C. Doucet
— S'aider de, avoir recours à : User de prières. User de menaces. Useu de ruse. Vous n'êtes pas capable d'uSER d'artifice avec moi. (J.-J, Rouss.) La fortune cède plutôt aux hommes qui usent de violence avec elle qu'à ceux qui l'attendent froidement. (Machiavel.) La franchise se perd par le silence, par tes ménagements, par la discrétion dont tes amis USENT entre eux. (J. Joubert.) Usez d'épargne, mais non pas aux dépens de toute libéralité; âges l'âme d'un roi et les mains d'un sage économe. (J. Joubert.)
— Absol. : Trop user, c'est abuser. Le droit {('USER et même d'abuser peut être toléré à l'égard des choses fongibles et tout à fait personnelles à l'individu. (Villegardeîle.)
Usez, n'abusez point; le sage ainsi l'ordonne.
Djer fait le bonheur, abuser le détruit.
Deluxe.
— En user, Agir, se conduire : Il en a mal usé avec vous. Il en use familièrement «ose nous. C'est en user sagement. La plume tombe des mains, quand on voit comment les hommes en usent avec les hommes. (Volt.)
Voub avez vos raisons pour en user ainsi.
Molière.
— Fam. En usez vous? Interrogation par laquelle on offre quelque chose à quelqu'un, particulièrement du tabac, n User d'une chose comme des choux de son jardin, Se conduire trop librement, avec trop peu de gène.
— v. a ou tr. Consommer par l'usage : J'ai usé pour quinze francs d'huile. Il use cinquante centimes de tabac par jour, n Détériorer par l'usage : User ses habits. Il «'use ses souliers que par devant. Prenez garde de frotter les meubles trop fort, de peur de les user. (Mol.)
— Diminuer par le frottement le volume de : Le grès use le fer, l'acier et même le verre. On use les couteaux en tes aiguisant.
La meule, aiguisant un couteau, Cherchait malignement à l'user au plus vite.
Baili.it
USHE
— Fig. Détruire, perdre, anéantir progressivement ; affaiblir, amoi ndrir : User sa santé. User sa vie. User sa jeunesse. User ses ressources, son crédit, son autorité. Dix ans de services oWjilus USÉ votre corps qu'une vie entière de pénitence. (Mass.) .A/ma de Sévigné disait ; « Les longues espérances uSiiNT la joie, comme lés longues maludies USENT ta douleur; ■ ajoutez que les longues absences usent les regrets. (Sallentin.) Rien n'usa la force d'un gouvernement comme la disproportion entre les délits el les peines. (M'"0 du Staël.) Le temps use l'erreur et polit la vérité. (De Lévis.) H n'y a de liberté durable que pour ceux dont le temps a use les fers. {Chateaub.) Le travail est encore ce qui USB le moins la vie. (Mme Swetchitie.) Il faut un siècle à la goutte d'eau qui tombe sur.le roc pour i'UMER. (M'»e Lafarge.) L'amour use l'amour, l'amitié se nourrit d'elle même. (Bonnin.) Les efforts que fait un chanteur /'usent en trois uns. (A. Karr.) Les langues, en général, usent peu à peu leurs aspérités. {Renan. j Huit jours d'exagération et de mensonge usent toutes les plumes des pamphlétaires et des tibeltistes. (Thiers.) L'air seul de notre civilisation doit, dans un temps donné, user la peine de mort. (V. Hugo.)
Le sage n'use point !e plaisir dont il use.
Desfauciœf.ets,
— Absol. : Il use peu; ses habits sont éternels. (Scribe.) Imitez le temps, il détruit tout avec lenteur, il mine, il use, «7 déracine, il détache et n'arrache pas. (J. joubert.)
— Chir. Consumer : User tes lèvres d'une plaie.
— Sylvie. User une coupe, L'exploiter.
