‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 581 sur 1042 · VANT · texte numérisé non relu

VANT

— Snbs'aniiv, Personne vantarde : C'est un vantard. Il ne sait qne faire le vantard.

VANTARDISE s. f. (van-tar-di-ze — rad.

vantard). Habitude ou action de faire le vantard : Sa vantardise dépasse sa bravoure. Il Propos de vantard : Je ne Foi pas mis à la porte, seulement j'ai coupé court à sa vantardise et à ses extravagance!:. (Balz.) Je ne fais point de vantardise, reprit Léonie. (IL Murger.)

VANTÉ, ÉE (vanté) part, passé du v.

Vanter. L"iié, exallé, célébré : La mngnifieence extérieure n été vantée souvent Comme un moyen d'agir sur iimugiuuiiuu. (M"i'e de Staël.)

Etre chéri vaut mieux qu'être vanté.

FloriàM.

Cessons donc d'aspirer à ce prix ai vanté Que donne la faveur à. l'importunité.

La céleste troupe, Dans ce jus vanté, Boii à pleine coupe L'immoctalité.

J.-B. Rousseau.

VANTELER v. n. ou intr. (van-te-lé — rad. vaut . qui s'écrivait pour vent). Voltiger, ondoyer au vent : Une voile, uh drapeau qui vantelle. n Vieux mot.

VAN TEMPEL (Abraham), peintre hnllnndais, né à Leyde eu 1618, mort à Amsterdam en 1672. Il eut pour maître Van Schooten et se distingua comme peintre d'histoire et de portrait. Ses plus belles productions se trouvent dans sa ville natale. On cite, entre autres, deux portraits et un tableau allégorique dans une des salles de la halle aux draps. Van Tempel compta parmi ses élèves François Mièris.

VANTER v. a. ou tr. (van-té — lat. vanitare, mot que l'on trouve dans saint Augustin et qui est le fréquentatif de vanare, dire des futilités, mentir, fanfaronner; de vanus, vain. Le provençal a à la fois vanar et vantar. Quelques uns font venir vanter du latin vendt'fnrfi, chercher à vendre, faire valoir sa marchandise ; cette explication est probablement erronée. Malgré l'affinité de sens entre le latin ventosus ei le français vantard, et bien que les Allemands disent u>in-ntai:hen pour se vanter, on ne peut rattacher vanter à ventus, vent). Louer beaucoup, exalter, dire beaucoup de bien de : Vanter son nini, cela est trop peuple; mais louer son ennemi, le porter aux nues, voilà If beau. (Mm-iv.) Nous voulons sans cesse vanter noire siècle, et nous ne faisons en Cela rien de nouveau. (Gi'iinm.) Un fou qui gagne à la loterie s'appuie de son expérience pour vanter ce jeu ; le-monde est plein de -pareils logiciens. iDe Lé vis.) Les écrivains qui, dans les pays monarchiques, vantent les gloires priutièies ont grand soin de n'en pas faire le décompte. (Proudli.) On vante les temps passés, parce que l'imagination se nourrit de regrets comme d'espérance. (G. Menneqiiin.) Il est plus aisé de vanter le passé que d'expliquer le prêtent. (Am. Thierry.) L'homme vante les bienfaits de la paix, mais il aime les horreurs de la guerre. (Laurentie.) Les hommes vantent leurs sacrifices pour en être payés. (J, Simon.) Les Français se plaisent à vanter tes étrangers aux dépens de leurs compatriotes. (Castil-Blaze.)

Griphon, rimailleur subalterne,

Vante Siphon le barbouilleur;

Et Siphon, peintre de taverne,

Prone Griphon le rimailleur.

J.-B. Rousseau.

Se vanter v. pr. Etre vanté : L'humilité ne devrait pas se vanter, car l'éloge est le plus cruel poison qu'on puisse' lui administrer.

— Se louer, exalter son propre mérite : 'Les orgueilleux s'estiment ou s'admirent, mais

il n'y a que les sots qui se vantent.

— Se vanter de, Se glorifier de : La sanlé comme la fortune retirent leurs faveurs à celui qui s'en vante. (Mme Du Déliant.) En toute occasion il faut bien faire et ne s'en vanter jamais. (Mm« de Motteville.) Se vanter de n'avoir aucune prétention, c'est en avoir au moins une. (La Rochef. -Doud.)

Chacun se doit contenter de son bien Tout uniment, sans se vanter de rien.

De quelque haut crédit que se vantent les princes. Souvent leur trop d'orgueil révolte les provinces.

N. Leuerciee.

Quand l'enfer eut produit la goutte et l'araignée, « Mes Ailes, leur dit-il, vous pouvez vous vanter D'être pour l'humaine lignée Egalement à redouter. •

La Fontaihe.

Il Se faire fort de : Il s'est vanté de voui faire reculer. Le monde se vante de foire des heureux. (Mass.) Le fanfaron est celui qui sa vante sans cesse nu plus qu'il ne peut faire, et qui, après avoir bravé et insulté tout te monde, se laisse battre à la première rencontre. (J.-J. RousS.)

— Prov. Il fait bon battre un glorieux, il ne s'en vante pas, On peut battre un glorieux en sûreté, car la honte d'avoir été battu l'empêchera de s'en plaindre.

— Syn. Vonier, célébrer, exalter, etc.

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