POSTES
— Techn. Sorte de râteau dont les brasseurs se servent pour vaguer la bière.
— Syn. Vagues, pot», oude*. V. FLOTS.
— Encycl. V. LAME.
VAGUEMENT adv. (va-ghe-man — rad.
vague). D'une manière vague : Je le connais vagukment. Il en a parlé vaguembnt. Ecrire vaguement et sans avoir rien à dire, c'est mâcher à vide. (Volt.) Il y a des choses que l'homme ne peut connaître que vaguement. (J. Joubert.)
VAGUEMESTRE s. m. (va-ghe-mè-stre — allera. wagenmeister ; de wagen, chariot, et de meister, maître). Art milit. Nom donné à plusieurs employés ou officiers de l'armée, il
Vaguemestre d'armée ou vaguemestre général, Officier chargé de la conduite des équipages.
Il Vaguemestre de division, Vaguemestre de corps, de régiment, ou simplement Vaguemestre, Officiers chargés, sous le vaguemestre général, de la conduite des équipages d'une division, d'un régiment : C'est le vaguemestre qui est chargé de retirer des bureaux de poste les lettres adressées aux officiers et aux soldats de son régiment. (Acad.)
— Ane. administr. Facteur aux lettres faisant le service de la cour. Il Ancien officier de la maison du roi ou d'un prince qui avait des fonctions analogues.
— Encycl. Le vaguemestre, ou du moins la fonction qu'il remplit, existait du temps des Romains. Le préfet des camps (prxfectus cestrorum) n'était qu'une sorte de vaguemestre. Dans l'ancienne organisation de notre armée, les vaguemestres étaient des officiers chargés de la conduite des équipages. Il y en avait un grand nombre qui étaient sous les ordres d un vaguemestre général. Vers la fin du xvue siècle, il y avait un vaguemestre par régiment. Ils marchaient à la tète des bagages et logeaient à portée de l'état-major, pour être prêts à recevoir des ordres du maréchal général des logis de l'armée. Il y avait, au milieu du siècle dernier, deux sortes de vaguemestres .• les vaguemestres de brigade, que l'on prenait parmi les sergents et qui recevaient une solde de 3 fr. par jour de marche, et les vaguemestres de régiment, également pris parmi les sergents, mais ne touchant que 20 sous. Mais bientôt le vaguemestre de brigade fut pris parmi les lieutenants de fortune et eut rang • de capitaine. Les autres vaguemestres recevaient des ordres de lui; il étajt chargé de la conduite des équipages et des vivandiers. Pendant la République, on ajouta à ces attributions celle de distribuer les lettres aux officiers supérieurs. Celui de régiment ou de demi-brigade était premier sous-officier et remplaçait le second quartier- maître, dont la place était abolie. L'Empire établit des fonctions de vaguemestres généraux et de vaguemestres de corps. Ces derniers recevaient journellement les ordres du vaguemestre général de l'armée pour le rang que les équipages devaient occuper dans les marches, pour l'heure du départ, etc. Le vaguemestre général était seul chargé de la conduite des équipages du quartier général et des vivandiers qui y étaient attachés. Il avait droit de surveillance, en marche, sur le trésor, l'imprimerie de l'armée et la poste aux lettres. La Restauration le chargea des rapports entre les militaires et l'administration de la poste. Depuis 1831, le vaguemestre de régiment est attaché comme sergent-major à la compagnie hors rang. Il a droit à une indemnité journalière de solde par chaque bataillon dont il fait le service. Dans les bataillons détachés , un sous-ofh'cier remplit l'emploi de vaguemestre. Quant aux vaguemestres généraux, l'ordonnance du 3 mai 1838 dispose qu'il y en aura, dans chaque armée en campagne, un pour le grand quartier général et un par division. Tous deux sont pris parmi les officiers sans troupe à la suite du quartier général. Ils ont chacun un aide. Cette même ordonnance du 3 mai 1838 ajoute, à l'égard des vaguemestres de régiment, qu'ils font le service de la -poste aux lettres, veillent aux moyens de transport et maintiennent la police parmi les cantiniers. Ils obéissent au vaguemestre de la division, portent les galons de sergent-major, dont ils ont la grade, remettent gratis lettres et argent et touchent 0 fr. 25 par jour et par bataillon pour le service de facteur.