S'user v. pr. Etre, devenir usé : Les marbres les plus durs finissent par s'user. Au moyen âge, l'argent du pays passait par tant de mains que les pièces s'usaient avant d'arriver au trébuchet du trésor. (K. 'IVxler.) Et des mondes vieillis les ressorts s'useront.
Thomas.
— Fig. Etre diminué, détruit progressivement : L'esprit s'use comme toute cïwse. (La Bruy.) Les grâces ne s'usent pas comme ta beauté; elles ont de la vie, elles se renouvellent sans cesse. (J.-J. Rouss.) Le désordre s'use de soi-même, et du mat tôt ou tard sort le remède du mal. (Lauienn.) Tout s'use en ce viande, mais rien si vite que ta pitié. (Lamenu.) L'esprit humain s'use quand on le polit et qu'on le cultive trop. iBuissoiindc.) Jiien ne s'use comme la sensibilité dont on exige decontinuels sacrifices. (Guizot.) Les passions personnelles se tussent et s'usent, les passions publiques jamais. (Lamart.) La foi humaine s'est usée dans les spectacles du fanatisme. (A. Martin.) Toutes les erreurs finissent par s'user; seule, la vérité ne s'use pas. (E. de Gir.) Tout abus s USE vite, mais encore faut-il lui laisser te temps de s'user. (E. de Gir.) Aux voluptés sans fin la force se refuse; L'attrait meurt du plaisir, la lèvre au baiser s'use.
LAFRAPB.
Ttfut s'use,
Une lune de miel n'a pas trente quartiers.
A. ce Musset.
Il Se déconsidérer, ruiner son prestige : N'allez pas vous uses aux yeux du public. (Mme Campan.) Bonaparte craignait de s'user. vThieis.)
— s. m. Usage, durée de l'emploi : Celte étoffe est d'un bon user, est bonne à Ï'user.
— Fig. Commerce, fréquentation : On ne connaît les hommes qu'à f user.
— Fam. Bon à l'user, D'un commerce agréable, aimable : Vous êtes aujourd'hui DON À l'user, c'est-à-dire à tous tes jours. (Bussy- Rab.)
— Sïn. U»er, employer, se servir, etc. V, EMPLOYER.
USEUR s. m. (u-zeur — rad. user). Celui
qui use par le frottement.
USI1ER (Jacques), plus connu sous son nom latin u'Ussi-rins, prélat anglais, un des hommes les [dus savants de son siècle, né a Dublin en 1580, mort en 1656. Il était fils d'un greffier de la chancellerie d'Irlande. S'élant pris Ce passion pour les controverses thèologiques, il entra dans le ministère evaiijjélique et se livra avec succès k la prédication. Ses talents et la faveur de Jacques l=r luj valurent successivement une chaire de théulugie à l'université de Dublin (1607), la dignité de chancelier de l'église de Saiut-PatiiJk, l'évéché de Meath (1620), la place de membre du conseil privé d'Irlande (1623) et, en 1624, l'archevêché d'Armagh. Il montra un grand zèle contre les catholiques, s'opposa â ce qu'on rendit un acte de tolérance eu leur faveur et écrivit contre eux. Constamment fidèle à la cause royale, il manifesta une vive douleur lors de 1 exécution de Charles 1er, uprès laquelle il se vit prive des revenus de son archevêché par la révolte catholique d'Irlande et en même temps persécuté par les parlementaires. Richelieu lui offrit un asile en France, la liberté de conscience et une pension considérable. Mais, n'ayant pu passer sur le continent, Usher se réfugia à Londres, chez ta coimesse de Péterborough, qui lui donna asile dans une tie ses maisons de campagne, où il termina ses jours. Il fut enterré a 'Westminster. On. doit à ce prélat de nombreux écrits, notamment : Grauissims qusssiioncs de chrisiianis ecclesiis (Londres, 1613,
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in-4°); Brilannicarum ecclesiarum antiquilatis historia (Dubl n, 1639, in-4°); Annales Veteris et Nnoi Testamenti {Londres, 1650, 2 vol. in-fol.); Cltronologin sacra (Oxford, • 660, in-4°); The power of Ihe prince and obédience ofthe subjects stated (Londres, 1 661, • in-80),
USHEIt (James), écrivain anglais, de la famille du précédent, né en 1720, mort en 1772. Il s'occupa d'abord d'agriculture et perdit une notable partie de sa fortune, puis il tenta à Dublin le commerce des draps, qui ne lui réussit pas davantage. Se trouvant ruiné, il entra dans les ordres et ouvrit une école qu'il dirigea jusqu'à la lin de ses jours. On a de lui : Nouveau système de philosophie, réfutation de Locke; Lettres d'un libre penseur ; Elio ou Discours sur le goût, précédé d'une Introduction à lu Théorie de l'Esprit humain. Dans ses écrits, dont le style est élégant, on trouve des idées ingénieuses, mais trop de subtilité.
