âme huanaine, présente au cerveau, y perçoit les impressions des corps.

On doit concevoir qu'il n'y a pas plus de hardiesse à dire, comme Spinoza, que Dieu est chose étendue, qu'à dire, comme Newton, que l'espace infiui est le sensorium de

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Dieu. Leibniz avait très-bien vu le senapanthêiste de ce mot et la portée panthéista^do la doctrine qu'il exprime. « 11 n'y a guère, dit-il dans une de ses réponses à Clarke, d'expression moins convenable sur ce sujet que celle qui donne a Dieu un sensoriunt, li semble qu elle le fait l'âme du mondé. Et on aura bien de la peine à donner à l'usage quo M. Newton fait de ce mot un sens qui lo puisse justifier... Dieu s'aperçoit des choses en lui-même. L'espace est le lien des chose?, et non pas le lieu des. idées de Dieu, à moins qu'on ne considère l'espace comme quelque chose qui fasse l'nnion de Dieu et des choses, à l'imitation de l'union de l'âme et du corps qu'on s'imagine; ce qui rendrait encore Dieu

I àmo du monde. • Selon Leibniz, l'ubiquité divine se manifeste et s'explique pur la puissance et les opérations de Dieu, et non par une sorte de diffusion de sa substance dans l'espace. Leibniz contredit* ici non-seulement Spinoza", mais encore Fénelon et Malebranehe, Newton et Clarke, en quoi il no fait que tirer les conséquences de sa doctrine do l'étendue.

UBIRRE s. m. (u-bi-re). Ichthyol. Syn. do tricbiurb lbptuee, poisson de l'Atlantique.

UBI S0L1TUDINEM FACICIST, PACEM APPELLANT, mots latins qui signifient : ■ Où ils ont fait un désert, ils disent qu'ils ont donné la'paix. » Cette phrase célèbre, qui flétrit si énergiquement l'ambition de .ces conquérants qui colorent leurs ravages d'un spécieux prétexta de civilisation, est tirée do la harangue que Tacite met dans la bouche de Galgacus, héros calédonien : « Ni l'Orient ni l'Occident ne les ont rassasiés (les Romains); seuls, de tous les mortels, ils poursuivent d'une égale ardeur et les richesses et la misère : enlever, égorger, piller, c'est, dans leur faux langage, gouverner, et où Us ont fait un désert, ils disent qu'Us ont donné la paix. •

UBTUM s. 'm. (u-bi-omm). Bot. Syn. de

ROXBURGHIB.

UBOLDO, bourg du royaume d'Italie, province de Milan, district" de Ga'llarate, mandement de Snronno; 2,220 hab.

(IBRIQUE, en latin Ogurris, bourg d'Espagne, province et à 83 kilom. S.-O. de M"laga ; 7,500 hab. Fabrication de grosses étoffes de laine, tanneries ; mines de fer aux environs.

UCA s. f. (u-ka). Crust. Genre de décapodes brachyures, de la famille des catomfjtopes , tribu des g£caroiniens , comprenant deux espèces, qui vivent sur la terre, dans l'Amérique du Sud.

— Encycl. Ces crustacés ont pour caractère* principaux : une carapace très-élovée, de forme ovalaira, beaucoup plus large que longue; le front haut, très-incliné et presque arrondi; les orbites assez grandes et ouvertes en dehors; la bj>uche rhomboïdale; les patj.es antérieures ovulaires et petites. Ce genre ne comprend qye quelques i espèces, dont la plus connue est Vueai elle est longue de on>,05 à 0"',06 ; les bords latéraux de sa carapace sont garnis d'une petite orêto saillante et finement dentelée; cette espèce habite l'Amérique du Sud. Ces crustacés vivent à terre, mais leurs mœurs sont peu connues; le peu qu'on en connaît rappelle assez bien celles dés gécarcina ou tourlourous.

UCACÉE s. f. (u-ka-sé). Bot. Syn. de BLAitfvitxÉE, genre de composées.

UCALAYE, rivière de. l'Amérique du Sud, formée dans lu république du Pérou par lu. réunion de l'Apurimac et du Vilcanota, par 10» 15' de latit. S. et 75» de longit. 0. Elle coule au N., entre dans la république de l'E- 'quateur et se joint, après un cours sinueux de 950 kilom,, à la Tunguragua, qui prend dès lors le nom d'Amazone.

CCALÉGON, vieillard troyen, qui ne put, à cause de son âge, combattre contre les Grecs. Sa maison était voisine du palais d'Anchise ; aussi fut-elle l'une des premières brûlées par les Grecs. IMtlégon est mentionné dans le xnie chant de l'Iliade et dans le Ilo livre de l'Enéide,

UCCELLO ou DCELLO (Paolo Dl DoNO.dit), peintre florentin, né on 1389, mort en H72,

II doit ce surnom à sa prédilection pour les oiseaux, qu'il introduisait dans toutes ses compositions. Il fit faire d'immenses progrès à l'art de la perspective, tirée de l'enfance par l'école du Giotto et celle du Masaccio» Il a peint surtout des édifices, des colonnades qui représentaient, dans un cadre resserré, de vastes perspectives, ainsi que des figures qui offraient des mouvements et des raccourcis inconnus jusqu'alors. Parmi ses rares ouvrages, on cite encore aujourd'hui : les fresques de Sainte-Marie-Nouvelle, à Florence; une figure colossale de condottiere et quatre têtes de prophètes, dans la cathédrale de la' même ville; un Saint Jérôme, à la pinacothèque de Munich, et cinq portraits au Louvre.

UCCLE, ville de Belgique, province du Brabant méridional, arrond. et à 5 kilom. S. de Bruxelles-, 3,500 hab. Magnanerie.

UCÉTIE, eu latin Ucetia et Ucense Castmm, ancienne ville de la Gaule, dan* la Narbonnaise II" ; aujourd'hui Uzès.

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UCHAKOF, nom d'une famille russe. V. Oochakof.

UCHANSEI (Jacques), prélat polonais, né à Sluzewo (Moravie) en 1515, mort à Loviez en 1581. Successivement référendaire du royaume, éyêque de Chelmno puis d'Inowloclaw, excommunié par le pape pour sa tolérance vis-à-vis des réformés, promu à l'archevêché de Gnesen avec l'appui de la cour de Rome, puis primat de Pologne, il convoqua, en cette dernière qualité, la diète chargée de pourvoir au remplacement de Sigismond -Auguste. Henri, duc d'Anjou, frère de Charles IX (depuis Henri III de France), ■ayant été élu, fut couronné par ce prélat. Après la fuite du prince français, Uchanski chanta le Te Deum en faveur du prétendant Maximilien II, empereur d'Allemagne; mais la majorité des électeurs s'étant prononcée contre l'étranger, le primat dut une troisième fois poser la couronne sur le front d'un nouveau compétiteur, Etienne Bathori, époux d'Anna Jagellon, élue reine de Pologne.

On doit à ce prélat : Srevis sacrosanctas misss sacrificii contra impium FrancUci Stancari scriptum assertio (Cologne 1577, in-8<>). — Son neveu, Paul Uckanski, né en 1548, mort en 1590, fut palatin de Beltz et remplit les fonctions d'ambassadeur successivement auprès du pape (1580), auprès de l'empereur d'Allemagne (1585) et à la cour de Constantinople (1589).

UCHARD (Bernardin), seigneur de Monspky, poète français de la première moitié du xvue siècle. Il n'est connu que comme l'auteur de deux petits poëmes écrits en patois et dpnt les éditions originales sont presque introuvables aujourd'hui. Le premier est intitulé : Lou guemen dou pouro lebory de Bressay sur ta pau que la de la guerra, c'est-àdire les Gémissements du pauvre laboureur de la Bresse sur la peur qu'il a de la guerre (1615, in-4°). Dans le second, qui a pour titre la Piedmontoise (Dijon, 1619; Bourg, 1661), et qui a été réédité de nos jours par G. Brunet (Paris, 1857), l'auteur chante les victoires remportées par Lesdiguières de l'autre côté des. Alpes. Ces deux, poèmes sont très-curieux et très-utiles pour la connaissance du vieux patois bressan.

UCHARD (Toussaint-François-Joseph), architecte, né à Paris en 1S09. Elève de Delaunay et Guénepin, it se fit remarquer à l'Ecole des beaux-arts, où il obtint le premier grand prix en 1838. Son concours, une Cathédrale, promettait un artiste de talent, non point un archéologue enthousiaste des poésies architectoniques, mais un praticien. En effet, dans cette cathédrale, où tant d'autres auraient cherché avant tout le côté bril- !iant et monumental, M. Uchard ne chercha que l'utilitarisme, et à ce point de vue, il fantledire, il montra les plus rares aptitudes. Personne mieux que lui n'économisa le terrain; personne ne sut mieux se servir des coins qu'un autre eût sacrifiés aux charmes de la silhouette ou de la perspective. De Rome, M. Uchard envoya à l'exposition de l'Ecole, pendant son séjour à la villa Médicis, une Restauration du temple de Mars Vengeur, et l'année suivante le Forum d'Auguste. lies deux projets sont remarquables; ils ont reparu à l'Exposition universelle de 1855. M. Uchard, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1861, est aujourd'hui architecte des églises de Paris, des salles d'asile, des ouvroirs et des écoles communales.

UCHARD (Mario), romancier et auteur dramatique, né à Paris en 1824. Graveur, à l'âge de dix -huit ans, chez -Firmin Didot, il outra ensuite, au Conservatoire de musique, où il étudia la composition. En 1840, il devint agent de change et s'occupa d'affaires de bourse pendant douze ans, consacrant ses f loisirs à la philosophie et à la philologie. 11 * épousa, vers 1855, Mlle Madeleine Brohan, de la Comédie-Française; mais cette union fut bientôt rompue par un jugement du tribunal de la Seine. Au mois d'août 1857, M. Uchard porta au Théâtre Français une pièce intitulée le Retour du mari, qui fut refusée. Trois mois après, , la Fiammina, comédie en quatre actes, fut présentée au raème théâtre et rejetée également par le comité. Cependant, sur les-ins tances du directeur, M. Empis, l'auteur fit une seconde lecture de sa pièce, qui fut reçue à l'unanimité moins une voix et représentée le 13 mars 1857, avec un grand succès, qu'elle dut cant à son mérite intrinsèque qu'aux personnalités qu'on crut découvrir dans l'œuvre. Le H* mars !S58, les pensionnaires de la rue de Richelieu jouèrent le Retour du mari, comédie en quatre actes, dans laquelle on crut voir une suite de la Fiammina et qui n'oLitint qu'un médiocre succès. Le Vaudeville représenta, en avril 1859, la Seconde jeunesse, en quatre actes, qui réussit. Après ses tentatives dramatiques, M. Uchard essaya du roman et publia, dans le Moniteur, tiaymon (1861); puis In Comtesse Diane parut dans la Revue des Deux-Mondes (1862). Deux ans .après, il donna au théâtre du Vaudeville la Charmeuse, jouée par autorisé de justice et sans qu'elle fût achevée. Le jugement qui avait autorisé le directeur du Vaudeville à jouer cette pièce non terminée fut cassé en appel et M. Uchard put retirer sa Charmeuse. En ■ 1865, le Moniteur publia Une dernière passion, et, en 18G8, Jean de Chazol fut inséré dans la Revue des Deux-Mondes. Du roman

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intitulé Une dernière passion, M. Uchard a extrait une pièce, Tamara, représentée en septembre 1869 au théâtre du Vaudeville. On doit encore à M. Uchard une bouffonnerie, la Prospérité d'un bourgmestre, écrite en 1864 pour le cercle artistique et qui fut représentée au théâtre des Variétés pour un bénéfice ; le Mariage de Gertrude{lS6Z, in-12), le Partisan, opéra romantique en trois actes, représenté en mai 1875, etc.