VAGUER v. n. bu intr. (va-ghé — lat. vagari; de vagus, errant. V. vague adj.). Errer çà et là, au hasard : Hier, j'ai vagué au clair de lune dans la campagne, (ûhateaub.) Les enfants, retenus à l'école sous la verge de la discipline, ne vaguent point par les champs. (Cormen.)
— Fig. Errer distraitement d'un objet à l'autre : Celui-ci laisse vaguer ses pensées, sans que vos discours arrêtent son esprit distrait. (Boss.)
— Argot. Faire le trottoir, solliciter les passants.
VAGUER v. a. ou tr. (va-ghé — rad. vague s. f.). Techn. Brasser, en parlant de la bière.
VAHO
VAGUESSE s.' f. (va-ghè-se — rad. vague ni].). Caractère de ce qui est vague, indécis, mal défini.
— Peint. Indécision calculée dans le dessin et dans les tons.
VAGUETTE s. f. (va-ghè-te). Action de regarder une personne avec convoitise. Il Vieux mot.
— Techn. Morceau de feutre ou de peau que l'ardoisier attache devant ses jambes pour les protéger.
VAGUE-VAGUE s. m. ( va-ghe- va-ghe), Entom. Nom vulgaire des termites a'u Sénégal.
VAHAN, dit le Grand, prince arménien, mort en 511. Il appartenait à la famille des Mamigoniens et était neveu de Vartan le Grand. En 4SI, il se révolta contre le schah de Perse, Firouz, et, grâce à l'appui que lui prêtèrent les Huns et Vachtang î^r, roi de Uéorgie, il parvint à rendre sa patrie indépendante ; mais, ayant perdu une grande bataille deux uns plus tard, il fut obligé de se réfugier dans les montugnes de la Colchide. La mort de Firouz et l'invasion de la Perse par les Huns Ephtalites lui fournirent bientôt après une occasion favorable pour reprendre les armes; vainqueur cette fois, il fut reconnu en 485, par le successeur de Firouz, pour marsban (gardien des frontières) d'Arménie et administra cette contrée jusqu'à sa mort. Il s'attacha surtout à réparer les désastres que la guerre y avait causés et à reconstruire les églises; ce fut cependant sous son règne que le clergé arménien adopta les opinions d'Eutyuhès, qu'il a conservées jusqu à nos jouis. L'Abrégé de la vie politique et guerrière de Vahan, parLazzaroParbe, a été traduit en français par Grégoire Kabaragy-Gabared (Paris, 1813).
VAHÉ s. m. (va-é — mot madécasse). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des apocynées , tribu des Carissées, comprenant quatre espèces, qui croissent en Afrique et à Madagascar.
— Encycl. Le vahé gommifêre est un petit arbre ou un grand arbrisseau, à tige assez forte, noirâtre, grimpante , couverte «d'une écorce mince dans le jeune âge, plus tard écailleuse. Elle se divise en rameaux, qui portent des feuilles opposées, ovales et luisantes, et se terminent par des cymes de fleurs d'un blanc jaunâtre. L'ovaire est unique, ce qui distingue ces végétaux des tabemmmontana. On retire de cet arbrisseau, par des incisions longitudinales, un suc résineux qui, pur suite du contact de l'air, prend la consistance de la gomme élastique ou caoutchouc et sert aux mêmes usages. Tro^s autres espèces du même genre, croissant- en Afrique, possèdent des propriétés analogues et fournissent aussi un caoutchouc assez estimé,
VAHETTE s. f. (va-è-te). Arbor. Variété de poire d'été.