US1CZA, ville de l'empire oltoman, dans la principauté de Servie, à l'O. de Kragojewatz ; 6,200 hab. Elève de bétail. Commerce de cé- ' rèales.
USIE s. f. (11-zt — du gr. ousia, essence)- Etitom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tanvstonies, tribu des-bombyliers, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent le midi de l'Europe et le nord de l'Afri- 311e : Le principal caractère des usies est 'avoir une trompe plus longue que la tète. (E. Desmarest.)
USINE s. f. (u-zi-ne — bas latin usinn, mot qui désigne une fabrique, un atelier quelconque construit sur les bords de l'eau. Ce mot vient peut-être de usum, supin de uli, se servir, par rapport à la concession ou au droit d'user de l'eau. Ce pourrait être aussi une altération du latin uslrina, lieu où l'on brûle, atelier à feu,>de urere, brûler, qui se rattache à la racine sanscrite usli, brûler, d'où aussi le grec uu(jj brûler, des-éeher, allumer, eud, griller, le sanscrit ushnas, chaud, et le moyen haut allemand usel, brais-e). Grand établissemen de fabrication ; Etablir une usine. Tous les moulins que l'on construit aujourd'hui au Mexique sont de véritabtes usines. (Ampère.) .... Ah t j'aurai du malheur Si l'usine, en nos mains, ne double de valeur.
Ponsaud.
— A signifié Ménage.
— Encycl. Jurispr. Il existe une distinction importante entre les usines établies sur des cours d'eau navigables et les usines établies sur des cours d'eau non navigables.
10 Usines sur des cours d'eau navigables. La navigation des cours d'eau élait devenue ou dangereuse ou impossible par suite de leur envahissement par les propriétaires d'usine*, lorsque le Directoire exécutif prit, en date du 19 ventôse an VI, un arrête d;ins lequel il réglementa toute la matière. D'après l'article l<-*r de cet arrêté, chaque administration départementale devait nommer un ou plusieurs ingénieurs et un ou plusieurs propriétaires pour, dans les deux mois suivants, procéder dans toute l'étendue de l'arrondissement à la visite de toutes les rivières navigables et fiotiables, de tous les canaux d'irrigation et de dessèchement généraux, et eu dresser procès-verbal à l'effet de constater : 1° les ponts, chaussées, d.gues, écluses, usines, moulins, plantations unies à la navigation, à l'industrie, au dessèchement ou à l'irrigation des terres; 2<> les établissements de tout genre, les batardeaux, les pilotis, gords, permis, murs, amas de pierres, terres, fascines, pêcheries, filets dormants et à mailles serrées, réservoir», engins permanents et tous autres empêchements nuisibles .aux cours d'eau. Les administrations départementales devaient enjoindre à tous propriétaires d'usines, écluses, ecc," de faire connaître leurs tit<es de propriété aux administrations municipales, qui devaient les transmettre aux administrations départementales. Celles-ci devaient dresser un état séparé de toutes les usines, moulins, etc, reconnus dangereux ou nuisibles à la navigation, au libre cours des eaux, au dessèchement, à l'irrigation des terres, mais uont la propriété seruit fondée en titres. D'après I article 9, il était enjuint aux administrations centrales et municipales de veiller avec la plus sévère exactitude à ce qu'il ne lut établi par la suite aucune usine, aucun batardeau, moulin, digue ou autre obstacle quelconque au libre cours des eaux dans les rivières navigables et fluitables, dans les canaux d'irrigation ou de dessèchement généraux, sans qu'on eût préalablement obtenu la permission de l'aduiiiusiratiou centrale avec l'autorisation expresse du pouvoir exécutif. L'administration devait veiller également à ce que nul ne détournât le cours des eaux des rivières et canaux et n'y Ht des prises d'eau pour l'irrigaiion des terres qu'avec l'autorisation préalable de l'administration centrale.