UChite s. m. (u-chi-te). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées.

UCHORÉOS, nom grécisé, donné par Diodore à l'un des plus anciens pharaons d'E-

fypte, qui aurait été le huitième successeur 'Osymandias. Son règne est placé dans le xx»e siècle avant notre ère. L'historien grec lui attribue la fondation de Memphis, qu'il aurait ainsi appelée en l'honneur de sa fille, qui portait le même nom. Cette dernière fut, suivant la Fable, l'amante du Nil et en eut Egypius, qui succéda à. son aïeul.

UCKEH, rivière de Prusse.' Elle sort d'un petit lac de même* nom, près et au N. de Prenzkvw, dans la province de Brandebourg, coule au N., entre dans la Poméranie près de Pascwalk, reçoit le Rondow et se jette dans le Pommersche-HalT, golfe formé par la Baltique, après un cours de 50 kiloin. Cette rivière donnait autrefois son nom à une division du Brandebourg, nommée marche de l'Ucker.

UCKERMUNDE, ville de Prusse, province de Poméranie, it l'embouchure de l'Ucker, régence et à 59 kilpm. N.-O. de Stettin ; 3,800 hab. Chantiers de construction, pêche et navigation. Son ancien château royal est aujourd'hui un dépôt de mendicité.

UCKEWALLISTE s. m. (u-ke-val-li-ste).

Hist. relig. Membre d'une secte fondée au xvil» siècle par le Frison Uckewalle, qui enseignait que, depuis la naissance de Jésus jusqu'à la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, sorte d'interrègne entre l'ancienne et la nouvelle loi, les hommes n'avaient pas été responsables de leurs actes devant Dieu.

UCLÈS, bourg d'Espagne, province et à 45 kilom. S.-O. de Cuença, sur la rive gauche de la Bedija; 2,000 hab. Ce bourg fort ancien fut longtemps un sujet de guerre entre les Espagnols et les Maures. Ces derniers furent détails par Alphonse VI de Castille en 1108. Les Français y vainquirent les Espagnols le 13 février 1811.

UCR1A, bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Messine, district de Patti, mandement do Raccina; 3,017 hab.

UCRIANE s. f. (u-kri-a-ne). Bot. Syn. de tocoyène, genre de rubiacées.

UCUPACHA, nom que, d'après Gareilasso de La Vegu, les habitants de la Floride donnaient à l'enfer. Dans leur langue, il signifiait bas monde.

UDACl s. m. (u-da-si). Espèce de fakir de l'Inde.

UDALL (Nicolas), philologue et auteur dramatique anglais , né dans le Hampshire en 1506, mort en 1564. Il fit ses études à l'université d'Oxford, y prit ses grades en 1524 et devint successivement recteur des écoles d'Eton et de Westminster. Vers la fin du règne d'Edouard IV, il obtint à Windsor un canonicat, qu'il conserva sous le règne de Marie, bien qu il fût partisan des doctrines de Luther. On a de lui : Fleurs de la langue Uitine (Londres, 1533), recueil contenant des traductions anglaises des principales comédies de Térence ; Depapalu (Londres, 1540); tragédie latine écrite pour ses élèves d'Eton ; des traductions de divers écrits d'Erasme. Mais son mérite principal est d'avoir probablement été le premier auteur anglais qui ait écrit dans sa langue maternelle des comédies divisées en actes et en scènes. Wood rapporte qu'if en avait composé plusieurs, mais qu'on n'en connaissait encore aucune, lorsqu'un exemplaire de l'une d'elles fut retrouvé en 1818. Cette pièce, intitulée Ralph Royster Doyster, est une imitation de celles de Plaute et de Térence, quoique la scène en soit placée à Londres et qu'elle soit en majeure partie le tableau des mœurs et des manières de la classe moyenne delà société anglaise à cette époque. L'intrigue en est intéressante et bien conduite, le dialogue tour à tour sérieux et amusant, et les différents caractères que l'auteur met en scène présentent une variété que l'on ne retrouve dans aucune autre pièce du temps.

UDALRICH, duc de Bohême. V. Ulbjc.

UDDEVALLA, ville de Suède, dans la préfecture et à 75 kilom. N. de Gothembourg, sur une petite baie du Skager-Rack ; 4,000 hab. Fabrique de porcelaine, corderie, sucrerie, manufacture de tabac. Commerce de goudron, bois de construction, etc. Petit port de commerce ; pêche et cabotage.

ODÉA s. f. (u-dé-a). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides, dont l'espèce type habite l'Europe.

UDEN (Lucas van), peintre et graveur flamand, né à Anvers en 1595, mort vers 1673. Il commença par s'inspirer de Breughel, puis, s'étant lié avec Rubetis, il prit, grâce aux conseils de ce maître, une facture plus large. Uden a peint avec succès l'histoire et le pay-

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sage. On trouve plusieurs de ses ouvrages k Anvers, à Dresde, à Madrid; le Louvre possède également de lui trois tableaux, savoir: YEnlènement de Proserpine, Cérèsei la Nymphe Cyané. Ce peintre a gravé à l'eau-forte quelques paysages de Rubans et trois ou quatre compositions du Titien.

UDINE, ville du royaume d'Italie, chef-lieu de la province et du district de son nom, ancienne capitale du Frioul, a 150 kilom. N.-E. de Venise, sur la Roja, par 46° 36' de latit. N. et 10» 53' de longit. E.; 24,124 hab. Evêché suffragant de Venise, résidence du gouverneur et des autorités civiles et militaires de la province; tribunaux, théâtre, lycée, bibliothèque publique, observatoire astronomique. Fabrication de soieries, lainages, toiles, ustensiles de cuivre • tanneries, récolte et commerce de soie et d excellents vins. Udine, située au milieu d'une vaste plaine, est entourée de vieilles murailles percées de neuf portes. Sur une coljine qui s'élève au milieu de la ville on remarque un somptueux édifice, construit sur les ruines d'un ancien château, autrefois la résidence des patriarches, puis des magistrats vénitiens et du parlement, et aujourd hui siège du tribunal de justice. Au pied de cette colline, on voit d'un côté une place assez vaste, plantée d'arbres pour servir de promenade publique, qu'on appelle le jardin ; de l'autre, la place Saint-Jean, qui se distingue par un portique très-élégant, par le majestueux palais de la ville, par une belle fontaine, deux colonnes et quelques statues. Le mont-de-piété, le palais épiscopal et surtout le cimetière (Campo Santo) méritent d'être mentionnés. Des rues spacieuses, la place du Marché, qui est très-régulière et bien ornée, la colline, les eaux et les jardins donnent à Udine un aspect riant et agréable.

Les historiens et les monuments ne font mention d'Udine qu'à partir de la fin du xo siècle. Au xme siècle, le patriarche Berthold y fixa sa résidence, et cette ville devint dès lors la métropole du Frioul. Pendant le cours de ce même siècle et au siècle suivant, la ville d'Udine s'accrut considérablement par l'émigration d'une foule de familles nobles qui, persécutées par les factions qui déchiraient alors l'Italie, vinrent y chercher un refuge. Les patriarches gouvernèrent Udine jusqu'en 1445, puis leur gouvernement fut placé sous la souveraineté de la république de Venise, qui exerça ce protectorat jusqu'à sa propre chute. Sous le premier empire français, Udine fut le chef-lieu du département du Passeriano.

UDINE (provinciî d') , division administrative du royaume d'Italie, limitée à l'E. par la province autrichienne du Littoral, dont la sépare l'Isonzo; au N. par la Carniole, dontla séparent les Alpes Carniques ; à l'O. par les provinces italiennes de Bellune et de Trévise, et baignée au S. par l'Adriatique. Superficie, g,58l kilom. carrés, subdivisée en 17 districts, comprenant 188 communes et renfermant 437,542 hab. Chef-lieu, Udine. Le sol de cette province, montagneux au N. et à l'E., présente de belle3 et fertiles plaines à l'O. et au centre, et quelques marécages près des rives de l'Adriatique. Le Tagliamento est le*ours d'eau le plus important quiTarrose. Belles forêts, d'où l'on tire une grande quantité de bois de chauffage et de construction; élève de bestiaux. Récolte abondante de froment, seigle, maïs, riz, lin, chanvre, miel et soie. Mines de fer et de cuivre ; carrières de mar-, bre et de pierre de taille. Commerce peu actif; industrie manufacturière peu développée.

UDINE (Giovanni Ricamatore dit Jean d'), peintre italien, élève de Giorgione, puis de Ruphaël, né eii 1489, mort à Rome en 1562. Il peignit d'abord des grotesques; puis, appelé à Rome par Raphaël, il fut employé par le maître à ses peintures du Vatican, parcourut l'Italie et acquit !a réputation du plus habile peintre de son époque pour les ornements, les petites figures, les attributs, les objets de nature morte, etc. On connaît de lui deux tableaux qui se trouvent à Venise : la Présentation de Jésus au temple et la Dispute avec les docteurs.

UDINE (Jean-Martin d'), peintre italien, V. Pbllkgkino.

UDOMÈTBE S. m. (u-do-mè-tre — du gr.

udôr, eau; metron, mesure). Physiq. Instrument à l'aide duquel on mesure la quantité d'eau qui tombe dans un lieu, li Op dit. aussi

PLUVIOMÈTRE, OMBBOMÈTRE et HYETOMÈTRE.

— Encycl. La figure ci-dessous représente l'udomètre ordinaire ; c'est un cylindre en

yj

cuivre do 0m,l5 à om,20 de diamètre. Il se compose d'un récipient CC et d'un réservoir

UECH

SS\ Le récipient porte un fond conique percé d'une ouverture O; il s'ajuste sur le réservoir SS'. Au fond de celui-ci s'ouvre un tube TT', qui se relève le long de la paroi extérieure et qui reçoit à cet endroit un tube de verre W, divisé en parties égaies et faisant connaître la hauteur du liquide intérieur.