VAHL (Martin), botaniste danois, né à Bergen (Norvège) en 17-49, mort en 1804. Il fit ses études scientifiques à Copenliaguu et à Upsal, où il devint l'élève favori de Linné. Mais celui-ci rompit tout à coup ses relations avec lui à cause de l'attachement qu'une de ses filles éprouvait pour le jeune étudiant sans fortune, tandis que Linné était alors au plus haut point de la réputation et des honneurs. En 1779, Vahl devint lecteur au jardin botanique de Copenhague et, après avoir occupé pendant trois ans cet emploi, fut, chargé par le roi de Danemark d^xécuter un voyage scientifique, pendant lequel il parcourut la Hollande, la France, l'Italie, l'Espagne, la région septentrionale de l'Afrique, la Suisse et 1 Angleterre. De retour à Copenhague en 17S5, il fut nommé professeur d^iistoire naturelle à l'université de cette ville et fut chargé de continuer la Flora danica d'OEder. Dans le but de recueillir des matériaux pour cet ouvrage, il fit plusieurs excursions sur les côtes et dans les montagnes de la Norvège. Cette publication ne put être terminée qu'eu 1810; elle se compose de vingtquatre livraisons, dont sept avaient été écrites par CEder. En 1799 et 1800, Vahl fit encore, aux frais du gouvernement danois, de nouveaux voyages en Hollande et à Paris et, à son relour, fut nommé professeur de botanique k l'université de Copenhague. A sa mort, le roi de Danemark acheta son herbier, ses manuscrits et sa bibliothèque, qui renfermait 3,000 volumes, et rit, en outre, une pension à sa veuve et à chacun de ses six enfants. On a encore de Vahl : Symbol» botanics (1790 et suiv., 3 vol. in-fol., avec 75 planches); Eclogs americans (1798 et suiv., 3 vol., avec 30 pi.); Enumeraào plantarum (1804, tome 1er), grand ouvrage que la mort ne lui laissa pas le temps de terminer. Il m'ait, en outre, travaillé à la Zoologia danica de Fabricius et communiqué k Cuvier des notes importantes sur les carnivores. C'est en l'honneur de ce botaniste que Thunberg a donné le nom de vahlie a un genre de saxifragacées.
VAfiLIE s. f. (va-lt — de Vahl, botan. danois). Bot. Genre de plantes, de la famille des saxifrugées, comprenant huit à dix espèces, qui croissent en Asie et en Afrique.
VAHOU-RANOU s. m. { va-ou-ra-nou — mot madécasse). Bot. Espèce de plante aquatique, qui croît à Madagascar.
VAIH
VA1COUNTHA s. m. (vuî-koun-ta). rlelig- Paradis de Vichnou.
VAICYA ou VAICYIA s. m. (vaî-si-ia). V,
VAYSIA.
VAIDJAN ou Y1DJAN (Abou-Sahl-Mohammed), astronome arabe du xe siècle de notre ère. Il fut nommé, en 983, par l'émir de Bagdad, Scheref-ed-Daulah, directeur de l'observatoire qui venait d'être étiibli dans cette ville. H avait écrit, entre autres ouvrages : Commentaires sur les Eléments d'Euclide; De la construction et de l'usage de l'astrolabe pour les observations ; Addition au second livre d'Archimède, etc.
VA1DY (Jean-Vincent-François), médecin français, né à La Flèche en 1776, mort vers le milieu du xixe siècle. Il entra, k l'âge de dix -huit ans, dans le service de santé militaire, fut reçu docteur à Paris en 1803, devînt médecin principal en 1813 et, l'année suivante, fut chargé d'un cours d'hygiène et ds thérapeutique dans les hôpitaux militaires d'instruction. On a de lui : De usu et abusit vens seciionis (Paris, 1815, in-8°); Plan d'études médicales (Paris, 1816, iu 8°), etc. Il avait, en outre, collaboré au Dictionnaire des sciences médicales, au Journal général de médecine et aux Mémoires de l'Académie celtique.
VAIGATSCH, nommée Khaiodeia par les Samoyèdes, Ile de la Russie d'Europe, gouvernement d'Arkhangel, dans la mer Glaciale, entre la Nouvelle-Zemble au N., dont elle est séparée par le détroit de Ktu-a, et le continent au S- dont elle est séparée par un étroit bras de mer qui porte le nom de l'Ile. Elle est située par 68° 30' de latit. N. et 56° de longit. E. ; elle a 90 kilom. de longueur du N. au S, et 52 de largeur. Elle est habitée par quelques familles de Samoyèdes et fréquentée par des Russes qui vont y chasser et pêcher pendant la belle saison.
VAIGATSCH (détroit de),' situé dans la mer Glaciale, sur les côtes de la Russie d'Europe, gouvernement d'Arkhangel, entre l'Ile du même nom et le continent. Il a environ 10 kilom. de largeur. Ce détroit a été franchi pour la première fois en 1736 par les Russes.
VAIGB, petite rivière de France (Mayenne). Elle prend sa source dans le cant. de Sainte- Suzanne et se jette dans la Sarthe, à Sablé, après un cours de 40 kilom.