Les dispositions de l'arrêté du 19 ventôse an VI réglementent encore aujourd'hui la matière, et il n'y a été déroge que sur un poiul peu important par le décret du 25 mars 1852, qui autorise les préfets à accorder directement sur les cours d'eau navigables- ou flottables l'établissement de prises d'eau faites au moyeu do machines et qui n'auraient pas pour effet d'eu altérer le régime d'une
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manière sensible. Les préfets peuvent même, d'après le décret de 1852, autoriser la" création d'ouvruges temporaires, mais en déterminant toutefois la durée de la permission, quand bien même ces ouvrages seraient de nature à modifier le régime des eaux et à en changer le niveau.
Les cours a'eau navigables qui font partie du domaine public étant inaliénables et imprescripiibles , les usines établies sur les cours d'eau n'y sont supportées qu'à titre de tolérance, et leurs propriétaires ne peuvent même prétendre à aucune indemnité lorsque le gouvernement juge convenable de prendre des dispositions pour l'avantage de la navigation et du commerce sur les cours d'eau où ces usines sont situées. Suivant un article du code du 14 juillet 1841, toute demande d'autorisation pour l'établissement d'une usine doit être adressée au préfet, qui prend un arrêté pour prescrire une enquête de cornmodo et incommoda. D'après les résultais de l'enquête et sur le rapport des ingénieurs des ponts et chaussées, le préfet propose l'émission d'un décret qui accorde ou qui refuse l'autorisation. Remarquons qu'un décret est nécessaire et qu'un arrêté préfectoral ne peut point y suppléer.
Les suppressions d'usines peuvent avoir lieu : 10 par voie d'expropriation pour cause d'utilité publique et avec indemnité au propriétaire ;ï<> par la suppression des forces motrices résultant de travaux publics ; si la disparition des forces motrices s'opère naturellement, il n'est dû aucune indemnité ; dans le cas où les forces motrices sont supprimées par suite de l'exécution de travaux publics, l'indemnité doit être réglée administrativement, d'après la loi du 16 septembre 1807; 3° par la révocation de l'autorisation ; d'après un arrêt du conseil d'Etat du 29 août 1821, la revocation doit être motivée par un intérêt public de la nature de ceux qui sont déterminés dans la clause énoncée dans l'acte d'auturis.ition ; d'autre part, il est incontestable que l'administration aurait le droit d'ordonner l'entière suppression d'une usine, si cela était nécessaire pour procurer l'écoulement des eaux à l'effet de prévenir les inondations; 4° par la destruction ordonnée par l'autorité lorsque Yusine a été construite sans autorisation. Le préfet, le sous-préfet luimême peuvent, dans ce cas, s'il y a urgence, arrêter les travaux en cours d'exécution. Le préfet rend son arrêt soit sur le vu des procès-verbaux dressés par l'administration, soit sur la demande des tiers intéressés.