On a reconnu que la quantité moyenne de pluie qui tombe à Paris, dans la cour de l'Observatoire, est de 0m,56, tandis que celle qui tombe sur la terrasse est seulement de O^jSO, d'où il résulte ce fait remarquable tju'à paris la quantité de pluie qui tombe a 28 mètres de hauteur n'est à peu près que les huit neuvièmes de celle qui atteint le sol. On présume que ce phénomène dépend de la condensation que les gouttes de pluie froide déterminent dans la vapeur, en traversant les couches inférieures de l'atmosphère, et peutêtre aussi des brouillards, qui sout toujours plus denses à la surface du sol et qui déposent une notable quantité d'eau.

Pour obtenir un udométre qui enregistre lui-même les quantités de pluie tombées en un lieu donné, on a construit un appareil connu sous le nom de pluviométrographe.

Pour construire cet appareil, il suffit de faire flotter sur l'eau recueillie dans le pluviomètre ordinaire un corps qui, en s'élevant, puisse transmettre, par l'intermédiaire d'un fil de soie écrue et non tordue, un mouvement vertical à un crayon; puis de faire agir d'un mouvement égal devant ce crayon, au moyen d'un mécanisme d'horlogerie, une feuille de papier sur laquelle la pointe du crayon trace une ligne dont les abscisses sont proportion-» nelles à la durée et à la quantité de la pluie. Afin d'éviter les troublés que pourrait causer une pluie torrentielle, on recueille l'eau par un entonnoir de section connue, dans un réservoir de section sous-multiple, de manière que les mouvements du corps flottant et du crayon deviennent des multiples de la pluie.

UDORE s. f. (u-dore — du gr. udor, eau). Crust. Genre de décapodes brachyures.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des hydrocharidées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les eaux douces de l'Amérique boréale et l'Amérique centrale.

UDOBPE s. m. (u-dor-pe — du gr. udor, eau; orpé, croc). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des aUicites, comprenant trois espèces, qui habitent la Daourie.

UDOSA.DÉNITE s. f. (u-do-za-dé-ni-te — du gr. udos, eau; adên, glande). Pathol. Inflammation des glandes sudorales, d'après Piorry.

UDOSOLITHE s. f. (u-do-zo-li-te — du gr. udos, eau; lithos, pierre). Pathol. Concrétion de la sueur, d'après Piorry.

ODOTÉE s. f. (u-do-té — du gr. udor, eau). Bot. Genre d'algues, du groupe ues corallines, comprenant trois espèces, qui croissent dans les mers tropicales : On n'a point encore découvert la fructification des vraies odotées. (C. Montagne.)

— Encycl Les udotëes ont été longtemps regardées comme étant des polypiers flexibles, non articulés, calcifères. On s'accorde généralement aujourd'hui à les rapporter au règne végétal et au groupe des aiguës. Elles sont caractérisées par une fronde stipitée élargie en éventail, à lame plane ou soudée en cornet à sa base, entière on lobée au sommet, par lequel a lieu l'accroissement de la plante, et encroûtée d'une couche plus ou moins épaisse de matière calcaire. Leurs organes de fructification ne sont pas connus. Ce genre, voisin des flabellaires, comprend trois ou quatre espèces, qui habitent. les mers tropicales, où elles croissent surtout sur les hauts-fonds.

UDVARHÉLY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, chef-lieu du cercle de son nom, à lll kilom, N.-E. d'Hermanstadt, sur le Gross-Kokel; 6,270 hab. Gymnase de franciscains et gymnase protestant. Tanneries, fabrication de chaussures ; culture de tabac, éducation d'abeilles. On y voit un ancien château fort des comtes de Giulay.

UEBERLINGEN, ville du grand-duché de Bade. V. Uberungen.

UECHTLAND, nom ancien d'un petit pays de la Suisse, compris actuellement dans les cantons de Fribourg et de Berne. Le nom de ce pays, qui s'étendait depuis ies lacs qui sont au pied du Jura jusqu'à l'Aar, et qui fit partie, jusqu'au xno sièce, de la haute Bourgogne, n'est plus usité de nos jours.

UECHTRITZ (Frédéric d'), poëte allemand, né à Gœrlitz en 1800. II étudia le droit à Leipzig, devint successivement assesseur pr*, les cours provinciales de Trêves et de Dusseldorf, conseiller provincial, et quitta la carrière judiciaire en 1858, époque à laquelle il fut nommé conseiller intime de justice. Pendant son séjour à l'université, M. Uechtritz avait déjà débuté dans la littérature par des poésies et des nouvelles; mais sa première œuvre remarquable fut le drame intitulé Chrysostome (Brandebourg, 1822), qtio suivit un recueil de tragédies (Berlin, 1823), qui renferme, entre autres, celles de Rome et Spartacus, et de Rome et Olhon III. Ces pièces cependant ne furent pas représentées. La première qui eut les honneurs de I* *c«no

UPFE

fut la tragédie intitulée : Alezandre-et Da- ■ rius (publiée avec une préfaça de Tieck, Berlin, 1827). Elle obtint à Berlin le plus éclatant succès et donna lieu à une vive polémique entre Tieck et les partisans Je Hegel, On a encore de M.- d'Ueohtrilz : Bosamo'ide, tragédie (Dusseldorf, 1833); les Babyloniens à Jérusalem, poème dramatique (Dusseldorf, 1 836) ; Coup d'atit sur la vie de l'art et des artistes à Dusseldorf (Dusseldorf, 1839-1841, 2 vol.); le Miroir d'honneur du peuple aile- ' mand et poésies diverses (Dusseldorf, 1842) et trois romans ; Albert Eolm,' récit de l'époque de la Réforme (Serlin, 1852-1853, 7 vol.), le Frère de la fiancée (Stuttgard; 1800, 3 yoI.J, et Eléazar (Iéna, 1867, 3 vol.). Le dernier a pour .sujet un épisode de la grande guerre des juifs, M. d'Uecbtritz tient une place éminente parmi les poètes de l'Allemagne -contemporaine. Son talent est essentiellement lyrique ; ses drames sont surtout remarquables par la simplicité et ia noblessedes pensées, par la pompe du style; mais l'élément dramatique y fait un peu défaut. ,

UELZEN, ville de Prusse, province de Hanovre, à 32 'kiloin. S- de Lunebonrg, sur l'ilmenau; 3,000 hab. Distilleries; fabrica- tion de toiles, manufacture de tabac ; commerce de bois, lil, cire et miel.

UEliDINGEN, ville de Prusse, province de Westphalie, sur la rive droite du Rhin, dans le cercle et à 7 kilora. N.-E. de Crefeld ; 2,500 hab. Raffineries de sucre; récolte de tabac et de vin,

UFENS ou UFENTE, rivière de l'Italie ancienne, dans le Latium, nommée de nos jours Ofento. Cette rivière, qui arrosait le pays des Volsques, prend sa source au pied des rochers de Siperno, traverse une partie des marais Potuins et a son embouchure dans la mer, à côté deTerraeine, au couchant; son cours est de 22 kilom. On la passe, près de Case-Nuove, sur un pont de pierre, au bas durquel on peut prendre de petites barques qui mènent a Terracine. Virgile { Enéide, 1. Vil ) a parlé de l'Ufens, qu'il appelle i'Ufens glacé :

Qua Saturxjaccl alra palus, gelidusgue ver imas Qu&rii iler vallée algue m mare condUur Ufew. «Là s'étend le noir marais de Satura; l'Ufens glacé cherche sa route à travers de profondes vallées et va se perdre dans la mer. •

UFENS, prince italien, allié de Turiius. Il fut tué par Gyus, et Enée fit vœu d'immoler ses quatre fils aux mânes de Pallas,

UFFEiNBACll (Pierre), médecin allemand, né à Francfort-sur-le-Mein, mort dans la même ville en 1635. Les particularités de sa vre ' sont ignorées; on sait seulement qu'il étudia en Italie et qu'il exerça dans sa ville natale. 11 alaissé les ouvrages suivants : Disserlatio de generalione et inleritu (Strasbourg, 1591, in-if) j Disserlatio de venenis ac murbificis medictnis in génère (ÏJàle, 1597 ,in-4<>); Thésaurus chirurgicus (Francfort, 1610, in-fol.); ' Dispensatorium galenochymicum (Francfort, 1631, in-40), H a en outre traduit en allemand {'Herbier de Castor Durante (Francfort, 1683, in-fol.), et en latin, sous ce titre : Sylva ehiruryis (1625, in-8°),la chirurgie de Gabriel Ferrara; enfin, il édita divers ouvrages médicaux importants, tels que la Praciica mediciaalis de Leonillus Victorius ; les œuvres de Sassonnia, médecin de Padoue, sous le titre de Panthéon medicinte selectum (Francfort, 1663, in-fol.), etc.

CFFENBACH (Zacharie- Conrad d'), érudit allemand de la même famille que le précédent, né à Francfort-sur-le-Mein en 1683, mort en 1734. Il flt ses études aux universités de Strasbourg et de Halle, fut reçu docteur en droit en 1702, avec une thèse remarquable, De quasi emancipatione Germanorum oecasione reformations Francofurtensis, et employa ensuite plusieurs années à parcourir l'Allemagne, 1 Angleterre et la Hollande, dans le but d'y recueillir tous les livres et les manuscrits les plus rares qu'il put trouver. De retour en 1711 à Francfort avec une collection qui ne comprenait pas moins de 4,000 ouvrages d'un grand prix, il fut, en 1721, nommé sénateur de sa ville natale, et s'acquit une telle réputation qu'en moins de neuf ans il en fut élu bourgmestre à deux reprises, et qu'il devint Çrand juge en 1731. H avait publié, en 1720 et 1729, deux catalogues de sa bibliothèque: un^troisième, qui est fort recherché des bi- • bllophiles, parut peu de temps après sa mort, / sous ce titre : Btbtiotheca Uffenbachiana apocryphcr vel laiens (1735, 4 vol. in-4<>). Il avait, en outre, entrepris différents ouvrages que ses fonctions publiques et sa mauvaise santé l'empêchèrent de terminer. La plupart de ses manuscrits ont servi a Schellhorn pour écrire ses Amamilales lilerarïs. Le même auteur a aussi publié une vie d'Uffenhach, qui se trouve eu tête du recueil des lettres de ce dernier, intitulé : Commerça epistolaris Uffenbaehiaui seleeta, etc. (1753,5 vol. in-8°).

Ul'FEÎSBACH (Jean-Frédéric), littérateur allemand, frère du précédent, né en IC87 à Francfort, mort dans la même ville en 1769. Après avoir terminé ses études de droit à Strasbourg, il revint se fixer dans son pays et fut nommé échevin.;Ou a de lui ; l'Imitation de Jésus-Christ, recueil de cantiques (Wolfenbuttel, 1726, in-8<>); Recueil de met

UGAL

œuvres de loisir en vers (Hambourg, 1733, in-S»). Uffenbach était un amateur éclairé des beaux-arts et avait formé une belle bibliothèque ainsi qu'une fiche collection de tableaux et de curiosités artistiques^ qu'il légua à sa mort à"l'Académie des sciences de Gœttingue, de laquelle il était devenu agrégé en 1751.