VAIGIOU, lie de l'Océanie, dans la Mélanésie, au N.-O. de la Papouasie, dont elle est' séparée par le détroit de Gauiiuen ; pur 0° 1' de latit. S. et 128° de louait. E. Elle est très-élevée et presque totalement couverte d'une immense foret qui descend jusqu'à la nier; sur lu côte N.-O. elle présente deux bons mouillages. D'énormes tortues peuplent les côtes, et de nombreux sangliers les bois. L'ornithologie y présente quelques variétés. Les naturels de cette tle sont de petite taille et sujets à la lèpre ; ils paraissent craintifs et méfiants et passent leur vie à la chasse et à la pêche; ils sont sous la dépendance du sukan de Tidor.
VAIGRAGE s. m. (vè-gra-je). Mar. Action de vaigrer : Le vaigrage d'une corvette. Il Ensemble des planches qui révèlent intérieurement la membrure u'un bâtiment." Le navire resta enveloppé d'une fumée sombre d'abord, puis ardente, jusqu'au moment où te vaigragk, dévoré par te feu intérieur, ne put plus contenir l'explosion des flammes. (Léo de Bernard.)
— Encycl. Les planches qui forment le vaigrage se nomment vaigres. On les dispose bout à bout dans le sens de la longueur du navire, mais non pas horizontalement. On imagine deux séries de plans équidistants partant du milieu du navire et inclinés les uns vers l'avant et les autres vers l'arrière, et c'est suivant les courbes d'intersection de la coque par ces plans que les vaigres sont appliquées des deux côtés. Cette disposition a pour objet de former obstacle à la tendance qu'ont tous les vaisseaux à s'arquer dans le sens de leur longueur, les parties extrêmes tendant à s'abaisser par rapport à la partie moyenne. Chaque file de vaigres forme ce qu'on nomme une virure.
VAIGRE s. f. (vè-gre). Mar. Chacune des planches employées au vaigrage ou revêtement intérieur d'un navire.
VAIGRER 'v. a. ou tr. (vè-gré — rad. oaigre). Mur. Révêtir de vaigres, en parlant de l'intérieur du navire : Vaigrer un brick.
VAIH1NGEN, ville du Wurtemberg, dans le cercle du Neckar, chef-lieu du bailliage de son nom, sur l'Eus, à as kilom. N.-O. de Stuttgard; 3,600 hab. Tanneries, huileries, moulins k farine, fabrication de chicorée et d'articles en faux argent. Commerce de cuirs etde bois. Ancien château. Cette ville fui brûlée par hfs Français en 1693.
VA1-HOU ou WAIHOU, nommée aussi ile 4e Pâques ou de Davis, Ile de l'Océanie, dans la Polynésie, la plus orientale des Sporades australes, par 270 de latit. S. et 112» de longit. O. Elle présente une forme à peu près triangulaire, dont le périmètre est d'environ 85 kilom.; 2,500 hab. On trouve dans cette lie, d'origine volcanique, des montagnes escarpées, dont l'altitude atteint 3,709 mètres et
VAIL
ni présentent des cratères éteints. Le sable u rivage est en partie formé de lave. Bien qu'elle soit fort mal arrosée, son sol est fertile et elle produit des patates, des ignames et des bananes en abondance. Le rat est le seul animal vivipare qu'on y rencontre. Les habitants, vigoureux, alertes et pillards, vivent dans des cahutes en bois et en terre. On y a découvert, sur une sorte de construction d'environ 25 mètres de longueur, des bustes énormes en pierre.
Cette île fut découverte par Davis en 1C86, visitée par Roggeween le jour de Pâques, ce qui lui valut un de ses noms, et revue par Cook en 1774 et par La Pérouse en 1786. Le lieu où l'on débarque ordinairement a reçu le nom de Cookshaven.
VA1LATE, bourg du' royaume d'Italie, province de Crémone, district de Crema, mandement de Pandino ; 2,609 hub.
VAILLAMMENT adv. (va-lla-man ; II mil.
— rad. vaillant). Avec vaillance : Combattre vaillamment. Se défendre vaillamment.
Travailler vaillamment.
VAILLANCE s. f. (va-llan-se ; Il mil. — rad. vaillant). Force d âme qui porte à affronter le danger ou qui empêche de le craindre :
Le vulgaire est content s'il remplit son devoir; Il faut plus au héros, il faut que sa vaillance Aille au delà du terme et de notre espérance.
VoLTAIBE. '
— Par ext. Persévérance courageuse : Par le travail, bien plus que par la guerre, l'homme a manifesté sa vaillance. (Proudh.)
— A signifié Prix, valeur.
— Syn. Vaillance, bravoure, cceur, etc.