— Du. chômage des usines. Le chômage donne lieu, en général, à une indemnité en faveur de l'usinier, soit qu'il y ait chômage accidenlel ou périodique, lorsque la cessation du service est forcée,' par exemple lorsqu'elle résulte de l'exécution de travaux publics. D'après la loi du 16 septembre 1807, c est à la juridiction administrative qu'il appartient de fixer le chiffre de l'indemnité. Un préfet ne pourrait mettre une ui,ine dans un état de chômage perpétuel (arrêt du conseil d'Etat du 29 août 1821). Il ne pourrait point non plus l'infliger à un usinier comme une peine. Le chômage ne peut, en effet, être ordonné que comme une mesure d'intérêt général,
— Usines à nef ou flottantes. Les seules usines, dit M. Vingtain, qu'une administration éclairée doit, en règle générale, autoriser sur les cours d'eau navigables sont les usines à nef. Les inconvénients qui résultent de leur établissement par rapport a la navigation sont moindres que ceux que présenteraient des usines fixes, surtout si l'emplacement que l'usine doit occuper sur le fleuve est fixe en dehors de son courant navigable. Une des conditions de l'autorisation accordée aux usines à nef, c'est la fixation de l'emplacement qu'elles doivent occuper sur les rivières navigables; il faut donc une autorisation nouvelle pour tout déplacement (arr. du 9 nov. 1836). L'administration n'est pas liée par la concession qu'elle a faite et, quel que soit le litre de l'usine, elle peut en ordonner le déplacement sacs qu'il y ait lieu à indemnité. Le changement d'une usine mue par une roue suspendue au fil de l'eau, et ainsi autorisée, en une autre k roue fixe doit être considéré comme une contravention à ia concession primitive, et une décision ministérielle suffit pour contraindre le propriétaire de l'usine à rétablir les lieux dans le premier état.
2"> Usines sur des cours d'eau non navigables. Bien qu'ils ne soient point propriétaires des riv.eres et cours d'eau non navigables ni flottables, les particuliers dont la propriété borne une eau courante ont néanmoins, d'après, l'iiriicle 644 du code civil, le droit de s'en servir à son passage pour l'irrigation des propriétés et celui u'en user dans l'interval.e qu'elle y parcourt, mais à la charge de la rendre, à la sortie de leurs fonds, à son cours naturel. D'où il suit que les propriétaires riverains, oui sur les cours d'eau un droit d'usage que la loi a réglementé; c'est ainsi qu'ehe ordonne le curage et l'entretien des cours d'eau non navigables ni flottables, qu'elle donne ou refuse des autorisations pour les usines.
Le préfet du département, après une enquête de commodo et incummodo, et Sur le rapport des ingénieurs des ponts et chaussées, accorde ou refuse l'autorisation d établir des usines sur les cours d'eau non navi-
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gables ni flottables. En cas de refus, l'arrêté qu'il prend ne peut être attaqué par la voie contentieuse. Lorsque des canaux ont été établis pour l'irrigation ou le drainage de propriétés , il ne peut y être créé une usine, même avec l'autorisation de l'administration, si ceux qui les ont établis n'y consentent point.
— Compétence. Les questions concernant les usines établies soit sur les cours d'eau navigables, soit sur les cours d'eau non navigables, rentrent dans la compétence : 1» du
préfet et du gouvernement comme exerçant les actes de pure administration ; 20 des tribunaux administratifs, c'est-à-dire des conseils de préfecture et du conseil d'Etat (section du contentieux) ; 3° des tribunaux judiciaires.
On doit à cet égard admettre des distinctions.
Les actes de pure administration sont dans les attributions des préfets, du ministre de l'intérieur ou du ministre des travaux publics, soit pour les concessions, soit pour les révocations d'autorisation d'usines. Le contentieux administratif auquel les concessions d'usines donnent lieu rentre dans la compétence des conseils de préfecture, qui statuent, sauf recours au conseil d'Etat. Mais les tribunaux ordinaires, sont seuls compétents quand une question de propriété se présente, quand il y a une lutte d'intérêts privés engagée entre les usiniers et les propriétaires riverains.