OFFITUFFE s. f. (u-fi-tu-fe). Alchim.

Odeur du mercure philosophai.

UGALDE (Delphine Beaucé, dame), cantatrice française, née à Paris le 3 décembre 1829. Elle reçut de sa mère, artiste distinguée, ses premières leçons de musique et s'essaya à la salle Chantereine, théâtre de société qui était situé rue delà Victoire. Mariée à' un jeune musicien, Ugalde, mort en 1858, elle se flt entendre dans les concerts. Sur la recommandation du compositeur Limnauder, elle fut admise à l'Opéra-National pour y interpréter le principal rôle des Monténégrins. Mais la fortune du nouveau théâtre ayant été compromise, M, Limnander donna' sa partition au théâtre de l'Opéra-Comique, et y lit engager la jeune cantatrice. Elle y débuta en f848 dans le Domino noir, puis dans l'Ambassadrice, avec un très-grand succès qui se continua dans le Caïd. Les Monténéyrins (mars 1849) la posèrent comme une cantatrice de premier ordre, et on lui reconnut dès lors une voix souple, étendue, hardie . et légère, permettant d'aborder toutes les difficultés et de prendre toutes les expressions. Ses créations dans le Toréador, la Fée aux roses, le Songe d'une nuit d'été, la Dame de piouç, le Tableau parlant, la. Tonnelle, achevèrent sa réputation. Son triomphe fut complet dans Galatée (1854), celle de toutes ses créations qui se prêtait le mieux à son talent plein de verve et d'entrain. Nulle autre n'a mieux su exprimer les transports de la volupté païenne. Aucune des cantatrices qui a tenté de reprendre ce rôle n'est parvenue à la faire oublier.

Prise d'une extinction de voix, M?1** Ugalde résilia son engagement et, après un peu de repos, elle joua pendant quelques semaines, au théâtre des Variétés, la comédie à, ariettes des Trois sullanes, de Favart. Au. retour d'un voyage dans le midi, qui lui rendit l'organe et la santé, elle fit sa rentrée à l'Opéra-Comique, le 23 décembre 1854, avec un engagement de quatre années, par la reprise de Gulatée, et y obtint une véritable ovation. Parmi sescréations d'alors, nous rappellerons celle de l'Amour dans Psyché (1857). En 1858, elle futattachée au Théâtre-Lyrique, pour jouer le rôle de Suzanne dans les Noces de Figaro, et obtint un vif succès dans la Fée Carabosse (mars 1859); elle interpréta aussi d'une façon très;remarquable le Gil Blas de M. Semet (1800). Revenue l'année suivante .à. l'Opéra-Comique, elle reparut dans Galatée, le Toréador et l'Etoile du Nord. En septembre 1865, elle allajoueràb>Porte-Saint-Martin une féerie, la Biche aux bois, dans laquelle on avait intercalé les morceaux qu'elle avait rendus populaires par son talent., Un peu plus tard, en 1867, elle ressuscita cette nouvelle vogue attachée à sa personne dans le prince Charmant d'une autre féerie, Cendrillon , jouée au même théâtre.

Dans l'intervalle, remariée à M. François Varcollier (1866), M»e Ugalde avait pris la direction des Boutfes-Parisiens. Après quelques démêlés avec M. Otfenbach, elle remonta le répertoire de ce dernier, reprit Daphnis et Chloé (octobre 1866), puis Orphée aux Enfers, où elle joua Eurydice, et eut assez peu de respect de sa personne et de son art pouf accorder le rôle de l'Amour dans cette bouffonnerie à une personne hautement protégée, mais d'une renommée jusque-là étrangère au théâtre, la fameuse Cora Pearl. Cet oubli des convenances artistiques occupa les oisifs toute une saison (janvier 1867), mais le théâtre n'y gagna rien sous le rapport da la prospérité. Après cette désastreuse Campagne, Mme Ugalde reparut, air/si que nous l'avons dit précédemment, à la Porte-Saint- Marlin, dans Cendrillon, et entreprit ensuite de nombreuses tournées théâtrales en pro- ■vince et à l'étranger. Partout elle fut accueillie avec succès. Kn 1870, elle a de nouveau fait sa rentrée à l'Opéra-Comique, où elle a créé le rôle de Juana dans Déa. Au, mois de février 1869, Mme Ugalde a été séparée judiciairement de M. Varcollier, son second mari.

Douée d'une voix de soprano d'une remarquable souplesse, Mme Ugalde vocalisait avec une agilité prodigieuse, et chantait et jouait avec infiniment de verve. Ses notés aiguës étaient brillantes, sonores et vigoureuses. Comédienne consommée, au jeu varié et hardi, plein d'inspiration, on la comparait à Mme Damoreau, dont elle n'a pas eu toute la perfection, mais à laquelle elle était supérieure peut-être par la force de l'organe, par sa mimique pleine d'ardeur. Déjà, malheureusement, un critique musical, "Scudo, pouvait dire d'elle en 1861, alors que deux extinctions de voix l'avaient coup sur coup éloignée de la scène : iSi M1"" Ugalde était femme â conformer son humeur à sa fortune, et se résignait k n'accepter que des rôles secondaires qui exigeraient, plus de verve que de grâce, plus d'esprit et d'activité scénique que de voix, elle pourrait être encore utile a un théâtre (l'Opéra-Comique) qui a autant

, UGGÉ

j besoin de comédiens qup de chanteurs. «'Excellente musicienne, professeur distinguée, Mme Ugalde a souvent donné le concours de son talent à des soirées musicales et à des concerts de bienfaisance. Elle a formé de bonnes élèves. Nous citerons entre autres Mme Marie Sass, qu'elle fit débutera ses côtés sur la scène du Théâtre-Lyrique, dans la comtesse des Moces de Figaro, en 1859, et qui depuis lors a brillé à l'Opéra. On lui doit quelques compositions musicales, notamment un opéra-comique, la Halte au moulin, qu'elle a fait exécuter aux Bouffes-Parisiens au mois de février 1867.

OGARTE Y LARR1SABAL (Antonio), homme d'état espagnol, né vers 1780 dans la Navarre, mort après 1833. Introduit fort jeune a, la cour de Madrid , il sut y gagner les bonnes grâces du prince des Asturies (plus tard Ferdinand VII) et, pendant les orages de la révolution et de l'invasion française, se montra irrévocablement attaché aux idées monarchiques et au parti du roi. Au retour de Ferdinand VII (1815), il devint son conseiller le plus intime, mais n'usa de l'influence qu'il possédait sur l'esprit de ce prince que pour le pousser aux mesures réactionnaires. Malgré l'attachement qu'il portait à son favori, le roi sévit forcé de l'exiler en 1820, mais il le rappela en 1822, et, dès qu'il eut, grâce à l'aide des Français, recouvré toute son autorité, il le nomma secrétaire du conseil d'Etat, en lui donnant tous les pouvoirs» d'un chef de ministère. L'impopularité du favori devint bientôt telle que Ferdinand VII dut se résigner h le remplacer au conseil d'Etat. 11 le nomma alors ambassadeur à Turin. Ugarte mit tout en usage pour échapper a cette espèce d'exil, mais il fut obligé de se rendre à son poste, d'où on ne le rappela qu'à la chute du duc de l'Infantado en 1827. Toute-, fois, Ferdinand sembla avoir totalement oublié son ancien favori, qui ne prit plus dès lors qu'une part insignifiante aux affaires.

UGÈNE s. f. (u-jè-ne). Bot. Genre de fougères.

UGENTO, VUxentum des Romains, ville du royaume d'Italie, province de la Terre d'O- Uante, district et à 62 kilom. S. de Lecce, près du golfe de Tarente, ch.-l. de mandement; 2,814 hab; Evéché; séminaire. Elle fut ravagée par les Turcs en 1537.

UGERNCAI ou UGÙERNUM, ville ancienne de la Gaule, dans la Narboutiaise ire. Ce lieu est cité avec Tarascon comme étant sur la route de Nîmes à Aix^ Sidoine Apollinaire , parlant de l'élévation d'Avitus, son beau-père, à la dignité impériale, fait mention d'Ugernum. «Dans Grégoire de Tours, Ugernum est appelé Castrum Aretalense, ce qui est remarquable en ce qu'il est à présumer qu'antérieurement ce lieu devait être du nombre des vingt-quatre petites villes ou bourgades qui, selon le témoignage de Pline et de Stra« , bon, dépendaient de Nîmes. Car les colonnes milliaires sur la route de Nîmes à Ugernum paraissent avoir été numérotées jusque-là, à partir de Nîmes, comme on peut l'inférer de la colonne du numéro 13, à moins de 2 railles de Beaiicaire, qui représente Ugernum. » (D'Anville, Notice de l'ancienne Gaule.)

DGGERI (Angelo), architecte et-archéologue italien, né à Gerra eu 1754, mort a Rome en 1837. Après avoir reçu une brillante éducation littéraire au collège des jésuites de Crémone, il alla étudier l'iconographie à l'école spéciale fondée par Marie- Thérèse , et se consacra ensuite exclusivement à l'architecture à l'école de Milan. En moins de quelques années , il acquit des connaissances étendues en architecture et un rare talent dans le dessin ; et lorsque l'Académie de Parme ouvrit son concours d'architecture, il remporta le premier prix. Jugeant cependant son instruction incomplète, il alla s'établir à Rome, pour y étudier encore, après avoir refusé à Milan les travaux importants qui lui étaient offerts. C'est en 1789 qu'il arriva à Rome. A la fin de cette même année il consigna le résultat de ses explorations récentes, en collaboration avec Carlo Fea, dans la Galerie archéologique du conseiller Éianconi. Dédié à Pie VI, cetouvrage fut remarqué à cause des notes intéressantes, des aperçus hardis dont Uggeri l'avait enrichi. Quelques mois après, Uggeri fit paraître, seul cette fois, son Voyage pittoresque parmi les édifices antiques de Borne et son eneeinte,. Les nombreux dessins dont il est plein, l'a .clarté du texte, la science que l'auteur y déploie, valurent à cet ouvrage un grand succès. Il fut traduit presque immédiatement en français, en anglais et en allemand. Il est encore fort estimé aujourd'hui. Ce premier travail, comprenant surtout les curiosités de l'intérieur de Rome, exigeait, pour devenir un monument véritable, l'étude approfondie des ruines qui couvrent les environs de la Ville éternelle'Le savant archéologue se mit à recueillir les matériaux pour ce travail immense, qui ne compte pas moins de trente volumes. Pie* VII , pontife d'une intelligence éclairée et d'une grande initiative, encouragea de toute sa puissance les travaux d'Uggeri, auquel il témoignait un intérêt tout particulier. Il ne fallait pas inoins, peut-être, que la réunion de ces circonstances favorables pour produire ce recueil, le premier de tous ceux qui existent sur la matière. Les trente volumes, qui avaient paru un k un,

UG0L

étaient au complet vers 1827. Les études les plus saillantes" que l'on y remarque sont celles qui. regardent la Vallée des Camênes, lo Capo di Boue, les Ruines de Tivoli, la Villa Adriana, etc. En France et en Allemagne les savants, les artistes, les archéologues accueillirent cet ouvrage comme un événement dans l'histoire de l'architecture, et la réputation d'Uggeri devint européenne. Il était déjà membre des deux académies de Rome, l'Académie Clémentine et l'Académie archéologique, et conservateur de la bibliothèque du Vatican; le pape Léon XII lui confia, en outre, la haute direction de tous les travaux de restauration, entre autres la réédilication de la basilique de Saint-Paul sur la route d'Ossa, A peu près à la même époque (1833), Uggeri, déjà avancé en âge, publia un grand in-folio sur la Basilica Utpia, travail dont la valeur n'est pas encora amoindrie. Il faut citer enfin sa Dissertation sur l'arc de Placidie,, dont la publication précéda sa mort de quelques mois à peine. L'éminent archéologue ne cessa d'enrichir la science qu'en cessant de vivre; jusqu'à sa dernière heure il avait gardé cette lucidité, cette vigueur d'intelligence à laquelle nous devons les belles études dont nous venons de faire l'énumération.

UGGIANO-LA-CH1ESA, hourg du royaume d'Italie, province de la Terre d'Otrante , district de Lecce , mandement d'Otranto ; 2,105 hab.

UGHELLI (Ferdinand), historien italien, né a Florence en 1595, mort en 1670. Il entra de bonne* heure dans l'ordre de Cîteaux et y parvint à la dignité d'abbé.- Il est principaletneut connu par son grand ouvrage intitulé Italxa sacra (Rome, 1642-1648, 9 vol. in-fol.), dans lequel il a fait l'histoire des différents sièges épiseopaux de l'Italie, avec les listes 'de leurs évoques, et une foule de notes et de documents qui jettent beaucoup de lumière sur l'histoire générale de celte contrée. L'ouvrage d'Ughelli a servi de modèle pour les travaux du même genre publiés dans les autres pays de l'Europe, notamment pour In, Caltia christiana, dont la publication commença en 1656. Une nouvelle édition de 17talia sacra parut plus tard à Venise (1717- 1733, io vol. in-fof.) avec des additions con- -sidérables. On a encore d'Ughelli : Imagines Columnensis familim cardinatium (Rome, 1650) et Albera e htoria delta famiglia- de' conti di Marciano (Home, 1667),

UGUAil, ville d'Espagne, province de Gre-' nade, à/40 kilom. N.-O. d'Almaria, près de la ri !jp droite de l'Adra; 3,207 hab. Verrerie; exploitation de mines de plomb aux environs.

UGINES, bourg de France (Savoie), ch.-l. de cant., arrond. et k il kilom. N. d'Albertville; pop. aggl. , 531 hab. — pop, tôt., 2,766 hiib. Fabrication de chapeaux de paille; moulures, scieries; extraction de pierres meulières. Commerce de fromages , oéiail et mulets. .

UGNA s. m. (u-ghna), Vitic. Variété dé raisin blanc dont le grain est rond.

TJGOLE s. -m. ( u-go-;le ). Bot. Genre de champignons.

Ugolili cl lo> gibelin* ilo Pi»o (LE COMTE),

roman de Rosini. V. comte Ugolin (le).

UGOLIN DELIA GHEUAllDESCA. Ce nom, comme celui d'Inès de Castro, de Françoise de Rimini et de 'beaucoup d'autres, a été tellement grandi par l'épopée, qu'il appartient aujourd nui plus h la poésie qu'à l'histoire. Ugolin delta Gherârdesca,'uu des tyrans les plus cruels qui aient ensanglanté l'Italie dans la seconde moitié du xme siècle, a été tellement poétisé par les vers immortels de Dante, qu'on a oublie ses crimes pour ne plus se souvenir que de ses malheurs. Pise, sa patrie, était le dernier rempart de la faction gibeline. Gibelin lui-même, Ugolin contracta des alliances secrètes avec les guelfes , et fit perdre aux l'isans, par une fuite infâme et calculée, une grande, bataille navale qui, en épuisant la république, devait la mettre à sa merci. Eu effet, Pise, réduite à la dernière détresse, n'eut d'autre parti à prendre que de se jeter dans les bras de.l'houime dont la trahison l'avait poussée dans l'abîme. L'ambition d'Ugolin était satisfaite. Alors il affer- ' mit son autorité dans Pise, écrasa ses ennemis, dont il fit raser les maisons, et domina par la terreur. Enfin une conspiration à. la tête de laquelle était Roger (lîuggieri) Ubaldiui, archevêque da cette ville, éclata le 1" juillet 12S8. Après une résistance désespérée, Ugolin tomba au pouvoir de ses ennemis, avec deux de ses lils et deux de ses petits-fils. L'archevêque , usant lui aussi d'une cruauté sauvage, fit enfermer cas malheureux dans la tour de Gualaudi. Ne sachant comment assouvir sa vengeance, il jeta les clefs dans l'Arno, condamnant ainsi les prisonniers a mourir de faim. Ugolin succomba le dernier , après avoir essayé de se nourrir de ses enfants. Depuis, cette tour a été nommée la tour de la Faim.

Dante a fait de la mort d'Ugolin et de ses fils un des épisodes les plus terribles da sa Divine Comédie. Dans son voyage à tra* vers l'enfer, Dante, conduit par Virgile, arrive à la troisième enceinte, où sont punis les traîtres. Il aperçoit « dans une fosse deux du uni es : la têie do l'un dominait et cou-

UGOL

vrait celle de l'autre; comme un homme affamé dévorant du pain, l'un d'eux dévorait la tête de son compagnon, là où le cerveau s'unit à la nuque. Il lui dit : « O toi qui montres » une haine si féroce contre celui que tu dé- » chires^ainsi, dis-moi quelle est la. cause de » ta fureur. » Le coupable interrompit son féroce repas, et, après avoir essuyé sa bouche aux cheveux de la téta qu'il rongeait par derrière, il commença ainsi :

C'est le comte Ugolin, si tu veux me connaître, Que tu vois, et Roger l'archevêque est ce traître. Je suis un dur voisin, oui, mais apprends pourquoi :

Que ce fut a l'effet de son lâche artifice, En me fiant à lui, que j'ai dû mon supplice, Ma prison et ma mort, tu le sais comme moi ;

Mais ce que tu ne peux avoir appris sans doute, C'est combien cette mort fut atroce : or, écoute , Et tu pourras juger ce qu'il m'a fait souffrir.

Ear l'étroit soupirail de la prison obscure, Dite tour de la Faim, du nom de ma torture, Et qui doit après moi pour d'autres se rouvrir,

La lune avait brillé plusieurs fois tout entière, Quand un rêve effrayant, comme un trait de lumière, Déchira de mon sort les voiles bienfaisants.

Devant cet homme-là, fier seigneur en campagne, Un loup et ses petits fuyaient vers la montagne' Par qui Lucque est cachée aux regards des Pisans.

Avec de maigres chiens, meute avide, efflanquée, En avant et de front sur la bête traquée, Galandi, Sismondi, Lanfranchi s'élançaient.

Après quelques instants de course dans la plaine, Le loup et ses petits me semblaient hors d'haleine. Et les crocs des grands chiens dans leurs flancs s'en-

[fonçaient.

Quand je me réveillai, longtemps avant l'aurore, J'entendis près de moi mes lils, dormant encore. Qui demandaient du pain et gémissaient tout bas.

Bien cruel est ton cœur, s'il ne saigne d'avance A ce qui s'annonçait pour le mien de souffrance; Et de quoi pleures-tu, si tu ne pleures pas?

Ils s'éveillent, et l'heure était déjà sonnée' Où l'on nous apportait le pain de la journée; Et tous, se rappelant le rêve, étaient tremblants;

Et j'ouïs sous mes pieds qu'on verrouillait la porte , De cette horrible tour où l'espérance est morte, Et sans dire un seul mot regardai mes enfants.

Je ne pleurais pas, moi : je devenais de pierre. Eux pleuraient; mon petit Anselme médit : . Père,

• Quels étranges regards tu nous jettesl qu'as-tu? •

Je demeurai sans pleurs, mes yeux ne pouvaient fon-

fdre.

Tout ce jour et la nuit je restai sans répondre, Jusqu'à ce qu'un nouveau soleil eût reparu.

Quand un faible rayon, filtrant dans notre cage,

Me fit voir la pâleur de mon' propre visage

Sur quatre fronts d'enfants tout blêmis par la faim.

Je me mordis les mains dans un accès de rage. Croyant que de la faim c'était l'horrible ouvrage, Ces malheureux enfants de se lever soudain

Et de dire : ■ Bien moins nous souffrirons, mon père,

• Si tu manges de nous; de ces chnir3 de misère ,■ Tu nous aB revêtus ; tu nous les reprendras. •

Je me calmai, de peur d'accroître leur souffrance. Ce jour et le suivant nous gardions le silence. Terre dure! ah! pourquoi ne t'entr'ouvris-tu pas?

Au quatrième jour, sans force contre terre, Gaddo tombe à mes pieds eu murmurant:* Mon père,

• Tune viendras donc pas au secours de touûls!»

Il meurt, et, comme ici tu me vois, j'ai, de même, Vu de mus yeux tomber, de ce jour au sixième, Les trois l'un après l'autre ; et puis plus rien ne vis ;

Sur leurs corps, à, tatous, je mu traîne et chancelle. Ils sont morts, et trois jours encor je lej appelle : La faim fut plus puissante alors que la douleur.

Quand il eut achevé, roulant un œil farouche, Le forcené reprit le crâne dans sa bouche Et fouilla jusqu'à l'os comme un chien en fureur. • {Traduction de M. Louis Ralisàomie.)

Les écrivains font de fréquentes allusions au cachot et à l'horrible supplice d'Ugolin :

« Dans la chute de l'empereur, la Providence s'est montrée de plus près à la terre que dans tout autre événement, et les éléments ont été chargés de frapper les premiers le maître des hommes. Ou peut a peine se figuier aujourd'hui que , si Bonaparte avait réussi dans son entreprise avec la Russie, il n'y avait pas un coin de terre continentale qui pût lui échapper. Tous les ports étant fermés, le continent était, comme la tour d'Ugolin, muré de toutes parts, fermé à toutes ressources extérieures. >

M«>e bb Staël.

• Il n'est ni égoïsme, ni système, ni loi capable de fermer tout secours aux indigents, de les condamner, par un abandon absolu, à une mort certaine. De propos délibéré , faire pour eux, de la société, un-cachot d'Ugolin, ohl non ; nos entrailles n'ont pas atteint ce haut degré de stoïcisme I •

Rossr.