— Des'moulins à vent. A la différence des moulins à eau, les moulins à vent ne sont soumis pour leur construction à aucune autorisation préalable, et on peut en établir où et comme on le juge eomenable. Néanmoins, dans l'intérêt public, pour que le mouvement des ailes et des roues n 'effraye point les chevaux ou les autres animaux domestiques, l'autorité municipale peut prescrire de ne construire des moulins à vent qu'à une certaine distance de la voie publique. La loi du 21 ventôse an II défend d en construire dans la ligne des douanes, de peur que l'établissement de ces moulins ne favorise la contrebande.
Ualnea de Fronce (LES GRANDES), tableau de l'industrie française uu xixe siècle, par M. Turgan ( Paris, 1861 - 1873, 10 vol. in-4», avec grav.). Le mot usine se dit généralement de tuut établissement important dans lequel s'exécutent, sur une grande échelle, des ouvrages d'art et d'industrie ; mais il s'entend plus spécialement de l'ensemble des bâtiments, des ateliers et des appareils des établissements manufacturiers à fer, à cuivre, etc., où l'on emploie un plus ou moins grand nombre de machines, principalement pour celles qui ont pour moteurs le feu, la vapeur et l'eau, tels que les forges, les fonderies, tes laminoirs, les verreries et autres de ce genre. Pourquoi le monde industriel n'aurait-il pas ses fastes comme le monde militaire, s'est demandé M. Turganî Est-ce que le tableau des efforts tentés par l'homme pour mettre en œuvre la matière n'est pas un aussi beau spectacle que celui des coups de canon ou des grandes manœuvres militaires?
Venu le dernier sur la terre et le plus mal doué, sous le rapport physique, de tous les animaux, l'homme est devenu leur maître par son intelligence. Appliquant sans relâche cette intelligence, l'homme a pu assurer à son corps une nourriture appropriée k son organisation, confectionner des \ éléments chauds, qu'il teinte, s'il le veut, des plus riches couleurs ; élever des demeures solides, ornées des produits de tous les arts. Sachant étendre le don du langage par l'écriture et l'imprimerie, il a relié entre eux tous les cerveaux ; puis, trouvant qu'il abrégeait sa vie par les fatigues de sa lutte contre la matière, il a. créé des esclaves de fer et de feu pour l'aider dans son œuvre incessante, qu'il ne pourrait arrêter un seul jour sous peine de dégradation immédiate et de mort prochaine. « Attiré par notre goût et nos éludes vers ce grand spectacle de la véritable bataille humaine, nous avons curieusement étudie, dit l'auteur, ces furteresses de l'homme dressées contre sa misère originelle, ces vastes usines où l'habile direction du chef, l'activité du contre-maître et le courageux travail de l'ouvrier concourent à produire les merveilles de notre civilisation. Il nous a semble injuste qu'il y eût tant d'historiens pour les gloires militaires et si peu pour les gloires industrielles. Voilà pourquoi nous '.avons fait ce livre, qui n'est pas un traite, mais un tableau, une sorte de bilan des progrès matériels de l'humanité. »
Les Grandes usines de France sont, en effet, le livre d'or de l'industrie française, l'armoriai de cette noblesse du travail. Toutes les grandes industries sont représentées dans les vingt séries, composées de vingt livraisons chacune, qui forment l'ouvrage complet. Les principales usines ou les principaux ateliers ètud.es sont : les Gubelins, les moulins de Samt-.Vlaur, l'Imprimerie nationale, l'usine des bougies de Chchy, la papeterie d'Essonne, la manufacture de Sevrés, l'orfèvrerie Chnstotle, les établissements Cail et Derosne, la savonnerie Arnavon, la manufacture nationale des tabacs, la literie Tucker, les fabriques de pianos Pleyel, Wolf, Erard, etc.; les filatures de laine l)avin, la manufacture de glaces de Suint-Uobain, les Omnibus, l'usine électro-magnétique