■ Ne sont-ils pas dans un cercle de l'enfer tous ces malheureux sur qui pèse une misère

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infâme, héréditaire? -Ce sont eux que le poète a peints quand il nous montre Ugolin et ses fils reproduisant éternellement le supplice de la faim ; symbole plus poignant mille fois que l'antique figure de Tantale affamé et mourant de soif au milieu des ondes et des fruits. Car vous souffririez encore volontiers la faim et la soif comme Tantale , prolétaires; mais souffrir comme Ugolin, voir pâtir vos enfants et les sentir dévorés par cette faim qui ronge vos entrailles, voilà ce qui est affreux et vraiment digne de l'enfer 1 »

Pierre Leroux'.

Ugolin, tableau de Reynolds, t Dès que nous fûmes arrivés au quatrième jour, Gaddo se jeta à mes pieds, en disant : ■ Mon père, » tu ne viens pas à mon aide? > Il expira ;-et, de même que tu me vois, je vis, moi, tomber mes lils un à un, dans l'espace du cinquième au. sixième jour. » C'est de ce passage de la Divine Comédie que le peintre anglais s'est inspiré pour faire son tableau. Guddo étreint de ses deux mains le bras de son père et, les regards levés vers lui, implore son assistance. Le comte, assis sur le banc de pierre de la prison, les mains jointes et crispées, les traits amaigris, les veux hagards, ressemble à une statue du désespoir. Ses trois autres enfants sont groupés de l'autre côté de la composition : l'un d'eux soutient sous les bras un de ses frères qui chancelle et renverse sa tête en arrière £ le troisième, qui paraît être l'alné,' met la main sur son visage pour cacher sa douleur.

Ce tableau est une des compositions capitales de Reynolds. ■ Rien jie pouvait mieux convenir à ce maître qu'un sujet pareil, dit M. Ch. Blanc, car il n exigeait pas de grandes connaissances anatomiques et toute sa poésie tenait à l'énergie de l'expression. Il faut avouer que la ligure principale, celle d'Ugolin, est d'une beauté sublime. La douleur morale de cet infortuné qui souffre dans ses entrailles paternelles, non plus de sa faim, mais de la faim que lui crient tous ses enfants ; celte tête pétrifiée, digne de Michel- Ange, ce regard lixe, ce muet désespoir d'un père, opposé aux gémissements de sa famille; l'angoisse des jeunes prisonniers se mesurant à leur âge, à la force de leur âme, tout cela est d'une beauté grande, d'un ordre élevé, et peut-être la lecture de Dante ne ferait pas sur nous une impression plus profonde, plus terrible. Guérin, dans .son Marais Sextus, et Géricault, dans sa Méduse, se sont souvenus de cette admirable tète d'Ugolin. > Quoi qu'en dise le critique que nous venons da citer, l'œuvre du peintre est bien inférieure à la conception du poèHe ; l'exécution surtout manque de nerf et, pour tout dire, sent un peu trop l'académie. Ce tableau fut payé à Reynolds 10,400 francs par le docteur Dorset; il a été grave par John Dixon. Il y en a une gravure au trait dans la Galerie des arts de Réveil, et une gravure sur bois dans \' Histoire des peintres de toutes les écoles.

Le sujet d'Ugolin dans ta prison a été traité par beaucoup d'autres peintres, notamment par Luigi Sabatelli (au palais Capponi, a .Florence, gravé par Beitelini), Pietro Benvenuti (au palais Gherardesca, k Florence), J. Stradanus (gravé par Th. Galle), Norblin (musée d'Orléans ) , Henri Delaborde (Salon de 1838), Louis Boulatiger (Salon de 1850), etc.

Ugolin et ■«• «nfanM, groupe en bronze par Carpeaux ; jardin des Tuileries. Assis sur la pierre de sa prison murée, le comte Ugolin mord ses mains de rage, courbe ses épaules frémissantes et lixe vers la terre un regard farouche. L'alné des fils est accroupi près de son père, dont il tient les jambes enlacées; il lève vers lui son visage où se lit la tendresse filiale plus encore que le sentiment d'une souffrance personnelle ; on croit 1 entendre dire ces mots d'une sollicitude sublime, que le poète a mis daus sa bouche : > Père, notre douleur sera moins grande si tu nous manges; tu nous as revêtus de ces chairs malheureuses; tu as le droit de nous en dépouillerl » Leaautres enfants, en proie aux tortures de la faim , se pressent contre leur père; l'un s'appuie sur ses genoux; l'autre renverse sa petite tête en arrière, abandonne ses bras et chancelle; le plus jeune est déjà tombé et semble avoir rendu le dernier soupir.

L' Ugolin est le premier ouvrage dans lequel Carpeaux ait manifesté la fougue de sou tempérament artistique , la chaleur et la puissance de son génie. Il l'exécuta dans les derniers temps de son séjour k Rome et l'envoya au Salon de 1863, ■ 11 est impossible, en voyant ce groupe pathétique, a dit M. Marius Chaumfllin, de ne pas songer .au Laocoon; l'analogie de la situation, un père dont les horribles souffrances sont accrues par la vue de ses fils qui agonisent autour de lui et qu'il est impuissant à sauver, devait nécessairement conduire l'artiste moderne à s'inspirer du chef-d'œuvre antique. Mais l'imitation n'a rien de servile. Le groupe de l' Ugolin, comme celui du Laocoon, affecte la forme pyramidale et il est dominé par le torse convulsé et la tête douloureuse du père de famille; ia silhouette de l'un et de l'autre morceau est pleine de ressauts violents, et les ligues intérieures se tordent, s'entre-croisent d'une façon plus pittoresque peut-être que sculptu-

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raie ; les muscles, violentés par la souffrance, se soulèvent et se crispent ; les physionomies reflètent les angoisses dont l'âme est obsédée. La ressemblance des deux groupes s'arrête là. Carpeaux a traduit Dante avec autant de respect que l'auteur du Laocoon en a mis à traduire Virgile; c'est-à-dire que son œuvre, pas plus que celle de l'Alighieri, n'est un pastiche de l'antiquité... Cette œuvre n'est assurément pas sans défauts; la multiplicité des lignes courtes et ebliques choque l'œil accoutumé à ne chercher dans la statuaire que des formes 'coulantes et cadencées; la composition n'est vraiment intéressante que si elle est vue de face et, tout au plus encore, du côté droit... Mais quelle entente du drame I quelle puissance d'expression ! quelle vigueur et quelle science du modelé I Ce groupe palpite, souffre et pleure. La vie y lutte désespérément contre hi mort. »

On voit au palais Gherardesca, à Florence, un bas-reliet de terre cuite représentant Ugolin et ses enfants dans la prison; il n'est pas indigne de Michel-Ange, auquel on l'attribue. Le même sujet a inspiré a M. L. Rochet un groupe qui a été exposé au-Salon de

UGONI (Mathias), en latin fignola», prélat italien du xvio siècle. Il était évèque de Famagouste, dans l'île de Chypre, et il assista en 1517 au concile de Latran. C'est là tout ce que l'on sait sur son compte. On a de lui : Tractatut de dignitate palriarchali (Brescia, 1507, in-fol.); Synodia Ugonia de conciliis (Brescia, 1532, in-fol.)-, ouvrage dans lequel l'auteur défend avec une rare vigueur les maximes de l'Eglise primitive et censure amèrement le débordement des mœurs des ecclésiastiques de son temps. Aussi, bien que ce livre eut été approuvé par Paul III en 1553, la cour de Rome employa-t-elle tous les moyens possibles pour le faire disparaître. Il est aujourd'hui d'une excessive rareté.

UGONI (Camille), littérateur italien, né à Brescia en 1784, mort dans la même ville en 1855. Il fit de solides études classiques et débuta dans la carrière des lettres par des poésies italiennes et lutines, suivies d'une traduction de l'Art poétique d'Horace et de divers mémoires, sur l'Obscurité du style, l'Utilité des traductions, la Culture du lin et la Fabrication de la toile dans tes Flandres. Chargé en 1811 d'aller complimenter Napoléon sur la naissance du roi de Rome, Ugoni se rendit à Paris, où l'empereur accepta la dédicace de sa traduction des Commentaires de César (ouvrage qui parut après la chute de l'Empire et sans dédicace); puis il voyagea en Italie et en Suisse et fut, à son retour, nommé président de l'Académie de Brescia et directeur du lycée. C'est alors qu'il entreprit d'écrire la suite de l'histoire littéraire de Corniani, intitulée Isecoli délia letteratura italiana, qui n'allait pas au delà de*l750. Les événements de 1821 interrompirent ia publication de cet ouvrage, bien supérieur au texte de Corniani, mais qui ne put être publié intégralement qu'en 1856, sous ce titre ; De la littérature italienne pendant ta seconde moitié du xvine siècle. Compromis dans le procès des carbonari, Ugoni chercha son salut dans l'exil et habita successivement Genève, Londres, Dublin, Edimbourg et Paris, où il se fixa. Dans ces voyages, il se lia avec toutes les célébrités littéraires du commencement de ce siècle et reçut à Paris le meilleur accueil do La Fayette et de ses amis. Vitet le rit entrer à la rédaction du Globe, où il donna notamment un excellent travail sur Manzoni. Il collabora aussi à la Biographie uni' verselte. Rentré dans son pays après dixhuit ans d'exil, il a laissé en mourant bon nombre d'écrits, dont le plus important est La letteratura italiana nella seconda meta del secolo xvilf, publié par son frère (Milan, 3 vol. in-8°), ouvrage remarquable par l'exactitude des recherches, la pureté du style et la justesse des appréciations littéraires et biographiques. Cette histoire d'une période importante de la littérature italienne (période de la renaissance littéraire, Allieri, Mouti, Casti, Parini, etc.) assure à Ugoni une place distinguée comme critique et mériterait d'être traduite en français.

UGOSCA ou UGOTSCH-BEREGU (COMITAT de), division administrative de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, entre les comitats de Unghvar et de Szabolcs à l'O., de Szathmarau S., de Marmaros k l'E. et la Galicie au N, Superficie, 4,884 kilom, carrés; 184,425 hab. Chef-lieu, Munhacs. Sol peu productif, couvert en grande partie de forêts ; élève de bétail; pêche productive dans la Theiss et les autres cours d'eau.

UGYOPS s. m. (u-ji-ops — du gr. ugiés, entier; ops, œil, face). Entoin. Genre d'insectes hémiptères, de la tribu des fulgorides, dont l'espèce type vit en Cochinchine : Le nom d'uGirops a été rectifié orthographiquement en celui de Lygiops. (Blanchard.)

UHLAN ou HULAN s. m. (u-lan ; h asp.), Soldat allemand faisant partie d'ua corps de cavalerie légère. Il On dit aussi Ouhlan et

HOULAN.

— Encycl. Les corps de uhlans étaient un emprunt fait à l'Asie ; ils turent introduits en Europe, vers la fin du xvne siècle, pur les premières colonies tartares qui s'établirent en Pologne et en Lilhuanie. L'uniforme des premiers uhlans se composait d'une culotte

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à la turque, montant au-dessus des hanches et descendant jusqu'à la cheville; d'une veste courte, appelée kurtka, et par-dessus d'une simarre à l'ottomane k parements et tombant jusqu'au gras de la jambe. Leur coiffure était la coiffure polonuise appelée schapska. Ils étaient armés d'un pistolet, d'un sabre et d'une lance surmontée d'une petite flamme, destinée à effrayer les chevaux ennemis. Suivant les polks ou régiments, la couleur du costume et de la flamme était jaune, rouge, verte, bleu de ciel.

Les Prussiens et les Autrichiens eurent les premiers des uhlans; ils leur conservèrent leur costume traditionnel; mais la flamme des lances, au lieu d'être de fantaisie, fut toujours aux couleurs nationales. Maurice de Saxe (1734) essaya d'introduire les uhlans en France; il créa une polk de 1,000 hommes, auxquels il mêla moitié dragons. Ces uhlans faisaient le même service que les hussards. Ce corps disparut à sa mort. En 1756, le colonel Schomberg leva aussi un corps de uhlans, au service de la France ; ils furent transformés en dragons en 1762. L'uniforme des uhlans français consistait en une simarre et une culotte vertes, des bottes à la hongroise, un casque sans visière, orné d'un turban, d'où s'échappait une queue de crins de couleur; ils avaient un sabre, un pistolet et une lance de 3 mètres. Tels furent a peu près l'équipement et l'armement des lanciers créés par Napoléon I« pour être opposés, aux uhlans; cette arme a été supprimée à la suite de la guerre de 1870, à cuuse des méprises continuelles que favorisait cette identité de costume.

Il y a encore des uhlans dans les armées russes , autrichiennes et allemandes. La Prusse tire spécialement les siens de Ja Volhynie, et l'Autriche de la Gallieie ; en Allemagne, ces corps sont recrutés comme tous les autres régiments de cavalerie. Lesu/itaw jouent principalement le rôle, d'éclaireurs.

U1ILAND (Johann-Ludwig), célèbre poëte allemand, né à Tubingue en 1787, mort dans la même ville le 13 novembre 1862. Il fît ses études à la céjèbre université de sa ville natale et, après y avoir terminé son droit, se fit recevoir docteur en 1810. En 1804, il avait déjà publié quelques poésies; mais il ne parvint à captiver définitivement l'attention publique qu à partir de 1806, où il fit paraître un grand nombre de pièces diverses dans YAtmanach des Muses et surtout dans le Journal des ignorants, spécialement fondé pour défendre la cause du romantisme contre les attaques du Morgenblatt, le journal des classiques. En 1810, Uhland se rendit à Paris pour s'y fortifier dans la pratique du droit; mais, à peine arrivé, il délaissa la jurisprudence pour fouiller avec ardeur les principales collections littéraires et compulser les anciens poèmes chevaleresques. Le résultat de cette étude fut un mémoire très-important sur les anciens poètes français, qui fut publié en 1812 dans les Muses de Laraothe- Fouqué, et la traduction en allemand db nombreuses poésies de l'ancienne France. A son retour dans son pays, Uhland fonda avec son ami Justinus Kerner ï'Almanach poétique et la Forêt des poètes, recueil où il inséra un grand nombre de vers. Cependant, cédant aux sollicitations de son père, ii entra, en 1812, dans la magistrature, juste au moment . où éclatait le grand mouvement contre la France, auquel il s'associa par ses écrits de la manière la plus active. C'est de ce moment qu'on voit surgir dans ses vers le sentiment national qui depuis ne cessa de l'inspirer. Ses poésies patriotiques lui ouvrirent la carrière politique et le rirent nommer, en 1819, député de Tubingue à la diète des états de Wurtemberg, puis député de Stuttgard à la même assemblée, où il fut rapporteur de plusieurs commissions. Appelé en 1830 comme professeur adjoint à la chaire de littérature de Tubingue, il donna sa démission trois ans plus tard pour aller représenter le Wurtemberg à la diète allemande, où il s'assit à l'extrême gauche de l'opposition constitutionnelle. Attaché par principe a la monarchie, il se retira, en 1839, devant le parti purement démocratique. Cependant les événements de 1S48 le rirent sortir de son silence; il publia un manifeste très-libéral qui le rit élire député de Tubingue à l'assemblée nationale de Francfort, Il s'y tint également écarté de la démocratie radicale et de la réaction et, sou mandat rempli, se retira à Tubingue, où il est mort entouré de l'estime et du respect de ses compatriotes. ~

« Jamais homme n'a tenu moins que lui à paraître, dit un de ses biographes; il restait volontiers silencieux et n'aimait pus les importuns, étant lui-même d'une discrétion excessive. Il avait l'humeur la plus égale. Passionné pour Ses exercices physiques, marcheur prodigieux, patineur excellent, baigneur intrépide, jusqu'à se baigner au mois de novembre 1861, à soixante-quatorze ans, par une température de 11° centigrades; toujours le plus diligent à accourir ciaus les incendies, où il ne s épargnait pas; avec cela grand observateur du thermomètre et du baromètre, quoique sa santé ne reçut pas de leurs variations la moindre atteinte, ce rêveur délicat et charmant avait la santé robuste et la simplicité de vie d'un paysan. » Parmi les ouvrages d'Uhlaud, nous citerons aussi deux essais dramatiques: le DvcJtruest

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as Souabe (Heideïbarg,' 1817) et Louis de Bavière (Berlin, 1819) ; puis des travaux philologiques et historiques : Walier von der Vogetiaeide (Stuttgard, 1822) ; le Mythe de la légende de T/wr (Stuttgard, 1836) et le Recueil des vieux citants populaires en haut et bas allemand (Stuttgard, 1841-1845), avec de savants commentaires sur le moyen âge eu Allemagne.

BHL1CH (Gottfried), historien allemand, né k Saint-Poelten (Autriche) en 1743, mort à Lemberg (Gallicie) en 1794. Il appartenait à l'ordre des piaristes et il professa successivement l'éloquence k Vienne, la numismatique et la diplomatie à Lemberg. Ses principaux écrits sont : Abrégé de l histoire universelle (Vienne, 1778, in-8°) ; Connaissances préliminaires avant de passer à l'étude de Û histoire universelle (Vienne;, 1780,in-s°.); Prœlectiones diplomaties (Lemberg, 1785, in-go); Prxlectiones numismalicx (Lemberg, 1785, in-8°).

UHLICH (Leberecht), théologien protestant allemand, né à Kœthen en 1799. Après avoir fait ses études k l'université de Halle, où Wegseheider le gagna au rationalisme, il devinten 1824 pasteur à Diebzig, près d'Aken,1 Une biographie du prince Wolfgung d'Anhalt, qu'il avait publiée dans l'annuaire officiel de la principauté, précisément k l'époque où le prince Frédéric-Ferdinand d'Anhalt-Kœthen' venait de se convertir au catholicisme, le fit tomber en disgrâce et le força à des déplacements réitérés. En 1827, il se retira en Prusse, y obtint la cure de Pœmmelte, près deSchœnebeck,et fit preuve d'un rare mérite dans l'exercice de ses fonctions pastorales. Les efforts du piétisme et de l'ultramontànisme, les persécutions de l'évêque Ûrœseke et du consistoire de Magdebourg contre le pasteur Guillaume-François Sintenis le décidèrent à convoquer en 1841, de concert avec plusieurs de ses confrères qui avaient les mêmes idées que lui, des conférences de pasteurs protestants à Gnàdau, conférences qui eurent pour résultat la formation de la société des Amis protestants ou Amis de la lumière. M. Uhlieh fut placé à la tête de la société et, à partir de 1844, tintd'abord à Gnadau, puis k Schcenebeck, des assemblées publiques mehsuelles, auxquelles assistèrent bientôt des milliers d'auditeurs; il fut, en outre, appelé de diiférents côtés pour diriger l'organisation de nombreuses associations qui sa formèrent sur le modèle de la première. Ces associations et ces assemblées ayant été interdites en 1845, M. Uhlich reçut a la même époque l'ordre de ne pas quitter sa paroisse, sans en avoir préalablement obtenu l'autorisation. Quelques mois plus tard,' nommé pasteur de l'église Sainte-Catherine k Magdebourg, il déploya de nouveau la plus grande activité, tant à l'extérieur qu'a l'intérieur de sa commune, et eut à soutenir de vifs démêlés avec le consistoire, qu'il irrita en refusant de faire l'application du symbole apostolique du baptême, d'après les préceptes du rituel. En janvier 1847, lu police ferma les réunions Religieuses qu'il tenait dans sa propre maison, et, comme il ne voulut faire aucune concession au sujet de la doctrine da l'Eglise orthodoxe et du rituel, le consistoire le destitua en septembre de la même année; deux mois plus tard, il devint pasteur de la commune libre de Magdebourg. Depuis lors il a, comme tel, presque toujours été en conflit avec les autorités et a plusieurs fois passé en jugement. Il a graduellement renoncé aux idées de l'ancien rationalisme pour en arriver k une sorte de panthéisme-populaire, qui confond Dieu avec la nature, la religion avec la civilisation, et tend à affranchir la pensée de toutes les entraves imposées par l'Eglise. Prédicateur éloquent et très-sympathique aux masses, il a exercé une grande influence sur la formation des communes religieuses libres en Allemagne. • Ou a de lui : la Confession (Leipzig, 1845) ; le Petit livre du royaume de Dieu (Magdebourg, 1845) ; Sermons de l'année 1846 (Magdebourg, 1846-1847); enfin la plupart des articles des Feuilles pour l'édification chrétienne, qui paraissent depuis 1842 k Leipzig. ' UllUICH (Jean-Jacques-Alexis), général français, né à Phalsbourg en 1802. Sorti de l'Ecole de Saim-Cyr en 1820, avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie, il devint lientenant en 1824, capitaine en 1831 et passa alors en Afrique, ou. il fit un séjour prolongé et prit part k presque toutes les phases de la conquête de notre colonie algérienne. Chef de bataillon en 1843, puis lieutenant-colonel, M. Uhrich fut promu colonel après la révolution de février 1848 et général de brigade en 1852. C'est avec ce grade qu'il prit part à la guerre de Crimée, k la tête d'une partie de la garde impériale. La bravoure dont il fit preuve dans les engagements auxquels il prit part'lui valut d'être nommé général de division un mois avant l'attaque définitive de Malukoff (1855). De retour en France, M. Uhrich reçut le commandement de la division territoriale doutlesiége est à Boulogne. En Î859, il fit la guerre dYItalie k la tête d'une division du 50 corps d'armée, resta dans ce pays après la bataille de Solferiuo avec l'armée d'occupation, puis eut k commander la division territoriale de Reims.