TISNÉ
d'Anteuil, les charbonnages des Bouçhes-du- Khône. la boulangerie centrale des hôpitaux, la filature de coton Pouyer-Quertier, les pépinières d'André Leroy, à Angers; l'usine à gaz de la compagnie parisienne, l'usine à gaz portatif de Paris, 1» manufacture d'impressions sur étoffe de Mulhouse, la cristallerie de Baccarat, la parfumerie Piver, les orgues Alexandre, les eaux de Vichy, le zinc de la Vieille-Montagne, l'imprimerie Paul Dupont, les fabriques d'armes, le Creuzot, les eauxde-vie, les ardoisières, les tuileries, les dentelles, les aiguilles, les fabriques d'aluminium, de fonte, etc. »
La manière de procéder de M. J. Turgau est des plus logiques; le sommaire d'une livraison en donnera une idée : « Imprimerie nationale : Découverte de l'imprimerie. — Histoire de l'imprimerie. — Fondation et historique de l'établissement. — Gravure et fonte de lettres. — Composition. — Mise en pages. — Tirage à la main, aux machines. — Fabrication de l'encre d'imprimerie. — Séchage.— Satinage. — Apprêts. — Spécimen de tous les caractères d'imprimerie de toute époque et en toute langue. • Comme on le voit, l'étude est complète, générale, universelle et devient, non plus une sèche monographie, mais un véritable manuel, sans en avoir l'air, tout en restant un tableau, une sorte de bilan industriel, un livret, pour ainsi dire, de l'exposition de l'industrie française. Ces fastes du travailleur valent certes les fastes militaires, et la France entière doit remercier M. Turgan d'avoir élevé ce monument au travail.
USINGEN, ville de Prusse, province de Hesse, dans l'ex-duché de Nassau, à 36 kilom. N.-E. de Wiesbuden, sur l'Usbach; î,100 hab. Ancien château ayant appartenu à une branche éteinte de lu famille de Nassau.
USINIER s. m. (u-zi-nié — rad. usine). Exploiteur d'une usine. Il Exploiteur d'une sucrerie, dans les colonie--. •
CSIPÈTES ou USIP1ENS, en latin Usipii, peuple Ue l'ancienne Germanie, au N.-E., près de la rive droite du Rhin, entre les Chaîna ies au N., les Marses à l'E. et les Bicambres au S.-E.
USITÉ, ÉE adj. (u-zi-té— du lat. usitare, fréquentatif de uti, se servir). Pratique ■ Ce n'est pus usité nulle part. Le procédé le plus USITÉ est soutient te plus mauvais. Il Employé, reçu, en parlant des expiessions et des tours de phrase : Ce mot est encore usité. C'est une façon de parler qui n'est ptus guère USI- TEE.
Socrate avait une galté Qu'on eût pu nommer sardonique; Mais ce mot de son temps n'était pas usité.
Fa. de N'eufchateao.
Il Commun, ordinaire : La pamOute se tire des choses les plus usitées, (rioss.)
USll, rivière d'Angleterre, dans le pays de Galles. Elle prend sa source près de la limite occidentale du comté de Brecknoek, coule au S.-E., baigne Brecon, Abergaveuny, Usk et Newpori et se jette dans le canal de Newport, après un cours de 110 kilom.
USK, ville d'Angleterre, comté de Monmouth, chef-lieu du district de son nom, à 14 kilom. S.-O. de Mouinouth, sur la rivière de son nom; 2,600 hab. Fab.ication de poteries; aux environs, ruines magnifiques du château des comtes de Glocester.
USKARAs. m. (u-ska-ra). Linguist. Syn. de