Mis au cadre de réserve, après avoir été nommé grand-croix de la Légion d'honneur (1868), il faisait partie de la commission d'habillcvu<Hit lorsque éelata^én 1870, la guerre

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entre la France et la Prusse. M. Uhrich demanda aussitôt à reprendre du service actif et obtint d'être nommé commandant de la 6c division militaire k Strasbourg (19 juillet). Comme on le sait, malgré les affirmations du maréchal Lebœuf, rien n'était prêt lorsqu'on entreprit cette funeste guerre; on n'avait nullement songé k mettre dans un sérieux état de défense rios forteresses, tant étaient grandes l'imprévoyance et l'impéritie des hommes au pouvoir. Après la défaite de Mac- Mahon k Reischoffen, le général Uhrich se vit abandonné à Strasbourg, sans garnison ni troupes d'artillerie suffisantes, sans un seul détachement du génie, et la ville fut investie, le 10 août, par une armée allemande.

A l'article Strasbourg (siège de), nous avons longuement raconté les péripéties de ce siège mémorable et la part prise par le général Uhrich à la défense de cette, ville, qui subit pendant trente-huit jours et trente-huit nuits un bombardement désastreux. Le 1 2 septembre, le général, ayant appris la proclamation de la République, nomma préfet M. Charles Bosch, remplacé sept jours plus tard par l'intrépide Valentin, et il trouva dans ce dernier, ainsi que dans le maire Kûss, le concours le plus énergique. Malheureusement la situation, déjà si grave, se compliqua pour la défense par la perte de 35,000 tusées métalliques, incendiées avec l'arsenal de la cita- • délie, et que rien ne put remplacer. «Malgré celu, dit le général Uhrich dans une lettre publiée le u octobre 1870, nous aurions pu tenir tant que le corps de la place eût été intact; mais, dans les derniers jours, les travaux d'approche de l'ennemi prirent une rapidité extraordinaire; il couronna nos chemins couverts, se fit des abris blindés pour protéger les troupes destinées à livrer l'assaut, ouvrit deux brèches, l'une au bastion 12, praticable ; l'autre au bastion 11, que deux heures de feu allaient rendre praticable. L'assaut était impossible à soutenir par nous. Les remparts et tous les abords foudroyés par la puissante artillerie ennemie n'eussent pas été tenables pour les défenseurs de la brèche, qui, en moins d'une demi- heure, eussent été anéantis, et l'ennemi fût monté k l'assaut sans coup férir. Devions-nous, devais-je

Elutôt, exposer la malheureuse ville de Strasourg, qui déjà avait tant souffert, aux horreurs d une ville prise d'assaut, alors que nous n'avions pas une seule chance favorable pour la résistance? Mon conseil de défense ne le pensa pas, et certes celui-là est inattaquable au point de vue de l'énergie ; consulté par moi et après délibération étendue, il déclara à l'unanimité : 1° que l'assaut ne pouvait pas êtresupportéaveedeschances de succès; 2° que le moment était venu da capituter. ■ ' "

Le 27 septembre, le général Uhrich entra en négociations avec le général de Werder et obtint une capitulation honorable.La garnison, composée d'environ 7,000 hommes, dut se constituer prisonnière de guerre; mais les officiers, en partie libres sur parole, conservèrent leurs armes, leurs chevaux et leurs bagages. Les soldats furent dirigés sur la forteresse de Rastadt, et la population civile reçut par êcrjt la promesse d'être traitée avec la plus grande modération. Le 3 octobre suivant, le général Uhrich arrivait à' Tours pour y rendre compte de sa conduite au gouvernement de la Défense nationale. La population lui fit une chaleureuse ovation, et M. Créinieux, au nom du gouvernement, le félicita publiquement sur la façon dont il avait défendu Strasbourg. En quittant Tours, il se rendit à Bàle, où il resta jusqu'à la fin de lu guerre. Le gouvernement de la Défense donna alors son nom k l'ancienne avenue de l'Impératrice, à Paris. Lors des élections pour l'Assemblée nationale, il n'obtint k Paris, le 8 février 1871, que 53,459 voix et ne fut pas plus heureux lors des élections complémentaires du 2 juillet suivant.

Au mois de mai 18*72, le conseil d'enquête chargé do statuer sur les capitulations qui avaient eu lieu pendant la.gneire publia son rapport sur la capitulation de Strasbourg ; ce ne fut pas sans surprise que le public trouva dans les conclusions du rapport de ce conseil un blâme sévère contre le général Uhrich. Après avoir été porté aux nues et traité comme un héros de Piularque, le général se vit l'objet d'un dénigrement systématique. Nous avons dit, en parlant du siège de Strasbourg, ce qu'il y avait d'exagéré dans ces deux opinions extrêmes. Replacé dans le cadre de réserve après la guerre, le défenseur de Strasbourg a-été mis à la retraite en février 1873. Il a publié, pour justifier sa conduite, un ouvrage intitulé Documents relati/s au siège de Strasbourg (1872, in-8°).

UII.KENS (Jacques-Albert), théologien et naturaliste hollandais, né à Wierum, village des environs de Groningue, en 1772, mort en 1825. 11 fit ses études à l'université de Groningue, y fut reçu, en 1795, docteur en philosophie et remporta, l'année suivante, le prix proposé par une société' scientifique pour un Traité élémentaire de physique, II n'avait, cependant, mis que huit jours à écrire le livre auquel il dut ce triomphe, et qui, devenu presque aussitôt classique, a obtenu, un grand nombre de rééditions. Un autre ouvrage qui attira encore plus l'attention sur lui fut celui qui a pour titre: Discours sur les perfections du Créateur considérées dans

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la créature U vol. in-8°). Nommé, en 1815," professeur d'économie rurale à l'université de Groningue, il refusa, en 1822, une chaire qui lui était offerte à .Leyde et préféra demeurer k Groningue, où ses cours obtenaient le plus grand succès. Outre les écrits que nous avons déjà cités, on a encore de lui : Manuel d'économie rurale (1819) ; Description' du thermomètre ; Tableau figuratif des principales hauteurs du globe ; Remarquables phénomènes de la nature: Manuel de technologie ; différents mémoires, etc. U avait en outre publié annuellement, de 1813 à 1824, un Almanach, qui eut beaucoup de vogue et qui renfermait une foule de notions utiles, mises à la portée du peuple.

CIST, nom de deux îles d'Ecosse, dans l'archipel des Hébrides, comté d'Inverness. La première, North-Uist, s'étend du N. au S. entre les lies Lewis et Beabecula, sur une longueur de 30 kilom., avec une largeur de 20 kilom. ; superficie, 2,200 hectares ; 5,000 hab. Elle est presque entièrement couverte de bruyères et renferme quelques maigres pâturages. La" seconde, South- Uist, située au S. de Benbecula et au N. de Barray, a 25 kilom. de longueur et 10 kilom. ,de largeur; 4,500 hab. Elle est montagneuse et stérile. Élève de bétail; pêche active sur les côtes ; fabrication de soude.

CITENBOGAARD (Jean), théologien hollandais, de la secte des arminiens, né à Utrecht en 1557, mort en 1650. Il travailla d'abord chez un procureur de sa ville natale et se signala par son courage pendant une épidémie qui la ravagea. Il aurait obtenu un emploi important au greffa de sa province, n'eut été le penchant qu'il montrait pour la Réforme et qui devint bientôt chez lui une ferme résolution dfen embrasser les doctrines. Il se rendit alors k Genève, y étudia quatre ans sous la direction de Bèze, de La Fayeet de Perrot, et, à son retour k Utrecht en 1594, y fut nommé pasteur de l'Eglise réformée. Peu après, "il passa en la même qualité k La Haye, où il devint en outre chapelain de la cour du stathouder; mais, ayant été désigné par le sort pour devenir chapelain de l'armée, il remplit pendant plusieurs années ces fonctions, qui ne duraient ordinairement que deux mois, et fit preuve, à différentes reprises, d'une rare intrépidité sur les champs de bataille. Depuis son séjour à Genève, il était l'ami intime d'Anninius, dont il embrassa le parti dans la fameuse querelle des arminiens et des gomarisles. Ces derniers ayant eu le dessus k la longue, Uitenbogaard se vit obligé de quitter La Haye en 1619, et fut condamné peu après, par contumace, k un bannissement perpétuel et k la confiscation de ses biens. Use réfugia d'abord k Anvers, puis en France, où il fut honora* blement accueilli par plusieurs hommes d'Etat et même par plusieurs prélats catholiques. Il obtint de rentrer dans sa patrie en 1626, mais il ne lui fut pas permis de prêcher de nouveau, et il vécut dans la. retraite jusqu'à sa mort. Uitenbogaard a laissé une foule d'écrits, qui ont presque tous rapport k la controverse religieuse, niais dont *la liste n'offre plus aucun intérêt aujourd'hui. On à encore de lui: Traité des fondions et de l'autorité du magistrat chrétien dans les affaires ecclésiastiques (La Haye, 1610, in -4°); Histoire ecclésiastique offrant tes plus notables événements de la chrétienté depuis 400 jusqu'à 1609, surtout en ce qui concerne les Prooinces- Unies (1646-1647, in-fol. ) ; sa Biographie, écrite par lui-même (1639 ; 2? édit., 1646, in-4°) ; des Sermons,' etc.

U1TENHAGEN, ville de l'Afrique australe, dans la colonie anglaise du Cap, à 600 kilom. E. de la ville du Cap, chef-lieu du district de son nom, près de la baie d'Algoo ; 2,700 hab. Source minérale.

UJEJSK1 (Corneille), poète polonais, né en 1823 à Boremniceny (Galicie). Après avoir terminé ses éludes, il se rendit en 1847 k Paris, où il se livra avec ardeur à la culture ' des belles-lettres. Travailleur infatigable, il parvint à acquérir des connaissances profondes sur les littératures moderne et ancienne, apprit plusieurs langues étrangères et devint un philologue fort distingué. Depuis 1858, il habite une villa qu'il possède à Zubrzy. Ujejski est un des poètes polonais les plus remarquables de notre temps. La plupart de ses poésies sont inspirées par l'amour de sa malheureuse patrie, dont il chante les gloires, dont il déplore les malheurs, dont il revendique les droits odieusement foulés aux pieds. Parmi les œuvres de ce poète Véritablement national, nous citelions: les Plaintes de Jérémie (Londres, 1847), ouvrage considéré comme un des chefs-d'œuvre de la littérature polonaise; les Chants de Salomon (Posen, 1846, in-4°) ; les Fleurs sans parfum (Léopol, 1848) ; les Feuilles flétries (Léopol, 1849); Poésies (Saint-Pétersbourg, 1857) ; Chois de poésies (Leipzig, J8d6) ; Recueil de poésies diverses (Posen, 1862, in-4°) ; les Mélodies bibliques (Léopol, 1852) ; Marathon, poème ; Une nuit épouvantable, etc.

CJEST, bourg de Prusse, province de Silésie, régence d'Oppeln, cercle et k 16 kilom. S. de Gross-Strehlitz, sur la lilodnitz ; 2,560 hab. Forges ; fabrication de toiles, chapellerie. Sources ferrugineuses et bains.

UJ11ÉLY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat et k M kilom. S.-O. de

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